THE J. PAUL GETIT MUSEUM LIBRARY
BULLETIN
DE
L'INSTITUT ARCHÉOLOGIQUE
LIÉGEOIiS
BULLETIN
DE
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LIÉGEOIS.
TOME XI.
LIEGE
H. VAILLANT-CARMANNE ET C'
Bue St-Adalbert, 8.
«em CENTEX UBSARY
STATUTS COJVSTITUTIFS.
Art. I. — Une Société est fondée h Liège pour rechercher,
rassembler et conserver les œuvres d'art et les monuments
archéologiques , particulièrement ceux de la province et des
anciennes dépendances du pays de Liège.
Elle prend le titre d'Institut orchéologique Liégeois et corres-
pond avec les Sociétés savantes, belges ou étrangères, instituées
dans des vues analogues.
Art. II. — L'Institut se compose :
1" De seize Membres effectifs au moins et de vingt au plus(') ;
ils doivent être domiciliés dans la province ;
2" D'un Président et d'un Vice-Président honoraires, à savoir
le Gouverneur de la province et le Bourgmestre de la ville de
Liège ;
3" De vingt Membres honoraires ;
4" De cinquante Membres correspondants ;
5" De Membres associés.
Art. IIL — Les places vacantes pour le titre de Membre
effectif, honoraire ou correspondant, seront mentionnées sur les
convocations alui que Ton puisse procéder aux présentations
de candidats. Ces présentations devront être faites par écrit et
signées par trois membres eflèctifs. L'admission, décidée par
bulletins secrets et à la majorité absolue des suffrages , aura
lieu dans la séance qui suivra celle où auront été faites les
( ' ) Par décision de la Société (janvier 1869) , le nombre des membres effectifs
est porté à liiif/t -quatre.
présentations , et dont elle devra être distante d'au moins huit
jours.
La moitié au moins des membres effectifs existants devra
être présente pour pouvoir procéder à l'élection d'un membre
effectif, et le tiers après une seconde convocation.
Lorsqu'il y aura lieu d'augmenter le nombre des membres
effectifs, conformément au J^ 1 de l'article II, il faudra une
délibération expresse de l'Institut avant de pouvoir procéder à
la présentation de candidats.
Art. IV. — Les réunions ordinaires ont lieu mensuellement,
sauf pendant les mois d'août, septembre et octobre. Le bureau
fixe le jour et l'heure des séances.
Les membres effectifs qui, dans le courant de l'année, n'auront
pas payé leur cotisation, seront, après avertissement, considérés
comme démissionnaires.
Aucune résolution ne peut être prise si le tiers des Membres
effectifs existants n'est présent h la séance.
Les Membres honoraires, correspondants ou associés, peuvent
assister aux séances. Ils ont voix consultative.
Toute discussion étrangère au but de l'Institut est interdite.
Les décisions sont prises ti la majorité des voix. En cas de
parité, la proposition est rejetée.
Sur la demande de trois Membres , on procède au scrutin
secret.
Art. V. — Le Bureau se compose du Président, du Vice-
Président, du Secrétaire, du Conservateur, du Bibliotbécaire et
du Trésorier.
Les fonctions des Membres du Bureau sont annuelles. Les
Membres sortants sont rééligibles. L'élection a lieu dans le
courant du mois de février.
Art. VI. — Le Président veille i\ l'exécution du Règlement ;
il dirige les travaux et les discussions des réunions.
En cas d'absence du Président et du Vice-Président , le
Membre le plus âgé en remplit les fondions.
Art. VII. — Le Secrétaire tient les procès-verbaux des
séances, la correspondance, etc.
— m —
Tout procès-verbal ou décision de la Société est signé par le
Président et par le Secrétaire. Ce dernier signe seul les pièces
qui n'impliquent aucune décision de la Société.
En cas d'empêchement du Secrétaire , ses fonctions sont
remplies par un membre que désigne le Président.
Le Secrétaire a. 'la garde du sceau et des archives de la
Société.
Il présente chaque année, au mois de janvier, un rapport dé-
taillé sur les travaux de l'Institut, sur les acquisitions faites et
sur les objets et livres offerts.
Art. VIII. — Le Conservateur a la direction du Musée
provincial.
Il dresse , tous les ans , un inventaire qui est vérifié et
approuvé par le Président. Cet inventaire indique la provenance
de chaque objet et l'époque de son acquisition.
Pendant les trois mois de vacances , le conservateur peut,
avec l'assentiment du Bureau, faire les acquisitions qu'il croira
utiles.
Art. IX. — Le Bibliothécaire tient un catalogue des livres
offerts à l'Institut ou acquis par lui.
Il rend compte chaque année des accroissements de la
bibliothèque.
Art. X. — Le Trésorier est chargé des recettes et des
dépenses.
Il n'effectue de paiement que sur ordonnance signée par le
Président et par le Secrétaire.
Il rend compte de sa gestion dans la séance du mois de janvier
de chaque année.
Art. XI. — Les recettes de la Société se composent de la
cotisation annuelle des Membres effectifs et associés, et des
subventions h obtenir de l'Etat, de laProvince et de la Commune.
La cotisation annuelle des membres effectifs et des membres
associés est fixée provisoirement l\ la somme de dix francs ,
payable chaque année dans le courant du mois de janvier.
— IV —
Art. XII. — Les objets réunis par la Société forment un
Musée qui est la propriété de la Province.
Les moindres dons sont reçus avec reconnaissance. Le nom
du donateur est inscrit sur l'objet offert et dans un registre
ouvert à cet elTet.
Les objets qui se trouvent en double au Musée ne pourront
être écliangés qu'après une délibération expresse de l'Institut et
du consentement des donateurs. (Cet article ne s'applique pas
aux monnaies et aux livres).
Tout objet, même en double, auquel se rattache un souvenir
personnel, ne pourra être échangé.
La proposition d'échange devra être portée à l'ordre du jour
nn mois avant la délibération , atin que les Membres puissent
prendre connaissance des objets.
Tous les Membres sont invités à faire hommage de leurs pu-
blications à la Société.
AuT. XIII. — L'Institut publie un recueil intitulé Bulletin de
rinstitut arcltéulogiqiie Liégeois.
Une commission spéciale , composée de trois membres , élus
à l'époque du renouvellement du bureau , est chargée de tout
ce qui a rapport à la publication du Bulletin.
Le Bulletin est distribué à toutes les catégories de membres
de l'Institut, aux institutions publiques qui l'encouragent et aux
compagnies savantes avec lesquelles l'Institut entretient des
relations. ikit.'i-.-^'
Les auteurs des articles publiés ont droit à vingt-cin(| tirés à
part, qui devront porter sur le titre cette mention : Extrait du
Bulletin de l'Institut arcliéologique Liégeois. Ils sont du reste
autorisés h faire tirer ;i leurs frais un nombre indéterminé
d'exemplaires.
Les tirés à part ne peuvent être distribués qu'à dater du jour
de la mise en vente de la livraison du Bulletin d'où ils sont ex-
traits.
Art. XIV. — Le présent règlement ne pourra être changé
que sur la proposition écrite de cinq membres elïectifs ; toute
V —
modification devra obtenir l'assentiment des deux tiers au moins
des membres etïectifs existants.
Après révision des disjwsitions organiques des 12 avril 1850, 18
janvier 1832^^ il janvier 1857, les présents Statuts ont été adoptés
par rinslitnt archéologique, réuni en assemblée générale, à Liège,
le 20 décembre 1867.
Pour copie conforme :
Le Secrétaire, Ix Président,
S. BORMANS. Ch. GRANDGAGNAGE.
TABLEAU
DES
MEMBRES DE L'INSTITUT.
Président honoraire, le gouverneur de la province de Liège,
DE LUESEMANS (Cn.), C. ^^.
Vice-président honoraire, le bourgmestre de Liège, Piercot.
Président d'honneur à vie, d'Otrippe de Bouvette (Alb.), 0. ^.
BUREAU DE LA SOCIÉTÉ POUR 1872.
Président, Cii. Grandgagnage, )^.
Vice-président, baron E. de Sélys-Longchamps, ^.
Secrétaire, S. Bormans.
Conservateur-Trésorier, J. Alexandre.
Bibliothécaire, L. Fabry-Rossius.
Secrétaire -adjoint, A. Dejardin.
Membres effectifs.
Alexandre (Jos.), docteur en médecine.
Angenot (F.), chef de division au gouvernement provincial.
Bormans (J. -H.), 0. ^$, professeur émérite à l'Université.
Bormans (S.), conservateur-adjoint des archives de l'Etat.
Dejardin (A.), capitaine du génie.
Dejardin (Jos.), notaire.
Devroye (T.-J.), ^, chanoine de la Cathédrale.
Dewalque (G.), ^^, professeur ordinaire à l'Université.
-- VIII —
DoGNÉE (E.), avocat.
Fabry-Rossils (L.), professeur agrégé à rUniversilé,
GiuNDGAGNAGE (Jos.), G. 0. ®, premier président honoraire
de la Cour d'appel.
Grandgagnage (Ch.), gc, sénateur.
Helrig (J.), correspondant de la Commission des monuments.
Helbig (H.i, secrétaire des Bibliophiles liégeois.
Henrotte (N.), chanoine, aumônier de l'Hôpital civil.
Le Roy (Alph.), g(, professeur ordinaire à rUniversilo.
Mainz (C), ®, professeur ordinaire à l'Université.
Noppius (L.), architecte provincial.
d'Otreppe de Bouvette (A.), 0. ^, conseiller honoraire à la
Cour de Liège, président d'honneur à vie.
PoswicK (EuG.), homme de lettres.
ScHOONBRooDT (J.-G.), ïgt, consorvatcur des archives.
DE Sélys-Longchamps (baron Edm.), îit^ sénateur.
Umé (God.), architecte du palais de Liège.
Capitaine (F.), 0. jgc, ancien président de la Chambre de
Commerce de Liège.
deCaumoxt (A.), ^, directeur de la Société française pour la
conservation des monuments historiques, Caen.
DK Decker (P.), C. @, ancien minisire deTintérieur, Bruxelles.
Gachard (L.-P.), c. >$, archiviste général du royaumu,
Bruxelles,
DE Lafontaine (G.-F.-J.), ancien gouverneur du grand-duché
de Luxembourg.
Le Clerc (V.), membre de l'Institut de France, /V//7.v.
Leclercq (M.-N.-J.), g. c. ffi, procureur général honoraire
près de la Cour de cassation, Bruxelles.
DE LiMBOLRG (Ph.), propriétaire, Thcux.
Meyers (M.-B.), 0. ^, général-major, Anvers.
— IX —
Paris (P.), professeur au Collège de France, Paris.
Van den Peereboom (Alp.), G. 0. M. membre de la Chambre
des représentants, Ypres.
PiTRA (Son émin. le cardinal J.-B.), à l'abbaye de Solesmes.
QuETELET (L.-A.-J.), G. 0. ®, secrétaire perpétuel de l'Aca-
démie royale de Belgique, Bruxelles.
Raikem (J.), g. C. ®, procureur général honoraire près la
Cour d'appel, Liège.
RoGiER (Ch.), G. C. !gc, membre de la Chambre des représen-
tants, Bruxelles.
Roulez (J.-E.-G.), 0. ^, professeur à l'Université, Gand.
DE WiTTE (J.), ®, membre de l'Académie de Belgique, Paris.
MemllPcs eoi>i>o»«puiitluutiB
Blonden, ingénieur directeur des travaux de la ville.
BoDY (A.), homme de lettres, Spa.
Borgnet(A.), 0., >S, professeur à l'Université, Liège.
Borgnet (J.), ®, conservateur des archives de lEtat, Namur.
DE Borman (cbev. C), conseiller provincial, Schalkhoven.
DE Busscher(E.), ^, membre de l'Académie de Belgique, Garni.
Chalon (R.), (>. g<, membre de l'Académie de Belgique,
Bruxelles.
Corbesier (N.), vérificateur de l'Enregistrement, Liège.
DE Coster(L.), directeur de la Revue de la numismatique, Ciney.
DE Crassier (L.-D.-J. baron), 0. @, président de chambre à
la Cour de cassation, Bruxelles.
Delahaye,(A.-J.), 0. >3(, ancien ingénieur en chef des ponts
et chaussées, Namur.
Delhasse (F.), homme de lettres, Bruxelles.
Desnoyers (J.), bibliothécaire du Muséum, Paris.
Devillers (L.), conservateur des archives de l'Etat, Mons.
DiEGERicK (J.), ^, archiviste, Ypres.
FiEss (J.), ^, bibliothécaire de l'Université, Liège.
— X —
Grotefend (C.-L.), archiviste de l'Etat, Hanovre.
Hagemans (G.), membre de la Chambre des représentants,
Bruxelles.
Hahn (Al,), greffier à la justice de paix, à Luzarches.
Kausler (E.-H.), archiviste général du royaume de Wurtem-
berg, Stuttgart.
Kempeneers (A,), docteur en droit canon, Montenaken.
LoBET (J.), homme de lettres, Auxerre.
DE Looz (comte G.), Liège.
LouMYER (N.), ^, chef de division au ministère des affaires
étrangères, Bruxelles.
Martial (Ep.), avocat, Liège.
Mathieu (J.), instituteur, à Olne.
MuLLER (G.), ®, membre de la Chambre des représentants ,
Liège.
Nautet (G.), directeur de la Feuille du dimanche, Verviers.
Neyen (AuG.), archéologue, Wiltz.
DE Noue (A.), docteur en droit, Malmèdy.
Pety de Rosen(J.), membre de la Chambre des représentants,
Grime.
Rémont (J.-E.), ®, professeur à l'Académie, Liège.
Renier (J. -S.), professeur à l'Ecole industrielle, Verviers.
ScHOOFS (L.-H.), curé de Tilleur.
de Theux de Montjardix (chevalier X,), Bruxelles.
DE Thier (C), président du tribunal de 1''^ instance, Liège.
Van de\ Steen de Jehay (comte X.), Bassines.
Van der Straeten-Ponthoz (comte F.), Metz.
Van Hulst (F.), )^, avocat, Liège.
de Ville-Thiry (E.), Liège.
VisscHERs(A.), O.-^s, membre du Conseil des mines, Bruxelles.
Warzée(A.), chef de division au ministère des travaux publics,
Bruxelles.
Wurth-Paquet (F.-X.), ancien ministre, Luxembourg.
ZoPFL (H. s professeur de droit, Heidelberg.
— XI —
Membre» «ssoeiéti
DE BouNAM DE Ryckolt (bapoiî), O. ^, colonel pensionné, Visé.
BuRY (AuG.), avocat, Liège.
Collette (H.-J.), propriétaire, Theux.
Collette (P.-J.), propriétaire, Juslenville.
CoucLET (Fr.), négociant, Liège.
Dejardin (L.), docteur en médecine, Liège.
Delexhy (M.-B.-J.), ancien conseiller provincial, Grâce.
Digneffe (Léonce), rentier, Liège.
Dubois (N.), vicaire à Sl-i eau, Liège.
Doreye (L.-A.-J.), 0. gc, premier président honoraire de la
cour d'appel, Liège.
Falisse (L.), industriel, consul de Russie, Liège.
Frankinet (T.), avocat, Liège.
DE GoER DE Hervé (baron), propriétaire, Liège.
Grégoire (M.), secrétaire communal, Wandre.
DE Hemricourt de Grunne (comte A.), conseiller provincial.
HocK (Aug.), fabricant bijoutier, Liège.
de La Rousselière (baron G.), rentier, Liège.
Leqlarré (N.), professeur à l'Athénée, Liège.
DE Looz-Corswarem (comte H.), sénateur, Liège.
Lyon (C), sous-lieutenant au l'"'" de ligne, Liège.
Magnée (L.), véritîcateur de l'enregistrement, Theux.
Malherbe (E.), @, fabricant d'armes, Liège.
Pirotte (A.), entrepreneur, Liège.
Richard-Lamarche (H.), ®, rentier, Liège.
Steinbach (J.), fabricant, Malmedy.
ÏHiMiiTER (0.), chanoine honoraire de la Cathédrale, Liège.
Vorst-Gudenau (baron Ernest de), à Zialowitz (Moravie).
Wauters-Cloes (H.), rentier, Liège.
— - XII —
MEIIDRES DRCÉDÉS DEPUIS l.A FO.^D.%TIO!V
(issto-isr»)
Membre» «n'eotifs
Capitaine (C. -F. -Ulysse), membre du Conseil provincial et de
la Cliambre de commerce de Liège, du comptoir d'es-
compte de la Banque nationale, de la Commission pro-
vinciale de statistique, de la Commission administrative
du Conservatoire, de la Société royale delà numismatique
belge, correspondant de la Commission des monuments,
membre honoraire de la Commission administrative de
l'Institut royal des sourds-muets et des aveugles, secré-
taire-général honoraire de la Société d'Emulation ,
bibliothécaire de la Société liégeoise de littérature wal-
lonne, secrétaire honoraire de nnstitut archéologique
liégeois, né à Liège le 24 décembre 1828, mort à Rome
le 31 mars 1871.
Davreux (Ch.). ^, agrégé à l'Université, ancien professeur à
l'Ecole industrielle de Liège, membre de la Commission
administrative des Hospices, né à Liège en 1800, décédé
en cette ville le 11 avril 1863.
DuviviER (chev. Ch.), §c, curé de St-Jean, aumônier-général
des décorés de la Croix de fer, né h Liège en 1799,
décédé en cette ville le l'"'' février 1863.
HocK (Félix), capitaine pensionné, trésorier de l'Institut
archéologique et conservateur-adjoint du Musée , né h
Liège en 1807, décédé en cette ville, le 3 mai 1867.
HoLBOTTE (Jacques), )g(, ingénieur en chef, directeur des
ponts et chaussées delà province de Liège, né à Liège
en 1813, décédé à Sclessin, le 5 avril 1867.
^leinlti'es iionoraîros
deBeaufort (comte A.-L.-L.i, C. i^, inspecteur général des
XI!1
beaux-arts, né à Tournai eu 1806, décédé à Bruxelles le
29 juillet 1858.
Boucher de Pkrtues (J.), président de la Société d'Emulation
d'Abbevilie, né vers 1786, décédé en juillet 1868.
Gerlache (baron E.-C. ue), G. C. >|< 0. îï§, premier président
honoraire de la Cour de cassation, ancien président du
Congrès national et de la Chambre des représentants,
président de la Commission royale d'histoire, chevalier
des ordres de S. Grégoire-le-Grand et de Pie IX, né à
Bruxelles en 1785, mort dans cette ville le 10 fév. 1871.
Hoffmann (F.-L.), bibliothécaire de la ville de Hambourg, né
dans celte ville le 24 août 1794, y décédé le 21 juin 1871.
Mercy-Argenteau (comte F.-J.-C), ancien chambellan du roi
des Pays-Bas, né à Liège en 1780, décédé au château
d'Argenleau le 25 janvier 1869.
DE Ram (P.-F.-X ), 0. ©, recteur de l'Université de Louvain,
né en 1804 à Louvain, décédé en cette ville le 14 mai 1865.
ScHAYEs (A.-G.-B.), g;, conservateur du Musée royal d'ar-
mures et d'artillerie, né h Louvain en 1808, décédé à
Ixelles le 8 janvier 1859.
DE Stassart (baron G.-J.-A.), G. 0. ©, ministre plénipoten-
tiaire, né à Malines en 1780, décédé à Bruxelles le 10
octobre 1854.
Warnkoenig(L.-A.), @, ancien professeur aux Universités de
Liège, de Louvain, de Gand, de Fribourg et de Tubingue,
né en 1794, décédé à Stuttgart le 19 août 1866.
McniS>i>es eoi-i*e!»pondants
Bailleux (F.), avocat, né à Liège en 1817, décédé en cette
ville le 24 janvier 1866.
Baron (A. -A.), 0. ®, professeur émérite à l'Université de
— XIV —
Liège, né ii Paris en 1794, déc«Ulé h Ans-et-Glaiii le 24
mars 1862.
Carton (G.-L.), igc, chanoine de la Cathédrale et directeur de
l'Institut des Sourds-Muets de Bruges , né en 1802,
décédé à Bruges le 8 mars 1863.
ïtE Closset (Léon), ^, profes-eur ordinaire h l'Université de
Liège, né à Liège en 1827, décédé en cette ville le 31
août 1863.
CoMHAiRE DE SpiuMONT (barou C.-V.), membre du Conseil pro-
vincial de Liège, ne à Liège en 1817, décodé à Bruges le
6 mars 1861.
Delvaux (H.-J.-B.), géomètre-arpenteur, auteur du Diction-
naire iféographique de la province de liège, né en 1796 à
Fouron-le-Comte, décédé le 22 avril 1838.
DE Saint-Genois (baron Jules), }g(, conservateur de la Biblio-
thèque de Gaad, né à Lenuick en 1813, décédé à Roy-
ghem (Gand), le 10 septembre 1867.
Dewanoue (H.), 0. }^(<, avocat, ancien metnbre du Congrès
national, né à Liège en 1790, décédé en celte ville le 30
septembre 1862.
Dinaux (Akïiilh), directeur des Archives historiques du Nord
de la France, né h Valenciennes en 1793, décédé à
Montataire (Oise) le 13 mai 1864.
Kersten (Pierre), >3c, directeur-propriétaire du Journal histo-
rique et littéraire, né à 3Iacstricht en 1789, décédé h
Liège le 3 janvier 1863.
Lavalleye (E.), ancien prolesseur d'archéologie à l'Académie
des Beaux-Arts, né à Liège en 1811, décédé en celte
ville le 18 septembre 1869.
LiBERT (Marie-Anne), botaniste et archéologue, née à Malmedy
en 1782, décédée en cette ville le 13 janvier 1863.
Materne (J.-F.-G.) C. ®, secrétaire-général du ministère des
affaires étrangères, né à lluy en 1807, décédé ù Schaer-
beck le 13 avril 1860.
— XV —
MoTTiN (P.-B.) échevin el secrétaire de Hannut, né à Hannut
en 1794, décédé le 30 juillet 1859.
Namur (A.), secrétaire de la Société pour la conservation
des monuments historiques du Grand-Duché, décédé à
Luxembourg- le 31 mars 1869.
Perreau (A.), agent de la Banque nationale, ne à Maestricht
en 1807, décédé à Tongres le 7 décembre 1868.
OE Renesse-Breidbach (comte L.-J.), 0. :^, vice-président du
Sénat, né en 1797, décédé à Bruxelles le i28 mars 1863.
OE Reume (Auguste), §;, major d'artillerie, né h Maestricht en
1807, décédé à Bruxelles le 2 juillet 1865.
i>E RoBiANo (comte M.), ®, sénateur, décédé à Bruxelles le 17
décembre 1869.
SUR ^VLBERON II,
ÉVÉQUE DE LIÈGE ;
EUSXACHE , avoué de Hesbaye ; IDi%.« duchesse «le
Brabant, et ODA , comtesse de Duras.
Albéron II dut son élévation sur le siège de Saint-Lambert
au lustre et à la puissance de sa famille. Eustache, simple avoué
de Hesbaye , osa , appuyé sur les siens, opposer une longue
résistance aux plus hautes autorités de l'univers. Ida et Oda
contractèrent de glorieuses alliances, l'une avec le célèbre
comte de Louvain , Godefroid-le-Barbu, qui devint duc de Bra-
bant et de Lorraine; l'autre avec le remuant Gislebert, comte
de Duras.
11 sera donc intéressant de bien établir les rapports de parenté
et de filiation de ces quatre personnages.
Notre petite étude aura deux parties : La première prouvera
qu'Albéron II , Eustache, Ida et Oda sont frères et sœurs, et
que Godefroid , comte de Namur et fils d'Albert III, est leur
oncle; la seconde, qu'ils ont pour père Othon II, comte de
Chiny, et pour mère Alix, fille d'Albert III, comte de Namur.
PItKMIERE RAltTIE.
On verra successivement dans celle première partie :
1" qu'Albéron II est, par sa mère, neveu de Godefroid, comte
de Namur ; 2° qu'il est frère d'Eustaclie, avoué de Liège et de
Hesbaye, et gendre de Wiger de Warenime; 3° qu'il est frère
d'Ida, premièrefemmedeGodefroid-le-Barbu,comtedeLouvain,
duc de Brabant, etc; 4° qu'il est égalemoiit frère de la seconde
femme de Gislebert, comte de Duras.
§ 1.
Albéron II est, par sa mère, neveu de Godefroid, comte de
Namur.
Il le déclare lui-même deux fois dans un diplôme daté de Liège
1139, seconde année de son ordination : avmicidum. nostrum
namiicensem comitem; et un peu plus bas : a prœdicto avunculo
noslro namucense comité (i). Il s'agit dans ce diplôme d'un
domaine appartenant à l'abbaye de Stavelot, mais tombé succes-
sivement aux mains du comte de Namur, de Wiger de Waremme
et d'Eustache. Albéron II rapporte ces faits et déclare, comme
on le verra tantôt, qu'il n'a eu égard ni ;\ la chair, ni au sang, et
CJ Diplom. Alberonis episc. leod. /// Appendice ad episiol. Wibaldi. Migiie
i'atrol. lai., tome 489, col. 1477.
On peut se demander si le mot avunculux, oncle maternel, n'a pas été mis pour
pairnus, oncle paternel. Les chancelleries épiscopalcs sont moins exposées que
d'autres à faire de ces sortes d'erreurs, à cause des graves questions théologiques
concnrnanl In parenti^. Nous y reviendrons plus loin.
qu'il a forcé son frère à restituer. Il lui fallut toutefois recon-
naître qu'il avait énoncé un fait dont l'accomplissement n'avait
pas eu lieu suivant ses désirs; car Eustache retint ce domaine
bien des années encore.
Notons en passant que quatre papes, trois empereurs, deux
archevêques et trois ëvêques sont intervenus dans cette
affaire (i).
- En présence de ce diplôme, on n'est plus libre de croire,
avec Fisen et Foulon, qu'Albéron II est frère d'un comte de
Namur (2), Etant neveu de Godefroid, il ne peut être frère du
père, ni du fils de ce comte. Or Albert III, Godefroid et Henri
l'Aveugle se sont succédé sans la moindre interruption et ont
gouverné l'espace de cent soixante ans environ ; ce qui nous
dispense de chercher, parmi leurs devanciers ou leurs succes-
seurs, quel pourrait être le frère dol'évêque Albéron II.
.§ H.
Albéron II est frère d'Eustache, avoué de Liège, gendre de
Wiger deWaremme.
C'est encore lui qui nous l'apprend dans son diplôme précité :
germanus noster Eustacliius, Leodii advocatus., jwœlendens quod
Wigerus de Woronna, cujus filiarn duxerat, etc. ; et quelques
lignes plus loin : noji peperœnus carni et sanguini, sed eousque
fratrem nostrum ecdesiastica auctoritate coegimus ut villam resti-
tuer et.
(*) Les papes sont : Honorius II, Innocent II, Ctilestin II el Eugène III ; les
empereurs : Henri V, Lolhaire II et Conrad III ; les archevêques : Arnokl, de Co-
logne, et Albéron, de Trêves ; les évoques : Alexandre, Albéron II et Henri de
Leyen. Patrol. lut., ibidem, col. 1156, 1164, 1461, 1467, 1473, 1477; ettom.179,
col. 784.
( t ) Namurcensis comitis Irater. Histor. leod. eccles., pag. 369. Frairo namur-
cense comité. Histor. leod., toni. I, pag. 264.
Eustache était en outre avoué de Hesbaye; c'est l'auteur du
Triomphe de ssi'nu Lambert au siège de Bouillou qui lui donne
cette qualification : Eustachius advocatus de Hasbania (i).
M. Daris, dans ses savantes recherches sur le comté deLooz,
dit que l'avouerie de Hesbaye fut transmise à Eustache par son
beau-père Wi^er de Waremme : « Le plus ancien avoué de
» Hesbaye que je connaisse, est Wiger de Waremme. Il mourut
» peu après l'an 1121. Sa fille épousa Eustache, frère d'Aï-
» héron II, évêque de Liège et lui a])porla en dot l'avouerie de
» la Hesbaye (2). »
III.
Albéron II est frère de la première femme de Godefroid-le-
Barbu, comte de Louvain, duc de Brnbanl et de Basse Lotha-
ringie.
{*) Dans Chapeauville, Gcstaponlificum, etc., tome II, page 597.
( -) Ilist. de la bonne ville, de l'église et des comtes de Looz, tome f, parjc 391,
et Bulletin de l'Inst. archéol. de Liège, tome V, page 267.
On trouve un Wiger, avoué des Liégeois, en '10S4 (charte de l'empereur Henri
m, Ernst, cod. dipl. limb. pag. 104); un Wiger, avoué de S. Lambeit, en 1122;
4 ■12o le 31 mars et en 1136 (chartes de Henri V et de hoWi^xrè W, Bulletin de
la comm. royale d'Hist., 1867, pag. 17; Ernst, ibidem, pages 12o, 127 et 131) ; un
Wiger, avoué, en 1134 (charte d'Alexandre, évoque de Liège, lievue cathol.de
Louvain, année 1858, page 408); un Wiger de Wege, frère de Bauduin de Soiron et
de Wagger, et neveu de Renier, achetant, en 1190, une partie de l'avouerie
d'Olne et de Soiron fcharte du prévôt de S. Adalbert d'Aix, Ernst, ibidem, page
161).
Le 31 mars 1125, il y avait deux avoués de S. Lambert, l'un nommé Wiger,
comme on vient de voir, l'autre Renier : Renerus advocatus S. Lamberti (Ernst,
ibidem, page 126). Celui-ci est nommé immédiatement après Guillaume, avoué de
Liège. Eustache, avoué de Liège en 1139, aurait -il succédé à ce Guillaume, ou bien
l'avouerie de Liège était-elle partagée comme celle de S. Lambert, ou n'en différait-
elle pas'.' Dans la charte de 1136, Wiger, avoué de S. Lambert, est nommé après
Godefroid d'Asche, sous-avoué de Stavelot ; dans celle do 1122, il suit immédiate-
ment Gislebert, comte de Duras.
En effet, d'après la chronique de Saint-Trond, ce prélat était
l'oncle maternel des enfants du sire de Louvain : filionim
lovaniensis domini avunculus (i). Il s'agit dans ce passage de
l'année 1134, époque à laquelle Godefroid-le-liarbu, privé par
l'empereur de ses duchés, était souvent désigné sous le nom
de sire de Louvain.
Dans un antre endroit, cette même chronique qualilie Albé-
ron II d'oncle maternel de Godefroid, comte de Louvain :
avunculum Godefridi comitis lovaniensis {-2}. C'est qu'elle parle de
Godet'roid-ie-Jeune, fils et successeur de Godefroid-le-Barbu.
La confrontation de ce texte avec le précédent ne laisse aucun
doute à ce sujet. La chronique revient du reste immédiatement
après au vieux duc Godefridus priinus cum barba, et elle dit
que son fils lui a succédé, cui successit filius ejus Godefridus
secundus; puis elle ajoute que ce nouveau duc est neveu
de l'évéque Albéron II, Godefrido Lovaniensi duce, nepote epis-
copi (a).
L'auteur du Triomphe de saint Lambert à Bouillon n'est pas
moins explicite; voici en quels termes il s'exprime au sujet de
l'élection d'Albéron II : elegeruut eum sane columnœ ecclesiœ hac
spe maxime quod esset de prosapia a mari usque ad mare palmites
suos protendenti, et sororis suœ filius dux Lovanii (4).
Il faut convenir qu'il y a dans cette phrase un petit anachro-
nisme. Quelque long qu'on suppose l'interrègne après l'évéque
Alexandre, ce n'était certainement pas Godefroid-le-Jeune, mais
son père, qui retenait le titre de duc de Louvain, lorsqu'Albé-
ron II fut élu, c'est-à-dire pendant le caiême 1135, au plus
(*) Gesta abbal. Irud., lib. XII, cont. t. 14. Migne, Pau: lai , tom. 173, col.
18;^.
(' ) Ibidem, coiUin II, 1. Pair, (ai., col. 226 du tom. Ilo.
(■') Ibidem, contin. II, 3 et 4 Pair. lai., col. 227, 22R.
I *} Dans Chapcauville. lome II, page 582.
tard (I ). Le chapitre de Liège songeait donc bien plus au vieux
sire ou duc de Louvaiu qu'à son fils, en cette solennelle circons-
tance. Qu'il ait dès lors tenu compte des bonnes dispositions
du jeune prince, on peut l'admettre à la rigueur; mais rien
de plus.
Pour s'expliquer la phrase qui précède, il sera bon de
prendre la place de l'auteur du Triomphe et de se figurer son
unique préoccupation. Raconter l'expédition bouillonnaise de
manière à l'aire ressortir le triomphe de Saint Lambert, tel
était son but ; mais il ne négligeait pas de rendre intéressants
les personnages qu'il mettait en scène. N'ayant encore rien à
dire du jeune duc, il aura cru ingénieux de mettre à son compte
une petite portion de l'influence qu'avait son père et de lui
faire commencer son rôle derrière les coulisses. Ajoutez que
ce prince était peut-être chanoine tréfoncier de Saint-Lam-
bert (ij).
Gilles d'Orval fait sur ce passage du Triomphe la petite glose
qui suit : elegerimt eum sane columnœ ecdesiœ hac spe maxime
quod esset de prosapia namurcensi, prosapia a mari iisque ad
mare paknites suos protendenti, et sororis suœ filius esset dux
Lovanii Godefridus, filius Godefridi pr^edicti ducis (3). Il venait
de parler de Godefroid-le-Barbu. Cette glose ne laisse sub-
sister aucun doute sur la vraie signification de cette phrase du
Triomphe : et sororis suœ fitius dux Lovanii.
Des auteurs, convaincus que la femme de Godefroid-le-Barbu
était, non la nièce, mais la sœur du comte de Naniur, n'ont
trouvé rien de mieux pour expliquer cette petite piirase du
Triomphe, que d'y intercaler le mot malris. Ils en ont lait : et
(*) Alexandre, déposé parle concile de Pise au commencement de l'année 1134,
mourut au monastère de Saint-Gilles, le 6 juillet suivant. Cette même année, vieux
style, eut lieu l'élection d'Albéron II, comme le prouve um; charte de Goilcfroid-le-
Barbu, qu'on peut lire dans la Revue catholique, année 4858, page 409.
(*; Dissertation de Lavullcye; Hisl. du Limhourg, \)nr llrnsl. Appendices du
tome III, page 43.
(') Dans Chapeauville, tome II, page 78.
/ —
sororis malris siiœ lilïus dux Lovanii (i). C'est ingénieux, mais
fort embarrassant à côté du diplôme cité plus haut d'Albé-
ron II.
Quant à la phrase qui précède : quod esset deprosapia a mari
usque ad mare palmites suos protendenti, bien qu'elle paraisse
un peu boursouflée, elle est de la plus exacte vérité. La proso-
pia d'Albéron II se compose nécessairement des familles de son
père et de sa mère. Or, on verra bientôt que cet évêque est, par
son père, de la maison de Ghiny, c'est-à-dire descendant des
empereurs Othoniens, comme nous espérons le prouver un
jour, proche parent des plus grands princes de France, d'Es-
pagne, de Bourgogne et de Lorraine. Il n'y aurait pas même
eu d'exagération si l'auteur avait dit : m mari ou ultra mare
palmites suos potendenti, puisque Adélaïde de Louvain, la poé-
tique nièce d'Albéron, avait épousé le roi Henri Beau-Clerc,
premier auteur des libertés anglaises.
Pourquoi donc Gilles d'Orval n'indique-t-il, dans son petit
commentaire, que la famille maternelle d'Âlbéon II, prosapia
namurcensi, et n'ajoute-t-il pas et cliiniacensi ? A cette question,
il n'y a, ce semble, qu'une réponse : c'est qu'une pareille omis-
sion faite par un moine d'Orval, un siècle seulement après le
siège de Bouillon, en dit plus que bien des phrases sur la rai)ide
décadence de la maison comtale de Chiny.
Quoiqu'il en soit, il ressort évidemment des textes qui pré-
cèdent que la duchesse Ida, première femme de Godefroid-le-
Barbu, n'était pas fille, mais petite-fille d'Albert III, comte de
Namur ; car alors elle eût été la tante et non la sœur d'Albé-
ron II. Il faut donc corriger en ce sens l'Art de vérifier les
dates (2), les Trophées du Brabant (3), etc. (4).
( * ,; V. Gallia Chrisi.., tome III, page 870. Note de Lavalleyc dans Krnst, Hist. du
Limbouiuj, tome II, page 276.
("- ) Edit. in-8, tome XIV, pages 90 et lio.
( ' ; Butkens, tome I, page 106.
(*) Fisen, Hist. eccl. leod., page 369, Franc. Harœi annal., tome 1, pp. 199,
208, 2 14, ex Divœo, etc.
i^ IV.
Albëroii II est frère de la seconde femme de Gislebert, comte
de Duras.
La première femme de ce comte mourut enH14; elle se
nommait Gertrude(i). Oda, sa seconde femme, est menlionnée
dans une charte de 1134, par laquelle Alexandre, évêque de
Liège, approuve une donation pieuse, faite a durachiensi comité
Gisleberto, ejusque filiis Ottone, Brunone, Theoderico et Oda
comitissa, cœterisque cohœredibii.s {'■2) ; c'est-à-dire par Gislebert,
comte de Duras; par trois de ses tils, Othon, Brunon, Theodo-
ric ; par la comtesse Oda, et par d'autres, leurs cohéritiers.
On peut déjà conclure de ce texte que la comtesse Oda n'était
pas la mère de ces trois tils de Gislebert, puisqu'ils n'auraient
pas été en âge de passer des contrats de ce genre. En voici une
autre preuve :
i^a môme année 1134, la guerre éclata tout-à-coup entre le
sire de Louvain et le comte de Duras. Une vraie futilité en était
cause, à savoir l'arrivée sous les murs de Léau d'un bateau
terrestre, ou monté sur des roulettes.
A la nouvelle de celle folle équipée, le futur évêque, qui se
trouvait à Liège, accourut pour offrir sa médiation.
Disons, à l'honneur des deux beaux-frères de Duras et de
Louvain, que ce prélat paraît avoir eu moins de diflicultés avec
eux qu'avec leurs enfants. C'est à cette circonstance qu'on doit
les détails suivants sur ses relations de famille avec les jeunes
princes.
Albéron, dit la Chronique, est l'oncle maternel des enfants de
Godefroid, mais non de ceux de Gilbert, bien que la comtesse
de Duras soit sa sœur : supervenit Adalbcro, metensiain jyrimi-
cerius , liliurum lovaiiienaLs domini avioicidus; cujus inlerventu.
I 1 Costa abbat. Trud , Patr. lai., col. l.")4.
') Revue calholii|ue, 18.^)8, page 408.
— 9
quia comitissa durachiensis erat soror ejus, et Durachium erat
castellum sancti Lamberti, lovariiensis dominus ah impugnatione
cessavit (i ).
('; Gest. abb. ïi'ud., ibidem, col. 18;i On voit ici, comme dans le Triomphe de
St Lambert et ailleurs, qu'Albéron II était primicier de l'église de Metz. Il avait
succédé, en 1113, à Albéron do Montreuil, nommé à l'archevêché de Trêves. Avant
eux, Albéric de Luxembourg, beau-frère de Godefroid, comte de Namur, et Albéron I,
frère consanguin de Godefroid-le-Barbu et évêque de Liège, avaient été revêtus de
cette même dignité.
On se demande naturellement ici quelle est la date de cette grosse mésintelligence
entre les deux comtes et, par suite, quelle est celle de la quatrième dévastation
dont il est parlé à la colonne suivante. Livre XII, 14.
La réponse se trouve dans les mots itiim 26 aniios (ibidem) ; c''St la 26® année
du gouvernement de Rodulphe. Reste donc à fixer l'époque de son élection, ce qui
répondra en même temps à une autre question inléressante, savoir : en quelle année
Albéion II n-t-il bénit le successeur de l'abbé Rodulphe?
Deux systèmes sont ici en présence : le premier suppose qu'au temps de Rodulphe
l'année commençait à Saint-Trond comme assez généralement en Allemagne, c'est-
à-dire à Noël ; le second la prolonge jusqu'au samedi ou au dimanche de Pâques,
ou bien jusqu'au 25 mars, ou du moins jusqu'au 4*'^ de ce mois.
Le premier système a été suivi par le savant éditeur de cette chronique de Saint-
Trond dans les Momunenta Germ. hist. de Pertz. Rodulphe aurait donc été élu le
80 janvier 1108; bénit, le 24 février suivant, premier dimanche du carême, Liv.
VU, 16; VIll, 1, 18; il serait mort le 6 mars 1138, Acta trand. miius milit., col.
219, 223. Ces dates s'harmonisent avec quelques autres ; en particulier avec les
années de Folcard. au commencement de la seconde continuation, col. 227 ; mais
elles exigent de bien nombreuses corrections dans les treize premiers livres surtout,
comme on peut le voir par les notes de l'éditeur.
Lo second système suscite des objections, par exemple : le 24 février 1109 n'est
aucunement le premier dimanche du carême ; mais il s'accorde parfaitement avec
la plupart des imlicalions fournies dans les treize premiers livres.
bans ce système, Rodulphe est élu le 30 janvier 1109 ; bénit le 24 février ; son
monastère est incendié le lundi 19 juillet lllo, Liv. A', 13. Il est vrai que le texte
porte 1 1 14 ; mais en cette année, le 19 juillet ne tombait pas un lundi.
Les nouvelles constructions sont bénites le 29 septembre 1117, ce qui est bien
la Q« année depuis la cérémonie du 24 février 4109, et la 32« depuis l'incendie du
9 mars 1086, lequel arriva la 3" année de l'abbé Lanzon, Liv. IX, 29; II, 13; ///, 1.
Rodulphe part pour Gand et Cologne le mercredi de Pâques, 13 avril 1 121, Liv. XI,
1 1 — 16; ce qui est la treizième année de son ordination, ihidem, ou 12 ans, 2 mois
et environ 1 î- jours, comme le précisent les .icla transi. S.Gereon., col. 433. Il est
atteint de paralysie le vendredi, 18 mars 1132, Liv. XII, 9; ce qui, à la vérité,
n'est pa.s encore la 23'' année de son entrée en charge ; mais en revanche , rv qui
seconde: Pil^RXIE.
Il est constaté qu'Albéron II, Eustache, Ida et Oda sont frères
et sœurs et qu'ils ont pour aïeul Albert III , comte de Namur,
père du comte Godelroid.
Mais des doutes peuvent encore s'élever sur le sens du mot
avunculus, puisqu'on lui a parfois donné toute la signification du
mot français o/ic/f, lequel répond également aux deux mots latins
avunculus, oncle maternel, et patruus, oncle paternel.
On prouvera, dans cette seconde partie : 1" que l'évéque
Albéron II, son frère et ses deux sœurs descendentd'Albert III,
non par un tils, mais par une fille ; 2" que cette fille d'Albert III
fait sept ans avant sa mort, col. 219, qui eut lieu le 6 mars 1139, trente ans, un
mois et sept jours après son élection, ibidem et contin. If, lib. 1, 1.
Vient ensuite Folcard. Si la date quarto kal. jtin. 4'' videl. ejusd. feslivil. pentec.
feria est vraie, il n'a été bénit que plus de quatorze mois après la mort de son
prédécesseur. Peut-être les longs voyages, les réclamations et l'enquête qui ont
Suivi son élection, ont exigé ce long espace de temps. Peu auparavant, l'élection de
l'abbé de Lobbes, n'avait guère moins duré, Lobbes, par Vos, tom. l, 17. En ce
cas, il faudrait conclure que Folcard s'est rendu à la Cour impériale non à Cologne,
mais à Worms, et qu'Albéron II se trouvait à Fosses à la Pentecôte 1140, ce qui
rend peu probable la rupture entre cet évêque et son cousin-germain Henri l'Aveugle,
Auctar. Sigeb. Geinbl. ad a. 1140, et ce qui porte à croire que les incendies, les
meurtres, etc., mis à la charge du nouveau comte de Namur, se sont produits lors
de l'incursion et par le fait de Regnault de Bar.
Quant aux hostilités entre les comtes de Louvain et de Duras, elles ont eu lieu
en l'année 1134,1a 26* du gouvernement de Rodolphe. C'est ce qu'indique assez
clairement le livre XII, 9 — li. Le chapitre suivant parle d'une affiiire commencée
vers l'année 1134, i.sto fere anuo, et terminée en 1136, la 'iSf année do Kodulphe,
anno ab incarn. D. 113ti, ab ordin. ab. liod. 28, ibidem. Dans le premier système,
on pourrait soutenir que ces hostilités remontent même il l'année précédente.
— Il —
ne peut avoir été mariée à un comte de Gueldre; Séquelle n'est
autre qu'Alix, comtesse de Chiny.
Cette marche un peu tortueuse semble ici nécessaire parce
que les preuves directes font défaut. Aucun auteur en effet n'a,
croyons-nous, affirmé d'une manière explicite l'origine chi-
nienne de ces hauts personnages. Elle ne peut donc être établie
que par la voie des déductions, méthode plus longue et moins
saisissante, mais également historique et propre à opérer la
«îonviction.
§1.
Albert III, comte de Namur, n'est pas l'aïeul paternel d'Albé-
ron II, d'Eustache, d'Ida etd'Oda.
Albert III eut quatre lils : Godefroid, Albert, Henri et Fré-
déric qui fut évêque de Liège et dont nous ne parlerons pas ici.
Le premier n'est pas le père des deux princes et des deux
princesses qui nous occupent; car on vient de voir qu'il est
leur oncle.
Est-ce Albert ou Albéric? Outre son nom qui se trouve dans
une charte, on ne connaît de lui que ce qu'en rapporte Guil-
launie de Tyr dans son Histoire de la Guerre Sainte. Bauduin
du Bourg, dit cet auteur, avait donné la ville de Jaffa et sa ban-
lieue à un sien parent, sire du Puizet, dont la femme se nom-
mait Mamilie et était tille de Hugues Cholet , comte de
Roucy (i). Le nouveau comte de Jaffa, Hugues, sire du Puizet,
vint bientôt à mourir. Alors le roi Bauduin accorda la main de
Mamilie au prince Albert , frère du puissant comte de
Namur, et lui donna en même temps la ville de Jaffa. Mais ce
{*) C'est une erreur : Mamilie n'était pas fille, mais sœur de Hugues Cholel.
Voir r^ri de vérifier les dates, tome XII, page 286. Leur père, Ebles II, comte de
Montdidier et de Roucy, était frère d'Adélaïde, belle-mère d'Alix de Namur et aïeule
d'Albéron II, d'Eustache, etc.
12 —
second comte mourut aussi peu après ainsi que sa femme ( i ).
Comme on le voit, l'imagination seule est capable de leur
donner quatre enlauis qui abandonneraient le comté de Jaffa
pour revenir au pays de leur père ceindre la mitre de Saint
Lambert, la couronne ducale de Brabant, etc. Autant vaut l'o-
pinion citée ou imaginée par le doyen De Vaulx dans ses ma-
nuscrits conservés h l'Université de Liège : Albéron II, dit-il,
ne serait autre que cet Albert lui-même, « en supposant un peu
gratuitement qu'il devint veuf et <iu"il n'est pas mort dans la
croisade ,2), »
A défaut d'Albert, comte de Jaffa, n'est-ce pas Henri, comte
de Laroche, qui serait père d'Albéron II, etc. ?
Supposons un instant que ce comte de Laroche ait eu quatre
fils : Godefroid et Hem-i II qu'on ne peut révoquer en doute,
plus Albéron II et Enstache. Gomment alors expliquer que son
comté de Laroche soit tombé aux mains de Henri l'Aveugle et,
plus tard, du comte de Hainaut? A défaut de postérité mascu-
line, autre hypothèse indispensable, le droit d'héritage appai'te-
nait alors, non à ce dernier couile, mais aux ducs de BraJjant,
descendants d'Ida. Or, ni Godefroid, le courageux, ni Hemi, le
guerroyeur, n'étaient hommes à se laisser dépouiller sans résis-
tance.
Aussi personne, croyons-nous, ne s'est avisé de faire descen-
dre Albéron II des comtes de Laroche.
Une dernière réflexion, c'est qu'Albéi'on, dans le diplôme
dont il a été parlé plus haut, après avoir parfaitement quaTihé
son oncle et son frère, se coiitente de citer le plus simplement
possible llenikus de liupe , ce que ce prélat n'eût pas lait si ce
Henri eut été son frère et le chef de sa famille (r, i.
(') Livre XI V, chapitre lo.
(*j A l'endroit iiidiinjc plus haut.
(3 , 11 s'agit ici de Henri II, fils de Henri I. il .>uccéda, en lliiS ou IISD a son
frcre Godefroid, dans l'avouerie de Slavelot, et eut lui-mùmc pour successeur au
comté de Laroche, son cousin germain Henri rAvengle. Lavalleye a publié, sur les
comtes de Laroche et do Durhuy, une petite brochure composée par Ernsl, l'histo-
rien de Tancien Limbourg.
— 13
C'est donc par une fille d'Albert III que nos deux princes et
nos deux princesses se rallaclieiit à la maison de Namur.
§ II.
Cette tille d'Albert III n'a pas été mariée à un comte de
Gueidre.
Lavalleye donne un excellent résumé de ce qui a été écrit à
ce sujet en faveur des comtes de Gueidre : « Jean d'Outre-
» Meuse, dit-il, Placentius, et ie jésuite (lisez ie carme) Bouille
» s'appuyant sur le Tableau des tréfonciers de S. Lambert,
)) à Liéi^e, de l'an 4131, le font fils d'un comte de Gueidre et
rt d'une sœur du comle de Namur... L'auteur de la vie de
» S. Englebert, archevêque de Cologne, et le généalogiste
» Bernard de Hinnisdael dans son grand ouvrage inédit inti-
» tulé Chnmologia perillustris ecdesiœ leodiensis, ont adopté
» cette dernière opinion; le savant doyen Devaux enfin, dis-
» cutant les différents sentiments émis sur cette origine dou-
» leuse, se prononce également pour cette dernière. Appuyé
» de ces autorités respectables, nous pensons que Ton doit
» regarder l'évêque Albéron II comme un descendant des
» comtes de Gueidre (i). «
Malgré les remarques judicieuses de ce même écrivain (2), il
faut convenir que le Tableau des tréfonciers ne fait pas grande
autorité, même au jugement de Bouille (?. ). Voici comment cet
historien rapporte forigine d'Albéron II ; « Il était, dit-il, cha-
» noine et primicier de l'église de Metz, issu de Gérard, comte
» de Nassau de Gueidre, et d'Hermingarde, comtesse de Namur,
» et oncle du comte de Louvain (4). »
(') Note delà page 276, tome II de VHisioire du Limbottrg, par S. P. Ernst.
[ ' ; Hist. du Limboiirq, par Ernst. o/jpcvd. du lome III, litt. A.
(*) Histoire de Liège, tome I, page loi.
(*/ Ibidem, page iol.
44
Il ne peut être question ici que de l'un des deux comtes sui-
vants : ou de Gérard, comte de Gueldre, Gerardus, cornes de
Gelria cité dans une charte de 1096(4), ou de Gérard, dit de
Wassemberg. Or le premier n'eut pas d'enlants, puisque son
comté passa héréditairement h son frère Henri, comte de
Zutphen, et plus tard à sa sœur Ermingarde qui le transporta
dans une autre maison, par son mariage avec Gérard de Was-
semberg. Quanta celui-ci, s'il a épousé une Ermingarde, com-
tesse, ou plutôt princesse deNamur, c'est en premières noces;
car Ermingarde de Gueldre lui a survécu et s'est remariée à
Conrad II, comte de Luxembourg. Admettons donc pour un
instant un premier mariage d'où proviendraient Albéron II,
Eustache, etc. Il s'ensuivrait que ces princes n'appartiennent
pas à la maison de Gueldre, mais à celle de Wassemberg, et
que leur père les a lui-même frustrés de son comté,* pour les
donnera sa fille Jutte qui devait le réunir au Limbourg. Ce sont
évidemment là des impossibilités.
Inutile de parler des autres Gérard de Gueldre, puisqu'ils
étaient plus jeunes qu'Albéron II. Plus inutile encore serait-il
de discuter des généalogies non-seulement fausses, mais impos-
sibles, telles qu'il s'en trouve dans les manuscrits deDevaux(2).
En un mot, l'existence d'une fille d'Albert III, comte de
Namur, laquelle aurait été nommée Ermingarde ou n'importe
comment, et serait devenue la femme d'un comte ou d'un prince
quelconque de Gueldre, n'est guère mieux fondée que celle de sa
prétendue sœur, dont on fait une duchesse de Brabant, en la
confondant avec Ide de Chinv.
(') Mirœi op. dipl., tome 1, page 771.
( - ) Entre les pages 070 et 671, du lome 1. Par exemple : Albéron 11, frère de
Henri I de Gueldre, tous deux fils de Gérard et d'Hedwige de Hollande, lui qui n'eut
d'autre femme que Clémence qui lui survécut ; ou bien, selon Heuterus, Henri I, né
d'Hedwige, frt-re consanguin d'Albéron H, né d'Ermingarde de Naraur, etc.
- 15
i$ lïl.
Alix ou Adélaïde, tille unique d'Albert III, ei femme d'Othon II,
comte de Chiny, est la seule qui puisse être la mère d'AlbéronlI,
d'Eustache, etc.
Alix est la seule tille d'Albert III dont l'existence est bien
constatée et dont le mariage avec le comte de Chiny ne peut être
révoqué en doute. Albéric de Trois-Fontaines, ou plus tôt de
Neuf-Moustier, près Huy, en parle de la manière suivante :
« Taïujenda nobis est breviter prosapia namurcensis. AWertus
» cornes senior namurcensis Godefridum genuit comitem de
» Namiirco, et comitem Albertum de Rupe (i),et sorores eonim :
» ima dicta Aaliz quœcomili Ottonide Chisneio comitem Albertum
» peperit. ITujus fuerunt [ilii : cornes Ludovicus, Theodoricus de
» Marleriis, episcopus Arnulphus virdunensis, domina de Hirges,
» et Ida domina de Aspero monte et mater domini de Walchen.
» Jtem quoque episcopus Albero leodiensis qui BuUonium per bea-
» tum Lampertum recuperavit, et soror ejus comitissa lovaniensis
» quœ comiti Lovanii peperit primum Godefridum comitem, fue-
» runt de prosapia namurcensi. » Traduisons :
« Il nous faut dire quelques mots de la dynastie namuroise :
Albert l'ancien, comte de Namur, engendra Godefroid égale-
ment comte de Namur; Albert, comte de Laroche, et leurs
sœurs.
» L'une d'elles, nommée Aaliz, épousa Othon, comte de Chiny
et lui donna un fils, nommé Albert.
» Les enfants d'Albert sont : le comte Louis ; Théodoric de
Marliôre.^ ; Arnulphe, évêque de Verdun ; la dame de Hierges, et
Ida dame d'Aspremont et mère de sire de Walchen.
» Sont aussi de la famille de Namur : Albéron, évêque de
(') AuVien d'Albert, il faut probablement lire Henri. Celui-ci était en effet dit
Henricus de Rupe dès l'année 1088, c'est-à-dire longtemps avant que son frère ne
partit pour la croisade.
16
Liège, lequel, grâce à la protection de saint Lambert, a recon-
quis Bouillon, et sa sœur la comtesse de Louvain, mère du
comte Godefroid I (i). »
On reconnaît immédiatement qu'Albéric ne possédait que des
renseignements incomplets sur la famille comtale de Namur;
car il ne parle pas de l'évêque Frédéric, puis il dit Albert,
comte de Laroche, et quelques lignes plus bas, il parle de
Henri, comte de Laroche, et encore un peu plus loin, il parle de
Henri, comte de Laroche. Il ne faut donc pas s'étonner s'il n'af-
firme pas qu'Alix est sœur d'Albéron; la parenté lui est connue,
mais non le degré. Remarquons encore que cet auteur suppose
plusieurs filles au comte Albert III, et qu'il est parfaitement
renseigné sur une seule d'entre elles. Que sont devenues les
autres, ou du moins l'autre? Il l'ignorait sans doute. Peut-être
sont-elles mortes en bas-âge puisqu'on n'en trouve aucune trace
dans l'histoire.
La conclusion nécessaire de tout ce qui précède est celle-ci :
ou l'évêque Albéron II est de la maison de Chiny, ou il est fils
d'un prince dont l'histoire n'a conservé ni le nom, ni l'origine,
ni le moindre souvenir, et d'une mère qui doit être fille d'Al-
bert III de Namur, mais dont la trace nous échappe et dont
l'existence même est parfaitement ignorée; et cependant c'est â
cause de sa haute extraction et de sa grande puissance que ce
prélat fut élu par l'illustre chapitre de Saint-Lambert.
Il reste à faire voir que, de tous les pi inces de cette époque,
aucun h'éiait mieux en position que le comte de Chiny pour
ménager les intérêts bien compromis de l'évôché de Liège: d'où
il suit que son fils Albciron était pour ainsi dire le seul éligible
en pareilles conjonctures.
La maison de Chiny était alors à l'apogée de sa puissance.
Celle de Namur y était également, ou allait y atteindre. Aussi
j*) Chronicon Albcrki. Edil. Lips. ad a. 1H>9, page 349. Nous avons doniK; le
lexle latin avec les corrections indiquées dans Menckeii, Scriptores rer. germani-
car,, tome I, paije 7i).
- lf7 -
n'esl-il pas étonnant que, à la suite du passage cité plus haut,
l'auteur du Triomphe de saint Lambert nous montre l'évêque
de Liège et son neveu, le jeune duc de Brabant, en possession
d'une puissance formidable : qui duo principes, dit-il, génère,
possessione, potentia, multitudine, illi prœsunt regioni, etc. (*).
Al'béron II pouvait en efifet compter non seulement sur son
beau-frère de Louvain et sur son oncle de Namur, mais sur
son frère le comte de Ghiny, sur son oncle l'évêque de Verdun
et sur ses belliqueux parents de la maison de Roucy. Or cet
appui qu'il devait trouver dans la famille de son père était pour
les Liégeois de la plus haute importance, comme on va le voir.
Moins de quatre ans avant l'élection d'Albéron II, avait eu
lieu, à Liège, une autre élection pour le siège épiscopal de
Verdun. Elle s'était faite, à la demande du pape et de l'empe-
reur qui tous deux se trouvaient alors à Liège, par une
députation du clergé supérieur de Verdun. Il fallait à ce diocèse
un évêque assez puissant pour l'affranchir de la tyrannie de
Regnault, comte de Bar. On sait que ce comte occupait la
forteresse de Verdun d'où il rançonnait à son gré les habitants.
Le choix des électeurs se fixa sur Albéron de Ghiny, oncle
d'Albéron II. Laurent de Liège parle de l'enthousiasme que
cette élection excita parmi la noblesse, du bienveillant accueil
fait au nouvel élu par le pape et l'empereur, de la joie et des
espérances du peuple et du clergé de Verdun (2). Le même
auteur raconte ensuite dans tous ses détails la délivrance de
cette ville, qui eut lieu le jour de laPei.tecôte 1134, c'est-à-dire
fort peu de temps avant l'élection d'Albéron II.
( i ) Fisen se trompe lorsqu'il prend le comte de Namur pour l'un de ces deux
princes, et le duc de Louvain pour le second. Cela prouve qu'il n'a lu ce passage
que dans Gilles d'Orval, où quelques mots ajoutés rendent le sens ambigu. Le texte
du Triomphe ne se prêle nullement à cette interprétation.
(s) Virdunensis civitas et ecclesia, audito nomine clecti sui, exultavit, spem
recuperandae per eum libertatis jam quodara prsesagio concepit, etc. Gest. eptsc.
Tirdun., capp. 29, 30.
— 18 —
Tous ces faits étaient bien connus à Liège et, ce qui est
remarquable, ce diocèse se trouvait, au moment de l'élection
d'Âlbéron II, exactement dans la même situation que celui de
Verdun, quatre ans auparavant. Le même comte Regnault de
Bar venait aussi de s'emparer du château de Bouillon, pour en
faire le quartier-général de ses excursions dans le pays de
Liège.
Il était dès lors presque impossible que les suffrages du clergé
ne se portassent pas sui' le puissant neveu du libérateur de
Verdun. Aussi, dès que Albéroii fut évêque, ne songea-t-il,
comme son oncle, qu'à chasser l'oppresseur et, comme lui, il
en vint à bout.
Dernière conclusion et résumé :
Albert I, comte de Chi)iy ; Frédéric, prévôt de l'église de
Reims ; Albéron II, évêque de Liège ; Eustache, avoué de
Hesbaye ; Ida, première duchesse de Brnbant, et Oda, comtesse
de Duras, ont pour père Otton II, sixième comte de Chiny, fils
d'Arnulphe II, qui a fondé l'abbaye d'Orval, et d'Adélaïde de
Roucy, et frère ou frère consanguin d'Albéron, évêque de
Verdun; d'Hadwige , femme du célèbre Dudo de Cons; de
Louis ; de Clémence et de Béati-ix, Ils ont pour mère Alix ou
Adélaïde, 1° fille d'Albert III, comte de Namur et d'Ida ou
Relinde de Saxe, veuve de Frédéric, duc de Basse-Lorraine ;
2" sœur de Godefroid, comte de Namur ; de Frédéric, évêque
de Liège ; de Henri I, comte de Laroche, et d'Albert, comte de
Jaffa, en Palestine.
— 19 —
Li: (UllTlLAIllK 1)K l/ABBAYK !)K Hl^nCKKNllODK.
(suite)
IC^Iioven »ous ]&I«rIinne.
H mai 1463. — Acte de la cour censale que le chapitre de
Looz possède h Eghoven. « Willem Bois wonende te Loen,
meyer, Willem Van Alst, Jan Royen der jonghe, i^n Gostvijm,
Jan Peters, Franc Vyiie, Willem Smets ende Lambrecht Van Sta-
pele schepenen des hoefs. » Godgaffrfd Loo^ demeurant à Borloe
avait vendu pour une somme d'argent une rente de huit muids
de seigle à Jean Ave Maria, chanoine de Looz. qui légua l'usu-
fruit de cette rente à sa fille Jeanne, sœur converse à Hercken-
rode et à Dierik Hennans; quant à la propriété, il légua quatre
muids au chapitre de Looz, deux à l'abbaye de Herckenrode, un
au curé du béguinage à Looz et un au béguinage de Looz. La
rente est hypothéquée sur des biens ressortissant à la cour cen-
sale de Eghoven, h la cour de Halmaele,el h. la cour censale de
Malmemjiers. — Tome II, fol. 161.
Erpeîs.
26 janv. 1286 (1287). — Reynekin, fils d'Arnold de Scuenlo,
chevalier, ei Arnold, fils aîné dudit Reynekin, dit de Erpels,
reconnaissent avoir vendu à l'abbaye tous leurs biens situés à
Erpels, savoir, quarante bonniers de fiefs lossains. Arnold,
comte de Looz, approuve la vente et il change, en outre, ces
fiefs en alleux : feodum predictorum bonorinn de Erpels muta-
vimus et mutamus et convertimus iu allodium purum cum om-
nibus juribus et solempnitatibus in lalibus debitis et consiietis,
et dictum allodium predictis abbatisse et conventui de Hercken-
rode contulimus et in ipsum allodium abbatissam et conventum
prout moris est et in talibus fieri consuevit cum cutello album
manubrium habente, cespite et ramo virente investivimus et reli-
quimus tamquam suum proprium allodium... His vero omnibus
premissis tamquam féodales et allodiales présentes fuerunt
Henricus dominus de Pietersheini, Franco de Weseinale dominus
->()
de Vivario, Walterus de Hère, Wilhehnus de Langdries et Jo-
hannes frater ejus, milites, Willielmus liliiis domini de Pieters-
fiem prescripti, Arnoldus de Gfjinenik , Johannes de Opliewe
castellanus de Kohnont, Liidovicus de Alkeu dictus de Lî/t/e,
]Vilhelmus de Kermpte, sciiltetus de Hasseit, et Arnoldus falco-
iiaiius, nosti'i famuli et alii quamplures liomines nostri... Da-
tum et actum anno dominice Iiicamationis M. CC.LXXX sexto
dominica ante Purilicationem beatissime Virginis Marie apud
Kasselar in quadam curia de Herckenrode cistercieiisis ordinis
Leodiensis diecesis. L'abbosse Alytia élait présente. — Tome
1, loi. 27.
EygenbilseM.
27 avril lo23. — Acte de la cour censale Vandcrhurch, située
à Eygenbilsen et appartenant h joncke.r Léon van Moppertinyen.
Pierre Vanhulst s'engage à servir à l'abbaye une rente de
quatre mesures de seigle dont il a reçu le capital, et assigne
comme hypothèque sa maison avec ses dépendances située h
Croinendael et ressortissant à la dite cour censale. — Tome I,
fol. 183 v".
Cwenck.
12 mars 1201 (i2o2). — ^4n«o/(/,comte de Looz,\-eiK\ à l'abbaye
sa (brèt de Bockrake sous Genck. Arnoldus, comes de Los et de
Chiny et Jolianna comitissa predictorum locorum, uxor sua,
uiiiversis présentes litteras iiispecturis salutem et cognoscere
veriuuein. Universilali vestre signiiicamus quod nos silvam
nostram que vocatur Buksenrahe cum CuikIo, terra scilicet
in qua sila est, integraliter prout iidVa lermiiios et fossaium
circumfossum compreheiidilur et terminaïur, dileclis in Chrislo
abliatisse et conveiitui de Herckenrode cisterciensis ordinis
vi'iididiuHis et iradidinius pro quatuor ceiitum el quinquaginla
±i
marcis Leodieusis moiiete perpetuo possidendam et in ipsius
conveiilus utilital,em sine contradictione aliqua convertendain;
itaque denarios contîtemur nos ab ipsis aljbatissa el conventu
plenarie récépissé in pecunia uunierata el de ipsis abbalissani
el convenluni tolaliler absolvisse. Prelerea eisdem abbatisse
et convenlLiiconcessimus ul ibidem el in locis circunijacentibus
exlra dictam silvauj communem pastuni cum gregibus suis
pei'cipiant. Hune auteni conlractum pertecinius et perfinivimus
in loco qui dicitur Castel, silo inler BUrevelt et Leives, in
parlaniento quod fuit inter dominum Electum Leodiensem et
dueem Brabaniie. Presentibus domino Godefrldo de Perwez,
domino Arnoldo de Steine, domino llenrko de Veldeke et
Wilhelmo dicto preposito scenescalco noslro etaliis multis.
In cujus rei memoriam et munimen présentes litteras ipsis
abbatisse et conventui ti'adidimus sigillorum noslrorum muni-
mine roboratas. Dalum infesio bealiGregorii pape anno Domini
M. ce. LI. — Tomel, fol. 31.
23 février 1253.— Le frère //Mô(M^s,cardinal-prêtre du titre de
Sle-Sabine et légat du St. Siège, confirme la vente de la forêt de
Bockrake. Datum Leodti VII kal. martii, pontificatus domini
Innocentii IJII anno decimo. — Tomel, fol. 32.
Gerdlngen.
1218. — Oston de Borne, homme noble, et son épouse
Petroiiille, donnent avec le consentement de leur fils Goswin
et ù'imagine épouse de celui-ci , leur part de la dîme de
Gerdingenh l'abbaye de Herckenrode. — - Tome 1.
27 juin 1241 — Une contestation ayant existé entre l'abbaye
de Herckenrode et Arnold seigneur de Steyne touchant les dîmes
novales de Gerdingen, celui-ci les avait résignées entre les
mains de l'archidiacre H. de Dickn. C'est ce que A., curé de
Bocholt, déclara le 27 juin 1241 dans le concile d'Eicke présidé
- 22 -
par R., curé de Dyon, vice-gérant, de H. de Dicka, archidiacre.
— Tome \.
Oingelom.
1296. — Aclede la cour allodiale de Liège. Jean Gilhar, cha-
noine de Liège, aliène en faveur de l'abbaye de Herckenrode
cinq bonniers de terre allodiale situés h Gingelom; la cour en
investit l'abbaye. — Tome II, fol. 179.
Vigilia Pentecosten (15 mai) 132.3. — Charte é'Arnoiil, comte
de Looz. Jeanne de Estre légua à son parent Walter de Busco,
échevin du comte à Vliermael, trois bonniers de terre situés à
Gingelom et fiefs du comte. Celui-ci ratitie le legs et reçoit
Walter comme son homme féodal, à raison de cette terre. Pré-
sents magislerLam/^er^Ms, noster phisicus (médecin), canonicus
Lossensis,E^idtMS eiJoannes de Estre fratres, Adam ûeHalmale,
Johannes dictus Miilh de Cueringues, Wilhelmus filius magistri
Lamberli predicti. — Tome II, fol. 196.
20 janv. 1419. — Acte de la cour censale que le seigneur ^Ir/
Van Elderen possède à Gingelom. « Wy Wouter naturliche sone
IJbrechts van Niel, meyer, Jan Kulaere priester, Geert Tutelere,
Goetscalks Robeerts en Willem Van Montenaken laeten des lioefs
toebehorende jonkere Art van Elderen in het dorpe van Gbin-
ghelem. » Rente d'un muid de froment , hypothéquée sur «een
huys en een paenhuis » ( i), etc. — Tome II, fol. 199.
13 ruselmaent (juin) 1468. — Acte de la cour de justice de Ghin-
gelom. « Peter Tuteler meyer, Wouter Snijers, Henric Van Aes,
Art Snyers, Jan Tolen, Art Tenarts endc Rcnc. Il ollans allen sce-
pen der banck ende des hogegerichts vanGingelhem. » La cour
censale d'Elderen appartenant à la dame de Meere, située à Gin-
( ' ) Le mol puoihuys signifie assoz souvent une brassiM-ie lunialc, c'est-à-dire,
où les habitants d'une certaine circonscription étaient obligés de faire brasser leur
bière et d'en payer les Irais. Dans plusieurs villages, le seigneur seul pouvait
avoir une brasserie banale.
— 23 —
gelom , poursuit devant la cour de justice la saisine du bien
appelé Damen Piitrnans goede. Après les citations de droit et
d'usage, Tilman Siiyers, mayeur de la cour censale, demande à
la cour de justice om zazyn te bebben ; celle-ci ordonne que le
mayeur de la cour censale ira sur le bien avec le mayeur de la
cour de justice et que le premier mettra son pied près de celui
du second sur le bien. Cela fait, le^échevins prononcent <fdat sy
niet ghesien en conden men sou aen Tilman eerdeverlenen ende
berch ende dael doen maken in den naem der jonckfrouwen
vanMeere ende cesserenmetrecht. «Arrive Laurent 'S Groets,
receveur de l'abbaye de Herckenrode, au nom de l'autel de S'^-
Croix, qui possède sur ce bien une rente d'un muid de seigle,
disant qu'il a plus de droit que la dame de Meere et présentant
à celle-ci « baren grondchyns halden , coer te coylen ende cost
ende last ende Vv^at er met recht op gelopen is, op te leggen,
daerom seggende dat by synen voet setten sal in den naem des
oltaers daeraiynjonclVouvvedenhaeren setten sou, vermits cens
erfsmud corns dat de allaer daerop gelden lieeft; «après cette
offre, les éciievins prononcent que Laurent mettra son pied là
où la dame aura mis le sien sur le bien « ende dat sy oie niet
gesien en consten men sal hem in den naem des allaers eerde
verlenen ende berch en dael doen maken ende cesseren met
recht; welc zazeringe met recht geschiet is.»— Tome II, fol. 218.
30 juillet 147L — Acte do la cour censale iïElderen apparte-
nant à la dame de Meere et située ii Gingelom. — Tome II,
fol. 18o.
6 mars 1540. — Charte de Walther Van Buyten de Breda,
abbé de S. Gdles. Jean Wisle alias Hustyn, bourgeois de
Liège, avait un fils Franco prieur de l'abbaye de S. Gilles, un
fils Georges religieux à l'abbaye d'Aine, une fille Gertrude reli-
gieuse à Herckenrode. Il légua tous ses biens à son fils Franco.
Les deux autres réclamèrent leur part devant l'OfTicial. Par
transaction, l'abbé de S. Gilles donna à l'abbaye d'Aine une
rente de 42 muids d epeautre et à celle de Herckenrode une
— u —
renie de 17 niuids de wasseiid ou bien une pari des biens
légués proportionnée à celle renie. — Tome II, fol. 192.
9 mars 1S40. — Acle de la cour de juslice de Gingelom.
« Willem Van Coelhem alias Duras schoulel,Herman Van Wilro-
ven, Dionys Bogarts, Art Conckiis, Mercelis Mynten, Adam
Robyns, Jan der Ueere ende Dionys Tiebnans scepenen der
banck des hocligerichts van Gliingeline. » Le prieur Franco
cède à l'abbaye de Herckenrode la partie de son legs ou héri-
tage situé à Gingelom en exécution de la transaction précé-
dente. Est citée die LazaryevsLn Gingelom. — Tome II, fol. 193.
Halniale.
24 juil. 1334. — Les religieuses Parone et Marie de Vileer
achètent une rente hypothéquée sur des terres ressortissantes
à la cour censiûe d'Arnold dit Van Margralen, chevalier, située
à Halmale. — Tome I, fol. 307.
janv. 1344. — Henri de Cortenaken, curé du béguinage de
Diesl, est chargée par la béguine Marie de Marenbays de vendre
deux pièces de terre situées à Halmale juxta montem patibuli. —
Tome I, fol. 309.
11 mai 1463. — Acte de la cour de justice de Halmale. « Rey-
ner Van Roelinghen schoutet, Henric in 't Scep, Herman Van
Mettecoven, Art Van den Bossche, Jorys Van Lare, Jannes
Gersten, Jan Van Halmale en Jan Ruysgarts scepenen der banck
en des hoghegerichts 's dorps van Halmale. » Godgaf Van Loen
demeurant à liorloe, avait vendu une rente de huit muids de
seigle à Jean Ave Maria, chanoine à Looz, rente hypothéquée,
entre autres, sur des terres ressortissantes à cette cour. —
Tome II, fol. 162.
Haaaelt,.
19 janvier 1227 (1228) — Symon ehanoine-coslre de la
cathédrale et archidiacre de Hesbaye, règle l'incorporation des
églises de Hasselt et û'Otliée à l'abbaye de la manière suivante i
« vacantibus dictis ecclesiis abbatissa prenominata que est patro-
na earum, ad utramque preseiitabit idoneum arebidiacona qui
geret curam ecclesiead quam erit presentatus et prebebit sicut
curatus episcopo, arcbidiacono et decanojura sua de suo pro-
prio, et conciliis assidebitet jura conciliorum de suo solvet et
obscrvabit et custodiam reliquiarum recipiet etecclesiam suam
in omnibus procurabit ; curatus ecclesie de Hasselt medietatem
oblationum omnium totius altaris de Hasselt necnon et triginta
modios, quindecim siliginis et quindecim avene, in horreo
dominarum de Herckenrode recipiet singulis annis ad mensu-
ram Leodiensem infra nativitatem Domini persolvendos.
Sacerdotes qui celebrabunt in membris dicte ecclesie habebunt
prebendam sicut hactenus consueverunt, et si quid eis defuerit,
ipse inve^^titus de Hasselt qui eos secundum Deum et bonam
conscientiam constituet, de suo supplebit ; residuum vero
quod solebat habere persona que gerebat curam ecclesie,
habebit conventus de Herckenrode ad opus infirmarie, ita quod
non poterit eos ad alios usus convertere. Curatus aulem ecclesie
de Olhei habebit omnes oblaliones altaris de Othei et quadra-
ginta quatuor modios spelte in horreo de Herckenrode et sex
modios spelteapud Orf<?Mr singulis annis ad mensuram Leodien-
sem inCra nativitatem Domini recipiendos. Providebit autem de
suo dictus curatus ecclesie de Odeur in omnibus que prede-
cessor suus consueverat providere. Residuum autem omnium
provenluum dicte ecclesie tam in grossa quam in minuta décima
ad usus dicte domus pacifice et intègre convertetur. Actum
anno Domini M. CC. XXVII, mense januario feria quintapost
feslum Remigii et Hilarii.— Tome I. loi. 11 v'\
Mai 1237. — Jean, évêque de Liège, approuve le règlement
fait par l'archidiacre Symon pour les églises de Hasselt et
d'Othei. — Tome I, fol. 12.
1239. — Le chapitre de la cathédrale n'ayant point consenti
à l'incorporation des églises de Hasselt et de Othée à l'abbaye,
- 26 -
les religieuses s'adressent au Pape. Grégoire IX charge
l'archevêque et le prévôt de Cologne en 1239 d'engager le cha-
; itre à y conseniiret, au besoin, de suppléer à son consente-
ment. Ceux-ci y engagent le chapitre le 26 février 1239 (1240);
le chapitre y consent le 15 février 1240 (1241) Tome I,
fol. 13 et 14.
2 mai 1262. — Noble homme Wilhelmus de Alvernia, chanoine
de l'église de Liège, prétendait avoir droit sur l'église de Hasselt,
droit que lui contestait l'abbaye. Devant les arbitres Reiniei\
écolàtre de l'église de Tongres et provisor in spirUualibiis de
révoque, et Arnold de Gand, officiai de Liège, il reconnaît
n'avoir aucun droit sur cette église. Actum et datum in crastino
Philippi et Jacobi apostolorum anno Domini M. CC. LXII. —
Tome I, fol. 12 v".
Mai 1265. — Arnoul, comte de Looz, aff'ranchit vingt bonniers
de toutes charges.» Arnoldns, cornes de Los et de C/m?7/universis
présentes litteras inspecturis, salutem in Domino. Significamus
vobis quod nos viginti et quinque bonaria tam in terris quam in
pratis cum duabus mansionibus quebonaabbatissa etconventus
de Herckenrode cisterciensis ordinis tenent ex curia nostra
apud Hasselt ab omniservitutis impensioneet qualibetexactione
perpetualiter absolvimus et libéra fecimus absolute,itavidelicet
quodjustoet debito censu annuo statutis temporibuspersoluto,
libéra sint et permaneant bona memorata. In quorum evidentiam
présentes litteras sigillo nostro fecimus roborari. Datum anno
Domini M. CC. LXV, mense maio. » — Tome I, fol. 23.
3 fév. 1300 (1301 ). — Villicus el scabini de Hasselt interiores,
réalisent la création d'une rente. — Tome I, fol. 269.
1 mai 130T. — Villicus et scabini m/er/ores de Hasselt. Walter
de Hasselt, chanoine de S. Pierre à Liège, avait légué une rente
à l'abbaye. Réalisation de cette rente. — Tome I, fol. 250 v".
Oct. 1309. — Acte de la cour censale de Jean de Iluffelt à
Hasselt. Les membres de cette cour sont nommés « mansionarii
et tenentes prœdicti Johannis de Huffelt. m — Tome I, fol. 277.
Oct. 1309. — Faskimis lombardus, époux de Catherine fille de
Gilkin Piscatoris, vend une rente à l'abbaye. — Tome I, fol. 283.
21 déc. 1309. — Dans un acte de la cour de Hasselt, on trouve
cité « viam publicam super angulum versus mansionem Loin-
bardorum. » — Tome I, fol. 277.
10 nov. J318. — Acte de la cour censale de Dodermere. « Scul-
tetus et scabini seu mansionarii curie de Dodermere prope Has-
selt. » Constitution d'une rente hypothéquée sur un bien ressor-
tissant à cette cour. — Tome II, fol. 105.
14 déc. 1322. — La religieuse Gertrude de Lemve achète une
rente hypothéquée sur une maison située dim\s\2LLumbardestrate.
— Tome I, fol. 256.
28 juin 1323. — Villicuset scabini exteriores oppidi de Hasselt.
Constitution d'une rente hypothéquée sur une pièce de terre
située « in territorio de Hasselt apud Runx secus rivum dictum
Wambeke. « — Tome I, fol. 242 v".
11 oct. 1325. — Les échevins de Hasselt écrivent à l'abbaye
qu'elle n'est point tenue à l'entretien de la cloche appelée dach-
clocke.ii Révérende domine necnon plurimum venerande domine
abbatisse, conventus et monasterii de Herckenrode, villicus et
scabini libertatis de Hasselt salutem in Domino et seipsos ad
ejus beneplacita paratos cum promptitudine serviendi. Domina
reveranda, bene cognoscimus et fatemur quod ad campanam
nostram in aurora diei pulsari solitam que teutonice dacliclocke
nominatur nulles custus vel expensas facere tenemini,, necetiam
id a vobis seu vestris requirimus ratione debiti sive juris, licet
enim vestri fabri et operarii tintenabulum repararunt dicte
campane de hoc eisdem mercedem suam et remunerationem
merito tribuemus , scientes quod invite vos trahere vellemus in
usus insolitos et inauditos, imo potius deberemus vos et vestra
pariter ab injuria seu pravis impetitionibusdefensare. Valete in
Domino. Datum anno Domini M. CGC. XXV, undecima die
mensis octobris. » — Tome I, fol. lo v°.
22 juin 1345. — Arnold dit Milieu Nerdermoys, boucher à Has-
-28
selt, vend à la religieuse Berthe Loyveric une rente de huit
pierres de chandelles (octo lapides sepi boni et solubilis pon-
deris) ; la religieuse la lègue ii l'intlrmerie pro luminare lanterne
in sécréta caméra ibidem ; le débiteur constitue comme hypothèque
un bonnier de terre ressortissant à la cour censale de Jean
Capelmeijr qui réalise l'acte. — Tome I , fol. 243.
10 mai 1349. — L'abbesse Beatrix de Lobosch sichëie une rente.
Dans l'acte de réalisation, on trouve cité l'hôpital de Hasselt. —
Tomel, fol. 276.
21 avril 1359. — Guillaume de Mombeeck, écuyer, vend h l'ab-
baye une rente de six florins, hypothéquée sur quatre bonniers
de terre, situés in loco dicto Voecdye. — Tome I, fol. 2o0.
28 août 1371. — Chréiïen Hendrix ei Thierri de Rechoven,
mambours de l'église de Hasselt, reconnaissent que l'abbesse de
Herckenrode a contribué à la construction des trois chapelles
de la nef latérale du midi, sans y être obligée. — Tome I, fol.
16 V". — V. Daris, Notices, tome II, p. 32.
1426.— Acte de la cour censale de Guillaume Lauen à Hasselt.
Jean Mullers, maître d'école à Herckenrode, avait légué une
somme destinée à l'achat d'une rente pour le saint Sacrement à
Herckenrode. Le mambour Vanden Edelbampt achète une rente
d'un florin pour la sacristie «omewelycden heyligen Sacrement
alleu jaer te dienen. » — Tome II, fol. 207.
10 jiiil. 1433.— « Dionys geheyten Scunarts richter, Philips
Vanderhulst, Henric Bille, Liebrecht Cramveh, Aert Vandenputte
ende Hector geheyten IJebens late der eerwerdigher religiose
vrouwen der abdissen ende des couvents van Herckenrode in
hoeren laethoeff van Olmen...->^\ ils réalisent la création d'une
rente au profit de l'abbaye h servir par Claes Naelde de Hasselt.
Le chevalier Guillaume Cannart, mambour de l'abbaye, prête
son sceau pour sceller l'acte. — Tome I, fol. 145 v".
1473. — Acte de la cour de justice de la seigneurie de Runxt,
sous Hasselt, appîiilonant au chapitre de S. Jean l'évangeliste à
Liège. Réalisation de la constitution d'une rente. — Tome II,
fol. 7.
— 29 —
28 mai 1507, — Il existait un conflit entre l'abbaye de Herc-
kenrode et la ville de Hasselt, touchant la dîme du chanvre et
touchant la réparation de la voûte de l'église et la fourniture
des choses nécessaires au service divin au maître-autel. Les
deux parties le soumettent à un arbitrage. Les bourgmestres
Arnold de Meldert et Arnold Squaijen, Arnold Sconarts unus
juratorum, Jean Maechs, Jean Leenarts, Lambert Hoenichs,
Pierre Gantier, Godefroid Swaris, Nicolas de Coersel et Gisle-
bert Berchs consules|et gubernatores oppidi, Jean Coenen et
Nicolas de Meldert, mambours de l'église, choisissent pour arbi-
tre Henri Ex Palude , chanoine-chantre de la cathédrale. Ger-
trude de Lexhy, abbesse, Ida Van den Kerckhoff prieure, Aleide
van Ghewanghe, Beatrix de Bardecom, Marie Ladduyns, Marie
van Bardecom, Mathilde Van den Nmvenhoeven, religieuses-
professes, choisissent pour arbitre Renier Borman, chanoine de
la cathédrale et prévôt de S. Paul. Les arbitres décident
1° que les habitants de la paroisse de Hasselt payeront à l'ab-
baye la treizième partie du chanvre « te weten die derthiende
sande in behoerlicken tyde als men denkemptploeckt;» 2° l'ab-
baye payera pour le maître-autel, à raison des dîmes, annuelle-
ment vingt livres de cire et cinq florins de Rhin; 3° elle
remboursera aux mambours, par grâce, trois cents postulats
pour la réparation de la voûte; 4" elle contribuera à la recons-
truction de l'église si elle venait à être incendiée. — Tome I,
fol. 17 v°.
29 juil. lol2. — L'abbaye et la ville font la convention sui-
vante : 1° les habitants payeront pour chaque mesure de chanvre
deux sous et un liard ; 2" pour les réparations d'entretien de
l'église et les frais du culte au grand autel, l'abbaye payera
annuellement une rente de dix florins de Rhin ; elle contribuera
généreusement aux grosses réparations et reconstructions. —
Tome I, fol. 21 v°.
18 sept. 1512. — L'évêque Erard de La Marck confirme la
convention précédente. — Tome I, fol. 22 v°.
— :^o -
15janv. 1546. — Mevis Vos vend à joncker Steven Geloeze
scoulet,sa maison située dans laPersoenstraet et chargée d'une
rente envers l'abbaye de Herckenrode. — Tome I, fol. 227.
26oct. 1547. — Anneken Dijns deHasselt, que l'abbesse allait
admettre dans sa communauté (plaetse ende broel verleent en
gegont) donne à l'abbaye sa maison située « in die aide Neuwe
straete. » — Tome I, fol. 229.
Il y en a encore plusieurs autres religieuses qui achetèrent
des renies dont les débiteurs assignèrent comme hypothèque
des biens situés dans la juridiction de Hasselt. La double cour
de la Ville réalisa tous ces actes d'achat. Ces religieuses furent :
Marguerite de Hère et Marie Elkers en 1308 ; Gertrude de Lewis
et Catherine ûe Lewis en 'V609 ; Marie de JS'ovis de Liège, en
1309 ; Aleyde de Puteo en 1322 ; Marie et Catherine de llonis
en 1323; Bénigne en 1325; Ida de Ghelmen et Ida de Walsche
en 1325; Wielde Philippi de Diest en 1330 ; Gertrude de Hou-
pertingen et Marie de S. ïrond en 1333; Catherine fille de
Daniel de Borgh de Brustem en 1335; Catherine de Vivario en
1339; Marie de Audenhoven en 1343; Marguerite de Brucghen et
Alvareit d'Aix en 1342; Catherine et Gliuda filles d'Ode de
Stockem en 1340 ; Bertha Vivario en 1348 ; Elisabeth de
Curange fille de Henri deStockrode en 1346; Christine de Spalbe-
ken en 1344; Christine SA<'«5 en 1356; 3/«r?d de Veteri-curia en
1359; Bertha en 1354; Sophie et Blasia Pues de Cologne en
\^ol ; Catherine de Brustem en 1359; Gertrude de Lobosch en
1357 ; Ceciiia en 1362 ; Swane de Louvain en 1367 ; Catherine de
Edegheym en 1360; Aleyde et Gertrude de Donck en 1364;
Catherine de Holseit en 1369; Eua de Aix en 1371 ; Ida de
Indoven en 1386; Catherine \ixn Moeric en 1425; Aleyde Yan
Zeelsdor[) en 1434; Catherine de (^orswarem ei Cnûievïne de
Sehuenbeeti en 1461 ; Gertrude Van Jleeslert en 1462 ; Mathilde
de Roesmunt en 1479; Catherine Struven de Hasselt, Catherine
Vanderdonck et Catherine de Van Rechoven en 1476; Aleyde
Van C-rasen en 1470; Clémence de Lykkenrode en 1485; Cathe-
- 31
rine Vandeherne en 1486; Jacquemine Vandernoot en 1492; Ida
Van SteevDort en 1509; Barbara Vanderburch en loOo; Bealrix
Van Bardecom en l509.
Heers.
15 oct. 1295, — Acte de la cour allodiale deLooz. aGilbertus
scultetus et scabinus Lossensis, Wilhelmus de Bertshere miles,
Robinus de Gothem, Wilhelmus dictus Plughere, Walterus faber
frater suus, Godescalcus pistor, Johannes dictus Francon de
Middelhere et tlennannus dictus Scoeman. » L'abbaye de Val-Dieu
vend à celle de Herckenrode cinq bonniers de terre allodiale,
situés en partie à Opheer et en partie à Borgheere au comté de
Looz.w Huic autem vendictioni interfuimus ego G///'é'r^«s predictus
tamquam judex et nos alii tamquam allodiales; et quia nos pre-
nominati sigilla propria non habemus, rogavimus scabinos Los-
sensesquatenus sigillumlibertatis ville Lossensis presenti littere
vellent apponere. « — Tome I, iol. 307.
Cet acte est le plus ancien connu de la cour allodiale de Looz.
Les membres de la cour ne disent pas qu'ils sont les bommes
allodiaux du comte de Looz, ni qu'ils siègent h la porte de l'église;
ils ne reçoivent poinl le dessaisissement des biens vendus et
ils n'en transfèrent point la propriété à l'acheleur ; ils sont
simplement témoins à l'acte de vente et ils l'attestent. Dans les
actes postérieurs ils prennent le titre d'hommes aliodiaux du
comte deLooz; ils reçoivent le dessaisissement du bien aliéné:
//} manus nostras reportavit, effestucavit, iverpivit ; ils en trans-
lèrent la propriété à l'acquéreur cum cutelJo, cespite et viridi
ranw in. cstiviimis, adlieredavimus ; ils siègent sur le cimetière,
sous les tilleuls, à la porte de l'église ubi de allodio domiiii comitis
de consuetudine traclari solet (acte de 1304) ubi de allodio existente
in dominio dicti comitis communiter et consuete tractari solet et
judicari. (Acte de 1311 ).
27 février (1315 1316). — Acte de la cour censale de Hendri-
ken, appartenant au comte de Looz. Mathilde, veuve de Francon
32
de Middelhem, qui ^^'^^^^ ^^'^is bonniers enfiefdu comte de Looz,
avait obtenu de lui q ^^^ ^^^ ^^'^'s bonniers fussent convertis en
terre censale ressortissc. ''"^ ^ ^'^ ^^^"' ^^ Hendriken, à laquelle le
détenteui- payerait par bt ^""'^'^ "»<? »'ente de quatre deniers.
Mathiide les doinie à rabba> ''*^ ^^ Herckenrode et elle y ajoute
« quamdam curiam dictam Cau '^^^^^^<^'(lf>shof sitam in loco dicto
juxta ^/t? e;<jj«ri- in -Middelhem. »— " '^'^"^^ ^' '"o'- ^^o.
1:2 mars 1328 (1329). — Acte à^"* ^''^ ^°"'' allodiale de Looz.
«Judexetseptem jurati homines al lodJai'^^s nobilis viri etpotentis
domini comitis de Los. » Gertrude, veuve de IJbert de Landris,
chevalier, accompagnée de son ma mboui' f^-^^^ de Bnisthem dit
BoUe, écuyer, son parent, donne à l'abbaye t^'ois bonniers de
terre allodiale, mais elle s'en réserve ./'usufruit ain'.si qu'à Cathe-
rine, lille de Robert de Ghelendene, sa pa ^'ente, qui e\tait encore
scolaris à l'abbaye et nondum velata. — Tom ^« '' ^^^' ^^^^
21 janv. 1479. -Acte de la cour de justice . '^^ "^^^'^- ^^ ^'^''-
gieuse Véronique van Velpen achète une rente a '^" ^^^^ Bothem
scoutet, Raes van der Rivière bastart vm heev Mert '« ^«« ^'"^'''-
choven... scepene. »- Tome I, fol. 30b\
Bendriken,
veL^t'h?""''''- - ^"•"^'".™™tedei.<,.etdeC/„>»
He^d, e 'n'^!' P""'- '^'' ""''^•'"'« '•onniers de ten-e situéf
Tome 1 fol.^"" """"^^ '^''™''™ -"» !>»■"-' M- ce. XL. -
Herok.8t.I^amrt..»i.t.
«^•m/rrr^' ""/""' ''" '" "'""• "^^^''^ l"'' la veuve de
dt fl , rj''' ""'^''"r- P"^^^"*^ ^ He,-ck-S.-Lambert. Jean
'""'"' ''' **■■'*''« P°"'' trente-deux ^oim le muid; ils assi-
33
gnent comme hypothèque de la renie à servir, cinq boiiniers de
terre et demi dont l'abbaye pourra prendre possession par son
mambour dès qu'ils cesseront de servir la rente; ce mambour
sera dans ce cas mansioïKirius dicte curie, parce que ces bonniers
relèvent de cette cour. Tliierri, curé de Herck, scelle l'acte. —
Tome I, loi. 288.
10 avril 1351. — « Villicus et scabini curie seu justitie domini
Wilhelmi castellani de Montenaken quam habet in Herke S'"-
Lamberti. » Constitution d'une rente. — Tome I, fol. 290.
25 oct. 1351. — La religieuse Juliana de Wyiioynghe alias de
Nova villa, achète une rente qu'elle lègue à l'hospice établi à
Herckenrode , pour être distribuée aux prêtres pauvres qui y
hébergeront : « legavit pure propter Deumet in puram eleemosy-
nam pauperibus presbyteris seu personis sacerdotalibus tam
mendicantibus quam aliis ab undique ad hospitale dictum teuto-
nice het yasthues situm in dicto claustro de Herckenrode carita-
tive seu ob dona caritatis confîuentibus et nonineodem claustro
sermocinantibus. » — Tome î, fol. 293.
15 mars 1362. — Les religieuses, sœurs Emertrude ai Cecilm
de Loboscii, de la parenté de la défunte abbesse Béatrix de Lo-
bosch, achètent une rente de quatre florins. — Tome I, fol. 294.
26 avril 1366. — Acte de la cour censale de ilerman dit de
Widoe, écuyer. Les religieuses Marie et Aleys de iVeys achètent
une rente. - Tomel, fol. 297.
20 nov. 1368. — Jean dit de Oesterbeke reconnait avoir vendu
autrefois à la religieuse Yda de Endelioven, une rente qui après
sa mort passera à la religieuse Heylidgis de Steyite. — Tome I,
fol. 292.
31 décembre 1389. — Acte de la cour censale de Ileiman de
Gothem à Kerck-S. -Lambert. «Christiaen VauMiest scoutet, Jan
Van Mulsinghen, Jan Van Miest, Jan Van den Punis, Jan Bosche,
Art Van CriUsen, Claes Janimers scepen des hoeffs joncker Hei'-
inuns van Gothem te S''^' Lambrechts Herck. » — Tome II, foi. 190.
31 oct. 1453. — La cour de justice de la seigneurie à' Arnold
— 34 —
de Corswaremme, chevalier, au village de Herck-S. -Lambert.
Rente liypothéiiuée sur des biens de joncker Goesivyn van
Wydoe. — Tome I , fol 298. Celte cour ressortissait en appel à
celle des échevins de Liège.
6 août 1472. — La cour de justice de Herck-S. -Lambei't réalise
la constitution d'une rente. Seigneurs de l'endroit : Willem van
Mydoe ei joncker Jan van llackoerts. — Tome I, ibl. 288.
18 oct. 1493. — Acte «van scoutet en scepender banckenheer-
licheyt van Scoenwinckel in den dorp van Sinte Lambrechts
Herck. « — Tome I, fol. 289.
Herten.
18 oct. 1279. — La cour allodiale de Liège rejette la récla-
mation de tiodefi'oid, homme noble de Uerten, touchant neuf
bonniers situés à Herten près de Looz, el les déclare propriété
de l'abbaye. « Homines allodiales seu de casa Dei , salulem et
cognoscere veritatem. NoveriL universitas vestra quod, cum
Godcfridus vir nobilisde/7(^r^'/? cilari fecisset coram nobis inter
beatam Mariam et beatum Lambertum Leodienses anno Domini
M. ce. LXXnono, feria quarla postoctavasbeati Dionysii, reli-
giosas dominas abbatissam et conventum monasterii de Herc-
kenrode super novem bonaria terre allodialis et arabilis jacentis
in territorio de Herten et pervenientes eidem, ut dicebat, ex
successione parenlum suorum, de qua (juidem terra parentes
sui nec ipse ali(iuid fecerant \)er (juod deberent exheredari, et
(piam terram predicti abbatissaet conventussibi concelaverant,
delinebaiil et occupabant et jam occupaverant minus juste spatio
decem et octo annorum et pluris; dictus Godcfridus nobis sup-
plicavit ut nos eidem predictum totale allodium sic detentum
et concelatum per ipsos abbatissam et conventum rcslitui et
rchaberi predictis rationibus suis faceremus, eidem dictis abba-
tissa et convciilu per fratrem Gerardum domus sue coiiversum
et procuralorem respondentibus ; dixit idem IVater Gérard us
— 35 —
pro ipsis abbatissa et conventu et nomine eorumdem quod pre-
dictum totale allodium tenuerant et possederant tamquam suum
spacio antedicto pacifiée et quiète usque in diem hodiernam,
ipso Godefrido nobili viro vidente dictum allodium per ipsos
abbatissam et conventum vel eorum coloiios predicto spacio
excoli, arari et fructus ex eodem levari et asportari et minime
contradicente, et bis rationibus predicti abbatissa et conventus
in dicto allodio remanere volebant et exinde suam facere volun-
tatem ; et si hoc non sulficeret ad retentionem dicti allodii,
predictus frater procurator dixit et obtulit coram nobis nomine
abbatisse et conventus se retinere predictum allodium ad dictum
seu judicium curie nostre. Quibus autem ab utraque parte sic
allegatis coram nobis, domius Egidius Sureles civis et scabinus
Leodiensis, villicusseu monitor hujusmodi negocii per nos depu-
tatus monuit dominum Matondum conscabinum suum ut inter
clamorem et responsum dictarum partium jus referret sibi quid
super hoc esset agendum; qui dominus Ma^onrfus convocatis
ad se paribus suis hominibus de casa Dei et consultus ab
eisdem, reportavitjure et judicio comparium suorum seu homi-
num de casa Dei quod predictus procurator nomine dictorum
abbatisse et conventus retinere poterat et debebat dictum totale
allodium sub suo sacramento cum duobus hominibus de casa
Dei qui cum dicto procuratore super hoc prestarent juramen-
tum. Qui quidem procurator et duo alii homines de casa Dei
dictum allodium sub suo juramento nomine dictorum abbatisse
et conventus et ad opus eorumdem retinuerunt prout moris
est et in talibus tleri consuevit, et in quo allodio predictus pro-
curator nostro judicio seu nostra sententia in pace extitit com-
mendatus prout lex postulat et requirit ordo juris ipsum ab
impetitione dicti Godefridi viri nobilis absolventes. Premissis
autem présentes fuerunt predicti Egidius et Matondus scabini,
Henricus Polarde et Ludovicus Sureles scabini Leodienses,
magister Bastiamts de Sabulonaria advocatus curie Leodiensis
et Johannes ejus frater, Gerardus Lesier eiNicholaus ejus frater,
- 36 —
Ltidovicus de Sancto Mai'tino, Egidius dictus Pangnons , Johan-
nes niill'us frater, Renerus frater, Gilhertus ex frater Manierus
convei'si domus pi-edicte et quamplures alii liomines de casa
Dei. II! CLijLis rei testimomuni et manimen nos Renerus archi-
presbyter Leodiensis ad petilioneiii hominum de casa Dei sigil-
lum nostrum proprium i)!esentibus litleris duximus apponen-
dum. -■ Tome I, fol. 4o v.
Ces neuf bonniers de lerre allodiale étaient situés îi Herten
au comté de Looz. Dans ce comté les biens allodiaux ressortis-
saient, en règle générale, aux cours de justice de l'endroit où
les biens étaient situés : bona allodialia, dit la coutume, habent
curiam loci ubi sita sunt. Pourquoi la coniestation touchant ces
bonniers n'était-elle pas portée devant la cour de justice de
Herten? La cour allodiale de Looz existait-elle déjà à cette épo-
que? Pourquoi la contestation élait-elie portée devant la cour
allodiale de Liège ?
Le comté de Looz était, à cette époque, indépendant du pays
de Liège, tant sous le rapport administratif que sous le rapport
judiciaire. Il est probable aussi que la cour allodiale de Looz
n'existait pas encore. L'affaire, par conséquent, aurait dû être
jugée en première instance par la cour de justice de Herten et
en appel par la haute cour de Vliermael. Cela n'a pas eu lieu.
L'affaire a été jugée par la cour allodiale de Liège. Cette cour
parait ici comme une cour d'arbitrage. Il était, sans doute, libre
aux parties de porter devant cette cour leurs contestations
touchant leurs alleux et de les soustraire aux cours ordinaires
de justice.
Pourrail-on soutenir que les neuf bonniers de terre étaient
un ancien alleu de l'église de S. Lambert que celle-ci avait
aliéné et que c'est à ce titre qu'ils ressortissaient à la cour allo-
diale de Liège? La juridiction de celte cour ne s'éiendait-elle
que sur les alleux de l'église de S. Lambert ainsi que sur ceux
que cette église avait aliénés? La chose n'est pas improbable.
Au xMi« siècle, la cour allodiale de Liège paraît composée de
37
l'archiprêtre de Notre-Dame aux ionts, et de quelques mem-
bres (4?) de la cour des échevins de Liège, qui s'adjoignaient
quelques possesseurs de biens allodiaux appelés /:»ard5, compares.
Au moins trouvons-nous quatre écbevins, comme juges, dans
l'acte présent, dans un acte de 1288, et dans un troisième acte
de 13:^3, rapportés dans le cartulaire de Beaurepart. Toutefois
dans un acte de Î307 touchant Oplieers ne se trouve mentionné
aucun échevin. Voyez plus loin Ophccis.
Sfeuaclen.
1 juin 1306. — Cliarte (ï Arnold comte de Loos. Il fait
remise à l'abbaye de la rente annuelle de dix solidi qu'elle lui
payait de seize bonniers situés à Heusden. — Tome I, fol. 318.
Slex.
27 février 1312 (1313). — Conon de Sasseubruecli vend à l'ab-
baye quatre bonniers situés à Kex qui appartenaient autrefois à
Tackarts. — Tome lï, fol. 188.
Bïosspertîîsgeïî.
1221. — Anselme, cbevalier de Versaines, vend h l'abbaye de
Herckenrode sa dîme de Houperlingen qu'il tenait en fief du
comte de Looz. Celui-ci (Arnold) approuve la vente. Témoins
Theodorkus castcilanus de Los, Balduinus dapifer, Godefridus
de Calmunt, Libertus de Scalme, Fastradus de Berîo, Arnoldus
Dorpere de Gengelen, Wilhelmus de Hadelincjen. — Tome I.
i)aris, Notices, tome I, page 453.
1223.— Co/?m?Y/, chevalier de Houpertingeji, vend à l'abbaye de
Herckenrode la \vav\. de la dîme de Houperlingen qu'il tenait en
fief de Louis, comte de Looz et de Reiiseck, lequel approuve la
vente. — Tome L Daris, Notices, tome î, page 4o4.
— 38 —
1223. — Thierri, comte de Megen, approuve la vente que
Conrnrd de Iloiipertingeu a laite ù l'abbaye de Herckenrode, de la
diine qu'il tenait de lui eu lief. — Tome I. Daxis, Notices, tome I,
page 455.
F., comte (ÏTsenbeni et A. comte de La Marck, ap-
prouvent la donation faite par C. homme noble de Wilre à l'ab-
baye de Herckenrode par l'intermédiaire de Thierri, comte de
Megen, de la dîme de Houpertingen qu'il tenait d'eux en fief. —
Tome I. Daris, Notices, tome I, page 455.
F., comte û'Altheua et A. comte de La Marck écrivent
au noble homme Thierri, comte de Megen, que c'est de leur con-
sentement que noble homme C. de mire a cédé sa dîme de
de Houpertingen à l'abbaye de Herckenrode. — Tome I. Daris,
Notices, tome I, page 457.
1223. — Hugues de Pierrepont, évêque de Liège, approuve
l'aliénation que Conrard de Houpertingen a faite en faveur de
l'abbaye de Herckenrode de la dîme qu'il tenait en fief de Louis
comte de Loozel de Thierri comte de Megen. — Tome 1. Daris,
Notices, tome I, page 456.
1223, — Le même évêque approuve aussi la vente que Gode-
froid, chevalier de Houpertingen, a faite à l'abbaye de Hercken-
rode de la part de la dîme qu'il tenait en fief de Conrard de
Houpertingen ei d'Anselme. — Tomel. Darl», Notices, tome I,
page 456.
Mars 1236 (1237). — Conrard, homme noh\e ûe Houpertingen,
donne h l'abbaye de Herckenrode son droit de patronage sur
l'église de Houpertingen. — Tome I. Daris, Notices, tome I,
page 4o7.
Mars 1236 (1237).— Couran/, homme noble de Houpertingen,
lègue ù l'abbaye dix marcs « de molcndino meo in Elsholte
recipiendas, » Acte scellé de son sceau et de celui de son parent
(cognati mei) le seigneur Herma7iàe Wilre. — Tome 1, fol. 222.
Juin 1261. — Herbert, fils d'Ywan de Houpertingen, chevalier,
renonce à ses prétentions sur le patronage de l'église de Hou-
— 39 —
pertingeii, devant Reinier, écolàUu de Tongres, vicaire-général
de l'évêque. — Tome I. Daris, Notices, tome I,page 4S8.
1265. — Herbert et Gode froid IVères, tlls ù'Ywan de IJouper-
tinyen, chevalier, renoncent à leurs prétentions sur le patro-
nage de l'église, devant Reinier, écolàtre de Tongres.— Tome I.
Daris, Notices, tome I, page 459.
31 octobre 1267. — Everard, prévôt de S. Georges h Colo-
gne, et Louis, noble homme, seigneur de Leuedale, élus arbitres
par les partis, déclarent que Tliierri, noble homme, chevalier,
seigneur de llesewic, n'a aucun droit ni sur les dîmes ni sur
l'église de Houpertingen. « Acta sunt hec apud Herckenrode...»
— Tome I. Daris, Notices, tome I, page 460.
1267. — Tliierri, seigneur de tleseivic et son frère Richold,
adhèrent à la sentence arbitrale. Témoins : Rutgherus, vir nobi-
lis domjnus de Ilerpene, et Theodoricus, vir nobilis dominus de
IJerlar. — Tome I. Daris, Notices, tome I, page 461.
1310. — Jean dit de llamme, frère de Nicolas de Hamme,
chevalier, lègue quatre bonniers à la mense des pauvres de
Houpertingen. Guillaume de Houpertingen, dit de Velde, mam-
bour ih? la mense, en reçoit l'investiture de la cour allodiale de
Looz. Gtîs faits sont attestés devant la cour de Houpertingen
composée de Guillaume de Velde, mayeur, Thomas de Eni-
meren, Arnold dit Blunde et Lambert dit Mont, échevins. —
Tome I, fol. 313. Daris, Notices, tome I, page 462.
Hiilcielingen sous Goyei*.
23 février 1230 (1231). — Accord entre l'abbaye de Hercken-
rode et le chapitre de S. -Jean h Liège, touchant les biens de
l'abbaye. Fratres de Holdeliwjen pro curte que fuit Rulini
quam occupaverant et pro bonario terre adjacente quod conse-
piverant, tantumdem terre pro restitutione décime in ipsorurn
decimatione ecclesie beati Johannis assignaverunt ; insuper pro
diversis particulis diversarum acquisitionum quas fecerant
— 40 —
déterra capiluli, inagister Arnoldus de Lantronenge solus inves-
titurain recepil et, solus tauluiiidcin solvit quantum suivissent
pkires si secundum parles acquisitionis investiture recepte fuis-
sent, cujus debiti sunimaascendit ad très amas vini etdimidiam
et tantumdem solvet qui pro monasterio de Heickenrode post
moriem dicli fralris Arnoldi predictam terram a capitulo beali
Joliannis recipiet in l'uturum. Hanc requisitionein inJVa annuin
deluiicti investiti monastorium de Hercketirode per magistrum
domus sue a capilulo beati Johannis faciot. Idem liet per eum-
dem magistrum a curia de Goe de omnibus particulis secundum
acquisitiones quas feceruut in terris et curtibus et omnibus
aliis que a predicta curia descendunt, ita quod lot mortuas
manus, lot jura, lantum census solus persolvet quantum parti-
cule acquisitionis secundum bonam et legitimam computatio-
nem solvebant illo tempore quando fuerunt illorum a quibus
sunt acquisite. Preterea niliil ibidem deinceps poterunt acqui-
rere dicti abbatissa et conventus de Herckenrode, nisi de con-
sensu ecclesie beati Johannis supradicte. Actum est hoc anno
Domini M. CC. tricesimo mense februario in vigilia beali
Mathie apostoli. — Tome I, fol. 87 v" ; tome II, fol. 203.
Au mois de mai 1263, il y avait un conflit entre le chapitre de
S. Jean et l'abbaye Herckenrode « super decem et octo bonariis
terre arabilis descendenlibus tam a capitulo predicte ecclesie
S. Johannis quam a curia de Goe de quibus dicti abbatissa et
conventus a dicto capitulo et curia de Goe petebant investiri. »
Les partis soumettent le conflit à l'arbitrage de Reinier, écolâtre
de Tongres et vicaire-général de l'évêque, et de Guillaume, i\hhé
de S. Trond. Les deux arbitres décident «quod frater Walterus
magistcr ipsius monasterii de Herckenrode, nomine abbatisse
et conventus ejusdem loci, de novem bonariis dicte terre,
quorum duo s:olum descendunt a capitulo beati Johannis etsol-
vunt eidem quatuordecim denarios Leodienses census et alla
septem a curia de Gue, investituram recipiat a capitulo et curia
memoratis cum petiis et curtibus de quibus mentio fil in con-
— 41 —
veiilioiiibus suprascriptis, et eo mortuo alius similiter qui pro
tempore ibidem eril magister; que petie et curtes et nomina
personarum a quibus necnon et prefata septem bonaria sunt
acquisila, îalia sunt : acquisivit eiiim dictum moiiasterium a
fi'âlre Floreuîio quinque bonaria, ^h Anthouio et Adam cognatis
duo bonaria, item a Balduino de Putei unam curlem, a Béatrice
et Oda sororibus unam, a Werico Parvo unam, a Werico Calvo
similiter unam que débet mortuam manum. Item ordinamus
et ordinando pronuntiamus quod pro relevamenlo quod faciet
dictusfrater T-Fa/^erws magister a capitulo sancti Jobannis sol-
vet eidem deinceps quatuor amas et dimidiam boni vini in
quibus très ame et dimidia supradicte comprebenduntur et duas
investituras cum juribus parium et capituli ; pro relevamento
vero quod faciet a curia de Goe, solvet secundum ejusdem curie
consuctuJinem ibidem, in qua curia undecim etiam investitu-
ras relevabit et tantumdem persolvent abi magistri successive
qui pro tempore ibidem magistri fuerint et investituras predic-
tas babuerint pro singubs re'evamentis quum investituram de
eadem terra, curtibus et peliis récipient, tam a capitulo quam a
curia supradictis ; nicbilominus annuo censu ejusdem capitub
deprefatis omnibus eidem ad dictum ipsius capituH ac parium
ejusdem necnon scabinorum loci integraliler salvo permanente,
qui census per se annuatim ascendit ad viginti très sobdos et
novem denarios Leodienses prêter censum advocati ipsius loci
qui ascendit a;î sevtarium et dimidium avene et très denarios
Leodienses et très pullos. De reliquis vero novem bonaviis
terre que etiam descendunt a curia de Goe que dictum monas-
terium acquisivit, dabunt et dare tenebuntur dicti abbatissa
et conventus très bonos viros laïcos antea non existentes man-
sionarios curie de Goe, qui mansionarii ipsius curie efficientur
de terra memorata, quilibet pro tertia parle dictorum novem
bonariorum, qui mansionarii omnia et singula facere tenebun-
tur prout alii mansionarii dicte curie faciunt vel facere consue-
verunt et pro relevamento solveread dictum scabinorum, etc.»
42
Fait au palais à Liège, en mai 1263, en présence de l'abbesse
Jutte, des frères convers Walter, Angram et Renier, du doyen
de S. -Jean et de ses chanoines Hetiri de Tomjres, Pierre de
Ockiers, Godefroid de Hakendael, Arnold de Gand. — Tome I,
fol. 87 v" ; tome II, fol. 203.
Oct. 1285. — Charte (Wirnold comte de Looz. Guillaimie che-
valier dit Nadon de Yoec ; a vendu à l'abbaye pour cent et qua-
rante marcs liégeois, quatorze bonniers de terre mouvants de
différentes cours auxquelles ils devaient des cens annuels, entre
autres une pièce de dix-sept verges située juxta Uasselt
(Heisselt) « prope terram curie de Huldelingen, » une autre située
rétro curiam de lluldelimjen, un bonnier «quod tenetur a relicta
quondam domini Henrici militis de BuechoU uxore nunc domini
Symonis militis dieti Quydrebhe. «L'abbesse donne ces quatorze
bonniers en location perpétuelle au vendeur Guillaume pour un
fermage annuel de trente-quatre muids d'épeautre, mesure lié-
geoise. Etaient témoins : l'abbesse, Louifi comte de Chiny, oncle
d'Arnold comte de Looz, Henri seigneur de Pietersheim, Daniel
de Hamele, Gérard de Berle , Gilles de Meulkejie, Guillaume de
Ilamele, chevaliers, J^an châtelain de H ozémont, Jean ch'kiehUi
de Kolmont. « Datum et actumanno Dominice incarnationis M.
ce. octogesimoquinio, mense octobri, apud Kolemont.^^ — Tome
I, fol. 89 v° et 311.
11 mai 1303. — Le chapitre de S. Jean possédait dans le
territoire de Goe « circa curiam de Huldelingen,» la dîme de six
bonniers et huit verges situés parmi les bonniers dont l'abbaye
avait la dîme. Les deux parties font un échange. — Tome I,
fol. 90 V.
1460. — Acte de la cour censale que le chapitre de S. -Jean
possède au village de Sinl Jnns Joeck. —Tome II, fol. 184.
10 mai 1403. — Acte de la cour censale de S. Joerisjoeck,
appartenant au chapitre de S. -Jean , touchant l'hypothèque
d'une rente de trois muids de seigle que des habitants devaient
à l'abbaye de Herckeniode. La cour était composée deLiebrech
43
Ladduyns « welticli soiie, meyer, Matliys Keyeii, Jan Staessyjis,
Willem Ladduyns natueiiick, Ardt Honich, Jan Mertens anders
geseeclit Tuelen en Heudrick Clots allen schepeii des voorscre-
veti hoefs. » — Tome I, fol 93.
5 juin 1494. — Acte de la cour censale que le chapitre de
S. -Jean possède au village de Groetjoeck. Henri Princhen u^ùyant
point payé la rente qu'il devait à cette cour, le mayeur demande
à être mis en possession de la terre qui en est grevée; ai)rès
quatre citations et séances auxquelles le débiteur n'a point
comparu, la cour met le mayeur en possession de la terre au
nom du chapitre : « alsoe dat der meyer na manisse en vonnisse
in den naeme van den Heeren deecken en capittel die gichte
van den voerscreven goede metter eender hant in die anderliant
ontfaen heeft met allen usagien, heerlicheiden ende solempni-
teiten des hoefs. » La cour cite tous ceux qui peuvent avoir des
rentes sur cette propriété ; après deux ou trois citations, elle
se rend sur celte pièce de terre : là comparait Aert Keynens au
nom de Béatrix van BatteJmm, religieuse de l'abbaye (als vigi-
lienmeersterse) , pour conserver la rente d'un demi-muid de
seigle hypothéquée sur cette pièce « presenteerende tepurgieren,
costen en lasten opteleggen ende synen voet te setten daer der
meyer in den naeme van den Heeren synen voet setten soude
overmits wille honnen erfpacht daerop te behauwen, alsoe dat
wy schepenen, te manisse onsmeyers, wesen dat broeder Aert
Keynens in den naeme van de vigiliemeerterse synen voet setten
soude by des meyers voet ende souden met een instrumente
eenwerf, anderwerf, derdewerf in die eerde vesten ende berch
en dael maecken ; alsoe heeft Aert Keynens, na manisse en von-
nisse in der manieren voerscreven, in die eerde gevest ende
berch en dael gemaeckt tôt een teken dat hy in den naeme en
tôt behoef der vigilien in dat voerscreven goet , na ons hoefs
redit, gesaseertes; daeroverversoecht broeder Aert nochvoert
recht, en wy schepenen , te manisse ons meyers , wesen dat
men helderen des goets bevelen soude op seven scellinge en op
- 44 -
vertheen scillin,2;e goets gelts hant ende voet van den voerscre-
ven goede te doen ; daerna, te versueck van broeder Aert Key-
nens voerscreven, soe heeft broeder Aert in den naeme en tôt
behoeff der vigilien des cloesters van Herckenrode van den
voerscreven goede, na manisse en vonnisse,giclite, guedenisse
ban en vredeonllaenenallen onshoefsvullingegedaen.» — Tome
I, fol. 3oo.
1527. — Acte de la cour censale que l'abbesse Mathilde de
Lexhy possède «in de bewint van Joeck. » L'abbesse achète une
rente. — Tome I, loi. 3o6.
«lesseren.
1218. — Guillaume de Lewis, homme noble, et ses frères
Godefroid et Gislebert , donnent à l'abbaye de Herckenrode le
patronage de l'église de Jesseren. Guillaume vend à l'abbaye
pour 67 marcs, la part de la dîme de Jesseren qu'il tenait en fief
de son frère Godefroid. Walter, chevalier de Ilerche (Ridder-
herck), donne avec le consentement de son épouse Mathilde et
de ses fils Philippe, Guillaume et Thierri, l'autre partie de la
dîme de Jesseren à l'abbaye de Herckenrode, comme dot de sa
1111e qui s'y était faite religieuse. Louis, comte de Looz, de qui
ces dîmes et patronage descendaient en fief, en confirme la
vente et la donation. Témoins : Wilhelmus de Pietersem, Arnol-
dus et Hermannus de Elslo, Conrardus de Hubertingen, Robertus
de Berlo, Raso de Cortessem et filii ejus, Theodoricus caslellanus
de Los, Waltenis de Rece, Heinricus de Joec, Robertus de Cors-
wevem. — Tome I, fol. 117 ; Daris, Notices, tome I, p. 486.
11 sept. 1312. — Transaction entre l'abbaye de Herckenrode
et le curé de Jesseren, touchant la dîme d'une pièce de terre. —
Tome I, fol. 117; Daris, Notices, tome 1, p. 488.
Kcrmpt.
Février 1262 (1263).— Guillaume de Kermpt ayant donné des
— 45 -
biens féodaux et censaux i\ l'abbaye, le comte Arnold confirme
ces donations. « Arnotdus cornes de Los et de Cliiny universis
présentes litteras inspecturis salutem et cognoscere veritatem.
Ad universitatis vestre notitiam volumus pervenirequod Wiiliel-
mus de Kermpte nemus suum quod Paddenmere nuncupatur cum
pratis et terris adjacentibus et terras quas habebat in loco qui
Zisbruch dicitur, idem Wilhelmus predictum nemus et terras
predictas prout universaliteranobistenebat infeodum in manus
nostras ad opus abbatisse et conveiitus de Herckenrode cister-
ciensis ordiuis tilulo pure eleemosyiie absoiute et libère repor-
tavit. Nos aulem uude predicta bona feodalia tamquam a supe-
riore et principali domino descenderunt, predictam bonorum
reporlationem ratam habentes et approbantes prelibala bona
ut noslra intererat ab omni jure feodali exemimus et liberum
fecimus et facimus allodium per litteras présentes ad opus
dilccte nobis abbatisse et conventus memorata bona eis benigno
favore largientes. Preterea ipsi abbatisse et conventui conces-
simus et indulsimus et presenti pagina indulgemus ut terras
quas idem Wilhelmus habebat in loco qui Wesselenhove dictus
est et [)rediclis abbatisse et conventui in eleemosynam obtulit
et donavit que sunt bona ceiisualia et a curia nostra apud
Steynerde à.e9,cQ\\ûw\'\i ipsa abbatissa et conventus tenere libère
ac per mambordum laicum dictorum bonorum investituram
recipere valeant et possidere, salvis tamen censibus etjuribus
nos. ris in predicta curia suis temporibus persolvendis. Acta
sunt iiec apud Curinglien [ive^enlUms Fastrado àe Lude dapifero
nostrû,P//i//>;w domino de Hercke et Wilhelmo iîlio ejus, militi-
bus, et nliis quamplurimis hoininibus nostris viiis idoneis et
fide dignis.... Anno Domini M. CC. LX secundo, mense l'ebrua-
rio. » —Tome I, fol. 26 v".
17 sept. 1307. — Charte d\irnoldde Quabeke, chevalier, sei-
gneur de Kermpt. Contestation entre lui et l'abbaye touchant
un droit de cormède suv un petit pré situé à Helversrot, près de
Paddemer, duquel pré on devait lui payer annuellement une
— 46 —
rente de six deniers et fournir un lanneur (fenitorem) ; au lieu
de fournir un fanneur, l'abbaye payera une rente de quatre
deniers, et ne sera plus obligée de payer de droit de cormède.
— Tome II, fol. 16U.
"HO août 1433. — Acte de la cour de justice de Kermpt par
lequel elle réalise la conslilution d'une rente :« Willem Kannarts
scoutet, Geril Vimderhnht, Lambrecht Jacobs, Jan Vaitdermeer,
iSiûNys, Art Vaudoiiulst, Gilis Philips en Art Colon scepen der
banckvan A't'/wp^ »La cour n'ayant pas de sceau à elle, Gérard
van Eddbampd, seigneur de Herten et de Meldert et mambour
de l'abbaye, y append son sceau, — Tome I, fol. iSl v°.
Kerniel.
lo avril 136:2. — Acte notarié passé à Looz, dans la maison
dite de crapulart. Jean lloen a vendu ù Marie Pollarts, sous-
prieure, une rente d'un muid de seigle, et il a assigné comme
hypolbèque une pièce de terre située à Colen, dite Jacobs lant
van Colen, et mouvante de la cour censale que le cliapitre de S.
Servais y possède et y payant huit deniers. — Tome II, fol. :224.
Kleine-lSpau-wen.
20 mai's 14S8. — Acte de la cour des échevins de Kleine-
Spauwen : u Wyr Jan Iloen van Voirendaele als meyer ende
scepen, Herman van Concgracht, Lybrecht Quoyen, Reyner
Gn'ven, Jan Mener van Cleynenspauden, Jobannes llents van
WautNviIre, ende Joban Meyer van Munsterbilsen als scepenen
tôt Cleynenspauden. » La cour réalise un acte d'écbange entre
l'abbaye de Herckenrode qui reçoit quatre pièces de terre, et
Gilles Vandersargen, échevin à Maestricht, qui est libéré d'une
rente annuelle. Cet acte mentionne la table du S. Eprit ou
mense des pauvres de Kleinespauvven. — Tome I, ll'l. 184.
— 47 —
ILiOOz.
Mai 1241. — Echange de biens entre l'abbaye de Hercken-
rode et le chapitre de Looz. « Gerardus decanus, et capitulum
de Los, notum esse volumus presentibus pariter et futuris
quod cum conventus de Herckenrode de bonis apud Ophere
jacentibus nobis débet pro censu annis singulis octo solidos
Leodienses ad Cameram, et ad curiam de Nederheim XX dena-
rios, et ad custodiam III denarios, et de bonis jacentibus in
Cuttechoven, videlicet tribus bonariis et quatuordecim virgatis
que émit erga heredes domini Godefridi militis de villa eadem
XXVII denarios ad Cameram et unum ad custodiam, et de
bonis de OphasseJt XXX denarios ad curiam de Nederheim per-
tinentes; et nos dicto conventui de terra jacente in Cuttechoven
spectante ad anniversarium domini Hugonis quondam episcopi
Leodienses II denarios deberemus, et idem conventus haberet
apud Los novem areas pertinentes ad bona de Ophasselt de
quibus recepit annis singulis octo solidos et sex denarios et XX
capones...» Suit l'échange. «Actum et datum mense mayo anno
Domini M. CG. XL primo. « — Tomel, fol. 44.
8 janv. 1313 (1314). — Arnold, comte de Looz, change sept
bonniers de terre féodale situés près de Widdingen, en terres
censales ressortissant h la cour censale de Hendriken. « Ar-
noldus comes de Los dilectis nobis in Christo villico seu judici
et scabinis curie nostre de Hendreken , ceterisque omnibus
et singulis ad quos présentes littere pervenerint, salutem in
Domino sempiternam. Vobis significamus quod nos septem
bonaria terre arabilis site in territorio de Widdingen libère
pertinentis ad feodum nostrum de Duras ab omni onere feodali
absolvimus et jure penitus ac quitamus Renero filio Arnoldi
dicti Nennen de Bruchym ob gratiam quem eidem facimus spe-
cialem eadem bona in jus et consuetudinembonorum dicte curie
nostre de Hendreken ex nunc et in omne tempus futurum inte-
graliter commutandoet flectendo; ita quod de quolibet bonario
— 48 —
antedicto in die beati Remigii annis singulis in perpetuum apud
Los in sepedicta curia nostra de Uendreken nomine census
nobis et successoribiis nostris quatuor denarii Leodienses,
prout alii nostri census recipiuntur, libère solvantur ; mandan-
tes vobis judici et scabinis curie nostre antedicte quatenus
deinceps, dum a dicto Benero aut ab illis quorum interest,
fueritis requisili, ad beredationem prefatorum bonorum secun-
dum consuetudinem ejusdem curie rite procedatis, quod vobis
et omnibus quorum intéresse possuiil anle expressa sub sigillo
nostro presentibus annexo duximus signilicandum. Datum anno
Domini M. CGC. XIII feria tertia post Epiplianiam Domini. » -
Tome I, fol. 47.
8 fév. 1309 (1310). ~ Charte û\4rnouId, comte de Looz et
de Ghiny. Florekin, tils de Francon de Middelliem, reconnaît
n'avoir aucun droit à trois bonnlers de terre siuiés dans le ter-
ritoire de Looz, que le dit Franco)i tenait en fief du dit comte;
il reconnaît en outre que MathUde de Borlo, veuve du dit Fran-
con, pouvait en disposer librement. « Présentes fuerunt nostri
fidèles dominus Wilhelmusde tiamele, mWcs, KonodeSassenbruck,
Willielmus de Middelhem noster schultetus de Los, Henricus
Scenne ejus frater, Renekimis de Borlo, Henricus ejus filius, et
Johannes de Montenaco noster receptor. Actum fuit coram
nobis apud Lensoeltere. Datum anno Domini M. CGC. nono in
die dominica post purificationem Béate Marie Virginis. « —
Tome I, fol. 359.
5 février 1314 (4315). - . Mathilde de Borlo, veuve de
Francon de Middelhem, ayant vendu ces trois bonniers à l'ab-
baye de Herckenrode, Arnoul, comte de Looz, les convertit en
terres censales dont on lui payerait quatre deniers par bonnier.
« Premissis enim interfuerunt mngister Lambertus de Los
pliisicus, Giselbertiis de Romershoven iiosler scuitelus deUasselt,
Johannus de Mierbeke noster falkonarius, Lambertus et Wil-
helmus de Busco de .V///d/i juxla lïerdren. — Tome 1, fol. 341.
11 inars 1314 (l.Uo). — L'abbesse IVIarguerite de Steyne
49
déclare que deux de ces trois bonniersont été payés par la reli-
gieuse Juta de Lintris, autrefois abbesse de Vivegnis, qui en a
réservé l'usufruit pour elle et après sa mort pour la religieuse
Alicia de Lintris sa parente ; après la mort de cette dernière, les
revenus serviront aux anniversaires dVl/icm, dame de Lintris, et
ù'Aleyde, dame de Waveren. — Tome I, fol. 351.
30 mars 1315 (1816). — Ch?trle d'Arnold, comte de Looz.
Conon de Sassenbruc, écuyer, payera à son frère Henri de Sas-
senbruc la rente annuelle de onze muids de seigle ; il assigne
comme hypothèque de cette rente, le moulin de Wyngaerde avec
ses dépendances, deux bonniers de terre situés « juxta montem
de Wyngaerde, etc. » L'acte est réalisé devant le comte et ses
hommes féodaux, savoir : «coram nobis necnon Johanneïnwes-
tito ecclesie de Gorsem, canonico et custode ecclesie nostre
Lossensis, Johanne de Orelgio milite, Arnoldo dicto Bastard
nostro tîlio naturali milite, Abiio de Los filio quondam Abrahe
militis, GodetVido dicto de Rumschoven, Wilhelmo de Nischyîn,
Arnoldo de Gulke et Petro dicto Page armigeris, noslris homi-
nibus feodalibus. « — Tome I, fol. 350.
27 nov. 1318. — Acte de la cour censale de Hendricken
appartenant au comte de Looz et siégeant h Looz. Reinier,
fils d'Arnold dit Nenne de Broeckem, écuyer, à Hex, avait
vendu h l'abbaye de Herckenrode sept bonniers de terre situés
au territoire de Looz qui étaient des fiefs du comte de Looz. Le
comte les avait convertis en terres censales payant par bonnier
quatre deniers à la cour censale de Hendricken. Quelques-unes
de ces terres étaient situées près de celles des héritiers de
Nicolas de Gothem et près de celles des héritiers deGiselbert de
Berlingen dit de Rivo chevalier. Présent : Arnold dit Nenne de
Broeckem, mambour de Jean et d'Arjiold dît Nenken , fils du
\^réd\i Reynier de Hex. — Tome I, fol. 352.
1 août 1319. — Echange entre le chapitre de Looz et l'ab-
baye de Herckenrode des dîmes de trente bonniers de terre.
Tome I, fol. 47. Daris, Histoire de Looz, tome 2, p. 6.
— 50 -
I^uiiiinoii.
11 aviil 1344. — aWy Kerstiaeii van Ocsterlioven, Reyiie van
OelUiuihen, Willem van Melderlaer, LoJewicli Vrnnken, Heiiric
Van Ikppen, Âriiout Vamknvenne eu Jaii Clocludere scliepeneii
vati Luinmeneniievau deii lande van buten. » Réalisation d'une
rente achetée par la religieuse Heylwiiie Philipps. — Tome I,
loi. 340.
1360. — Acte d'une cour extérieure de Lummen.«^yy Lihreelit
van Grnelari'u, Reynier '-Voutcrs, Lambrecht Mathijs, Henric
Putman, Heinric Onder die Ei/ke, Heinric Ih'iurics, Was van
Glieslcle en Arnout Christiaens scepenen le Lummene van buten
ons lieeren i/^/»r/« lieerevan Dyesl..Voer ons en Laurens
Oedc'u richlereteLumme.e ons heeren van Dyesle. «Réalisation
d'une rente achclée par Elisabetli de Papenbroech. Cette cour
n'ayant pas de sceau, prie la cour intérieure d"y appendre le
sien ; « en wy Willem Van Oesterhoven, Kerstiaen Daniels, Fré-
déric Clemmen, Xvuout Pondernay,'Pelev Op dielJeyde, Gheraert
der Visghere ende Johan Moens scepenen van Lummene van
binnen. « — Tome 1, fol. 343. — Acte de la même cour de 1367.
— Tome 1,11)1.348.
1375. — Acte d'une cour extérieure de Lummen : « Voerons
en Jolianne van llamme richter ons heeren Everaerts van d(T
.ï/flrAt'/i heeren van Lummen. » Réalisation d'une rente achetée
[iar les religieuses Aleyde Va)i 'Veys, Marc Van 1VV//.S, et Ca-
therine Van firuçiylte. — Tome I, fol. 3i0.
i->77. — Aclede la cour extérieure de Lummen. Le seigneur
est Everard de la Marek. Réalisation d'une rente achetée par les
religieuses Aleyde et Madiilde de Colen. — Tome I, fol. 344.
1441. — Acte de la cour extérieure de Lummen. Le seigneur
est Jean de la Marck. — Tome I, fol. 347
8 avril 148:2. — Accord etitre l'abbesse au nom du cellier
(wynkelder) et .\i'nt Peters <■<■ lûs hoefheere des hoefs Liebrechts
51
Van Hoelraeck en dfis bampts gelioiteii 'tglœsoere «chargé d'une
rente foncière de quatre deniers. — Tome II, fol. 222.
13 mai 1.^32. — La cour censale de Gerets Van Velpen h
Scinielen fait confirmer un acte par la cour extérieure de Lum-
men. — Tome U, fol. 47.
."\Iîi«'Hti'î<"ht.
Mai 1242. — llenri, duc de Lorraine cl de Brabant, donne h
l'abbaye de Herckenrode une rente annuelle et perpéluelle de
cent solidi, moimaie de Louvain, à percevoir sur les revenus de
sa maison banale h Anvers (de domo pannali). « Testibus
('.(xkj'rido de Perwez nepote nostro , Arnoldo senescallo de
Itorhelar, llenrico de Ottencurch, magistro Daniele, Gerardo de
ïslia dapiflio nostro, Wilfielmo de Eversberghe, Carolo de
Arscot contone, Johanne de Beryhe, magistro Francone, Simone
cai)ellano nostro, Wilhelmo Nose et Uuyoîie fralre ejus scabi-
nis antwerpientibus. Acta sunt bec apud Antwerpiam. » —
Tome I.
24 déc. 1303. — Charte de l'abbesse Marguerite de Steyne.
L'abbaye a vendu à Gerlrude de Atrio, religieuse des Dames
blanches de l'ordre de S. Victor, à Maestricht, et à ^es deu.x
frères. Renier et Gison, poui- b-ur vie, toutes les rentes qu'elle
percevait à Maestriclit. Sont cités Lambert de Tweebergen, che-
valier , Lambert Gugart, chevalier , Bobinas de Miltyn, doyen de
S. Servais. - Tome II, fol. 44, 202.
20 mars 1383 (style de Cambray). — Jeanne, duchesse de
Luxembourg, de Lorraine, de Brabant, de Limbourg, marquise
du saint Empire, au lieu de la rente de cent sulidi, assigne à
l'jibbaye une rente de douze florins d'or à percevoir sur les
revenus à Maestriclit :aen onsen renten en toile onser siadt
van Triclit en ons vroeiihoefs daer by gheleghen). «Gegheven te
Brussel... » — Tome I.
lojuin 1411. — Antoine, duc de Lorraine, de Brabant, de
Limboui'g, margrave du saint Empire. Son prédécesseur Henri
donna à l'abbaye une rente de cent escalins ii percevoir sur
les revenus d'Anvers :c<renlon van honderl scillingen Lovenscli
te nemen op ten buyse olV halle van dcni lakenen in onse stadt
van xVnlwerpen. » La duchesse Jeanne assigna à l'abbaye, au
lieu de celte rente, une de douze tlorins d'or à percevoir à
Maestriclit. Le duc Antoine ordonne à son receveur de payer
les arrérages dedeux ans. « Ghegeven in onse stadt van Bms-
sel. » — Tome L
22oct. 1547.— c< Wyr sladthouder van den scholtis'shoeffs
van Lenculen, geheiten den Vroenhof1\ gelegen bennen Maes-
triclit.... ende... scepenon. » — Tome II, fol. 61.
22 oct. io47. — -.< Wy scholtet ende scepenen der banck en
vryheidt sinte Pieters by Trecht. » — Tome II, fol. 61.
22 oct. io47. — «Wyr scholtet ende schepenen des gherichis
van der jtrostien, geheilen voer die schale toebehoerende den
hue(jen proesl van der eervverdiger kercken des gueden siiile
Servaes in der stat Maestriclit. » — Tome II, fol. 62,
^Keltlert.
iO nov. 1523. — Contestation entre l'abbaye et les parois-
siens de Meldert touchant la dime du chanvre. Transaction à
l'amiable. Les paroissiens payeront « van elcken gewoenlicken
voet oft halster kennips dat wy en ellick van ons jaerlix zeyen
sullen Iwe bescheiden brabantsche oft burgoensche stuvers en
eenen halven. » — Tome 4, fol. 860.
Mettecoven.
28 juin 1432. - Acte de la cour censale de Hoenshoven.
« Dirick \'an Ilerten richier, Gisebrecht Van Heestert, Jan Rey-
ners, Jacob Pelers, Jan lloulnian, Gufién der Vurster, Willem
17/// lfee,s{ert, en Henric Strouven, geswoeren laete des hoefs
— o3 —
van Hoensoeveii. » Rente hypolliéquée sur une pièce de terre
située à Mettecoven et ressortissant à cette cour. — Tome II,
fol. 160.
30 juil. 1470. — Acte de la même cour censale de Hoensho-
ven. « Willem Van Heestert richter, Weynen Vranken, Henric
Moiitfels, Johannes Van Heestert en Johan Van Rothem., geswo-
ren laete des hoefs van Hoenshoven. » La même renie hypo-
théquée sur la même pièce de terre située h Mettecoven et
ressortissant à cette cour. Herman Stnwe de Grathem est le
mambour laïque de l'abbaye. — Tome II. fol. 161.
Cette cour censale avait, nous paraît-il, son siège à Looz.
18 déc. 1499. — Acte delà cour censale que le chapitre de
S. -Martin à Liège possède h Mettecoven. Wouter Bertheley^is
étant débiteur, du chef de sa femme Catherine Roeden d'Opheer,
d'une rente à l'abbaye, assigne comme supplément d'hypothè-
que, trente-sept verges de terre situées à Mettecoven et res-
sortissant à cette cour censale. Wouter Berleleyns était late ou
nianskmarius de celte cour. Guillaume Dreyers était curé de
Mettecoven. — Tome I, fol. 301.
Meuiven.
l!209. — Le chapitre de S. -Barthélémy à Liège vend sa part
dans la forêt de Dondersloe à l'abbaye de Herckenrode , pour
une rente annuelle et perpétuelle de quinze deniers (monnaie
liégeoise) ;« insuper fratrem Gislebertum ex parte ecclesie sue
investivimus eo jure ut cum de bac vita féliciter migraverit tôt
denarios requisitionis quotet census successor ejus nobis per-
solvat et decano bannos suos et paribus denarios testimo-
niales tribuat... Testes autem sunt Thomas S. Bartholomei
prepositus, Heribertus decanus, Lambertus custos, Petrus, Bal-
duinus, Seraphim , Petrus, Helyas cantor, Ilenriciis de Atrio,
Gislebertus, Petrus, Jacobus, Iknricus, Roberlus, PhUippus, Bar-
tfwlomeus, Gerardus, Otto cellerarius; de laïcis Thomas de supra
Musaiii, Gerarilus de Berzes. Aclum domiiiice iiicanialionis
anno M. CC. iioiio. » — Tome I, fol. 32 v".
1212. — Le chapitre de S. Servais à Maestriclit ayant aussi
une paît dans la foret de Dondersloe, part qui est indivise avec
celle de l'abbaye, on en fait un partage exact avec des bornes.
«Testes s\i\U Ifeinrkiis decanus , Gerardus Holdo, Gerardusùe
Blisia, Gerardus Poitevin, Lambert us , Petrus , canonici; laïci
vero Gerardus villicns, lleinricus diotus lox et alii (juamplures.
Acta suiil liée doniii^.ice Incaniationis anno M. CC. XII, régnante
domino 0/foudimperatorè, présidente ûoimuo Itugone Leodiensi
episcopo. » — Tome I, fol. 33,
1216. — Le chapitre de S.-Barthélemi consent à ce que
Tabbayede Herckenrode lui paie annuellement une rente de dix
solidi an lieu de quinze denarii, mais sous la condition qu'à la
mort de chaque chanoine l'abbaye fasse chanter ses obsèques,
le chapitre s'engageant à faire la même chose à la mort de
chaque religieuse; h la mort du mambour constitué pour cette
rente, l'abbaye présentera un autrequicn recevra l'inveslitureet
payera les droits d'investiture « qui nobis jura capiluli fideliter
exsolvet sicut mos est de hereditatibus requirendis... Testes
sunl Seraphim decanus, Lanibertus custos, Fredericus, Ilubertus,
Petrus, Ikilduinus , Petrus, Hel y us cAnlov , lle7iri( us de Aiv\o,
Gislebertus, Petrus, Jacobus, lleuncus , îloberlns , Pliilippiis,
Matthœus, Guida, Gerardus, Otto celerarius, liaso, Eustacius...
Actum est hoc anno incarnati vcrbi M. CC. XVI. » — Tome I ,
fol. 33 V".
1219. — Henri, doyen, et tout le chapitre '!e S. -Servais à
Maestricht, vendent leur alleu h Meuwen avec la forêt de Don-
dersloe et ses dépendances à l'abbaye de Herckenrode iiour une
rente annuelle et perpétuelle de cent solidi pour la nourriture
quotidienne des frères... Ils font sceller l'acte par Antoldcomle
de Looz... « Testes autem hujus rei sunt, d.^ ecclesia Servatii
Henricus decanus, Winandus scolasticus, Heribertus Aquensis,
Gerardus Iloldo, Gudescalcus , Henricus, Wilhelmus canonici et
alii quamplures; de ecclesia de Heickenrode Williehiius mona-
clius, frater Hearicus, frater Bakluinus, frater Jlenricus, itom
fralei" Balduitius, frater Arnoldus. De familia comilis de Los
Conrdrdus de ilubertitujhen , Robertus de Corswenn , Lamhertus
castellanus de Brustem, Egidius dapifer el alii qLiaiiiplui'es.
x^Gtum anno iitcaniationis dominice M. CC. XVIIII. » — Tome I,
fol. 32 V".
42:20. — Englebert, archevêque de Cologne, conlirme le con-
trat de vente de la forêt de Donderloe, faiîe par l'église de
S. -Servais, « qua3, ajoute-t-il, nobis auctoritate regia est com-
missa..., Dalum anno gratie M. GC. XV. » — Tome I, fol. 34.
1220. — Hugues, évêque de Liège, confirme le même contrat
de vente. « Datum anno gratie M. CC. XX. » — Tome I, fol. 34.
28 avril 1220. — Le pape lîonorius confirme aussi l'acquisi-
tion de la ferme et de la forêt de Donderloe (grangiam et
nemus). — Tome I, fol. 210,
Mars 1233. — Henri, duc de Lorraine, prend sous sa protec-
tion c( curiam de Dondersloe cum omnibus suis attinentiis,
scilicet silvis, agris cultis et incultis, pratis. pascuis, paludi-
bus, mansionariis... Hoc etiam addilo ut mansionarii ab omni
exactione liberi permaneant. Datum anno gratie M.CC. XXXIII
mense martio. » — Tome I, folio 34.
Janv. 12o9(1260).— J/t-^d/d trace les limites entre la ferme de
Dendersioe et les biens de la commune de 3Ieuwen. Univer-
sis presentem cartam inspecturis AJeydis matrona nobilis
Alvernie comilissa et Arnoldus dominus de Wesemale ejus
dilectus consors, salutem in Domino sempiternam. Significamus
vobis quod, cum controversia et querela esset inter religiosam
dominam abbatissam de Herckenrode et conventum ejusdem
loci ex una parle, et homines ville de Meuwen ex altéra, super
d'visione et limitatione allodii spectantis ad ecclesiam de
Herckenrode occasione curie et allodii de Donderslo et super
divisione et limitatione communitatis que pertinet ad predictam
villam de Meuwen, et cum multipliées querele ex ulraque parte
— 56 —
ad nos devenissent, nos propter boniim paeis personaliter
accessimus finem pacificum super prediclis querelis imponere
cupientes et fecimus conversos qui in grangia de Donderslo
niorabantur et alios vicinos antiquiores fecimus convocari et
secuiidum quod ab eis sub debito juramenti didicimus fecimus
predicte domui de Hercivenrode suum allodium distingui et
termiuis limitari, ila quod unus terminus posilus est in ioco
qui vocatur VUujhe, alius juxta arborem sciiicel poplum prope
domum cujusdam MeytiUlis, alius directe ex transverso super
llumen quoddam quod fluit ibidem. Ista fecimus limitari et
distingui ut ultra non moveatur questio vel querela. Huic limi-
tationi présentes eramus et domina abbatissa, magisteret celera-
rius et magister de Donderslo et Yîvanus de Winghe miles et
dominus Wilhelmus fdius noster, scilicet, comitisse, et Ghisul
villicus de Brede et alii plures. Datum anno Domini M. CC. LIX
mense jaiiuario. Nos quoque abbatissa predicla et conventus de
Herckenrode promisimus quod predictam limitationem allodii
noslri nonfaciemus circumfodi neque fossatis vallari vel muniri.
Datum ut supra. » — Tome I, fol. 35.
5 mai 128ïî. — « Universis présentes litteras inspecturis, Ar-
uoldus cornes de Los, salutem in Domino... Noverint universi
quod ob remedium anime nostre et antecessorum nostrorum
silvam unam integraliterquam liabebamus et tenebamusin Ioco
qui dicitur Ly/m^Ae juxta silvam de Glabbeke, item aliam par-
vam petiam silve quam habebamus et tenebamus inter dictam
silvam ex una parte sitam et silvam abbatie de Herckenrode
que dicitur Douder.sloe in puram eleemomosynam et pro curia-
litatibus et servitiis nobis ab abbatissa et conventu predicte
ecclesie de Herckenrode imponsis eisdem abbatisse et conven-
tui conlulimus et conferimus libère et absolute et omne jus et
dominium quod habebamus et liabere poteramus in dictis silvis
in puro allodio transtulimus et transferimus in easdem predic-
tas silvas per ramum arboris unius infestucando et in manus
abbatisse predicte li'ansferendo et in corporalem i)ossessionem
mitleiido, alla justilia taiitummodo retenta nobis et successo-
ribus nostris in silvis predictis ; et est sciendum quod dictas
silvas a nobis sic traditas in aliud dominium quam in nostrum
transferre non possint abbatissa et conventus predicti... Fuerunt
présentes et a nobis vocati dominas Otto de JuUaco Dei gratia
Trajectensis prepositus et Leodiensisarchidiaconus, avunculus
noster, ac etiam viri nobiles Arnoldus dominus de Diste, Hen-
rkus dominus de Petersheim, EgkUus dominus de Mulkene et
Nicholaus de Flemale m'ûiies, Wilhelmus de iS/^yo/a/?/ vir nobilis,
item Johannes et Godemil clerici nostri, Johaniies de Opleive
castellanus de Colmunt senescalcus noster, Johannes castella-
nus de Hozaimont et alii quamplures homines nostri tideles...
Datum et actum anno Doraini M. GC. LXXX secundo, feria
tertia ante ascentionem Domini,apud Herckenrode.» — Tome I,
fol. 3o.
19 juin 1330. — Louis comte de Looz autorise l'abbaye à
entourer sa propriété de Dondersloe de fossés, à nommer un
garde-forestier, etc.. « Ludovkus comes de Los et de Chiny
salutem et cognoscere veritatem. Ut religiose persone nobis in
Christo dilecte domina Magareta de Steyne miseratione divina
abbatissa totusque conventus monasterii nostri de Herckenrode
ordinis Cisterciensis silvam suam de Dondersloe fossalis vallare
et introeuntes pannire et dictam silvam suis propriis usibus
sine communione cujusque applicare, confirmationem omnium
privilegiorum et immunitatum sibi a nostris predecessoribus
comitibus lossensibus et aliis causam in dicto comitatu baben-
tibus concessorum habere a nobis, ipsorumque mansionarii et
homines de cetero ab omnibus exactionibus, angariis et sub-
ventionibus immuiies, licet a nobis contra premissa aliquan-
tulum fuerit attemptatum, valeant permanere, nos promittimus
bona tide nostris litteris declarare et ipsas litteras eisdem
domine abbatisse et conventui factas et ordinatas, prout melius
pro premissis in perpetuum servandis tieri et ordinari possint,
nostro sigillo sigillari et eidem domine abbatisse et conventui
- m —
tradi lacère... »/>('»/*■ seigneur de l)iepcnl)eck,sénéchi\\ du comté
de Looz, scelle la charte... « Datuni aiino Domiiii M. CGC.
tricesimo, feria tertia ante Nativitatembeati Johannis Baptiste. »
— Tome I, fol. 36.
8 nov. 1339. — Godefrokl de Looz, seigneur de Milieu et de
Eycke, autorise l'abbaye à constituer un i;arde forestier à Don-
dersloe. « Nos Godefridus de Los, dominus de Milieu et de
Eyke, veritalis notiliam cum salute. Noverint univers! quod nos
ob alTeclum pie devotionis quem gerimus personis boneslis
et religiosis monasterii de Herckenrode... concedimus et con-
ferimus per présentes ipsis personis habere forestarium ununi,
prout hactenus ipsum habere consueverunt, attamen discretum
in siiva de Dondersloe contigua curli personarum antedictarum
qui constituendus vel constitutus a dictis personis temporibus
semper aplis jurare débet, Inclis sacrosanctis coram nostris
otticialis custodiam fidelem dicte silve ad opus dictarum perso-
naium omiii modo et forma quibus relique silve comitatus
Lossensis solite sunl per foresinrios earumdem custodiri. Datum
anno Domini M. CGC. XXXIX feria secunda ante festum beali
Martini hyemalis. » — Tome I, fol. 37 v'\
11 février 4436. — Jean Kempens, berger à Meuwen, ayant
fait [taitre son troupeau dans la forêt de Dondersloe, Henri de
Ih'sseue, syndic ou procureur de l'abbaye, le cite devant le
tribunal de l'olificial à Liège qui le condamne à une amende
de iinius Pétri aurei Biirguinlie et à un voyage aux Trois-uois à
Gologne. Henri Straelmans, curé de Meuven, notifie la condam-
nation au berger, le 18 mars suivant. — Tome I, fol. 37 v". — Le
môme jour i'ofticial prononça la même condamnation contre
Henri Stofs , berger à Pluerode, auquel h semence fut notifiée
pai- Jean Vanderheijen, curé de Wijscluujen. — Tome I, fol. 39 v".
30 sept. 143:2. — Arnoud Vandendike, Johan Vandenhove,
Jolian Cobbcii tils, Johan Oden llls, Johan Wouters, Wouter
Kerfs et Wouter Des Joiujen éclievins de Meuwen, déclarent
que la commune de Meuwen a reconnu n'avoir aucun droit sur
— o9 —
les bois.^ les bruyères, les terres el les ylaiids des [)ropi'iélës de
l'abbaye à Dondersloe. — Tome I, fol. 41 v".
MieIen>boveii-il.elst.
4 juin 1496.— Acte de la cour censale que le commandeur de
Bernissem possède à Micleii-boveii-Aelsî. : « Henri Van Lexiiy
meyer, Stas Robyns, Jan Van. Loen, Art Van Elderen, Willem
Iliisdeijns, Henric Jacobs, Reytier Van Hercke en Pouwels
Proevenere, allen scepenen des ceynsboefs van den comman-
deurs van Bernissem dien hie lieefl in den dorpe van Myelen
boven Aelst. «Réalisation d'une rente en faveur de la religieuse
Marie de Lexhij. — Tome, II, fol. 201.
I%Iontenaken.
10 oct 1202. — Alicia abbesse de Herckenrode et Jean cbe-
valier, châtelain de Montenaken, foni un échange de biens.
L'abbesse donne à ce dernier un pré de trente-cinq verges ,
situé au Zurebampt, derrière la maison du châtelain h Bierre-
velt. Jean, de son côlé, fait remise ou condonation â l'abbesse
de deux hommages féodaux duo homagia feodalia , savoir : l'ab-
baye possédait quatre pièces de terre féodales, pour lesquelles
elle devait constituer deux hommes féodaux qui devaient en faire
les reliefs accoutumés devant le châtelain et lui en payer les
droits; ce sont ces reliefs et ces droits dont le châtelain fait la
remise, avec l'assentiment d'Ârnoul, comte de Looz , qui était
le seigneur principal de ces fiefs. — Tome I, fol. 365.
11 avril 1331 (1332). — Acte de la cour de justice de Monte-
naken. Vente, en faveur des religieuses Elisabeth et Ueatrix de
Loboscfi, d'une rente de deuxmui is de seigle. Est citée la cour
censale de Guillaume de Duras à Vei'sen (Fresin) « que curia re-
giturper villicum et mansionarios quos ipse Wilhelmus habet in
- 60 —
Montenacken. » Est citée la cour censale que feu Jean de Monte-
nacken père, chevalier, possédait à Versen, « que curia guber-
natur per villicum et mansionarios quos cxecutores testamenli
in Montenacken habere dignoscuntur. » —Tome II, fol 212.
11 avril 1331 (1332). — Acte de la cour de justice de Monte-
nacken. Vente, en faveur des religieuses Elisabeth et Beatrixde
Lobosch, d'une rente de deux muids de seigle, dont le débiteur
assigne comme hypothèque une terre mouvant de la cour du
seigneur de Cortis et une autre mouvant de la cour censale du
prieur de S. Sévérin, l'une et l'autre h Cortis. — Tome II,
fol. 213.
22 mai 1331. — Acte de la cour de justice de Montenacken.
Hennan de Cortis vend à la religieuse Idaûe Flandres une rente
et assigne comme hypothèque deux pièces de terre situées à
Cortis, près des terres de feu Arnold de Harduemont chevalier,
et près de celles de Guillaume de Duras écuyer. — Tome I, fol. 363.
4 mai 1337. — Jacques Chabot de Liège vend h sa sœur Agni^s
religieuse à Herckenrode, une rente pour le S. Sacrement de
miracle «ad opus benedicti Sacramenti ejusdem monasterii. »
—Tome I, fol. 364.
29 juin 1337. — Acte de la cour de justice de Montenaken.
Jean, fils de Libert Liboy, venJ ii la religieuse iiealrix de
Lobosch une rente « pro pelliceis emendis et conventui distri-
buendis))et assigne comme hypothèque de la renie trois pièces
de terre situées près des terres de Wilhelmi dicli Paqe de
Montenacken et celles de Jean de Ghelenkercke chevalier. — Tome
I, fol. 361.
En 1337, la religieuse Christine des Kintsa magistra seu guber-
nalrix domus lanillcum seu jiannilioum » consent au nom du
couvent à ce que la rente précédente soit payée à une autre
époque. — Tome I, fol. 362.
29 juin 1337. — Acte de la cour de justice de Montenacken.
Jean fils de Libert Liboy de Montenacken vend ;i la religieuse
Agnès Chabot de Liège, sacristine, « ad opus benedicti Sacra-
— 61 —
menti dicti monasterii » une rente de deux muids de seigle, et
assigne comme hypotlièque trois pièces de terre situées à Mon-
tenacken. Est cité feu Jean, ciiâtelain de Montenakeii, père. —
Tome II, fol. 205.
i"' octobre 1337. — Wnlter de Rosut vend une rente h. la reli-
gieuse Beatrix de Lobosch et assigne comme hypothèque deux
pièces de terre situées ii Montenacken près des terres de feu
Brunekin de Woteringen chevalier, et de celles de feu Jean de
Halle chevalier ; réalisé devant la cour censale de Nederheim à
Montenacken, de feu Jean de Montenacken, père, chevalier. —
Tome I, fol. 363.
IKîol.
Août 1335. — La cour de justice de Niel réalise la constitu-
tion d'une rente. « Johan Clennovau meyer, Robert van Monte-
nacken, Gerart Martyn, Denis van Halle, Thilman Raves, Johan
Vandermoren eu Johan der Beckere scepene van Niel. » La cour
n'ayant pas de sceau, l'acte est scellé par Gherde van Ginghe-
/ggmetparArt Van Corswenne seigneur deNyel. — Tome II, fol. 1.
27 nov. 1472. — Acte de la cour de justice de Nyel. «Art Van
Coersworme der jonghe meyer in der tyt der banck ende des
hogerichts \an Nyel toebehorende deu edelen heer Arnt van
Coersworme ridder ende graefflick heer der banck ende des
hogerichts. » — Tome II, fol. 1.
Oplieers.
Juil'et 1224. — Acte de la cour allodiale de Liège touchant
un alleu situé h Heers. « Noverint univers! tam présentes quam
futuri ad quos presentis scripti notitia pervenerit, quod, cum
inter domum ex Herckenrode ex una parte et Arnoldum de
Brukehem ex altéra, super quodam allodio apud Hers quod
descendit abecclesiasancti Lambertiquestio verteretur, tandem
1^2
mediante hononini coiisilio et gralia saiicti spiritus suadeiUe,
idem Ariioldus quidqiiid jui'is iii pielalo allodiu liabere se
dicebaL domui de Herckeiirode in eleeiiiosyiiaiii donavit ei
iiitersanciain Mariam cl sancluai Lauiberlum Leudii rite quit-
luin clamavit. Huic facto testes atlïieriiiit ^'oe sacerdos et
investitus sancte Marie, Symoii Offer, Godefridus et Johannes
sacerdotes domus iiifirmoruin Conielii montis, Lamberius de
Trecis vicarius domliii efiiscopi , Si/mon clericus de llltra-
mosaiii, Lambevtui^ de Uarduemont , Wericus de Fnntenea,
Walterus ile Auwiria advocatus saiicti Trudoiiis, [lermanniis de
Sclacins, Euslacius Fiancus homo, Bastiaiius de Viler milites,
Tlieodoricus villicus , Warnerus de Dyonant, Balduinus de
Fovea, Lamberius de Saiicto Martine, Egidius de Cambiis ,
Jidianus de Sabnleto, Hubertitn de rétro saiictiuii Joliaiiiiem,
cives Leoilienses etalii quaiispliires. In ciijus faeti teslimonium
sigiUum Conielii moulis et sigillmn domini Lamberli de Trecis
vicarii domini episcopi Leodiensispresenti pagine suiitappensa.
Actum solempniter Leodii inter sanclam Mariam sanclumque
Lamberium anuo verbi incarnali M. CC XXIIII, mense jidio. »
— ïome I, folio 8;->.
13 mars 1225 (1220). — Hugues de Pierrepont, évêque de
Liège, approuve l'acte précédent; k donationem etgcrpitionem
quLim Aiiioldus miles de Brukehem iecit domui de Herckenrode
sub lestinionio bonoium viiurum Noe sacerdolis. » — Tome I,
fol. 88.
Jaiiv. 1228 {i'i''29]. -■ Henri (ÏAnjentefd donne son alleu de
Suheers à l'abbaye de Herckenrode devant la cour allodiale à
Liège. « Universis présentes litteras inspecturis , vir nobilis
lleinricus de Anjenteai cognoscere vcritalem. Que geiunlur in
tem[ ore, ne kibantnr cum kq^su lemporis, poin soient in lingua
tesiium vel scripture menioria perennari. Eapropter universi-
tati vestrc nolum facio quod ego aiiodium meum de Sulicrs
quod habebal ex parte mea Iknricus de Ophers usque ad tn-
gint.i bonaria terre, iiter ecclesiam beale Marie et ecclesiam
— 63 —
beati Lamberti Leodii, in maiius Renardi filii mei reportavi ;
ipse vero lienardus de voluiitate mea et assensu pro sua suo-
rumqiie predecessorum sainte domui de Herckeorode libère
et absolule prediclum allodium iii eleemosynam confereiis
effestiicavlt. Adjectum est eliam qiiod si aliquid deesset de
allodio trigiiita bonariorum predictoruni de defectu supradicta
domus nullum possit habere ad eum recursuin. Si autem ali-
quid supercresceret, de excrescentia dicta domus tenetur eidem
Renardo et mihi satisfacere. In hujus rei testimonium et muni-
men cum sigiUo majoris ecclesie Leodiensis, quod litteris istis
l'eci appoiii, sigillum meum presentibus est appensum. Huic
facto testes affuerunt : Syinou Offer canonicus S. Martini Leo-
diensis, Godefridus maresealcus doniini Leodiensis episcopi,
Fastradus de Hemricourt, Renerus de Fletenges, Renardus de
Heremale, IMlhelmus c\e Bette, W altenis i'vixier ejus, Renerus de
Sohang milites, Warnenis de Dyonant, Ludovicus Sureles, Wal-
tenis et Egidius de Concambiu cives Leodienses. Aclum auno
Domini M. CC. XX octavo, mense januario. — Tome I, fol. 83.
Février 1240 (1241). Ulricus de Montfrant vend une rente de
vingt solidi h l'abbaye de Herckenrode. « Ego Ludovicus advo-
catus Hashanie notum facio universis scripti presentis iuspecto-
ribus quod, cum dilectus tidelis noster Ulricus de Monfrant a
me in feodo teneret viginti solidos Leodienses qui solvuntur
annuatim de bonis apud Bershere jacentibus et dictus Ulricus
dictos XX soiidos de meo consensu et assensu domui de Herc-
kenrode vendidisset, quia de suo allodio quinque bonaria terre
in predicta villa jacentia in restaurum dictorum XX solidorum
micbi asoignavit illa in manus meas resignando et a me in
feodo recipiendo, idem predictos XX solidos micbi resignavit
illos in manus meas reportando quos prefate domui divine
remunerationis intuitu in eleemosynam contuli allodialiter in
perpetuum possidendos. Ut igitur omnia prenotata rata perma-
neant et inconvulsa presentem cartulam sigilli mei appensione
dignum duxi muniendam. Datum mense februario anno Domini
M. CC. quadragesimo. » — ïome 1, fol. 84.
64
1295. — Charle (lu chapitre de S. Lambert. A inuUl d\i da
Oleys vend à l'abbaye deux bonuiers et demi de terre situés à
Opheers in loco qui dicitur Bundensdak descendentis a curia
pr?epositi de Oleys ordinis S. Benedicti. — Tome I, fol. 302.
1807. — Acte de la cour allodiale de Liège. Gilles Proi-
dons cilain de L\éu;e aliène en faveur de llumbert fils du sei-
gneur Guillaume de Basheers (Bertinheres) , chevalier, un
alleu de quinze verges situé entre Opheers et Lantremange. —
Tome I, fol. 303.
1315. - llumbert, fils aîné de feu Guillaume de Bertsheer,
chevalier, réclamait, à raison du fief qu'il tenait de l'avoué de
la Hesbaye, que le maître de la ferme de Herckenrode à Opheers
lui constituât, à raison de cette ferme et de ses biens, des
masuyers ou tenants, qu'il fît le relief des cens annuels etc. :
« a nobis seu magistro curie nostrede Opheere, occasione dicte
nostre curie de Opheer et bonorum nostrorum a curia dicti
Humberti descendentium quampluresmansionarios seutenentes
sibi constitui, censuum annuorum relevationes et alia jura
quamplurima et servitutes que ad dictum feodum spectare
dicebat al) antiquo. «L'abbesse Marguerite de Steyne et Humbert
conviennent pour terminer le différent quel'abbesselui donnera
trois bonniers situés à Basheer près des terres d'Ywan de
Monfrant, qu'elle lui payera une rente annuelle d'un gros
tournois, que le maître de la ferme à Opheers sera seul le maji-
sionarius de cette rente vis-à-vis de Humbert et de ses héri-
tiers, et que si à l'avenir l'abbaye acquérait des biens mouvant
de la cour de Humbert, celui-ci ne pourra exiger qu'un gros
tournois pour droits d'investiture, d'adhérédation et de relief.
Arnold de Lummen, avoué de la llesbaye, approuve la conven-
tion, ainsi que Guillaume frère germain de llumbert. « Actum
presontibus ]] il helmo de Fonte \il\\co, Lamberto diclo Joye,
Robino Fabro, Johanne Beecman, llenrico lilio llenrici quondam
opilionis, Theodorico dicto Dierlyt, .loluuine dicto Penuwer et
llenrini (Hcto He.i\ scaltinis dicti Humberti et ejus curie supra-
m -
dicte, in quorum custodiam premissa omnia et singula posita
fuerunt. » — Tome I, fol. 84.
Uumbert fils de Guillaume de Basheers, chevalier, reconnaît
que ces trois bonniers seront mouvants en fiefs de l'avoué de
Hesbaye, comme tous ses autres biens. 1316, le 8 janvier.
— Tome 1, fol. 85 v"; tome II, fol. 208.
14 déc. 1398. — L'abbaye ayant à Opheer une ferme exploitée
par les frères convers , Jean , évêque-élu de Liège, accorde h
Jacques « gubernatori domus in Opheere «de pouvoir faire célébrer
la messe dans la ferme sur un autel portatif.- -Tome I, fol. 304.
1447. — Acte de la cour de justice d'Opheer. « Wy Stas van
Rylîele cnape van waepenen, meyer in der tyt der banck ende
hoege gerichts des dorps van Opheer. . . » Contestation entre Jean
Royen et l'abbaye, touchant une pièce de vingt-deux verges. —
Tome I, fol. 299.
Les actes de 1224 et 1228 offrent un véritable intérêt. Il s'agit
dans ces actes de biens allodiaux situés au comté de Looz, sur
lequel ne s'étendait point la juridiction des tribunaux du pays
de Liège.
La contestation dont il s'agit dans l'acte de 1224, a été portée
devant la cour allodiale de Liège, peut-être du consentement
des deux parties qui se soumettaient, dans cette hypothèse, à
un arbitrage librement choisi. Il est dit dans l'acte que l'alleu,
objet de la contestation, provenait de l'église de S. Lambert.
Pourrait-on en conclure que la cour allodiale n'a été établie que
pour les alleux que possédait l'église de S. Lambert ainsi que
pour ceux qu'elle avait ahénés ? Pourrait-on expliquer ainsi la
dénomination de homines de casa Dei, hommes beati Lamberti,
hommes délie cise Dieu? l^ousne saurions résoudre ces questions
d'une manière certaine. Mais nous avons peine à croire que
tous les alleux situés au pays de Liège ressortissaient à la cour
allodiale de Liège.
Les personnages qui interviennent aux actes de 1224 et de
1228, ne sont pas encore appelés homines allodialesde casa Dei;
- 66 -
aucun des deux actes n'est scellé du sceau de l'archiprêtre de
Notre-Dame-aux-fonts ; on n'y trouve pas encore mentionnés
les membres de la cour de Liège ; on n'y t'ait pas mention non
plus des coutumes ou des traditions de la cour. Ces caractères
n'indiquent-ils pas que nous touchons ici à l'origine même de
l'institution ?
Les membres de la courallodialede Liège s'appelaient homines
de casa Dei, ceux de la cour allodiale de Looz s'appelaient
homines allodiales comitis de Los; les premiers siégeaient entre
les églises de Notre-Dame et de S. Lambert h Liège, les seconds
sous les tilleuls ù la porte de l'église de Looz, ubi, est-il dit
dans un acte de 1304, de allodio domini comitis de consuetudine
tractari solet. La cour de Looz ne traitait probablement que
des alleux (]ui appartenaient ou avaient appartenu aux comtes
de Looz; la cour de Liège ne traitait peut-être aussi que des
alleux qui appartenaient ou avaient appartenu ii l'église
de S. Lambert. Les deux cours se servaient des mêmes
symboles : la motte de gazon, le rameau vert et la faucille. Le
comte de Looz nommait les membres de sa cour allodiale; le
prince-évêque et le chapitre nommaient, seuls dans le principe,
ceux de la cour allodiale de Liège, c'esl-ii-dire , ceux dont la
présence était indispensable pour la validité de ses actes.
Opleeuw.
li déc. 1473. — Acte de la cour d'Opleeuw. « Jan Smeets
scoutet, Johaniies Van lleestert, Art Rœmpoi, Robyn Vredenen
scepenen der banc van Opiewe. » CoDStilution d'une rente
hypothéquée sur une maison située à Opleuwe. — Tome II ,
fol. 166.
Othée (Althei ; Elch).
1217. — Arnold d'/vs7o vend pour trois cents marcs à l'ab-
baye de Herckenrode la dîmo d'Othée et lui donne en outre le
67
patronage de l'église. Arnold tenait ces dîmes et ce droit en
fief du comte Lothaire de Hostaden qui lui-même les avait reçus
en fief de Téglise de Cologne. « Hujus rei testes sunt Theodoricus
Trevirensis arcliiepiscopus , Theodoricus major prepositus,
Cottrardus major decanus et arcliidiaconus, Godefridus cappel-
lanus, Godefridus camerarius, Peregrinus notarius, Henricus
dux de Limburch, Henricus cornes Seinensis, Adolphus cornes de
Monte, Wilhelmus comes Juliacensis Walraphius comes de
Luceremburch,Fredericus de Althena, Theodoricus de Henisherck,
Gerardus de Randerode, Otto de Wickenrode, Herniannus nobilis
advocatus. » — Tome I. Wolters, p. 63.
4 nov. 1217. — Lotaire comte de Hostaden approuve la vente
et la donation faite par Arnold û'EsIo. « Hujus rei testes sunt
Theodoricus Trevirensis arcliiepiscopus , Theodoricus major
prepositus, Conrardus major decanus et arcliidiaconus, Gode-
fridus capellanus, Godefridus camerarius, Peregrinus notarius,
Henricus duc de Limburch, Henricus comes Seinensis, Adolphus
comes de Monte, Wilhelmus comes Juliacensis, Walraphius
comes de Lucerenburch, Fredericus comes de Althena, Theodo-
ricus de Henisberch, Gerardus de Randerode, Otto de Wicken-
rode, Theodoricus de Menenhuse Hermannus nobilis advocatus,
Germannus de Alvete, Theodoricus de Are dapifer... Acta sunt
liée anno dominice iucarnationis M. CC.XVII. Datum Schife-
berc 2° non. novembris. » — Tome I. Wolters, p. 61.
4 nov. 1217. Englebert archevêque de Cologne confirme les
actes d'Arnold d'Eslo et de Lothaire comte de Hostaden sous la
condition que l'abbaye de Herckenrode payera annuellement à
la cathédrale de Cologne c aureum unum, pondus et monetam
denarii coloniensis habentem... Hujus rei testes sunt Theodo-
ricus major prepositus et archidiaconus , Conrardus major
decanus et archidiaconus, Gerardus prepositus SS. aposlolo-
rum, Gerardus prepositus de Kerpen, Hermaunus subdecanus,
Conrardus de Boharde et Theodoricus de Brûle canonici colo-
nienses; Hehvicus prior S. Walburgis, Henricus cornes Seinen-
— 68 —
sis, Lothariiis cornes de Hostaden, Wilhelmus cornes Juliacensis,
Adolphus cornes de Monte, Lodovicus cornes de Los, Gerardus
de Randerode, Otto de Wickenrode, Hermannus Elslo, Herman-
71US advocatus coloniensis, Hermannus do Alvetre marscalcus,
Theodoricus de Munenschusen dapifer, Bruno pincerna, Gode-
fridus camerarius, Peregriuus notarius Acta sunt anno
dominice incarnationis M. CG. XVII. Dalum Colonie per manum
Godefridi cappellarii 2° non novembris. » — Tome I.
25 février 1275 (1276). — Marguerite, abbesse de Hercken-
rode, et Ermengarde, abbesse de Borcelle, font un échange des
dîmes de certaines pièces de terres situées sur les limites
d'Othée et de Rutlen. — Tome I.
1354. — Sentence arbitrale de l'official de Liège touchant
les dîmes de certaines terres, de certains enclos (curtes), de
certains jardins et de certains prés, situés à Othée que les pos-
sesseurs de ces biens refusaient de payer. — Tome I.
Papenkele.
1220. — A., prévôt d'Eyck, et tout le chapitre de cette église
consentent à ce que Gilles de Papenkele donne ii l'abbaye de
Herckenrode douze bonniers de terre, six bonniers de forêt,
situés il Papenkele et la dîme de cet endroit, qu'il tenait en
fief du dit prévôt, mais sous la condition que l'abbaye constituera
un homme qui fera hommage au prévôt de ces biens et qu'elle
payeraune rente annuellede six deniers au chapitredu chef des
dîmes. — Tome 1.
Rieinpts.
6 mai 1506. — Acte de la cour censale que le commandeur
du Vieux-Joncs possède ii Riempts. Jugement [clerniss) tou-
chant quelques cormèdes (kueren) sur cinq bonniers de terre
exigés par le grand commandeur. La cour décide qu'il n'est
point prouvé que ces cinq bonniers doivent, outre le cens
69
du seigneur (grondceyns), quelques keuren; « ouch enis ons niet
kundiche dat eenighe platlanden die niet geloicken noch beslo-
ten en syn, noch ouch geweest, dat sy eenighe kuer sculdich
syn in deser lant art. » Les registres du commandeur montrent
que la kuer est hypothéquée sur « eenen hoff ende niet op eenige
landen. » - Tome II, fol. 200.
Rummen.
28 juin 1439. — Acte de la cour censale de Catherine de Mon-
tenackeu, abbesse d'Orienten. Henri de Steyvorde , man van
wapenen, fils de feu Guillaume de Steyvorde, m.ân vanwapenen,
et Marie de Rummen, reconnaissent devoir une rente à Herc-
kenrode. Guillaume Cannarts était mambour de l'abbaye. La
cour n'ayant pas de sceau, les mayeur et échevins « der hoger
heerleecheyt van Rumpnen » y appendent le leur. — Tome II,
fol. 4.
4 juin 1479. — Acte de la cour censale d'Elisabeth de Stee-
vort, abbesse d'Orienten. Constitution d'une rente en faveur
de Herckenrode. « Scoutet en schepenen der Loenscher banck
van Rumpnen » appendent leur sceau. — Tome II, fol. 5.
s. Xrond.
Dec. 1257. — Acte de la cour des échevins de S. Trond.
« Universis tam presentibus quam futuris presentem paginam
inspecturis. Egidius miles, Egidius de Serkingen, Wilhelmus
camerarius, Waltherus de lapidea domo, Waltherus filius Er-
mingardis, Jordanus dictus Scoffel, Rubinus dives, Rubinus
Proit, Olverus, Waltgerus, Hugo de Berle, Henricus de Fora et
Johannes Puer scabini sancti Trudonis.... quod, cum abbatissa
et conventus de Herckenrode ordinis cisterciensis ex una parte
et Christianus filius Beatricis ex altéra super quodam manso
terre qui dicitur mansus de Nishem, cujus medietas spectat ad
jam dictam abbatissam et conventum de Herckenrode et alia
— 70 --
medietas ad Christianum memoratuni , de juribus in quibus
idem mansus tenetur, multis temporibus litigassent, tandem in
judicio coi'am nobis et mansioiiariis dicti mansi constituti et
sententiam super dicta liligatione cum instantia postulantes,
noset jam dicti mansionarii sententiando pronuntiavimus quod
dicta abbatissa et conventus loci memorati tenerentur abbati et
conventui monasterii sancti Trudonis de munilore (?)pi'ovidere,
et quod dictus Christianus de reliqua parte sibi contingente
universajura que dictus mansus débet, excepto munitore (?)
solvere teneretur. Ceterum sciendum quod post multa tempora
predictus Cbristiamus predicta sententia non contentus t'ecit
predictam abbatissam et conventum coram judice, nobis et
predictis in jus vocari et nostram sententiam et predictorum
mansionariorum cum instantia postulavit. Nos et mansionarii
infra notati dictam sententiam confirmavimus quasi rite latam.
In cujus rei testimonium presentem paginam sigillorum nostro-
rum munimine duximus roborandam. Huic ultime confirmation!
jam dicte sententie interfuerunt Thomas û'icius Levendere, Johan-
nes pistor, Adam filius Hersen, Jordanus Heclmic, Ilenriciis
fdius domini Domissiam militis, Walterus de Staplen et Ren-
boldus cum Pungno, mansionarii dicti mansi. Hujus rei testes
sunt dominus Jacobiis prepositus sancti Trudonis, dominus
Amiens custos ejusdem loci, dominus Henricus de Veldeke,
domiims Uermanus de Brustemio et dominus Reunerns de Ride
milites et alii quamplures. Actum et dalum anno Domini
M. ce. LVII feria sexta post festum béate Lucie. » — Tome II,
fol. 40.
Février 1302. — Guillaume, curé de Wilré, fait une donation
à l'abbaye. —Tome lï, fol. 41.
Dec. 130Ô. — Acte de la cour censale de Udelenbcrghe, près
de S. Trond, concernant un bonnier de terre silué près de
Straten, près de l'arbre dit Haeghdoern. — Tome II, loi. 39.
9 août 1315. — Charte de Marguerite dite abbesse. Elle
donne en emphytéosc à Werner Eckele de S. Trond, huit bon-
_ 71 —
niers et demi situés à Sladeu el ressorlissaïUs à la cour du pré-
vôt de S. Trond k Staleii pour une rente annuelle de vingt
muids de seigle. L'acte est confirmé par Jacques, abbé d'Aine,
donné comme visiteur à l'abbaye par l'abbé de Clairvaux.
— Tome II, fol. 38.
24 juin 1320. — Acte notarié par lequel Arnold d'Eckele,tîls du
précédent, etLutgarde son épouse, sont mis en possession de
ces bonniers. Cité Henri de Halmale, chevalier, mambour de
Lutgarde, pour les biens dotaux de celle-ci; sont citées la cour
« proBpositi monasterii S. Trudonis in villa de Staden (judex et
scabinii; » la cour censale que la collégiale de S. Barthe-
lemi possède à Staden (judex et mansionarii) ; la cour censale
ûe Martin deAelste h Aelste. Témoins : Jean, doyen du concile
de S. Trond, Werner cuvé un Mettecoven, Arnold curé de Looz.
— Tome II, fol. 36.
26 juin 1334. — Acte de la cour censale du prévôt de l'ab-
baye de S. Trond. Frisula, religieuse, fille de Lambert le
médecin (phisicus) à S. Trond , lègue une rente. — Tome II,
fol. 45.
6 oct. 1340. — Acte do la cour censale du prévôt de l'ab-
baye de S. Trond. Le père de la religieuse Marie Elkers lègue
à l'abbaye une rente hypothéquée sur une brasserie (braxinam
seu cambam) située sur le ruisseau Hobeke. — Tome II, fol. 44.
10 juil. 1342. — Acte de la cour censale de la chapelle des
clercs de S. Trond louchant une terre située«prope hereditatem
claustri de Beke, hospitalis S. Trudonis. »— Tome II, fol. 43.
7 oct. 1350. — Acte de la cour censale que le prince-évéque
possède à S. Trond. La religieuse Bertede Loveric « pitanciaria »
achète une terre dont le revenu doit être distribué «ad cro-
cum (?) vulgariter dictum sofferaen. >■> — Tome II, fol. 39.
4 mars 1360. Acte de la cour censale du prévôt de l'ab-
baye de S. Trond. Legs d'une rente de cinq gros sur une
maison à S. Trond (mansionem) et une de dix gros « ad curtem
suam sitam in loco dicto Caudenberch iii parochia béate
— 7-2 —
Catherine (ferme). » Ces deux biens sont aussi appelés curies.
— Tome II, fol. 40.
2juil. 1433. — Acte de la cour censale des révérends mes-
sieurs Van Beckevoert à Duncgbe. — Tome II, fol. 40.
25 janv. 1480. — Acte de la cour censale de l'abbaye de
S. Trond située à Borlo. Est cité joncker Vastrarts van Verssen.
— Tome II, fol. 43.
25 sprokille 1488. — Acte de la cour censale que Diericz,
commandeur de la commanderie de Bemissem, possède k Mielen
boven Aelst. Les tenants de cette cour appelés scepenen.
12 juin 1510. — Acte de la cour censale appelée Van Weser-
maïe située à S. Trond. — Tome II, fol. 46,
16 nov. 1545. — Acte de la cour des écbevins et acte de la
cour censale du prince-évêque à S. Trond. Guillaume Van
Hinnisdael et son épouse Christine Van Heelen vendent leur
maison située à S. Trond à l'abbesse de Herckenrode (Malhilde
De Lexhy)pour la somme de 1600 florins du Rhin. Ils reçoivent
la maison en location pour leur vie , et assignent comme
hypothèque du loyer annuel dix-neuf bonniers situés à Vecht-
mael. Acte de la cour censale de S. Martin à Liège, située à
Vechtmael et de la cour censale de Herman van Hinnisdael à
Vechtmael.
Cette maison devint le refuge de l'abbaye à S. Trond.
Sassenbroeck ( sous Brouckotn ).
Avril 1303. — Acte de la cour censale de Sassenbroech.
(/.ConoynSy dominus curie de Sassenbruc, Lambertus dictus
Lempen, Arnoldus, Walterus de Bruchym et Hubertus ceteri-
que scabini curie predicte de Sassenbruc. » Henri de Halmale,
chevalier et son épouse Elisabeth, sœur d'Eustache « domini
curie de Sassenbruc», ayant succédé dans l'héritage de celui-ci
obtinrent de Jean, comte de Looz (1273-127U), que les sept
bonniers de tiefs lossains compris dans l'héritage, pussent être
73
convertis eu terres ceusales devant les tenants de la cour
censale de Sassenbruc pour payer les dettes d'Eustache; ce
qu'ils ont fait. Ils ont vendu ensuite cinq de ces bonniers deve-
nus censaux à Elbert chanoine de S. Jean à Liège, bonniers qui
restaient chargés d'une rente d'un denier par bonnier à payer
à la cour censale de Sassenbruc. Elbert a possédé ces cinq
bonniers pendant vingt ans et les a vendus ensuite, le 13 mai
1297, à la pitance de Horckenrode qui en a été investie «per
mansionarios dicti Conoyni domini curie de Sassenbruc, » sauf
la rente du denier à payer. Acte scellé du sceau des échevins
« libertatis ville Lossensis. » — Tome II, fol. 150.
19 oct. 1303. — Charte de l'abbesse Marguerite de Steyne. La
pitance a acheté deux bonniers de terre situés à Sassenbroeck
et mouvants de la cour de Conon de Sassenbruc, où une rente
d'un denier par bonnier doit être payée. Ce Conon a vendu ces
deux bonniers pour 32 marcs et douze solidi. — Tome II,
fol. 151.
Le jour du S. Sacrement (10 juin) 1311. — Acte de la cour
allodiale de Looz. « Judex et jurati homines allodiales nobilis
viri et potentis domini comitis Lossensis sub quadam
tilia atrii ecclesie Lossensis ubi de allodio existente in dominio
dicti nobilis viri domini comitis communiter et consuete trac-
tari solet et judicari. Conon de Sassenbruc et son épouse
Elisabeth de Mombeeck ( ? ) vendent à l'abbaye quatre bonniers
de terres allodiales ressortissants h cette cour. La cour en
investit le mambour de l'abbaye « cum cutello, cespite et viridi
ramo. » Elisabeth, épouse de Conon, jure qu'elle avait hérité
ces biens de son propre frère Reinier dit Tackarts. La cour
n'ayant pas de sceau, la cour « libertatis ville Lossensis » y
append le sien. — Tome II, fol. 150.
In die sanctissimi Sacramenti (10 juin ) 1311. — Acte de la
cour allodiale de Looz touchant la vente des quatre bonniers.
Conon de Sassenbrock s'oblige à maintenir l'abbaye dans la
paisible possession de ces bonniers pendant une année et plus
74
« sine recussione cujuslibet propifiquioris iieredis. » Il donne à
l'abbaye comme légales ficlejussores son frère Henri de Sassen-
broecli, ses fils Jean et Guillaume, et Arnold fils de feu Reinier
Tackart de Hex. L'abbaye payera à Conon six livres et la
valeur de sept muids de seigle d'après le prix du marché au l*^'"
octobre. —Tome II, fol. 2l8.
La fête du S. Sacrement n'était pas encore une fête obliga-
toire pour le peuple, car, sinon, les tribunaux n'auraient pas pu
siéger ce jour.
:28 janv. 1330 (1331). — Acte de la cour censale de Reynier de
Sassenbroech située à Sassenbroeck. ajohannes filius quondam
Clenoic de Niel sancti Servatii juxta Los vice-judex ad infras-
cripta a viro dis^irelo et boneslo Beyuero clerico filio quondam
Cononis de Sassenbruc in parocliia de Bruchym armigeri depu-
latus, Wiihelmus diclus de Enhelborne, iohawnes dlcius Piet,
Johannes Priissene et Paulus de Bruchym mansionnrii et sca-
bini curie de Sassenbruch speciâiUis ad Reynerum supradictum.»
Reynier de Sassenbruch vend à l'abbaye une rente de deux
solidi et assigne comme hypothèque des biens mouvants de
cette cour. Sont cités Marie veuve de Ilerman de Sassenbruch,
Thomas fils de Hubert de Sassenbruch, .Marguerite veuve de
Raso de Sassenbruch, dCinciiVÀUl lous à Sassenbruch. L'acte est
scellé du sceau de la cour de juslice deLuoz « viUicus etscabini
libertatis ville Lossensis. » — Tome II, fol. 148.
24 janv. 1334 (1333). — Acte de la même cour censale.
« 7t>/<fl/H?^s dictus de Sassenbruc inscisor pannorum frater natura-
lis Reyneri de Sassenbruch clerici judex.... scabini dicti Keyneri
in Sassenbruc. » Reinier de Sassenbroeck vend h l'abbaye une
rente de deux solidi , et assigne comme hypothèque des biens
mouvants de cette cour. Est cité Hem i de Jlalmale, écuyer,
décédé. — Tome II, fol. 149.
11 août 1338. — Charte de Thierry, comte de Looz et de
Chiiiy, seigneur de Heinsbergli et de Blankenbergh. Reynier
de Sassenbroeck, clerc, a vendu à l'abbaye une rente de six muids
^ 7o -
de seigle, hypolliéquée sur des biens féodaux possédés par
Reynier et mouvants de la cour du château de Duras dont
Thierry était seigneur. Thierry a autorisé l'hypothèque « per
monitionem nostram, dit-il, et sententiam pariter et sequelam
hominuni nostrorum; » il investit la pitance de ces biens féodaux
c( osculo et fidelitatis promisso acceteris solemnitatibus, «mais
Reynier en conserve l'usufruit ; les biens sont la maison de
Reinier à Sassenbroeck avec ses fossés, excepté le moulinet
son enclos, etc. Sont cités Guillaume de Manshoven écuyer,
Eustache de Sassenbroeck prêtre, Marie fille de Herman de Sas-
senbroecJi décédé, Baso de Sassenbroeck décédé. Sont présents à
l'acte Johannes dictus der Code de Curinghen, Henricus de
Vegen, scuUetus noster in Curinghen, Johannes de Snaggendale
Johannes de Schalbruc ei Johannes tilsd'Elisabetli «et quamplu-
res alii fide digni homines noslri féodales.» — TomeIl,fol. 147.
SchalkoA'en.
1269, — Charte de Guillaume, chevalier de Hamale, seigneur
ô'EldeiYU. Walterus de Hère, chevalier, dapifer du comte de
Looz, vend à l'abbaye vingt-trois bonniers de terre féod île
situés à Schalkoven, avec le consentement de son épouse
Marie qui les avait reçus en dot et qui avait pourmambour son
propre frère Renier chevalier; celui-ci étant mort, elle choisit
son mari pour mambour. Les hommes féodaux de Guillaume
mettent l'abbaye en possession de ces biens qui seront chargés
d'une rente de trois solidi à payer à Guillaume; un frère
convers de l'abbaye en fera le relief et payera trois solidi pour
chaque relief. Arnoul, comte de Looz, de qui ces biens féo-
daux provenaient, approuve la vente. « Nomina hominum qui
predictis interfuerunt hec sunt : Gilbertus de Herne villicus,
Macharius et Henricus fratres ejus, Henricus de Scalckoven,
Hermanus tîlius Engrani, Gerardus Buffart de Scalckoven; item
scabini de Schalchoven , Waltgerus , Gerardus, Larnbertus,
— 76 -
Peregrinus, Nidkinus,ArnoIdus; item Scabini de Herne Herma-
nus, Macharius, Johannes, Wilhelmus et Walterus ; item Arnol-
dus villicus de Vlidermale, Ludovicus, Henricus et Henricus^
scabini. — Tome II, fol. 9.
25 mai 1284. — Giiarte di'Arnoul, comte de Looz. Jean de
Hamale, seigneur de Schalckoven et de Herne; vend à l'abbaye
dix bonniers de terre situés dans ces deux endroits; il change
ces terres qui étaient des fiefs du comte de Looz, en terres
censales dont l'abbaye lui payera la rente d'un denier par bon-
nier; il se réserve de pouvoir arrêter les malfaiteurs sur ces
terres comme dans le reste de sa seigneurie. — Tome II, fol. 8.
42 mars 1312 (1313). — Charte de Guillaume de Hamale,
chevalier, seigneur d'Elderen. L'abbaye a acheté quelques
pièces de terre situées dans ses seigneuries de Herne et de
Schalkoven, dont elle lui payera une rente de deux deniers par
bonnier, mais non la taille appelée communément bede. Son
épouse Catherine, fille du chevalier Gilles de Mulken, y consent.
— Tome II, fol. 8.
Sclioenbeeck. (sous Bilsen).
Janv. 1332 (1333). — Charte de l'abbesse Marguerite de
Steyne. Jean de Herden de Scoenbeek et Elisabeth sa femme
donnent à l'abbaye cinq bonniers de terre situés à Schoenbeek
qu'ils tenaient en fief de Daniel de Scoenbeke écuyer. L'abbaye
admet les donateurs en communauté de prières et de mérites,
leur donne un logement près de sa ferme h Caluhese et d'au-
tres avantages. Témoins /mn, curé de Hasselt, et .4r»o/(/, curé
de Looz. — Tome II, fol. 48.
6 mars 1521. — Acte de la cour censale que Herckenrode
possède au Vieux-Joncs. — Tome II, fol. 48.
ISpnlbeek.
11 oct. 1336. — Acte de la cour des échevins de Donck, sei-
— 77 -
gneurie de l'abbaye de S. -T rond : « Judocus dictus Willems de
Halen judex, Nicolaus Piscator, Lambertus Bole,Renevus diclus
Iluveiie ei 5 ohannes de Lummeîie scabini.» Réalisation d'une rente
due par Aleyde, fille de feu Renier d'Audenhoven, hypothéquée
sur des pièces de terre situées à Audenhoven «subdominio et in
terra domini Arnoldi deArdinghen militis. «Lemambour d'Aleyde
est Renier fils de Symon de Audenhoven. La cour n'ayant pas de
sceau, Arnold d'Ardinghen scelle l'acte. — Tome II, fol. 57.
19 avril 1364. — Acte notarié. Constitution d'une rente en
faveur de la religieuse Alverarde de Marke, réalisée devant la
cour des échevins de Spalbeek. Les biens qui en sont hypothé-
qués, i^essortent à la cour de Spalbeek et sont chargés d'une
rente en faveur «domicelle de Oerdinghen.^^ — Tome II, fol. 51.
iSteyne.
1220. — ^erman de Elslo donne à l'abbaye de Herckenrode le
tiers des dîmes de Steyne qu'il tenait en fief de Thierri de Heins-
berge.a Testes autem hujus rei sunt Conrardus de Huhertingen,
Godefridus de Lewis viri nobiles, Robertus de Corsiuerme, Lam-
bertus castellanus de Brustemio. » — Tome I.
1220. — Thierri de Heinsberge confirme la donation faite par
Herman de Elslo. «Hi sunt testes hujus rei : domina Ada comitissa
de Los et domina Y. de Heinsberge, Giselbertus canonicus S^'
Lamberti in Leodio, frater Giselbertus cellerarius in Heinsberge,
^^irfmsecclesiaslicus, Reynerus de Milne, Alardus de ffanekesdal,
Adam de Volkerode. — Tome I. Wolters, page 73.
16 mnrs 1246 (1247). — Des contestations s'étant élevées entre
l'abbesse de Herckenrode et Arnold, seigneur de Steyne, au sujet
des limites de leurs dîmes de Steynerde, d'un legs de Guillaume
burgensis et de sa fille (domus, curtis et sex bonaria lerroe), des
dîmes du foin et des terres novales de Gerdingen, les arbitres
choisis de commun accord, G. doyen de Maestricht, frère E.
gardien de Maestricht , H. de Los chapelain de Herckenrode,
— 78 —
fixent les limites des dîmes de Steynerde, déclarent que la dîme
du foin cl des terres novales de Gerdiugeu n'appartient pas
ù l'abbaye, et adjugent à celle-ci le legs de Guillaume« ita tamen
quod curie de Steynude ubi sunt censualia jus per oninia con-
servetur illesum. » — Tome I.
1272. — Henri, évêque de Liège, confirme à l'abbaye de Herc-
kenrodc l'acquisition des dîmes de Steyne, de Sidre, de Jloren-
hayi aldePenveysAi Dalum anno Domini M. CG. LXXII. » — Tome
I, fol. 8.
Steevort.
Mai 1265. — Arnold, comte de Looz et de Chiny, a donné
toute la dîme de Steevort à fabbaye de Herckenrode pour la
somme de mille cinq cents marcs Liégeois dont il a employé
nulle marcs à dégrever sa propriété de llerdine qu'il avait
assignée en dot à sa fille Aleyde pour son mariage avec le che-
valier ï7/îé?/r;/, seigneur de Valckenburcli: «de pecunia predicta
reposuimus mille marcas Leodienscs pro redemptioiie et acquit-
tatione hereditalis nostre, videlicet ville de Herdine cum suis
atlinentiis quatn assignaveramus nobili viro domino Theodorko
militi domino de Valkenburcli in doiein cumfilia nosivù Aleyde. ..))
— Tome 1, fol. 102.
8 mars 1264 (1265). — Gliarte de Henri, évêque de Liège.
Arnold, comte de Looz et de Chiny, donne à r.d)l»aye de Herc-
Kcin'ude les dîmes novales (des terres nouvellement mises en
culture) do Slcvort et reçoit une somme d'argent de fabbesse.
Etaient présents Arnold comte de Looz, son épouse Jeanne, son
fils aîné Jean, fabbesse Jatte avec quelques religieuses, le
frère Walter avec quelques autres Itères convers, Guillaume
abbé de S. Trond, Jean dit /// Ardinois , licinier seigneur
iïErkcnlel (ArgentealJ, Jlenri de Pietersheini, Gdles de Waliart,
Pierre seigneur de Jlubines hommes nobles, Walter de Lude,
Fastrad de Ferme mnréclial de févéque, C.odemd û'Elderen,
— 79 —
Walter de Heers dapifer du comte de Looz. « Actum in palalio
Leodiensi anno Domini M. CC. LXIIII meiise martio dominica
qua cantatur ociili met. » — Tome I, fol. 100. Woliers, p. 82.
14 février 1265 (1266). — Charte de Jean fils aîné d'Arnold
comte de Looz. Jean fils de Libert de Langdries chevalier, a
vendu à l'abbaye vingt-neuf bonniers de terre situés à Steen-
vort qu'il tenait en ûef ûe Guillaume de Wickerode, biens qui
faisaient partie du fief de Duras et qui à ce titre descendaient
des comtes de Looz ; ces vingt-neuf bonniers resteront char-
gés d'une rente annuelle d'un denier par bonnier au profit de
Jean de Langdries. Témoins : Lennaldus de Jardino, Ainelius
chevaliers, Gérard de Cambiis échevin de Liège, Raes de
Scoenwinkel, Guillaume frère de Jean de Langdries. « Datum et
actum anno Domini M. CC. LXV dominica qua canlatur myo-
cabit. » — Tome I, fol. 101.
23 mars 1352. — Acte notarié passé en la présence de la
cour des échevins de Stevoort et do la cour censale de Martin
de Los chevalier à Stevoort. Les mayeur et échevins de la pre-
mière sont : « Reynerus de Palude villicus, Johannes dictus de
Gustinglien, Wilhelmus de Telst, Willielmus de Horpale, Williel-
mus de Huff'elt et Libertus dictus Greyten scabini ville de Stey-
vorde. » Le chef de la cour censale s'appelle jiidex et les
membres mansionarii . La religieuse Elisabeth de Papenbruyc
« vinaria » donne en emphytéose trois bonniers de terre mouvants
delà cour des échevins à Henri Chrétien dit de Wambeke, qui
assigne comme hypothèque du fermage annuel une pièce de
terre mouvant de la cour censale, et en investit l'abbaye devant
cette cour. L'abbaye était représentée à l'acte par un mam-
bour. —Tome II, fol. 18.
21 avril 1357. — Acte notarié de rente héréditaire. Sont citées
les cours censales de Gérard deLoxbergli eide Jeande Mommade,
toutes deux situées à Stevort. — Tome II, fol. 24.
8 février laeo. — «Johannes dictus de Aelst judex, Arnoldus
dictus deScoen/o,Giselbertus dictus Scopen, 5 oh?nmes deQnercu
80
diclus de Corpt , Arnoldus de Rode, scabini curie domini
Jolianiiis de Halebeke militis. »Constilulion,en faveur de la reli-
gieuse Marie de Liège, d'une rente iiypothéquëe sur un bien
ressortissant à cette cour. — Tome II, loi. 28.
14 juin 1367. — Acte de la cour extérieure des échevins de Sley-
vort du comte de Looz. Constitution d'une rente en faveur de
la religieuse Eva, fille de Jean Beerthonets , échevin d'Aix. Sont
cités Louis deLude chevalier décédé, el Arnold de Steyvorde che-
valier. —Tome II, fol. 28.
1377. — Walter Bunlinx curé de Steevort déclare que Cathe-
rine Beckers et Odilia sa fille ont reconnu devant lui devoir à
l'abbaye une rentededeuxflorinshypothéquée sur deux maisons
et trois enclos situés près de la propriété de Guillaume de Stey-
vorde chevalier. — Tome II, fol. 16.
10 fév. 1378. — Acte de la cour extérieure de justice de Ste-
vort. «Johannes Cws^^r scultetus, Libertus Creyten, Renerus de
Scouivenbi-rghe, Arnoldus de Gustiuglien, Arnoldus Van Stapel,
et Wilhelmus Vandenhufjel scabini exteriores juridictionis curie
ville de Steyvorde. » Walter de Tornaco et son épouse Ida
vendent ù André de Fracineto (bsnqu\e\\lumbardus) àS.-Trond,
une rente de deux florins et assignent comme hypothèque quatre
bonniers de terre qui doivent payer à cette cour une rente de
seize deniers en faveur d'Arnold de Steyvorde chevalier. — Tome
II, fol. 190.
20 nov. 1380. — Acte de la cour des échevins de Stevort
(JLidex et scabini). Constitution d'une rente en faveur de la reli-
gieuse Ida de Louvinn, rente hypothéquée sur une terre censale
de trois bonniers ressortissantà cette cour (movens coram nobis
in curia domini Comitis) et chargée d'une rente de dix deniers.
La cour n'ayant pas de sceau prie la cour intérieure de Wustherk
d'y apposer le sien. — Tome II, fol. 21.
)4 mai 1458. — Acte de la cour des échevins de Steyvorde.
Constitution d'une rente en faveur de l'abbesse Catheri7ie Va7i
Scoenbeke pour l'office des vigiles (vigilie ambachl). Le débiteur
- 81 -
de la rente l'a déposée entre les mains du mayeur en faveur de
l'abbesse « opgedragen en vertegen met monde et met halme
ewech te werpen»; le mayeur en a investi le mambour (gicht-
dreger) de l'abbesse (gegicht en gegoet). — Tome II, fol. 19.
18 juin 1471. — Acte delà cour censale de Joeck, située
sous Stevort (meyer ende laete des hoefs van Joeck gelegen
onder die banck van Steyvort). Constitution d'une rente en
faveur de la religieuse Catherine Fan deu Berne, hypothéquée
sur des biens ressortissant à cette cour censale. Le mam-
bour de la religieuse en est mis en possession « gegicht en
gegoet met menisse, vonnisse, banne en vrede en met allen
den rechte dat der hoff te recht steet. » Est cité joncker Oems
van Hamel. — Tome II, fol. 19.
1476. — Le mayeur et les échevins des dorps ende der hnyten
banc van Steyvorde réalisent la constitution d'une rente. —
Tome II, fol. 15.
7 mars 1481. — Acte de la cour des échevins de Steyvort.
Constitution d'une rente en faveur de la religieuse Smols,
« meestersse des gewanthuys vanden wolhuyse des couvents. »
— Tome II, fol. 27.
22 dach van Braymaent 1481. — Acte de la cour des éche-
vins de Stevort. La religieuse Amia van Roelingeii possédant
l'oifice de cellerière (ambacht van wynkelders) diminue le taux
d'une rente due à cet office. — Tome II, fol. 22.
30 oct. 1481. — Acte de la cour censale de Goyer (Joeck)
située à Steyvort et appartenant à joncker yln^/joms van Mo«-
tenaken. Constitution d'une rente en faveur de l'office des
vigiles.
23 mars 1509 — Acte de la cour censale de Stevoort (meyer
en laten des hoeffs van Steyvort). Constitution d'une rente
héréditaire de deux florins de Horn en faveur de la religieuse
« Beatrix van Bardecom vigilimeestersse. » — Tome II, fol. 17.
6
— 82 —
Stockrode.
27 janv. 1860. —Les époux Giselberî et Elisabeth Comnoede
de Stockrode donnorit uno rente de deux florins ii la maison
de travail de l'abbaye (doniiii operarie). — ïome II, fol. 30.
9 lévrier Yàlii.—Jean, évêque de Liège, se trouvant en son
château à Eyclie, Àijnès de Olmen tille de Nicolas de Olmen che-
valiei% Thierry de Donc éouyerson époux, Marguerite de Olmen
sœur d'Agnès, nièces de Jean de Kessel chevalier leur oncle,
relèvent de l'évêque de Liège, comme comte de Looz, par les
mains de leurs manibours Thierry et Jean, leurs biens féodaux
situés sous Stockrode; ils vendent ensuite ces biens à l'ab-
baye. L'évêque-comte approuve la vente, mais sous la condition
que l'abbesse Catherine de Kerckeym consiitue son frère Gode-
froid de Kercheyni écuyer, mambour de ces biens pour en
recevoir l'investiture et on faire le l'clief en son temps; et
qu'après la mort de ce dernier , l'abbesse en constitue un
autre... « Presentibus fidelibus nostris dileclo domino Liberto
Bontour sàvocnio de Horion castellanoque nostro in Stockeym
pro lempore, Adam de Kerckheym miWub 's, Hermanno dïcto
Borgher sculteto nostro de Curingen, Jacobo de Royde, Renero
de Bronlon scabino de Vlidermalle armigeris , Johanne de
Molendino, Arnoldo Fahri, Werico de Scalbriiken scabinis in
Ciiringhen et pluribus aliis hominibusfeodalibusfeudi de Duras.
Datum sub nostri sigilli appensione, anno nativitatis dominice
M. CGC. LXX feria sexia post festum Pniiticationis Béate Marie
Virginis. » — Tome I, fol. 28. — Jean dit Oem, écuyer et séné-
chal de la terni de Eycke, ayant élevé quelques prétentions
sur ces terres h titre de parenté, l'abbaye lui achète ses droits
pour cent florins; Jean de Do)ic chevalier et sénéchal du comte
de Looz, lui transmet cette somme le 7 mars 1371. — Tome I,
fol. 29 v.
9 janv. 1482. — Acte de la cour censale de Wacnrode située
à Stockrode. La religieuse Marie Vandenborch fonde une
— 83 —
messe hebdomadaire à l'autel de Ste-Aniie situé au chœur deâ
sœurs, et la dote d'une rente de deux florins de Rhin hypothé-
quée sur des biens ressortissants à cette cour. — Tome II,
fol. 211.
10 mars 1495. — Acte de la cour censale que la noble dame
Marguerite de Boxmere, dame de Mère, de Spalbeek, etc.,
possède à Stockrode. Constitution d'une rente en faveur de
la religieuse Aleide Spirings, « werckmeestersse. » — Tome II,
fol. 32.
20 août 1533. — Acte de la cour censale de Wanroede située
à Stockrode. -Tome II, fol. 33.
23 janv. 1540. — « Wy her Joris Munters priester pastoer der
kercken van Curingen als hofheere des laethoefs van die hey-
lige maget sinte Gertruytonze patronesse ende.... als geswoe-
ren laeten des persoens voerscreven. » — Constitution d'une
rente. — Tome II, fol. 34.
Xongres.
Fév. 1286 (1287). —Charte de l'abbesse Alitia. Les biens de
Erpels appartenant autrefois à Reykin Erpels et à son fils aîné
Arnold ont été achetés par la pitance au prix de vingt-quatre
marcs liégeois donnés par Aleijdis de Maestricht contre une
rente viagère de quarante soiidi à lui payer au béguinage près
de Maestricht. Les biens étaient quatre bonniers situés près de
Herdene. — Tome II, fol. 60.
Juin 1321. — Des contestations s'élant élevées entre l'abbaye
et les débiteurs de certaines dîmes, l'archidiacre Percheval de
Carreto renvoie les parties au concile de Tongres. Ce concile
réuni sous la présidence de son doyen Henri, au chapitre, dé-
clare qu'il y a obligation de payer la dîme des agneaux, du lin,
du chanvre, de la navette, des abeilles, etc. — Tome II, fol. 59.
6 avril 1439. — Acte de la cour censale que Gilles Reys
possède à Tongres (meyer en laten ende gesworen helders des
— 84 —
ceynshoefs meister Gilis Reys... onsen gronlheer). Le grand
hôpital de S. -Jacques de Tongres doit une rente héréditaire de
deux niuids de seigle à la pitance de l'abbaye. L'hôpital est
représenté par Jean Wessels et Henri Thees iir\\s converse en
bruedere des godshuys sinte Jacobs. » — Tome II, fol. 60.
Xuilt ( sous Curange ).
l!213. — Louis comte de Looz donne à l'abbaye le moulin de
Tuilt, une terre inculte et une forêt. « L n. s. e. i. t. Ludovicus
cornes de Los.... unde notum fieri volumus universis tam
presentibus quam futnrisquod nos sanctimonialium Gistercien-
cis ordinis in Herckenrode honestam conversationem et bonani
vitam considérantes earumque imbecillitati ac necessitati com-
patientes molendinum de Tulthe cum terris lliimosis et incultis
inter Kermete et Herckenrode positis et unum mansionarium,
sylvam quoque que Molendich dicitur et pratum ei adjacens eo
juris tenore quo hec in integrum tenebamus ob remedium
peccatorum nostrorum libère et intègre ipsis in eleemosynam
coutulimus. Hanc veio nostram donationem rationabiliter eis
collatam et ab uxore nostra /Irfa comitissa appiobatam incon-
vulsam et illesam in perpetuum permanere cupientes, scripto
annotari fecimus et ad futurorum certam notitiam sigilli nostri
karactere communivimus.... Hujus autem facti testes sunt :
Willielmus persona de Hasselt, Wilhebnus de Pietersheim, Iler-
mannus (ÏElsJo, Convardus de fM)ertingen; Godefridus de Lewis,
Walterus de Milne, liobertus de Berle, Raso ôeCurtercen, Theo-
doricus Castellanus de Los, Walterus de Berce, Heinricus de
Joec, Roherfus de Corswerme aliique quamplurimi. Acta sunt
hec anno ab incarnatione Domini M. CC. XIIL » — Tome i,
fol. 9 V".
2 janv. 1343. — L'abbaye acquiert le pré dit Asbamt par
voie de permutation. « Nos Theodoricus, conies de Los et de
Chiny, dominus de Ileynsberyli, de Blankenbergh , notum faci-
— 85 —
mus universis presens scriptum inspecturis quod iii preseiilia
domini Everardi de Heynshergh nostri senescalli losseiisis
militis, domini Johannis dicti Haec, WUhelmi de Gelé noslri
sculteli in Blisia, Ilermanni dicti Manshoven sculleti in Mon-
tenacketi, eiFranconis dicti Otte nostrorum fidelium, Wilhelmus
de Kermpte recognovit se dédisse abbatisse et conventui de
Herckenrode Cisterciensis ordinis sua prata dicta Asbamt sita
prope molendinum de Tulte in tribus petiis duo bonaria vel
circiter continentia ex causa mutue permutationis contracte et
inite de dictis pratis ad decimam bonorum dicti Wilhelmi in
Kermpte quam idem Wilhelmus et uxor sua ad vitam suam et
utriusque ipsorum possidebunt. Que quidem prata de nostro
t'eudo movenlia, sicut ipsa predilectus noster predecessor et
avus noster Arnoldus quondam cornes lossensis felicis memorie
olim concessit antedictis abbatisse et conventui. Nos ad roga-
tum antedicti Wilhelmi et Joye ipsius conthoralis légitime,
hereditarie possidenda concessimus per présentes, jure nostro
salvo penitus in premissis. Datum anno Domini M. CGC. XLIII
in crastino circumcisionis Domini. » — Tome I, fol. 9 v°.
24 aoiît 4421. — Acte de la cour censale de l'abbaye située
à Herckenrode. Constitution d'une rente en faveur des reli-
gieuses F^rnigaert et Gruitruyt Van Tzevell. Gérard Van Edel-
bampt, échevin de Vliermael, était mambour de labbaye. —
Tome II, fol. 64.
6 juil. 1504. — « Wy meyeren laten in den hove van Waenroy
ghelegen te Stockrode in der heerlicheit van Voghelzanghe. »
Denis Jaco&s fermier d'Olmen \end un petit pré à foin à l'ou-
vroir de l'abbaye (ambach van der werckmeeslerye) ; Tielen
Sconarts, gichtdreger de l'ouvroir en est investi pour celui-ci,
sous la condition qu'à la mort de ce mambour (gichtdreger en
koerman des erfs) le mayeur ou le propriétaire de la cour
censale (hooflfheer) percevra de l'ouvroir un demi-droit (sal
heffen en bueren eenen halven koer nae des hoeffs recht). —
Tome II, fol. 65.
— 8t> -
Ulbeek.
21 déc. 1522.— Acte de la cour de justice d'Ulbeek. « Geerl
Vandenhoeve scoutetder eerwerdigher kercken encappitele van
onser liever vrouwen van Hoey in bonne banck toi Ulbeek, Jan
Van Duras, Hugo Driesmans , meester Jan Moechs , Lambrecht
Van ScoenbeekJtxs\ii\vVa}iderlinde, Dulphus Vanderlocht en Jan
Kermans •àWen gesvvoi'en scepen der banck voorscreven. «Cons-
titution d'une rente foncière. — Tome II, fol. 117.
Veulen.
Nov. 1384. — Acte de la cour d'Isabelle Gasebeke à Pologne.
«Conrardus Cunnoij villicus H uber tus quonûam cuslos inFollo-
nh,Ecbertus filius Ode, WiUielmiis ûVms Nesen. Wûhelmus filius
.4mid, Franco Gu^/îaw, Robertus tîlius Tlieodorici et Daniel Gos-
whii scabiiii curie domicelle de Gasebeke in FoUonia. » Jean
Guthan vend une rente h l'abbaye et assigne comme hypothèque
des biens ressortissant à cette cour et y payant le cens. Cet
acte mentionne la vinea de FoUonia. Est cité Eiistache de Ghers-
tenlwven, chevalier décédé. — Tome II, fol. 170.
27 mai 1400. — Acte de la cour de justice de Fologne : «Willem
Peters van Vo^len scoutheit, Obrecht Kaerle, Reyner Van Mon-
/mnf, Johan Van Montfrant, Gérard Franken,V^ oniev Gontiers en
Heinric Verheylove7i scepenen tut Voelen. » Constitution d'une
rente au profit de la pitance de l'abbaye. Est cité Abraens Van
Monfrant. — Tome II, fol. 122.
'Villeps ! près d'Othée).
1218. — Les dîmes de Villers appartenaient à plusieurs per-
soriues, savoir : Pierre de Bilrevelt, cliaiioinc di; S. P;iu'i et curé
de Villers, sa sœur Beatrix, Sébastien, époux de celle-ci, Siger
de Bilevelt chevaliers, Arnold de Scorno et son épouse Aleide,
- 87 -
Thieni de Fau, Gérard de Ruchelorl, Gertrude ôeRolliers et son
enfant, Matildis et sa sœur, Hugues fils de Walther de Florines.
Ils donnent la dîme et le patronage de l'église h l'abbaye de
Herckenrode en présence et avec le consentement de Louis
comte de Looz. Hugues de Pierrepont, évêque de Liège, ap-
prouve la donation. Tome I.
Vliermael.
Mars 1310 (1311). —Acte de la cour de Vliermael. « Ghisel-
bertus de Rinuerslwveu, villicus,Gerardus de IIetnsvelt,Uenricus
deHeynsveU,Eei\v\cu'^'. de LiclitveU,...de Fro/o,Lambertus/bres-
tarius et Hei'mannusde UemsveU scabini curie de Vlidermale. »
Gérard, Walter, Guillaume et Léon IVères, fils de Libert de
fhisclw, vendent à l'abbaye une rente annuelle de cinq muids de
seigle et assignent comme hypotlièque cinq bonniers de terre.
Ces cinq bonniers, autrefois féodaux, ont été convertis en cen-
saux par le comte de Looz auquel on payera quatre deniers par
bonnier dans la cour de Vliermael. — Tome II, fol. 164.
Juin 1311. — Charte de l'abbesse Marguerite de Steyne.
L'abbaye a acheté de Walter, fils de Ubert de Buscho, une rente
de quatre muids de sei:;le, à seize livres le muids, hypothéquée
sur cinq bonniers déterre situés à Diepenbeke, près de la ferme
(curiam) de Libert de Buscho, ressortissant h \:\ cour censale
du comte rie Looz, à Vliermnl. — Tome II, fi)l. 68.
^tVaelhoveu.
20 mai 1437. — Acte de la cour censale du seigneur de Wael-
hoven : « Wouter Jan Nods als meyer in der banck en hove des
jonckeren van Waelhoven. » — Tome II, fol. 189.
"Webbeconi.
24 janv. 1445. — Acte de la cour de Webbecom. « Lam-
brecht Van Stapele richter, Jan Bloys, Jan Bollens, Goeswyn
— 88 —
Van den Kerchove, Arnout Vaudenponte, Jan Karys, Leonius
Craiiwels ende Andries de Roeve, scepeneii ons heeren des
abts ende couvents des monsters van sint Truiden in den hof
van Webbecom. » Hugo Dons renonce en faveur de l'abbaye
à tout droit qu'il peut avoir sur la succession de sa tante Ger-
trude Dons morte religieuse à Herckenrode. — Tome II,
fol. 167.
Wellen.
28 janvier 1343 (1314). — Walter de Home d'Alken reconnaît
devant l'official qu'il n'a aucun droit sur une pièce de dix bon-
niers de terre située à Wellen, près des terres de Walter, fils de
Jean Vos de Repe, chevalier. Fait à Herck-S. -Lambert, dans la
maison de Thierri, prêtre de Herck S.-Lambert, en présence de
l'abbesse Marguerite de Steyne, du prêtre Jean de KtJup, moine de
l'abbaye, du frère Jean, magister curie de Herckenrode, du frère
Gislebert cellerarius , du frère Ywan magister de Cuttecoven,
de la religieuse Hadnwide de Wotelinghe, de Jean de Crenbeke,
curé d'Alken. — Tome I.
14 avril 1326. — L'abbesse Marguerite de Steynen et toute la
communauté cèdent à Gérard de Roeselen, de la paroisse de
Wellen, douze bonniers de terre situés à Wellen, contre une
rente annuelle et perpétuelle de onze muids de seigle, lequel
Gérard, comme hypothèque du service annuel de la rente,
assigne quinze verges de terre censale ressortissant à la cour
censale que l'abbesse de Munsterbilsen possède à Wellen.
Témoin ffenri, curé de Rerlingenei doyen du concile de Tongres.
— Tom. l.
24 juillet 1440. — « Wy Kicant Van Eggertingen als onder-
meyer, Gerit Van Scoenbeke, Jan Van Eggertingen, Johannes
Staethen, Levai Troone, Hei-man Van Mettecoven, Gisebrecht
Van Papekelen ende Stas Goeswyns scepenen der banck en des
hogherichts des dorps van Wellen. » L'office de maîtresse des
89
infirmes possède à Roselt sous Wellen vingt bonniers, fief de
l'abbaye de Munsterbilsen ; il les donne en rente perpétuelle de
vingt muids de seigle, et assigne une hypothèque. — Tome II,
fol. 118
20 avril 1439. — Acte de la cour de justice de Wellen « als
hoeff en gerichte. « Les débiteurs d'un rente en défaut de
payement furent cités par le huissier de la cour (gesworen bode)
une première, une seconde, une troisième, une quatrième fois
devant la cour ; n'ayant point comparus, le mambour demanda
à la cour d'être mis en possession de l'hypothèque ; la cour
l'y conduisit et le mit en possession. Les proches parents des
débiteurs arrivèrent et dégagèrent les hypothèques , et en
assignèrent d'autres. — Tome II, fol. 120.
21 mars 1337. — Actes de la cour censale de la fabrique de
l'église de Wezeren et de celle de Guillaume de Niel, chevalier.
Le religieuse Agnès Chabot, de Liège, achète une rente de
deux muids de seigle ad opus benedicU Sacramenti monasterii
ejusdem. Le débiteur assigne comme hypothèque trois pièces
de terre dont deux sont mouvantes de la cour de l'église et la
troisième de la cour de Guillaume de Niel. Sont cités Guillaume
de Orle chevalier, les pauvres de Houtem et Jean de Vilari,
curé de Wezeren. — Tome II, fol. 191.
I^îlderen.
1218. — La dîme deWilre et le patronage de l'église sont don-
nés à l'abbaye de Herckenrode. « Ludovicus Dei gratia comes de
Los... noverint universi tam présentes quam futuri quod décima
de Wilre in diversas partes divisa pluribus personis erat distri-
buta, quarum bec sunt nomina : Petrus de Bilrevelt sancti Pauli
canonicus et ecclesie de Wilre investi tus, soror ejus Beatrix et
— 90 —
vir ipsius Sebastianus, Sigerus de Bilrevelt milites, Arnoldus de
Scoenlo et Aleidis uxor ejus, Theodohcus de Faus, Oerardm de
Rochefort, Gertrudis de Rolliers et puer ejus Matildis et soror
ejus, //M^fo filius TFa/ZerJ de Florins: isti itaque omnes spiritu
pietaiis inducti, de consensu lieredum suorum, singuli pro por-
tionibus suis, predictam decimam cum omnibus appendiciis suis
necnon jus patronalus ecclesie, ob salulem animarum suarum,
dilectis sororibus nostris de Herckenrode libère in eleemo-
synam contulerunt in domini llitgonis Leodiensis episcopi simul
et nostra presentia multorumque aliorum, nobis etiam, et Ada
uxore nostra et fratribus nostris Uenrico et Arnoldo pium pre-
bentibus assensum... Testes bujus rei sunt Willtelmus de Pieter-
sem, Walterus frater ejus, Arnoldus et Hermanuus de ElslOy
Conrardus de Hubertingen, Lamhertus castellanus de Bnistemio,
Jordanus et Reiubaldus castellani de Duras, Robertus de Cors-
werme aliique quamplurimi. Acta sunt hec anno gratie M.CC-
XVIII. »— Tome I, fol. 59.
8 janvier 1221. — 0. de hilrevelt qui avait été présenté pour
l'église de Wilre par le commandeur du Temple et l'abbé de Hei-
lissem (qui pro domo templi et de Helecines), est rejeté par
l'arcbidiacre H.; W., présenté par l'abbesse de Herckenrode,
est admis pour la cure, parce que le droit de patronage appar-
tient à l'abbesse. « Actum anno Domini M.CC.XXl, proximo
sabbato post Epipbaniani. » — Tome I, fol. 59 v''.
5 juin 1247. — Gérard lils de Gérard mayeurde Wilre, donne
tous ses biens ;\ l'abbaye de Herckenrode. « Wilhelmus castel-
lanus de Montenake et uxor ejus Christina salutem et cognoscere
veritatem. Universitati vestre notum facimus quod Gerardus
filius Gerardi villici de Wilris universa bona quecumque erant
in madido et in sicco jacentia, sive que perlinebant ad allodium
vel ad hereditatem aut ad feodum sive edificata sive non edifi-
cata, sicut a nobis illa tenuit, ad opus domus de Herckenrode
libère et in manus nostras reportavit et sicut jus dictabat effes-
tucando renuntiavit ; nos vero ob remedium animarum nostra-
- 91 -
rum et antecessorum uostrorum dicta bona dicti Gerardi, sicut
ea nobis obtulerat, dicte domui de Herckenrode et conventui
libère et integraliter in eleemosynam coiUulimus perpétue
possidendam ; et quum eadem bona a predicto domo et conventu
jure tenueramus feodali et homagio nostro nullatenus carere
voluerunt allodium nostrum quod Uenricus de Grasen a nobis
tenet in feodum, ipsis similiterobtulimus et iterum ab ipsis jure
feodali recepimus. In cujus rei testimonium bas litteras sigillo
domini Arnoldi comitis de Los et de Cfiiny et sigilli nostri appen-
dione roboravimus. Testes autem qui liuic facto et abrenuntia-
tioni predictorum bonorum interfuerunt, sunt : Uenricus de
VeldeJie dapifer comitis de Los, Philippus de Eercke, Robertus
miles de lïeres, WaUerus frater ejus, Libbertus de Gyppelgey
milites, scabini de Montenacken, scabini de WUris et scabini de
Bilrevelt, domina abbatissa domus predicte, frater Hubertus
cellerarius, frater Baldidnus de Leiuis, frater Johaimes de Fris-
dorpt, frater IJugo de Hères et frater Wilhelmus magister de
Caslar et alii quamplures. Datum et actum anno Domini
M.CC.XLVII feriaquarta postdominicam quacantatur/acfMsesf.»
— Tome I, fol. 58.
29 mai 1292. — Dîme d'une pièce de terre concédée pour une
rente annuelle d'une mesure et demie de seigle. « Soror Alytia
abbatissa, totusque conventus de Herckenrode, frater Reynerus
dictusde VUeyr commendator domus templi in partibus Almanie,
et Wilhelmus investitus ecclesie de Wilre prope sanctum Tru-
donem salutem et cognoscere veritatem. Tenore presentium
litterarum protestamur quod nos unanimi consensu Egidio dicto
Dorpe de Score ad annuum trecensum bereditarie decimam
annuatim provenientem de octo virgatis terre arabilis sitis apud
Score prope curiam dicti Egidii tradidimus seu contulimus, que
qûidem décima ad nos seu ad nostra monasteria dignoscitur
pertinere pleno jure, singulis annis pro uno vase cum dimidio
siliginis..,. Datum et actum anno Domini M.CC nonagesimo
92
secundo, feria quinta post festum Pentecosles. » - Tome I,
fol. 58 v°.
!«■■ février 1426. — Bauwen van Halmale mayeur de la cour
de Wilre, Guillaume Goddius et Herman Gontram échevins de
cette cour, déclarent qu'une rente d'un muid de seigle grève une
pièce de deux bonniers située à Wilre. — Tome I, fol. 58.
I^interslioven.
Mai 1232. — Guillaume de Wintershoveti donne à l'abbaye les
dîmes de Wintershoven ; Thierry iVAltena de qui il les tenait
en tief, approuve la donation. « Ego Tlieodoricus dominus de
Aliéna notum facio omnibus hoc scriptum inspicientibus quod
Wilhelmus de Wintershoven decimam quam ibidem a me in feodo
tenebat in manus meas ad opus conventus de Herckenrode
resignavit; ego vero pietatis intuitu eamdem decimam sub tes-
timonio Jacobi plebani de Cortersem, Godefridi castellani de
Colmont, Lennalli fratris sui, Roberti advocati de Opheer, Bal-
duini militis de Cortersem et aliorum predicto conventui contuli
allodialiter jure perpetuo libère possidendam, quod ut ratum
sit et certum.... Actum anno incarn. Dom. M. CC. XXXII, mense
maio. »— Tome I, fol. 53.
1232. —Jean, évêque de Liège, confirme la donation qui pré-
cède. — Ibidem.
25 avril 1264. — Guillaume, seigneur dH Aliéna, et son épouse
Helewidis ont donné à l'abbaye 'le Herckenrode trente bonniers
situés sous Cortessem, une rente de cinq muids (moitié de seigle,
moitié d'orge) et une ferme (curtis) située à Schoenwinkel, dont
les revenus seront distribués aux pauvres à la porte de l'abbaye.
Ces biens qui étaient des fiefs, sont convertis par Arnold, comte
de Looz et de Chiny, en alleux. Témoins : Guillaume abbé de
S. Trond, Jean fils aiiié du comte, chevalier, Henri seigneur de
Veldeke , iMmbert ciianoine de Looz. — Tome I , fol. 51 ;
tome II, fol. 170. Wolters, p. 81.
— 93 —
28 février 1264 (1265), — Baso de Scoenwinckel donne à
l'abbaye de Herckenrode treize bonniers situés à Wintershoven.
Guillaume chevalier dit de Dessener, de qui il les tenait en fief,
les change en alleux en faveur de l'abbaye. ^rnoM, comte de
Los et de Chiny, l'atteste et le confirme... « Datum anno Domini
M. ce. LXIV sabbato post festum beati Mathie apostoli. » —
Tome I, fol. 53.
15 mai 1278. — Le frère Nicolas, commandeur de la maison
teutonique dans la basse Allemagne, autorise Raso de Scoen-
winkel chevalier, son familiaris, h donner à l'abbaye de Her-
ckenrode quinze bonniers et un demi de terre allodiale appar-
tenant à lui, Raso , dont neuf situés à Herten, quatre à Wid-
dingen, deux et un demi à Hendriken et quatre à Wintershoven ;
il l'autorise en outre à s'en dessaisir (exheredare) devant les
cours et les hommes dont ils sont mouvants. Renier, frère
convers et procureur de l'abbaye, et Raso de Scoenwinkel se
rendent à Liège devant la cour allodiale, le 4 août 1278; Raso
se dessaisit des biens devant la cour entre les mains de Jean de
Afiegh, échevin de Liège, en faveur de Reinier qui en reçoit la
possession et l'investiture. Les hommes allodiaux sont Jean de
A7iegh, Pierre dit Boveas, Gilles de Neuvice (novo vico), Jean
Godons, Gilles Cramadars, Henri Pollarde, Louis Surelet, Gode-
froid dit Del Faukon, échevins de Liège, Louis de PiUechuelle,
Lambert de Fassa, Gérard Pipeles, citoyens de Liège. —
Tome I, fol. 51 v".
1284. — L'abbesse Alitia déclare que le frère convers Rutger
a acheté pour la pitance six bonniers de terre situés à Winters-
hoven, «descendentia adominodeHorne, ))à Henri dit de Lude.
— Tome II, fol. 121.
4 sept. 1298. — Sybilia et Helwidis sœurs, filles de Robin de
Scoenwinkel, déclarent n'avoir aucun droit sur les trois bonniers
de terre situés à Comune qui appartenaient autrefois à Raso de
Scoenwinkel, et qui sont devenus la légitime propriété de
l'abbaye de Herckenrode. Elles font cette déclaration devant
- 94 —
Guillaume, chiino'ine de Tongres, « provisor et judex curie begghi-
narum S. Catharine in Tiingris, » Guillaume, recteur du bégui-
nage, et ^«f/mmus, chapelain... « Datum anno Domini M.CC
nonagesimo octavoferia quinta postEgidii.» — Tome I,fol. 52 v".
10 nov. 1368. — [lenri de Giiygoven, seigneur de Winters-
Iwven, prétendait avoir droit à des corvées et à des subsides de
la part des habitants de la ferme de Scoenwinckel, à savoir,
((quod,''um etquoties idem Henricus et sui successores domini
dicte ville de Wintershoven ad exercitum seu expeditionem ar-
morumaliquamproticiscerenlur aut proficisci deberent, quod ex
tune ipsa curia seu in ea degentes cum curru et equis ac fami-
liaribus ad ipsum currum sufficientibus ipsum Henricum ad
hujusmodi exercitum sequi tenerentur suaque necessaria et
ustensilia pro hujusmodi expeditione vehere, necnon eidem
boves, vaccas, mutones et alia animalia comestibilia, hujusmodi
exercitu durante, sibi sufficienter administrare, quodque posset
in eventu predicto currum hujusmodi cum equis et animalibus
supradictis autoritate propria capere in curte antedicta ; item
quod in aliis quibuscumque negociis suis privatis, etiam ces-
santibus exercitu et expeditione prediclis, eadem curtis seu
degentes in ea tenerentur sibi unum equum aptum accomodare
ac ministrare ad destinnndum pro ipso et per ipsum unum de
familia sua hue et illuc in negociis suis privatis quibuscumque
toties quoties sibi visum fuerit expedire, quodque Imjusmodi
equum posset capere propria sua auctoritate, ut premittilur, in
curia seu curte antedicta ; item quod quando et quotiescumque
novus hères in dicto dominio de Wintershoven succedet aut
ipsum dominium translerri vel mutari in aliam personam con-
tingeret, ipsumve dominum de Wintershoven ad militiam seu
nuplias convolare, posset ipse dominus subsidium pecuniarium
seu colectam ipsi curie seu degentibus in eadem indicere ac ab
eisdem percipere et levare, teneanturque ipsi degentes dicto
domino de Wintershoven pro hujusmodi novitate t'esti boves et
oves aliaque animalia comestibilia sufficienter ministrare,
— 9b —
quodque eadem capere posset et accipere autoritate propria ;
item quod ipse Henricus et domini pro tempore predicte ville
de Wintershoven possent cedere et secari facere de ne more ad
dictam curtem pertinente tantum de lignis et arboribus quan-
tum usui suo quotidiano ad comburendum necnon ad fabrican-
dum, dum opus sibi foret, satis sufficeret, necnon alla et diversa
servitutum et subjectionum gênera. » Les parties conviennent
de se soumettre h l'arbitrage de Gérard de Heers chevalier,
Gérard dit Coie écuyer, Arnold seigneur de Mumalia et de Cors-
waremme chevalier, Hugues dit Huiveneal bourgeois de Liège.
Les arbitres prononcent que Henri de Guygoven n'a point les
droits précités, mais que l'abbaye lui payera pour une fois quatre
cents florins d'or. Fait à Liège devant la cour de l'official, en
présence de Guillaume de Ora, doyen de S. -Martin, Adam de
Kerckem chevalier, Alexaudre de Jardina alias de Seranio, Arnold
de Guygoven écuyer et iean fils de Hugues prédit. — Tome I,
fol. 54.
4 janv. 1369. — Jean, évêque de Liège, approuve la sentence
arbitrale dans son palais à Liège ; étaient présents : Thierry
seigneur de Seraing, Gérard seigneur de Heers, Jean de Guchin-
court, Tliierri de Sprolant, Jean de Jonchoult, chevaliers, Fas-
trade de Romershoven, Gérard (ÏEdelbampt, Henri de Vien-
kelheym, Gislebert de Gutzenhoven, « homines nostri comitatus
Lossensis, » Guillaume Bullauwe, abbé séculier de Ciney, Guil-
laume d'Eure, doyen de S. -Martin, Jean de Fa//e chevalier,
Alexandre de Jardiiio « homines féodales nostri episcopatus
Leodiensis. » — Tome I, fol. S6. Wolters p. 89.
6 oct. 1487. — Jean van Betsingen, époux d'Elisabeth van
Spro/a)tf, demeurant à Cleyneïiscoenwinkel, cite l'abbessedeHerc-
kenrode devant la cour de justice de Wintershoven, au sujet
d'un cours d'eau de Lindendriess à Cleynenscoemvinkel. La cour
trace la direction du cours d'eau le 6 octobre 1487, et donne
des lettres de son jugement le 25 septembre 1490. Elle est
composée de ; Mathys van Ans schoutet en schepen, Gonraert
— 96 —
Ouwerxs, Lambert Ouwerxs, Gheret Oeben, Herman MemrenSy
Jacob van Oeverboeckel en Willem Montfels als schepenen. •» —
Tomel, fol. 06 v°.
7 mai loOO. — Des contestations s'étant élevées entre
l'abbesse et la communauté de Wintershoven toucliant la répa-
ration de l'église, les deux parties choisissent pour arbitres Gé-
rard Coepmans, curé de Wintershoven, «joncker Henrich Zurlet,
meester Herman Tybouts, drosset Slans van Grevetibroeck scou-
tet der vryheit van Curingen en momboer 's gotdshuys van
Herckenrode, broeder Hubrecht Vandersmissen in der tyt groot-
mester's godshuys voerscreven. « Ces arbitres décident « als dat
die eerwerdige vrouwe abdisse van gracie wegen endeom Gods
wille ende nyet van reeht tôt behulp ende onderhauwinge van
de kercke van Wintershoven gonnen en geven sal eenen jaer-
pacbt vallende sint Andriesmisse neestcomende van de thiende
clcyn ende groot tôt Wintershoven gelegen. — Tome I.
Wimmertingen.
20 août 1250. — L'abbesse cite devant l'offîcial de Liège, le
prieur et le couvent de Wimmertingen pour refus de lui payer
la petite dîme de leur ferme de Henegouwe, à savoir, neuf
agneaux : udicuntabbalissaetconventusde Herckenrode contra
priorem et conventum de Wibertingen quod cum ipse abbatissa
et conventus minutam decimam de curte predictorum prioris et
coiivenlus que Henego appellatur, ratione decimationis sue de
Hasselt perceperunt et in possessione perceptionis ejusdem
décime exsliterint ac in contradictorio judicio coram nobis
domino ofTiciali perceptionem eandem obtinuerint, ipsi tamen
eamdem decimam de hoc auno presenli contra voluntaiem
earumdem retinucriul ac eis eam reddere conlradicunt eas a
possessione sua ejicienles...)) L'official condamne le prieur et le
couvent de Wimmertingen à payer neuf agneaux à l'abbaye pour
97
la petite dîrne de l'année courante. « Daliun anno Doniini M.
ce. L, sabbato post assumplionem béate Virginis. » — Tome 1,
fol. 17.
18 déc. 4252. — Le prieur et le couvent de Webertingen
renoncent à la partie de la dîme de Hasselt qu'ils croyaient leur
appartenir et reconnaissent qu'elle appartient à l'abbaye de
Herckenrode. « Datum feria quarta ante nativitatem Domini
M. ce. LU. )) — Tome 1, fol. 17 v".
IVusttierck.
23 juin 1307. — Acte de la cour censale de S. Amour de
Munsterbilsen, h Wustlierck : « Villicus et scabini sancti Amoris
de Blisia. » La pitance achète une rente de deux muids de
seigle, hypothéquée sur des biens ressortissant à cette cour.
Celle-ci n'ayant pas de sceau, prie l'écoutète et les échevins
ville de Wustherck d'y apposer le leur. — Tome II, fol. 82.
Janv. 1317(1318).— «Johannes de/7oo»t'«, Lambertus de liai-
beke, Everardus de Straten, Johannes dictus der Kale , Wilhel-
mus de Aelst, Johannes dictus Croen, et Walterus fdius Eve-
rardi, scabini exteriores de Wustkercke. » Constitution d'une
rente au profit de la pitance. N'ayant pas de sceau, la cour prie
la cour intérieure ô."}' appendre lésion. —Tome II, fol. 92.
Avril 1319.— ce Walterus Scope armiger dominus fundi, Johan-
nes Robini , Henricus Perman, Johannes de Hoven, Johannes
Brusche et Godefridus de Straten scabini curie sue apud Wust-
kerck. » Achat d'une rente de vingt solidi pour l'entretien de
la lafupe qui pend en l'honneur de S.-Agnès dans l'église de
Herckenrode. — Tome II, fol. 87.
6 janv. 132o (13^26). — Acte de deux cours : de la cour cen-
sale du curé de Wustherck et de la cour censale de Walteri
Scoepen : « Henricus investitus seu rector ecclesie de Wustherck
tamquam dominus fundi, Marcelius Vinitor, Wilhelmus dictus
Zens, Theodoricus dictus Mersnian et Henricus Garselii man-
7
— 98 —
sionarii jam dicti domini investiti. Mattheus rfer Wetuie judex
curie Walieri dicti Scoepen de Widdinghen in villa predicta
scabini dicti Walteri in curia ipsius. » Réalisation d'une con-
stitution de rente. — Tome II, fol. 101.
9 sept. 1330. — Charte à'Abraham de Houpertingen , curé de
Wustherck. — Tome II, fol. 102.
:; juin 1334.— Acte de la cour censale du seigneur de Halbe]^e.
Une religieuse achète une renie hypothéquée sur une terre de
deux bonniers ressortissant à cette cour et payant à celle-ci
quatre deniers par bonnier « pro censu hereditario. » Si le dé-
biteur de la rente ne la paye pas, le mambour de l'abbaye
pourra saisir l'hypothèque, mais « salvis omnibus de dicta terra
de jure vel consuetudine tam domino terre qunm domino fundi
solvendis. » — Tome II, fol. 111.
23 juil. 1334.— « Scultetus et scabini Hbertatis ville de Wust-
hercke. » La sœur converse de Herekenrodo, Elisabeth de
S.-Trond, et la religieuse de Beke Catherine, fille de Walter
Gernout de S.-Trond, sœurs, achètent une rente de douze
mesures de seigle, hypothéquée sur quatre et demi «zillas terre
arabilis jacentis in territorio qui vulgariter dicitur Ghilisbergh
descendentes a curia comitis supradicta et solventes in eadem
curia quinque denarios Leodienses singulis annis pro censu
domini. » — Tome II, fol. 86.
11 août 1334. — Acte de la cour extérieure de justice de
Wustherck : «Henricus de Ev/i^n scultetus, Johannes de Hoven,
Hermanus de Beermeren, Arnoldus Kypart et Arnoldus de EIs-
bruch scabini exteriores ville de Wuslhercke. » Un legs de
douze soiidi ayant été fait au réfectoire « pro synapio perpétue
singulis annis procurando,» la religieuse Berthe achète avec ce
capital une rente de douze deniers, hypothéquée sur une terre
ressortissant à la cour du comte de Looz. — Tome II, fol. 80.
déc. 1334. — Acte de trois cours censales : de celle du sei-
gneur de llalbeke, de celle de Jean de Julinco et de celle de
Walter Scupen. — Tome II, fol. 114.
— 99 —
27 mars 133o. — Acte de la cour ceiisale du curé de Wust-
/î^rcÂ; : «Williemus dictus Ze)is'i\i(Jle's.,Marselhis vinitor, Johaiiiies
dictus Artson, Coney barbitonsor, Walterusde Bysen, Theodori-
cus dictus 3/ersma?i, mansionarii in lîuria iiivestiti ecclesie de
Wusthercke. » - Tome II, fol. 106.
22 mai 1335. — Acte de Ja cour censale du seigneur Halbeke
située à Herck-la-Ville; « Johauiies de Hoven judex, Hermaniius
de Bermen, Johanues de Eycken, Egidius deMonte, Johaïuies de
Dipenpule, kvno\ôus Kypart, Arnoldus de Elsbruck sc^hïnï curie
domini de Halbeke oppidi de '\\'usthercke. » La religieuse Eli-
sabeth de Nunis achète une rente dont le débiteur assigne
comme hypothèque une terre censale ressortissant à cette cour.
L'abbaye constituera un mambour laïque pour faire en son
temps le relief. Est cité Arnold de Ardinghen chevalier. La cour
n'ayant pas de sceau fait sceller l'acte par le sceau des « sculteti
et scabinorum libertatis oppidi de Wustherke. » — Tome II,
fol. 75.
6 nov. 1336. — Acte notarié dressé à l'abbaye. Catherine,
tille de Daniel de Castro de Brustem, novice à l'abbaye, donne
et lègue à l'abbaye une rente de quatre solidi hypothéquée sur
des biens situés à Wustherck. L'usufruit de cette rente appar-
tiendra successivement à sa sœur Aleyde de Castro, religieuse à
Beke,k Catherine pv'ieure de Herckenrode, et à Marthe deCastro
servante de la prieure. — Tome II, fol. 221.
14janv. 1341. — Acte de deux cours : de la cour extérieure
de justice de Wustherck et de la cour censale de Henri de
Scoenlo: «Henricusde56'Od«/o tilius Philippi qunuôam de Scoenio
dominus fundi, Petrus Perman, Renerus Elpout, Wilhelmus de
][Iere et Johannes Nysman, mansionarii curie predicli Henrici. »
Elisabeth de S. Trond, religieuse, achète une rente hypothéquée
sur des terres ressortissant à ces cours. Est cité Arnold de
Vivariis (Wyer) chevalier. — Tome II, fol. 95.
7 nov. 1341. — Acte de la cour censale de Jean de Halbeke,
à Wustherck. Rente hypothéquée sur une maison avec son
— 100 —
enclos qui doit à cette courcensale «unam cormedam postobi-
tum personaj mansionis. » — Tome II, fol. 220.
14 mai 1342. — « Nos scultetus et scabini exteriores curie
dominl nostri comitis Lossensis in oppido de Wustberck. »
Les rebgieuses Marie de S. Trond et Bertlie de Loveric achètent
une rente de dix solidi, hypothéquée sur cinq bonniers de terre
qui ressortissent à cette cour et y paient annuellement cinq
deniers par bonnier. Le débiteur de la rente ne la paye-t-il pas,
l'abbaye fera s.iisir les cinq bonniers par son mambour ; en
cas de saisie, l'abbaye payera les « exactiones, precarias etalia
jura curie prenominate » qui pèsent sur les terres voisines, et
dans cette éventualité l'abbaye constituera toujours un mam-
bourg. —Tome II, fol. 83.
27 avril 1343. — Acte notarié. Arnold Prisier de Herck
donne à la religieuse EWs-dheth Stuenyr de Liège et, après elle,
à l'abbaye, une rente de tvo'is solidi pour l'entretien de la lampe
devant l'autel de S. Bernard. Fait à Diesl dans la maison où
habitent Jean de Yska et Balduin de Lira « rectores scholarum
in Diest. » —Tome II, fol. 112.
22 mars 1347. — Acte de la cour censale de Jean de Halbeke,
chevalier. La religieuse Marguerite achète une rente de douze
gros pour l'entretien d'une latnpe qui pend dans l'église en
l'honneur de Ste-Marie-Maydeleiiie. —Tome II, fol. 82.
12 fév. 1354. — Charte de l'abbesse Beatrix. Elle achète une
rente de quatre solidi dont trois serviront à l'anniversaire de
son \^hYe Arnold, seigneur de Lobosch,ei le quatrième à la lampe
ou luminaire de S. Jean l'évangéliste dans l'église de Hercken-
rode. — Tome II, fol. 79.
10 déc. 1361. —Acte notarié passé à Wustherck. La religieuse
Bertade Loveric achète pour la pitance une rente de cinq flo-
rins, hypothéquée sur deux et demi zMlas de pré situés près
des prés de dame Marie dame de Vivnrio (Wyor), et des prés
d'Arnold dit Van den Dieke chevalier; lesquels prés ressorlent
à la cour de Juliers. La cour de Juliers (judex et mansio-
— 101 —
iiarii) ont réalisé la coiistilution delà rente. Les membres de
la courde Juliers étaient : « Arnoldusde Schoenloe index, Ghisel-
bertus dictus Schoepen, Lambertus de Halbeke, Daniel de
Schoenloe, Henricus Brunnich, mansionarii predicte curie de
Juliaco. » — 8 nov. 1417. Acte de deux cours : de celle de
Julier (Gulic) et de celle de Jans Van Voerendaele, chevalier,
autrefois cour Scoepen. — 11 déc. 1424. Acte de trois cours :
de celle de Juliers (Gulic), de celle de Waenrode et de celle
de Scoepen, situées à Wustherck, touchant la même rente. —
Tome II, fol. 91, etc.
3 mai 1363. — Acte de la cour censale de S.-Amour : « Ar-
noldus dictus Brisier scultetus, Lambertus de Halbelie, Ghisel-
bertus dictus Scoepe, Wilhelmus de Fabrica et Nicolaus Coni
scabini in curia S.-Amoris. « La religieuse Christine 'sKins de
Diest achète pour les fourrures (ad opus pelliciarum) une rente
de trois écus d'or hypothéquée sur des biens ressortissants à
cette cour. — Tome II, fol. 81.
18 mai 1366. — Acte émané de trois cours. « Scultetus et
scabini interiores liheri'diis oppidi de Wusthercke curie domini
comitis Lossensis ; judex et scabini curie S. Amoris ; judex
et mansionarii curie domini investiti ecclesie de Wustherck. »
Achat d'une rente de quatre florins par la religieuse Ermen-
garde de Severen, pour l'anniversaire de Guillaume de Severen,
chevalier. Cette rente est hypothéquée, entre autres, sur une
pièce de terre située au Caelmervelt ressortissant à la cour du
comte de Looz. — Tome II, fol. 89.
11 mai 1383. — Acte notarié. Jugement des arbitres tou-
chant une rente de quatre florins. Présents : « Catharina de
Kerckern abbatissa, Elisabeth de Pipenbruc bursaria, Odilia de
Loveric celleraria. » Guillaume de Diepenpoel et Servais Menten,
étaient maîtres à temps de Wustherck (bourgmestres). Fait à
Herckenrodewinter ecclesiamet infirmariaminambitu, présente
turba copiosa monialium et conversorum. »— Tome II, fol. 115.
19 mai 1404. — Acte de la conv extérieure de justice de Wusl-
— 402 —
herck. Elle n'avait pas encore de sceau propre, et fait apposer
à l'acte celui de la cour intérieure. — Tome II, fol. 79.
12 sporkelle 1423. — Acte de la cour censale de Waenrode à
Wustherck. Constitution d'une rente réalisée. Est cité Arts
van Ardingen, chevalier. —Tome II, fol. 73.
9 avril i4i2. Acte de la cour censale appelée de Waenrode
située ci Wuslherk et appartenant à jonker Carie van Lyntere. —
Tome II, fol. 78.
1 sporkille 1473. — « Wy ricbter enscepenen in 's greven
hoft te Wustherck gelegen. » Un hahitant prend en emphy-
téose perpétuelle une terre de Herckenrode contre une rente
annuelle de deux florins du Rhin. La cour y append son sceau
(onsengemeeneziegel ons scepenstoels). — Tome II, fol. 113.
9 sept. 1547. — Acte de la cour extérieure de justice de
Herck-la-Ville «ten loenschen recht. «Constitution d'une rente.
La cour append son propre sceau à l'acte. — Tome II, fol. 107,
{Elle n'en avait pas encore en 1519. Tome II, fol. 111.)
Les cours intérieure et extérieure de justice de Wustherck
étaient aussi, nous paraît-il, des cours censales du comte de
Looz et faisaient la recette de ses rentes.
"liVeyer.
Août 1308. — Charte de l'abbesse Marguerite de Steyne.
Herman dit de Leivis et Jean son fils, demeurant ii Wyer, ser-
viront une rente de deux muids de seigle pour un capital de
cinquante livres qu'ils ont reçu de l'abbaye, et assignent comme
hypothèque deux bonniers de terre situés h Weyer et ressortis-
sant à la cour censale de S. -Amour que l'abbesse de Munster-
bilsen possède à Herck-la-Ville. — Tome II, fol. 67.
9 juillet 1449.— «Wy richter en laete des ccynshoefPs gemeyn-
lick gheheiten van Repe liggende Sint-Trugden ende aldaer
omtrent. » Échange d'un bien situé à Weyer avec la maîtresse
de l'ouvroir (werckmeestersse). — Tome II, fol. 67.
— 103 —
26 avril 1473. — « Wy richter en laete in S.-Amoershoff te
Wuesthercke gelegen. « Mathys Prys prend en bail emphy-
téotique un bien de l'abbaye situé à Weyer. La cour inté-
rieure des échevins de Herck-la-ville scelle l'acte. — Tome II,
fol. 66.
VkTysliageii.
Juin 1230. — Gisîebert, homme noble, seigneur de Reckheim,
vend son moulin de Winesete aux abbayes de Eerckenrode et de
Reckheim. — Tome I, fol. 80.
17 mars 1305 (1306). — Après la mort de Rason, recteur de
la chapelle de Wyshagen, l'abbesse de Herckenrode la conféra
à Nicolas de Steyvorde; le chapitre de Notre-Dame à Maestricht
la conféra à Jean Ulpen de Rothem, chanoine de Susteren.
Arnold d'Awans, chanoine de la cathédrale, juge sous-délégué
par Jean , curé de Rothem et doyen du concile d'Eycke ,
adjuge la chapelle à Nicolas de Steyvorde. — Tome I.
19 mai 1363. — Jean, fils de Henri Raert, de Hasselt, obtient
du Pape la chapelle de Wyshagen ; l'official de Liège le met
en possession. — Tome I.
Xtaendremael.
16 mars 1428. — Acte de la cour allodiale de Liège. « Wal-
ran de Ricke, chanoine de Liège, à la demande de l'abbaye,
requit à relever et releva à tenir de la dite cour en alleux
les pièces de terre... gisante en tieur et hauteur de Skendre-
malle. » — Tome II, fol. 171.
20 déc. 1428. — La cour des échevins de Xhendremael en-
registre l'acte précédent. — Ibidem.
Ziiylre (Zolder).
1218. —Arno/d de Veldeke donneA-à ôime de Zolder à l'ab-
baye. « Arnoldus cornes de Los omnibus in perpetuum...
— 104 —
notum esse volumus Lam futuris quaai presenlibus quod Ar-
noldus de Veldeke decimam de Suire quam a nobis in feodo
tenebat in niaiius nostras resigtiavit et nos ipsam resignatam de
assensu uxoiis ejusdem, fratris ejus//mndet heredum,ecclesie
de Herckenrode contilimus perpetuo possidendam ; mater vero
ejusdem Floria coutulit prenominate ecclesie totum allodium
suum et quidquid tenebat apud Wilre, de assensu filiorum et
heredum; filius e{\nm suus Henricus allodii sui addidit prefate
ecclesie duodecim capones et très denarios minus quam quin-
que solides Leodienses, mansionarios etiam septem cum omni
jure attinente. Sciendum quoque quod prenominati duodecim
capones et quinque solidi Leodienses très denarii minus, et
mansionarii collati erant ecclesie de Kermte, sed pro aliis bonis
sunt commutati secundum quod eis placuit, annuente Wil-
ut'lmo persona de Hasselt lotaque vicinia ejusdem ville. Ut hec
aulem inconvulsa et illesa permaneant presentem pagiuam
sigilli nostri et uxoris nostre Aleydis impressione coidirmavi-
mus. Hujus rei testes sunt Wilhehnus persona de Hasselt, Wil-
lielmus de Pietersliem , Hennannus de Elslo , Balduinus de
Wido. Factum auno dominice Incarnationis M. GC. octave
decimo. » — Tome I, folio 97.
30 nov. 1241. - L'abbesse et ïlenri, curé ûeZolder, con-
viennent que celui-ci aura la moitié des dîmes pour sa compé-
tence. La convention est approuvée par jR. doyen de S. -Pierre,
vice-gérant de IL de lUcka, archidiacre. — Tome I, fol. 97 v".
24 déc. 1349. — Acte de la cour de justice de Zolder. « Jo-
haniies diclus Scagkenbiuech, villicus ville de Zulre, Martinus
dictus de Baelreberg, Joliannes dictus Rappelart, Henricus
dictus de Rue et Marselius scabini ville de Zulre. » Achat
d'une rente par la religieuse Elisabeth Cornu de Liège. —
TomeILrol.210.
29 nov. 1367. — Acte notarié. « Peregrinus diclus Pelgrim
de Zulre juilex, Lambertus de lir(uidebonjlt, Xvwohhis Giselberti,
Ludovicus de Curia, Joliannes dictus de liort, Reinerus Vander-
- 105 —
heyden , Johannes de Eîsloe et Arnoldus Vermectolen scabini
ville de Zulre. » — Tome II, fol. 130.
10 avril 1368. — Acte de deux cours : de la cour de justice
de Zulre.... « Scultetus et.... scabini domini de Rummen curie
ville de Zuelre; » de la cour censale de Walter Vandermoeten.
Rente hypothéquée sur des biens ressortissant à ces deux
cours. Le seigneur de Rummen l'était aussi de Zolder. —
Tome II, fol. 138.
12 juillet 1440. — Saisie-arrêt mis par ordre de l'archi-
diacre sur les dîmes de Zolder parce que l'abbesse refusait de
contribuer à la réparation de l'église. — 4 janvier 1451. Con-
vention entre l'abbesse, le curé et les paroissiens : le curé
interviendra pour la moitié, l'abbesse donnera trente muids de
seigle et cinq arbres par grâce et non par obligation ; les parois-
siens fourniront le reste. Fait dans la grande salle de l'abbaye,
témoins Catherine de Mombeeck iibbesse, Jean ôe Bouchout curé 6e
Zolder et doyen du concile de Beeringen,Malhias de Beynsbergh,
confesseur de l'abbaye, le chevalier Guillaume Cannarts, mam-
bour de l'abbaye et échevin de Vliermael. — Tome I, fol. 98.
Mars 1490. — La religieuse Christine de llinnisdael donne à
la communauté de Zolder pour payer les frais et charges de la
guerre, la somme de 90 florins du Rhin contre une rente. —
Tome II, fol. 143.
1 déc. 1489. — La religieuse Gertrude de Lexhy donne,
contre une rente, à la communauté de Zolder, 90 florins du
Rhin «om die brantscettinge daer mede te betalen, rooff ende
gevangenesse aff te stellen. » — Tome II, fol. 144.
24 juillet 1523. — Transaction touchant la dîme du chanvre
de Zolder. L'abbesse Mathilde de Lexhy et la communauté
d'un côté; Jean Van Elter, seigneur d'Elter et de Vogelsanghe,
le mayeur et les échevins, les mambours de l'église, ceux des
pauvres et la généralité des habitants, de l'autre côté : le sei-
gneur de Vogelsanghe et les paroissiens de Zolder payeront
à l'abbaye pour chaque mesure de semence de chanvre semée
— 106 —
«een besceiden dobbelbourgoensvueryser» doiil les douze font
un florin d'or de rélectorat ; l'abbesse fera annoncer à l'église
de Zolder le jour du payement. — Tome II, fol. 141.
Zonhoven.
11 mai 1386. — Acte de la cour de justice de Zonhoven :
« Art Mar^ca/richter, Art Vos, Art Co/e, Cornelis Vandenvarden^
Johan Soer, Henric Vandervenne en Jolian Belen, scepenen te
Zonuwe. » La religieuse Aleyde Vanderdonck , sacristine ,
achète une rente. La cour n'a pas de sceau; Jean Van Hamel
chevalier, seigneur de Zonhoven, y append le sien. — Tome II,
vol. 125,
lo4o. — Acte de la cour de justice de Zonhoven. Appro-
bation d'un legs d'une rente de trois florins de Brabant. Cet acte
mentionne le privilège du prince-évêque Corneille de Berghe,
du 16 décembre J539, autoi'isant l'abbaye à acquérir par don,
legs ou achats, toute espèce de biens, excepté les biens féodaux.
- Tome II, fol. 123.
RAFFORT
sur les fouilles archéologiques faites dans le canton de Landen,
pendant les mois d'août, septembre et octobre 1871, par V Institut
archéologique liégeois.
Le sol fertile de la Belgique a de tout temps excité la convoi-
tise des conquérants, et notre patrie, trop faible pour leur
résister, a dû, pendant des siècles, subir la loi du plus fort et
courber la tête sous la domination étrangère. L'histoire nous
dépeint à grands traits les luttes et les malheurs de nos ancê-
tres ; mais elle n'est pas seule à nous conserver ces souvenirs
lointains : le vainqueur a laissé parmi nous les traces de son
passage et la terre a conservé ses vestiges. Ce sont là des
témoins véridiques, qui viennent corroborer l'histoire et la
compléter, en nous révélant des détails que l'historien n'a pas
renseignés. Ils nous permettent de porter nos investigations
jusque dans la vie intime des générations qui nous ont pré-
cédées, et par là même, ils nous présentent un tableau plus vrai
et plus frappant des âges passés.
Il ne nous est pas permis de fouler avec indifférence ces
vestiges précieux, ni de méconnaître leur importance. Le plus
souvent nous ne connaissons l'histoire de nos malheurs que par
les récits de nos ennemis, et, quelles que soient l'autorité et la
foi que ceux-ci méritent, les ruines qu'ils ont laissées et que la
terre récèle dans son sein, sont des témoignages plus impar-
tiaux et qui méritent tout notre respect.
— 108 —
Recueillir ces débris des temps passés, les étudier et, si c'est
possible, en tirer une conclusion historique, voilh le rôle de la
science, le rôle de l'archéologue : beau rôle, puisque c'est
écrire l'histoire en puisant à une source nouvelle.
Partout, en Belgique, on recueille avec soin les moindres
souvenirs des siècles passés; l'Etat, les sociétés savantes,
rivalisent de zèle dans cette étude. Et parmi toutes les ruines
qui couvrent le sol de notre pays, les traces de la domination
romaine ont toujours excité le plus vif intérêt, parce que cette
époque ouvre, pour ainsi dire, notre histoire comme nation, et
que, précédant immédiatement l'invasion des peuples germani-
ques, elle nous montre le mélange de la civilisation ancienne
avec les mœurs des peuples du nord, mélange qui, après avoir
subi l'action du christianisme, a produit la civilisation moderne.
On rencontre les antiquités romaines en plus grand nombre
le long des lignes de défense, telles que les bords du Rhin et
de la Meuse, le long des anciennes chaussées et dans les con-
trées les plus fertiles. Là, les traces des camps, ici, les villas et
les tumulus. Les Romains ne se contentaient pas des tributs
qu'ils imposaient aux peuples vaincus; ils s'appropriaient les
meilleures terres et les exploitaient eux-mêmes.
Le sol fertile de la Hesbaye a dû de bonne heure les attirer.
Aussi n'y a-t-il peut-être pas une partie de notre pays où les
vestiges de cette époque soient si nombreux et si rapprochés. On
a lieu de croire que, dès les premiers siècles, cette contrée était
mise en culture et parsemée d'habitations romaines. Les restes
nombreux de celle époque ont depuis longtemps fait l'objet des
études des archéologues, et, dans ces derniers temps, l'Etat a
commencé à les faire fouiller sous la direction savante de MM.
Schuermanset Kempeneers. Une dizaine de tombes et quelques
villas ont été étudiées.
L'Etat, pour le moment, ne continuant pas ces travaux, Vhis-
titut archéologique liégeois a voulu les reprendre, en commen-
109
çant par l'extrémité de la province de Liège, le canton de
Landen.
Les principaux monuments , cimetières et substructions
anciens non examinés jusqu'ici, dans cette partie de la province,
étaient : la Plattombe de Wamont, la petite tombe d'Overwin-
den, les Mottes d'Overwinden, de Rumsdorp et de Ste-Gertrude
à Landen, le cimetière gallo-romain d'Overwinden , celui du
Haemberg sous Wals-Wezeien, à côté de la villa du Lazaret
fouillée en 4864, les substructions du Kloosterhof, àNeerlanden,
du Betzveld, près de la station à Landen et de Bertrée.
La tombe de Wamont a été laissée de côté, parce que de sem-
blables tombes, d'une si grande étendue , ne sont pas des
tumulus, mais des espèces de camps retranchés; les fouilles
qu'on a faites en 4863 dans la plate tombe sur la chaussée da
Nivelles près de Rosoux, ont prouvé que ces tombes ne récèlent
rien et qu'on n'y opère pas des galeries sans des dangers
sérieux. Les mottes ont également été négligées, parce qu'on
les considère avec raison comme étant des ouvrages exclusive-
ment de défense, du moyen-âge ; celles de Ste-Gertrude, cepen-
dant, dont l'une a été acquise par l'Etat, sont bien de nature à
inspirer de l'intérêt, à cause du souvenir de Pépin de Landen.
On s'est donc arrêté à n'opérer des fouilles que dans la petite
tombe et le cimetière romain d'Overwinden, les substructions
du Klooslerhof, à Neerlanden, celles de la station à Landen, etc.
M. le docteur Kempeneers a bien voulu prêter le concours de
sa science et de son expérience en prenant, avec celui qui a
l'honneur de laire ce rapport, la direction des travaux.
Les fouilles ont été commencées le 46 août 4874 par le Tom-
heken d'Overwinden. Ce petit monument, à peine haut de deux
mètres, long de quatre et large de trois et demi, inspirait un
grand intérêt à cause de ses minimes dimensions, qui en font
une exception parmi les tombes de cette contrée. Il a beaucoup
de ressemblance avec les tombelles de la Campine et il eût été
vraiment curieux qu'une sépulture franque se fût rencontrée au
milieu des tumulus romains.
-- 410 -
Après deux jours de travail et moyennant deux ouvriers seu-
lement, le tertre était percé par une galerie jusqu'aux trois
quarts de sa largeur, et des sondages dans tous les sens prou-
vèrent l'absence de sépulture. C'était un de ces monnmnita
vacua, monuments honorifiques ou commemoratifs qui furent
élevés alors même que les cendres du défunt étaient transportées
ailleurs. Peut-être aussi qu'après un combat, le cadavre du
guerrier n'a pas été retrouvé.
Une particularité remarquée dans l'ouverture de ce tertre,
c'est qu'il était impossible de distinp;uer les couches de terre
superposées, de la surface primitive du sol. Les veines d'argile
ferrugineuse se continuaient régulièrement comme si elles
n'avaient jamais été remuées, et au niveau de la campagne
environnante on ne remarquait pas la moindre trace deculture.
On eut été tenté de considérer cette tombelle comme un amoncel-
lement de terre produit par le tourbillonnement des eaux, si sa
situation sur une hauteur n'eût rendu cette liypotlièse inadmis-
sible. D'ailleurs, le système de sa construction qui faisait
présager l'absence de caveau, ainsi que quelques débris de
poterie ancienne, c'est-à-dire d'un vase noirâtre à parois très-
épaisses, puis d'un petit pot en terre samienne, vernissée l'ex-
térieur seulement et blanchâtre à l'intérieur, et enfin quelques
tessons de tuiles romaines convexes, épars autour de la tombe
et mêlés à la terre extraite de la galerie, l'ont fait considérer
comme une tombe romaine.
Que faut-il penser de cette circonstance que les différentes
couches de terre étaient amalgamées au point de ne pouvoir les
distinguer? Dans toutes les tombes qui ont été ouvertes anté-
rieurement, on reconnaissait parfaitement rancien sol cultivé,
la profondeur de la culture et même la nature des engrais. Ici,
rien de tout cela. Evidemment le tertre a été élevé sur un sol
vierge et inculte, ce qui fnit croire qu'il est plus ancien que les
autres tombes de la Iie>baye. N'a-t-il pas l'air d'avoir été élevé
à la hâte en l'honneur de quelque guerrier disparu dans le
ombat?
— 114 —
Un seul des ouvriers commença, le 21 août, les fouilles dans
le cimetière gallo-romain d'Overwinden. Ce travail fut entrepris
avec le meilleur espoir d'arriver à un heureux résultat. L'exis-
tence de sépultures avec poteries romaines y avait été constatée
depuis longtemps par plusieurs découvertes faites d'abord à
l'occasion de la construction du chemin de fer, et puis par les
travaux de la culture. Il y a deux ans, un cultivateur y trouva
une sépulture romaine renfermant une vingtaine d'objets qui
furent acquis par VInstitut archéologique liégeois et placés
dans son Musée. Le terrain pierreux et sablonneux, en pente
vers l'est, et à proximité de la grande tombe de Middelwinde
dont les fouilles faites en 1864 sont restées inachevées, et dont
il n'est séparé que par un chemin creux, réunit tous les carac-
tères d'un cimetière ancien.
Sur une assez grande étendue, la terre avait été remuée pro-
fondément par l'extraction dn sable; là, il était inutile de faire
des recherches. La partie qu'on croyait intacte est le côté
occidental du cimetière. Des tranchées y furent ouvertes à la
profondeur de 7o centimètres, qui est ordinairement celle des
sépultures anciennes. Ici l'ouvrier ne rencontra plus la moindre
(race de sable, ni de cette i)ierre silicieuse qui git dans la couche
supérieure. Une terre meuble, noire, pâteuse, entremêlée de
milliers de débris de poteries romaines, depuis les plus gros-
sières jusqu'aux fines poteries samiennes, des restes d'osse-
ments à moitié consumés, telle était la couche supérieure de ce
terrain. Intrigués par cette circonstance extraordinaire, nous
avons fait approfondir la tranchée; mais, plus bas s'enfonçait
la bêche, plus la terre devint grasse et pâteuse. Enfin nous
avons eu la clef de l'énigme: cet endroit se trouve au centre du
champ de bataille de 1793, là où l'armée française tenta vaine-
ment de s'emparer d'assaut de la position de la tombe de
Middelwinde. Nous fouillions les tranchées où avaient été
enterrés les cadavres des malheureux soldats qui y avaient
trouvé la mort ! En ouvrant ces tranchées, les sépultures
— 112 —
romaines avaient été détruites et les débris des vases jetés
épars parmi les cadavres mutilés.
Inutile de continuer les fouilles ; tout espoir de rencontrer
encore des sépultures intactes avait disparu, et s'il faut l'avouer,
le courage aussi faisait défaut pour remuer davantage ces cen-
dres entremêlées des oppresseurs de notre patrie.
Une observation doit être faite avant de quitter ce cimetière.
D'après les renseignements qu'on a pu recueillir, les sépultures
n'y ont pas été trouvées par groupes, comme à Juslenville ou
comme au cimetière Béthasien du Haemberg , sous Wals-
Wezeren près de Montenaken ; elles étaient isolées, à des
dislances assez grandes les unes des autres, et elles renfer-
maient chacune de quinze à vingt objets. La même observation
parait s'appliquer au cimetière ancien récemment découvert îi
Overhespen et dont le musée liégeois possède un vase bilobé,
sauf qu'ici chaque sépulture ne parait contenir qu'un seul
vase ( 1 ). Ajoutons encore que lors de la construction du chemin
de fer de Tamines à Landen, une sépulture romaine isolée fut
découverte en 1864, â environ deux kilomètres de la tombe de
Middelwinde et à proximité de la Plattombe de Wamont et de
la petite tombe d'Overwinden (2). On ne peut certes conclure de
ces circonstances h un système particulier d'enterrement, mais
il est bien permis de voir dans cet isolement relatif des sépul-
tures, la preuve que les colons romains vivaient dispersés
parmi la population indigène et que les habitants de chaque
villa ou métairie établissaient un cimetière particulier dans
leurs propriétés.
(1) Jusqu'à présent il a été impossible de bien déterminer le caractère du
cimetière d'Overhespen. On y a trouvé des vases antiques, des urnes funéraires,
mais on dit aussi y avoir trouvé des squelettes. A quelle époque appartioKnent ces
squelettes? Cet endroit se trouvant dans le périmètre du champ de bataille de
■1793, il y a lieu de supposer qu'ils ne sont pas antérieurs à cette date. Espérons
qu'une étude ultérieure permettra de fixer l'opinion à cet égard.
(2) Voir Bull, des Comra, royales d'art etd'archéol, tome II, page 236.
— U.^ -
Sur le territoire de la commune de Neerlanden, à environ 300
pas de la voie romaine { cliver ticulum), qui, sortant à Tongres de
la grande chaussée de Bavay à Cologne, passe par Horpmael,
Brustheim, Hal, etc. pour aboutir aux trois tombes de Tirle-
mont, existe un endroit appelé Kloosterhof. La légende, que
les archéologues recueillent toujours avidement comme un
présage certain de découvertes, dit qu'en ce lieu s'élevait
autrefois un couvent habité par des moines ténébreux et tyran-
niques, qui ne sortaient que de nuit sur des chevaux ferrés à
l'envers pour donner le change sur le lieu de leurs réunions
mystérieuses. Mais une nuit, surpris à l'improviste, ils ont dû
prendre la fuite et leur demeure a été détruite par les flammes.
Il paraît qu'en ces derniers temps, les locataires de ce bien,
prenant la légende au sérieux et, nocturnes à l'exemple de ces
anciens habitants du Kloosterhof , ont consacré bien des
veilles à fouiller la terre en ce lieu, dans l'espoir d'y découvrir
des trésors cachés. Toujours est-il qu'ils en ont extrait beau-
coup de pierres et une vingtaine de tuiles romaines tant plates
que convexes.
Cette découverte, ainsi que la situation des ruines sur le
versant oriental d'une colline à proximité du Molenbeek, nous
disaient que les anciens moines du Kloosterhof n'étaient
autres que des Romains.
Les tuiles trouvées, encore couvertes de mortier romain,
avaient servi à la construction d'un conduit pour l'écoulement
des eaux. Les tegulae avaient été posées à plat sur une couche de
mortier, et les imbrices sur les premières, de manière que leur
concavité formait un petit canal. Les tuiles convexes avaient
été fixées sur les plates au moyen d'une autre couche de mortier
rouge. Cet ouvrage est un exemple des usages multiples que les
Romains savaient faire de leurs tuiles.
Après que l'autorisation de fouiller eut été obtenue de l'Admi-
nistration du bureau de bienfaisance de Léau, qui est proprié-
taire du Kloosterhof, les travaux furent commencés le 31 août.
- 4U -
Dès le premier jour, on constata que le sol avait subi un
changement de niveau depuis la ruine des constructions. Le
chemin de Neerlanden à Dormael, qui longeait primitivement
le Molenbeek, a été reporté sur le penchant de la colline et
traverse actuellement les substructions. La terre de la campa-
gne environnante, qui est très-meuble, a été entraînée par les
eaux ; mais, étant arrêtée au chemin par un fossé, elle a produit
uii exhaussement considérable. Aussi il y a une dififérence de
niveau d'un mètre et demi entre les deux côtés du chemin.
Les substructions ont été découvertes h une profondeur
variant de deux mètres à un demi, selon la situation des lieux.
Du côté nord-est, on mit à nu un mur isolé (jui probablement
avait clôturé une cour. Celle-ci avait été remplie de débris de
tuiles et de tessons, de matières fo.idues et coagulées par le
feu, parmi lesquelles des masses de fer semblables à des blocs
de minerai ou des scories. Sous ces débris gisait une couche de
terre noire de près d'un mètre de profondeur. Nous eûmes
donc dès l'abord la preuve qu'un incendie violent avait détruit
l'établissement.
Les murs extérieurs furent déblayés sur presque toute leur
longueur, excepté du côté du sud, où la profondeur dépassa
deux mètres. Les fouilles de l'intérieur du bâtiment auraient
occasionné des travaux et des frais considérables, et, pour ce
motif, nous nous sommes contentés d'ouvrir l'angle sud-ouest
pour constater l'existence d'un hypocauste ou d'un calorifère,
qui réellement a été trouvé. Une tranchée ouverte e.i dehors
des substructions, du côté de l'est, a révélé wz amas de débris
du bâtiment, qui s'étendait jusque sous le chemin. Il est à
regretter que l'étude en détail de toutes les pai ties ait été
impossible. Cependant le résultat des travaux ne permet pas
de doute sur la nature et l'origine des substructions. C'était
une villa romaine, peut-être une taberna seulement.
Comme dans toutes les habitations romaines qui ont été
étudiées dans cette contrée, le bâtiment suivait la direction du
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- 115 —
nord-est au snd-ouest, de manière h présenter sa façade prin-
cipale à l'orient, en face du cours d'eau. Les pierres employées
à la construction proviennent de la contrée même. C'est une
pierre verdàtre et sablonneuse qui gît sous la couche limoneuse
du sol hesbayen. Ici comme ailleurs, les Romains ont utilisé les
matériaux qu'ils ont trouvés sur les lieux.
Les murs de fondation étaient construits en petit appareil,
consistant en moellons à peu près carrés, maçonnés avec de la
chaux. L'épaisseur de ces murs était de 63 à 70 centimètres.
La chambre qui a été examinée à l'intérieur, à l'angle sud-
ouest du bâtiment, avait conservé en partie le terris qui en
constituait le pavement. Sur le sol battu on avait posé une
couche de pierrailles ; là-dessus une couche de tuiles concas-
sées noyées dans un bain de chaux, d'une épaisseur de dix
centimètres. Des fragments de ce terris ont pu être enlevés et
conservés. Sur l'un des côtés de cette place, le terris avait été
remplacé par des carreaux qui mesuraient un pied et demi de
longueur sur un pied de largeur. Ces carreaux avaient subi
l'action du feu et lorsqu'on a voulu les enlever, ils sont tombés
en un grand nombre de morceaux. D'autres carreaux trouvés
en cet endroit étaient enduits d'une couche de mortier des deux
côtés; ils avaient servi de parement aux murs. Enfin des débris
de briquettes et de tuyaux prouvaient que c'était là un hypo-
causte.
Il est à remarquer que les tuiles extraites antérieurement par
les locataires formaient un conduit ou petit égoût, partant de cet
endroit et qui doit avoir servi, soit à conduire l'eau chauffée
dans les autres parties du bâtiment, soit à déverser dans les
bas-fonds celle dont on s'était servi. On rencontre dans la plu-
part des habitations romaines ces conduits d'eau, mais je pense
que c'est un exemple unique de les trouver construits au moyen
de tuiles.
Ces tuiles sortaient de la même fabrique que celles des villas
du Lazaret à Wezeren et du Hemelryck à Walzbetz, c'est-à-dire
Ilfi
d'une partie seulement de celles-ci. Ces tuiles, mal cuites,
n'ont pas la belle forme de celles du Weyerbampt, h Petit-Fresin.
C'est pourquoi il est à croire qu'elles sont d'une date posté-
rieure, ce que semble prouver la monnaie de Tetricus trouvée
dans les substructions du Lazaret.
Cette place a aussi révélé des débris de plâtrage des murs de
différentes couleurs; un morceau, entre autres, présentait un
dessin de feuillnge vert sur un fond blanc.
La chaux avait éié employée abondamment et les mortiers
faits avec tout l'art que savaient y mettre les Romains. Le
pavement était t'ait de tessons de tuiles grossièrement concas-
sées, noyées dans un bain de chaux; pour le mortier employé
au plâtrage des murs, les tuiles avaient été finement broyées et
mêlées à la chaux, de manière à produii-e cette couleur rouge
pâle propre au mortier romain. Pour d'autres ouvrages, on
avait employé du mortier gris ou bleuâtre.
Un morceau de verre, poli d'un côté et rude de l'autre, avait
été plaqué au mur Enfin divers morceaux de marbre poli
offrent une preuve de la variété et du luxe d'ornementation
déployés dans la construction de l'habitation du Kloosterhuf.
Ce marbre a été reconnu provenii- des couches des environs
deNamur.
Les débris de poteries présentent une grande variété, depuis
les vases grossiers en leire noire, jusqu'à la fine poterie
samienne, dont des morceaux remarquables ont été trouvés,
granulés à l'intérieur et ornés â l'extérieur de dessins et de
représentations de chasse.
Il est à remarquer que parmi ces débris, un gros tesson
d'une poterie grossière, noirâtre, mal cuite, qu'on dirait ger-
manique, ressemblait tout-à-fait à un pareil tesson trouvé dans
la galerie de la tombe d'Overwinden, ainsi qu'à un autre tesson
trouvé en ISG'i- dans la galerie de la tombe de Middeiwinde.
Il est encore à noter que celte poterie grossière, qui, dans les
tombes a été découverte en dehors des sépultures, s'est ren-
M7
contrée à Neerlanden un peu au-dessus du niveau des substruc-
tions et de la couche des débris.
Pa'mi les objets enfer, un seul mérite l'attention; c'est une
cognée qui diffère des nôtres en ce que le trou destiné à rece-
voir le manche, se trouve au milieu, au centre de gravité de
l'instrument, tandis que chez nous on le place à l'extrémité
opposée au tranchant. La cognée romaine était en même temps
hache et marteau.
Une pièce tout-à-fait semblable avait été trouvée, il y a quel-
ques années, par les locataires, en même temps que les tuiles.
Quant aux substructions du Betzveld, près de la station de
Landen, dans une parcelle de terrain appartenant à M. le doc-
teur Bertrand et ayant appartenu autrefois aux hospices civils
de Liège, leur présence avait été constatée depuis longtemps et
la situation en face de Molenbeck, ainsi que les nombreux
morceaux de tuiles romaines qui couvraient le terrain, indi-
quaient assez que c'était là l'emplacement d'une villa ( i).
Il y a lieu de remarquer qu'à Landen, comme à Neerlanden,
les substructions gallo-romaines se rencontrent dans des biens
appartenant ou ayant appartenu à des établissements publics.
Le môme fait a été observé pour la généralité des ruines de
cette époque qui ont été explorées. Il serait très-intéressant de
pouvoir rechercher comment ces biens sont devenus la pro-
priété de ces établissements ; on rencontrerait probablement
des donations faites par des familles franques, qui furent peut-
être eux-mêmes les succes^eurs des propriétaires de l'époque
romaine, et cela à titre de conquête.
Les fouilles furent commencées au Betzveld le 25 septembre.
( * ) Le long du Molenbeck on a constaté une suite de villas belgo-romaines ; la
plupart ont été étudiées. H y a lieu de penser que si cette étude était c nlinuée
dans le Brabant jusqu'à l'embouchure de ce ruisseau dans la Ghète, on parviendrait
à reconstituer la topographie ancienne de cette contrée qu'on considère comme
ayant été l'emplacement des Belhasiens. Remarquons que deux villages situés Tun
à la source, l'autre près de l'embouchure du Molenbeek, s'appellent Walsbetz et
Geetbelz.
118
Dès le premier jour, on put suivre les fondations des murs
à une profondeur de dix à quinze cenlinièlres, et bientôt les
substructions mises à nu présentèrent le plan d'une habitation
qui s'étendait sur une longueur de 60 mètres. Le bâtiment
principal a la forme d'un parallélogramme de 54 mètres de long
sur 10 de largeur, se dirigeant du nord-est au sud-ouest. Deux
ailes s'avançaient à chaque extrémité de la façade orientale.
Celle du côlé du nord-est formait un pavillon symétrique,
composé de trois places, dont celle du milieu disait saillie
en plein-cinire. L'aile du côlé opposé était formée par quatre
places rectangulaires, de grandeur différente et donnant sur
une cour intérieure. A l'angle sud-ouest, cette cour était fermée
par deux autres places, faisant saillie sur le derrière du bâti-
ment et qui ont été reconnues comme ayant formé un hypo-
causte. En face du pavillon de l'angle nord-est, une autre place
de liuit mètres sur quatre sortait sur le derrière du bâtiment.
En face de l'aile sud-est, à une distance de neuf mètres vers
l'est, s'élevait une seconde construction de 15 mètres de long
sur 9 de large, divisée en deux par un mur, de manière à for-
mer une place de 3 mètres sur 9, et une autre de 10 sur 9.
Deux chambres conservaient intact le terris qui en avait
constitué le pavement; c'étaient la place du pavillon oriental
terminée en abside hémisphérique et- l'hypocauste. Ce terris
avait un pied d'épaisseur. Il était formé aux deux tiers par une
couche de pierres posées sur le sol battu; l'autre tiers consis-
tait en une couche de tuilons noyés dans un bain de chaux.
Une mince couche de mortier gris couvrait la surface pour
l'égaliser.
Les murs de l'hypocauste étaient encore recouverts en plu-
sieurs endroits de leur plâtrage rouge, mélange de chaux et de
tuiles broyées.
Cette place, plus profonde que les autres, était remplie de
mortier, de morceaux de tuiles, de carreaux et de briques, de
nombreux fragments de tuyaux d'hypocauste et de briquettes
BriLE'
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Lith. BijTdels à Lié^e.
: ARCHEOLOCJDUC L
PLAN FIGURATIF
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du BETZVELD a
LANDEN
Echelle de o'oos pour
BENARD DEL i LAtlDEH
— 149 —
rondes, dont plusieurs étaient entières. Elle communiquait vers
l'est avec une autre place, pius petite mais plus profonde
encore, également remplie de toutes sortes de débris et d'où
partait un petit canal en méandre. Cette rigole était maçonnée,
des mêmes pierres que le reste du bâtiment et enduite à l'inté-
rieur de mortier gris. Elle avait servi à conduire l'eau dans les
chambres bordant vers l'est la cour intérieure, peut-être
seulement à la déverser vers le ruisseau.
On n'a pu longtemps conserver des doutes sur l'origine des
substrbclions. Le plan général, l'orientation, les nombreux
morceaux de tuiles plates et convexes (tuiles, soit dit en pas-
sant, aussi bien cuites e\ aussi bien faites que celles du
Weyerbampt, déjà cité), les différentes espèces de mortier et
surtout les restes d'un hypocauste, tout démontrait que nous
fouillions une habitation romaine.
Les murs de la villa avaient une épaisseur de 65 à 70 cenli-
mèlres, en petit appareil de moellons extraits sur les lieux. L'un
des murs était formé de débris de tuiles renfermés entre deux
bordures de pierres. Ce mur, qui a une grande profondeur,
appartient sans doute à la cave qu'on n'a pas pu fouiller h
cause de l'impossibilité de retenir plus longtemps les ouvriers
dans cette saison de l'année. Il y aurait cependant une grande
importance à pouvoir étudier celte partie des substructions, où
les murs conservés intacts sur une plus grande étendue, per-
mettent de mieux examiner le mode de construction.
Comme à Neerlanden, l'hypocauste occupait l'angle occidental
de l'habitation, et le conduit d'eau partait de ce point dans la
même d^iection. Par suite du système d'orientation des habita-
lions romaines, cette disposition devait être générale; car, le
côté de l'ouest se trouvant être le plus élevé, il était facile de
conduire les eaux par une pente naturelle dans toutes les
parties du bâtiment.
Les deux chambres qui avaient conservé leur pavement,
devaient être les principales pièces de l'habitation. Celle du pavil-
— lîO -
Ion oriental peut être considérée comme l'apparlement d'été,
l'autre comme celui d'hiver. Il serait difficile d'assigner une
destination particulière aux autres places.
Le second bâtiment ne comprenait que deux places, dont
l'une beaucoup plus grande que l'autre. C'était probablement
une remise ou une grange.
Les subslructions du Betzveld présentent une différence
remarquable avec toutes celles qui ont été fouillées jusqu'à ce
jour dans la Hesbaye. Elles ne révèlent aucune trace d'incen-
die. Elles ont entièrement l'apparence d'une demeure aban-
donnée et tombée de vétusté. Ou n'y a trouvé ni cendres, ni
fer fondu ou tordu dans le feu, ni débris de vases ou d'au-
tres meubles détruits dans le désastre. Quelques morceaux de
poterie commune, dont un seul en terre samienne, voilà tout ce
qu'on a pu recueillir.
Par contre, dans un coin d'une des chambres, on a trouvé un
objet auquel on ne s'attendait pas: une arme en silex. C'est une
petite hache de 12 centimètres de long sur 5 1/2 de large dans
le milieu, bien polie et très-tranchante.
Comment cet objet s'est-il rencontré en cet endroit ? Les
Romains, si habiles à travailler le fer, ne faisaient sans doute
pas usage d'instruments en pierre. Etait-ce une arme prise sur
l'ennemi, un trophée de victoire ? Il n'est pas invraisemblable
que, parmi les peuples barbares que les Romains avaient à
combattre, il s'en soit trouvé qui n'avaient pas à leur disposi-
tion tout le fer nécessaire à la fabrication de leurs armes, sur-
tout pendant leurs longues migrations à travers le continent
européen, et qui ont été obligés de se servir des matériaux
qu'ils ont pu se procurer. On peut aussi considérer cet objet
comme ayant été un ustensile des sacrificateurs ou prêtres
payens, qui, dans les cérémonies religieuses des peuples du
nord se servaient d'iiistrumei.ts en pierre. Cet usage peut don-
ner une explication plausible de la découverte fréquente d'objets
— 121 —
en silex, sans devoir songer à des àyes prédistoriques, dont
les mœurs nous sont inconnues (')•
Quelle a été l'époque de la construction de la villa de Lan-
den ? A quelle époque a-t-ellc été abandonnée? Est-elle anté-
rieure ou postérieure aux villas voisines ? A-t-cl!e échappé
aux désastres ou à la dévastation qui a détruit les autres établis-
sements romains? Autant de questions qu'il est impossible de
résoudre. Il est vraiment regrettable que le manque d'ouvriers
nous ait obligé d'abandonner les fouilles avant qu'elles ne
fussent terminées. Il est possible que le sous-sol ou la cave
contienne un objet quelconque qui nous eût permis de tirer une
conclusion.
G. Lefkvkf.
Lr^nden, le 10 décembre 1871.
( *) Voir Blommaert, Aloude oesrliirdci/is dcr Hclgoi, p. I?i, el le Mcxuaf/nr des
scieiica historiques^ ISit, p. .Toi.
LA TABLE CARREE
ET LA COMMUNE ORANGE.
Le docteur J. l'.do Llmbourg, dans ses .youiuuiu.v (tinusi'nienls
de Spa, Liège 1763 (2'" édit. Les amusements de Spa, 1782-1783),
a inséré une carte des environs de Spa (2'' édit. «irte du marquisat
de Franchimont) (') où l'on voit au N.-E. du marquisat do Fran-
chimont, à la source de la Vesdre (-), le dessin d'un petit carré,
correspondant h un angle du pays, et au delà un espace de terre
circonscrit, portant le nom d'Orange; le coin delà frontière est
coupé par deux lignes parallèles et on lit la légende suivante en
marge :
« Suivant la tradition, la languette de lerre, marquée Orange,
s'étendoit autrefois, aussi bien que le marquisat de Franchimont
et le pays de Stavelot, à la Table quarrée oh se lerminoit aussi le
duché de Limbourg; celte table étoit le point de réunion des
quatre pais; aujourd'hui le duché de Limbourg paroît s'appro-
prier la portion des trois autres pais qui est désignée par des
petites lignes. »
Cette légende est devenue sur la 2'^ édit. de la carte : « La
(') Ce sont les deux cartes indiquées par M. A. Dejardin, Recherches sur les
cartes de la principauté de lAérje ( Dull. de l'inst. urchéol. liérj., V. p. 230 et 231 ).
M. Dejaroin ne mentionne pas rédilion anglaise des Amusements de Spa , où la l""*
carte est reproduite, avec les indications concernant la terre Orange en anglais.
(Rens. de M. Bodv).
(• ^ l'n peu nu nor^l de celle .«ourco, sur la cnrio de In preniii're (édition.
h2;{
hinguelle de terre, marquée Orange, est iiiie commune à l'usage
des habitants du ban de Jalhai, qui s'étendoit, de même que le
reste du marquisat de Franchimont , à la Table qiiarrée où se
terminoit aussi le duché de Limbourg. Cette Table étoit le point
de réunion de quatre pais, compris la commune Orange. Vers
l'an 1720, le pais de Limbourg s'est approprié la portion des
trois autres pais désignée par des parallèles, « (ces parallèles sont
identiquement les petites lignes de la première carte).
Dans son texte, p. 349 (2" édit., p. 298), J. P. de Limbourg
ajoute : « Je veux vous Taire observer une particularité sur les
pays qui avoisinent celui-ci, c'est qu'outre les deux pays dont
il est entouré immédiatement (Limbourg etStavelot), il y en a
divers autres qui n'en sont séparés que par des languettes de
terre, en sorte qu'en f[uelques heures on pourroit passer du
marquisat en cinq ou six pays appartenant à différents souve-
rains ; les plus proches et immédiats sont ceux de Limbourg et
de Stavelot, ensuite ceux de Luxembourg, Juliers, Montjoie,
outre une petite languette de mauvais fonds, qu'on nomme
Terre d'Orange, sans qu'on puisse sçavoir d'où ce nom lui
vient; au reste cette terre n'est réclamée par aucun seigneur des
payscirconvoisins; elle est réputée terre franche et commune (i);
et les habitants de Jalhay, l'un des bans du marquisat, sont dans
la possession d'y recueillir de mauvais foin qu'elle produit.
Comme j'ai beaucoup parcouru ce pays, un paysan (2) de
ce canton, qui m'a informé de ces particularités et qui vouloit
en être instruit, m'a montré aussi un endroit où il prétendoit
que quatre pays aboutissoient et se touchaient en un point où il
doit y avoir eu anciennement une table quarrée dont les quatre
faces répondoient à quatre différents pays, Limbourg, Orange,
Franchimont et Stavelot, en sorte que quatre personnes pou-
voient être assises à une même table, quoique chacune sur
(l) Var. « au reste, celle lerro est une commune de ce pays. »
(•2) Var. « habitant. »
— lii —
quatre différens pays (. *) ; il m'a assuré que diverses personnes
déposèrent, à la réquisition du magistrat de Jalliay, il y a
environ quarante (2) ans, d'avoir vu cette table dans le lieu
qu'on nomme encore aujourd'hui la Table quarrée, et que les
dépositions en sont au grelTe ; mais que, par la suite des temps,
le pays de Limbourg s'est étendu sur ses voisins et a coupé
la jonction de cette Terre d'Orange avec les pays de Stavelot
et de Franchimont. «
Le manuscrit de l'ouvrage du docteur J. P. de Limbourg,
conservé par sa famille (;i), porte quelques renseignements
})lus précis sur le même point :
c< Anciennement quatre pays se joignaient scavoir: Limbourg,
Orange, Stavelot et Jalliay, et, suivant l'ancienne tradition, il y
avoit une table quarrée de pierre avec quatre anneaux de fer à
chacun desquels chaque seigneur atteloit son cheval, où chaque
seigneur pouvoit manger sur son pays, quoique tous (juaire à
une même table, qu'on nommait la Table quarrée. Des personnes
récemment mortes se souvenoient de l'avoir vue, et en donnè-
rent des déclarations au greffe de Jalhay, à la réquisition du
magistral, il y a environ quarante ans.
)) De celle Terre dite d'Orange, on passe par une petite lan-
guette de Luxembourg, d'environ 1/4 de lieue, d'où on passe
sur celui de Julliers, au pays de Montjoie; en sorte que sur une
lieue de terrain, il se trouve cinq pays : Limbourg, Luxem-
bourg, Montjoie, Orange et Franchimont. »
11 n'est pas facile de déterminer, à l'aide de ces indications,
l'endroil précis où aurait existé la prétendue Terre d'Orange; la
carte, en elle-même, est très-inexacte : la Vesdre est dessinée
en ligne à peu près droite, tandis qu'en réalité, à sa source,
cette rivière se dirige du S. au N. pour s'infléchir vers l'E. à
(1) Var. « quoique chacune sur diirorent pays. »
(-2} Var. « soixante. » La varianle, lient à la date de la 2« édition, postérieure
de 20 ans à la première. L'onquùlc (voir plus loin) a, en cU'el, eu lieu en i72i.
(3, Communicalion due à son descendant. M, Pliil. Dr. LiauouRG, de Thcux.
luiecerlaine distance d'Eupen; en outre ladite source est en
plein territoire de l'ancien duché de Limbourg, bien loin h l'E.
de la séparation des territoires de Limbourg, Stavelot et Fran-
chimont où la carte place cette source ; enfin sur la carte
diverses localités, Membach, Bnelen, Loncin (lire Lontzen),
etc., sont manifestement très-éloignées de leur situation réelle.
Cette carte doit donc être considérée comme un simple
croquis donnant une idée imparfaite des distances et des
directions.
Bien que l'ouvrage de J. P. de Limbourg soit en général fort
exact (i), on ne peut guère attribuer plus d'importance que cet
auteur distingué n'en donne lui-même aux renseignements
recueillis par lui sur la Terre d'Orange et la Table carrée. II
tient du reste ces renseignements , comme il le déclare lui-
même, d'un paysan, quelque érudit du village, qui « voulait être
instruit, » des particularités de son canton, et il ne cite aucun
contrôle de ces renseignements, présentés par conséquent par
lui tels quels, pour ce qu'ils valent.
Aujourd'hui ce contrôle n'est guère aisé, et les personnes les
plus versées dans la connaissance du territoire ancien de la
province de Liège, MM. Body, Bormans, Poswick, etc., n'ont
pu fournir aucun éclaircissement sur la Table carrée ni sur la
Terre d'Orange.
Le raisonnement seul peut donc résoudre la difficulté.
Notons pour commencer que la tradition de la Table carrée
est encore parfaitement vivace. Plusieurs auteurs en parlent
dans leurs ouvrages sur Spa et ses environs.
Dethier (2) se demande ce qu'est celte « grande table de
forme carrée, » qu'avec d'énormes tronçons de colonnes ren-
(t) u 11 parle avec la plus exacte vérité, » dit de Feller, Journal historique,
i'6 novembre 1783, p. il. Voy. aussi Deleau Sek.MXG, Mémoire, etc. sur Spa,
à la Bibliolliéquc de l'Université à Liège, etc.
(2) Coup-it œil sur lea aiirieiia volcans éteiiHs des environs de la K>jll siifcrieurc,
l'nris 180;;. \>. .'il.
— ll>6 —
versées (i), « on est surpris de trouver sur les combles » des
Hautes-Fagiies, et cette énonciation est reproduite dans d'autres
ouvrages dictés ou inspirés par Detliier (;>).
Detrooz (;;), après avoir parlé d'un ancien hôpital sis à
l'ielLe-ès-Fagne (Jalliay), dit que « à portée de l'endroit où était
cet hôpital, l'on voit une grande pierre carrée en l'orme de
table qui servait de limite à quatre différents pays, savoir ;
Liège, Luxembourg, Limbourg et Stavclot. «
Fama crescit eundo ; c'est l'histoire de la pondeuse de Lafon-
laine : J. P. de Limbourg n'a pas vu la table carrée, dont un
paysan lui a seulement parlé ; cette table n'existait plus depuis
plus de quarante ans en 1763, puisque vers 17i20, on en parlait
comme d'une chose alors détruite; au commencement du pré-
sent siècle, la Table carrée reparaît : on la trouve, on la voit
sur les Hautes-Fagnes( i)-
Le récit devient même de plus en plus circonstancié :
Les habitants de la Baraque-Michel parlent aussi d'une Table
carrée existant encore aujourd'hui, et où (ils précisent) r/j<«/rt^
monarques se réunissaient ii un certain jour de l'année, pour y
dîner ensemble, chacun assis sur son territoire. Seulement les
agents forestiers de la forêt de Hertogenwald, chez qui la tra-
dition a également cours, parlent non de quatre, mais de trois
territoires, se réunissant à un do leurs angles.
Cette restriction au nombre des territoires voisins, nous met
peut-être sur la trace de la solution. En effet, si l'on consulte
la carte archéologique de Van der Maelen, comme celle do
Fen-aris, on ne remarque que deux points où trois souverai-
(l) Sans duulc lus déljris dune colonne milliiiirL' iiu'oii voil en ellul, ;i la Daraquc-
Micbel.
("2) I.c Guide lies ciiiicnx (I ni visilcnt les caiiK dr Spu. \e.\'\\cvs, iSli, p. !2',),
v» Fagncs (Hautes), « ancienne Table de pierre caittic. »
;;!: Histoire du marquisal de Francliiuiout. Liôije ISÛO. I, p. G"!.
(i) On y ("ail 'ilioiilir le tiM'ritoiri' du I,iix.^ml)onra' dont .1. 1'. de r.imbiMir^; n'a\ail
[)-.{< pailr.
uelés indépendantes viennent se touclier à un de leurs angles, à
l'est du marquisat de Franchimont.
Ces deux endroits sont assez voisins Tun de l'autre, et placés
à proximité, l'un au N.-O., l'autre au S.-E. de la source d'un des
affluents de la Vesdre, la Helle, qui a été précisément prise
comme ligne frontière entre la Belgique et la Prusse, par le
traité de délimiiation du ïî6 juin 1816.
Nulle part ailleurs, les tei'ritoires de Limbourg, de Stavelot
et du marquisat de Franchimont ne se rejoignent à l'E. de ce
dernier.
C'est donc vers la localité appelée aujourd'hui la Baraque-
Michel (hameau de Jalhay), qu'il faut chercher la prétendue
Terre d'Orange et la Table carrée.
Mais ici l'embarras redouble : deux points sont désignés
comme ayant été l'emplacement de cette Table carrée qui n'a
peut-être jamais existé.
Detrooz désigne le voisinage de l'hospice des Hautes-Fagnes,
qui n'est autre que Petershuys ( cartes de Mercator et de Fer-
raris), détruit par l'autorité, parce qu'il était devenu un rel'uge
de malfaiteurs.
Ce serait donc à la Croix-le-Prieur, indiquée aussi comme
point de démarcation par le traité de juin 1816, qu'il faudrait
chercher le point en question, où en effet était jadis la jonction
des territoires de Franchimont et Stavelot ; cet emplacement
qui répond en partie aux conditions du programme deJ. P.
de Limbourg, est en outre, comme sur la carte de cet auteur,
à l'extrémité du territoire de Jal'iay; enhn il existe encore
aujourd'hui, à la Croix-le-Prieur, une base cubique couverte
d'inscriptions, portant le nom de Panliaus, que le vulgaire a
pu considérer comme la base d'une table carrée, sinon comme
la table elle-même.
Cependant les habitants de la Bai-aque-Michel certilient iju'il
ne faut pas chercher la Table carrée au N.-O., mais au S.-E. ;
en effet, à peu de distance vers Bourbrodt, d'une borne pris-
-- 128 —
mauquc portant les trois noms : St.welot, Limbourg, Luxem-
lioiHG, et placée à la limite ancienne de ces trois territoires, on
ne tarde pas à trouver à Bodrange, sur le territoire d'Ovi-
fat (i) (Prusse), dans la direction de Sourbrodt, une autre
base cubique, également recouverle d'inscriptions, avec le nom
de T>;'»6'r.v ( ti), etqui a pu comme celle de la Croix-le-Prieur,
être ou supporter une table carrée.
Mais les deux pierres cubiques à inscriptions, établies l'une
par Pieri'e Panhaus, l'autre par Bartbolomé Verners, portent
toutes deux la date de 1568 (s).
Oi", c'est en 1605 seulement qu'apparaît pour la première t'ois
une pierre carrée, destinée à servir de limite entre les terri-
toires de Liège et de Stavelot. Le 21 octobre de cette année,
domLouys, prieur du monastère de Malmédy, décida, avec le
concours des autorités de Franchimont, etc., qu'on porterait
sur la Fagne, à la limite «une grosse carrée pierre pour l'entre-
dcux et séparation d'entre les deux pays, savoir entre le pays
de Francliimoîit et le pays de son Altesse de Stavelot. »
L'endroit précis où la pierre carrée devait être établie, est
fixé par l'art, o de l'ordonnance :
« Item que les quatre vinables seront tenus d'ordonner une
cbarretle avec quatre hommes, lesquels iront rayer des aul-
neaux, beollcs et autres bois et iceux planter parmi le chemin
venant et allant de la Croix-le-Prieur ( i). )>
(I) Sans doute An vl faij, (au vieux hélrc, obaùcvalioii de M. le baron UE Séias-
LoNGCiiAMi's, rapporleurj. En elîet les lièlrcs Otaienl souvent plantes dans ces
régions pour déterminer les frontières (Voir (InANDCAGNACE, Mcmoires .sur les
noms de lieux, p. \ii); el à proximité, se trouve Vinbielte, point-limite du traité
déterminé par un vieux hêtre abattu il y a trois ans par un orage, de mùme que
tout près de l'iarai[ue-Micliel se trouve un lieu dit llcrbofaij. Herbe au hùtrp.
d) M. Ars. VE jNouEafllrme que la IJgendc de l;i Table carrée est attacbéo par le
peuple à la pierre de IJodrange.
;3) V. Dnll. des Coiunt. loij. d'url il d'archiuL, X, p. o!)î cl iUS.
(i) PûLAlN. Itecticil des ordoriuniiccs de la principauté de Stavelot, p. -^22.
•( Accord toucliant la séparation entre le marquisat de lYancliimont e( la princi-
— 129 —
Il lie peut s'agir comme « pierre carrée » établie en 1605, ni
de l'une ni de l'autre des deux pierres à inscriptions de 1568,
à moins de supposer que celle de Pierre Panhaus a été
déplacée de son site primitif, et transportée comme « pierre
carrée » en 1605 : des tronçons de colonne gisant à côté de la
pierre Panhaus, tendent h faire repousser cette hypothèse, et à
l'aire croire que ce monument a été établi à la Croix-le-Prieur
même; mais alors pourquoi une seconde « pierre carrée , »à
proximité, en 1605 ?
Quoi qu'il en soit, la « pierre carrée » de la Croix-le-Prieur,
n'est nullement la prétendue Table carrée dont parlent J. P. de
Limbourg, Detrooz et Dethier.
En elïet, l'enquête à laquelle le premier de ces auteurs fait
allusion, a été retrouvée [i) ; or les points directoires sur les-
quels porte l'enquête, distinguent parfaitement entre :
'[" La pierre carrée établie comme limite entre Franchimont
et Stavelot, près du chemin de Sourbrodt à Jalhay; c'est la
pierre de 1605;
2° Une croix établie au-delà de ce chemin vers l'Orient; c'est,
d'après deux témoins, la Croix-le-Prieur;
3° Une seconde pierre qui « dans le temps passé » était
placée à l'est de la Croix-le-Prieur, vers Brochepierre, au-delà
d'une autre croix. Celle-ci mérite d'attirer l'attention : c'était
'jne pierre à trois anneaux, située à la limite des trois territoires
de Liège, Limbourg et Stavelot. Rien du quatrième anneau,
lioii plus que du quatrième territoire mentionné par J.-P. de
Limbourg.
Les points directoires ne parlent pas de pierre carrée, et en
paulé de Slavelot, k \Sl Croix-le-Prieur, sur les Fanges » L'ordonnance du Prieur
portait aussi sur le rélablisseraeni d'une croix, à la limite, d'où sans doute le nom
du lieu dit, oii un prédécesseur dudil Prieur avait fait tUablir une première croix,
détruite en 1603.
(1) Archives de l'Etat à Liège : Registre A. 06, aux Oeuvres de la cour de Jal-
hay, années 1717 à 17!26, p. 216.
— 130 —
eli'et, élaiit sur trois terriloires seulemcat, un quatrième angle
aurait été superflu : cependanl certains témoins ajoutent cette
qualification de carrée, la plupart par ouï dire, un seul
individu, à peu près octogénaire, pour l'avoir vue dans sa
jeunesse.
Mais na-t-il pas confondu avec la quantité de pierres carrées
de ces lieux : les deux pierres de Panhaus et de Verners, la
pierre carrée de 1605, la Pierre carrée aux Potalles dont il sera
lait mention ci-après (traité de 17oo), etc.?
Pas un mot de la prétendue Table carrée, sinon que la pierre
aux trois anneaux, outre certain repas accidentel de deux
paires, avait servi aux agenis Ibresliers pour y régaler d'une
« omelette ou volte, « les individus qu'ils y appelaient à l'effet
de graver dans leur mémoire par ce régal, l'emplacement de la
borne-frontière des trois pays ( ').
Rien non plus d'une prétendue Terre ou Commune d'Orange;
aucun témoin n'en parle : il s'agit seulement d'une partie des
Fagnes, libre, francbe et commune, sise vers les Fagnes-
Rasquin. Cependant des renseignements fournis par M. Ars. de
NoLie (t2), établissent que la maison d'Orange était, en ces
régions, propriétaire d'une partie de Fagnes qui fut acquise en
1854 pour environ 24,000 fr. par les babitants de Sourbrodt,
et qui peut être la Terre d'Orange en question, si toutefois le
caractère de « terre libre, francbe et commune » (d'après l'en-
quête), et « de terre non réclamée par un seigneur» (d'après
J. P. de Limbourg), n'exclut pas la propriété privative attribuée
à la maison d'Orange.
Cette Terre d'Orange, s'il y a bien lieu de lui donner déflniti-
(ij C'est ainsi que dans les Icmps anciens, quand on piaulait une borne, on appe-
lait des enfants, et on leur administrait des soulllots, pour (ju'ils pussent rendre
ténaoignage plus tard de l'emplacement de la borne. Moyen naïf de ./'/■(ï/j/jf/ l'esprit ;
les forestiers dans les llautes-Fagnes, pour faire retrouver la limite, comptaient,
eux, sur la recuunaissance do l'csloinac.
(2) Lettre du 14 novembre 1871.
— i:n —
vement ce nom, avec J. I'. deLimbourg, n'était pas néanmoins
une commune à l'usage des habitants du ban de Jalhay : si
l'enquête a ou lieu devant la justicede ce dernier lieu, ce n'était
nullement dans un procès intenté par ceux du marquisat do
Franchimoiit à ceux du duché de Limbourg. Loin de là, les
contendants sont ceux du duché de Luxembourg et ceux de la
principauté de Slavelot; on prétendait que le duché empiétait
sur le territoire de la Principauté; et l'enquête provoquée par
la haute cour de justice de Malmédy eut bien lieu, au moins
en partie (i), à Jalhay, mais seulement à l'effet d'y entendre les
habitants sur l'étendue des limites de la Principauté, et la pos-
session qu'avaient les surcéants du ban deWeismes (Malmédy)
d'aller prendre de la bruyère, etc., en une partie que le
Luxembourg leur disputait.
A la suite de ce procès, les parties, abstraction complèle du
pays de Liège, réglèrent leurs limites, ainsi que ditférents
autres droits qui les concernaient réciproquement, par un
traité du 1''"' décembre 1755 (2), où il est décidé, en ce qui
concerne la partie litigieuse :
« Que le grand chemin (devant Sourbrodt) depuis les deux
Grosses pierres, jusqu'à la Pierre carrée aux Potalles, tel qu'il
est aujourd'hui et qu'il se trouve désigné sur ladite carte, fera
pareillement la séparation dos deux pays, et appartiendra tout
entier à Sa Majesté, ainsi que la Fagne-Piasquin; bien entendu
que tout ce qui est à droite, en allant depuis les deux grosses
pierres en droiture sur la Ibntainc de Stockay (3), et de celte
Ibntaine jus(|u'à la Helle, à l'endroit où le chemin de Néau,
(1) Les autres pièces de la procédure n'ont pu être vérifiées à Malmédy, à raison
du transfert des archives de cette dernière ville à Dusseldorf, où un complément
d'études pourrait être utilement fait.
(2) PoLAiN, lieciicil cité, p. 429.
{?>) D'après une copie, communiquée par M. de Noue. M. Polain imprime Iloc-
fuui. Or il y a Hockay et Stockay ( Y. notamment au cadastre de l'rancorchanips,
les lieux dits llockay, hameau, et Stockay, n" 2808 ',.
— 132 — »
passant n Brocliepierre le traverse, sera pays de Luxembourg-,
et que tout ce qui est à gauche de cette limite, sera pays de
Limbourg. »
En exécution d'une stipulation expresse de ce traité, signé
pour l'impératrice par Cbarles de Lorraine, des bornes lurent
établies aux limites lixées ( i). C'est là sans doute l'origine, un
peu au nord de la Croix de Bodrange, de la borne citée : Sta-
VELOT, LiMBouiu;, Lixemp.olik; ; celle-ci, pas plus que les pierres
cubiques de Panhaus et Verners, n'a donc été le pied de la
prétendue Table carrée.
Bien des dénominations de lieux dits cités ci-dessus ont
disparu aujourd'hui; on a recherché en vain dans les docu-
ments modernes, le cadastre, etc. : Brocliepierre ou Xhavée, la
Tourbière - Monaij , les Potalles , les Grosses Pierres, etc.
Il y aurait lieu de vérifier cela de plus près, pour écarter
toute cause de confusion sur les noms dont la détermination
faciliterait la recherche des difiérents endroits cités ; on ne
retrouve guère que la Fontaine au Pas, dont le traité de
1755 détermine la position ; la Croix de Bodrange , en face
de la Fontaine au Pas ; la Fayne-Basquin entre la Baraque-Mi-
chel et Sourbrodt (sur territoire prussien); la Jlelle, dont la
source, la Fontaine Périgny , est un iioint-frontière du traité
de 1816 entre la Prusse et la Belgique (elle côtoie les
Fagnes-Rasquin, et formait jadis limite entre Stavelot et Lim-
bourg) ; \ixCroi.v-le- Prieur, autre point frontière du traité de
1816, qui, on ne sait comment, est aujourd'hui à environ un
kilomètre do la Prusse ; Petershuns ou Piette-ès-Fagne, (aujour-
d'hui Monl-Pielle), un peu au nord de la Croix-le- Prieur {-i).
(1; La i;art(! de lùrrurin, de la fin tiii Irailë passé, est postérieure à ce Iruilc
de nSo ; inutile d'y rechercher par conséquent les limites antérieures. La carte
dont il est parlé en ce traité n'existe pas aux Archives de l'Etat à Bruxelles.
(Rens. de M. P. Pior).
(2* Voici copendanl sur diOVrents lieux dits, les rensci^'neniciUs donnés par la
la.".
Mais ce que la comparaison de l'enquôle passée à Jalhay en
1724, avec les deux traités de 1603 et d(; 1755, permet de
conclure avec certitude, consiste dans les données suivantes :
1" La Terre ou Commune d'Orange, quelle soit ou non le bien
vendu par la maison d'Orange aux habitants de Sourbrodt, était
complètement étrangère au marquisat de Franchimont, dont les
habitants n'y exerçaient et n'y prétendaient même aucun droit.
2" La prétendue Table carrée était simplement une pierre,
peut-être carrée, portant trois anneaux de ter; elle était située,
avant la fin du XVIIP siècle (époque où elle disparut), à l'an-
cienne limite de Slavelot, Liège et Limbourg, limite qui était
placée à une certaine distance à l'est de la Croix-le-Prieur.
'à" Celte pierre ù trois anneaux est complètement étrangère
aux deux pierres cubiques de Panhaus à la Croix-le-Prieur, et
de Verners à la Croix-de-Bodrange, comme ù la borne prisma-
tique : Stavelot, LiiMBOLRG, Luxembourg.
Il est inutile d'ajouter qu'ti raison de sa forme, certaine co-
lonne milliaire, de deux à trois mètres de hauteur, sur la roule
femme Scimiitz, rie la Baraque-Michel : « Drochepicrrc se trouve entre notre
maison et la fonH de Hertogcnwakl ; il y existe une croix.
» Xhavée se trouve du cùid de Cliarneux.
>' Foniaine-au-Pas est à Piette-ès-Fagne, près de la forôt.
» Pierre à trois Cornes est du côté de Bodrange.
» La peiiie Hêtre se trouve sur les Fagnes entre notre maison et Jalhay.
» Tourfc-Monaij est près de chez nous, du côté du Hockay.
'. Les Potallcs, Pierre carrée aux Pnlalles^ Lieu aux Tourfes, sont près de chez
nous.
» Les deux grosses Pierres se trouvent entre notre maison et Jalhay.
» Fontaine SiocUay est entre la maison Hestreux (dans la forêl), et Béthane-
(ioé. «
D'autres lieux dits, dont aucune trace n'existe dans les documents anciens, sont
Cl.apellc-Fisehbach, à raison d'une petite chapelle élevée en 1830, par M. H.
Fischbach, près de la Baraque-Miclicl, dont la création date de 4808; eniin
Monte-Rcgi, où se trouve la Maison Hoen, et non Heune, comme il a été imprimé
au BulL des Corn. roij. d'art et d'archéoi. (Voir sur cetle dernière dénomination et
sur d'autres particularités des Ilautes-Fagnes, l'intéressante notice de M. le haron
de Sélys-Longchamps, dans \(^^ Annales de la Société rntomoloriirjur helrtc, ^nnéo
•187r.
actuelle, près de la frontière, h la Baraque-Michel, ef, qu'à
raison de sa date, certaine stèle de station géodésique, élevée
pour l'empire français, par le colonel Tranchot, à Bodrange, ne
doivent pas arrêter un seul instant l'attention de ceux qui con-
testant les conclusions de la présente notice, voudraient cher-
cher ailleurs, sur les Hautes-Fagnes, la prétendue Table carrée.
Les Hautes-Fagnes (Faniœ , du prœeeptum de l'an 666)
et leur point culminant en Belgique (la Baraque-Michel,
680 mètres ; Bodrange en Prusse, est un tant soit peu plus
élevé), méritent au surplus l'attention des archéologues : là,
en effet, se rejoignent deux voies romaines importantes.
L'une est sans doute la Via Mansiierisca du même prœceptum :
celle-ci figure comme route romaine, sur les cartes prussien-
nes (i), qui chose désespérante (et qui serait môme effrayante,
s'il y avait en jeu un autre intérêt que celui de l'archéologie) ,
sont plus complètes que les nôtres pour notre propre terri-
toire. L'autre est la grande voie de la Vecquée qui parcourt le
plateau des Fagnes depuis Louveigné jusqu'à la Baraque-
Michel , pour continuer en Allemagne, par Sourhrodt, sur
Elsenborn, Neuhof, Schmidheim, vers le Rhin : cette seconde,
dont on a à peine parlé dans notre pays, a été récemment
signalée, avec sa véritable importance, par le colonel Von
Cohausen (2); c'est même une route stratégique par laquelle
une armée venant de Butgembacli ou de Malmédy, serait en
quelques heures à Louveigné, au contre de la province de
Liège!...
11 importe vraiment que nous no nous laissions pas ainsi
devancer, pour Jiotre propre pays, par les savants des pays
voisins.
Liège, novembre 1871. S.
(1) Voir cntr'autrcs à h) niljliothèqne de l'Universilé, colles qui onl servi aux
travaux de Dumont.
{■>) Jahrbïicher tics Vcrnns von Alti-rllnnnsfrcuiidi'ii lui lUiciulaude , XLIH
(186- . p. 37.
LA NÉCROLOGIE ÉTRANGÈRE, A SPA.
L'état civil de Spa, plus que celui de toute autre ville de cette
importance, offre de l'intérêt, par cela môme qu'il est celui
d'une ville d'eau.
Fréquenté de bonne heure et presqu'exclusivement par des
étrangers de distinction, par des personnages grands ou par
le rang ou par la naissance, notre bourg vit ces derniers,
accomplir assez fréquemment un des trois actes qui sont souvent
les seules traces que laisse un individu de son passage à travers
la vie : la naissance, le mariage, le décès.
Tout naturellement, en ce qui concerne les Bobelins, c'est la
mort — en raison même de l'incertitude de l'heure où elle
frappe — qui fournit à notre état civil le plus fort contingent.
Aussi est-ce sur la partie nécrologique de nos registres que
nous avons reporté uniquement notre attention.
Ce n'es; pas qu'au courant de nos recherches, nous n'ayons
trouvé quelques cas curieux d'abjuration; par exemple, celui
d'un prince de la maison de Mecklembourg qui se convertit en
1662 à Spa, à la suite des conférences tenues avec le savant
liégeois Thomas Léonardi, ou encore celui dont nous transcri-
vons l'acte en entier :
« Eruesta Alexandra, Jnife, fut baptisée ce i''''' septembre 4.^89;
— 136 —
pariii M. Coiine de Lumaij, représentant Ernest evecqiie de Bavière,
et le conte AicoJas, représentant le ducq de Parme; marine mad^
d'Arembergh la vieule. »
Nous trouvons aussi au XVIÏ*' siècle de grands dignitaires ou
des nobles de haute extraction qui ne dédaignaient point de
tenir sur les fonts, l'entant, de quelque bon bourgeois de Spa :
l'archevêque de Matines, le duc d'Aerschot, la marquise de
Trasignie, la comtesse d'Egmont, etc.
L'on verra qu'un assez grand nombre de visiteurs croyant
trouver ici la guérison comme le disent dans leur langage naïf
les pages de cet obituaire : rcmedium quœsituri Spadam veneriint
hue morlem reperirunt , nam contra vim mortis non est aqiia
medicamen.
Les registres destinés aux actes de l'état civil de Spa com-
mencent en iu70. Malheureusement il existe en ce qui concerne
les décès, une lacune assez considérable qui embrasse les années
1594 à 1633. Il faut aussi remarquer qu'il n'est pas fait mention
dans ces registres des personnes mortes dans une communion
autre que la communion catholique. Les défunts n'étant inhu-
més qu'à Olne, c'est dans cette communauté qu'était dressé
l'acte de décès. M. .1. Matthieu, instituteur, qui a bien voulu faire
des recherches à ce sujet dans cette localité, n'a retrouvé ([u'un
seul des registres à ce destiné, registre qui ne commence qu'à
l'année 1759.
Nous avons restitué les noms de quelques personnes omis
dans les registres et qui sont citées comme étant mortes à Spa,
soit à l'aide du grelîe de Spa déposé aux archives de i'Elat, soit
à l'aide d'ouvrages écrits Piir notre ville. Faisons observer enfin
que tous les individus à la suite desquels il n'est pas mentionné
que rinhumatioD a été faite ailleurs, ont été enterrés à S])a.
Albin Bonv.
— 137 —
1572. 24 mai. Jacob Wautelet, échevin de la cour de Theux,
trouvé assassiné à la forge Brédar. (Registres aux bannissements
de la cour de justice de Spa. Archives de Liège.)
1573. Vaillant S^'' Jaspar de Lynden, trespassat à Spaux le
26<=jor de junga" 1S73.
— Johan de Lonchin, vaillant homme S^'' de Flémalle, Soye,
Gentines, Molembais, capitaine de la marchisat de Franchimont,
trespassat à Spaux le 19 jor d'aoust à 3 h. après midi.
(Abry dans le Recueil héraldique des Bourguemestres , p. 268 ,
citant répitaphe de ce seigneur, donne la date du 10 août 1574.)
1574. Le 14'' de jun trespassat Nandry gentilhomme fransoy.
1579. Johan Nevelle, chevalier engloy trespassat l'an 79.
1581. Le 13" de jullet est trespassé sire Thomas, père jésuite
engloy.
— L'an même au 29 jullet trespassat sire Giele, père jésuite.
1587. Le 3'^ jour de jang trespassat S'' Jean de Valentiaz.
1589. Le 15« jor d'aoust trespassat damoselle Margarite de
Geldre.
1590. Damp Anthosne Ambramby, italien, natif de Souro-
zime. (Registres aux banissements).
1592. Le 22'^ jour d'avril trespassat Simon deSentinon, bailly
de l'Eveschez et comte de Verd.... (le reste du mot manque, la
page étant déchirée.)
— Le 16<= jor de juillet trespassat Charles de duc de Parme,
(il s'agit vraisemblablement ici d'un individu mort à l'enseigne
du Duc de Parme).
— Le 10'^ jor d'octobre trespassat sieur Renard de Gas-
congne.
1593. Le 16"= jour de mars trespassat Johan Flahault, deCalays.
— Le 26'' jour de may trespassat vénérable home sire Léonard,
curé de Spaux, doyen de St-Remacle à Pont-d'Amercour.
1603. Demoiselle Van Hontsum d'Anvers. (Epitaphe dans
l'église de Spa).
1641, 6 juin. Dona Anna Libert, uxor D"' D'Oupie.
— 138 —
{L'épitaphe de cette dame qui existe encore dans le jardin du
presbytère de Spa, est ainsi conçue) :
D. 0. M.
Admajorem gloriam, in memoriam charissimae suae conjugis
domicilla3 Annae tllioeque amplissimi domini Anthonii Liber
scabini supremse jiistitiœ Leodiensis, et domicillce Mariae de...,
conjugum legit-:morum, Henricus d'OupieJurisconsultus et Suae
Celsitudinis Leodiensis procurator generalis ejusdem, maritus
divae Annae hujus sacelli prœsidi et suœ quse uxoris patronse
dedicavit.
1642. R^"' Pater Petrus Canivet, ex Parisiis.
— R''"^ Dominus Jossius Morel, pastor in Hievelde juxta
Dunkercam.
— Jacobus à Rrebis venerat medicorum consilio ut vitam
nonnihii produceret. Multas suis divitias reliquil. Cadaver
reductum est Leodium.
— 16 août. Contracta febri ex intemperato fontium potu,
nobilis et generosus juvenis Michael Brade, dominus de
Ste-Croix, venerat in Spa de Naivagne, ubi régi Hispania mili-
tabat.
1645, 1^'' juillet. Claudius Carré, chirurgus expertus valde,
oriundus ex Galliis ad ripam Rliodani supra Lugdunum.
1647, o juillet. Nobilis Dominus Franciscus de Hamal, baro
de Viernes, etc.
— 15 juillet. R'"' dominus Jacobus Maes, pastor in Stcinfurt
in Westlandria (i), prope Casseletum.
— 5 août. Joannes de Lannoy servus Rdi domini abbatis
Danchin.
6 septembre. R'"' dominus Henricus Gradir, pastor in Falisol
inter Mosam et Sambram.
1648, 10 juillet. D""' Joannes Petit, sacellanus revercndis-
simi episcopi Tornacensis.
[i) Probablement pour Wcstphalia^
139
— 4 août. D""' Daniel le Comte, prsefectus Cameracensis et
Hispaniarum Régis commissariusordinarius.
— 4 septembre. Joannes Liveiioo, mercator Leodiensis, vir
insignis.
1649, 31 juillet. Quidam juvenis anglus nomine Henricus
Alexandri.
— 16 août. D""-' Lambertus Ghisenne, canonicus ecclesiËe
Tungrensis.
— 9 juillet. Lucas Cawenberghen navita Gandensis.
1650, 20 juillet. Nobilis et excellens mulier D"" Catberina de
Celles, uxor nobilis et excellentis D"' Hellii (?) Frederici comi-
tis de Merode ab Waroux.
(Voyez \^ Bibliographie liégeoise, anno 1650.)
— 1631, juillet. Petrus Woms, coquus excellentis D"' de Haut-
bois.
— Rdus t)nu3 Nicolaus de Watten , Insulensis , archidiaconus
et officialis Episcopi Namurcensis dicti Dubois.
— 4 août. Quidam juvenis nomine Cbristianus, lamilitii excel-
lentis D"' Marcliionis de Wesleiioo.
— 9 août. M. Jean de laFaulx ou de Vaulx(sic), parocbien de
St-Pierre en Vaulx, procbe de Binclie, diocèse de Cambray.
— 15 août. Nobilis D"^ Maria Francisca Bindts, uxor nobilis
viri Francise! de Dixmude, equitis D"' de la Balgbes, pra'positi
urbis Valencinae.
1651, 18 septembre. Noble et vertueuse demoiselle Jeanne
Gulbelmine Snoeyf, fille d'bonneur à très-noble et généreuse
dame madame la comtesse de Glaine.
1652, 14 juillet. Très-digne demoiselle Hélène, fille Lambert
Artzen, du bourg dict Dril au pays de Gueldre.
— 15 août. Le sieur Euslache Englebert, bourgeois mar-
chand de Liège.
— 7 octobre. Honestus Dominus Anthonius Prévost alias
Lespinetle, ex provincia Picardia oriundus.
~ uo —
— 13 novembre. Clément Lavigne, cuisinier Françoy, venu
icy d'Hollande.
1653, 30 juillet. Honnête et vertueuse femme demoiselle
Françoise del Roë, espouse du sieur Georges Serret de Valen-
ciennes.
1653. Saumaise, ainsi que le témoigne son épitaplie, mourut
aussi à Spa, mais fut inhumé à Utrecht :
Finivit Spadae vitam Salmasius hospes
f Trajectum cineres ossaque triste tenet.
(Voyez De Villenfagne, Histoire de Spa. Tom. I, p. 205.)
1654, 22 juillet. Noble personne Gaspar Hùet, advocat par
devant la courte de Hollande.
— 2 août. R'"* sieur Jean Del Ré, chanoine de St-Albert à
Aix, bénéficier de St-Pierre.
1656, 13 juin. Demoiselle Petronille espouse de sieur Jean
Laby, procureur à Gand.
1657, 31 août. Jean Le Maigre, serviteur au S^'' capitaine De
Martin de Castelneau.
— 26 novembre. Estienne Medy, de la province de Rerri en
France, d'un village assez voisin de Bourges.
1661, 20 avril. Marie Gile de Brecheuville, de Lorraine,
proche Verdun.
1662. M. Nicolas Van Ghendt, commissaire du Roy à Malines.
— 24 may. Révérend Seigneur Jacques de Sclessin, irefon-
cier et vice-doyen de St-Lambert.
— 17 juillet. Révérend N. Beruvart (?), chapelain à Saint-
Lambert.
1664, 4 juillet. Dame Amelberghede Loqenhagen, (Locqen-
ghien?) espouse à Mons' de Warcoin (?), résident h Lysle en
Flandre.
— 24 juillet. R'"'. Titus Horion, chanoine de Looz.
1665, 25 juillet. D. Conrardi, chanoine de St-Jean en Liège.
Son corps fut remenez à Liège.
— 141 —
— 31 juillet. Demoiselle Marie de Maere, de Gand.
1666, 25 juin. M. le R"'^. Rossius, chanoine de St-Pierreà
Liège. Remenez à Liège.
— 8 août. R"''. Anthoine Lisen, chanoine de Ste-Croix en
Liège.
— 16 août. Dominicq Carty, hybernois, de noble maison.
1667, 9 septembre. Adrien Goessens de Zèle, proche Ter-
monde aux Pays-Bas.
1668, 18 juillet. D. Henricus Rovers, flamand, ingénieur du
fort, à Liège.
— 26 juillet. Demoiselle Marguerite Gilon, de Liège.
1669, 21 juillet. Joan Antonio Ceute de Brusselle, archier du
Roy.
1670, 4 novembre. M. Jean Littarl de Grape-Fontaine, en la
Seigneurie de Neuf-Chasteau au pays de Luxembourg.
1671, 31 juillet. M"" Lancelot Parys, marchand de Brusselle.
(Son èpitaphe orthographie Barry.)
1672, 4 août. Révérend Joachim de Pré, chanoine à Valen-
ciennes.
— 31 août. Jacques Grus de Grandchamps, de Rouen en
France, soldat de la garde du corps du Roy de France.
— 2o novembre. Révérend Guillaume de l'Arche, liégeois,
mort en la maison pastorale.
1673,11 may. Barbe Raymond, loraine de nation.
1675, 5 janvier. Joannes Jorkowitz, ex Horestein in Croatia.
— 3 septembre. Maximilien de Mérode marquis de Wester-
loo, baron de Peetersem. Son corps remené à Mérode pays de
Juliers.
1676, 16 juillet. Jean de Bra, chanoine de St-Paul en Liège.,
1678, 2 juin. Noble Seigneur Charles Domgelberch vicomte
de Zulebeeck, premier conseiller du Brabant.
— 7 juillet. M"'' Anne Mottet, bourgeoise de Liège.
— 17 juillet. M»« Elisabeth Laurenty, bourgeoise de Liège,
femme de M Lefort, marchand. Son corps rcmenez à Liège,
— 1
— Denis de Léonard, liégeois, qui fut père de Mathieu de
Léonard, bourgmestre de Liège en 1710, et grand-père de Léo-
nard de Streel, aussi bourguemestre de Liège en 1778. (Cité par
De Villenfiigne, Ilistuire de Spa. T. L p. 268).
1679, 16 janvier. Jean Pigeon, bourgeois de Limose, paroisse
de St-Pierre (Frances.
1679, 20 août. Père François Plenevaux, minime. Son corps
remené à Liège.
— Jean Gaspard Ferdinand comte de 3ïarchin du Saint-Em-
pire et deGravilie, mai'quis de Clermont, baron de Dunes,
Seigneur de Modave, Mesières et Vieux-Waleffe , chevalier de
la Jarretière, etc., etc.
( Voir Les hommes illMstres de la nation liégeoise par Abry, p. 526.
Les délices du pays de Liège et Le miroir des Nobles Hemricourt,
préface.
De Villenfagne. Histoire de Spa, T. I, p. 267 ; Delvaux, Dic-
tionnaire biographique; et Becdelièvre, Biographie liégeoise re-
portent tous trois à 1673 la mort de ce seigneur , qui fut
inhumé à Modave.
— 16 septembre. Renier Matthaei, autrefois curé de Cler-
mont et ensuite chanoine de St-M,iterne à Liège.
1682, 19 août. Messire Guillaume Ernest de Marteau, con-
seiller du grand conseil du Roy à Malines. Son corps a été
inhumé ii Huy en Condroz.
1683, 3 août. Don Antonio Velaz Demedrano Marquis de
Tabuerniga, etc. gouverneur de Termoude.
1684, 16 juillet. Fut occy en plein marché M. Hubert Cloes,
commissaire de la cité de Liège, par un capitaine hollandais de
Maeslreck. Son corps fut remené à Verviers d'où il était natif.
— 31 août. M. Jean Van Beefe, avocat de Bruxelles.
1683, l*"' novembre. M. Bailly de Villers-le-ïemple, lez-Huy.
1686, 6 aoust. M. Henry Rouvers, chanoino de St-Denis en
Liège.
— 11 août. Honoré Seigneur Renier de Favs, haut-voué de
— 143 —
notre marquisat. Son corps inhumé à Verviers aux sépultures
de ses ancêtres.
4687, 3 septembre. Mathieu Winotte, bourgmestre de Lou-
veigné.
1688, 13 août. Monsieur Tornaco, mayeur et haut-voué de
St-Trond.
— 19septembre. Monsieur N. Jardon, eschevin de Verviers.
Son corps fut là remené.
1689, l^-- septembre. M. le marquis de Fontette, maistre de
camp d'un régiment de cavalerie pour le service de S. M. T. G.
1694, 30 mars. Jean Burnay, paroissien de Verviers.
1698, 2 août. Révérend Père Haubonval, docteur en Sor-
bonne et fameux prédicateur.
1699, 28 juillet. Révérend Jean Paul Slinse (?), chanoine régu-
lier de St-Gilles.
1703, 5 juillet. M. de Villeneuve, étranger.
1708, 18 octobre. Le sieur Jacques de Sclessin, ancien bourg-
mestre de Liège.
(Abry. Becueil héraldique, p. 484, donne la date du 8 octobre).
1708. Jean de Noirfalize, escuyer, mort h Spa, avait épousé
demoiselle Goudert de Beauregard. (Généalogies de Lefort).
1709, 14 août. Le sieur mayeur de Sclessin, étranger.
1711, 12 avril. Le sieur Etienne Arnold de Storheau, éche-
vin de ïheux.
— 11 mai. Le sieur Nicolas Prcsseux, prêtre.
— 1" juillet. Pierre François de Petitpas, Seigneur de War-
quoin, gentilhomme de Lille en Flandre.
1720, 5 janvier. Seigneur Christophe Billingfly, anglais, colo-
nel de cavalerie au service de S. M. britannique.
(Signalé dans les registres du greffe deSpa, n" 88).
1721, 24 février. Louis Ghobert dit la Croix, du régiment du
Roy, d'entre les duchés du Maine et d'Anjou.
1724, 6 juillet. M. François Magny, de Valcnciennes.
— 144 —
47:2o, 17 mai. Jacque Crau, pèlerin, natif de Vaubon près de
Grenoble.
1737, il janvier. iM. Gilbert Cornet, avocat de la cour épis-
copale de Liège.
1739, 12 septembre. M. Jules Moraux, notaire de la cour
épiscopale de Liège.
1741, 12 août. M. Jean Pliilippe Badare, anglais de nation.
— 17 août. Noble Seigneur Adrien Maximilien Grangier, sei-
gneur de Bellesme, en France.
1742, 18 février. M. Louis Vincesnoy, de la Picardie.
1743, 22 avril. M. Tichlein, lieutenant dans le régiment de
dragons de M. Von Wendt.
( Cité dans le greffe de Spa, reg. 93).
— 19 juillet. M. Henry Verschuylen, de la paroisse Notre-
Dame à Anvers.
(L'épitaplie porte Martin, au lieu de Henry).
— 10 août. 31. Claude Alphonse Poulin, français de nation.
1744, 20 janvier M"'^ Christine Dujardin, veuve du sieur
Anthoine Dujardin, bourgmestre de Herstal.
— 1" novembre. M"« Anne Lens de Walstrafif, archevêché
de Trêves.
1745, 5 juin. M. et Rev. Jean Glande de l'Arbie, prévôt et
Seigneur de Merssen, prieur de l'abbaye d'Eaucourt.
1746, 1^' avril. M. Jean Berly, de Nantes en Bretagne.
— 10 juillet. M. Henri Joerlet, de Liège.
— 13 décembre. Anthoine Joseph, lils de Jean Joseph Clanzcr,
chevalier du régiment Karoly, capitaine liongrois et quartier-
maître.
1748, 7 janvier. Jean Warara, hussard du régiment de S. A.
le prince Esterhasy.
— 31 août. Anne Léonard Van Clair, épouse du sieur Jean
Lacroix, de Verviers.
1749, S août. M. Louis Grégoire, de la paroisse de St-Jean-
Baptiste à Liège.
— 145 —
— 18 août. Jean Gérard Moyen, Drossart deVogelsang, gref-
fier d'Ouffet, prélocuteur devant MM. les échevins de Liège-
Paroissien de St-Adalbert.
1751, 20 juillet. D"^ Marie Elisabeth Brixlie, de la paroisse de
St-Adalbert à Liège.
— août. Nicolas Jacques Caigneart, de Dreux en Beauce^
diocèse de Chartres.
1752, 19 juin. Rév. Père Jean Jackson, recteur des jésuites
anglais à Liège.
— 26 juillet. Etienne Gille, natif de Westerloo, religieux du
couvent de St-Bernard ad Scaldim, proche d'Anvers, révérend
curé de Gustel.
— 4 septembre. Frère Joseph Anderson, hermite de Saint-
Maur-lez-Liège.
— 5 décembre. Louis Vincent, de la paroisse de St-Remy
d'Amiens, soldat du régiment de Liège et de la compagnie du
major Lucilly.
— 28 décembre. Jean Testore, de Casco, vallée de Callanca
dans les Grisons.
1754, 16 janvier. Conrard Burvenich, de Jolsemme, pays de
Juliers.
— 15 février. M. Claude de Chilli, français de nation.
— 28 février. M. François HenriouUe de Jauze, diocèse de
Namur.
1755, 24 avril. M™<= Ursule de Villers, veuve de Thomas Stein-
bach, de Malmédy.
— 15 novembre. Noble Seigneur messire Philippe César
Aubert de d'Aubœuf, chevalier, seigneur de Vertot, paroisse de
St-Fromond h Fècamps en Normandie, pays de Caux.
— 26 décembre. Honorable François Du Jardin, bourgmestre
et capitaine de Wandre.
1758, 1«'' mai. Sœur Marie Jeanne Doneux dite Dodet, née à
Ville-aux-Tours, paroisse de Hody.
— 146 —
1759, 4 juin. Madame de Pirman, anglaise, de la communion
anglicane. Enterrée dans le chœur de l'église à Olne.
— 27 septembre. M. N. Schuts, marchand suédois delà com-
munion luthérienne. Enterré dans le cimetière d'Olne.
1760, 8 novembre. M. Valentin Hiblel, prêtre, chanoine de
Wassembej'gh.
1761, 17 mai. M. Nicolas Briquelot, natif de Neufville en
Lorraine.
— 3 août. M. Nicolas Jacobi , marchand bourgeois de la
paroisse St-Pholien à Liège.
— 30 septembre. M-"" Françoise Monique Billerin, épouse de
M. Etienne Fischer, de la paroisse St-Etienne b. Strasbourg.
1762, 2 septembre. M""' Marie Catherine Rafin, épouse de
M. Pierre Gilly, chirurgien-major de l'hôpital de Givet.
1764, 27 septembre. Georges Hervey, anglais.
— 3 octobre. Très noble Prince Guillaume duc de Devons-
hire marquis de Hardington, baron de Cavendisch, de Harwich,
grand trésorier d'Irlande, gouverneur de Charleterhouse, pré-
sident de l'hôpital de Londres, etc., etc., etc. Fut inhumé en
Angleterre.
1765, 17 août. Augustin Joseph Des Sars, de la paroisse de
Ste-Marie de Binche, diocèse de Cambray.
— 12 septembre. ^Guillaume Cooper, natif de Castle Reight
dans le comté de Roscomon, en Irlande.
1766, 22 juillet. Adam Perchove, de la paroisse de St-André
à Liège.
— 13 août. M. François Maggiore, de Naples.
— 19 septembre. Nicolas La Meunière de la Petite Fontaine,
étranger.
1767, 31 août. Pierre Marie Surmere, de la paroisse de Notre-
Dame du Quesnoy, diocèse de Cambray.
1768, lu mai. Prosper Lappal, de Bruxelles.
1769, 18 juillet. Daniel Coiuior, de la paroisse de St-James,
Il Londres.
.._ 147 —
— 21 août. M"^« Marie Bronne, veuve d'Adolphe Wester, de
la paroisse St-Servais, à Liège.
1770, 2 août. M. François Goethals, de la paroisse de Saint-
Nicolas à Gand.
— 27 octobre. M""^ Marie Elisabeth Moore, veuve de M.
N. Coppinger, du comté de Droggheda , en Irlande.
1771, 18 août. Bernard George de Landocq, en Languedocq.
— 22 août. Lisbeth Dex d'Oxfort, en Angleterre.
Inhumée dans l'église d'Olne.
— 6 septembre. M. Eillee de Glusterscher, de la communion
anglicane.
Inhumé dans l'église d'Olne,
— 9 novembre. M'"'' Marie Colin, épouse de Jean Renier de
Pont, de la paroisse St-Martin, à Liège.
— 16 décembre. Jean Pierre Maug de Scheivenhuit, diocèse
de Cologne.
1772, 27 juin. Michel Roland, de la paroisse de St-Martin, à
Liège.
— 11 juillet. M"'*' Marie Joséphine baronne de Cler, épouse
de noble et généreux Seigneur Nicolas Toussaint De Thier, che-
valier du St-Empire romain, seigneur de Scheuvre.
— 30 août. Louis Raymond Fortré, de la paroisse Sainte-
Marie du Temple, à Paris.
— 17 septembre. M'""^ Victoire Lucrèce Lascaris de Janna, de
l'île Martinique, épouse de M. Nicolas Maillard, docteur en
médecine.
1773, 28 janvier. Jean Henri Rester, de la paroisse de Cal-
lenharl, duché de Westphalie, diocèse de Cologne.
— 15 mars. Le rév. sieur André Sougnez, prêtre de la
paroisse St-Nicolas à Liège.
— 19 mars. Jean Juslosh, de la communion anglicane.
Inhumé dans l'éghse d'Olne.
— 29 mai. Alexandre Hâve, d'Ecosse.
._ 148 —
— 25 juin. M. Georges John Frédérich Schoniau, delà com-
munion anglicane.
Inhumé dans l'église d'Olne.
— 30 juillet. M. Michel François Lecordié de Bonneval, gen-
tilhomme français.
— 28 août. Bernard Swierten Dalmelo de
— i8 octobre. M. François Vallier, officier au service des
Etats généraux.
1774, 16 juin. M. Jean Lambert Derote, conseiller de S. A.
G.,mayeur échevin de la ville deVerviers, lieutenant-gouverneur
du marquisat de Franchimonl.
— 17 juillet. M. Boscawen, gentilhomme anglais, de la com-
munion anglicane.
Inhumé dans l'église d'Olne.
1774, 26 juillet. Son Excellence M'"« la comtesse Charlotte
douairière de la Leyen-Gerolseck, née comtesse de Hartzfels-
Gleichen. Inhumée dans l'église des RR. PP. Capucins.
— 27 juillet. M. Drumont, gentilhomme anglais, de la com-
munion anglicane.
Inhumé dans l'église d'Olne.
— 30 juillet. M. Forster, gentilhomme anglais, de la commu-
nion anglicane.
Inhumé dans l'église d'Olne.
— 10 août. M. Jean-Baptiste Durieux, de la paroisse Saint-
Quentin d'Aizelle, diocèse de Laon.
— 10 septembre. M. Dallon, de la communion presbyté-
rienne d'Angleterre.
Inhumé dans l'église d'Olne.
1773, 24 juillet. Pierre François Joseph Hamoire, de Valen-
ciennes.
— 17 septembre. Noble et illustre demoiselle Louise Nugent,
fille de feu Honorable colonel Nugent, de la paroisse de Goes-
ficld dans le comté d'Essex en Irlande-
— 149 —
— lo octobre. Haut et puissant Seigneur messire Jean-Bap-
tiste de Mac-Mahon, marquis d'Eguilli, deLinserick, en Irlande.
1776, 17 juillet. M""" Louise Chanvel, épouse de M. Tourton,
banquier à Paris, de l'église réformée. Inhumée dans l'église
d'Olne.
— 21 septembre. Joseph Zara, de Palerme.
1777, 20 août. M. Devenue, chanoine de St-Materne et de
St-Lambert à Liège.
— 26 août. M. le baron de Simolin, conseiller d'Etat de S. M.
l'impératrice de Russie, ministre plénipotentiaire en Courlande,-
chevalier des ordres de l'Aigle noir, de St-Stanislas et de
Ste-Anne, etc., de l'église luthérienne.
Inhumé dans l'église d'Olne.
1778,11 septembre. Demoiselle Victoire Tyval, de Lille en
Flandre.
1779, 9 juillet Noble et généreux seigneur d' Aigrement- ^
Waroux, ancien bourgmestre de Liège.
— 15 juillet. M. François Jarroz, de la paroisse Les Cha-
pelles de la province Tarentaise, en France.
1780, 12 février. M""' Jeanne Antoine du Hamel, épouse de
M. Henri Bodson, comte palatin, chevalier de St-Jean de
Latran et de l'Eperon d'or.
— 23 juillet. M. Walthère Henri Beanin, jurisconsulte et
avocat.
— 22 septembre. M""' Marie Isabelle Joséphine de Grady,
épouse de M. de Grady de Bellaire.
— 8 octobre. M. N. Paumier, négociant de Dublin, Irlande,
de régr.-e réformée.
Inhumé dans l'église d'Olne.
1781,21 juin. M. Rutherford , capitaine au service de la
Grande-Bretagne.
Inhumé dans l'église d'Olne.
— 29 août. M. Ferdinand Joseph Célestin de Reusme, de
Nivelles.
— 150 —
1783, 3 août. Dominique Lanza, de la principauté d'Asturie,
diocèse d'Oviedo en Espagne.
1784, 2 novembre. Antoine Anet Hebrard, de la paroisse de
St-Pierre àClermond-Ferrand.
— 27 novembre. M""= Anne Harry, anglaise, de la commu-
nion anglicane.
Inhumée dans l'église d'Olne.
1785, 1''' septembre. M'»^ Marie Gore veuve de M. Charles
Gore esquire, anglaise, de la communion anglicane.
Inhumée à Olne,
— 3 septembre. Le chevalier Henri Harvy Aston, anglais de
la religion réformée.
Inhumé à Olne.
1787, 2 septembre. George Fouarge, prêtre, de Modave.
— 4 septembre. Jean Pierre Mataron du Janau, de Servière,
paroisse de St-Pons-lez-Barcelonnette, en Provence.
— 18 septembre. Noble seigneur François Ferdinand Liber
baron de Seraing, abbé de Siegburg, qui est de l'ordre de
St-Benoit en Allemagne.
1788, 1 avril. M. Jean-Baptiste Maighem de Beclers, de Ti-
mougies (?) en Hainaut, chatellenie d'Ath.
1789, 13 août. Madame Isabelle Ramondt, épouse de M.
Herman Spiliene (?), de Gand.
1791, 9 août. Très haute et très puissante demoiselle made-
moiselle Sophie de Walsh-Serrant, fille de très haut et très
puissant Seigneur Charles Joseph Augustin, vicomte de Walsh-
Serrant, colonel commandant du régiment de son nom au
service de France, chevalier de l'ordre de St-Louis; et de très-
haute et puissante Dame Anne Marguerite Julie de Liège.
— 22 août. Sir Pierre Rossignol de La Croix, avocat au par-
lement de Paris, né à Saumur.
— 25 août. Henri Choiseul, fils de messire Jean-Baptiste
Armand Choiseul, gentilhomme anglais, résidant à Kilbrough,
— loi —
province de Galles, marquis de Choiseul en France; et de M*^*
Marie Danskin-Choiseul de Kiiwrough.
— il octobre. Noble et généreuse dame M™** Marie Adélaïde
Maximiliane Walburge Emilie, baronne de Geir et de Scliwep-
penbourg, épouse de M. Gérard Deleau, maître des eaux et
forêts de S. A. et directeur des postes impériales.
1792, 21 mai. Georges baron de Bleckhem, chanoine de l'il-
lustre cathédrale de Tournay.
— 2 août. Messire Christophe Florence de Sachy de Mar-
cellet, fils de messire Gabriel Florence de Sachy de Marcellet,
chevalier, officier au régiment de Royal-Infanterie, et de
M'"^ Marie Anne Catherine de Beaurepaire.
— 8 septembre. Marie Catherine Isabelle, fille de M, Louis
baron de Fechembach et de M""* Sophie de Fechembach, née
baronne de Brabeck.
— 16 septembre. Son Excellence Henri Léonard Jean-Baptiste
de Berlin, baron de Bourdeilles , comte de Benon , baron
d'Aunis, commandeur des ordres du Roy et ministre d'Etat de
France.
— 16 septembre. M. N. Derosier de Troye, en Champagne.
— 2 octobre. M"'' Marie Catherine Dobbelstein de Walhorn,
épouse à Gérard Sébastien Dubois.
— 11 novembre. M. le chevalier Du Croc du Brassac.
— 12 novembre. M. Nicolas Victor de GroUée-Virville, che-
valier de l'ordre de St-Louis, garde du corps de la compagnie
écossaise.
— 13 décembre. M. Daniel Chateigni de Bussaut en Poitou.
1793, 29 janvier. Nicolas Coulon, de Mongé-la-Tour, déparle-
ment de Seine-et-Marne, de la compagnie du 73'= régiment des
troupes de la République.
— 2 février. Jean-Baptiste Gaulard, de Marnay, département
de Jura, grenadier de la 2'^ compagnie du 2'= régiment des
troupes de la République.
— 13 février. Charles Rochet, de l'île Bouin , district de
— 152 —
Chatelelain, département de la Vendée, grenadier de la 2"^
compagnie du 71" régiment des troupes de la République.
— 20 février. M. François Corda, chirurgien, français.
— 14 août. M. François Bessode, officier français, natif de
Florensac, diocèse d'Agde.
— 17 septembre. Messire Pierre Olivier de la Corbière,
vicaire général du diocèse de Vannes en Bretagne, archidiacre
de l'église cathédrale de ce diocèse, abbé commandaiaire de
Falmont, diocèse de Luçon.
1794, 10 novembre. Jean Maillard, chasseur au 11" bataillon
d'infanterie légère 8"^ compagnie, natif de Nogent, district de
Rocroix, département des Ardennes.
1809, 16 août. Charles Jérôme Cuvier Labussière , né h
Orléans, département du Loiret.
— 31 octobre. Pierre Régalate Opdencamp, prêtre, natif de
Maestricht.
1814, 10 janvier. Louis François Joseph Grandjean, membre
du Conseil municipal d'Evreux (Seine),
— 3 août. Louis Pierre Cammas, comédien, né à Marsillac
(Aveyron).
—30 septembre. M. Samuel de Forselles, gouverneur de pro-
vince, chevalier de l'ordre militaire de Suède, né à Gothembourg.
1816, 7 janvier. Alpho':se Joseph Roelanis, né h Bailleul
(Flandre).
1819, 12 août. Jean Martin Pirquet, dit Mardaga, major pen-
sionné, de Liège.
1823, 8 juin. M''" Elisabeth Charles, épouse de Guillaume
Cockerill, née à Pademe, Grande Bretagne.
— 24 juillet. Joseph Renaud Marie de Calf, comte deNoidans,
membre de l'ordre équestre de cette province, né à Besançons,
épouse de M'''' de Grady de la Neuville.
1829, 24 août. M''" la Baronne Stéphanie de Draeck, épouse
de 31' le C'« Charles Guislain Marie Louis Alphonse de Bryas,
de Namur, chambellan de S. M. le Roi des Pays-Bas.
EXAMEN CRITIQUE
I)F. LA
VIE D'ODILE ET DE JEAN, SON FILS
Une pieuse femme, nommée Odile, mena, après la mort de
son mari , la vie de recluse, près d'une église de Liège. On ne
connaît rien de sa naissance ni de sa mort ; d'après son
biographe, elle vivait encore en 1219, année où fut rétablie la
fête du triomphe de S. Lambert, h Steppes.
Son fils Jean, surnommé abbatulus, était encore un enfant
lors de la disette de 1195 à 1197 ; le 20 janvier 1227 (1228), il
fut pourvu, par le chapitre de la cathédrale, du bénéfice simple
ou chapellenie de S. Gilles, auquel était annexée la charge de
fournir le luminaire : ad quam spécial provisio luminaris diurni
et noclurni. Au mois de juillet 1241, il fonda, de ses propres
biens, deux messes pour deux chapelains qui devaient l'assister,
lui et ses successeurs, chapelains de S. Gilles, dans leur office
de luminariste. L'année de la mort de Jean l'abbé est inconnue.
II.
La vie d'Odile et de son fils a été écrite par un chanoine-
tréfoncier de la cathédrale, ami intime de Jean ; son nom est
resté inconnu. Chapeaville avait un exemplaire de son ouvrage
-^ 154 —
sous les yeux lorsqu'il publia en 1613 ses Gesia Pontificum.Wen
avait emprunté les deux premiers livres à la bibliothèque
de S. Martin, à Louvain, et le troisième à Daniel Raymundi,
chanoine de S. Materne, à Liège. Arnold Wachtendonck, doyen
de S. Martin à Liège, du temps de Chapeaville, possédait aussi
un exemplaire du 3* livre.
Le jésuite Fisen, qui publiait en 1647 les Flores ecclesiœ
Leodiensis, avait vainement recherché ces manuscrits pour en
extraire la vie d'Odile et celle de son fils Jean. Les nombreuses
recherches faites de nos jours pour les retrouver sont égale-
ment restées infructueuses.
Gilles d'Orval, qui acheva ses Gesla Pontificum en 12ol,
possédait la vie d'Odile ; il en reproduit textuellement, sans la
citer, tout ce qui concerne l'histoire des princes-évéques et de
leui diocèse. Chapeaville, en éditant l'ouvrage de Gilles d'Orval,
a eu soin d'indiquer ces passages. On peut conclure de ses
détails que la vie d'Odile fut écrite entre les années 1241
et 1251, et qu'elle fut communiquée par l'auteur lui-même
au religieux d'Orval, sans doute sous la condition de ne publier,
ni même de citer son ouvrage.
D'après les indications données par Chapeaville, Gilles
d'Orval a reproduit textuellement, en tout ou en partie, les
chapitres suivants de la vie d'Odile : 1 à 4, du livre premier,
3 à 5 et 30 du second livre, 1 à 4, et 6 à 19 du livre troisième.
Chapeaville a publié le troisième livre de la vie d'Odile
sous le titre : Triumphns S. Lamberti martyris m Steppes
obtentus.
m.
Albéron II et son clergé (1134-1155) d'après le biographe d'Odile.
La ferveur religieuse des prélats diminua singulièrement à
cette époque. Tous étaienî adonnés ^ l'avarice. Les prébendes
— loo —
se vendaient. Les Sacrements n'étaient administrés gratuite-
ment à personne. Les prêtres célébraient la messe deux fois
par jour, et cela par avarice. Les bourgeois de Liège donnaient
leurs filles en mariage tant aux clercs qu'aux laïques, et même
de préférence aux premiers. Ces fautes provoquèrent les châ-
timents de Dieu. Le prêtre Salomon fut tué par la foudre dans
le chœur de la cathédrale au moment où il faisait signe à
l'archidiacre Brunon. enfant vertueux, de lui apporter le livre
pour lire le capitule. Le même jour, dans la soirée, un second
orage éclata sur la ville et jeta la consternation parmi les cha-
noines de la cathédrale. A minuit, quelques-uns d'entre eux qui
avaient continué leurs prières pendant la nuit, coururent au
dortoir pour éveiller leurs confrères, car un troisième orage
s'annonçait. Tous se rendirent à l'église pour invoquer le
secours de la S'^'-Vierge et de S. Lambert. La frayeur porta
quelques-uns à mordre dans l'aulel de la Viei'ge où l'on vit
les traces de leurs dents jusqu'à la destruction de l'église
(en II80). La nuit suivante, Salomon apparut à un de ses con-
frères qui dormait au dortoir commun. Celui-ci lui dit : « Vous
avez été tué par la foudre parce que vous n'aviez pas dans le
cœur les vertus qui se manifestaient dans votre conduite. » —
« Non, répliqua Salomon, j'ai pratiqué sincèrement la vertu,
et je suis au ciel; mais je vous apparais pour vous annoncer
que c'est par l'intercession de la S'^-Vierge que la ville de
Liège a été sauvée pendant les trois tempêtes qui ont grondé
sur elle ; mais sa punition n'est que différée. «Depuis ce temps,
on célébra chaque samedi l'office de la S^'^-Vierge. Les Liégeois
oublièrent le danger auquel ils venaient d'échapper et retom
bèrent dans leurs premières fautes qui ne firent qu'augmenter
en gravité : ce qui auparavant se faisait en secret, se passa
alors au grand jour. Pendant les solennités de Pâques et de
Pentecôte, les prêtres et les autres ecclésiastiques, avec tout
le peuple, revêlaient une de leurs concubines de pourpre, lui
ceignaient la tête d'un diadème, la couvraient d'un voile, et
— 156 —
après l'avoir placée sur un trône, la proclamaient leur reine et
dansaient, pendant toute la journée, au son de la musique,
autour de celte nouvelle divinité. Eniretemps, Albéron, reve-
nant de Rome où il avait été cité, mourut de la fièvre à
Otride et fut enseveli à Oitine, le 27 mars 1155, la quin-
zième année de son épiscopat ( i ).
Tel est l'abrégé lidèle du récit de l'auteur de la vie d'Odile,
comme Gilles d'Orval l'a reproduit. Cet auteur qui, nous le
répétons, écrivait entre les années 1241 et 12ol, le tenait sans
doute de la bouche d'Odile. On y reconnaît, en effet, sans
pouvoir s'y méprendre, le bavardage d'une femme avancée en
âge.
Ce récit porte en lui-même des traces nombreuses d'invrai-
semblance. Les chanoines de la cathédrale et ceux des sept
collégiales vivaient à cette époque en communauté dans les
cloîtres de leurs églises, comme des religieux dans un couvent,
sous la direction de leur doyen. Ils avaient un dortoir et un
réfectoire communs. Comment admettre qu'ils y aient eu des
concubines ? D'après le texte même de l'auteur, il y avait
des hommes vertueux parmi eux, entre autres l'archidiacre
Brunon et le prêtre Salomon, et ils n'étaient pas les seuls :
sous l'épiscopat d'Albéron, les chanoines tréfonciers avaient
pour doyen Raimbaud, homme instruit et recoramandable; son
traité de la Vie canoniale prouve, h lui seul, la sollicitude qu'il
avait pour les inlérèls spirituels de ses subordonnés.
Les chanoines des huit églises n'étaient pas obligés de rece-
voir les Ordres sacrés, et en réalité, il y en avait un grand
nombre qui restaient dans les Ordres mineurs. Ces derniers
pouvaient légitimement se marier, mais en renonçant à leurs
canonicats; et dans ce cas, ils restaient néanmoins clercs et
comptaient parmi les clerici conjugati, expression qui, à cette
époque, n'entraînait aucune idée de blâme. Des mariages de
( ' ) Chapeaville, Gesta pontif. leoiL, lome II, pp. 'Jî» et 118.
— 187 —
ce genre ont eu lieu; mais n'ont-ils pas été présentés sous un
faux jour par Odile et son biographe ?
La concubine transformée en déesse et honorée par le clergé
et par le peuple, n'est qu'une fable; la fiiusseté de cette allégation
n'a pas même besoin d'être prouvée.
Les prébendes des huit églises étaient à la collation de
l'évêque; si elles se vendaient, cène peut avoir été que par
Albéron, et d'après notre auteur, il les vendait même publique-
ment ; ce qui n'est pas même vraisemblable.
Comment croire que les curés de la ville de Liège n'auraient
administré gratuitement à personne les Sacrements !
L'orage qui éclata pendant une nuit sur la ville aurait telle-
ment effrayé les chanoines-lréfoiiciers , que quelques-uns
d'entre eux auraient mordu dans l'autel de la Vierge avec tant
de violence que les traces de leurs dents y seraient restées
pendant près de cinquante ans!
Quant à l'apparition du prêtre Salomon, le témoignage du
biographe d'Odile n'en est pas une preuve suffisante.
Enfin Albéron II n'a pas eu quinze années de règne, et ce
n'est ])as en 1155, mais bien en 1145 qu'il est mort.
IV.
Albéron II et son clergé (1134 — 1145) d'après les écrivains du
XII" siècle.
Les écrivains du XIP siècle, mieux renseignés que le biogra-
phe d'Odile, au milieu du XlIP, nous donnent une toute autre
idée d'Albéron II.
La seconde continuation de la chronique de S. Trond (de
1138 — 1180), écrite par un religieux contemporain, mentionne
Albéron II d'une façon très-honorable; l'auteur l'appelle r^y*?-
rende vir memorie... tcwi sapientem virnm... {^).
( 1 ) Gesta abbaiitiit Tnidoiiensium, conlin. Il, cap. I, n"^ 1 et 2.
- lo8 -
Un chanoine-tréfoncier (probablement Nicolas) qui assista k
la prise de la forteresse de Bouillon en 1141, écrivit le Trium-
phiis S. Lamberti de castra Bullonio, et dans cet ouvrage il parle
avec éloge du prince-évêque Albéron II. Il raconte qu'il fut élu
h l'unanimité des suffrages : coinmunibus votis,pari assensu; qu'il
était jeune d'âge, mais vieux par la sagesse : juvenem quidem
œtate sed in signum maturœ jnentis canum capillo (').
Reinier, religieux de S. Laurent qui mourut vers 1216, déve-
loppa le récit de Nicolas dans son Triumphalis bulonici libri
quinque ; m'dïs il n'y ajouta aucune réflexion critique à l'en-
droit d'Albéron et de son clergé (-).
Un continuateur de la chronique de Sigebert, qui écrivit au
XIP siècle, mentionne l'élection et la mort d'Albéron ainsi que la
prise de Bouillon, sans un seul mot de blâme (^).
La chronique de Neumouslier (connue ; ous le nom d'Albéric
de Trois-fontaines) dont la première partie, conduite jusqu'en
1222, a été écrite par un religieux de cette dernière époque, se
borne à reproduire le récit du continuateur de Sigebert.
Lambert-le-Petit, religieux de S. Jacques qui écrivit une chro-
nique de 988 à 1194, année de sa mort, parle également de
l'élection et de la mort d'Albéron, mais sans mentionner aucun
fait répréhensible (^).
Les annales de Rolduc (1104-1158), écrites par un religieux de
ce temps, ne renferment rien touchant la prétendue corruption
du clergé et la négligence d'Albéron. Elles insiiuienl que l'évêque
se justifia à Rome des accusations dont il avait élé l'objet:
iinde honeste reversus in diversoriu cujnsdam comitis sni, ut
dixerunt, veneno infeclus, ibidem morluus et sepultus est.
Wibald, abbé de Stavelot (1130-1158), parle souvent dans ses
(«) Chapeaville, t. II, p. 582.
(*) V. Migne, Patrologie, t. CCIV.
(•) Ibidem, l. CLX.
[ *) Martène el Durand, AmpUssima collectio, l. v.
159
lettres du pays de Liège et d'Albéron ; mais on n'y trouve pas
même une insinuation défavorable touchantles mœurs du clergé.
Dans sa lettre 40% il blâme cependant Albéron de n'avoir pas
contraint son frère Eustache à restituer la terre de Tourinnes
à son abbaye (').
Pierre-le-vénérable, abbé de Clugny, adressa à Albéron et à
son chapitre une lettre dont le titre seul est un magnifique
éloge (-).
Tous ces écrivains du XII^ siècle ne pouvaient ignorer de
quelle manière s'étaient conduits Albéron et son clergé. S'ils
avaient connu des faits graves à leur reprocher, ils ne les
eussent pas passés sous silence ; ils n'avaient, en effet, aucune
suite désagréable à appréhender, car la plupart d'entre eux ne
se proposaient pas de publier leurs ouvrages.
Le récit scandaleux du biographe d'Odile a été reproduit par
Gilles d'Orval; il a été ensuite abrégé par le continuateur de la
chronique de S. Laurent, probablement dans la seconde moitié
du XIIP siècle ; nous croyons, en effet, que cette partie de la
chronique de S. Laurent n'est point de Reinier qui mourut en
1216, mais d'un autre religieux postérieur k Gilles d'Orval.
Reinier, l'auteur des Triumphalis Bidonici libelli qiiinque, ne
peut pas être l'auteur de l'abrégé en question dont la place
naturelle eût été dans son même Triumphalis. D'ailleurs l'au-
teur de cette partie de la chronique de S. Laurent indique lui-
même qu'il est postérieur à Reinier ; en parlant de la prise de
Bouillon en 1141, il dit que Reinier en a écrit l'histoire :
cujus historiam [rater noster Reinerus in libello conscripsit
quem Triumphale Bidlonicum iniitiilavil {'").
( * ) Migne, Patrologie, t.
(') Ibidem, t. CLXXXIX, p. 277.
(^) Marlène et Durand, Amplissima collectio, t. IV, p. IO80.
— 160 -
Albéron II (1134-1145) d'après ses actes.
Albéron, fils d'Otton II, comte de Chiny, était primicier,
c'est-à-dire, le premier dignitaire de l'église de Metz. Ou ne
peut guère douter qu'il ne fût ;i Liège avec son oncle paternel
Albéron, lorsque celui-ci y fut élu évêque de Verdun en pré-
sence du pape Innocent II.
Après la déposition d'Alexandre au concile de Pise (en 1134),
il fut élu évêque de Liège à l'unanimité des suffrages, tant à
cause de ses mérites que de sa parenté. Sa sœur Ida avait
épousé le duc de Brabant, sa sœur Ode le comte de Duras, son
frère Eustache, la fille de Wiger de Waremme, avoué de la
Hesbaye. Il était par sa mère le neveu du comte de Namur.
L'empereur Lothaire II partit en 1136 pour l'Italie afin d'y
rétablir le pape Innocent II dans ses Etats et d'en chasser les
schismatiques. Albéron suivit son suzerain (*). Il fut accueilli
par Innocent II h Olivent, près deMelvi(-),et reçut de lui, à Pise,
le 29 novembre 1136, le privilège de porter le rationale : quia
ergo, dit le Pontife, persouam tuam, venerabilis [rater Albero,
Electe sandœ Leodiensis ecclesiœ, ulilem fore credimus, ex apos-
tolicœ Sedis beniguitate te duirimi(.s honorandwn et subpio B. Pétri
greînio familiarius conjovendum. La concession de ce privilège,
ainsi que l'éloge contenu dans le bref, montre qu'Iimocent
estimait Albéron. Ce fut en Italie, et postérieurement h ce bref,
qu'Albéron fut sacré évêque, peut-être par les mains du souve-
rain Pontife lui-môme.
L'empereur Lothaire, à son retour d'Italie, mourut à Bretten,
le 4 décembre 1137. Albéron revint avec les autres princes et
(') Albéron est près de l'empereur à Wurlzbourg, le 17 aoiU U;^6. V. Martène,
Amplis coll., l. I, p. 7i7.
(J) Ep. Wibaldi, 40.
— 161 —
pris pari h l'élection de Conrard, qui eut lieu à Coblentz le
22 février 1138. Il suivit le nouveau roi à Cologne où il assista
à sa cour plenière, ainsi qu'à un concile provincial, au mois
d'avril 1138 (•)•
De retour dans son diocèse, Albéron en fil sans doute la
visite, car nous le trouvons, le 23 mai 1138, à Fosses où il
sacra ce même jour Folcardus, le nouvel abbé de S. Trond.
Le pape Innocent II convoqua un concile œcuménique à
Rome pour éteindre entièrement le scliisme de l'antipape Pierre
Léon et réparer les loi ts qu'il avait causés à la discipline
ecclésiastique. Notre évêque s'y rendit, probablement accom-
pagné des abbés d'Averboden, de Tlône et de S. Hubert, ainsi
que du doyen de S. Servais. Ce fut pendant ce concile (mars et
avril 1139) qu'Albéron pria pour la seconde fois (il l'avait déjà
fait en 1137) le pontife de contraindre, par les armes spiri-
tuelles, le comte de Bar à rendre le château de Bouillon à
l'église de Liège. On peut croire qu'Innocent lui promit sa
protection ; mais il l'engagea aussi à contraindre son propre
frère Eustache à rendre la terre de Tourinnes à l'abbaye de
Stavelot. Ce fut pendant ce concile œcuménique que le pape
accorda plusieurs brefs de protection, un le 31 mars au cha-
pitre de S. Servais, un autre le 16 avril à l'abbaye d'Averboden,
et un troisième le 17 avril à celle de S. Hubert. Le 20 avril, deux
arbitres nommés par le pape terminent le différend qui existait
entre Albéron et l'abbé de Flône au sujet de leur juridiction
respective.
De retour dans son diocèse, Albéron réunit encore la même
année, le clergé et la noblesse dans un synode général (2).
(*) Mirseus, Opéra diplomalica, t. I, pp. 386 et 026.1
('; La tenue de ces assemblées mixtes qui ont donné naissance aux Etats pri-
maires et nobles des temps postérieurs, nous est indiquée dans les charies obte-
nues par des établissements religieux. Dans quelques-unes il est dit formellement
qu'elles sont données dans un synode ou dans un synode (jénéral. Le nombre et la
qualité des témoins qui figurent dans d'autre.'?, indiquent également qu'elles ont
- 162 —
Dans celte assemblée mixte, il fut décidé qu'Eustache, avoué
de la Hesbaye, restituerait la terre de Tourinnes à l'abbaye de
Stavelot, et que la paroisse de Diesl observerait l'ancienne cou-
tume de faire après la Pentecôte un pèlerinage à l'abbaye de
S. Trond et d'y payer les oboli bannales. La donation qu'Erme-
sinde, épouse d'Albert de Moha, avait faite de l'église de
S. Victor h Huy à la congrégation de Clugny pour y établir un
prieuré de religieuses, fut également confirmée dans ce synode.
Ce fut sans doute encore dans cette réunion que l'évêque
approuva la fondation d'ua hôpital à S. Trond.
Dans les chartes qui furent données pour ces affaires, on voit,
entre autres témoins, lecomie Lambert (de Montaigu?) Goswiii
de Fauquemont, Thierry, Arnoul de Diest, Henri de Laroche,
Ebald deFlorenne, Guillaume de Cimaco (Chimay) et Etienne
de Meanz.
Plusieurs chartes datées de l'an 1140 nous paraissent aussi
données dans un synode. Ce fut cette année qu'Albéron con-
firma les donations faites à l'abbaye de Flône, entre autres
celles, faites par Lambert de Montaigu et son fils Conon; à cette
charte qui fut doiniée in conventu nostro, dit l'évêque, figurent
comme témoins Goswin de Fauquemont, Lambert de Tuibetch,
Tliierri de Argenteal et Guillaume son frère, Ebald de Vies-
ville ( 1). La même année, Gislebert, seigneur de Recklieim, donna
aux prémontrés deCornillon, i\ Liège, son hôpital deReckheim
pour y placer des religieuses ; à cette charte figurent comme
témoins Thierri de Argenteal, Gérard de Baronville, Vado,
Sebertus, chevaliers.
Le prince-évêque tint encore un synode général en 4141
comme l'indiquont plusieurs chartes de celte date. Le 24 février
élé données dans un synode. Ces témoins sont ordinairement les clianoines-tré-
fonciers, les al)bés des monastères, les nobles et les vassaux réunis sous la prési-
dence du prince-évèque.
( ' ) Mirœus, Opéra dtplnmatica, tome IV, p. 370.
163
1140(1141)11 confirma à Liège les donations faites par Manassès,
seigneur de Hierge,des terres de Mielen et de Muysenà l'abbaye
de S. Gérard ; parmi les témoins de cet acte, on trouve,
Lambert, comte (de Montaigu?), Eustache, avoué (de Hesbaye),
Goswin de Fauquemont, Tbierry de Herlaye, Thierri de Argen-
teal et son frère Guillaume de Ceumaco (Cbimay), Conon de
Han, Godescalckde Morialmé, Jean de Leuz, Berenger son frère,
Godescbalck de Ruze ( M- Ce fut probablement dans une seconde
réunion de cette année qu'Albéron contirma la fondation et les
biens de Géronsart ; la cbarte mentionne comme témoins
Berenger de Lez, un des bienfaiteurs, Otton, comte de Duras,
Guillaume, avoué de Ciney, Tieriy d'Argenteal, son frère,
Manassès de Hierge, Adelard de Lez, Adelard de Péruwez (-).
Ce fut en l'année 1141 qu'Albéron leva une armée pour
reprendre par la force le château de Bouillon qu'il avait essayé
en vain de récupérer par les voies légales. La châsse de
S. Lambert fut portée au camp et excita un grand enthousiasme
parmi les assiégeants. La forteresse se rendit le 21 septembre
1141. Le chanoine-tréfoncier qui, en témoin oculaire, a écrit
l'histoire de ce Triomphe, l'attribue à la protection miraculeuse
de S. Lambert, et raconte les miracles qui eurent lieu à cette
occasion par l'intercession de ce Saint. Le récit de ce chanoine-
tréfoncier fait concevoir au lecteur une idée très-avantageuse
d'Albéron et de son clergé, et il est inconciliable avec celui du
biographe d'Odile qui, nous le répétons encore, écrivait entre
les années 1241 et 1251.
Nous trouvons encore les traces d'un synode général en 1142.
Arnoul, comte de Diest, n'avait pas voulu se soumettre â la
sentence portée au synode de 1139; l'évêque jeta l'interdit sur
sa ville. Arnoul se soumit au synode de 1142, et il fut décidé
que dorénavant le curé et les paroissiens de Diest payeraient
( ' ) Chapeaville, tome H, p. iO!2.
(*) Mirœus, Opéra diplomatica, t. IV, p. 'âl^.
— 164 -
chaque année à l'abbaye de S. Trond une rente de dix soUdi; la
charie qui renferme cette décision, mentionne comme témoins
Godefï'oid, comte de Louvain, Henri, comie de Limbourg,Otton,
comte de Duras, Louis, fils du comte de Looz, Gérard et
Lambert de Diepenbeek, Eustache, avoué de la Hesbaye ( ' ).
Des chartes de 1143 nous révèlent également un synode tenu
cette ainiée.Ce fut sans doute dans une assemblée de ce genre que
Henri, comte de Limbourg, fit don à la collégiale de S^''-Croix
d'un grand domaine allodial {predium sue ingenuilatis) situé à
Hervé, au comté d'Aix; à cette donation assistèrent Frédéric,
comte de Viane, Henri, comte de Laroche, Gonrard de Dalhem,
Tliierri de Argenteal, Goswin de Fauquemont, Erpho de Cal-
mont, Mainerus de Cortessem (2).
A la demande de Tabbé Radulpheet de ses religieux, Albéron
introduisit en 1144 la lègie de S. Augustin dans l'abbaye d'Olne,
et en lit une communauté de chaiioines réguliers soumis à
l'autorité épiscopale. Les témoins qui tigurent à la charte, indi-
quent qu'elle fut donnée dans une réunion synodale (;i).
Dans les synodes dont nous venons de parler, le prince-
évêcjue réglait, de concert avec le clergé et la noblesse, toutes
les atîaires du diocèse, ainsi que celles de la principauté. La
tenue de ces assemblées, qui sont souvent mentionnées dans les
lettres de Wibald, prouve à l'évidence quel'évêque Albéron avait
du zèle pour l'adminislralion du diocèse. Or, il est impossible
que les abus racontés par le biographe d'Odile s'introduisent
dans un diocèse dont le clei'gé se réunit chaque année en
synode sous la présidence de son évéque.
Les puissants seigneurs de cette époque s'emparaient souvent
des biens ecclésiastiques; il ne fut pas toujours possible de les
M) Piot, Cariiilnirc de l'abbaye de Saint-Trond^ tome I, p. (îâ ; Gesta abbatum
Trudoneiisiuiii, conliii. H, liv. I, n° 5.
( 2 ) Ernst, Histoire du Liinbouiy, tome VI, p. I3lj.
(3) Mirœus, Opéra diplomaiica, tome II, p. 82)!.
— 165 —
contraindre à les restituer. Ce fut pour cette raison que les
établissemeals religieux firent confirmer leurs possessions
par les papes avec la peine d'excommunication contre ceux
qui y porteraient atteinte. Au diocèse de Liège, les grands
vassaux se rendirent aussi coupables de ces excès, et il ne fut
pas toujours possible à Albéron de les contraindre, même dans
les synodes, h réparer les torts. C'est ainsi qu'Euslaclie, avoué
de Hesbaye, refusa d'exécuter la sentence portée contre lui au
synode de 1139 au sujet de la terre de Tourinnes qu'il détenait
injustement (/). Le chapitre de la cathédrale qui voyait ses
biens exposés aux usurpations des grands, s'adressa à Linocent
II pour les faire mettre sous sa protection et celle du S. Siège.
Le pape lui donna, le 16 mai 1143, un bref de protection dans
lequel il énumère les biens suivants : au diocèse de Liège,
Pont-de-Loup, Malines,Praele,Flône,Xliendremael,Attenhoven,
Ittre, Ittre-la-Nouvelle, Anth et Visé; au diocèse d'Ulrecht,
Paisnardes et Solekein; au diocèse de Toul, Maidière; au
diocèse de Worms, Bokeheim.
D'après le récit de Gilles d'Orval (qui a puisé, nous ne savons
h quelle source), Albéron tolérait en silence plusieurs injustices
commises au détriment de l'église; mais Henri, le grand prévôt,
après ravoir sommé trois fois en présence du clergé de faire
régner la justice, l'accusa auprès du S. Siège, avec le consente-
ment des nobles et du clergé (^).
Nous doutons que toute la noblesse et tout le clergé se soient
associés à cet appel ; mais il est bien certain que l'appel avait
pour objet, non des abus contre les mœurs ni des infractions
à la discipline ecclésiastique, mais des injustices, des usurpa-
(') Wibald en parle dans sa leUre 40^ et en fait un reproche à l'évêque qui,
pour cette raison, ajoute-l-il, postea in episcopaiu suo et lionore nunquam in pace
et quieie vixerit.
(') Chapeaville, t II, p. 104.
i6B
lions commises par les grands sur les biens du clergé et que le
prince n'était pas parvenu à empêcher ou à foire réparer. L'abbé
de Stavelot qui lui reprocha souvent de ne pas contraindre son
frère Eustache à restituer Tourinnes, s'associa sans doute h
l'appel du grand prévôt.
Albéron se rendit à Rome. On ne connaît ni la justification
qu'il présenta au pape, ni le jugement que celui-ci a porté; mais
le fait est qu'il ne fut point déposé. Les Annales de Rolduc,
écrites au xu" siècle, insinuent qu'il triompha des accusations
portées contre lui. En effet, ce n'était pas chose facile au wf-
siècle que d'empêcher les grands de commettre des injustices ou
de les contraindre à les réparer.
VL
Avarice et simonie de Raoul (1167-1191) d'après le biographe
d'Odile.
Raoul appartenait à une famille noble et puissante; il était
frère de Berlhold, duc de Zaehringen, de Conrard et d'Albert ;
il fut élu évoque de Liège par la protection de son oncle Henri,
comte de Namur, et de ses autres parents. Doué d'un esprit
pénétrant et d'une grande prudence politique, sa conduite eût
été digne d'éloge, s'il avait conféré gratuitement les bénéfices
ecclésiastiques. Il avait été d'abord archevêque de Mayence,
après la mort d'Arnulphus; mais son avarice le poussa à briser
la statue d or appeléj Benon{\); il en dépensa une partie et
donna le reste à ses parents. Ce fut pour cette raison qu'il dut
renoncer à l'archevêché. C'est par le même esprit d'avarice qu'il
approuva, par ses paioles et ses œuvres , la simonie commise
par quelques-uns de ses prédécesseurs. Il fit vendre les pré-
(') Les juifs avaient dû ériger celte statue pour avoir tué Bernon, échanson de
l'empereur (texte de Gilles d'Orval.
161
bendes publiquement, au marché, par le boucher Udelinus; tous
ceux qui voulaient acheter un bénéfice s'adressaient à ce
dernier. Tel est le récit du biographe d'Odile et de Gilles
d'Orval(i).
VIL
Raoul (1167-1191) d'après les écrivains antérieurs au biographe
d'Odile.
Est-il bien certain que le Radulphus de Zuehringen, élu
archevêque de Mayence en 1160, soit le même personnage que
Radulphus de Zaehringen, élu évêque de Liège en 1167.
Gislebert de Mons, qui écrivait à la fin du XIP siècle, et qui
avait été plus d'une fois h Liège, pense que oui. Son élection au
siège de Mayence, ajoute-t-il, avait été annulée par fempereur
qui ne voulut pas souffrir que les ducs de Zaerhingen et de
Saxe devinssent plus puissants. Daprèscet écrivain, Radulphus
avait deux frères et une sœur : Berthold, duc de Zaehringen,
Hugues, comte, et une sœur qui épousa Henri, duc de Saxe (2).
L'auteur de la chronique de Neumouslier croit aussi que ces
deux prélats ne sont qu'une même personne; mais il attribue la
destitution de Radulphe du siège de Mayence à une autre cause,
savoir à la destruction de la statue Bennon. Suivant cette chro-
nique, Radulphus avaittrois frères: Berthold, duc deZaehringen,
Conrard et Albert.
Le biographe d'Odile (ou Gilles d'Orval?) a reproduit le récit
du chroniqueur de Neumouslier.
Une chronique de Mayence écrite au milieu du XlIP siècle,
probablement par l'archevêque Chrétien, élu en 1249, et dans
tous les cas par un ecclésiastique de Mayence qui connaissait
( ' ) Chapeaville, t. II, pp. 1 18 et -126.
(*) Gisleberti chronicon, n»» 93 et 94.
- 168 —
les affaires de son église jusque dans les plus petits détails,
nous donne d'autres renseignements. Arnoul, archevêque de
Mayonce, dit-il, fut assassiné dans le couvent de S. Jacques de
cette ville par des séditieux, qui, après ce premier crime, en
commirent un second en s'arrogeant le droit d'élire un nouvel
archevêque. Leur choix tomba sur Radulphus, surnommé
Clobelauch, frère de Frédéric, duc de Zaehringen. Ils choisirent
Radulphus pour prévenir la punition qui les attendait de la
part de l'Empereur, car ce Radulphus était un homme puissant,
ami et parent de ce dernier. Pour obtenir l'investiture de
l'empereur et le pallium du Pape, il fallait de l'argent à
l'élu. Atin de s'en procurer, il fit couper un bras du grand
crucifix d'or nommé Benno, qui pesait six cents livres, se
proposant d'y mettre un autre bras en or dès qu'il serait arrivé
à son but. iMuni de ce trésor, il partit pour Rome, mais il y
avait été devancé par la renommée. Avant son arrivée, le
pape ( 1 ), affligé de la mort d'Arnoul et indigné de l'intrusion de
Radulphus par les mains des laïques, ainsi que de la mutilation
du ci'ucilix, excommunia l'intrus, ses adliérents et les assassins
d'Arnoul. L'empereur, de son côté, exila ces derniers et priva
la ville de ses privilèges. Quant h Radulphus, surnommé Clobe-
lauch, il n'arriva pas même à Rome, la mort rayant surpris en
roule (2).
Nous croyons que la chronique de Mayence doit être préférée,
dans le cas présent, et par conséquent que notre prince-évêque
n'a jamais été élu archevêque de cette ville.
Radulphus, qui fut élu évêque de Liège en 1167, était fils de
Conrard de Zaehringen et de Clémence de Namur. Son frère
Berihold était duc de Zaehringen. Il donne lui-même ces indi-
cations dans une charte de 1187 par laquelle il fonde l'anniver-
saire de son père au VI des ides de janvier, celui de sa mère
( ' ) L'antipape Victor IV.
(5 ) Iterum Mogunt. volumen, il, p. Wo et suivantes.
— 169 —
au VI des calendes de janvier, et celui de son frère au VI des
ides de septembre (^).
Raoul évêque de Liège a-l-il vendu les bénéfices ecclësias-
ti(|ues ?
Il pouvait y avoir à cette époque au diocèse de Liège, environ
trois mille ecclésiastiques et peut-être un plus grand chiffre de
bénéfices encore. De ce nombre, il n'y en avait pas quatre
cents qui fussent à la collation de févêque. Tous les autres
étaient conférés par les chapitres des collégiales, les abbés des
monastères, les seigneurs des villages et autres patrons laïques.
On sait, en effet, que les fondateurs de bénéfices avaient coutume
d'en réserver la collation à leurs parents, et que les seigneurs
s'étaient déjà emparés, avant la seconde moitié du XIP siècle,
de la collation d'un grand nombre de bénéfices. Les chapitres
monastères avaient également obtenu, par don ou par legs, le
et les droit de patronage sur plusieurs églises.
Des bénéfices qui étaient h la collation de févêque, il pouvait
en tomber vacants, à peine dix par année. Raoul, qui appartenait
à la plus riche famille d'Allemagne, aurait fait vendre, chaque
année, par cupidité, ces dix bénéfices tombés vacants ! la
vente aurait eu lieu, en public, au marché ! il en aurait chargé
un boucher ! La chose est-elle assez absurde? Si Raoul avait
voulu vendre les bénéfices qui étaient à sa collation, il en eût
chargé un des ecclésiastiques attachés à sa personne pour
fassister dans l'administration du diocèse, et la vente aurait
eu lieu en secret.
Les patrons laïques vendaient parfois les bénéfices qui
étaient à leur collation, et malheureusement ils trouvaient des
acheteurs, soit parmi les parents de jeunes ecclésiastiques qui
étaient aux éludes ('-), soit parmi les ecclésiastiques eux-mêmes;
(') yanàen Herg, Moiiuinenta patriœ leod., ms. n» 188, à la bibliolhéque de
rUniversilé de Liège, p. 83.
(*) En règle générale, il suffisait d'ùlre tonsuré et d'avoir atteint l'âge de 14 ans
pour être capable d'obtenir un bénéfice.
170
mais ces ventes se faisaieni eu secret et restaient souvent
inconnues à l'autorité épiscopale elle-même.
Henri, évêque d'Albane, légat du S. Siège, prêcha la croisade
il Liège pendant le carême de 1188. Il y tint aussi un synode
dans le(iuel il s'eflbrça d'extirper la simonie. N(-us donnerons
ici les témoignages des contemporains louchant ce synode ; ils
serviront à contrôler le récit du biograi)he d'Odile.
Gislebert deMons, qui assista au synode avec Baudouin, comte
de Hainaut, en parle dans sa chronique : le légat, dit-il, ayant
appris que la simonie régnait au diocèse de Liège, fut mécontent
de l'évêque et se rendit à Liège. Le comte de Hainaut, qui con-
naissait le caractère peu condescendant du prince-évêque, son
seigneur et cousin, craignit que celui-ci ne s'opposât aux prédi-
cations et aux décrets du légat; il se rendit à Liège pour donner
de bons conseils à l'évêque. En effet, lorsque le légat, après
avoir donné la croix h plusieurs, voulut prêcher contre la
simonie et porter des décrets à ce sujet, Raoul, qui aimait de
l'aire en tout sa propre volonté, s'y opposa ; mais il Unit par y
acquiescer sur les instances du comte de Hainaut. Environ
deux mille ecclésiastiques assistèrent au synode; près de quatre
cents d'entre eux avouèrent avoir acheté leurs bénéfices, qui
étaient des archidiaconés, des abbatialités, des prévôtés, des
prébendes, des cures paroissiales, etc., et plusieurs même de
la main de l'évêque ; ils les résignèrent entre les mains du légat,
(lelui-ci, avec le concours de Raoul, rendit à chacun de ces
quatre cents ecclésiastiques, soit son ancien bénéfice , soit un
autre ( i).
Nous ne pouvons nous empêcher de l'aire observer que Gis-
lebert aime à faire ressortir le héros de son histoire, Baudouin,
comte de Hainaut, et à exagérer son influence sur les princes
du voisinage. Nous avons peine àadmelire que Raoul l'ùt capable
de s'opi)Oser à un légat du S. Siège et qu'il a (allu toute i'in-
[i) Giilcùtrti cliruiikou , ii" ^l'iii.
— 171 —
fluence du comte de Hainaut pour l'en empêcher. Raoul, en
elïet, s'était soumis au pape Alexandre III au concile œcumé-
nique de 1179, et il venait de prendre la croix de la main même
du légat; un évêque qui se trouve dans ces dispositions, est
porté à seconder plutôt qu'il entraver l'action salutaire d'un
envoyé du S. Siège. Le projet de s'opposer aux desseins du
légal que lui prête Gislebert, devait avoir un motif. Ce chroni-
queur le trouve dans la vente de bénétices dont Raoul
se serait rendu coupable. Gislebert énumère parmi les genres
de bénéfices vendus et achetés les abbatialités et les prévôtés;
or il était moralement impossible que celles-ci lussent l'objet
d'une vente; les chanoines de chaque chapitre, en effet, élisaient
à la majorité des suffrages leur abbé ou leur prévôt ; le postu-
lant aurait donc dû acheter les suff'rages de la majorité des cha-
noines ; et comme les tréfonciers seuls pouvaient être élus à ces
dignités, les acheteurs des suffrages eussent été les cha-
noines-tréfonciers de la cathédrale. Tout cela n'est guère pro-
bable.
Le chroniqueur de Neumoustier parle aussi du synode de
1188 : le légat donna, dit-il, la croix à l'évêque, et soixante-six
ecclésiastiques résignèrent leurs bénéfices entre ses mains; il
commuta leurs bénéfices entre eux; de cette manière ils échap-
pèrent k la simonie sans perdre leurs bénéfices. Ce chroniqueur
ne parle pas de simonie commise par l'évêque, et il fixe h soi-
xante-six le nombre des ecclésiastiques simoniaques.
Lambert-le-Petit, moine de S. Jacques, à Liège, qui mourut
en 1194, parle de Raoul dans sa chronique; mais il ne lui
reproche aucun acte de simonie; il rapporte aussi farrivée du
légat Henri à Liège et ses prédications touchant les croisades,
mais il ne mentionne pas même le synode. Ce silence est de
nature à prouver que le synode n'avait pas l'importance que lui
donne Gislebert et que le nombre des ecclésiastiques simonia-
ques ne montait pas à quatre cents.
Nous ne citerons pas la chronique de S. Laurent à Liège,
— 172 —
parce quo, comme nous l'avons déjà dit, la partie de celle chro-
nique qui renl'erme les fails dont il s'agil, a élé écrite, après
Gilles d'Orval, par un religieux qui a copié l'ouvrage de ce
dernier.
Le prince-évêque commit la grande faute d'embrasser le
parti de l'empereur Frédéric Carberousse et de son antipape
contre Alexandre III, mais il la répara en 1170 au concile
œcuméni(iue d'^ Lalran. En dehors de celle faute, tous les actes
de son règne parlent en sa faveur. On peut prouver par les
Charles, que chaque année le prince-évêque tenait un synode
général, et dans ce synode, comme nous l'avons déjà dit, se
traitaient les affaires du diocèse comme celles de la princi >anté.
L'histoire nous montre aussi Raoul remplissant par lui-même
toutes les fonctions de l'Ordre épiscopal, et veillant à
l'intégrité de la principauté, ainsi qu'à la sécurité publique.
On conserve encore de lui une lettre qu'il adressa à S"'-Hi!de-
garde (qui mourut le 17 septembre 1179) et dans laquelle il
exprime les plus beaux sentimenls de modestie et d'humilité ( ' ).
Vin.
Lamberl-le-Uègue et le clergé de Liège {vers 1173), d'après le
biographe d'Odile.
Du temps que la simonie régnait à Liège, Dii^u suscita un
saint prêtre, nommé Lambeit-le-Bègue, parce qu'il élait réelle-
ment bègue. Son nom passa aux béguines dont il fut le fonda-
teui-. Quoique peu inslruit, il commença à prêcher, et s'éleva
avec force contre la simonie et les mœurs dépravées du clergé'.
Les l;iï(|ues coururent en foule à ses sermons ; plusieurs se
convertirent. Comme il prêchait sans autorisalion. lesicclésias-
( ') Migiif, Patrolorjie laliup, lome CXCVH. p. 175.
— 173 —
tiques le dénoncèrent à l'évêque qui le fît arrêter par des soldats.
Lorsque ceux-ci le conduisaient à travers l'église de S. Lambert,
il y fut maltraité par quelques clercs ; Lambert leva alors les
yeux vers l'autel de la Vierge et s'écria : Le jour viendra où les
pourceaux fouilleront la terre en cet endroit. Raoul le fit enfer-
mer au château de Revogne où Lambert traduisit les actes des
apôtres en langue romane ; on dit que S. Paul lui apparut dans
la prison et lui fournit ce qui était nécessaire pour écrire.
L'évêque l'envoya ensuite à Rome près du pape pour y être
jugé. Le Souverain Pontife, loin de le condamner, approuva sa
conduite, lui accorda la faculté de prêcher et le renvoya ii
Liège. Lambert mourut en revenant à Liège. Tel est le récit du
biographe d'Odile et de Gilles d'Orval (*).
IX.
Lambert-le-Bègue d'après ses contemporains.
Lamberl-Ie-Bègue doit avoir excité fort peu l'attention
publique, car le second continuateur de la chronique de
S. Trond, qui écrivit vers 1180, et Lambert-le-Petit de S. Jac-
ques, qui mourut en 1194, ne parlent pas même de lui.
La chronique de Neumoustier le mentionne à l'année 1177 :
«En cette année, dit-elle, mourut maître Lambert de S. Chris-
tophe qui fui le fervent promoteur du nouvel institut qui fleurit
à Liège et dans les environs. 11 a écrit un antigraplttim ,
publié iiiic tabula Lamberti , et traduit en langue romane
plusieurs ouvrages, surtout des vies de saints et les actes der^;
apôlres. « Ce récit du chroniqueur de Neumoustier ne contient
l'ien, comme on le voit, louchant ses déclamations coiilre
l'évêque et le clergé, ni touchant ses prophéties.
' ) Chapeavillo, tome H, p. ISfi
— 174 —
Le récit du biographe d'Odilo renferme plus d'une invraisem-
blance.
Au XIF siècle, pas plus que de nos jours, il n'étail permis è
aucun prêlre séculier de prêcher sans l'autorisation de l'évêque.
Le biographe d'Odile avoue cependant que Lambert n'avait pas
cette autorisation, ce qui ne prouverait pas en faveur de sa
sainteté. Il s'éleva, ajoute le biographe, contre les mœurs
dépravées du clergé ; mais dans l'hypothèse que ces mœurs
fussent dépravées, ce n'était pas à un simple prêlre, surtout à un
prêtre qui n'avait reçu aucune autorisation de son évêque, à
s'élever contre le clergé dans ses sermons. Enfin, un prêlre qui
se conduisait de cette manière, ne pouvait guère être favorisé
d'une apparition de S. Paul, ni avoir reçu de Dieu le don de
prophétie. Il est peu probable aussi qu'il ait reçu du pape la
faculté de prêcher, même contre le clergé de Liège.
L'évêque Raoul, il est vrai, nous l'avons déjà dit, avait
embrassé le parti de Frédéric Barberousse et de son antipape;
mais il avait été ("lu légitimement en 1167, et n'avail pas été
déposé par le pape Alexandre III. D'ailleurs il abjura le schisme
au concile œcuménique de 1179.
L'incendie de la cathédrale en 1183, d'après le biographe d'Odile
et Gilles d'Orval.
Lambert-lc-Petit de S. Jacques, (jui vit l'incendie de la cathé-
drale, en parle dans les termes suivants, à l'année 118o :
« l'église cathédrale de S. Lambert cl l'église collégiale de S.
Pierre périr(Mit par un incendie (pji n'enlnma point celle de Notre-
Dame-aux-Fonls, ({uoiqu'elley fût conligué. Le curps de S. Lam-
bert fut transporté dans l'église de S. Barthélémy, au faubourg
de Liège. Les Hutois vinrent en procession à Liège, portant le
- 175 —
corps de St-Domitien, Le clergé de Liège et les moines blancs
allèrent à leur rencontre portant des croix, des bannières et des
reliques; de Pubiémont, le cortège passa par la porte de S.
Martin, et se rendit à S. Barthélémy, où l'on reprit les reliques
de S. Lambert pour les porter à l'église de Notre-Dame. Raoul
ordonna de célébrer la fêle de S. Domitien. »
Dans ce récit, le religieux de S. Jacques s'abstient de toute
réflexion; il ne parle ni de prophétie, ni de punition, ni d'inter-
vention des démons, ni de miracles.
Le biographe d'Odile, qui écrivit environ soixante ans après
l'événement, et qui probablement ne l'avait pas vu, nous en
donne un récit beaucoup plus développé : le 28 avril 1183,
dil-il, les flammes dévorèrent la cathédrale de S. Lambert
d'après la jjrédiction du saint homme. Le feu y fut communiqué
d'une maison voisine. Les démons soufflèrent sur les flammes
pour les activer; celles-ci consumèrent la toiture de plomb, les
deux tours, tout le mobilier, le vieux palais, l'église de Sainte-
Ursule, quelques maisons voisines. Le maître-autel dédié à la
Vierge resta intact, ainsi que l'église deNotre-Dame-aux-Fonts.
L'église paroissiale de S. Clément fut aussi brûlée, ainsi que les
cloîtres de la cathédrale, en punition des péchés de ceux qui
les habitaient. Quelques jours après l'incendie, on démolit le
maître-autel pour commencer la construction d'une nouvelle
église ; à l'endroit de cet autel, on vit parfois plus tard les
pourceaux fouiller dans les décombres; c'est de cette manière
que s'accomplit la prophétie de rhomme de Dieu ( i .
Gilles d'Orval, après avoir reproduit ce récit, y ajoute encore
quelques invectives contre le clergé de la cathédrale, puis il
contiime: de toutes les parties du diocèse, on se rendit en pro-
cession Li Liège pour y faire des offrandes destinées à la recons-
truction de la calhédrale. Les Hutois s'y rendirent aussi, portant
la châsse de S. Domitien; dès que cette châsse fut en présence de
( « ) Chapeaville, t. il, p. US.
- 176 —
celle de S'-Lambert, les deux Saints se saluèrent par un son écla-
tant. Lorsque les Hulois voulurent reprendre la châsse de leur
saint pour retourner, ils ne purent la soulever, jusqu'à ce que
tous eussent déposé leur offrande. Une femme aveugle depuis sept
ans rejoignit la procession des Hulois près de l'abbaye de S'-
Gilles, saisit des deux mains la châsse de S'-Domitien et la tint
jusqu'à ce qu'elle ("ut guérie. Ce miracle est attesté par deux re-
ligieux cisterciens qui étaient présents (*).
Les témoignages du biographe d'Odile et de Gilles d'Orval ne
sont point v\\\(i preuve suffîsante des prophéties et des miracles
qu'ils rapportent.
XL
Visions et prophéties touchant la guerre de 1212 à 1213, d'après
le biographe d'Odile.
Reinier, religieux deS'-Jacques (né en 1155 et mort vers 1230)
continua la chronique de son confrère Lamberl-le-Petit. H ra-
conte, avec la plus grande exactitude et beaucoup de détails, la
guerre des Liégeois contre les Brabançons, mais il ne men-
tionne aucune vision, aucune prophétie, aucun miracle. Il
semble même n'avoir conim ni Odile ni Jean son fils, car il ne
parle point d'eux.
La chronique de Neumoustier mentionne aussi la guerre de
1212 à 1213, mais n'en donne point de détails. Il n'y est parlé
ni de miracle, ni de prophétie.
Le biographe d'Odile, et Gilles d'Oival a|)rès lui, laconlent
avec beaucoup de détails les événements de la guerre de 1212
à 1213, mais ils ont inséré dans leur i-écit un grand nombre de
visions, de prophéties et de miracles, dont nn:is donnerons ici
le résumé.
(>) ChapcaviUe, l. II, p. i:\\.
477
En 1212, le serviteur (le Dieu (Jean l'abbé) vit, pendant une
nuit, la châsse de S. Lambert inclinée du côté gauche et sur le
point de tomber; les assistants en furent effrayés et se sauvè-
rent de l'église. Il la vit ensuite inclinée du côté droit, ce qui lit
également fuir les fidèles. Il la vit en troisième lieu tomber du
côté gauche sur le parquet, mais sans faire des menaces. La
dévastation de la ville était indiquée parla première inclinaison
de la châsse. L'auteur pense qu'une seconde et une troisième
dévastation lui furent épargné3s par l'intercession de la Vierge
et de S. Lambert. Un autre jour l'homme de Dieu vit dans la
châsse une multitude d'étoiles et au milieu d'elles un crucifix;
PU côté droit du crucifix se tenait la Vierge, et au côté gauche
S. Lambert. Un troisième jour, il vit la cité tellement entourée
par les eaux de la Meuse que personne ne pût en sortir ( i ).
Dans la nuit du 3 mai 1312, le serviteur de Dieu vit sortir du
mausolée de S. Lambert une vipère qu'il prit en mains sans en
être mordu, quoiqu'elle lançât son venin. Elle se glissa de ses
mains, sortit par la porte du Nord et entra dans la fente d'un
rocher. Elle en sortit bientôt, mais il s'éleva un mur entre elle
et Jean l'abbé. Elle prit ensuite la forme d'un homme et dit à
Jean : je dois me retirer, car je ne puis soutenir votre pré-
sence. La vipère est le duc de Brabant qui prit la ville ce
jour-lh même, sans que Jean et Odile en eussent à souffrir. Le
soir le duc sortit de In ville par la porte du Nord. Plus tard
voulant y revenir, il fut arrêté comme par un mur et vaincu (').
Le 3 mai 1312, de bon matin, des femmes et des enfants
venaient prier au tombeau de S. Lambert. Parmi elles se trou-
vait Odile, la mère du serviteur de Dieu. Cette femme qui aupa-
ravant n'entrait jamais h la cathédrale sans voir des choses
extraordinaires au tombeau du saint, n'y vit rien ce jour là. Elle
compritqueDieu allait châtier la cité. Auparavantelleyétnitsou-
vent témoin de signes célestes : tantôt elle voyait descendre la
( ' ; Cliapeaville, t. II, p. 607.
(*) Chapeaville, t. H, p. (HS.
- 178 —
grâce du S. Esprit sous la forme d'mie boule de feu; tantôt elle
cont(MnpIait l'àmc de S. Lnnibert descendant du ciel ouvert sous
la forme d'un homme revêtu d'une tunique blanche et entouré
d'une lumière éclatante, puis retourner au ciel; elle vit encore
bien d'autres choses qui n'ont point été écrites ( i ).
Après la prise et le pillage de la ville, qui eurent lieu le 3 mai
1312, Jean pria souvent Dieu, la Vierge et S. Lambert pour la
réparation de cette injure. Un jour il eut la vision suivante :
se rendant \\ l'église pour y prier, il vit autour d'elle une quan-
tité de personnes taillant des pierres destinées \\ sa réparation.
Ces personnes signifiaient les âmes dévoles qui, par leurs
prières, préparaient la réparation de la défaite (2).
Un autre jour, il fut ravi en esprit : entrant dans la ville de
Liège, il en admira le beau site et les bcàliments restaurés. Q'.iel
dommage, se disait-il, si elle devait être incendiée par les Bra-
bançons. Il entendit dans le lointain le son des cloches. On
sonnait, lui disait-on, pour la dédicace de l'église. Il entendit
ensuite un chœur qui chaniail : le seigneur a envoyé son ange
qui nous a délivré des mains d'Hérode et de l'attente du peuple
juif. Jean en ressentit une grande joie. Celte vision signifiait la
défaite des Brabançons (3).
Le 3 mai 1213, après l'ollice de nuit, Jean prit un peu de
repos sur le pavé du chœur, la tête appuyée sur son hermine;
S. Lambert lui apparut et s'assit près de lui avec ses compa-
gnons ; le visage en feu, le saint dit à Jean : Les Brabançons
seront vaincus. Jean trembla et s'étant éveillé, il comprit que
S. Lambert lui avait apparu (0-
Dans la nuit du 1 i octobre 1213, l'homme de Dieu, après
avoir ;illiiiii{; des cierges anlour de la chcâsse de S. Lambert,
s'adonna an ri'|)os. Ravi en esprit, il eut la vision suivante : il
(M Chapeaville, t. il. p. lil3.
! •) Ctiapcaville, l. Il, p. Hlî.
( 3) Chapeaville, t. Il, p. G1«.
( *) Chapeaville, t. II. p. fil').
— 179 -
étail debout, au côté gauche du chœur ; il vit tomber à terre
la châsse de S. Lambert ; il la releva et la tint entre ses
bras. Deux jeunes gens vêtus de blanc, portant des cierges
allumés, se placèrent près de lui. Des moines entrèrent par la
porte de l'Est, montèrent au chœur et y chantèrent l'antienne
0 crux.. ; parvenus à ces mots salva prœsentem catervam, leurs
voix devinrent d'une si grande douceur que Jean ne se sentit
plus de joie (i).
Dans la journée du il octobre, un bourgeois de Liège endormi
entendit la cloche du ban; comme il demandait où il fallait se
rendre, S. Lambert lui apparut et lui dit : Suivez-moi, je vous
conduirai et reconduirai sain et sauf. S'étant éveillé, il enten-
dit réellement la cloche du ban.
Le samedi 12 octobre, Jean l'abbé ayant demandé à une
femme des cierges pour le tombeau de S. Lambert, celle-ci
répondit en raillant : S. Lambert qui abandonne ses serviteurs
a bien mérité que nous décorions son tombeau i\(\ nos lumières.
Demain, répliqua Jean, vous ne parlerez plus ainsi, car la gloire
de notre saint se sera manifestée à tous.
Le 13 octobre, de bon matin, un possédé du démon qu'on
conduisait à l'église de Hastière, se mit à crier : Aujourd'hui
S, Lambert remportera la victoire. Vers les neuf heures, il cria
encore plus haut : S. Lambert remporte la victoire. Vers midi
il s'écria de nouveau : S. Lambert triomphe miraculeusement.
Puis le possédé expira.
Une persoiHie dévote qui priait pour le bonheur de la patrie,
s'endormit dans sa prière. La Vierge lui apparut et lui dit :
Pourquoi vous affligez-vous? Le glorieux S. Lambert, sur les
instances de tous les saints, a obtenu de mon Fils qu'une ven-
geance éclatante serait tirée des Brabançons.
Le 13 octobre, quand les deux armées étaient en présence
dans les Steppes de Montenaeken, on vit une colombe blanche
(• Chapeaviile, I. II, p. (i2l.
— 180 —
voler au-dessus des Liégeois, ce qu'on cioit avoir été une vertu
céleste. Odile qui priait en ce moment à Liège, vit dans les airs
S. Lambert avec des armes d'or, un bouclier sur l'épaule, une
hache îi la main, et monté sur un cheval blanc; il était précédé
de la Vierge et se rendait au combat. Un bourgeois de Liège
le vit également se rendre au combat.
Un nuage se plaça devant le soleil pour empêcher que ses
rayons ne donnassent dans les yeux des Liégeois, et il resta
ainsi pendant toute la bataille.
Après la dèiaitc du 13 octobre, le duc de Brabant promit satis-
faction au comte de Flandre et au prince de Liège qui, en consé-
quence, ne continua pas à le poursuivre en envahissant ses Etats.
L'homme de Dieu eut à ce sujet une vision : il vit le pontife de-
vantlui et lui remit une étole rouge marquetée dedeniers,que le
pontife se mit au cou; Jean le lui défendit en disant que c'était
de l'argent enlevé aux Liégeois, mais il ne fut point écouté. Dans
une seconde vision, il entendit dire que le prélat abandonnait
le diocèse et disait adieu à la cité. Dans une troisième vision, il
vit des hommes en habits laïques, montés sur de grands qua-
drupèdes, entrer dans la cathédrale et la dévaster. La première
vision signifiait que le prince avait renoncé pour de l'argent
aux fruits de sa victoire ; la seconde qu'il avait admis la ]iro-
jnesse de satisfaction du duc, comme le pasteur mercenaire
admet celle du loup; Tobjet de la troisième vision n'avait point
eu lieu, grâce à la protection de S. Lambert, par la victoire du
roi de France à Bouvigne.
Avant que le duc de Brabant vint à Liège faire sa soumis-
sion, l'homme de Dieu vit en esprit sur l'autelde la Ste-Trinité,
un vieill;ii"(l à cboviMix blancs, velu d'une tunique blanche et
cliaussé de souliers (|ui se conservent encore à l'église ; c'était
S. Lambert; pour lemieuxvoir, Jean montasurune pierre, et vit
le saint remettre à leur i)lace sa châsse, celle de S. Théodard et
les autres. Cette vision s'accomplit à la lettre, lors(|ue le duc
prit les reliques de (erre et les remit à leur place.
— 181 -
Au mois d'avril 1214, Jean vit s'élever de terre un nuage
blanc qui enveloppa toute la cathédrale; il courut avec le peuple
au tombeau de S. Lambert pour le supplier d'écarter le danger.
Le 28 de ce mois, pendant que Jean célébrait la sainte Messe,
Odile sa mère vit S. Lambert avec des armes étincelantes, éten-
dant un bouclier contre les ennemis. Ces ennemis étaient l'armée
d'Otton qui menaçait la principauté.
Peu avant la bataille de Bouvigne, Jean vit la châsse rouge de
S. Lambert inclinée vers la France ; Odile vit le saint lui-même
revêtu de ses armes, le casque en tête, regarder la France d'un
œil bienveillant.
Peu après la bataille de Bouvigne, l'homme de Dieu eut la
vision suivante : il entra dans une église et entendit sonner la
cloche de la cathédrale appelée Desiderata. On lui raconta qu'on
avait porté la châsse de S. Lambert à la rencontre du roi Fré-
déric. Jean monta les degrés du chœur; il vit le tombeau du
saint vide et plusieurs personnes baisant l'endroit où la châsse
avait été placée. Se tournant du côté du Nord, il y vit un crucihx
touchant la terre et ayant une ligure de serpent ; au côté gauche
du crucifix se trouvait un vase rempli d'eau fétide ; au côté droit
un prêtre qui priait ; en descendant, il vit un autel restauré.
Levant ensuite les yeux, il aperçût une multitude de clercs
qui voulaient célébrer la fête du saint. Jean raconta cette vision
à un prêtre qui la rapporta au doyen. Odile défendit à son fils
d'en rien dire au doyen, si celui-ci l'interrogeait sur la vision,
parce que, disait-elle, il n'en fera aucun cas. Jean suivit cet
ordre et se tut en présence du doyen. Voici l'interprétation de
cette vision :
La victoire de Bouvigne, obtenue par la protection de Saint-
Lambert, a permis au roi Frédéric de passer le Rhin, à la grande
joie des Liégeois, qui en remercièrent S. Lambert. Le duc de
Brabant fut humilié jusqu'à terre à cause de ses perfidies.
L'église de Liège s'est relevée glorieuse. Le prêtre qui priait est
Jean lui-même.
18*
Odile, priant pour le roi Frédéric, vit S. Lambert lui montrer
son église rayonnante de lumière et l'entendit lui dire : C'est
cette église que le Seigneur a consacrée avec mon sang; il
complétera la victoire remportée pour moi sur le duc de Bra-
bant et le roi Otton ; il fera passer le Rhin h Frédéric.
En 1^18, lejour mûmequ'Otton mourut à Brunswick, l'homme
de Dieu eut une vision : des clercs vêtus de blancs l'entouraient
pour célébrer la fête de S. Lambert ; ils entonnaient l'antienne
0 Juda ; Jean en fut étonné, mais comprenant que c'était la
volonté de Dieu, il chanta l'antienne avec les autres. Le Judas
était le roi Otton.
Les démons, furieux contre Jean l'abbé, lui causèrent avec la
permission de Dieu toutes sortes de maladies. Sa figure se
gonfla et ses yeux s'éteignirent, mais le lendemain il fut guéri
par S. Lambert.
La fête du triomphe de S. Lambert à Steppes fut fixée au 13
octobre. L'homme de Dieu eut à ce sujet une vision : une pro-
cession dans laquelle deux jeunes gens portaient la châsse de
S. Lambert, entra dans une église. Ces jeunes gens ayant voulu
déposer la châsse à terre, Jean s'y opposa, la prit de ses mains
et la plaça sur un autel. A la sortie de l'église, on voulut dépo-
ser lâchasse à terre, mais Jean s'y opposa de nouveau. On vit
ensuite arriver des hommes vêtus de blancs portant deux châs-
ses, dont l'une était moins blanche que l'autre et tachetée de
sang. Cette vision signifiait trois fêtes célébrées avec proces-
sion : celle du triomphe de S. Lambert qui ne devait pas être
omise, celle de la Nativité de la Vierge et celle de Ste-Catlierine.
Un autre jour, Jean contempla dans une vision le tombeau de
S. Lambert, et vit préparer un luminaire dans toute l'église.
Ces cierges me plaisent, disait le saint, puis il disparut.
Vers 1:219, il fut dtx'idé, à la demande du duc de Brabant, que
la fêle du li'ioniplie ne serait plus célébrée; mais Jean n'en pré-
para pas moins le luminaire à l'approche du 13 octobre. Il vit
en esprit une tour s'écrouler, elles cloches se briser; Odile vit.
188
sous la forme d'étoiles obscures , les démons entrer dans
l'église; mais peu après, S. Lambert les en chassa. La vision se
vérifia. Le 13 octobre au matin, tout le clergé pria l'évêque de
rétablir la fête du triomphe ; ce qui eut lieu (i ).
Tel est l'abrégé des visions d'Odile et de Jean. Qu'en faut-il
penser ? C'est que le témoignage du biographe d'Odile n'en est
pas une preuve suffisante. Le nombre et la forme de toutes ces
visions offrent quelque chose de très-singulier qui fait sur le
lecteur une impression défavorable et le porte à les rejeter.
XIL
Hugues de Pierrepont et Jean Vahhé.
Hugues de Pierrepont, notre prince-évêque, fut élu en 1226
archevêque de Rheims. Reinier de S. Jacques rapporte le fait
dans les termes suivants : « Hugues, évêque de Liège, fut élu
avec solennité et à l'unanimité des suffiages, archevêque de
Rheims ; mais vaincu par les prières et les larmes du clergé et
du peuple, il refusa. »
Le chroniqueur de Neumoustier rapporte aussi le fait; les
chanoines de l'église de Rheims, ajoute-t-il, étant venus ii
Liège présenter le décret d'élection à Hugues, celui-ci ne voulut
point y consentir; il refusa modestement par la bouche de
Jacques de Vitri, évêque d'Acre, qui se trouvait en ce moment
près de lui.
Ces deux historiens ne font point mention de Jean l'abbé ni
de ses relations avec l'évêque.
Le biographe d'Odile donne, à ce sujet, les détails suivants :
Quand Hugues de Pierrepont était à Liège, il avait coutume,
après l'office de nuit, d'aller prier au tombeau de S. Lambert;
( ' ) Chapeaville, t. II, pp. 622 à 639.
— 184 —
il y pleurait souvent, car Dieu lui avait donné le don des larmes;
il faisait en même temps une visite à Jean l'abbé. Ils conféraient
alors sur les choses spirituelles et temporelles; Jean lui parlait
avec une sainte liberté, et l'évêque ne s'en offensait point; il
suivit même assez souvent les conseils de l'homme de Dieu.
Dès que Hugues eut appris son élection au siège de Rheims, il
fit demander les prières de Jean pour connaître la volonté de
Dieu. Pendant la nuit qui précéda son départ pour Dinant, il
se rendit au tombeau de S. J^ambert et y pria en versant des
larmes; il se jeta ensuite aux pieds de Jean l'abbé qui s'y trou-
vait et éclata en sîinglots. Arrivé à Dinant, il y interrogea Simon,
frère convers d'Aine, pour connaître de lui la volonté de Dieu :
«La volonté deDieu, répondit le i'rère, c'est que vous choisissiez
l'église vers laquelle vous portent vos affections. » — a C'est celle
de S. Lambert, répliqua l'évêque, pour laquelle j'avais déjà fait
mon choix (i). »
On a de la peine à croire que Hugues de Pierrepont alla sou-
vent pendant la nuit visiter Jean l'abbé, conférer et prier avec
lui, et qu'il se jeta parfois h ses pieds en sanglotant.
XIII.
Mort de Hugues de Pierrepont.
Hugues de Pierrepont mourut àHuy, entre les bras de Jacques
de Vitri, le 12 avril 1229, après avoir reçu de lui les S. Sacre-
ments. Il fut enterré dans la cathédrale, quoiqu'il eût choisi sa
sépulture dans l'abbaye du Val-St-Lambert. Tel est le récit de
Reinier de S. Jacques.
Le chroniqueur de Neumoustier donne quelques détails plus
précis : pendant le carême, l'évêque Hugues était gravement
malade au château de Huy; après avoir disposé de ses biens et
(' j Cliap»uville, t. II. p. 5242.
— 185 —
réglé toutes ses affaires, il mourut le Jeudi-Saint, 12 avril, pen-
dant que Jacques de Vitri, évèque d'Acre, consacrait les Saintes
Huiles dans l'église de Neumoustier ; le soir son corps fut porté
solennellement à la collégiale de Noire-Dame, et le lendemain
h la cathédrale de Liège oii il resta déposé jusqu'au lundi de
Pâques , il y fut inhumé ce jour à l'endroit où S. Lambert
souffrit le martyre.
Ces deux historiens ne parlent ni de synode, ni de décret con-
traire aux anciens privilèges de Liège, ni de prophéties, ni de
faits miraculeux.
Par une charte de 12i29, Hugues reconnaît que le chapitre de
la cathédrale a, d'après une ancienne coutume, le pouvoir d'ex-
communier les malfaiteurs et de les bannir de ses terres, ainsi
que de connaître en appel des causes portées devant lui par les
chapitres des églises collégiales du diocèse (i).
Le biographe d'Odile et, après lui, Gilles d'Orval nous pré-
sentent le récit suivant de la mort du prélat. La dernière année
de son épiscopat, Hugues réunit un synode dans lequel il porta
un décret contraire aux anciens privilèges de Liège. Il fut révélé
par le S. Esprit à un prêtre que l'èvêque mourroit dans l'année
s'il ne révoquait ce décret. Ce prêtre lui fit connaître cette
révélation par un billet écrit, et chargea une vieille femme de le
lui remettre; celle-ci le lui remit avant l'office divin et disparut
au plus vite. Après l'ofiTice, l'évèque ayant lu le billet, entra
en fureur et le décliira avec les dents. Il fit inutilement
rechercher la vieille femme. Le prêtre qui avait eu la révéla-
tion, en fit part h Jean l'abbé. Celte année, l'èvêque étant tombé
malade à Huy, le prêtre lui fit une visite et lui rappela le contenu
du billet: « Hélas, soupira Hugues, je me suis repenti trop tard de
ce décret. » — « Ce que vous n'avez pas voulu croire alors, répliqua
le prêtre, nous le voyons, maintenant, avec douleur, s'accom-
plir. ))I1 y avait alors à Liège une prophétesse avancée en âge;
(I ) Charte de la cathédi-ale S. Lambert, n° 7ti,
— 186 —
elle fit savoir ;i Jean l'abbé que l'évêque , s'il voulait guérir,
devait venir à Liège. Jean le notitia à l'évêque par un domes-
ti(iue ; mais Hugues n'y ajouta aucune foi. Après avoir réglé
ses affaires spirituelles et temporelles et reçu les S. Sacrements,
il mourut dans les bras de Jacques de Vitri, le Jeudi-Saint,
12 avril. Quoiqu'il eût choisi sa sépulture au Val-St-Lambert, il
fut porté à la cathédrale. Le chapitre voulut l'inhumer près de
l'aulel de S. Materne; mais il fut révélé à Jean l'abbé, qu'il devait
être inhumé près de l'autel des SS. Cosme et Damien, ce qui
fut fait le lundi de Pâques. Peu de jours après sa mort, Hugues
apparutàune personne pieuseetiui dit qu'il était au j>urgatoire.
La veille de la Pentecôte, il apparut à un religieux pendant la
nuit, et se plaignit do ce que les prières pour le repos de son
âme étaient diminuées dans les onlrcs religieux. Cinq ans plus
tard, il apparut à ce même religieux pour renouveler ses plaintes.
Celui-ci pria, dès lors, avec tant de lerveur que, bientôt après,
il vit l'âme du prélat monter au ciel ( i).
Le décret contraire aux anciens privilèges de Liège, que
mentionne le biogr;qjhe d'Odile, nous est inconnu; mais nous
voyons au moins par la charte do 1229 que Hugues aimait à
reconnaître et â conlirmer les privilèges du chapitre de la
cathédrale.
Il est inutile de faire ressortir les invraisemblances que pré-
sentent les visions et prophéties louchant la mort de l'évêque.
XIV.
Conclusion.
Le chanoinc-tréfuncier qui écrivit, entre les aimées 1241 et
1251, la vie d'Odile et de son llls Jean, se montre dans tout
son récit très-sincère. Il parle en homme convaincu de ce qu'il
( ') Cliuii(;avilk', lomc 11, pp. -2'ti) a '■liùl.
— 187 —
raconte. On ne peut pas lui attribuer l'intenlion de menliret de
tromper ses lecteurs.
Mais sa sincérité révèle, en même temps, une grande crédu-
lité, un défaut de discernement et de saine critique. Le lec-
teur doit se demander avec étonnement comment il est possible
qu'un clianoine-tréfoncier ait pu croire que toutes ces visions,
révélations et prophéties venaient réellement de Dieu.
Le chanoine-historien n'a appris ces visions et révélations
que d'Odile et de Jean l'abbé. Ceux-ci ont-ils été sincères ou
bien ont-ils trompé le bon chanoine? Ont-ils eu réellement ces
visions et, s'ils les ont eues, les oiit-ils sincèrement attribuées
à Dieu? Dans le récit du chanoine-tréfoncier, il n'y a rien qui
indique qu'Odile et Jean n'aient pas été sincères. Mais la sincé-
rité d'Odile et de Jean, si on l'admet, ne prouve pas non plus
en leur faveur; elle révèle plutôt un défaut de discernement et
de saine critique; elle fait soupçonner qu'ils ont attribué h
Dieu ce qui n'était que le produit d'une imagination exaltée.
Tous les trois, Odile, Jean et leur biograj)he, étaient portés
à exagérer les abus; ils accueillaient sans critique tout ce qu'ils
apprenaient à cet égard ; et ils voyaient daiis tous les événe-
ments une intervention immédiate de Dieu, soit pour punir, soit
pour récompenser les Liégeois. C'est là le jugement qu'on porte
naturellement quand on a lu les fragments que Gilles d'Orval
nous a conservés de la biographie d'Odile.
La biographie d'Odile est la source première et unique où les
historiens ont puisé les faits scandaleux qui se seraient passés
sous Albéron II (1134-1145) et sous Raoul (1167-1191 ). Gilles
d'Orval et un religieux de S. Laurent auXIIP, Matliias de Lewis
et Jean d'Oulre-Meuse au XIV^ Corneille Zantfliet au XV% Jean
Placentius et Jean de Brusthem au XVP, Fisen et Foullon au
XVII% Bouille au XVIII% de Villenlagne, de Gcrlaelie, Pulain,
l*ollet, ïychon au XIX'- siècle, ont répété les récits du biogra-
phe d'Odile; mais, malgré leur nombre, leur témoignage ne
vaut pas plus que la source première et unique où les faits scan-
— 188 —
daleux ont été puisés; or, cette source, bien loin de pouvoir en
fournir une preuve certaine, renferme en elle-même des invrai-
semblances et ne concorde point avec des sources bistonques
plus anciennes et plus dignes de foi.
J. Daris.
DOCUMENTS INÉDITS
HAUTE AVOUERIE DE HESBAYE.
Le savant baron de Villeiifagne d'Iiigihoul, dans ses Recher-
clies sur V Histoire de la principauté de Liège (i) a consacré un
chapitre très-intéressant à la Haute-avouerie de Hesbaye, dans
lequel il traile surtout des droits et des prérogatives du haut-
voué et du célèbre record de 1321 qui les a déterminés d'une
manière bien précise.
Il a eu la bonne fortune de voir ce record en i812 et d'en
prendre copie (-2), mais, pas plus que le Père FouUon qui en
parle aussi et qui a donné les noms des signataires de ce docu-
ment i's), il n'a jugé à propos de le publier et s'est borné à en
donner une description et une analyse d'ailleurs assez exactes.
Dans une de nos pérégrinations sur le sol de la vieille Hes-
baye, nous avons eu l'heureuse chance de retrouver au château
d'Aigremont, siège de la haute-avouerie de Hesbaye, l'original
du record, ainsi que trois autres documents aussi très-impor-
tants, que nous publions aujourd'hui.
Le record consiste en une grande feuille de parchemin, à
laquelle sont attachées par des cordons de soie, six autres
petites feuilles do parchemin et soixante-et-un sceaux, presque
tous bien conservés. Jadis il y en avait soixante-et-trois ainsi
( • ) Tome I, page W9.
(') Ibid., page 472.
(') Historia Leodiensis, tome 11, page 4'25.
— 190 —
qu'on peut s'en assurer \):iy l'oxauieii du parcUeiTitu. M. de Lou-
vrex', au siècle dernier, avait, conslalé rexisienc.î de soixanle-
deux sceaux(i), taiidisqueM. de Villenfagne, au commencement
de ce siècle-ci \Ven avait compté que cinquante-sept ; mais ce
dernier s'est évidemment trompé.
Le second document qui se trouve aussi à Aigremoni ,
mais qui n'a pas été connu du baron do Villenrasne, est un
di[)lôme impérial de 1590, érigeant la seigneurie d'Aigremont
en comté du Saint-Empire. M. de Villenfagne doutait de son
existence {-2) et ne semblait pas ajouter foi à ce qu'en disait
Saumery dans les Délices du pays de Liège {',^). Aujourd'hui la
découverte du diplôme a [ranclié la question en faveur de Sau-
mery, qui, plus heureux que Villenfagne, avait eu sans doute
communication de cette importante pièce.
Ce diplôme sur parchemin est d'une exécution caligraphique
exlraordinairement belle poui- l'époque. L'écriture en est
grande, large, très-nette et très-ferme. Le nom de l'emiiereur,
celui d'Aigremont et le premier mot de chaque phrase sont en
lettres dorées, et le grand sceau de l'Empire, renfermé dans une
boîte en bois, y est appendu à des cordons en fil d'or.
Outre ces pièces, nous avons encore trouvé à Aigremontdes
copies, aulhenti(iuées par un notaire liégeois, de deux cliarles
du commencement du XIII'' siècle. Les attestations du notaire
ne mentionnent pas la date h laquelle ces copies ont été faites,
mais elle peut être fixée approximativement [)ar le timbre du
papier qui porte l'année 1744.
'/) llecucil des Edils, ctc, tome IV, psi^'O !2;;s.
(*j Ilenhcrclies historiqii :i, lunie I, page VM'i.
. 5) Tome I, page 3oG.
E. PoswiCK.
— 191 —
I
Record louchant les droils du haut-voué de Hesbaye ; 6 octobre 1321.
A tous cheaux qui ces présentes lettres verront et oront. Arnus, avoweis
de Hesbaing, sires de Chaniont et de Lumaing, salut en Deu parmanabie et
connissancc de veriteit. Coneutc cliouze soit a chascon et a tous que
comme ju moi fuisse deplains a nosire chier et révèrent peirc en Deu
nostre saingnour Adolff, par le grasce de Deu evesque de Liège, de mes
droiiures de madilte vowerie de Hesbaing qui ne moi estoent mies
tenuvves et wardces si avant que ju les devoi avoir, et li awisse proiiet en
humilité!! que ilh moi vosist tenir et acomplir mes droitures devantditles
si avant que jii les devoi avoir : ilh moi respondit que volenliers le feroit
si avant que li nobles homes, ii chevalirs, li conseauzdes boucs vilhes et li
païs délie eveschiet de Liège diroent et assegneroent que faire Tavoit. Et
comme l'an de grasce milh trois cens et vint et une, le mardi devant le feiste
Saint-Denis le marlire, fuissent assembleit en ba*^ capitle de Liège, a boire
de capitle après prime, nos reverens peiies devantdis, li nobles homes
del païs, li chevalirs, li maistres.li eschevins, li jureis et li conseauz délie
ditte cité de Liège et chilh qui i envoiiés i astoent de part les bones vilhes
de îluy, Dinant, Treit, Tongres et Sainîron qui chi desouz sont escris, li
peires reverens devantdis requist là et tornat a faire rccor pour les genlis
homes, les chevalirs del païs, les maistres dcUeditte cité, les eskevins, les
Jureis et le conseal de chel liw meismes, et por cheas qui là estoent por les
bones vilhes et le païs, des droitures que ju avoie et avoir dévoie par le
raison de maditte vowerie de Hasbaing, al recort des quels ilh dist là quilh
esteiroit; liqueilh soi trairont a'conseilh ensemble et en parties, et enquiseiit
enlre eaux diligemment pour leurs feauteis à warder entre le peire révèrent
devantdil et moi queles droitures ju avoie et avoir dévoie par le raison
de madite vowerie. Et eaux conseilhiés et enquis diligemment des droitures
devanldlttes, ilh revinrent en le présence del devanldit peire révèrent el
dit capiile, et là cargont ilh par on common acort leure parole, conseilh et
recort a dire et prononchier pour home honorable et sage monsaingnour
Johan Jioicilh, saingnour de Vellerues, chevalir; liqueis ensi cargiés dist là
eii ()rcsence en apert,en recordant les droitures desoirdiite, que on doit le
standair Saint-Lamberl mettre fours de son lieu quant besoins serat, par le
— 19-2 —
rnnspilh de pais ; et lui fours mis, nos sires ii evesques doit le voweit de
Hasljainy mandeir et l'aire savoir que ilh vengne laire son devoir del dit
standar a porter sous se fies. Et lui, mandeit ensi, ilh doit venir à Liège
pour faire son devoir; et alant et venant li doit nos dis sires Ii evesques ses
frais livreir, et cherois pour lui et ses gens qui avec lui vinent. Et ledit
voweit, venut en l'église Saint-Lambert de Liège pour faire son devoir al
manilennMit desuirdit , on le doit armeir desouz le coronne delledille
eglize. Et là li doit lidis eves(|ucs doneir et livreir blances armes, blaiice
chiiiluri' et lilance bourse et cent souz de ligois en celle bourze; et quant li
dis voweis est eiisi armeis, aleir doit al grant alteit delleditte eglize, et là
doit faire fealteit auz saingnours del caidlk", et jureir eu leurs présences
et eu le |)rèsenee auzi des maisires de la cité de Liège, de porteir el
raporleir ledit standar et demoreir deleis ledit evesques, le cité de Liège
et le pais, et faire sou devoir à son loial |)oior.Elelui fait, li saingnours <lel
eapille li doet li slandar li\reii' départ Tevesque et \o pais, et le doent
conduire .jus(pu>s auz greis del marchict; et quant li voweis de Hesbaiug
est là venus, là li doit livreir lidis evesque et douneir on ehe\al sullissanl
|)Our lui, pour faire son devoir de poiter teilhjuweal (pie le standar devant
dit. Et dois esire blans ehis elievauz, covers de blance covreture; et
se on ne li livroil on blanc cheval, ilh doit sufiiier s'ilh est dautre poilli,
mais (prilli soit covers de blanche covreture. Et là doit monteir lidis
voweis, et prendie le slandar eu sa niaiu ; 1 1 al movoir, li doit lidis evesques
livreir une cherrèe de vien pour despendre en son serviche faisant. El
ades le doit lidis evesques livreir en son serviche faisant, alant et venant,
pour li et cheaux qui sont avec li. En a|)rès,(piatit on al ensi fait et livreit
aldit voweit ses droitures, ilh doit a!(>ir là où li eves((ues et li pais
s'accordent. Et cpianl illi al le slimdar p(»r!eit hors délie cité de Liège, il
doit demoreir deleis noslrcdit saingnour revestpies et le sovcntditte cité
de Liège, ijui doent eslre d'un acort. A savoir est ancoi's que quant lidis
voweis est rentreis en ledilte cite, et iih al remis le standar là où ilh le
prist, el list le fealteit de lui porteir el rappoiteir a son loial poior, se nos
reverens peires dcvantdis est après chu si conseilhiès que ilh remande
ledit voweit pnui- porteir ledit standar, el on le vuelli eniiiiiieii' fours délie
cité de Liège, ilh, ikjs peii'es revei-ens, li doit adonc tontes les droitures
dcsoirdiltes, el si sovent (jne on l'arme desouz le coronne et ilh fait noveal
sciimeiil. Eu après est auchors a savoir (pie se lidis voweis, par prison,
maladie au loiale soingne ne puisl venir à Liège por faire son devoir del
— 198 —
dit slandar à porleir, ilh puel en liwde lui une persone mettre et establir
pour ichu l'aire que ilh feroit par le conseal de pais. Aile quele persone,
quant elle est ensl mise et establie , nos rêverons peires dcsoirdis doit
faire les droitures desoirdites en liw deldit voweit. Et tout chu que dit
est, dislelrecordat lidis mesires Johans Doreilh par le conseilh et volenteit
des nobles homes, des chevaliers, maistres, eskevins, jureis et conseal délie
dite cité, et del conseal des bonnes vilhes et del pais desouz escris, qui
siete en firent, à savoir sont : nobles homes mesires Gerars, sires de Huf-
falie; raesire Thumas de Dyste, sires de Wodemont; mesires Robcrs, sire
de Virves, chf'valiei's;Thiris, sires de Rochefort, vowcisde Dynant, uns des
douze peires Saini-Lambert; Lowis de Aygimont, escuiers; mesires Johans
de Chier; mesires Godefioid de Wihongne; mesires Henris, sires de Her-
malle; mesires Johans de ('ommeihe; mesires Thiris de Fauz; mesires
Johans de Culonsler; mesires Uenirs délie Grangne; mesires Uauze délie
Printehaie ; mesires Lowis de Commeihe ; mesires Arnus de ïhilhice ;
mesires Arnus Vilais de Marneffc; mesires Hunbfrs de liei-riamon!, cheva-
liers ; Ilenris de Uahier et Colins de Sain.son , maistres délie tité de
Liège ; mesires Ewestasses de Crisengnée ; mesires Alexandres de Saint-
Servais, clie\aliers ; F-'astreis JJarreis, Pires Boveas, Johans de Lardier,
Balduwins de Ilohjiignc, ^Vilheames de Flemale, eskevins de Liège; Phi-
lippes de iMulan, Philippes Uondeaus de Lamines, Giles Surles, Arnus de
Saint-Loreiit, Rennckiiis de Horion, Giles li Krongnus, clercs jureis dolle
cité de Liège; Amcilcs dis Milars de Vorues \Valtirs de Warfezées, Johans
de Lamines, Johans Boilewe de Mons, bailhirs dellesbaing, Alexandre de
Fechieres, Libers de Siraelcs, Wcri'is de Limon, Rcnars de Holengnules,
AVilheanies de Berses, damoiseaux de Stiors, Helins de Vilh, Ainciles de
Muhin, Gili's Mâchons, escuiers, et plusieurs autres ; Amcile de Warnans
et Clamineas qui y furent por h vilh de lluy ; Johans li Veauz el Wilhea-
mes de Fouses qui i furent pour leditle vilh de Diiiant ; Johans de llcis,
maire de Trcit, et Johans de Mclins, eskevins, etWilheamesdeMeirs qui i
furent pour leditle vilhe de Greit; Libers Botars, maires de Tongres, qui
por le vilhe de Tongres i fut; Henris de Rikle, Goman (ireive (?j et Henris
délie Poile, maires de Sainti-oii, nostre saingnour de Liège dcvanldit,
JohansTeighene et maistres Giles de Ivo, condist de Liège, qui i fui'cnt por
leditle vilhe de Saintron. En tcsmoingnage de huiuele chouzeju, Arnus,
voweis de Hesbaiii desoirdis, prie humlemenl et requier tant et si affec-
tuoisement comme ju puis à tous le nobles homes les chevaliers, maistres,
194
eskevins et jureis délie citcii de Lic^o, les escuiers et. conseaux des
bonnes vilhcs desoirdittes, qui a chu que dit est fueient présent, que ilii,
pour avoir mémoire perpétuée del lecort etchouzcs desoirdittes, vuelhent
par leurs bonteis à ces présentes lettres ap|)endre ou faire appcndre leurs
propres saiauz, en tesmoingnage de verileit. Et nos , aile proiiere et
requeste de noble b(»ninie nioiisaingnour Aiiiut,vo\veit de Ilesbaingdevant
dit, saingnour de Cbalmont et de Lumaings, avons à ces présentes lettres
et recort appendus ou faitappendre nos propres saiaus en tesmoingnage de
veriteit de tout ehu que desoir est dit, sour l'an et le jour desoir escris.
Confirmation dudiî record par \rnould, comie de Looz- ; 10 Juillet 1522.
Nous, Arnus, cuensde Louz, et Lowis, ses lis, euens de Cyngni, Renars
sires ci'Argenteal,vo\veisdcChincy, et Louis sires deDipembeike, eseuiers,
peires Sainl-Lainberi, faisons savoir à tous que, al reeort fait délie vowerie
de Hesbaing, al queilh recort ehes nos présentes lettres sunt entichies et
annexées, sique peires Saint-Lamberl nos consentons et connissons le
recort desoirdit estre vrai tant que en nos est ; et que li vovveis de Hes-
bain, quis qui le soit, at. cl avoir doii telles droitures par le raison de sa
vowerie de Ilesbaiiig (jue en devantdil recort sont contenuwes et divi-
sées. En tesmoingnage de laquele eboiize. nos avons à ehes présentes
lettres fait appendre nos propres saiauz en tesmoignagc de veriteit. Don-
neit l'an de grascc milh trois cens et vint et dois, lescmedi devant le tVistc
délie division dcsapostles.
Coiifirmalhiii de CniUaumc, mmlc de Uiiinnu' ; il mars 10:20 in. s.)
Guileame, euens de llcynaul, de llulkuide, de Zelaiide et sire de Erize,
faizons savoir à tons que nous avons veu une lettre d'un reeorl de droi-
lui'cs l'avoet de Hesl.aing parinis Icquele lettre ehes nostips lettres
sont annexeées, Icijuel rciort si ki! est eontenus esdittes lettres, nous
tenons a bnin de tant iju'il nous louke et puet toukier', par le tesmoing de
ces lettres seelées de no seel. Donniïit l'an mil trois cens vint et deux, le
vendredi après mi quaresme.
('.ouftrmuHou de Jacques, abbé d'Aine; 1!( avril ir>2i!.
Nous, .lakcmes, dis abbes délie cglicze .Nosîre-Danune d'Aine en
la diocèse dr l.icgc dp! urdr-ni' des Cvstaux. et Winan.-< de IJondf.
19o
escuiers, faisons savoir a tous que, ;»1 reçoit fait délie vowerie, noble
homme monseingnoui" Arnut, avovveit de Hesbaing-, saingnour de Chamont
et de Lumaing, chevalier, alqueil recort rhes nos présentes lettres sont
cnlichies et annexées sique, peires Saint-Lambert nos consentons et le
connissons estre vrai tant que en nos est, et les droitures delleditte vowe-
rie estre telles que en dit recort sont contenuwes et devisées, par le
tesmoing de ces présentes lettres saieléez de nos saiauz. Données l'an de
grasce MCCC et vinte dois, lendemain délie Paske florie.
Coufirmatkvi de la clic de Liège; 18 janvier 132.j (n. s.).
ÏNos, 11 maistre, li jureis, !i conseauz et toute l'universiteit dele citcit
de Lige, faisons savoir a tos ei testmognons ke li recors alqueil restes
nostres présentes lettres sunt annexées, fu fais ensi com eldit recort est
contenut pardevant les maistres de nostreditte citeit ki adonk estoient
por le temps, et les borghois desquels li dis recors fait mencion ; lequeil
recort tant com en nous est, nos tenons por bon et por loial, et nos i con-
senloiis et rajustons foid entirement ; en tesmongnage de laquelle choise
nous avons fait appendre à cesdittes lettres le grant seial de nosiieditte
citeit. Faites et douées Tan de grasce niilh trois cent vint et quatre, le
vendredi anivs les odavles des Roys.
Confirmation du comte de Luxembourg ; 7 février I35i.
Nos, Johaiis, par le grasce de'Deu roys de Behaingne, de Polaine, cuens
de Lusseniborgh, faisons savoir à tous (pie le recort et les droitures de
voweil de Hesbaing contenuwes en lettres azqueiles ches nos présentes
lettres sunt enlîciiiiez et annexées, que nos avons veuwes si que bons Deu et
l'église Saint-Lambert de Liège, tenons por bonnes et esfables, tesmoing
ches lettres saielées de nostre saial. Données l'an de la nativiteit noslre
saingnour M. CGC et XXXllil, le VII jor.r de février.
Confirmai ion de Jean de Hainaut; 18 mars 1334.
Nous, Johans de Hennawe, sires de liealmont, faisons savoiràlous que
le reçoit et les droitures le voweit de Hesbaiiig contenuwes en lettres az
quelles ches nos piesentes lettres sunt enlichiiez et annexées, que nos
avons veuwes, si que bons Deu et l'église Saint-Lambert de Liège tenons
por bonnes et estables, tesmoing ches lettres saieléez de nostre saial.
Donneezle XVIII jour del mois de marche, l'an MCCC et XXXllil.
•196
Diplôme impérial cri(jr(inl la seioneurie d'AHjvcmoul t'ii romlc du Saint-
Empire; 24 novembre 1590.
Hudolphus Si'cundus, diviiia iiivenle clenientia elecliis Uomaiiorum Impe-
rator seniper augiistus ac Gerniania', Ilongarhe, Bolieniiae, Dalniatiae,
Croaliae, Sdavoniic, clo.
Illustrissimae et nia^inilice devotic ncbis dilect* Mar<jarctœ pi-incipi
comitissœ Marchiie et Arenberga;, baronissœ in Buibanson et Sibenbirgcn,
viduae, gratiani noslram Cœsaream et omnc bonum. Vt a sole reliqua
lumina lumen et inferiora hœc corpora vires atque incremenluni, sic ab
imperatoria dignilale , dignilatiim maxima reli(iui hominum ordiiies
ac status hoiiorum ornamenta accipiunt. In quibus oonterendis etsi divi
ante cessores nostri Romanorum impi'iatores ac reges summi Dei
cxemplo, (jui rerum copiani in varios Immaiii generis usus uberrime elTun-
dit, libérales sese ostcndere consueverint, diligenter lamen hoc observare
soient, ut honores ac prsemia pro cujusqne virtutibus ac meritis distribuè-
rent, ne pari onines loco nullo disci imine (U'nserentur. Quam consuelii-
dineni laudatissimam et nos posiquam à divina Majestale ad Majcstatis
imperaloriœ culmen evecti sunius, imilari ac retinere studenles, nihil prius
ducimus quam ut eos qui singularein (^rga Nos et erga Sacrum Romanum
impei'ium Noslramque Angiislam Domum animi dcvotionem atijue obser-
vantiam gerunt peculiari gratia et favore compleclamur eorumque augen-
dis commodis at(iupornamenlis bénigne annuamus. Cum igitiir coiisidera-
mus antiquam prosapiam, cpia oriunda es, quam maiores lui in Sacro
Romano imperio célèbres, quam utriusque Augnsta' Domus nostra;
Austriacie et Rurgiindicte lum pacis, tum bdii tempore observaiiles
fuerinl et lideles, quam prueclare fortiterque ac strciiue se gesserint, quam
denique tu ijjsa lieroTco animo aliisipic raris et illustribus virtutibus ac
dotibus pr;e(lila l'amiliie (u:c dccus ac splendorom continues, ([uam filii
lui magnaninioruni parentunt n)a.jorumque gloriam magnanimiter ac
strenue pcrpelnare sludcanl, luicteiniitlerc noluinnis, qiiin singulare
b'nignilalis misirie, documentiim, qnod tibi Iuis(j(!e libciis ac posteris
perpetuo futuriim oi'iiamenl(t sit edcremus. .MdUi ilaque proprio et ex cerla
noslra scientia, aiiinio hcne dclihcralo ac inalnn» ailbibito consilio de(iue
197
Csesarae noslrae potestalis plenitudine dominium Aigremonl quod in epis-
copatu Leodiensi situm habes ac possides, unacum agris, villis, pagis,
œdificiis, terris, ceiisibusjuribus, dominicalibus, jiirisdictionibus, privi-
legiis atque aliis eo pertinentibus, in specialeni nostram et Sacri Imperii
protectioncni ac tulelam perpétue duraturam accepimus, et in Comitatum
imperialeni ereximiis, fecimus et creavinius, queniadmoduni vigore prœ-
sentium accipiuius, erigimns, (acinuis et creamus atque agnoscimus.
Decernentes et hoc nostro edicto de memoratae Cœsarese nostrœ potestalis
plenitudine lirmissimc statuentes, quod perpctuis deinceps lemporil)us
supradictum dominium de Aigrcmont unacum omnibus quœ eo pertineant
comitatus Sacii Imperii tiiulum ac dignitatem prie se ferre ac legitimi
liberi, hœredes, posteri ac descendentes lui utriusque sexus, qui jure
atque ordine in successione illius dominii Aigvemont servari solitis suc-
cessuri sint, ratione eiusdem dominii jam a nobis in Comitatum erecti,
comitum et comitissarum Sacri Romani imperii nomen ac dignitatem asse-
qui et obtinere, eorumque ordini numéro acconsortio aggregarietasscribi,
el tam in liieris quamnuncupationeverbali, necnonin rébus spiritualibus,
et temporalibus ecclesiaslicis et prophanis et quibuscumque aliis negotiis
et actibus pro ejusmodi Comitibus et Comitissis censeri, haberi, teneri
et acceptari debeatis, ac generaliter omnibus et singulis privilegiis,
indullis, imnuinitatibus, libertatibus, juribus, consuetudinibus, honoribus,
gratiis et favoribus uti, frui, gaudere et potiri valeatis ubique locorum et
terrarum quibus caeteri nostri et Romani imperii Comités et Comitissae de
quatuor avis paternis ac maternis taies nati, uti, frui, gaudere et potiri
valent et possunt, jure vel consuetudine omni contradictione et impedi-
mento postpositis. Quam tamen nostram concessionem et erectionem ad
statum et ordinem Comitatus Sacri imperii ita intelligi volunius atque
decernimus, nec per eam venerabili et illustrissimo Ernesto electo
archiepiscopo Coloniensi, S. R. I. per Italiam archiecancellario, episcopo
Leodiensi el Monasteriensi, adminislratori ecclesiarum Hildessemensis,
Frisingensis et Slabulensis, palatino Rheni, utriusque Ravariœ duci,
consobrino, nepoti et principi electori nostro charissimo, aut eius suc-
cessoribus episcopis Leodiensibus aut ipsi ecclesiae Leodiensi quicquam
delrahatur, nevein exercilio et administratione supremi dominii jurisdic-
tionis sive aliorum quorumvis jurium proejudicitur, sed ut omnia episcopo
et ecclesiae Leodiensi aliisque intégra serventur, quemadmodum hactenus
in dominio Aigremonf servata fuerunt, omni dolo et fraude semotis. Quo
— 198 —
circa universis ac, singulis electoribus, lam ccclesiasticis quam seculari-
bus aliisque priiicipibus, archiopiscopis, episcopis, duoibus, marchio-
nibus, (îomitibus, baroiiibus, niililibus, nobilibus, clieniibiis, oapitaneis.
vice (lominis, advoc'alis, pi'aefeeiis, prociu'atoribus, hcroaldis, ofiiciali-
bus, quaestoiibus, civiiim inagistris, judicibus, coiisulibus , eivibus,
commuiiitatil)us cl deniquo omnibus nostris et Sacri Romani imperii
siibditis ac lidelibiis dilectis cujuseunqno stastiis (sic), ordinis, condilionis
et pr.feminentiie exliterint, firniitorac soiio niandamus cl prieripimus, ut
le antedictam MarQuretum liberosque tuos, hseredes et posteros uli iusque
sexus in infinituni ex le descendentes ac descensuros qui jure atquc
ordine in successione illius dominii Ahjrcnonl sei-vari solitis successuri
sint, tam in literis quam nuncupalione verbali, Comités et Comitissas
nominent dictumquedominium de .lif/r(?wo«/ pro Sacri imperii Comitatu
habeant et agnoscant, et in omnibus et singulis rébus, aclibus, dignitati-
bus et congregalionibus, ecclesiasticis et prophanis, ac denique ubique
Idiuruni ac terrarum pro talibus admiitant, repuienl atque honorent, ncc-
non omnibus et singulis privllegiis, regalibus, indultis, imnuinitatibus,
libertatibus,bonoribus,dignit;Uibus, praM'ogativis,exemi)tioni]}us, juril)us,
consuetudinibus, gratiis et favoribus quibus cœteri Comités et Comi-
tissie Sacri Impeiii utuiitur, frunntur, gaudent et potiuntur libère, quiète
et absque ullo impedimenlo uli, tVui, gaudere et potiri permittant. Adeo-
que vos in iis omnibus et singulis défendant, conservent et manuteneant;
et alios ne qnid in contrarium attentent vel moliantur, pro viribus prolii-
beant et impediaiit, (juatenus nostrain et Sacri imperii indigiiationem
gravissimam, ac poenam centuni niai'cliaruni anri piiri pro dimidia imi)e-
riali fisco scu a-rario nostro, reliqua vero parte iiijuriam passi aut
passorum usibus , loties quoties contrafaiîtum fuorit, irremissil)iliter
applicaiidani mcurrere noluerint. Ilarnm testiniuiiio lihM'arnm, manu pro-
pi-ia subscriplarum, et sigilli nostri Cu'sarei ap|)ensione munitai'uu).
Datum in Arec nostra Hegia Praga-, die vigesima (juarta mensis novem-
bris, aiino l>uniini inillesinio quingentesima nonagesimo, regnorum
nosiroruni. lloniani decimo sexto, Hungarici decimo octavo, et Bohemici
itidem decimo sexto.
Etait signi' : Hldoi.I'iu s. l'nis, Jacobus Cunins à Pentltenau.
Ad mandatum Sacric Cies. M""* proprium : Jo. lURNrnus.
— 199 —
ni.
Hugues, évêque de Liège, donne anx religieuse.s bénédictines d'Awirs.
l'église Saint-Etienne de celte localité, remise entre ses mains par Louis,
avoué de He&bage ; 1202.
Hugû,DeigTati;iLeod!ensisepiscûpis,aniversisfidelibusa(lquos scriptuni
pervenerit salutem in Domino. Ex officio pastorali nobis injuncto tenemur
vola pie viventiiim in Christo promovere et maxime his que ad Dei eultum
et relij;ioiiis augmenlum pertinent euram dilii^entiorem impendere ; unde
notum facimiis tam pieseniibus quam fuiuris quod Liidovicus, vir nobilis,
Hasbaniaeadvocatus, eceiessiam beati Stepliani de Awire et jus patronatus
c[iiod in eccliesa habebat cuui quadam terra ejusdem ecclesiae vicina,
in manus nostras libère et absolute resignavit. Nos auteni ad preces
ejusdem Ludovic! advooali et multoinm alioruni, predictam ecelessiam
cum omni jure sue, quibusdam devotis mulieribus ibidem sub regu-
lam beati Benedicti vivere et locum reiigionis construere voleiUibus,
légitime coniuli, ipsas et quidquid justis modispossident et decetero possi-
debunt sub béate Marie et beati Lamberti et nostra protectione colligentes.
Et ne quis ausu temerario eas vel earum possessiones perlurhet sub pœna
excommunicalionis inhibenies. Ut aulem predicta rationabiliter ordinatu
illesa persévèrent, ea presenti scripto cum appensione sigilli nostri
munivimus. Iliijas autem rei_ testes sunt : Walter major decanus, Elias de
Bullon, JacoLus Land, archidiaconi, Warnerus, canonici Sancli Lamberti,
Lambeitus prgepositus Sancti Pétri, Radulphus prepositus Sancti Pauli,
Richerus decanus, Arnolplms cantor, et magister Radulphus canonici
Sancli Pauîi, magister Joannes de Nivella canonicus Sancti Joanni, et
magister Joannes de Liro, Gerardus miles de Hosinmont, Rigaldus de
Lessil, IJbertus de Geneffe et Anselmus de Falemagne. Actum est hoc
anno ab incarnaîione domini m" cc° ij".
Par extrait d'un stock ancien in quarto couvert de cuire rouge et intitulé
Stock in quarto; ce que j'atteste signé : J. N. Moreau, not. imm. de Liège.
— 300
IV.
Loui.'i, (ivoitt' de Hesbaye, dorme sa propriété d'Awirs aux rrlifiieusen
bénédictines de cette localité; 1205.
Ego, Ludovicus, advocatus HasbanuT omnibus presens scriptum inspectu-
ris eternani in Domino salutem. Notum vobis facio quod ecclesiam beati
Stephani constructam in villa meaquo diciturAwireper manumdominimei
Hugonis, Leodiensisepiscopi, in perpetuamelemosinamconiuli sanoti mo-
nialibus ibidom Doo servientibus sub régula bcaliBenedicti;dedi eliam eis
juspatronatus ecclesiae cura universa dote sua et duas partes oblationum
quas habebam in nativitate Pascha Pentecostes, et censura familie quod
ad ecclcsiara pertinet, et pratura unura rétro ecclesiam, et stalluni unura
molendini vicinum ecclesiae, et quatuor bonaria silve raee ; dedi etiam eis
licentiara trahendi viara publicani que transit per ante ecclesiam juxta
tumba? in latere montis a meridie ad latus raonlis seplenlrionalis per
pratum meum et usque ad molcndinura raeuni contra ecclesiam; dedi etiara
eis licentiam eraendi circa ecclesiam ortos et prata et doraos ad araplian-
dura et pacificandura arabituni doraus sue. Et ut hoc ratura sit et firraura
perseveret, sigilli raei attestatione affirraare curavi. Actum annoab incar-
natione Domini ra" ce" iij°.
Par extrait d'un stock ancien, in-quarto, couvert de cuire rouge et inti-
tulé, Stock in quarto; ce que j'atteste signé : J. N. Moreau, not. iniml. de
Liège.
CHARLES-QUINT
A LIÈGE.
1520 ET 1544.
I.
La visite d'un souverain à une de ses bonnes villes, est un
fait si ordinaire qu'il paraît puéril de s'en occuper. Cependant,
s'il mérite peu de fixer les regards de l'histoire, il a toujours
quelque importance pour un ciirouiqueur local. On aime à ne
rien oublier des faits et gestes qui ont illustré son berceau ; on
aime à prendre sa part des émotions, joyeuses ou tristes, qui,
à certains moments, ont passionné nos ancêtres.
Cette curiosité, enfantine si l'on veut, acquiert une toute
autre importance lorsque, à cet intérêt de clocher, s'ajoute
encore celui qu'éveille un homme éminent. La moindre dé-
marche commande alors l'attenlion. Les choses les plus simples,
les plus vulgaires, dès qu'elles concernent une de ces indivi-
dualités puissantes qui ont été les arbitres du monde, pro-
voquent une si légitime attention, qu'il n'est plus possible,
même à l'historien le plus sérieux, de ne pas en tenir compte.
Charles-Quint jouit de ce privilège.
Peu d'hommes, en effet, ont autant pesé dans la balance
— 205 —
politique, exercé sur l'Europe une telle autorité, une influence
si continue sur les destinées des peuples ; peu ont déployé
une si persévérante activité, fourni une carrière si vaste, émis
et fait prévaloir des théories si fécondes, soit en heureux, soit
en funestes résultats. L'intérêt qu'il inspire est donc bien
légitime.
Les deux visites que rillnslre empereur fit à la cité de Liège,
en 1520 et en 1544, méritent d'aulanl plus d'arrêter nos regards,
que nos annalistes, si prolixes d'habitude pour des faits étran-
gers ou insignifiants, sont restés, à leur yujet , dans une
réserve digne de nous surprendre. Et cependant, la présence
dans nos murs de l'héritier de Maximilien était de nature à
piquer la curiosité : d'une part, des fêtes d'un luxe tout oriental;
de l'autre, des actes, des irailés,dont les effets ont cruellement
rejailli sur la nation liégeoise.
Cette indifférence, envers des événements aussi graves, m'a
toujours paru peu naturelle. Dira-t-on que ces visites ont été,
pour nous, de nulle importance ? Souliendra-l-on, que n'ayant
eu rien à dire, les gens de plume n'ont pu rien dire ? Il ne
viendra certainement à l'esprit de personne d'allirmer ce que
notre histoire se charge de démentir à chacune de ses pages.
Je ne puis admettre non plus que nos écrivains des derniers
siècles, qui avaient puisé une certaine éducation libérale dans
nos luttes intestines, aient manqué tout à fait d'intelligence
politique, de perspicacité dans des choses d'un intérêt majeur
pour la nation.
Faut-il accuser leur courage ?
La prudence leur a-t-elle lait un devoir de se taire sur une
politique qui tenait en éveil celle de la France?
C'est le problème que les savants résoudront, sans doute, un
jour. Si je le pose, ce n'est pas avec la prétention de le résoudre.
Mon but est simplement d'exposer, avec quelques détails, épars
jusqu'aujourd'hui, cette page curieuse de nos annales, afin
— 203 —
d'attirer ratteniion sur des événements peu connus, et qui,
sous plus d'un rapport, méritent d'être éclaircis (i).
II.
La principauté de Liège, avec un territoire restreint et une
faible population, jouissait en Europe d'une influence sérieuse
et relativement importante. A certains moments, surtout
lorsque ses droits semblaient méconnus, elle déployait une
énergie invincible, que sa modeste apparence était loin de laisser
deviner.
Plusieurs causes concouraient à lui prêter cette force.
Ses froniières déchiquetées (2) et sa position géographique,
constituaient, on ne peut le nier, un danger permanent de
guerre et de violation du territoire; mais aussi, dans maintes
circonstances, elles lui donnaient des avantages, avec lesquels
il fallait compter. Touchant, par le sud à la France et aux
Pays-Bas, par le couchant et le nord.l'éiat de Liège servait de
boulevard défensif (3) à l'Allemagne, tout en empêchant la
fusion des provinces belges avec la nation germanique. Cette
dernière puissance avait donc un intérêt capital h fortifier notre
(1) Citons un exemple de l'indifférence de nos écrivains sur celte matière. Cha-
peaville, le père de notre histoire, et qui s'est occupé d'une manière sp'^ciale du
\\l^ siècle, n'accorde que huit lignes aux visites de Charles-Quint, à Liège. —
Brusthem, à qui nous devons une longue chronique d'Erard de la Marck, n'y
consacre que dix lignes. Fisen, Mélart, Bouille, et surtout les chroniques manus-
crites, sont moins parcimonieux. — FouUon est aussi laconique que Chapeaville et
Brusthem.
(*; Pour se faire une idée de cette déchiquelure, il sutlil de jeter les yeux sur
une des cartes de la principauté. Une carte très claire se trouve en tète du premier
volume de l'histoire du Pays de Liège, par F. Hénaux, "I'^ édit. 18o7.
(3) Dans un diplôme du 24 .juin 1598, l'Empereur iMaximilien , ratifiant les privi-
lèges octroyés par ses prédécesseurs, reconnaît ouvertement la chose et écrit ces
mots significatifs : « Ecclesiamque et Patriam Leodiensem Sacri Bomani Imperii
propugnaculum atque prœsidti tnrrim, etc. » Louvrex. Ed. -17o0. T. 1. p. 282 —
Voir aussi Bouille, T. II. p. 297.
- â04 —
principauté, et c'était pour la France une question vitale de s'y
ménager la plus large part d'influence possible, afin d'empê-
cher l'absorption complète de la Belgique.
Une autre cause, non moins importante, était sa nature d'état
ecclésiastique qui assurait au pays de Liège son existence
individuelle, en le nieltanl ù l'abri de toute velléité de conquête.
On pouvait violer sa neutralité, ravager son territoire, détruire
sa capitale, mais il eût été difficile, pour ne pas dire impossible
de songer à se l'annexer. C'est qu'au moyen-âge, si la force
brutale jouait un grand rôle, si presque toujours elle tenait
lieu du droit, l'Eglise était une telle puissance qu'elle intimidait
les i)lus hardis. Son influence morale, reconnue de tous, impo-
sait'le respect. Toute attaque contre son pouvoir, même tempo-
rel, regardée comme sacrilège, ne pouvait aboutir et devenait
fatale à l'agresseur.
Enfin, les institutions démocratiques de la nation liégeoise,
ses libertés, non-seulement remarquables, mais étonnantes
pour l'époque, augmentaient sa considération, et lui fournissaient
une force de résistance extraordinaire. Tout le monde prenant
part et intérêt au gouvernement, tout le monde ajoutait à sa
force. Ses milices plébéiennes avaient, plus d'une fois, fait leurs
preuves sur les champs de bataille. Elles étaient appréciées des
meilleurs capitaines, qu\, dans maintes occasions , avaient
éprouvé leur vaillance. Le sang répandu dans chaque sillon de
notre pays, atteste hautement chez elles le patriotisme le plus
pur, et l'amour le plus vif pour la liberté.
Oiàce à ces causes, et à d'autres qu'il serait trop long de
détailler ici, le pays de Liège avait résisté aux terribles secousses
du moy( n-àge. En vain, ses ennemis avaient-ils rasé sa capitale,
dispersé ses habitants; il était resté debout. Les plus politiques
en môme temps que les plus redoutables de ses adversaires,
Philippe et Charles de Bourgogne, qui rêvaient la formation
d'un vaste royaume du Rhin à l'Océan, avaient reculé devant
son absorption. Le XVI* siècle fut témoin du même spectacle.
— 2on —
Charles-Quint, malgré son omnipotence et ses projets ambi-
tieux, n'osa séculariser notre principauté. Dissimulant et faisant
de nécessité vertu, il se borna à l'unir, par des liens multiples,
à sa politique, aussi égoïste qu'intolérante (').
m.
L'alliance de la petite nation liégeoise n'était donc pas à dé-
daigner. Aussi la voit-on recherchée et même convoitée par ses
puissants voisins, qui, h défaut d'un secours actif, étaient heureux
de sa neutralité, hélas! souvent violée. Le pays de Liège jouait,
au moyen-àge, un rôle se rapprochant beaucoup de celui que la
Belgique actuelle remplit vis-à-vis de la France et de l'Allemagne.
Son importance fut surtout appréciée au XVP siècle. La
vieille Europe, travaillée par des idées méconnues jusque là,
se métamorphosait et accomplissait une révolution de laquelle
devait naître la politique moderne. La France unifiée ou sur la
voie de l'être, aspirait à tenir la balance dans l'équilibre euro-
péen, tandis que l'empire germanique, allié à la nation espagnole,
s'efforçait de retenir la prépondérance qu'il possédait. François I
et Charles-Quint allaient se mesurer ; chacun des champions
comptait les alliés qui devaient l'aider à vaincre.
Une femme alors avait su, par son habile diplomatie, conquérir
une immense et légitime influence sur les atfaires publiques.
C'était Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas et tante
du futur Empereur. Charles V, comme on sait, lui dut une bonne
part de sa fortune. Sans cette princesse, remarquable à tant de
( ' ) Les mêmes désirs et les mêmes impossibilités se remarquent aux siècles
suivants. Louis XIV qui s'attribuait sans remords les titres de duc de Brabant et
de comte de Flandre (*), qui essayait de traduire en fait les aspirations plusieurs
fois séculaires des frontières du Rhin, dut garder des ménagements avec Liège. S'il
viola sa neutralité, il n'osa songer à une annexion. Il fallut la tourmente de 93 pour
réaliser ce qui, jusque là, avait été jugé impossible.
(') Nons possédons fies empreintes de sceaux qui attribuent (.os titres au grand rti. I. a même
fatuité ?8 r»marrju» sur plusieurs médailles qu'il lit frapper i roccosion d* ses sucuès.
titres, il n'eût pas ceint, peut-être, la couronne impériale; diffi-
cilement, fût-il parvenu à contracter et îi maintenir les amitiés
qui lui dévolurent le sceptre du monde.
Parmi les familles dont Marguerite convoitait l'alliance, était
celle des La Marck, qui depuis longtemps se trouvait intéressée
dans les conflits européens. Au XIV» siècle, elle avait donné
deux princes-évèques à l'église de Liège. Au XV"' siècle, elle
s'était mise à la tète du parti français et, appuyée par LouisXI,
avait osé disputer, les armes à la main, le pouvoiraux Bourbon
et aux de Horn. Depuis I0O6, un de ses membres, prélat illustre
et fin politique, occupait le siège de Saint-Lambert, tandis que
le reste de la famille était maître de positions importantes.
L'esprit inquiet, la hardiesse, la témérité môme de cette
maison, constituaient un danger sérieux pour la politique de
l'archiduchesse. Unis à la France, les La Marck pouvaient faire
échouer, ou du moins contrarier les jirojels de la Cour de Bru-
xelles. Il importait donc à l'habile gouvernante de les attirer
dans son parti.
Ce qui facilita les négociations, fut qu'Erard de La Marck
nourrissait de son côté des projets ambitieux. Il ne voulait
rien moins qu'écraser les uDuvelles idées qui menaçaient son
pouvoir, rompre à son profit le faisceau des libertés liégeoises,
étouffer les nouvelles aspirations religieuses , se rendre omni-
potent et atteindre sur ce marche-pied aux plus hautes fortunes
ecclésiastiques (1).
Pour réaliser ce rêve, il lui fallait un allié puissant et sur
lequel il put compter; un appui plus francel surtout plus désin-
téressé que celui que François I était en état ou en volonté de
(') Tout en reconnaissant qu'Erard fut un jrrand prince et qu'à certain moment
il mi'rila hieti des Mdgi'ois, je no |)uis admetire les ('loges oulrt's que plusioiirs his-
toriens lui ont donnt's. Je repousse, par exemple, les suppositions bienveillantes de
Bouille, qui voudrait donner le change sur sa manière d'agir envers la France.
L'ëvôque n'avait qu'un but, dit-il, le bien de notre pays! « Il lourua casaque », dit
Mélart (p. .'^l!2). Il me semble que ce dernier écrivain apprécie les choses, dans
>-on naif langage, avec beaucouii de bons sens el dimparlialitd.
207
lui offrir. Or, l'éminent prélat avait depuis longtemps prévu la
fortune future du jeune héritier de Maximilien. Il avait deviné,
non-seulement la lulte terrible qui se préparait entre les deux
puissants rivaux, mais encore les merveilleux résultats pour la
maison d'Autriche. D'elle seule pouvait venir un secoursefficace.
Ainsi naturellement, Erard se trouvait tout disposé aux ouver-
tures diplomatiques de l'Espagne et attendait l'occasion favorable,
non de donner, mais de vendre chèrement ses services.
Cette bonne volonté réciproque amena, le 27 avril 1518, une
réunion à Saint-Trond, où les représentants du roi d'Espagne
d'une part et notre prince-évéque de l'autre, contractèrent amitié
et alliance envers et contre tous, sans nulz exceptez (i). Les Etats
du pays, contraints plutôt que persuadés par Erard, ratifièrent
ce traité le 12 novembre suivant (2). Ce qui causa une immense
joie dans le peuple, écrit Jean de Brusthem (3) ; ce qui indisposa
la petite bourgeoisie, assure Ferdinand Henaux (4), et tous les
deux ont raison. Le peuple, qui soutenait et formait le parti
français, dut nécessairement trouver détestable qu'on engageât
ainsi les intérêts liégeois en dépit de la neutralité. En vain Erard
employa-t-il son influence, en vain arracha-t-il une approbation
douteuse aux magistrats ; il ne put vaincre, quoi qu'en dise
Bouille, l'opposition de ce parti. Des plaintes éclatèrent de tous
côtés. Excités par la France, des complots se tramèrent, qui
bientôt se traduisirent en émeutes. Le prince fut sévère : il fit
f ') Louvrex. Ed 4750, t. I, p. 189.
(•) Louvrex. Ibid., p. -191. Voir aussi la Liste chronologique des Paweilhars de
M. St. Bormans, pp. Io9-160. — Ces traités lont voir ce qu'était la neutralité
liégeoise dans les mains d'un politique de la valeur d'Erard !
( ') Eodeni anno (1518) firmatura est fœdusperpetuum inter Brabantos.etc, atque
reverendissemum dominiim episoopum Leodiensem ejusque germanum , dominum
Rohertum a Marcka. De quo factuin est gaudium magnum in populo. Brusthem,
Bull. del'InM. arcli. Uég., t. VIII, p. Çi^. — Brusthem entend probablement par
peuple, la noblesse et le clergé, car le vrai peuple tenait pour le roi de France, à
moins qu'il ne veuille désigner la plèbe « toujours mouvante, impressionnable et
prête à se vendre au plus haut enchérisseur n (Manu.scril).
*) Hisi. du paya de Liège, 2'" éd., t. II, p. 102.
208
mourir les chefs deropposition et persévéra dans ses projets (').
La noblesse et le clergé qui trouvaient au contraire un réel
avantage à soutenir l'évèque, applaudirent à sa politique et à
son énergie. Certes, si la cité avait droit degémirdu rognement
de ses libertés, on doit aussi avouer qu'elle allait gagner en
prospérité, en tranquillité peut-être, ce qu'elle perdait en indé-
pendance. Car, no l'oublions pas, la politique IVançaise nous fut
rarement profitable. Presque toujours elle manqua de franchise
et bon nombie de nos désastres peuvent lui être imputés. Diviser,
promettre beaucoup et peu tenir, tels furent les principes des
Valois à notre égard. Leur ambition avait pour but, non la
garantie de nos libertés, auxquehes ils étaient peu sympa-
thiques, mais de créer des embarras aux princes qui gouver-
naient notre pays.
Quoiqu'il en soit, le traité de Saint-Trond fut le prélude d'autres
négociations. A partir de ce jour, Erard fut entièrement à l'Es-
pagne, à laquelle il sacrilia tout, jusqu'aux intérêts do son propre
frère (2). La mort de Maximilien , survenue l'année suivante
(1519), fournit une nouvelle occasion h Erard de s'entremettre
activement pour son nouvel allié. Il usa de toute son influence
sur les princes allemands ])our les amener à quitter le parti de
François I qui prétendait îi la couronne impériale. Ses démarches
furent couronnées d'un plein succès : les électeurs donnèrent
leurs suffrages à Charles, qui succéda ainsi à son aïeul l'empe-
reur Maximilien L
(') « Convicli pliires in aninem demersi suul » llisi. eccl. Ixod., II, p. 329. Me
faisant pas l'histoire d'Erard de La Marck, je ne puis dans ces préliminaire!^
ra'occuper de détails, qu'on trouve, au reste dans tous les historiens liégeois.
(*) Un peu plus tard, en 1521, Robert de La Marck, déçu dans des espérances
trop ardentes, abandonna Charles-Quint pour so ranger du côte de la France.
son
IV.
Le nouvel élu se hâta de quitter l'Espagne. Sur la fin de mars
'lo20 , « au milieu d'une nuit profonde ( i), » il arriva à Bruges,
où il fut reçu pnr sa tante, son frère Ferdinand « et un grand
nombre de la noblesse de l'empire. « Notre évêque « fut du
nombre, « dit Bouille, et au dire de notre carme chaussé (^), il
persuada au roi d'Espagne de venir à Liège. Les deux alliés,
qui se rencontraient s-ins doute pour la première fois, durent se
féliciter réciproquement, ratifier ce qui avait été conclu par
l'entremise de l'habile gouvernante, et poser les principes de
nouvelles négociations, à poursuivre plus tard, à Liège ou à
Bruxelles.
Charles n'avait' garde de refuser l'invitation de notre prince.
Il savait que c'était « par les intelligences, faveurs, crédits » et
surtout par « l'éloquence parlant par sa bouche (^) » qu'il était
parvenu à se ftiire élire. Cependant par une prudence assez
li'gitime, il remit sa visite à rr.ulomne, Liège et ses environs
étant décimés par une maladie contagieuse (4). Cette épidémie
ne disparut que sur la fin de l'été. Il songea alors à remplir sa
promesse, aulant pour cimenter les bonnes relations, que pour
remercier notre prince « de ses bons offices (3). » Celui-ci, de
son côté, mit tout en œuvre pour accueillir son royal hôte avec
une pompe inusitée. Prince fastueux par goût et par tempéra-
ment, Erard lenait à se surpasser dans cette réception, sur
(') « In vigilia sancti Jacobi apostoli Flandriam applicavit ... — Profundaque
nocte. » BriJSthem, Vita Erardi, p. G8.
('/ Hist. de la ville et pays de Liège, t. II, p. 301.
(') Mélart : Hist. de la ville et chastean de Htiy, p. olo.
(*; « Epidimiae luesanno lo'19 et sequenti per Patriam Leodiensem vagata multa
morlalium millia absumpsit, Trajecli, Hoy.Tongris, qiiinque vri sex hominum millia
alibi piura, vix ullo in oppido pauciora » Cliapeavilio, (iesta Pont Leod., t. III, p.
260. — Mélart, ibid.
(•■') Mélart, ibid.
— 210 -
laquelle il comptait pour éblouir le jeune élu et l'attacher à sa
fortune.
Le prince de Liège alla jusqu'à Bruxelles, ou au moins jus-
qu'aux frontières de sa principauté, pour recevoir l'empereur,
et, si nous ajoutons foi à la chronique de Brusthem, avant de
l'introduire dans sa capitale, il le mena à Huy voir la citadelle
qui passait à cette époque pour une forteresse inexpugnable (').
Le désir de faire admirer au bourgeois de Gand les rives si
pittoresques de la Meuse, pouvait entrer pour quelque chose
dans ce voyage, mais assurément le premier mobile de l'évêque
était d'étaler ses ressources, de faire admirer la force extraor-
dinaire du château-fort. En fin politique, il clierchait à tirer
parti de tous ses avantages pour obtenir de son alliance le plus
haut prix possible.
Pendant que Charles admirait la jolie position de la petite ville
de Huy, Erard se hâta de revenir h Liège pour donner des
ordres ('^) et un dernier coup d'œil aux préparatifs qui devaient
rendre féerique cette solennelle réception.
( • I « Veniens proinde e Br;ibanli:i, fines ingressus est Lcodiensis palriœ, habens
secum magni consilii principem individuumiiiie itineris comilem, reveiendissinium
dorainum Erardimi a Marcka, Leodiensem episcoi)um atque Valenliœ de novo inslilii-
tum Archlprajsulein. Is pntniun dcdaxit Aiujustum ad arcein Huyensem, deinde ad
civilalem suam Leodiensem. » Brusthem. Viia Erardi, p. 68. — Une chose digne
de remarque, c'est que Mélarl ne dil rien de ce passage à Huy.
(*) C'est du moins ce que l'on peut induire de la contradiction qu'on trouve chez
les historiens liL^geois Pendant que Fiscn, Bouille, Môlart, etc., font gravir à notre
prince la montiignc de Sainle-Walhiirge et le font marcher à la tèle des autorités
chargées de recevoir le nouveau César, Brusthem, au contraire, nous le montre à
côté de Charles V dans tout son voyage, remplissant l'olllce d'un cicérone : « de-
duxit... ad arcem Huyenseni, deinde ad civitatem, etc. »
Une chose singulière, c'est que venant de Huy, l'empereur fait son entrée par la
porte Sainte-Walhurge. Les historiens sont pourtant unanimes à cet égard. U'un
autre coté, le texte de Brusthem est si pri-cis qu'on ne peut, malgré le silence de
Mélart, élever un doute sur la visite de Charles à Hny. L'empereur serait-il allé de
Huy à Tongres avant de venir chez nous '/
— 211 -
V.
Le 12 octobre 1520, tout était prêt pour recevoir l'élu. La
vieille cité de Saint-Lambert avait pris un extérieur de fête. Ce
n'était de tous côtés que guirlandes, que verdures, que drapeaux.
Les cloches des églises et des cent couvents de la ville étaient
en branle, et mêlaient leurs sons joyeux et variés au retentisse-
ment de l'artillerie, de la mousqueterie et des chambres ('). La
noblesse, mandée de tous les points du pays, encombrait la cité.
Les milices liégeoises, les nombreux métiers avec leurs ban-
nières, étaient sous les armes , et le peuple qui, hier encore,
murmurait contre l'alliance espagnole, se laissant peu à peu
gagner par l'enthousiasme officiel, atlendaitavecune impatiente
curiosité le moment de saluer ce jeune homme de vingt ans, qui
tenait dans sa main, débile encore, les destinées du monde. Le
faste tout extraordinaire étalé, en cette occasion, par Erard,
avait pour quelques jours, détourné le peuple d'idées plus
sérieuses. Les réjouissances et les spectacles annoncés capti-
vaient seuls son attention. Aussi n'ouvrait-il qu'une oreille
indifférente aux excitations secrètes des partisans de la France,
qui, par un coup hardi, songeait à ruiner toutes les espérances
de se^ antagonistes.
Sur le tard, dans l'après-midi, le peuple se porta, précédé de
l'évéque ('), du clergé et de In noblesse, vers les hauteurs de
Sainte-Walburge. La vieille porte gothique « était ornée de
fleui's et décorée de brillantes tentures ('). «L'empereur n'arriva
f ' ; Petits mortiers. Les Chanb' sont encore aujourd'hui l'artiilerie populaire.
(2) Kxceplus ab episcopo... Fisen, t il, p. 327. — Erardus... obviam venit.
Chapkavit.le, III, p. 261. — Le cardinal.... alla au devant.. . et l'alla recevoir.
MÉLART, p. ,31.3. — L'évesque l'alla queri al porte Ste-Walburge. Manuscrit. — A
Prsesulo .. exceplus. Fouli.on, t. II, p. 22fi. — Erard fut à sa rencontre jusqu'à la
hauteur de Sie Walburge. Bouille, t. II, p. 301. — - Is ( Erardus) deduxit Augus-
lum... ad civitalem suam Leodiensera. Bp.usthem, p. 68.
(') BoVY. nnimi>»ade/> historiques^ t. I, p. 38.
212
qu'ù la nuit torabanle. On le reçut avec l'enthousiasme qu'on
montre toujours en pareilles circonstances. Pendant que l'évêque,
les bourgmestres Richard de Mérode et Arnold de Blavier, les
corps constitués lui rendaient hommage (^), les compagnies
militaires le saluaient par des salves d'harquebuses; la noblesse
et les amis du gouvernement l'acclamaient avec ivresse (-). Son
entourage était des plus brillants. Il était, dit un chroniqueur
de l'époque, « accompagniet de madame Marguerite, du marquis
et marquise d'Arschot, du comte et de la comtesse Porcéan et
plusieurs grant-maistres de tous quartiers et de maintes dames
et damoiselles (''). •>•>
Le cortège s'étant formé, l'empereur fit son entrée dansLiége
à la lueur des torches et des flambeaux. Notre évéque chevau-
chait à sa gauche (•). Tout était en fête, tout était illumination.
De rue en rue, à mesure qu'on avançait, la foule devenait plus
compacte. Le cortège impérial déboucha enfin sur la petite
place i'^) entre la vieille église gothique de Saint-Lambert et la
façade du somptueux palais qu'Ernrd était en train de relever,
et que plus tard, une reine dii France citait comme le plus
magnitique de l'Europe C^). Le prince l'avait fait illuminer dans
toutes ses parties, à tel point, dit Mélart, dans son naïf langage
« que la nuict ne pouvait empêcher de recognoistre la grandeur
(') a Les Liégeois le rechuprenl comme souverain seigneur et liaull advoez.
ROBEUT Maquereau, Ed. Buchon.
(' ) « Les bourgeois... venans à la portée du mousquet, luy firent une grande et
admirable salue, et luy tesmoignèrenl par le décochemcnl de leurs traits, combien
d'alTection et de joye ils avoient de son arrivée, laquelle fut en solemiie pompe et
grande resplendissance de flambiaux allumez par toutes les rues et signamenl au
palais, etc. Mélart, p. 314. — Manuscrit.
(', Robert Maquereau, liv. IV, ch. XV, Ed. Buchon, p. 89.
( *) MÈI.ART, p. H 14.
{") On l'appelait le Vieux-Marché (voir le plan de Christophe Maire).
(') Marguerite de Valois. Mémoires, KîGo, in-ll2. — Passage cité souvent.
Charles Quint, dit-on, regardait aussi « le palais de Liège comme étant le plus vaste
et le plus romarquablc à .sa connaissance. » Uelsaux, Larchilcclure cl les moun-
iiifiits du nunieti-nfie h lAé<je.
— iVi —
et magnificence de sa structure (^). » Aussi, Gharles-Quint,
encore dans sa première jeunesse et à qui tout souriait, se
laissait aller à une admiration enfantine, pendant que le bon
évêque, à sa senestre ("), se pâmait d'aise de voir le jeune sou-
verain donner des marques fréquentes de contentement et
s'arrêter quelquefois brusquement pour mieux jouir de l'effet
tout féerique de ces réjouissances.
Des appartements luxueux avaient été préparés au palais pour
Charles et sa suite. Là, lui furent présentés tous les corps
de l'état, les hauts dignitaires ecclésiastiques et les personnes
les plus marquantes de la cité, qui le félicitèrent et lui tirent de
si grands et si riches présents, « qu'il cognut bien que les Liégeois
estoient vrayment à luy tant de leurs personnes que de leurs
biens » (^).
Après les réceptions d'usage, on servit un festin splendide,
tandis que la foule, émerveillée du spectacle qu'elle avait sous
les yeux, faisait retentir la place de ses acclamations.
Le lendemain C*), les cloches de Saint-Lambert sonnaient à
toute volée. Aux cérémonies civiles et plus ou moins profanes,
allaient succéder les pompes de l'Église. L'évéque, qui avait
convoqué tout son clergé, tant séculier que régulier, célébra la
messe en action de grâce avec une magnificence inouïe, en
( ' ) Une certaine confusion de dates existe au sujet de la reconstruction du palais.
Incendié en 1503, on y mit la première main en 1308. Quand Charles V vint à Liège,
il était encore loin d'être achevé. Cependant quelques parties étaient assez avancées
pour permettre d'y recevoir un souverain tel que l'empereur (l'Allemagne. Ce tut, selon
les chroniqueurs les plus autorisés. Corneille de Bergue qui acheva ce magnifique
ouvrage. — Comment expliquer maintenant ce qu'avance Loyens dans le Recueil
héraldique, pp. 249 et ^2^1. « En lo!26, dit-il, on commença à jeter les fondements
du palais » et « Erard l'hahita en 1332. » D'autre part, l'auteur de l'Abrégé de
l'histoire de Liège (1784) met à l'année 1526 l'achèvement complet de l'édifice.
(2) Manuscrit. — « Ad suam in aulam deduxit. » Chapeaville, t. III, p. 261,
— Chroniques des faits advenus au Liège depuis l'évesque Erardus à Marcha, in-fol.
Manuscrit, propriété de l'auteur.
( ' ) MÉLART.
(*( Le samedi 13 octobre.
— -214 —
présence de l'élu, de sa suite et des Etats du pays. La musique,
encore dans son enfance, fit pourtant des merveilles. Ce fut,
disent nos vieux annalistes, « un concert de musique non
pareil (' ). »
Après les offices, on fit, avec l'assentiment de l'empereur, une
procession solennelle dans les principaux quartiers de la ville,
pavoisée pour la circonstance. Les richesses, presque fabuleuses
de l'antique cathédrale, se déployèrent avec une complaisance
calculée. Le clergé séculier et tous les ordres monastiques, les
députés des Etats, les fonctionnaires de tout grade, la noblesse,
mandée des divers points du pays pour faire honneur au jeune
Auguste , défilèrent majestueusement dans les rues de noire
vieille cité. Charles tint ù honneur de donner lui-même à cette
occasion une preuve de sa piété : tète nue, et un flambeau (-) de
cire blanche à la main, il suivait pieusement à pied levêque, qui
heureux et fier, portait le saint Sacrement. « Je crois que h ceste
heure, «dit un contemporain, » le roy fist aulcune bonne prière,
car depuis fu toujours en prospérité (^). »
VL
Ici se place un fait raconté par un chroniqueur belge, Robert
Macquereau, et dont on ne trouve aucune trace dans les histo-
riens liéj^eois, quoiqu'il méritât pour sa gravité d'y figurer en
première ligne. Nos auteurs font-ils confondu avec des faits
analogues dont l'histoire de ce temps est remplie? A-t-il été celé
avec dessein, soit parce qu'il faisait peu d'honneur à l'hospitalité
liégeoise, soit encore, parce que Erard tenait à ne pas troubler
(•) MÉLART. — Manuscrit.
(•; « Le roy porloit ung chierge en sa main. » Robert Macquereau — a Le roy
avait i< une iiache de cire blanciie en la main. » hlÈ.LKRi. Uaclie, en espagnol hacha,
cierge.
(3) Robert Macquereau : Chronique de la maison de Bourgogne (1500-1527).
F(i. Buchon, p. 89.
— 2lo -
l'heureuse quiétude de Charles? Je ne sais; mais la dernière
supposition me paraît peu probable, malgré l'assurance donnée
par la chronique, que « cejone roy, non sachant de ces affaires,
après avoir fait tous debvoirs, se party de la cité ( ' ). »
Liège, comme nous l'avons dit plus haut, avait toujours compté
dans ses murs un parti français dont on peut à toutes les époques
suivre la trame funeste : au XV'= siècle par Louis XI, et au XVII*
par la tragédie de Laruelle. Nous avons également constaté que
sous Erard, la France y avait ses partisans, qui profilaient de
tout pour semer le trouble et créer des difficultés. Si nos anna-
listes n'ont pas toujours jugé convenable ou prudent de dire tout,
ils mentionnent cependant assez pour ne nous laisser aucun
doute à cet égard. En effet, pas de page de leurs volumineuses
compdations qui ne parle d'intrigues, de complots dans lesquels
la main de la France est patente. Celle-ci, du reste, s'était mon-
trée furieuse du changement politique de notre évêque. Elle
avait protesté près des Etats sans gagner la moindre chose. Les
moyens de persuasion épuisés, elle se lança dans des aventures
violentes, se mit à comploter à propos de tout et à ourdir les
plus lâches attentats. Cette manière de lutter, il faut bien
l'avouer, ne permet plus, malgré tout le faible qu'on puisse
avoir pour lui, de considérer comme étant sans tâche le blason
du vaincu de Pavie.
L'arrivée de l'empereur dans notre cité parut aux partisans
de François I, une occasion propice pour tenter un giand
coup. « Quelques traictres du pays de Liège, allyés avec le Roy
de France » qui « pensoit venir à ses parverses intentions »
résulureni, poussés par « son conseil, )> d'assassiner Charles
d'Autriche au milieu des réjouissances. Afin de mieux se recon-
naître « ces méchantes gens, pleines de venin «prirent un signe
que le chroniqueur n'indique pas, et se postèrent sur un pont,
probablement celui des Arches, par où la procession devait
'*) ROB Macquereau, ibidem.
— 21() —
passer. Ils avaient choisi ce lieu aiin de l'atteindre plus facile-
ment d'un vcoup d'harquebuse ( ' ). » Qu'espéraient les conjurés?
Profiter sans doute de la contusion résultant de cet attentat.
Ils pouvaient s'emparer du passage du pont, isoler l'évêque de
sa suite, le faire prisonnier et l'enlever par la porte d'Amercœur,
pendant que les conjurés, aidés de la populace d'Outremeuse,
auraient défendu le passage du fleuve, afin d'empêcher les ravis-
seurs d'être poursuivis ("-).
Ce coup hardi aurait pu réussir et amener bien des change-
ments en Europe. Mais trop de personnes étaient mêlées au
complot pour que rien ne transpirât et ne fit naître des soupçons
chez le prince. Averti à temps, celui-ci aura probablement pris
ses mesures pour faire avorter la conspiration et arrêter les
plus coupables- Peut-être aussi, comme l'affirme le chroniqueur,
(ju'il y aura eu, au moment décisif, hésitation de la part des
conjurés, qui d'eux-mêmes se seront trahis (''). Quoi qu'il en
soit, les traîtres furent exécutés. Toute la ville fut plainement
convaincue que le roi-chevalier avait trempé activement dans
cet horrible projet (*). On chercha néanmoins à tenir la chose
(*) a On fist en la cité une procession générale où le saint et sacré corps de
Jésus-Clirist fu porté, où le roy portoit ung cliierge en sa main. Je crois que a cesle
heure le roy fist aulcune bonne prière, car depuis fu toujours en prospérité. Et me
fu dict qu'il y eull auhuns traictres, allyés avec le roy de France, du pays de Liège;
et estoient iceuLs. delibenz de le mettre à mort par ung traict de hacquebutte, en
passant en aulcuns quartiers por deseure ung pont. Ces méchantes gens plains de
venin avoient enseignes semblables l'ung a l'autre pour eulx mielx recoiiguoistre. »
UOBEllT MACttUEHEAU, p. 89.
(,-J Ce ne fut pas la seule fois qu'on tenta de s'emparer d'Erard pour le livrer à
la France. Bouille rapporte, t. Il, p. 304, que l'aiint'e suivante on l'essaya encore.
Mélart donne au sujet de celte conspiration des détails curieux sur la police secrète
de notre province.
(') « Quant ilz apercliurent l'iiûnneur que on luy faisoit, et que Dieu le gardoil
en tous ces failz, changèrent leur corraige ; ou par adventure, craindants de faillir
parquoy ils ne parliienl pas leur emprinse, comme le créateur du monde ne le veult
pas consentir. » UoiiEin Mauleueau.
(*J « Desqueiz traictres depuis l'on en fist morir aulcuns en la cité, qui congneu-
rent la chose entièrement, et que ç'avoit esté par le conseil du roy de France, pen-
sant venir a ses parverses intentions. » Rob. Maquekeau. Ibidem.
— 217 —
secrète et surtout à empêcher qu'elle ne parvint nux oreilles de
Charles ('). Réussit-ou? j'en doute fort, car ces événements
étaient trop graves pour les cacher. Il se peut qu'on ait cherché
à calmer ses craintes, mais sans trop réussir, puisqu'on le voit
abréger son séjour h Liège et quitter notre ville le lendemain
pour s'enfermer dans la forteresse de Maestricht (-).
VII.
Pendant qu'on arrêtait les conjurés et qu'on les empêchait de
nuire, la procession achevait son défilé. A sa rentrée dans la
cathédrale, Erard entonna le Te Deiim, en action de grâce, et la
brillante assistance éleva ses prières vers Dieu pour l'heureuse
inauguration de l'empereur.
La cérémonie terminée, le souverain fut reconduit solennelle-
ment au palais où l'on servit un repas aussi somptueux que
celui de la veille et dont les députés du pays firent les frais.
Charles, visiblement ému de tant d'accueil et peut-être aussi par
le souvenir du danger auquel il venait d'échapper, ne pouvait se
lasser de remercier les Liégeois pour leur cordiale réception (" •.
Inutile de dire que le temps ne fut pas uniquement employé en
fêtes et en parades, mais aussi en sérieux pourparlers politiques.
Erard était trop adroit pour ne pas profiter de l'occasion. Toutes
les éventualités furent mises sur le tapis et le jeune empereur
ne quitta certainement pas notre bonne ville sans s'être occupé
de la France et de la conduite à tenir envers elle.
On reconnut aussi la nécessité d'opposer une digue aux nou-
( ' ) « Ce jone roy non sachant de ces affaires, après avoir fait tous dcbvoirs, se
party de la cité pour cheminer vers la ville d'Aix. » Robert Maqukreac.
[-) Charles quiUa Liège le 14, après un séjour de moins de 48 heures, pour se
rendre à Maest! ichl. Il ne sortit de cette dernière ville que le dimanche 21 octobre,
après y être demeuré huit jours entiers.
; ' Manuscrit. Mélart, etc.
- 218 —
velles idées religieuses, qui chez nous avaient trouvé des adeptes.
Charles avait vu fonctionner, en Espagne, les tribunaux de l'in-
quisition el il était tout disposé à leur prêter appui. Cependanti
on ne jugea pas opportun pour le moment d'étaler au grand jour
cette sinistre institution. Les Liégeois, à cheval sur leurs privi-
lèges, se seraient montrés d'autant plus hostiles hl'introduclion
de semblables tribunaux, qu'ils avaient plus d'un sujet de plainte
contre la politique arbitraire de l'évêque. On convint donc d'at-
tendre une occasion meilleure (*)• Cependant on résolut de sur-
veiller cette « dampnable «C^) liberté de conscience qui cherchnit
h se l'aire jour sous toutes les formes, en Belgique comme en
Allemagne, et au besoin de sévir contre elle avec rigueur. Cette
communauté d'idées fut encore un trait d'union entre l'empereur
et notre prince.
Tant de zèle et de dévouement de la part de l'évêque méritait,
on ne peut le nier, sn récompense. Aussi reçut-il la promesse
de sa prochaine promotion au cardinalat (''). Charles pouvait-il
faire moins pour qui l'avait aidé h ceindre la couronne de Char-
lemagne et qui épousait sans restriction ses vues et ses projets?
Si Erard fut enchanté de la conférence, il n'en fut pas ainsi du
peuple. On ne voit pas du moins ce qu'il gagna à la présence
dans ses murs d'un prince si puissant, sinon h voir resserrer
les liens qui comprimaient ses aspirations politiques el à payer
la meilleure partie de la dépense.
Quant à l'approbation deses antiques privilèges, que signiliait-
(' ) En 1332 , l'évêque autorisa un père carme chaussé , Jean Jamolel, inquisi-
teur apostolique, d'instrumenter dans le pays de Liège.
(■*) M.^NUSCIlIT.
(') a L'an 1022 (lisez l-'i-ll), Erard après avoir été fait archevGque de Valence,
en Espagne, (ul créé cardinal sous le titre de Saint Chrisogon, parle pape Léon X.
« Abrège cbron. de l'hist. de Liécje. 1784, p. 76. — Le légat qui apportait à Erard
le chapeau de cardinal, ayant appris en chemin, que ce prélat étoit à Bruges auprès
de l'empereur, il s'y rendit et consigna le chapeau entre les mains de sa Majesté
impériale, qui en revêtit notre évoque. » Boville, t. II, p. 805.
— 219 —
elle avec des hommes de la taille d'Erard et du petit-fils de
Maximilien (*).
Le lendemain du jour où il échappa presque miraculeusement
à la rage de ses ennemis, Charles quitta Liège (-) pour se rendre
k Maestricht, accompagné d'Erard et de toute sa noblesse.
Un incident assez curieux se passa au sortir de la ville. Pen-
dant le défilé du cortège impérial, un homme du peuple jeta ces
paroles au seigneur de Chièvres qui chevauchait aux côtés de
l'élu : « Dieu vous voeille tous garder de mal ! et monseigneur
le cardinal, votre nepveu, lequel vous véez voluntier : mais
comme je croi , jamais du voiaige ne retournera [^). Et plus n'en
dict» ajoute Macquereau. — N'était-ce pas assez?— et cet avertis-
sement nedévoilaii-il pas des préoccupations pleines de menaces?
Comment l'entendre d'autre manière? On se hâtait d'abandonner
la grande cité liégeoise et peut-être n'élait-il que temps ! La
conspiration qu'on avait un moment déjouée, pouvait avoir des
ramifications plus étendues qu'on ne le soupçonnait !
L'empereur rencontra en chemin (*)les envoyésque les élec-
teurs de l'empire lui avaient députés pour le féliciter. Il les
accueillit avec grande déférence et chemina en leur compagnie
jusqu'à Maestricht C). Il se renferma dans cette forteresse {°}
jusqu'au jour marqué pour son entrée à Aix-la-Chapelle.
Ainsi se termina l'entrevue qui fixa décidément la poHtique
de l'évêque et lui obtint l'année suivante le chapeau de cardinel.
( * ] Voir pour les détails les principaux historiens liégeois et particulièrement
Ferd. Henaux qui a porté résolument un œil investigateur sur cette époque agitée.
(') « Quelques jours après » dit Bouille, T. Il, p. 302 : — « Le matin du jour
ens ivant » dit Mélart — « Le 14 octobre » lit-on dans Brustuem, p. 68. L'opi-
nion de ces deux derniers auteurs peut être seule acceptée.
(*) RoB. Maquereau.
(*j Peut-être à Visé.
(") « On vint au devant, de par les élecleurs qui le rechurent moult honnora-
blement. Aussi le jonne eslu leur fist la révérence Irèsbenignement. tenant son
bonnet en la main ; lesquelz ensemble par grant amiliet cheminèrent jusque la ville
de Trect. ï Robert AIacquereau.
(*) « Comme il aimait d'observer les anciennes coutumes, il voulut entrer dans
la grande église (St-Servais) en habit de chanoine, selon l'ancienne pratique des
ducs de Brabant. » Bouille. T. Il, p. 302.
— 2^0 —
VIII.
Notre intention n'étant pas de faire l'histoire de Liège sous le
règne d'Erard de La Marck, nous ne le suivrons pas dans le
développement de sa-'Olincpie. Il no nous reste plus qu'à signaler
quelques lails qui dévoilent la véiilable tendance des projets de
Charles-Quint et le but secret de l'alliance de I0I8.
Charles, nous l'avons dit, quoique poursuivant les desseins
de ses ancêtres, les ducs de Bourgogne, ne voulait ou plutôt ne
pouvait froisser le sentiment général de l'Europe en s'annexant
la principauté. Comme il le dit un jour avec beaucoup d'esprit,
il préferait voir les Liégeois bons alliés que mauvais sujets.
Cependant, s'il reculait devant la possibilité de fondre la carte
déchiquetée de notre pays dans son vaste empire, il voulait
cependant y dicter ses lois comme souverain ('),et pour cela il
lui fallait un homme tout dévoué. A Erard, malheureusement,
pouvait succéder un prince plus ou moins hostile. Ce fut
dans l'intention de conjurer ce danger possible, sinon pro-
bable, qu'il viola ouvertement les anciens droits du chapitre
de Saint-Lambert. Du vivant même de son ami, il montra sa
déhance, en lui imposant un coadjuteur(-),CorneiUe deBergue,
qui monta sur le trône épiscopal en 1338. Celui-ci n'ayant pas
épousé ses vues avec l'énergie qu'il aurait désirée et qu'avait
montrée son prédécesseur, il se hâta de lui désigner à son tour,
non-seulement un coadjuteur, mais encore un remplaçant. Cette
fois, il dédaigna de sauver les apparences. Il le choisit dans sa
propre famille. Georges d'Autriche, le nouvel évêque, fut entiè-
(*) Comme membre de TEmpirc, la principauté de Liège dépendait de Charles-
Quint, sans perdre pour cela son autonomie.
(-) « 152"2... Quelques jours après, il lui fil connaître que son intention était
qu'il pourvut rEvècliJ de Liège d'un successeur qui lui fut agréable, et suggéra en
môme temps Corneille de Bergue, que la princesse Marguerite sa tanle, et gou-
vernante des Pays-Bas en son nom, retenait auprès de sa personne, etc. » Iîoiuli.e.
T. II, p. SOii.
221
renient à la dévotion de Charles, qui devint ainsi, jnalgœ l'op-
position de tous, le seul et véritable souverain de Liège.
Ce fut dans l'intention de décider Corneille de Beigue à céder
la place h son cousin et à lui rendre ainsi plus facile sa domi-
nation déguisée, que Charles vint en 1544, vingt-quatre ans après
sa première visite, revoir les murs de notre cité. Avant de se
rendre à Spire pour présider cette diète célèbre, qui augmenta
le conflit entre l'Espagne et la France, l'empereur tenait a
s'assurer le concours sans réserve des Liégeois et pour cela, il
voulait que les rênes de leur gouvernement fussent placées dans
des mains sûres.
Parti le 2 janvier de Bruxelles, il arriva le 4 à Saint-Trond,
et le lendemain chez nous, où il fut reçu sur les hauteurs de
Sainte-Walburge par Corneille de Bergue, Georges d'Autriche,
évêque coadjuteur,le clergé, la nobU^sse, avec tous les honneurs
et toutes les démonstrations d'allégresse « qu'on a accoutumé
de voir dans ces jours de parade et de fêtes publiques (*). »
Nous ne dirons pas les fêtes qui lui furent données pendant
plusieurs jours (°), parce que nous ne possédons aucun détail
i^i leur sujet. D'ailleurs elles durent en beaucoup de points res-
sembler à celles de 1520. Les historiens nous apprennent seu-
lement que les bourgmestres Guillaume de Mefife dit du Cham-
pion et Jean de Miche y assistèrent en robe de pourpre, et qu'ils
présentèrent à l'empereur les clefs de la viilo. Charles les accepta
gracieusement et les suspendit à l'arçon de sa selle. Quand le
cortège fut arrivé au palais, la foule était si grande que les
bourgmestres se trouvèrent séparés de l'escorte de l'empereur.
Avant de descendre de cheval, celui-ci les fit appeler. Lorsque
les bourgmestres se trouvèrent en sa présence, il leur remit les
clefs d'argent qu'il tenait à la mnin : « Continuez, » dit Charles,
(') Bouille, T. II, p. 336.
(2) Charles V « vint (à Liège) célébrer la fête des Rois. » Recueil héraldique^
p. !274.
222
« continuez, Messieurs, de garder les clefs de ma cité, avec la
même fidélité et vigilance que vous avez fait jusqu'ici ('). »
Hélas! ce vœu ne devait guère être utile aux libertés liégeoises,
car Charles-Quint, tout le premier, les avait sapées dans leurs
fondements. Que signifiait, malgré le procès dont elles furent
plus tnrd le motif, et dans lequel les amis de la liberté firent
sonner bien haut les paroles de l'empereur, que signifiait la
vaine possession de ces signes magistraux ?
Rien, car la liberté frappée au cœur n'aura plus qu'un sem-
blant de vie. Fils de Henri de Dinant. résignez-vous et, comme
les anciens martyrs, couronnez-vous de fleurs ! H ne vous
reste plus qu'à incliner la tête devant la statue de Charles :
moritiiri te salutant, César !
Jules Matthieu.
( ') Bouille, T. II, p. 356, et les mitres historiens du pays de Liège.
LE COLLÈGE
DES
FRERES HIERONYMITES
A L.IÉGE:.
I
Gérard, né à Deventer en Hollande, enseigna avec tant d'éclat
la philosophie et la théologie h Cologne, que ses contemporains
lui donnèrent le surnom de Groote, magnus. Il fonda à Deventer
la congrégation des frères de la vie commune, qui fut approuvée
par le pape Grégoire XI en 1376. Les membres de cette con<;ré-
galion n'émettaient point de vœux de religion ; ils suivaient
une règle calquée sur celle de S. Augustin ; quelques-uns
d'entre eux étaient promus au sacerdoce. Chaque maison était
sous la direction d'un supérieur pris parmi les prêtres de la
congrégation. Les frères de la vie commune n'étaient peint
exempts de la juridiction épiscopale. Ils gagnaient leur vie en
enseignant principalement les humanités et en copiant les ma-
nuscrits qu'ils vendaient aux libraires. L'enseignement qu'ils
donnaient aux pauvres, était gratuit. Plusieurs de leurs couvents
ayant été dédiés soit à S. Grégoire, soit à S. Jérôme, ils ont été
appelés aussi Grégoriens ou Hiérojiymites ] le nom de frères de la
plume, fratres de penna leur est venu de ce qu'ils copiaient des
manuscrits (i). Leur fondateur mourut le 20 août 1384.
(') M. Morel raconte sdrieuseraenl que le nom Aefraires de peiiiia leur est venu
de ce qu'ils portaient une plume fichée à leur chapeau. V. Annuaire de l'Université
de Liég», tome I, p. 14.
224 —
Leur maison de Bois-le-Duc, appelée fratershiiis, fut fondée
en 1425. Elle joiiissail h la fin de ce siècle d'une si grande répu-
t;ilion que le clergé et les bourgeois de Liège s'adressèrent à
Jean de Bréda, recteur de la maison , pour qu'il établît, avec
leur concours, un collège de sa congrégation à Liège. Le ma-
gistrat de la ville (7 octobre 149o)et le prince-évéque (31 octobre
1495 donnèrent aux frères un emplacement vide d'environ deux
bonniers, appelé risleal hochet, insulcUa globi , petite île ronde,
derrière le couvent des Carmes, contre la Meuse (' ). La pre-
mière pierre de leur couvent fut posée le 26 juillet 1496. En
attendant qu'il fut achevé, ils habitèrent le presbytère de S'^
Marie-Magdeleine qui appartenait à l'abbaye de S'-Jacques.
Les frères Hieronymites enseignèrent les humanités, à Liège
comme k Dois-le-Duc. Ils construisirent même , non loin de
leur couvent, un internat pour les étudiants pauvres et y pré-
posèrent un des leurs; en 1544 cet internat fut transféré dans
l'intérieur même du couvent.
La maison de Liège dépendait de celle de Bois-le-Duc et ne
pouvait faire aucune aliénation sans l'autorisation de celle-ci.
La série des pater ou prieurs de la maison de Liège n'est pas
bien connue. On trouve cités :
Henri, premier fondateur de la maison, mort en 1520.'
Paul, de Bois-le-Duc, mort en 1582.
Jean.
Arnold Eynaten, cité en 1544.
Libert Iloutkem, de Tongres, qui composa un recueil de
poésies latines sous le titre àe préceptes, une tragédie intitulée
Gédéon et une corné lie intitulée le Théâtre de la vie humaine (^2).
Les frères de la vie commune cédèrent, en 1582, leur maison
aux pères jésuites sous certaines conditions, h savoir, qu'on
leur donnerait la maison voisine de Guido Rosen, qu'on unirait
(') Chartes de la calhéilr-dc Sainl-Lamberl, aux archives de l'État, à Liège,
no» 1102 et H03.
(' ; V. Ernst, Tableau des ïuirraganls de Liège, p. 336.
- no —
à leur congrégation un canonicat de S. Paul et un de S. Denis
et qu'on conférerait trois bénétices à trois d'entre eux. Ce qui
fut exécuté. En 159o, la congrégation était presque éteinte, car
elle ne comprenait plus que quatre membres. Le Pape donna,
cette année, leurs biens à la collégiale de S. Paul, sous certaines
charges.
II
Documents historiques.
Le diplôme du prince-évêque, du 31 octobre 1495 se trouve,
en partie, dans Fisen, p. 31 9. L'octroi du magistrat de la ville
de Liège a été publié par M. Morel dans Y Annuaire, t. I, p. 14,
Nous ajouterons ici quatre pièces inédites.
I
Autorisation donnée par les frères Iiiéro7iymites pour vendre un
bâtiment. 1544.
Universis et singulis pra3sentes lilteras inspecturis et legi
audiluris, Arnoldus Eynaten pater, Cornélius Helvort librarius,
Gentianus Villers, Henricus Mylen, Tlwmas de Molembaye pres-
byteri, Henricus Borset, Wilfielmus Verlaine, Joliannes Maeseyck
et. Gerardus Aquensis clerici , fratres et religiosi domus S.
Hieronymi in insula civitatis Leodiensis sitaî, de communi vita
nuncupati, capitulum seu conventum pra3iact8e domus facientes
et consliluentes, salutem in Domiiso sinceram. Cum nos alias
certis ex causis et respectibus legitimis nos ad hoc rationabili-
ter movcnlibus, pauperes prœdidœ nosirœ domus studcntes, quos
caputiatos vacant et qui domum unam, pauperum vulgo mui-
cupatam, cum suis appendiciis, quam in insula Leodiensi non
procul ab ipsa domo noslra habemus, versus eamdem domum
nostrani vice communi, ver sus montem S. Egidii hœreditati sororum
226
5. Annœ alias de Hasselt, versus monasterium fratrum Carmelita-
rum viœ commuai, et versus pontem insulœ hœreditalibus Lamberti
Borset et Servatii de Bêche et hœredum quondam Joliannis Le
CocÂ: jungentem, ex parte nostraseu per nos ibidem collocati in-
habitabant, et illum qui ex nobis assumptus hujusmodi paupe-
ribiis studentibus, ut ill(3i'um rector prœerat et praeest, eorum-
dcinque pauperum et illorum rectoris habitationem in alias œdes
intra septa prastactae noslraî domus S. Hieronymi sitas ipsis
pauperibus studentibus et illorum rectori magis accommodatas
transtulerimus et intra dictae nostrœ domus S. Hieronymi muros
plurima sint œdificia nobis et pauperibus studentibus prœdictis
domo pauperum longe utiliora, eamdemque domum
pauperum si eam nobis et praïtactse nostrae domui retinueri-
mus nec illam in emphyteusim perpe-
tuam conferremus oneri potius quam usui nobis fore censea-
mus (ils délèguent Guillaume Myinn pour la concéder en
emphytéose perpétuelle à Conrard de Crissengnée, citain de
Liège, pour une rente de 43 florins de Brab., le florin compté à
20 patars) Acta fuerunt hase an no XV* XLIV mensis
augusti die decinià.
Ij'acte d'emphytéose fut réalisé par les échevins, le 12 août
1344.
II.
Autorisation donnée par la maison de Bois-le-Duc. 1544.
Nos frati-es Busciducenses, Theodoricus à Bommel pater, Jaco-
bus à Lommel procuralor, Wilhehnus Pereyrinus librarius,
Wuriiidus à Ravenstein, Clemens ab flerentals, Johannes Helmont
et reiiqui sacerdutes cum familiaribus laicis domus nostrae
notum facimus universis et singulis lias patentes litteras inspec-
turis et visuris quod pater Arnoldus Eynatten pater fratrum
Leodii fuerit hic apud nos ia domo nostra missus k fratribus
227
suis Leodiensibus et requisivit a nobis consensum et auctori-
tatem elocandi, vendendi, permutandi domum sive domus et
antiquas scholas sitas extra portam sive septa domus fratrum
Leodiensiumut facilius et commodius erigat et aedificet novas et
utiliores intra septa et muros domus dictas ; igitur nosfratres
Busciducenses super hoc capitulariter congregati et mature
deliberati consensimus et consentimus piis conatibus et labo-
ribiis fratrum nostrorum Leodiensium et nobis placet et gratu-
lamur quod Deus talem animum inspiravit patri et suis fratri-
bus. In cujus rei sigiium XV" XLIV mensis julii die XII.
III.
Aliénation d'un bâtiment. lS4o.
Nous fratres^/r/zw/^ Eynatten pater, Cornélius H elwoert, Gent-
ziane de Vtllers, Henri Milen, Thomas de Mollenbay, Henri Borset,
Guilheam de Verlen, Johan Borchloen, Gielet de Bleray, Gérard
Daixheret et Johan Eelen, frers et professes en l'église, maison
et couvent de Sainct Jheroinme condist les fratres en ysle à
Liège (Ils délèguent Willem Mileii pour céder c\ Gielet
Remacle, chairpenthier, et Lambert Jalheal uno édifice, tenure
et assize avec ses appartenances condist notre grande viele
escoUe avec une chambre sour le rives de Mouse joindentes de
trois costeies az chachies et aisemences délie dite cité et vers
Sainte Demphe h Mouse pour une rente annuelle de 31 carolus
d'or, compté vingt patars de Brabant pour chaque carolus)
L'an de grâce XV« XLV, février 18.
L'acte fut réalisé devant les échevins le 21 février 1545.
IV.
Le pape Clément affecte les biens et rentes des Hiéronymites aux
distributions quotidiennes de la collégiale de S. Paul. lo9o.
Clemens episcopus servus servorum Dei dilecto filio officiali
Leodien.saluLem et apostolicam benedictionem.Decetromanum
— 248 -
Pontificemaequi boniquesiiitr«MnumassertoremfideliuinquoruQi-
libet prœseitim diviiiis obsequiis in collegiatis ecclesiis inser-
vienlium voMs, pei' quae diviiii cultûs in ipsis ecclesiis incre-
mento consulitur ac missarum et anniversariorum aliorumque
suffragiorum onera ex piis tesiantium voluntatibus prgescripta
adimpleri valeant, libenler aiinuei'e et in his pastoraiis offîcii
sui partes favorabiiiier interponere. Sane exhibita nobis nuper
pro parte dilectorum filiorum capituli et canonicorum ecclesia?
S. Pauli ac clericorLim sœcularium fratrum nuncupaLorum
congregationis S. Hieronymi Leodiensis diœcesis petitio
contiiiebai, quod quidem, cum tractaretur de introducendo
coUegio presbylerorum societatis Jesu in civitaie Leodiensi,
neque in promptu locus adesset ubi illiid constitueretur, tandem
post diuturnam deliberationem cum pra3ralis et aliis tune
existentibus clericis dictie congregationis, conventum fuit, quod
in evenlum in quera aedes lune ad dileclum filium Guidouem
Rose (?) spectantes cum earum horto tluvio Mosœ adjacente
caeterisque pertineiUiis dictis clericis pro loco futurae eorum
habitationis ac alias perpétue nssignarentur, necnon, omnibus
et singulis aliis bonis immubilibus ad praîdictos clericos perti-
nentibus salvis sibique intègre remanentibus, anus et una S.
Pauli ac alter et alieia S. Dionysii ecclesiarum Leodiensium
canonicatusel pnebeiidae prLedictaîCoiigregatioiii etiarn perpetuo
unirentur cum hoc quod eisdem canonicatibus et pi aîbendis per
aliquos ex ipsis clericis ii ninjori eorum parte eligeiidos et
nominandos desorviretur ac ipsis decedeiitibus alii sic eligendi
et iioininaïuli slaiim eo ipso in eorum locum subrogati censé-
rentur ac demum uni de parochiali ecclesia loci de Villari-
Episcopi Leodiensis diœcesis et aliis duobus clericis dicta:-
congregationis de quibusdam tune expressis capellaniis aut
aliis beneticiis ecclesiasticis, quamprimum illa vacare contin-
geret, provideretur illorumque omnium fructus, distribuiiones
et émolument;! qnjiccumquein communem congregationis hujus-
modi ulilitatem applicarentur ; iidem clerici his et aliis tune
expressis pactis mediantibus eorum loco, domui et habitationi
ad exlruendum collegium dictae Societatis cédèrent , et deinde
Sede apostolicà desuper consulta dicta conveniio et in ea
contenta per illam approbata et confirmât;!, denique clerici ad
œdes sibi, ut prœfertur, assignnias irnnslati ac insuper dicti duo
cnnonicatus et lotidem pra3bendae prœtactœ congregationi juxla
pra3scriptura dictée conventionis apostolicà auctoritate uniti per-
petuo fuerunt. Cùm autem, sicut eadem petitio subjungebat
temporis successu omnes clerici prgedicti, quatuor dumtaxat
exceptis, quorum duo ruri apud parochiales ecciesias seu alibi
morantur ex aliis vero duobus unus in S. Pauli alter in S. Dio-
nysii ecclesiis prœdiclis canoniealus et prgebendas obtiuent, è
vivis decesserint, nullique amplius hujus congregationis secta-
lores reperiantur, sed ipsam congregationem poslobitum horum
quatuor superstitum clericorum qui eliam provectioris setatis
sunt penitus exlinctam iri manifesté appareat et exindè eveniat
ut dicli quatuor clerici superstites missas, anniversaria aliasque
piarum fundationum obligationes ab eis ratione bonorum prae-
dictorum débitas ob exiguum eorum numerum et seu (?) sepa-
ratam ipsorum babitationem ac propriae ecclesise carentiam am-
plius persolvere non valeant, et, si jedes per dictos clericos
inhabitatae seu ad quas ipsi, ut prsefertur , translati fuerunt quae
non procul a dicta ecclesia S. Pauli sitse sunt cum omnibus et
singulis annuis censibus, redditibus, provenlibus , domibus
cœterisque bonis stabilibus ad praedictam congregationem quo-
modolibet spectantibus, reservatis lamen eisdem clericis
superstitibus illorum usu et fructu, mensae capitulari ejusdem
ecclesiae S. Pauli in quà duo ex dictis clericis uti canonici
resederunt et unus eorum qui superior seu pater dictse congre-
gationis dicebatur sepultus est cum boc quod capitulum et
canonici praefati anniversaria, preces et quasvis alias piarum
fundationum obligationes ad quas congregatio et clerici prgedicti
quomodolibet tenenlur et obligati cxistunt in se ex nunc
suscipere hujusmodique onus subire debeant, perpetuo appli-
- 230 —
carentur et appropriarentur, ex hocprofecto piorum fundatorum
voluatatibijs salisfieret acilloruiii aiiimaruin ret'rigerio et saluii
consullum foret, cultusque divinus iii praetactâ ecclesia S. Pauli
incremeiilum susciperet. Quare pro parle capituli et caiionico-
rum ac clericorum prœdictorum asserentium fi uctus, redditus,
proventus aîdium, domorum, censuum et aliorum bonorum
stabilium eongregaiionis hujusmodi ceiilum et sexagin'a duca-
torum auri de caméra secunduin communem œslimationem
valorem aniiuum non excedere, nobis fuit humiliter supplicatum
praedictas a3des, domos, census, redditus, proventus et alla bona
stabilia eongregaiionis hujusmodi proefatse mensse perpetuo
applicare et appropriare ac alias in praemissis opportune pro-
videre de benigniiate aposfolica dignaremur. Nos igitur qui
dudum inler alia voluimus quod petentes benelicia ecclesiastica
aliis uniri lenereiitur exprimere verum annuuui valorem etiam
beneficii cui aliud uniri peteretur, alioquin unio non valeret
ac idem observaretur in quibusvis perpetuis concessionibus,
dismembraiionibus et applicaiionibus etiam de quibuscumque
fructibus ac bonis ecclesiasticis ac etiam in confirmationibus
unionum, singularumque dispositionum hujusmodi, certam
de praemissis notitiam non habentes ac singulares personas
capituli et canon icorum necnon clericorum praedictorum a
quibusvis excommuiiicationis, suspensioiiis et inlerdicti aliisque
ecclesiasticis sententiis, censuris et pœnis à jure vel ab
homine quàvis occasione vel causa latis, quibus quomodolibet
innodalaî existunt ad efïectum praosentium dumiaxat conse-
quendum harum série absolventes et absolutas fore censentes,
necnon quarumcuinque aliarum unionum , annexionum, incor-
poralionum et applicalionuni dicue mensas hacienus quomo-
dolibel factaruin lenores, necnon ledium, domorum et aliorum
bonoium hujusmodi situationes, confines, qualitates.quanlitates,
vocabuia et denominationes praiseniibus pro expressis habentes,
hujusmodi supplicatioiiibus inclinati discrelioni tua3 per apos-
folica scripta raandamus quatenus vocatis qui fucrint evocaudi
- :231 -
de prgemissis te diligenter informes et, si par informalionem
hujusmodi ita esserepereris,aedes ad quas dicli clericitranslati
fuerunt,necnon annuos census, redditus, proventus, domos ac
omnia et siiigula alia boiia slabilia ad eamdem congregationem
quomodolibet spectantia , reservalis tamen eisdem clericis
superstitibus illorum usu et fi'uclibus, donec ipsa congregatio
duraverit et penitus extincta vel alias desuper hincinde amica-
biliter conventum fuerit,eidenimens8ecapilulari unitas italameii
ut cum hoc quod prgedicti capitulum et cancnici aniiivorsaria,
preces etquasvis abas piarum fundalionumobbgationes ad quas
congregatio et clerici praedicti quomodolibet tenentur et obli-
gaii existant onusque illa et illas celebrandi, recitandi, exone-
randi et adimplendi in se ex nunc suscipere ec statim habita
per eos prsesentis gratiae notilià hujusmodi onus subire et
deinceps perpetuis futuris temporibus exequi et adimplere
leneautur et obligati sint, liceatque eisdem capitulo etcanonicis
ob banc causam per se vel alium seu alios eorum dictai'que
mensse nominibus (?) censuum et singulorum bonorum hujus-
modi possessionem propria auctoritate libère eliam ex nunc
apprehendere ac deinceps perpetuo retinere, necnon post-
quam eorum fructuum reservatio hujusmodi cessaveril seu
extincta vel alias desuper hinc inde amicabiliter conventum
fuerit, ut praet'ertur, bona ipsa locare, dislocare et arrendare,
eosdemque fruclus, ledditus et proventus intègre percipere,
exigere et levare ac imprimis et ante omnia in executionem et
adimplemenlum oneris per eos ralione diclorum bonorum
subeundi ac deinde si quid residuum fuerit illud omne in
augmentum distributionum quotidianarum inter praesentes et
divinis interessentes repartiendiarum et non alias convertere
cujuscumque licenlia desuper minime requisita auctoritate
nostra perpetuo applices et appropries, non obstantibus priori
voluntate nostra et aliis pigeuiissis ac Lateranensis concilii
novissime celebrali uniones perpétuas nisi in casibus à jure
permissis tieri prohibentis aliisque constitutionibusetordinatio-
— 232 -
nibus npostolicis, necnon ecclesiaî S. Pauli et congregafionis
prœdiclarum juramento confirmatione apostolica vel quavis
tîrmitate alias roboraio, staïutis et consuetudiiiibiis cseterisque
contrariis quibuscumque. Datum Roma3 apud S. Petrum aiiiio
incarnaiionis Domiiiicae miliesimo quingentesimo noiiagesimo
quinto decimo caleiidas aprilis pontilicatus nostri anno quiiilo.
L'HOPITAL
S MATTHIEU A LA CHAINE.
Documenta historiques.
25 janvier 1204. — Le légat Guy, évêque de Palestrine
approuve la fondation de Simon, et confirme l'hôpital dans ses
biens (i).
22 novembre 1207. — Anno Domini M.CC.VII obiit XXII die
mensis novembris bonae mémorise dominus Galterus decanus
et abbas Sanctse Marige de ecclesia Leodiensi qui instituit in
dicta ecclesia X canonicos in honore Beati Materni, ac fundator
hujus hospitalis. Anima ejus requiescat in pace.
28 mars 1231. — Le pnpe Grégoire IX confirme la juridiction
du chapitre de Saint-Lambert sur l'hôpital de la Chaine (2).
4 mars 1253. — Le pape Alexandre IV prend l'hôpital sous sa
protection ; il ordonne que l'ordre régulier de S. Augustin y
soit maintenu à perpétuité ; il confirme toutes les possessions
de l'hôpital; il exempte ses terres novales (3) de la dîme; il
l'autorise à recevoir des novices ; les religieux ne pourront
quitter la communauté, sans la permission du prieur, que pour
passer à un ordre plus sévère ; en temps d'interdit, ils ne seront
pas obligés de l'observer ; on ne pourra construire une chapelle
(-1) Daris, Notices sur les églises de Liège, t. I, p. 13.
(2) Ibidem, p. 45.
(3) Nouvellement mises en culture.
— 234 —
ou oratoire dans le voisinage sans leur consentement et celui
de l'évêque ; l'hôpital est autorisé à avoir un cimetière où
ciiaque fidèle pourra élire sa sépulture ; h la mort du prieur, les
frères éliront son successeur,
30 juillet 1263. Le pape Urbain IV donne à l'hôpital un bref
de protection en tout semblable h celui d'Alexandre IV.
5 oct. 1340. — Règlement de l'hôpital approuvé par leprince-
évêque, Adolphe de la Marck.
Nous en transcrirons quelques points.
« Nulles professes, ne professe, ne familiares, ne familiare,
maiement, tant que familiares ou familiare sera en dit hospital
nayet rien de propre, ne nelle warde, en quoy que ce soit...
» En après , entour le nombre des famihares , femmes et
hommes, leurs eages et conditions que on doit au dit hospital
recepvoir et mettre, ne covient riens muweir, ors anchois y
doibt-ons sauver et wardeir lusaige anchien, cest assavoir qu'il
y aiet douze hommes et treiigt six femmes, familiares, tant
seulement, et ne soit nulle personne mariée rechutte a nulle
ostaige, délie dite maison et ny soit recheu nulle homme a
familiaer sil nat trengt ans, et nulle femme a familiare ou a
sereur sel nat quarante ans accomplis de son eage.
» Et tant que au nombre des frères et des sereurs que au dit
hospital doient e.stre professes selon la règle Saint Augustin,
avons ossi ordonné que, pour le divine office augmenter et
aidier, a ly, en l'administration del prieu espirituels, soient
deulx frères prestres professes sens le prieu, syex frères laies
professes et quattre sereurs professes , desquelles sereurs
professes lune serra députée a maiestre, qui arrat lantoist après
le prieux, nient tant seulement la cure de corregier les excès
legiers des femmes, mains la cure ossi d'administrer' benigne-
ment aux personnes du dict hospital maiement ileawes et
malaides de quant que nécessite leurs serra.. »
21 avril 1384. — Règlement donné par le prévôt Jean Gielis et
le doyen Henri de Lonchins pour remédier h quelques abus.
- :235 —
On y voit que les liommes et les femmes, appelés familiers, qui
n'étaient point proies , devaient suivre aussi la règle de S.
Augustin et observer les trois conseils évangéliques d'obéissance,
de pauvreté et de chasteté. Ils portaient un costume religieux,
fourni par l'hôpital.
11 septembre 1433. — Mort du prieur Jordain de Fumo. Les
frères profès Nicolas de Combien, Eustache de Hane et Denis
Brunet et les sœurs professes Oda de Rupe, Juetta de Crenvvyck
et Beatrix de Sarto, postulèrent pour prieur, au Nonce Julien,
Pierre de Valle de Verlenez, prêtre séculier, habitant l'hôpital.
3 mars 1460. — iMort du prieur Baudouin de Dono Martini.
Les frères profès Jean de Roloux, Jean Roye et Jean Mathei et
les sœurs professes Catherine de Salmon et Catherine Bonem
postulèrent, pour prieur, au pape Pie II , Henri de Seraing-le-
Chàteau, maître es arts, liceiuië en droit.
1468. — A la prise de la ville de Liège, l'hôpital fut pillé; les
dépots qu'y avaient fait Eustache de Strealez, éciiyer, et d'autres
citoyens furent enlevés; le prieur Nicolas de Veteri-Vineto fut
pris, le lundi, lendemain de la prise de la ville, emmené et mis
dans une forteresse près de la ville de Cambray où il resta pen-
dant près de deux mois. Eustache de Strealez calomnia le prieur
en l'accusant d'avoir conservé et volé son argenterie déposée à
l'hôpital. Le prieur le cita devant l'Otficial le 23 juin 1477.
Celui-ci condamna le calomniateur, le 31 oct. 1478, à un pèleri-
nage h Rome et à un autre à Compostelle.
30 juillet 1553. — Jean de Lymborch, prieur de l'hôpital de
laChaine, est emmené captif à Huy et enfermé dans le fort.
Le 31 juillet, les frères Amelius et Servatius et les sœurs
Catherine de Clermont, Marguerite de Sart et Agnès de Lym-
borch lui élurent, pour remplaçant provisoire, François de
Lymborch, chanoine de S. Martin, son frère.
XVP siècle. — Règlement de l'hôpital. Nous en transcrirons
quelques points :
In domo sive hospitali Sancli Matthaei apostoli ordinis S.
— 236 —
Augustin! vulgariter dicti ad Cathenam in civitate Leodiensi
debent esse unus prior et sex l'ratres et quatuor sorores et
tenentur vovere tria solemn la vola, scilicet,castilatis,paupertatis
et obedientiae et juxta regulam S. Augustini vivere et profiteri;
et adliuc duodecim familiares et plures begultae.
Prior sive administrator dicli hospitalis débet eligi ex cano-
nicis S^' Materni aut parvae aiensae aut ex capelianis ecclesiae
Leodiensis per fralres et sorores dicti hospitalis.
Quum begutta? recipiuntur ad prsebendam domus diclaî aut
quumfratres aut sorores debent facere professionem, tune prior
débet ceiebrare summam missam et illis imponere habitum et
ab istis recipere tria vota, videlicet, castitatis, paupertatis et
obedientiaî.
Deficientibus fratribus, debent assumi ex duodecim familia-
ribus dicli liospitalis qui sint ex legitimo tlioro procreati et non
aliter quantum (?) ad fVatres el sorores per priorem, interve-
niente consensu fratrum et sororum tune temporis exislen-
tium. Et similiter de sororibus quse debent assumi ex beguttis
annorum vigiiiti quatuor ad minus et scientes légère horas more
domus et omni die, praelerquam in die Pasclise, vigilias
mortuorum légère tenentur.
Fratres dicti hospitalis et sorores in solidum habent potes-
tatem eligendi priorem, uno defunclo.
Sex capellani debent coniinuo esse et habitare in dicto hos-
pilali qui debent singulis diebus decanlare canonicas horas in
ecclesia dicti liospitalis et tractum sicuti in ecclesia S. Lamberti
Leodiensis, quibus horis tam nocturnis quam diurnis débet
adesse prior cum fratribus et familiaribus dictae domus.
Similiter priorissa cum sororibus et beguttis débet adesse in
ip.sarum oratorio dum cantantur horœ et celebrautur missse in
ecclesia dicti hospitalis.
Et in dicto hospilali debent quotidie celebrari très missœ.
Adhuc in qualibet seplimana debent legi per pra3dictos
cupellanos très missae.
— 237 —
Capellani debent habere salarium competens et quando
perseveraverunt spatio duorum annorum et fidebter servierunt
debent habere unam tunicamde bonopanno ultra alia accidentia.
Prior non débet recipere infamiliaremaliquemvelin beguttam
aliquam sine scitu et consensu fratrum et sororum et priusquam
admittatur débet probari per dimidium annum ad minus, nisi
alias légitime constetde suis probis moribus et vita.
In dicto hospitali débet esse una libraria ad opus et instruc-
tionem presbyterorum, fratrum et aliarum personarum.
In refectorio debent esse très menssG — una pro priore et
sacerdotibus cum tenentibus in solemnibus diebus, et prior
quocumque lempore cum suis sacerdotibus comedere débet ;
et si supervenerint religiosi aut viri ecclesiastici et contingat
illos ibi prandere aut cœnare, debent priori et suis sacerdotibus
assidere — et altéra erit mensa fratrum quibus debent assidere
honesti et probi viri, si qui slnt in domo pransuri aut cœnaturi
— et tertia mensa familiarium.
Quolibet die debent tractari honesle et decenler presbyteri,
fratres, familiares, et sorores cum begutlis in victu ciborum et
potu cerevisiœ, debelque quilibet habere in prandio unum par
panis albi dicti vulgariter une pairet de loye et in cœna dimidie-
tatem et praeterea cinericeos panes ponere super mensam.
Presbyteri et fratres debent singulis dominicis diebus, feriis
tertiis et quinlis habere portionem vini, videlicet, in prandio
unam pintam vini et familiares unam tertiam partem quarta3
vini. Sorores similem portionem vini habebunt sicut fratres, et
begultse sicut familiares.
Prior , fratres et sorores debent recipere familiares et
beguttas gratis et propler Deum, salvis juribus receptionis,
videlicet, duodecim florenos aureos distribuendos more solito
et consueto. Et ipsi aut ipsse recepti debent esse ex legitimo
thoro procreati , sano corpore , liberi ab omni vinculo seu
obligatione rerum sœcularium et praestare debent dicti familia-
res et beguttae in ipsorum receptione juramentum obedienlii©
— 238 —
priori, si priori et convenlui ulriusque sexus placet ; quia
provisio diclœ domus non débet vendi sub gravi pœna, nam
fundator domus maledixit vendentibus , dans illis porlionem
in inferno cum Juda.
In dicto hospitali debent esse viginli quatuor camerae ad
usum capellanorum, fratrum et familiarium.
In dicto hospitali esse débet una caméra instructa tribus aut
quatuor leclis ad hospitandum hospiles et consimiles superve-
nienles.
In colonia in Avroto sita débet esse unus familiaris et una
begutia cum una aut duabus auciliis , si necesse fuerit, ad
providendum pecoribus, putabobus, vacciset id genus similibus
ad usum dicti iiospitalis ibidem ; possint quoque ibidem
ssepissime, post divina celebrata, capellani, fratres, familiares
soient pro recreatione accedere et sororcs et begutt£e pro suis
negociis.
Ex wassondio quod recipilur in Mettecoven et Malaxlie dari
débet singulis ^eptimanis iii eleemosyna ad junuam dicti hospi-
talis duodecim sextaria wassendii, videlicei, t'eriis secunda,
quarta et sexta, ultra reliquas mensuras.
Si contingat colonos colouiarum de Malaxhe, Fexhe, Prealle,
Mettecoven viduos esse et in necessitaie constitui, debenl siipsi
velint in dicto hospitali recipi ad familiares et quibusvis aliis
personis pr?eferri;et simililer de eorum uxoribus.Et si Ibrsitan
aliunde maluerint religiose protlîeri debent adjuvari. Et si prœ-
dicti coloni aut illorum relictœ habuerint filios, debent ibideni,
si velint, aut ad serviendum autad visitandum scohis admitli;si
filias habuerint, si velint in dicto hospitali religiose profileri,
debent admitti; et si aliunde maluerint profiteri debent adjuvari
de bonis dicti hospitalis.
Prior et conventus dicti hospitalis consuev^rnnt très vel qua-
tuor juvenes dictorum coloiiorum |)au|)erum aut alios très aut
quatuor pauperes jiivcnes legitimos interlenere causa studii in
domo Fratrum Leodiensium scilicet habentes et dantes ipsis
^39
pauperibus expensas aut portionem necessariam ex bonis dicti
hospilalis, et postea, si ad cœnobium allquod veliiit accedere,
adjuvari debent aut in matricularium aut capelianos dicti hos-
pilalis recipi, et, si illos contigerit ad universitatem accedere
causa studii etiam in aliquo adjuvari debent de bonis dicti
hospitalis.
La série des prieurs de l'hôpital n'est pas bien connue. Nous
avons trouvé les noms des prieurs suivants :
Frafer L. prier, cité en 1236.
Arnold Danielis, nommé prieur par Boniface IX (1389-1404).
Arnold de Montenacken, cité en 1399.
Jordan de Fumo, mort en 1433.
Pierre de Valle de Verlenez, nommé en 1433.
Baudouin de Doiwmartini, nommé en 1455 et mort en 1460.
Henri de Seraing-le-Château, nommé en 1460.
Nicolas de Vivegnis, cité en 1468.
Jules II (1503-1513) confirme réleclion d'Albert de Limborch.
Paul III (1534-1549) confirme l'élection de Jean de Limborch.
Gilles Virginis, cité en 1559.
Roland Ruitz, curé de Mettecoven, élu en 1579.
LOUIS XiV
ET
.E MARQUISAT DE FRANCHI MONT
Le marquisat de Fraiichimont, possession liégeoise enclavée
entre la principauté de Stavelol et les duchés de Limbonrg et
de Luxemboui'g, ne fut pas épargné par les guerres conti-
nuelles (|ui agitèrent le XVIP siècle. Taniôt un parti militaire,
tantôt des troupes en marche mettaient :^ contribution ses
habitants, se faisant héberger par eux ou les rançonnant, iieu-
reux encore si l'étranger ne ravageait pas le pays en le
livrant au pillage el aux rapines. Les chefs promettaient leur
appui aux administrations magistrales qui, pour captiver la
bienveillance des généi'aux, étaient obligées de leur offrir des
présents de toutes sortes.
Chaque page des archives communales de l'époque contient
des recès du magistrat autorisant les bourgmestres à faire des
doi.alifs soit aux Impériaux, soit aux Français, donatif's con-
sistant en espèces, en vins, en gibier, même en haut-de
chausses, etc., pour éviter des logements militaires ou la four-
niture de rations trop considérables. Souveiit les avides ofli-
ciers ne se contentaient pas des cadeaux qu'on leur envoyait :
on n'obtenait leur bienveillante protection que moyennant tel
ou tel objet qu'ils désignaient.
Loi^squ'une communauté était en retard de présenter son
— 241 —
offrande, les commandants avaient soin de lui faire sentir soit
directement, soit par un tiers, qu'ils recevraient avec plaisir ce
que la générosité du magistrat lui permettrait de leur offrir
et ordinairement ils indiquaient en quoi le don devait consister.
Le gouverneur du marquisat de Franchimont, Ferdinand
comte de Lynden, n'était pas sans appréhension ; il craignait
un coup de main de l'un des belligérants contre Theux, chef-
ban du marquisat. Il ordonna donc aux bourgmestres d'entourer
le bourg de barrières et de palissades. Elles furent construites
en 1652 et 1653, et les murs couverts de gazons l'an 1654. Mais
les boiseries étant pourries (1660 ), le comte de Lynden autorisa
le magistrat II vendre le bois qui en provenait, l'exhortant à le
remplacer par un nombre suffisant de cortines.
Le 3 juin 1667, le gouverneur écrivit de nouveau au magis-
trat pour lui ordonner de réparer les barrières et les palissades
qui défendaient le bourg de Theux. Les bourgmestres comman-
dèrent alors deux compagnies de la milice du ban pour exécuter
les réparations ( i).
La paix de Westphalie, signée ii Munster le 24 octobre 1648,
( 1 ) Archives do Tlicux. — Anlérieurement à cette diile, Thoiix était muni à ses
extrémités de tours qui servaient de foitifications avec des murs couverts de terre
et de gazon. Recèsdu magistrat, du li août 1630.
La milice du ban de Theux comprenait quatre compagnies composées, suivant
la proclamation du 24 octobre 1658, de :
i" Le quartier du bourg de Theux joindant derier à la rivier avec ses appendices
qui sont de la compagnie du S'' Lirabourg, Juslenvilie, Pepinster, Mangombroux,
Oneux, Spiexhe et Framxhifax ;
:2o Le quartier du bourg de Theux regardant du costé de l'église avec ses appen-
dices qui sont de la compagnie Aristote, Jevoulmont, Hodboumont , Mont, Ronde-
haye et allenthour , Tancréniont et Chaitifonlaine ;
3" La Rei(i, Becco, Winanplanche, Desné, Marliau et Hestroumonl et toutes leurs
appendices ;
4° l'oUeur, Jehansler, Pays, Sassure et Sasserotte et leurs appendices. Arch. de
Theux.
Plus tard les compagnies prirent le nom : la première de compagnie Colonelle ;
la 2'^ de compagnie Fraipont, du nom de son capitaine, Fraipont de Wislez ; la
3* de compagnie La Reid, et la 4'" de compagnie de Polleur.
242
entre l'Empire et la France, sembla mettre lin à la guerre. L'em-
pereur abandonnait à la France :
1" La suprême seigneurie, les droits de souveraineté et tous
autres sur les évêchés-principautés impériales de Metz, Toul et
Verdun, et sur toute l'étendue de ces évêchés déjà soumis et
incorporés à la couronne de France;
2" Pignerol ;
3" La ville de Brisac avec la haute et basse Alsace, etc.
L'Espagne n'étant pas comprise dans le traité de Munster, il
fut stipulé que le différend touchant la Lorraine serait soumis à
des arbitres ou terminé par un traité entre la France et l'Es-
pagne ( i).
Les hostilités continuèrent donc entre ces deux dernières
puissances jusqu'à la signature du traité des Pyrénées, conclu
le 7 novembre 1659, par lequel l'Espagne vaincue, cédait une
partie de son territoire belge, notamment les villes de Thion-
ville, Montmédy, Dampvillcrs, Yvoix-Carignan , Marville et
Chavancy-le-Cbàtcau, appartenant au duché de Luxembourg (2).
La paix ne fut pas de longue durée; elle devint seulement
définitive après le traité de Nimègue, signé le 17 septembre
1678. Le nouveau traité confirmait ceux de Munster et des
Pjrénées; TEspagne abandonnait encore à son redoutable
ennemi une partie notable de ses possessions belges, perdues
à jamais pour la Belgique, à l'exception de quelques villes fla-
mandes qui lui tirent retour.
Les pays occupés par les Français pendant la guerre et dont
la restitution n'avait pas été expressément stipulée dans le
traité de Nimègue, devinrent fobjet des prétentions de la
France.
Louis XIV, dans le but de rechercher quelles avaient été dans
les temps antérieurs les dépendances de l'Alsace et des évêchés
( 1 Bougeant, Hi%inlre du Traité de \Vexii>hnlie.^ t. Ill, [). 5o(l.
1 "1 ) Marcelin Lagardc, Histoire du duché de Lu.Tembourg, l. II, p I6"2.
— 243 —
de Metz, Toul et Verdun, lui cédés en 1648, établit en 1679 à
Metz et à Brisac ( i ) des chambres royales dites chambres de
réunion. « Il cita devant ces tribunaux, dit l'abbé de Gondillac,
dans son Cours d'étude pour l'instruction du prince de Parme (2),
plusieurs princes allemands. Il les somma de lui rendre plu-
sieurs terres, sur lesquelles il formoit des prétentions; et sur les
décisions de ses propres sujets, il se saisit de tout ce qui étoit
à sa bienséance. Quelques-unes de ses prétentions pouvaient
être fondées : mais après que le traité de Nimègue paroissoit
avoir terminé tous les différends, il faut convenir que cette
manière de se f.iire justice étoit odieuse; et elle le devenoit
davantage par l'insolence des magistrats qui composoient ces
tribunaux. »
La Chambre royale de Metz, formée des officiers de la cour
et parlement de cette ville déclara :
Que le comté de Chiny , ancienne possession luxembour-
geoise, est, avec ses appartenances et dépendances, une sei-
gneurie qui a toujours été sous le sauvement delà France et
régie par la loi et coutume de Beaumont en Argone ;
Que c'est un fief lige mouvant du duché de Bar;
Qu'il a été obligé et tenu de tout temps de prendre la loi h
Montmédy, ville annexée à la France par le traité des Pyrénées,
confirmé par celui de Nimêgue.
Une déclaration royale datée de Versailles, le 17 octobre
1680, chargea la Chambre de Metz de recevoir la foi et l'hom-
mage des vassaux des trois évéchés dans les deux mois de la
pubUcation de ses arrêtés.
La publication concernant le comté de Chiny y fut laite le 31
octobre 1680.
Il est vraisemblable que les habitants des pays annexés mirent
( 1 ) A Metz, à Brisac, â Besançon et a Tournay. M. A. J. Namèche, Cours abrégé
de l'Histoire nationale, t. II, p. 409.
:;2) Parme, 1775, t. XIV, p. 893.
244
peu d'empressement à faire leur soumission, car pour les y
résoudre, le roi Louis, par une nouvelle déclaration donnée à
Versailles le 9 mai 1681, continue, confirme et approuve tous et
chacun les privilèges, franchises, immunités, libertés, exemp-
tions, pouvoirs et facultés des ecclésiastiques, nobles et gens
du tiers-élat, communautés tant séculières que régulières du
comté de Ghiny, villes, bourgs, villages, hameaux, châteaux et
maisons qui en dépendent, h la condition qu'ils lui rendent dans
le délai fixé le 17 octobre 1680, les foi et hommages lui diis en
sa qualité de souverain.
Les investigations de la Chambre royale de Metz la condui-
sirent à reconnaître que le marquisat de Franchimont avait
anciennement fôit partie du comté de Chiny. Il devait donc,
conformément ;iux traités, faire retour à la couronne de France,
et les arrêts et déclarations prérappelés lui étaient applicables.
Ces prétentions étaient évidemment exagérées. Le pays de
Franchimont appartenait à l'évêché de Liège par suite d'une
donation da Zwentibold, datée du 8 des idos d'octobre 898 (i ),
et la portion des forêts de Theux, réservée par ce prince, avait
été l'objet d'une concession du roi Charles-le-Simple, le 8 des
calendes de septembre 915 (2).
Ce qui donne une certaine apparence de bien fondé à l'arrêt
de la Chambre royale de Metz, c'est que le marquisat de Fran-
chimont, comme du reste tout l'évêché de Liège, avait été
détnché de la Lorrnine (3); mais il est h remarquer que ce
( 1 ) Cliapeauville, t. I, p. IG'2. Celle donalion fut dans la suite confirmée par
Louis IV, successeur de Zwentii)Old. liouille, t. I, p. 61 el 52. J. 15. Honoul,
Amiale» du pays de Uèçie, p. 39 el40.
(2 j Chapeauville, l. 1, p. 169. J. B. Hénoul, ouv. cité, p. 41.
( 3 ) A la mon de Lolliaire, roi de Lorraine ( 869 ), ses oncles Charles, roi dft
France, el Louis, roi de Germanie, se partagèrent son royaume ; le district de
Theux tomba en part à Louis ( 870 ), Bonille. t. I, p. 50.
L'an 921, Charles céda la Lorraine à Henri, roi de Germanie, par un accord fait
à Bonn, et l'évôchci de Liège, qui avait suivi le sort de la Lorraine possédée par la
France depuis l'au 492, fut incorporé au royaume de Germanie. Esprii des journaux,
décembre 1779, p. 230.
245
marquisat n'a pu faire partie du comté de Cliiny, puisqu'il prit
naissance en même temps que lui (i).
La donation Ji l'église de Liège est antérieure à l'année 1204,
date du plus ancien relief du comté de Cliiny en faveur du
comte de Bar, visé par la Chambre de Metz dans son arrêt du
21 avril 1681, arrêt visant également un acte fait en décembre
1227, par lequel Jeanne, comtesse de Looz et de Chiny, relève
son comté du comte de Bar.
Enfin, toutes les seigneuries et localités mentionnées dans
l'arrêt du 21 avril 1681 sont inclusivement luxembourgeoises.
Quoi qu'il en soit, le procureur-général, en la Chambre de
Metz, envoya dans le marquisat un huissier qui notifia les arrêts
de réunion de ladite Chambre, sommant la justice et le magis-
trat de chaque ban de rendre foi et hommage h S. M. le roi de
France.
Les administrateurs de Theux n'obtempérèrent pas immédia-
tement à cette invilaiion, mais un exploit ultérieur étant inter-
venu, ils se valent obligés d'envoyer des délégués à Metz ;
reçus en la Chambre royale, ils prêtèrent le serment requis et
ils déposèrent le dénombrement de la communauté.
Les injustes réclamations de la France jeltèrent l'alarme dans
la principauté de Liège. La diplomatie intervint et Louis XIV
se désista de ses prétentions quelque temps après ( en 1682).
Detrooz (2) et M. Nautel ( a) en rapportant ce fait considérable
dans les Annalesdu marquisat de Franchimont, donnent le texte
de la prestation de serment de fidélité au roi de France par le
mayeur de Verviers, Michel Depresseux, tant pour lui que
pour ses consorts les éclievins dudit lieu. Les adhésions des
autres bans (4) sont restées inédites. J'ai eu la bonne fortune
de me procurer les pièces relatives à la communauté de ïheux
( 1 ) De Noue, Etudes historiques sur l'ancien pays de Stavelol et Malmédy, p. 36.
( 2 ) Histoire du marquisat de Franchimont, t. 1, p. 86.
( 3 ) Notices historiques sur le pays de Liège, t. II, p. 3o8.
( 4 ) Theux, Jalhay, Sart et Spa.
— 246 —
et d'en prendre une copie fidèle. Ici c'est le serment du magis-
tral et le dénombrement de la communauté ; dans Detrooz et
dans M. Nautet, c'est le serment de la cour de justice.
DOCUMENTS.
I.
Sommation faite au nom du roi. de France , au magistrat de
Tfieux, de lui prêter foi et hommage pour la terre de Fran-
chimont, 20 novembre \Q8i.
L'an mille siex cent quattres vingts et un le vingtième jour
du mois de novembre, à la requête de Monseigneur le Procureur
gênerai du Roy en la Chambre royalle établie par sa Majesté
en la ville de Metz, nous Lambert Mahy, nous fusmes exprès
transporté et de cheval au lieu de Theux pays de Franchimont
distant de la ville de Metz de trente quat res lieux, accompagné
de M. Jean de Stembert, vovvé do la ville et banc de Vervier et
de deux cavaliers que nous avons pris pour notre seureté contre
les voleurs et vagabons auquel lieu de Theux estants arrivez en
continuant nos exploits de significations ci-devant par nous
faites des arrêts de sa diile Chambre à Chiny, Verton, Rode-
marck, Longwy, Loiiguion, Arrancy, Marville et encor h
plusieurs autres lieux faisant partie de la Chatelenie Gouver-
nance ou quartier de Thionville, lesquels lieux avec leurs
appartenances et dépendances et annexes, ont estez déclarez
par les ditz arresis estre de la souveraineté du Roy, scavoir :
une partie des dittes seigneuries comme estants des fiefs
mouvanis d'ancienneté de la couronne de France, et comme
tels reconnoissants encor la loy et contume de Beaumont en
Argone et l'aulre partie en conséquence et depuis le traité de
Munster et des Pireiniées confirmés par celuy de Nimôgne par
lesquelles traitez l'empire et l'Espagnes ont cédé au Roy tous
les droits qui leurs apparlenoient sur les dittes terres et sel-
— 247 —
gneuries de Chiny, Verloii, Rodemarck, Lotigwy, Loiiguion,
Arraiicy, Marville avec leurs appartenances, dependnnces
et annexes , ensemble sur celles qui sont dépendantes et
composent la Chatellenie Gouvernance ou quartier de Thion-
ville suivant les règlements des feus de la Province de Luxem-
bourgh, de Fan 1624.
Nous soubsignez huissier, avons aussy signifié, lu et baillé
copie deuement fait à scavoir, en premier lieu les dits arrests
de réunion aux prétendus officiers, justiciers, maire, eschevins,
mannaiits, habitants et communauté du dit lieu de Theux, comme
faisant partie ou dependans des fiefîs mouvants d'ancienneté de
la couronne de France ou de ceux qui sont dépendants ou
scituez dans l'étendue de la souveraineté cedee au Roy par les
traitez de Munster et des Pyrennées auquel parlant aux maire,
eschevins et bourguemres du dit lieu de Theux, nous avons
comandé de par le Roy qu'ils eussent a le faire scavoir a tous,
ace qu'ils n'en puissent prétendre cause d'ignorance.
En second lieu, nous huissiers susnommez, avons aussi lu,
signifié et baillé copie, en parlant comme dessus au prétendu
officiers, justiciers, maire, eschevins et habitants du dit lieu,
tant de la déclaration du Roy que des. arrestb de la ditte
Chambre, par lesquels il est ordonné que les vasseaux médiats
et immédiats communautez ecclésiastiques et secuheres, les-
quelles I. 'auront point fait et rendu leurs foy et bornage au
Roy et fourni leur dénombrement en la ditte Chambre royalle,
des terres, seigneuries et autres domaines et droits dont ils
jouissent dans le tem|)s, suivant et au désire de la ditte décla-
ration du diex septième octobre dernier, seront assignez en la
ditte Chambre, pour voir déclarer la comise encourue des dits
seigneuries, biens et droits.
En troisième lieu, nous huissiers soubsignez, parlant comme
dessus, avons encore lu, signifié et baillé copie, au mesme pré-
tendu officier, justiciers, maire, eschevins, mannants, habitants
et communauté du dit lieu de Theux de larrest de la dite
— 248 -
Chambre, portant entre autres choeses deffence a peine de la
vie, d'imposer ny lever sur eux aucuns deniers sans ordre
exprès de sa Majesté et mandement de Monsieur Bazin, inten-
dant de la giialité de Metz et a peine de mil livres d'amende de
loger, ny fournir de subsistance a aucuns officiers ou soldats de
quelque nation qu'ils soient, sans le mesme ordre et mandement.
En quattrième et dei-nier lieu, nous avons aussy signifié, lu
et baillé copie aux mesmes personnes, parlant comme dessus
de la declaiation de sa Majesté, portant confirmation de leurs
privilèges, ausquels prétendus officiers, justiciers, maire,
eschevîns, mannants, habitants et communautés du dit lieu de
Theux, parlant comme dessus et en vertu des dits arrests, nous
huissiers susnommez auvons fait deflénces à peine de la vie,
de reconnaistre autre souverain que le Roy, ny d'imposez et
lever sur eux aucuns deniers sans ordre exprès de sa ditle
Majesté ei mandement de mon dit sieur Bazin, intendant de la
gnalité. du dit Metz, et a peine de mil livres d'amande payable
par corps et par exécution militaire de loger, ny fournir la sub-
sistance à aucuns officiers ou soldats que ce soit sans ordre
exprès de saditte Majesté, déclarant de plus comme dit est à la
requesire de mon dit seigneur le Procureur gênerai, que l'in-
tention de sa Majesté, est de continuer tous les officiers des dits
lieux reunis et appaitenances, dépendances et annexes diceux.
Fait le dit jour, mois et an, que dessus, par nous huissiers
soubsignez, étoit .signé Lambert Mahy.
II.
La ville de Theux n'ayant pas prêté foi et hommage, est sommée
de comparoir devant la Chambre de Metz, 19 décembre 1681.
L'an mille siex cent qualtre vingt et un, le diex neuffième
jour de décembre, en vertu des arrests de la Chambre royalle
— ^249 —
establie par sa Majesté en la ville de Metz des siezième janvier
et Iraisième mars dernier et à la requesie de M. le Procureur
gênerai du Roy en la dite Chambre qui a élu son domicil au
dit Metz eu son hôtel scis dans la petite place, paroisse Saint-
Simplice : J. Claude de Verdavoine, "premier huissier en la dilte
Chambre, certifie mestre exprès transporté du dit Metz au lieu
de Tlieux, distant du dit Metz de quarante lieues ou estant et
parlant à Bertrand Mayet et Pier Proenem , Bourguemres.
faute davoir par les prétendus seigneurs du dit Theux, fait et
rendu à sa Majesté en la ditte Chambre, les foy et hommage,
fourni leurs aveus et denombremenls de la ditte terre et sei-
gneurie de Theux, fait publier et produire les pièces justifica-
tives des dits dénombrements, suivant et au désir de la décla-
ration du Roy du diex septième octobre dernier, jay donné
assignation aus dits prétendus seigneurs a compatoir dhuy en
un mois par devant nos seigneurs de la dilte Chambre royalle a
Metz, pour veoir déclarer la comise encourue de la ditte terre
et seigneurie de Theux, et cependant faute d'avoir satisfait ù ce
que dessus iay saisy et arresté tous les droits, rentes et revenus
provenants de la ditte terre et seigneurie de Theux, au régime
et gouvernement desquels iay estably pour Comissaire la per-
sonne de Nicolas Verdavoine, Comissaire gênerai des saisies
feodalles de la ditte Chambre avec defence de par le Roy et nos
dits seigneurs de la Chambre, aux officiers, receveurs, maire,
eschevins, mannants, habitants et communauté du dit Theux, de
ne payer aucuns des dits droits, renies et revenus, qu'entre les
mains du dit Comissaire, a paine de payer deux fois ny de
l'empescher dans la fonction de la ditte commise sur les peines
portées par ces ordonnances iusqu'à ce qu'autrement il en aye
esté ordonné par le Roy ou nos dits seigneurs de la Chambre
royalle, auquel parlant come dessus iay laissé copie du présent
exploit à ce qu'aucun n'en ignore les jour et an susdits; signe
de Verdavoine.
Enjoint de plus aus dits sieurs Bourguemres. d'avertii tous
— 250 —
les fieffs et ai-riers fieffs scituez dans le ban dr Theux, iiéces-
santmeiU leur reprise et rendre au Roy les foy et hommages
qu'ils doibuent a sa Majesié a peine de comise et d'en répondre
en son nom. Signé Vcrdavoine.
III.
Louis XIV fait savoir quil a reçM le magistrat de Theux à foi et
hommage et a conservé les privilèges à cette ville, 22 janvier
1682.
Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, au
prevosl de iMontmedy ou son lieutenant substiiui de nostre
procureur gênerai, recepveur de nosdomaines ou leurs commis
salut, scavoir faisons a la relation de nos allmez et féaux les
commissaires de la Chambre royalle par nous establie on nostre
ville de Metz, que nos allmez les bourguemesires commissaires
et communauté du ban de Theux ont cejourd'huylaict en nostre
ditte Chambre en exécution de nostre déclaration du dix-sep-
tiesme octobre mil six cens quatre-vingt par Pier Proenem,
bourguemesire, et Jean Bertin (i), facteur de la ditte commu-
nauté, fondez de procuration du quinziesme de ce mois les foy
et hommages a Nousdeubs a raison des biens droictz privilèges
immunitez et exemptions qu'ils ont et possèdent dans le comté
de Chiny, ausquels foy hommages et serment de Odelité ils ont
este receus comme il paroise par l'acte cy attaché soubs le
conireseel de nostre chancellerie aux charges ordinaires. Si
mandons et ordonnons a chacun de venir en droicît soy comme a
luy appartiendra, que si pour cause des dictz foy et hommages non
faictz ou autres empêchements les dictz biens sont ou estoient
mis en nostre main ou autrement empeschez, vous mettiez ou
fassiez mettre incontinent et sans delay par provision les dicts
bourguemestres, commissaires et communaulté, en plaine et
(1, Erkin.
Soi
entière jouissance et des honneurs, droictz fruictz, proflîclz et
revenus comme ils en ont jouy cy devant pour avecque dans les
quarante jours portez par l'ordonnance ils baillent en noslre
ditte Chambre leur adveu et dénombrement fassent et payent
les autres devoirs et droictz si aucuns sont deubz. Donné a
Metz en nostre dite Chambre le vingt-deuxiesme janvier l'an de
grâce mil six cens quatre-vingt-deux et de nostre règne le
trente neufiesme.
Par la Chambre :
Signé : L. Febure, avec parap. Collationné.
Le scel de France pendant, imprimé des deux côtés sur cire
jaune.
Extraict des Registres de la Chambre royalle.
Ce jour les bourgmestres, commissaires et communauté du
ban de Tlieux se sont présentez a la Chambre en exécution de
la déclaration du Roy du dix-septiesme octobre mil six cens
quatre-vingt par Pierre Proenem, bourguemestre, et Jean
Bertin (1), facteur de lacdite communauté, fondez de procuration
du quinziesme de ce mois, et entrez en la ditte Chambre pré-
cédez du greffier et du premier huissier. Estants genoux sur
un carrau, lecture faicte du mémoire par eux donnez contenant
la nature de leurs fiefs, ont faict entre les mains de Monsieur
le premier président les foy et hommages deubz a sa Majesté,
A raison des biens, droicts, privilèges, immunitez et exemp-
tions qu'ils Ont et possèdent dans le comté de Chiny. Promis,
foy, loyauté et service a sadilte Majesté envers et contre tous
et se comporter comme bons et fldelz vassaulx liges sont tenus
faire envers leur souverain seigneur. Ausquels foy, hommages
et serment de fidélité ils ont este receus sauf le droict du Roy et
l'autruy et a la charge de donner à la Chambre leur adveu et
dénombrement dans quarante jours suivant l'ordonnance payer
( 1 , Erkin.
2o2
les droictz et devoirs a Sa Majesté si aucuns sont deubz dont a
esté octroyé. Acte faict a Metz en la Chambre royale le vingt-
deuxiesme janvier mil six cens quatre vingt deux.
Signé : Faguier, avec parap: Collationné.
Ces deux pièces écrites sur vélin au timbre de six sols du
Parlement de Metz, sont reliées par un cordon en vélin auquel
pend un scel aux armes de France, imprégnées sur cire jaune.
IV.
Louis XIV fait savoir que la ville de Theux lui a prêté foi et
hommage pour le marquisat de Franchimont, ^^ janvier 168i2.
Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navai-re, au
revost de Monimedy ou son lieu, tenant substitut de nostre
procureur gênerai recepveur de nos domaines ou leurs commis
salut scavoir faisons que nostro amé Pierre Proenem, bourgue-
mestre, et Jean Derkin (i), facteur de la coinmunautez du ban
de Theux, fondez de procuration des bourguemestres com-
missaires et communauté dudit han de Theux scitué dans le
dioceze de Leige, ont cejourd'huy mis au greffe de la Chambre
royale par nous establie en nostre ville de Metz l'adveu et
dénombrement qu'ils estoient tenus fournir des droictz, privi-
lèges, franchises, exemptions et immunitez, pour lesquels ils
ont rendus en nostre ditte Chambre les foy et hommages a
nous deubs comme ils ont fait pnroistre par acte de ce jour,
lequel adveu denemcnt collationné a l'original cy attaciié soubz
le contreseel de noslre chancellerie, aiant esté prescnléa nostre
procureur gênerai qui en aurait consenLy la réception. Nostre
dilte Chambre a ordonné et ordonne que le dit adveu vous sera
communiqué pour donner vos advis s'il n'y a aucune chose en
[ i ) Lisez Erkin.
9.^..'
iceluy contraire aux usages et coutumes des lieux ou les fiefs
sont situez, et publiée par le premier huissier ou seigeiil sur ce
requis par trois dimanches consécutifs à l'issue des messes
parroissiailes, communiqué aussy aux maire et gens de justice
pour advouer ou contester lo contenu en iceluy, soit pour la
propriété sur droictz, rentes el revenus ou la levée et perception
diceux, pour ce faire le font rapporté mis au greffe, et par
nostre procureur gênerai examiné les blasmes ou consente-
mens par eux donnez estre faict droict ainsy que de raison.
Donné à Metz, en nostre ditte Chambre, le vingt-deuxiesme
janvier l'an de grâce mil six cent quatre-vingt-deux et de nostre
l'egne le trente-neufiesme.
Par la Chambre :
Le Febure avec parap. Collatioxné.
A cette pièce écrite sur parchemin, au timbre du parlement
de Metz, timbre de six solz, est pendu sur cire jaune, un scel
aux armes de France imprimé des deux côtés de la cire.
Le magistral de Theux, reconnaissant le vol de France pour
souverain, declair. que celui-ci leur a conservé leurs privilèges,
'i^ janvier 1682.
Nous Pierre Proenem, bourgmaistre, et Jean d'Erkin, féicleur
de la comniiinanté du ban de Theux, fondés de procuration
speciallc en datte du quinziesme du présent mois de janvier,
par les bourgmai^tres commissaires et couimunauté dudit ban
de Theux, scitué dans le diocèse de Liège, marquisat deFran-
chimont au comté de Ghiny, Reconnaissons et déclarons pour
et au nom que nous agissons que les dits constituants tieiuient
du roy de France nostre souverain seigneur et le leur leur
sdittes qualités de bourgmaistre et commissaires et ladite com-
munauté ses droits, privilèges, franchises, exemptions et immu-
- 2o4 —
nités generallointînl quelconques, pour lesquels avec leurs
appartenances et dcp;endances, nous avons rendu a Sa Majesté
les foy et homage 1;' viiigi-deux" dudit mois de janvier mil six
cents quatre vingts deux, en la Chambre royalle a Metz. En
exécution et pour satisfaire a larest du conseil du vingt-quai"
juillet, et à la déclaration du roy du dix-sept*" octobre mil six
cents quntre-vingts, desquels le denombrem(»nt spécifique
s'ensuit scavoir, premièrement que ledit ban de Tlieux audit
marquisat de Franchimont conciste dans vingt-deux villages
dont bonne partie n'ont que trois ou quatre maisons. Les noms
dédits villages sont tels, Theux, Juslenville, Pepinster, Oneux,
Polleur, Fays, Jehanster, Sassure, Sasserotte, Spixhe, Jevou-
mont, Hodbomont, Mont, Tancremont, Chetiffontaine, Marché,
Hestroumont, Reyd, Becco, Winanplanche, une partie de Mar-
teau et une partie de Mangonbroux. Ledit ban de Theux outre
les biens des particuliers a quelques cantons de bois et com-
munes avec l'usage des aysances, pour son usage et commodité,
qui sont réglés par eux mesmes, mesme le droit de paslurnge
dans les foresls du prince, et dy prendre les ramailles des bois
après les cordes dressées. Ce ban a de tout temps eu le droit
par les commis qu'ils élisent d'asseoir et imposer tailles pour
fournir aux necescités de la communauté, et ces commis
avec la justice élisent les bourgmaislres. El comme il a esté in-
terressé et auberré par les guerres et miseras passées, ayant
esté obligé de faire beaucoup de debtes et frais, ensorte qu'il
est chargé d'autant d'obligations qu'il peut valloir, il a obtenu
du prince le pouvoir d'establir des impots sur iceluy ban, afiiii
qu'outre ];i levée des tailles sur le fond, il puisse trouver le
moyen par tels impots sur les marchandises et danrées, comme
sur les vins, bieri'es, brandevins, et vente des bestes. de sub-
venir au paye uent d'icelles charges. 11 a mesme obtenu (i) du
(1) Par aporilillu <lu 27 ftivrier 1655, iiccorcléc a la demande des DourgraeUrcs
de Theux. Arcli. de Thciii.
200 —
prince que I3 ban peut cotiser dans les tailles tous les biens
sciiués dans ledit ban, qiioy que d'aucuns soient possédés
par des estrangers, et tout de mesme l'nn comme l'autre; en
conséquence de ce que partie des debtes s'acquitte par les
autres moyens imposés sur les habitants du ban. Dans telles
impositions des tailles on ne considère aucunes debtes deues
par les particuliers, Mais tels débiteurs ont le droit en payant
les canons des rentes ou interests dans quel lieu elles soient
deues, de déduire la concurrence d'icelles tailles a l*:urs
créanciers sur lesdits interests.
Protestans à vostre Majesté qu'e 1 cas qu'il vienne quelque
chose à notre coiuiaissance qui n'ayt point esié compris dans
'e pent nre. adveu de le déclarer aussytost qu'il y sera venu,
et de l'adjouster a ce dénombrement sans en rien réserver ny
obmtllre. En foy de quoy Nous avons signé le put adveu et
déclaration de nos mains et scelle du sceau de nos armes ledit
jour vingl-deux'' janvier mil six cents quatre vingts deux. Decla-
rans que nous avons (ait élection de domicilie pour tout ce qui
peut regarder ledit put. dénombrement au logis de M'' Joseph
de Si-Didier, advocat en parlement, en la Chambre royalle
auquel domicilie nous consentons pour et au nom que nous
agissons que tous actes de justices soient faits.
Signé : Pier Proenen, avec parap.
J. Erkin, avec parap. (L. S.)
Collationné à l'original saniblable mis au greffé de la Chambre
royale et receu du consentement de Monsieur le procureur
général du Roy, h Meiz, le vingt-deuxième janvier mil six cens
quatre vingt deux.
Signé : Faguier, avec parap.
Le parchemin, timbre de vingt sols, est lelié au précédent
par un cordon en véhii, auquel pend un seel aux armes de
France, sur cire jaune.
— 2o6 -
VI.
Seconde assignation à la ville de Theux de comparoir devant la
Chambre de Metz, pour faire foi et hommage, et dominer
dénombrement du marquisat de Franchimont, 'iS janvier 1682.
L'an mil six cent quattres vingts deux le viiigle huitième jour
de janvier en vertu de l'an est du Conseil d'estatsduRoydu diex
septième septembre mil six cent quattre vingt et des arrest de la
Cliamhre royalle établie en la ville de Metz, les seize janvier et
treize mars mille six cent qualtre vingt un, et a la requestre de
Monseigneur leProcureurgeneral en la ilitte Chambre qui a élu
son dumicil au dit Metz en son hôtel scis dans la petite place
paroisse St-Siniplice, je Gérard Drolenvaux, huissier en la ditte
Chambre, cerlitic inesire exprès transporté et de Cheval au lieu
de Theux, distant de la ville de Metz de quaianle lieues, où
estant et parlant aux sieurs Bourguemestres, je luy ayet déclare
que faute par le prétendu seigneur du dit lieu de ïheux, davoir
satisfoità la déclaration de sa Majesté du diex septième octobre
mille siex cent quattre vingt et en conséquence l'ait les t'oy et
hommage, fourni ses aveus et denombremeiils dans le temps
porté par la ditte déclaration, liiii iceux publier et produits au
Greffé de la Chambre royalle les liltres ei pièces justifica-
tives des dits dénombrements, qu'en continuant les exploits de
saisie et assignations précédemment faites pour les dittes causes,
iaye au dit prétendu seigneur, parlant comme dessus, donné
assignation de comparoir au mois par devant nos seigneurs
de la ditte Chambre royalle, pour voir estre dit que faute de
satisfaire aus dits debvoirs déclarer la comise encourue de la
dite terre et seigneurie de ïheux avec ses dépendances, et que
cepfîndant deifences seront faites au dits prétendu seigneur de
Theux a peine de la vie, attendu le refus qu'il fait de reco-
gnoilre son souverain, de se dii-e ny qualiffier seigneur du dit
237
lieu de Theux, ny d'eu percevoir les renies et revenus, faire
exercer la justice a son nom, et generallement faire aucun act
de seigneur, en conséquence de quoy, iay assigné parlant
comme dessus les maire et habitants du dit lieu dans le mesme
delay dun mois pour se voir, tenir en deffence de recognoitre
le dit prétendu seigneur du dit lieu de Tlieux pour seigneur,
ny de luy payer et délivrer les droits et rentes ordinaires
dépendantes de la ditle seigneurie aux juges et officiers dicelle
de le recognoitre, ny dexercer la justice en son nom et aux
Bourgmestres, maire, receveur et habitants entre les mains des-
quels les dittes saisies ont estez ci-devant faites, pour se voir
condamner de délivrer entre les mains de Nicolas Verdavoine,
Commissaire aux saisies feodalles de la ditte Chambre, demeu-
rant a Metz logé sur la petite place paroisse St-Simplice ou ceux
qui seront par luy proposez a cette effect toutes les rentes,
revenus et effects dépendantes de la ditte seigneurie de Theux,
et a faute de ce qu'ils y seront constraints par touttes voyes
deues et raisonnables mesme par corps comme dépositaires des
biens de justice et point le voir ainsy dire et ordonner ci parlant
comme dessus leurs aye donné a tous assignation a compa-
roir au mois à la Chambre royalle et affin qu'ils n'en ignorent
je leurs ayet laissé copie du présent exploit et des arrests y
mentionnez les jour mois et an que dessus.
La présente est conforme a son originalle ce que iatteste;
signé, Gérard Drolenvaux, premier huissier au marquisat de
Franchiraont.
LE COMTE DE MOHA
Le comté de Moha paraît n'avoir élé dans le principe qu'une
grande terre aliodiale dont les serfs ou colons n'étaient justi-
ciables que du propriétaire. Dans le cours du temps, ces serfs
furent aflVanchis et ils obtinrent des parcelles de terre, soit en
fief, soit en cens liérédiiaire. Le propriétaire conserva sur eux
son pouvoir judiciaire et administratif. C'est de cette manière
que nous paraît s'être formé ce petit comté. Sa circonscription
n'est pas bien connue. On trouve citées, comme situées dans
l'alleu de Moha, les églises de Wanze, d'Antheil et de S. Jean,
près de Huy.
Moha, à une lieue de Huy, sur la rive gauche de la Meuse,
était le chef-lieu du comté. Le seigneur s'y bâtit une forteresse
sur un rocher assez élevé, au pied duquel serpente la Méhaigne;
il prit le nom de la forteresse qui devint aussi celui du comté.
Le plus ancien comte de Moha qui soit connu est Albert P'.
On le trouve cité dans une charte de Boppon, archevêque de
Trêves vers l'an 1020 ou 1022 (').
Il fut aussi témoin à deux chartes de l'an 1031 qui con-
cernent la collégiale de S. Barthélémy. L'une est de Godescalc
de Slorialmé, prévôt de la cathédrale, l'autre de Réginard,
évôquo de Liège (-). Albert do Moha vendit h Adélard II,
abbé de S. Trond (10oo-1082), des biens situés h Harches
(') V. Ilontheini, Hist. Trev. dlpl., I, 337.
(8; iMirœus, II, 810.
— 200 -
(Herck-la- Ville) et àZerckingen. Il figure encore comme témoin
dans une charte de Frédéric, duc de Lolhier, de 1059 ( * ).
Vers la fin du XP siècle, le comté de Moha appartenait à
Albert II, comte de Dasbourg C*), qui avait épousé Ermesinde,
fille de Conrard, comte de Luxembourg. De quelle manière
était-il devenu sa propriété, c'est ce que l'on ignore. Cet Albert
était fils de Henri, comte de Dasbourg, et il était frère de
Hugues, comte de Dasbourg et de Brunon, prévôt de Toul {^).
Après la mort d'Albert (24 août 1098), Ermesinde épousa,
vers 1101, Godefroid, comte de Namur. Ce fut elle qui donna
l'église de S. Jean, près de Huy, à l'abbaye de Clugny pour y
établir un prieuré de religieuses connu sous le nom de S.
Victor (1134-114o) (*). Elle mourut en 1143.
Ermesinde laissa de son premier mari un fils du nom de Henri,
qu'elle mentionne dans une charte de 1101, et un autre nommé
Hugues. C'est ce dernier qu'on voit en possession des comtés
de Moha et de Dasbourg.
Hugues I, comte de Moha et de Dasbourg, assista à la Cour
plénière que l'empereur Conrard tint à Aix, le 30 décembre 1145.
Il donna en 1146 à l'abbaye do Flône l'église d'Antheit, « située
dans son alleu de Moha,» sous condition que les abbés de
Flône en foraient le relief des comtes de Moha, qu'ils assiste-
raient ceux-ci dans leurs jugements aux plaids généraux, qu'ils
leur serviraient d'ambassadeurs et qu'ils célébreraient l'office
divin pour eux, en cas de besoin (*).
Hugues, comte de Dasbourg, et Louis, comte de Looz, guer-
royèrent en 1148 contre Henri, comte de Namur. La Hesbaye
(«) citron. Trud., I, 12. Cart. Trud., I, 19.
(' ) Le château de Dasbourg était situé dans les Vosges, sur la pointe d'un rocher
rès-élevé. Au pied de ce rocher se trouve la petite ville de Dasbourg.
,") V. Calmel, Hist. de Lorr., 111, 20 et oO. Scliocptlin, Alsatia, II, 482.
I*) iJirœiis, IV, .363: « ecclesiam B. Vicloris quam jure sui allodii,in eujusfundo
itaerat, in suburbio Hoyensi libère possidebat. »
( • ) De Villenfagne, Etsait critiques, II, 343.
— 261 —
fut le principal théâtre de leurs exploits et de leurs dépréda-
tions. WibnkI, abbé de Stavelot, s'interposa et parvint à faire
conclure une trêve jusqu'à la S. Remy (').
L'épouse de Hugues s'appelait Gertrude ; c'était peut-être la
sœur de Louis, comte de Looz. Après la mort de son époux,
elle donna, avec le consentement de son fils Hugues, comte de
Metz et de Moha, la prébende dont elle disposait dans l'église de
S. Servais à Maestricht, à l'église de Wanze. L'empereur Fré-
déric confirma cette donation par un acte daté de Maestricht,
probablement de l'an 1152 ('^).
Hugues II, comte de Moha, de Dasbourg et de Metz, fils du
précédent, confirma, en 1154, la donation que son aïeule Erme-
sinde, dit-il, avait faite h l'abbaye de Clugny, de l'église de S.
Jean h Huy {^). Son épouse était de la famille des ducs de Bra-
bant; c'était soit Lulgarde, veuve de Godefroid II, soit une fille
de ce dernier, car Hugues était, par sa femme, l'oncle {patruus)
de Henri, duc de Brabant, et d'Albert, évêque de Liège.
Hugues figure comme témoin h plusieurs chartes de l'empe-
reur Frédéric en 1156 et 1157 ; il accompagna ce prince en
Italie en 1161, et participa à son schisme.
Hugues avait deux fils, savoir : Hugues et Albert. Ces deux
frères réclamèrent de Louis, comte de Looz, le fort de Bilsen et
la moitié de celui de Colmont, comme leur appartenant légiti-
mement ; ils eurent successivement recours aux armes et aux
voies judiciaires, mais inutilement. Après la mort de Louis, ils
les réclamèrent de son fils Gérard, et celui-ci se montra
aussi peu disposé que son père à les leur céder. Aussitôt
résolus de tenter de nouveau la voie des armes, ils enrôlent
( » ) Ep. Wibaldi, 39, 84.
( • ) 1-a charte est sans date, mais elle fut certainement donnée entre les années
H 52 et llo6. V. De Villenfagne, 1. c. — Cette prébende, est-il dit dans l'acte, avait
été donnée à un de leurs prédécesseurs en récompense de services rendus à l'église
de s. Servais.
(') V. Vandenberg, Collectio diplomaiiim, ms. u" 188, p. SIS.
— 262 —
secrètement, en 1172, des soldats et se jettent à l'improviste sur
le comté de Looz. Un dimanche, ils s'emparent, par surprise, du
fort de Berloo, puis livrent au pillage et aux flammes tous les
villages environnants. Il fallait au comte Gérard, qui était encore
jeune et peut-être inexpérimenté dans Fart de la guerre, un allié
courageux et habile pour commander ses chevaliers. Il s'adressa
à Gilles de Duras qui s'était fait connaître par sa bravoure et
ses talents militaires. Hugues de Moha élanl mort subitement à
Huy, son frère Albert fut facilement vaincu par les comtes
Gérard et Gilles et repoussé du comté de Looz (').
Albert III, comte de Moha, de Dasbourg et de Metz, fils de
Hugues II, contribua à la dotation de l'abbaye de Herckenrode,
en lui donnant un alleu situé iiEygenbilsen, Il fonda, sans doute
avant la naissance de sa fille Gerlrude, l'abbaye du Val-Notre-
Dame pour des religieuses cisterciennes dans son alleu de
Rodum, entre Antheil et Huy. L'emplacement comprenait douze
bonniers. Les biens qu'il avait donnés à l'abbaye de Villers,
savoir : une ferme à Wanze, appelée Guode, une à Champia et
une troisième entre Wanze et Mont S, Etienne, furent donnés
par celte abbaye à celle du Val-Notre-Dame, et confirmés par
Gertrude en 1223. D'nfirès Fisen, les religieuses qui s'établirent
à Val-Notre-Dame, vinrent de l'abbaye de Hocht, près de Maes-
triclit.
Albert n'ayant point d'enfants, ses proches parents convoi-
taient déjà sa succession. Henri, duc de Brabant, et Louis,
comte de Looz, firent, en 1197, une convention touchant la
succession éventuelle au comté de Moha. Elle portait que, si
Albert de Moha vient à mourir sans laisser de postérité, le duc
aura la moitié de cette terre et le comte de Looz tiendra l'autre
moitié de lui en fief; il est stipulé, en outre, que, si des dépenses
viennent ù être faites pour prendre possession de la terre
de Moha, la plus grande partie en sera supjjortée par le duc, et
(*) Chron. Trudou., II, IV, :2I.
— 263 —
que si on leur fait la guerre au sujet de la même terre,
ils devront s'enlr'aider et mettre en commun leurs moyens de
défense (*).
Albert de Moha concourut, h Cologne, à l'élection d'Otton IV
et assista, le 4 juillet 1498, h son couronnement à Aix. Ce fut
ce jour qu'il écrivit, avec d'autres princes, une lettre à
Innocent III pour le prier de confirmer cette élection. Le
Pape, après avoir confirmé l'élection d'Otton, répondit, le 6
mars 1201, h Albert pour l'engager à rester fidèle nu nouveau
roi (^j.
Butkens a publié un acte sans date par lequel Albert donne
ses biens h Henri, duc de Brabant : il lui lègue, s'il vient à
mourir sans laisser de postérité, le château de Dasbourg,
l'abbaye de Hessen, le château de Gerbaden , l'abbayti d'Altorf,
le château de Drothein, le château de Albapai, ffibbaye et
l'avouerie de Herbreheim, le comté et l'avouerie de Meiz, ainsi
que les fiefs qu'il tient de l'église de Metz, sous les conditions
que le duc l'assistera tant en Alsace qu'en Brabant, et qu'il lui
payera en trois termes la somme de 15,000 marcs; si ces condi-
tions ne sont pas remplies, le legs est nul ; toutefois Albert
lègue au duc, sans condition, le fief qu'il tient de l'empire et
l'alleu de Moha et Waleffe, s'il meurt sans héritier (').
A la diète de Coblentz, tenue le 12 novembre 1204, Philippe
de Souabe, compétiteur à l'empire, accorda au duc le fief
qu'Albert tenait de l'empire, et consentit que le duc succédât à
Albert dans tous ses biens absque cujuslibet contradictionis impe-
dimento, s'il décédait sans postérité (*).
L'opposition que prévoyait le duc était probablement celle de
l'église de Liège, car par un acte de 1204, sans doute, postérieur
( ' ) Charte de la cathédrale St-Lambert, n" 22.
(*) V. Episi^ innoc.
(') Ibid. Tom. I, 234.
(*) Trophées du Brabatit, Tom. I, o5.
— 264 -
au testament, Albert don'ie son alleu de Molia et Waloffe h
l'église de Liège, sous la condition qu'il en conservera l'usufruit
et que, s'il laisse des héritiers, ceux-ci le tiendront en lief de
l'église de Liège jusqu'h l'extinction d(^ leurs descendants.
Pourquoi Albert a-t-il déroge h son testament? parce que, pro-
bablement, le duc de Rrabnnt ne lui avait pas encore paye inté-
gralement la somme de 15,000 marcs et qu'il avait abandonné
la cause d'Otton IV pour embrasser celle dePhilippe de Souabe.
En 1205 ou 1206, Gertrude, épouse d'Albert, lui donna une
fille qui reçut le nom de sa mère. Celle-ci était fille de Herman
IV, marquis de Bade, et probablement la seconde épouse d'Al-
bert. Pour assurer ii sa fdle sa succession et lui donner en
même temps un puissant protectein\ Albert passa, en septembre
1206, avec Frédéric, duc de Lorraine, un contrat par lequel il
réglait le futur mariage de sa fille Gertrude avec Thibaud, fils
de ce duc (i).
Ce fut vers cette époque qu'Albert réclama une somme d'ar-
gent que l'évoque lui devait pour l'alleu de Molia. La somme fut
fournie par le clergé et le peuple, mais le prince-évêque paraît
l'avoir employée à d'autres usages; il en fut, du moins, accusé
parlecbapitre en 1211. Il nous paraît qu'Albert voulait restituer
au duc de Brabant les ;Vcomples sur les 15,000 marcs qu il ;ivait
reçus de celui-ci et qu(% dans ce but, il avait demandé de l'ar-
gent h l'évêque et au chapitre,
Albert mourut au commencement de 1212. Par sa charte de
donation, il avait choisi sa sé|)ulture dans la cathédrale de S.
Lambert devant l'autel de ce sainl. Aussitôt le liancé de Gertrude
et le prince-évêque, pour régler à l'amiable l'alViiire de la sonune
d'argent et quelques autres points, se soumireiil à l'arbitrage de
Henri, abbé deHaute-Selve,qui prononça enl212qu'ils devaient
s'entre-aider, sans doute, contre leur advers;iire commun, le
duc de Brabani ( ).
(«; V. Cilmct, Hist. de Lor,-., t. 11.
(•) V. Cbapeaville, II, fi06.
265
Le duc de Brabaiu réclama du prince-évêque la somme qu'il
avait payée à Albert de Molia, eu exécution du testament de
celui-ci. Hugues de PierrepoiU lui répondit que cette affaire
devait être traitée eu justice et qu'il se soumettrait h la décision
qui interviendrait. Le duc courut aux armes. Le 3 mai 1212, il
surprit la ville de Liège et la livra au pillage de ses soldats. Un
corps de son armée assiégea Moha, mais ue put pas s'en em-
parer.
Thibaud, le mnri de Gertrude, confirma en 1^248 la fondation
de l'abbaye du Viil-Notre-Dame et mourut l'année suivante.
Sa veuve, se trouva, le 6 octobre 1223, au château de Moha
avec les deux sœurs, Marie de Brabant, veuve d'Otton
IV, et Aleide de Brnbant, veuve d'Arnoul III, comte de Looz. Ce
jour {mei jurls existens, dit-elle), elle confirma l'abbaye du
Val-Notre-Dame dans la possession de ses biens (*).
Gertrude épousa en secondes noces Thibaud, comte de Cham-
pagne, le grand poète du temps, qui releva de notre prince-
évêque le comté de Moha ; mais ce mariage ajant été déclaré
nul pour cause de parenté ou d'affinité, elle épousa en troi-
sièmes noces Simon, tiis du comte de Linange, qui prit le titre
de comte de Dasbourg.
Gertrude mourut en 1225 sans laisser de postérité. Le prince-
évêque prit aussitôt possession de l'alleu de Moha et Waleffe et
l'incorpora h sa principauté. Le duc de Brabant en appela à
l'empereur. Il fut décidé en 122(5 que l'église de Liège seule
avait droit h ce comté. Le duc de Brabant adhéra à la décision
par diplômes datés du 29 aolît 1227, de Waremme,oii il eut une
entrevue avec notre prince-évêque.
(') V. Fisen, Hist. Leod., 284.
— 266 —
DOCUMENTS HISTORIQUES.
I.
Albert, comte de Moha, donne son alleu à Véglise de Liège; lâOl.
In nomine sanctaeelindividiiaeTrinitatis. Ut eaqus gerunlurin tempore,
ni III labantiir in tempore, scripti debent munimine perennari. Innotescat
iyitur tam praesentibus quam fiUuris (|uod cornes Albetius de Musai allo-
dium suiim de Musai et de IW^/cw ciiin familia et omnibus appenditiispio
se et antecessoribus suis ad honorem Dei et beatse Dei genitricis Marie et
beati Lamberti ecclesiae Leodiensi contulit cum omni integriiale,tali inter-
veniente compositione qiiod ipse in priori libéra et légitima possessione
jam dietiim alloflium quamiliu vivet retinebit , post mortem vero si sine
liberis decedat, jure bcreditario, herede omni alio excepto, ad jam dictam
Leodiensem ecclesiam libère et absolute cum omni integritale periinebif,
aiioquin si filius vel filia superstes fuerit, jure hereditaiio supr;;dictum
allodium possidebit hoc modo : quod ab ecc'.esia prœfata in feudorocipere
et ligium homagium facere tenebitur, qui etiam tilius scilicet vei filia si
sine liberis subinde decesserit usque in teitiam et quartam generaiionem
etamplius ad pr^etactam ecclesiam memoratum allodium revertetur libère
et absoiute. Sciendum etiam quod universalisecclesia sœpe dicta Leodien-
sis, episcopus scilicet, pnepositus, arcbidiaconi, advocatus Ilasbanine, dux
de Lemborch, comes Namurcensis, necnon cœteri barones et minisleriales
juramento firmaverunt, quodpacemaliquando ordinalam intersupradictum
comitem de Musai et comitem de Los, à comité de Los icneri facient
secundum (juod bine inde pura verifas apportabit. Alio(iuin conlra jam
diclum comitem de Los epis(;opus el universaiis ecclesia, sicui juraverunt,
ad admonitionem pnefali comitis Alberti lenebunlur unaniiniler cum adju-
vare, qnod si minus adimplerent sa?pe nominata ecclesia Leodionsis à
divinis cess.iret, necnon dux de Lemborcb, comes Namurcensis, prsepo-
situs, arcbidiaconi, barones ccciesiœ jam dictîe hujus rei obsides se in
villa de Musai capU praesonlare teiieroniur. Cum pr.iediclis sciendum quod
ecclesia saepe memorata Lcodiensis pro consilio dunr;im abbatum, quos
comes elegerit, de salute animae ipsius et anficessortim siiornm, quanlum
ad annivcrsarium et oiatitnes in omnibus convenlualibus ecclcsiis tolius
episcopalus ordiuabit, hoc addilo, quod aule allarc beali Lamberti ei
267
dabitur sepultura, et etiam, ubicumque decesserit, si ab eo in ultimis
dispositum non fuerit, ad jam dietam referetur sepulturam. Actum anno
Verbi incarnati M. CC. HII. indictione septima.
Liber chartantm ccclesiœ Leodiensis, I, n"365.
n.
Frédéric, duc de Lorraine , confirme la donation dWlbert ; 1212.
Ego Frodericus diix Kotarindte et Theobaldiis filius meus mpinbuidus
Gertriuiis filiae Alberti bonœ nieiiioriœ quoiidam comitis de Danboïc
omnibus ad quos prœsens scripium jiervenerit verbum verilatis acceplare,
noverint universi quod nos elemosin;im illam (juam comes Albertus de
Damborc fecit Ecclesiae l.eodienside allodio suo de Musai et de Walevecum
omnibus quae lom in familia quam in aliis rébus ad ipsum aliodium perti-
nei, r;)tum habemus et appiobamus sicut oontinctur in caria illa quam
Ecclesia Leodiensis inde rceepi!, siiiiilo dicti Alberti comitis conobo-
ratam et (julcquid in caria ssepedicti comitis continetur, promiltimus nos
bona fide observiiuiros. Actum anno incarnationis dominicse M" CC" duo-
dccimo.
Liber chartarum ecelesiœ Leodienm, I, n^' ôiô.
ÎII.
Le légat Conrard confirme la donation que le comte Albert a faite à l'église
de Liège de ses domaines de Mnsa! et Walef; 1224.
Conrardus miseratione divlna Porluensis et sanctae Rufinœ episcopus,
apostoiicic sedis legatas vencrabili in Chiisto îiugoni Dei gralia episcopo
et dilectis in Chrislo juseposito et capitulo Leodiensi salutem in Christo
Jesu. Jnstis petentium desideriis dignum est nos faciiem prsebere con-
sensum et vota quaa a tramite rationis non discordant effectu prosequente
complere. Eapropter, dilecti in Christo, vestris juslis petitionibus grato
concurrentes assensu personas vestras cum omnil)us bonis vestris quae in
prsesentiarum rationabiliter possidetis aut in futurum praestante Domino
juslis modis poteritis adipisci. sub omnipotcntis Dei et nostra proteclione
suscipinuis, specialiler anleni donatioi)cmvobis à comité Alberto de Musai
- 268 —
factam secundum quod in donationis ipsius scripto sigillo suo et episcopi
authenticalo prospeximus conlinei i, aucloritate quà fungimur confirmamus
et praesenlis sciipii patronicio communimus, quani ordinationem sicut in
dicto scripto prospeximus praesentibus litteris de verbo ad verbum feciraus
inseri quod scriptum laie est ( i ).
NuUi ergo omnino hominum liteat hanc paginam nostrae confirmationis
infringere vel ei ausu temerario contraire; si quis autem hoc attemplare
prœsumpseril indignalionem omnipolentis Dei et heatorum apostolorum
Pétri fitPauii se noverit incursurum. Datum Leodii Domini Honorii papae
tertii ponlificatus anno octavo pridie nonas junii.
Liber chnrtarum ecclesiœ Leodiensis, 1, n" 365.
IV.
L'empereur Henri confirme la donation qu'Albert, comte de Dasbourg a faite
de MusAL et de Waleve, à Véglise de Liège ; 1226.
Ilenricus Dei gratia romanorum rex et semper augustus. Fer praesens
scriptum notiimfacimusuniversisimperiiet fidelibus praesentibus et futuris
quod Hermannus de Samis (?) canonicus et nnntius episcopi leodiensis
dilecti principis noslri veniens ad nostram praescntiam exposuit coram
nobis quod cornes Âlbertus de Dasburgdudum eidem epis(;opo et ecclesi»
quoddam allodium quod est in ioco qui dicitur Musau et Walevium cum
omnibus justitiis et pertinenliissuis concessil lilîeraliter et donavit; quare
Celsitudini nosirae pro parle dicti episcopi huniililer supplicavit ad fuluram
securitatein leodiensis ecclesiœ concessioneni ii)si episcopo et ecdesisesua;
factam de allodio praedicio dignaremur confirmationis nostrae munimine
roborare; nos ii^Mtur altendcnles grata et devota serviiia prœfali episcopi
qua; noliis exhibuit hactenus et in antea exbibere poteiil gratiosa pro
salute quondam serenissimi palris nostri Romanorum imporaloris el
nostrâ et remcdio animarum dnorum Augustorum paronlum nostrorum,
dictum allodium cum omnibus justiliisct pertinentiis suissicul idem comes
eis gratuiia voluntaie concessit et juste poluit concessisse ac in scripto
ejus publico apertius continetur ipsi episcopo et sanctae leodiensi ecclesiae
de solita benigniiatis nostrae gralià in perpeluum confirmamus; mandantes
( • j Voyez la charte n" 1.
— 269 —
et firmiter inhibentes quatenus nulla persona alla vel huniilis, ecolosiasiica
vel sœcLilarisdictum episcopum aut ecclesiam suam du pi\Tfato allodio vel
hanc nosirae conlirmalionis paginam, ausu temerario molestare seu inipe-
dire prgesumat, quod si prsesurapserit indignationi'in nosiram se noverit
incursuium. Ad cujus rei memoriani et robur in perpetuum valiturum
praesens scriptiim fieri et sigillo nostro jussimus communiri. Dala Herbi-
poli anno dominicae incarnationis M, CC. XXVI mense novembri indictioiie
XIV regni nostri anno VI.
Liber charlarum ecclcsice Leodiensis, I, n" 3:23.
Le roi Henri délègue les abbés de Lobbes et de S. Hubert pour terminer le
différend entre le duc de Brabant et le prince de Liège.
Henricns Dei gratia Romanorum rex semper aiigustus el rex Siciiiae;
de Lobl)es et de S. lliiberto abbatibus gratiam suam et onine boninn. Prae-
posito Coloniensis ecclesia' majoiis et Henrico de Dune dedei'amus in
mandatis ut causam quae vertitur inter ecclesiam Leodiensem et dueeni
Brabanliœ auctoiitate nostra complanarent, sed ipsi aliis occupati, sicnt
necesse fuit, nequiverunt interesse; ouni igitur ecclesia pra-dicta graviter
à Duce se kedi conqueralur , nolentes amplius inter praedictos controver-
siamdurare, vobis niandamus quatenus accedentes ad loca universa in
quibus danijina utiobique sunt illata, meritis causae diligcnter examinatis,
ipsani auctoiiiaie nostra ad statum nielioreni revocetis, et si quid ecclesiae
ipsi vel episcopo Leodiensi per ducem memoratum est illatum detrimenti,
ex parte nosira ipsuni nioneatis ad reslitutioneni, imnio totam causam ad
paceni et coiuoi'diam reducatis et parleni quam inveneritis vestrae ordina-
tioni rebelloin ex parte nostra nioneatis ab injuria declinare, si vero
ammonitioni vestrae non acquieverit id nobis perfecte rescribatis et nos
indubitanter et sine dilatione partem nostram efficaciter interponemus ad
extinguendum partis injuriantis alleri austerilatem. Datum Utere prid.
cal. jan.
Liber chartarum ecclesiœ Leodiensis, I, n" 353.
— 270 -
VI.
Henri, duc de Brabnnt, renonce à ses prétentions sur Moha; 1227.
Reverendo patri in Christo et dno suo H. Dei giaiia Coloniensi archie-
piscopo, prieposito et archidiacono, (i. decano ei archidiacono totoque
capitulû majoris ecdcsiae coloniensis.
II. eadem graiia diu Lothai'iiigiae salutem et paratam ad b^neplacita
voluiUatem.
Noveritis quod nos omnem qiierelam quam habebamus vel habere pote-
raraus contia veneral)ileni patrem et dnum nostriim Hiii;onem Dei gratià
Leodieiisem episcopum, su|ier oastris de .^iusal et de Waleve et eorum
petLinentiis qnittam chimaviimis promitlentes, praslito corporaliter jura-
menlo (jiiod nunciuam de rrelero ipsos vel coriim successores iiiquietabi-
miis super praeniissis per nos vel per aliiim, hiijiis rei testes sunt fidèles
nostri Egidius liertuldus , Walterus Bertoldvf!, Godcfiidus de Perwez,
Leonius castellanus de Bruselle, Gossvvinus de Gochoncoiirt, Arnoldus de
Walehem, Arnoldus de Wescmal, Waltcrus de A. Otlo de Trasjgnies,
Arnoldus senescalcus de Rotelerqu'i omnes ad petilionem nostram litleras
suas patentes dcderunt dictis episcopo et ecclesiae Leodiensi, quod si nos
aut hîEreflcs nostri aliquo unquam teiiipore contiaveneriinus, ipsi nuUum
auxilium prœslarcnt mihi aut ha-redibus meis de querelis prœdictis, banc
autem quitationemliberam et absolutam fecimus supra memoratis episcopo
et ecclesi;e et si quid jmis habebamus vel habere poteramus in rébus prae-
diclis nos illud ineleinosinam pro remcdio aniniie noslnc et anteccssorum
nostrorum eis liberaliter cuntulimus sub testiinonio fidelium episcopi.
clericorum etmilifuin. In ciijus lei lestimonium pron.senlem paginam sigilli
nostri munimine roboravinius.
Aclum apud Warenie aiino Dni MCC viccsimo sepiinio. In decollaiione
.lohannis Daplisttn.
Ul)i'r cliartarionccclesiœ Leodicn,si!<y 1, n" 5G6.
VII.
Henri, duc de Brabant, renonce à ses prétentions sur Moha; 1227.
Excellenti dno suo H Dei gratia iilusiri Romanorum legi et seniper
Augusto H. filius ducis Lolhorir.giiC primogenitus salutem et id servitii
-.. 271 —
quod potest ; noverit dominalio vestra quod ego omnem querelam quam
habebam vel habere poteram adversus venerabilem patremet dominumll.
Deigratia Leudicnseni episcopum et ecclesiam Leodiensem super castris
de Musav et deWaleveet eorum pertinentiis quittani clamavi promittens,
prsestito coiporaliter juramento quod nunquam de cetero ipsos vel
eorum successores inquietabo super |)r»missis per me vel per alium.
Actum anno Dni millesimo ducenlesimo vicesimo septimo.
Charte de la cathédrale Saint-Lambert, n" G7.
VlII.
Lea vassaux de Henri confirment son acte; 1227.
Nos Egidius Bertos, Walterus Bertos, Godefridus de Perwez, Oslo de
Trasignies, Leonius, castellanus de Bruselle, Gosswinus de Gochoncourt,
Arnoldiis de Walehem, Arnoldus de Wesemale, Walterus de A, Arnoldus
senescalcus de Roteler, notum faclmus universis praesens scriptum ins-
pecturis quod nos adpetitionemet mandatuniH. illustrisducis Lotharingiae
et domini Henriei primogeniti fllii sni prœstito corporaliter juramento
promlsimus vencrabili patri Hiigoni dei gratià Leodlensi episcopo quod si
praedicli dni nostriaut eorum haeredes ullo unquam tempore venirent con-
tra quittationem et eleniosinam qnani fecerunt prsedictis episcopo et ecclesiae
de castris de Musai et de Waleve et eorum pertinentiis, nos nec auxiliura
nec consilium prœstaremus eisdem aut hseredibus eorum in cujus rei tes-
timonium priEsentes literas sigillorum nostrorum munimine roborasimus.
Liber chartartm ecclesiœ Leodiensis, L n" 546.
IX.
Henri, duc de Brabant, renonce à se^ prétentions sur Moka ; 4227
Reverendo patri in Christo et dno suo H. Dei gratia Coloniensi archie-
piscopo, C. r.rœposito et archidiacono, G. decano et archidiacono, totique
capitulo majùiis ecclesiae Coloniensis, H. filius ducis Lothoringiae primo-
genitus saluiem et paratam ad beneplaciia voluntatem.
?soveriiis quod ego onintm querelam quam habebam vel habere poteram
adversus venerabilem patrem et dnum meum II. Dei gratia Leodiensera
- 572 -
episcopum et ecclesiam Loodiensem super caslris de Musav et de Waleve
et eoriiin pertiiientiis quittani clamavi, promittens, prestilo corporaliter
jiiranienlo, quud nunquam de cetero ipsos vel eoruni successores inquie-
tabo super premissis per me vel per alium. Dalum anno Domini inillesiiiio
duoentesimo vicesimo septinio.
Charte de la cathédrale Saint-Lambert, n° G8.
X.
Léglise de Cologne confirme l'acte de Henri ; 4227.
H. Dei gratia S. Coloniensis ecclesiafi arcliiepiscopus, C. major prœpo-
situs et G. major decaiius, archidiaconi, totumque capitulum ecclesiae S.
Pétri in Coloniis uiiiversis prœsentes iilteras inspecluris salutem in
Domino. Noveritisquodiios Iilteras illustris viriHenrici ducis I.otiiaringiœ
etdomliii Henricifilii sui |)rimogenitirecepimusquariim tenorialis est(i) :
Nos igitur quittalionem prœdictam ratani et gratani habemus et castra
do Musai et de Walefe cum eorum perlinentiis prout in litteris prœdic-
torum ducis et lilii sui continetur, venerabili fratri nostro Leodiensi ac
dilectGB flliie nostrae ecclesiae Leodiensi auctoritate sanctte Coloniensis
ecclesiffi confirmamus, inhibentes sub pœna excommunicationls ne quis
prœdiclum episcopum aut ecclesiam Leodiensem super prœdictis castris
aut eorum perlinentiis de cœlero molestare prœsumat. Actum anno
Domini M. CC. XXVlI mense septembri.
Liber chartariim ecclesiœ Leodiensis, I, n° 194.
( 1 ) Voyez la charte n" VII.
LES ALEXIENS A LIEGE.
L'origine des Alexiens n'est pas bien connue. C'était dans le
principe une société de pieux laïques qui soignaient les malades
et enterraient les morts. Ils rendaient ces services de charité
surtout aux pauvres. Mirseus rapporte que leur institut fut
approuvé par Boniface IX (1389-1404) , Eugène IV (1431-1447),
et quelques autres Papes. Ils embrassèrent dans la suite la
règle de S. Augustin et ils firent, ajoute cet auteur, des vœux
solennels.
Le père Bonanni, dans son catalogue des ordres religieux,
dit que le pjipe Pie II, par un bref du 3 janvier 1439,
leur permit de faire des vœux solennels; douze d'entre eux
les prononcèrent en présence du prieur du couvent de Ma-
li nés, comme il est marqué dans un livre en langue flamande,
imprimé l'an 1637 (i).
Le pape Sixte IV, par un bref de 1472, leur accorda quelques
grâces et faveurs qui furent confirmés par Jules II, le 20 juin
1506. Miraeus ajoute encore que Sixte IV leur permit d'élire un
général; ce qu'ils firent en réalité, puisqueilans unactedel496
se trouve cité un Francour, jadis général de la congrégation.
Toulelois cet ordre de choses n'a pas continué à subsister; en
(i) Âpud Hélyot, Dictionnaire des ordres religieux.
274
effet, au XVIII* siècle, les différentes maisons n'étaient plus
soumises qu'à des provinciaux.
Ce fut à la demande de Judocus Verbelen, provincial de la
province de Brabant, que Clément XIV confirma, le 5 février
1772, les grâces et faveurs accordés par Sixte IV et Jules II,
mais sous la réserve qu'ils ne seraient pas contraires aux
constitutions apostoliques, ni aux décrets du Concile de Trente.
Le Pape constate dans ce bref que les Alexiens ne sont pas des
clercs, qu'ils suivent la règle de S. Augustin et qu'ils récitent
l'office de la S'* Croix. Il déclare, en outre , qu'ils constituent
un ordre régulier et que les profès sont de véritables religieux.
II.
Il existait au diocèse de Liège, à la fin du siècle dernier, cinq
maisons d'Alexiens, h savoir : à Liège, h Maestricht, k Hasselt,
à St-Trond et à Aix-la-Chapelle. Aucune de ces maisons n'était
exempte de la juri:!iction épiscopale. Les religieux ne recevaient
point les Saints Ordres. Ils soignaient les malades à domicile,
ensevelissaient les moi ts et recevaient les insensés dans leur
couvent. Les novices étaient admis par la communauté et le
prieur de cb;tque maison, ainsi qui; par le provincial qui rési-
dait li Hasselt. Api'ès une année de noviciat ils étaient admis à la
profession. On ignore si leurs vœux de chasteté et de pauvreté
étaient solennels. Le supérieur appelé Pater était élu par les
frères.
La maison de Hasselt fut fondée et dotée en 1439, par la
libéralité d'une pieuse béguine nommée Noels. Les premiers
frères qui s'y établirent, sortaient de la maison de Diest.
Ce fut sous l'épiscopat de Louis de Bourbon (1456-1482) que
le frère Francour, général de l'Ordre, demeurant à Liège, fit
proposer aux mambours des pauvres et aux curés de St-Trond
d'établir quatre frères dans leur ville pour y soigner les in-
— 275 -^
lirmes et ensevelir les morts. Il est bien probable que sa pro-
position fut agréée.
Les Alexiens de Maeslrichl y lurent placés par l'évêque Jean
de Horne en 1487 pour soigner les pestiférés.
L'évêque Louis de Bourbon érigea la maison des Alexiens, à
Aix, le 18 mai 1469.
Des cinq communautés d'Alexiens de notre diocèse, il n'existe
plus aujourd'bui que celle de Liège.
m.
L'origine de la communauté de Liège remonte au XIV* siècle.
Les frères Alexiens furent établis primitivement dans la rue
Condelistrée, derrière l'église collégiale de S. Paul. Ils cédèrent
leur maison en 1493 aux sœurs de Basque, et reçurent de
celles-ci, en échange, le couvent de Ste-Élisabeth, dit des
bons-Enfants. Ils ne conservèrent ce couvent que jusqu'au 18
décembre 1496; tous les religieux s'en étaient retirés, à l'ex-
ception de Fra«(;oM/', autrefois général de tout l'Ordre des frères
Cellites et de Guillaume de Liège, le pater-supérieur de la com-
munauté. Ces deux religieux, avec le consentement de leur
général , vendirent le couvent aux Sépulcrines de Neusiadt,
près de Sittard et abandonnèrent la cité.
Une maladie contagieuse qui sévissait dans la ville de Liège
en 1519 fit rappeler les frères Alexiens, par le magistrat et le
prince-évêque Erard de Lamarck. Ils envoyèrent un député au
chapitre général des Alexiens qui se trouvait réuni à Anvers, le
27 septembre de cette année, sous la présidence de leur général,
Martin Geerts,pater de la maison d'Amsterdam, pour le prier
d'établir luie maison de l'ordre à Liège. Le chapitre y consentit
et délégua Guillaume Huenen, pater de la maison de Bruxelles,
et Pierre Costers, pater de la maison de Louvain, pour conclure,
à ce sujet, une convention avec le magistrat. On tomba d'accord
le 7 octobre 1519 iiux condilions suivantes : « première-
ment et incontinent et instamment une quantité de frères de
la dite Ordre à nombre de treize plus ou moins en telle compé-
tence que pour suffire de raison selon In nécessité sera mise en
la maison, chapelle, liopitaulx condist Pasquea à Saint Sévérin
pour y demorer jusqu'à ce que en aurons communiqué avec
notre très- redouté seigneur et mes dits vénérables seigneurs
pour, par leur avis, les oidonner el donner autre place, maison,
lieu, chapelle convenable, ayant icelle chapelle autel consacré
pour célébrer messe, y mettre le saint Sacrement d'autel et
d'Onction avec cimetière et place pour les sépultures d'eux et de
leurs familles, laquelle maison, chapelle et lieu pieux sera par
nous dotée et y assignerons la somme et valeur de cent muids
de speaulte héritable .. Les dits frères doivent visiter et admi-
nistrer les malades. En temps hors peste, ils auront par jour et
nuit pour la personne deux patars, et en temps de peste quatre
patars ; pour nettoyer et mettre à point, sépélir et mettre en
luzea condist vasea six patars ; pour les porter et enterrer à
cimetière quatre ])atars et à englise ou couvent huit patars ; et
des enfants moitié prix ; voir que les pauvres bourgeois et
bourgeoises indigents et non-ayant puissance avec leurs enfants
et famille, en seront quittes et servis pour l'amour de Dieu.. .
Tous corps morts, vieux et jeunes hommes viri's seront
appointés, nettoyés et mis en dits luzeaux ou vaseaux pour le
prix susdits par les mains des dits frères et non autres, partant
qu'en telle alfaire surviennent souvent fois grands dangers et
inconvénients aux dits frères et autres personnes et créatures
par infection telle qiie la mort soi ensuit ; et tous corps morts
seront portés à la sépulture par les dits frères et non autres,
sauf les corps des nobles hommes ou femmes, gens d'état,
échevins, maîtres de la cité, officiers ou autres, s'il ne plait à
leur avis, et nonobstant ce les dits frères en devront avoir leurs
salaires tels que dessus ; entendu que les dits frères seront
privilégiés de n(»n hcsoigner en cas susdit en maison des reli-
- 277 —
gions de quelque sexe que ce soil, ne aussi en hôpitaux, s'il
leur plail ; et quant à l'état des femmes, les dits frères n'en
veulent être empêchés après leur mort autrement, ne plus que
de les porter et mettre en la terre pour le prix ci-dessus
déclaré.... Nous les absolvons aussi de toutes tailles, aides,
subventions.... d'oust, d'armée, de gait, de surgoit, de cor-
wées.... » Le magistrat leur donna, pour s'établir, la somme de
170 postulats. Le prince-évêque approuva la coiivention par un
acte daté de Curange, le 10 octobre 1519.
Le magistrat leur acheta un fonds, rue de la Volière, derrière
l'église de S. Servais. Ils s'y construisii'ent un couvent avec
leurs économies et les aumônes des fidèles. Leur petite église
fut achevée vers l'an 15o8 (i)et bénite, le 10 juillet 1563,
en l'honneur de Dieu et de saint Roch, par Antoine Ghénarî,
chanoine et vice-doyen de S. Lambert, inquisiteur, qui avait
été délégué à cet effet par l'évêque suffragant Sylvius. Dès
lors, ils ne se bornèrent plus à soigner les malades à domi-
cile et à ensevelir les morts, ils reçurent aussi en pension dans
leur couvent les insensés et autres personnes dignes de com-
passion. Les services qu'ils rendaient furent si bien appréciés
que le prince, les trois Etats et le magistrat de la cité leur
firent payer deux escalins pour chaque ménage dont le chef
viendrait à mourir. Grâce à cis ressources, à leurs économies
et à leur patrimoine, ils se créèrent un revenu, en rentes
annuelles, qui montait à 1,689 florins de Liège, à la fin du
siècle dernier.
Les pensionnaires étaient habituellement au nombi'edelB;
il n'y avait de la place que pour vingt. La communauté des
frères comprenait ordinairement huit membres. Un père
capucin du couvent voisin leur disait la sainte Messe et un père
récollet était leur confesseur. Une confrérie de S. Roch établie
dans la chapelle, depuis 1579, pourvoyait à l'entretien de
{ 1 ) CeUe (laie se voit encore sur une pierre de la farade,
— 278 -
celle-ci. On y voit encore deux tableaux dont elle l'orna en 1780,
comme l'iiKliquent les chronogrammes suivants : Deo eXCeLso
uoChoqVe VoVeMUs. itoCnUs iilG DarIt .«guIs AUXILIUM.
Le couvent des frères avait aussi son cimetière destiné aux
pensionnaires et aux membres de la communauté. Toutefois
les étrangeîs pouvaient également y choisir leur sépulture. Le
9 juillet 1870, on y a découvert une pierre sépulcrale qui porte
l'inscription suivante :
ICI. CIST. LEO MII.LKt HE MAES
ini. FILZ. I>V. s, 10. THOMAS. I»E. >1AESTRI.
CONT'. PALLAUIN". CHEVALLIER. DE. l'oRD.
I)V. ESPVRO. DOR. NATIF. HE. LA CITÉ.
IIE. AST. EN. PlEiMONT. QVl. TRE
PASSAT. LE. P. ItOCTOBRE. A" 1558 (l).
IV.
La loi du 1 septembre 1796 ayant supprimé en Belgique
toutes les institutions monastiques, Gharpigny, directeur des
domaines, envoya des commissaires au couvent des frères cel-
liles pour faire l'inventaire de leurs biens. Les religieux invo-
quèrent immédiatement la protection du Conseil communal qui
s'intéressa h leur son ; il considéra leur établissement, non
comme un couvent, mais comme un hospice de la ville, et, h ce
titre, non compris dans la suppression, et il conseilla aux reli-
gieux de s'opposer à tout inventaire; ce qu'ils tirent, le 20
octobre 1796.
Le Conseil communal décréta même, le 2 décembre suivant,
certaines mesures destinées h conserver l'établissement : « les
frères, dit-il, quitteront l'habit monastique dans le délai de
, l ) Armoiries : Kcu (icurtulé ;iux ( et i de.. .. au lion rampant, de aux 2 ri
3 de à deux l'asces de... — Devise • .Ivste jvdica proximo.
— 279 —
deux décades. Ils cesseront à ce moment de prendre le nom
d'Alexiens et pointeront celui de membres de nwspice de l'huma-
nité. Ils continueront, sous ce titre, à remplir le but de leur
ancienne institution, sous l;i surveillance des autorités aux-
quelles elle est confiée. »
Les Alexieiis s'adressèrent aussi à l'Administration du dépar-
tement et raverlirent que, s'ils étaient supprimés et privés de
leurs revenus, ils congédieraient tous leurs pensionnaires.
L'Administration comprenant « qu'il serait dangereux pour la
tranquillité publique et le repos des familles de rendre à la
société des individus confiés aux frères cellites ou reclus chez
eux par l'autorité de la justice », leur laissa, le 27 décembre
1796, la jouissance provisoire de leurs revenus et obligea les
débiteurs à payer entre leurs mains. Elle adressa, en même
temps, une pétition au Corps législatif en faveur des Alexiens,
comme le tirent aussi la plupart des administrations des autres
départements.
Par un arrêté du 11 janvier 1797, le Ministre des finances fit
surseoir « provisoirement h la suppression des Alexiens de
Liège et de toutes leurs maisons situées dans les départements
réunis. »
Ce sursis ne fut pas de longue durée. La loi du 25 novembre
1797, supprima les maisons religieuses dont l'institut avait pour
objet le soulagement des malades; elle laissa néanmoins^ ceshôpi-
taux les biens dont ils jouissaient, mais ces biens devaient être
administrés par les commissions des hospices civils. La maison.
des Alexiens, étant considérée comme un hôpital, tomba sous
la loi de suppression. La Commission des hospices de Liège s'en
mit en possession et prit en main la gestion de ses biens. Les
registres lui furent remis par les frères, le 10 octobre 1798.
V.
Depuis cette époque jusqu'aujourd'hui, c'est la Commission
des hospices civils qui régit la uiaison, pourvoit à son entretien,
— 2S0 —
y place les aliénés et règle tout le régime intérieur. Les frères
Alexiens n'y ont été maintenus par elle qu'à titre d'hospitaliers
pour soigner les aliénés; elle leur donne la nourriture et le
logement et leur paye un salaire annuel pour leur vestiaire et
leurs autres besoins.
La communauté des Alexiens admit des novices qui y ont
fait leur i)rofession depuis 1801 jusqu'en 1824. En vertu des
arrêtés de Guillaume 1, elle ne put continuer à subsister que
sous la condition de se faire autoriser par le Gouvernement.
En 1824 elle lui adressa une demande dans ce sens, mais elle
essuya un refus. Dès lors elle ne put plus admettre des novices,
et elle n'était plus que tolérée jusqu'à ce que le décès de ses
membres eût amené son extinction.
Le nouveauGouvernement établi en Belgique en 1834 rendit
la liberté aux congrégations religieuses. Depuis cette époque,
les Alexiens admirent de nouveau des novices, mais ceux-ci ne
firent leur profession qu'en 1849. Ils mirent tous, à leur vœu
de pauvreté, la réserve formelle qu'ils conserveraient la pro-
priété de leur patrimoine et des biens qui pourraient leur être
donnés ou légués, individuellement, par leurs parents. L'Ordi-
naire consentit à cette réserve que les c rconstances du temps
et la position précaire des religieux justiliaient suflisamment.
Par cette réserve qui est restée en usage jusqu'aujourd'hui, les
vœux des religieux ne sont que des vœux simples.
La communauté se compose en ce moment d'un supérieur et
de six frères. L<^s aliénés qu'il- soignent, sont an nombre de 80.
Sous le rapport spirituel les frères dépendent uniquement de
l'Ordinaire qui approuve l'élection du supérieur et reçoit la pro-
fession des religieux,
VL
Les pères-supéri' uis dont nous avons pu irouvcr les noms
sont les suivants :
Guillaume de Liège, cité en 149(î.
i>81
Judocus Nutz dont l'épitaphe se trouve au milieu de la cha-
pelle : Hic requiescU frater Judocus Nutz hujus conventus dum
vixit paler qui obiit a" 1572 mensis Martii die XXV.
Jacques Daddelinx. Hic jacet frater Jacobiis Daddelinx sup-
puter huius conventus qui obiit anno Dni. 1598, vigesima decem-
bris. Orate pro eo.
Gérard Daddelinx dont l'épitaphe se trouve également dans
la chapelle : Hic jacet pins ac dévolus frater Gerardus Daddelinx
paler fratrum CeUitarum huius domus qui obiit anno 1607. Cujus
anima requiescat in pace.
Nicolas Vanden bruegyen qui fut aussi enterré dans la chapelle.
Son tombeau y porte l'inscription suivante : Hic jacet sepultus
devotusreligiosus ordinis Cellilarum frater Nicolaus Van den brueg-
gen Trajecti ad Mosam orliis, Leodii professus, hujus conventus
paler, qui obiit anno 1624 mensis maii die noua.
Jean Bierls, provincial, cité en 1655. Ce fut sous ce pater
qu'on lit des reconstructions au couvent. L'inscription qu'on
voit î^i la fenêtre de la tribune de l'église rappelle le nom d'un
des bienfaiteurs : Jean Bap Marson, pasteur de eeste paroiche
de S- Servais an" 1651.
Ernest Levesque, cité en 1680.
Jean Leessen, cité en 1691.
Ernest Levesque, cité en 1700.
Jean Leessen, cité de 1702 à 1705.
Gonrard Baerts, cité de 1706 à 1708.
Nicolas Stneets, cité de 1708 h 1743. L'inscription qui se
trouve aii dessus de la porte de la cour intérieure sous un Christ
en croix, rappelle que cette partie du bâtiment fut élevée, en
1728, du temps de ce recteur : F. N. sMeets DeflnHore aC
huJus ConVentUs paire assUrgo.
Pierre Reulen, cité en 1744.
Pierre Beynders, cité en 1761.
Augustin Prepoels, mort en mai 1801.
— 'li^^l -
Dominique Hegyers, mort le »5 octobre 1808.
Bernard Watlioul, de Grand-Hallet, mort le 9 janvier 1823.
iemiCosemaus, mort le 2o novembre 1826.
Paul Vryens, de Mesch, mort le 8 octobre 1831.
Michel lluynen, de Mesch, nommé pater en 18o'i, mort le 20
novembre 1864.
Jean ]\'erelds, de Russon, élu le 25 novembre 1864.
LA SEIGNEURIE
DE
MARCHIN.
Marchin, aujourd'hui village important de la province de
Liège et de l'arrondissement de Huy, constituait avant la révolu-
tion française une seigneurie Iranc-allodialede la principauté de
Liège. Patrimoine libre et indépendant, ses maîtres n'en devaient
ni relief, ni hommage, si ce n'est à Dieu seul ( '). « La terre de
Marchin, écrit en 16721e comte de Marchin au baron d'Argen-
teau, a toujours esté et est encore un franc alleu, ainsi nommée
à cause de son indépendance ; car elle ne relevait, ni des
princes de Liège comme comtes de Huy et de Moha, ni des
comtes de Namur, ni d'autres seigneuries auxquelles elle con-
fine ('^). »
Cette seigneurie a donné son nom, ses armes, son cri de
guerre, à la noble famille des Marchin, qui s'est perpétuée
jusqu'à la mort du maréchal Ferdinand de Marchin, en 1706.
a Le lignage de Marchin, deseur Barse, portait, d'après Hemri-
(•) La seigneurie de Marchin en tant que franc-allodiale, ne ressorlissait pas,
nous ignorons pour quel motif, de la cour allodiale de Litige : aussi n'en est-il fait
aucune mention dans les registres de cette cour.
(* ) Manuscrits généalogiques de Lefort, 3™e partie.
Tous les documents, registres, etc., que nous mentionnons sont conservés au
dépôt des archives de l'Etat, à Liège.
28^
court, d'argent à un barbeau de gueule, péri en pal et criait le
cri de Marchines, comme faisaient encore les voués d'Anthines
et ceux de Pexheurue, tous deux issus de celte maison. «
La seigneurie de Marchin a appartenu pendant plusieurs
siècles aux chapitres de Notre-Dame de Huy et de S^ Martin de
Liège; c'est cette dernière circonstance qui nous a déterminé à
publier ce que nous avons trouvé sur son histoire.
Voici quelle était sa situation géographique :
Marchin, arrosé par le Hoyoux et les ruisseaux de Perwez, de
Wappeetde Vaux, touchait d'amonlà la seigneurie de GoesneC);
d'aval au territoire de la bonne ville de Huy (-) ;aux seigneuries
de Vierset et de Barse {'), du côté du Hoyoux; du côté de l'Ar-
dcnne aux seigneuries de Vyle et de Tharoule (*); du côté de
la Meuse au comté de Beauibrt (Namur) et à la ville de Huy.
Les seigneurs de Marchin ont fait faire plusieurs fois une
délimitation plus exacte et plus précise de leur domaine, et le
texte de ces cerclemenages nous a été conservé.
Le plus ancien est du 1"^'' juillet 1461 ; il s'est fait de l'autorité
des mayeurs et échevins des deux cours de justice de Marchin
d'après les déclarations des habitants de Marchin et de ses
dépoiulnnces ( Wacheieche, Lieze, Jamagne et Daiève). Johan
(le Liozc, ch.nioine de Notre-Dame de Huy, y intervint au nom
de ce ch;ipitrc, et maître Gui de Floyon, écuyer et bourgeois de
Huy, au nom du chapitre de S'. Martin (^).
(•) Conconlia iilriusque cnpitulicum dnode Goene super limite separatorio certa
silvse ab aliiiuot terris 1608. {Hcyisn-e aux œuvreu de la cour de Marchin.^
[*j bcntentia lalii aucloritate oflîcialis Leod. in favorem ulriusque capituii contra
oppidum Huense super punclo limilum dominii de Marchin a» 1590. (Une copie de
celte sentence se trouve dans une liasse des archives de Notre-Dame de Huy.)
(•■"j Lettre de la cour de Marchin fixant les limites entre Marchin et Barse, 18
janvier 4616. (Œuvres de Marchin.)
(*) Le '■21 novembre 1708, les seigneurs de Maichin et de Vyle (Charles, baron
de Celles), firent faire un cerclcmenage dus limites communes de leurs seigneuries,
et plantèrent des bornes portant d'un côti' un M el de l'autre un V.
' ') (^e recnrd de ccrclemenage est transcrit in extenso dans un registre qui s«
trouve dans b lias>e n" Ij'M) des Archives de S'. Martin.
— ^85 —
Le 7 octobre 1624, maître Paulhin Massar et Thiéry Thiribu,
chanoines députés du chapitre de Notre-Dame, et Eustache
Dans, chanoine député de SK Martin, requirent les mayeur et
échevins de Marchin de revoir les anciens cerclemeiiages, de
faire une nouvelle spécification des limites et des joignants, et
de leur en donner bon et juste record. C'est ce qu'ils firent :
ils interrogèrent les plus anciens habitants de la hauteur, plan-
tèrent des bornes et indiquèrent d'une manière plus détaillée
encore qu'en 1461, la circonscription de la seigneurie. Les
bornes ou thiers qui la séparaient de la seigneurie de Barse, et
qui furent plantés du consentement de Hugues de Crissegnée,
seigneur de Barse, portaient deux écussons : dans fun étaient
gravées trois M, signifiant Messieurs de Notre-Dame, Messieurs
de S^ Martin et Marchin, et dans l'autre un B, signifiant Barse.
Le bailli Jean de Subastogne et la justice de la seigneurie de
Goesne, Jean de Floyon, syndic de fabbesse de Solières,
Monsieur de Brant, capitaine, le mayeur et les échevins de
la seigneurie de Beaufort, assistèrent et coopérèrent à cette
délimitation au nom de leurs seigneurs respectifs (*).
Enfin le comte Ferdinand de Marchin, lorsqu'il fut devenu
acquéreur de la seigneurie, fit faire un nouveau cerclemenage,
dont nous publions le texte, de préférence à celui de 1461 et
de 1624, parce que les limites y sont tellement bien spécifiées
qu'on pourrait encore, 'i peu de choses près , les retrouver au-
jourd'hui (^).
Il est temps d'aborder l'histoire de la seigneurie.
n. 963-1106.
Une partie de Marchin fut donnée à l'église collégiale de
S^ Martin, par son fondateur, l'évêque de Liège Eracle, en
963. La charte de donation, confirmée pai l'empereur Olton I
('J OEuvres de la cour de Marchin, A ii" il, p. 413.
' ) Voir aux annexes, a» 11.
— 286 —
dans un concile provincial tenu à Cologne en 965, constate
qu'Eracle a donné à l'église de S'. Martin, avec plusieurs
autres églises et domaines « Marcliinis et Slies. » ISul doute
que le premier nom n'indique le village de Marcliin; quant au
second, nous sommes assez porté à croire (lu'il désigne une
dépendance de Marcliin, actuellement nommée Lise ou Lize,
et qui s'appelait aulrelois Lies, Liers ou Licrz. C'est ainsi
qu'un ancien inventaire des biens de S'. Martin porte, comme la
charte impériale, « apud Lierz et Marcines »; de plus, un do-
cument de l'an 1301 nous apprend qu'il y avait Ji Lies une
chapelle auxiliaire ( ' ).
Dès lors, si l'on remarque qu'Eracle déclare donner, non
pas quelques manses de terre, comme il le fait pour Hces
« in villa Hesi très mansos, ^mais la localité même « Marchinis,
Slies, » on peut conclure que la donation d'Eracle constitue
le titre primordial des droits seigneuriaux du chapitre de
S". Martin sur Lize et Marchin.
Cependant ce collège ne fut pas le seul et unique seigneur de
ce qu'on a nommé plus tard la hauteur de Marchin ; une
grande partie de ce territoire a relevé d'abord d'un comte Bau-
duiu, puis a été vendue par celui-ci à la famille de Marchin. En
effet, Willibert de Marchin déclare formellement en 1106 que
son alleu de Marchin avait été acheté à un comte Bauduin
« sicut emptum fuerat a comité Balduino ('). »
Quel est ce comte Bauduin et quand a-t-il vendu son domaine?
Comme les chartes et les historiens n'en disent mot, on ne peut
faire îi ce sujet que des conject'jres plus ou moins plausibles.
Dans le courant du 11'' siècle, nous rencontrons plusieurs
Bauduin qui lurent en relation avec le paysdeLiége : Bauduin,
frère de Godefroid de Bouillon, et les Bauduin de Hainaut. Le
( ' ) Marlène et Durand, Amplissima coUectio, T. VU, col. 54. Harizheim, Con-
cilia ijeimaniœ, T. H, p. 629. Bulletin de la Commission d'Histoire, 1 série, T. VII,
p. 272. Beitholet. lnstiluti< u de lu FiHe Dieu, annexes.
( i ; Voir les Annexes, n» \ .
5S:
premier fui chanoine de Liège, partit pour la croisade en 4095
et devint roi de Jérusalem. Il devait avoir des possessions dans
le pt)ys de Liège, puisqu'en 1096 nous voyons sa mère, Ide de
Boulogne, donner plusieurs alleux liégeois à l'abbaye de Muus-
lerbilseii ( ' ). D'autre pari, néanmoins, nous n'avous pas décou-
vert un seul document qui lui attribue le titre de comte.
Restent les Bauduin, comtes de Hainaut : Bauduin VI , comte
de Flandre, devenu Bauduin I, comte de Haiuaut, par son
mariage avec la fameuse Richilde, et leur fils Bauduin II, qui
prit la Croix en 1095 et mourut en 1098. L'histoire nous
apprend que Baudouin II, pour subvenir aux frais de son expé-
dition, aliéna plusieurs de ses domaines; il vendit à l'évêque
de Liège la terre de Couvin avec toutes ses dépendances « a
fluvio Mosa usque ad Cinnacuui et Leisiam et Belmont et
Ruminiacum. » Une charte inédite nous le montre vendant à
l'église de Notre-Dame de Huy son alleu de Gesves. Or, la
terre de Couviu et l'alleu de Gesves se trouvent dans le même
ressort que Marchiii. Ou peut cron^e, en conséquence, qu'une
partie deMarchina été tributaire des comtes de Hainaut jusqu'en
1095, et qu'alors Bauduin II, toujours pour couvrir les frais de
son voyage en Terre-Sainte, l'a vendue à Willibert de Marchin.
Le héraut d'armes Lefort a inséré dans ses manuscrits une
table généalogique de la famille Marchin, qui assigne une autre
origine et d'autres seigneurs au territoire de Marchin : «Reynaud
» de Chiny en aurait été le premier seigneur, selon que rapporte
» Malachie d'Orval en ses annales des fondateurs, et lui donne
» pour femme Sophie, fille d'Albéron, comte de Huy, et sœur
» de Ingebrant. »
« Il fut témoin en une charte de l'évêque de Liège, 1014, avec
» l'évêque Wason et la comtesse Richilde de Haynau, fille de
» Reynaud de Chiny, et de Haduisse, comtesse de.... » (-).
(*) trnsl. Histoire du Limboury, T. VI, |). 113,
(*) Lefort, Mutnitfcnts rjénéalogiqueti, "2 [jarlie, T. Vil, 63.
■ 5f^S —
Mais Reynaud de Chiny esi tout aussi inconnu que Mala-
chie d'Oi'val et ses annales des fondateurs ; il n'y a pas eu
d'Albéron, comte de Huy ; et en 1014 Wazon n'était pas évêque,
et Ricliilde (1026-1080) n'était pas née; enfin Richilde était fille
de Régnier IV de Hainaut et de Mathilde d'Eenham ; son aieule,
femme de Régnier III, se nommait Hedwige ou Haduisse, et
était fille de Hugues Capet.
Ces quelques observations suffisent pour faire apprécier la
valeur de la généalogie transcrite dans Lefort.
Elle arrive, par ordre de filiation, de Reynaud à Arnoul,d'Ar-
noul à Gosuin, de Gosuin à Willibert. Arrêtons-nous à ce der-
nier, qui, comme nous l'avons dit, posséda réellement la
seigneurie de Marchin. Willibert et sa femme Gifeldis, n'ayant
pas d'enfant, donnèrent en 1106, au chapitre de Notre-Dame
de Huy, leur alleu de Marchin tel qu'ils l'avaient acheté au
comte Bauduin et qu'ils l'avaient possédé.
Pour empêcher leurs parents collatéraux de s'ingérer dans
l'administration de ce domaine, ils stipulèrent expressément que
le doyen désignerait un chanoine pour l'administrer. L'avoué,
puisque sa protection y esl nécessaire, n'y pourra agir que sur
la réquisition de ce chanoine et n'aura droit qu'à un tiers des
amendes. L'évêque de Liège Otberi, approuva celte donation
avec toutes ses clauses par une charte donnée à Huy l'an 1106,
en présence du prévôt Liebert et de l'avoué Boson, des archi-
diacres Henri, André et Alex mdre des avoués Renier et Guil-
laume, etc. (').
III. 1106-1637.
Nous venons de constater qw les chapitres de S'-Martin de
Liège et de Notre-Dame de Huy étaient simultanément seigneurs
de Marcliin ; mais ce domaine compienait-ii deux seigneuries
distinctes, ayant chacune une juridiction souveraine et un
( ' ) V. AUX afineics n' 1.
"■1^9
territoire séparé, ou bien était-ce une seigneurie unique, indi-
vise entre deux seigneurs?
On peut, dès l'abord, établir que l'autorité seigneuriale était
une et indivise. Les documents qui l'attestent sont nombreux :
il suffira de citer ce que le doyen et le chapitre de Huy
écrivaient le 8 septembre 1581 au chapitre de S'-Martin.
« Quum omnibus in confesso sit dictum dominium de Marchin
pro indiviso ad utrumque collegium (vestrum videlicet et nos-
trum) semper retroacLis temporibus pertinuisse et adhuc m
presentiarum pertinere... ( ').
La juridiction seigneuriale était donc indivise, la seigneurie
était unique comme la paroisse, et toutes les affaires d'intérêt
général devaient être réglées de commun accord par les deux
seigneurs.
C'est ainsi qu'en 1581, le chapitre de S'. Martin s'étant jtermis
de faire une ordonnance pour la tenue des plaids sans avoir
pris l'avis du chapitre de Notre-Dame, celui-ci protesta éner-
giquemeni contre celte violation des droits et des usages reçus,
déclarant que, dans les temps antérieurs, eux-mêmes n'ont
jamais voulu rien décider de tout ce qui concernait la juridic-
tion sans avoir pris conseil et invoqué l'autorité de leurs
confrères de Liège : « Nos pristinis temporibus, quidquid ad
nos deferebatur quoad sepedictidominiijuridictionem, seu, ut
vocant, superioritatem concernere videri posset, nichil unquam,
nisi communicato prius cum V. D. consilio et interposita vicis-
sim auctoritate staluisse, et ne responsum quidem dédisse
voluisse, ne alias nos gerendo, nulliler et perperam fecisse
judicareii.ur, et prêter justum et equum concordinm hactenus
inter nos coalitam et stabilitam violasse » ( '-).
Si l'autorité générale était une, il semble néanmoins que
chaque chapitre avait un territoire qui relevait spécialement
( ' ) Archives de St-Martin, liasse n" 530.
( * ) Extrait de la lettre citëe plus haut.
590
(Je lui. Pour le démontrer, nous ferons remarquer : I^ que les
droits des deux seigneurs avaient une origine distincte et
séparée : S'. Martin les avait reçus en 963 de l'évêque Eracle,
Notre-Dame en 1106 de Willibert de Marcliin. 2" Que chaque
chapitre avait un mayeur et une cour de justice, et que cer-
taines terres devaient le relief à l'une et pas à l'autre cour (')•
Il suffit de parcourir un registre aux œuvres des cours de
Marcliin pour en trouver la preuve à chaque feuillet; c'est ainsi
que les biens que l'abbaye de Solières possédaient à Marchin
« mouvaient » de la cour de S'. Martin, et ont toujours été
relevés par devant cette cour. 3" Une autre preuve, qui démontre
en même temps que le territoire ressortissant à l'église de
Notre-Dame était plus étendu que celui de l'église St-Martin,
résulte de la différence du prix de vente, lorsque les deux cha-
pitres aliénèrent la seigneurie en 1657 : le chapitre de S'^-Martin
toucha 18000 florins de Brabant, tandis que celui de Notre-
Dame en perçut ^6000 ; 4** Les dîmages ou terres sur lesquelles
ils percevaient la dîme, étaient en général distincts, « salvis
tamen nobis, decanis et capitulis,... singulis juribus nos nos-
trarum anliquarum decimarum levandis per singulos nostrum
in singulis suis terminis et locis prout hactenus levavimus. «
(Charte du 23 février 1407). Nous trouvons ainsi, dans la dé-
limitation de ces dîmages, le ressort propre de chaque chapitre
et de sa cour. Cependant certaines terres payaient la dîme par
moitié aux deux églises ; cela provenait de ce qu'elles avaient
été incultes dans le principe , et n'avaient pas été comprises
ou enclavées dans les dîmages ; lorsqu'elles venaient à être
cultivées, on partageait la dîme, comme le montre la même
charte de 1407 : Un terrain inculte situé en lieu dit entre deux
Ihiers, près de Huy, contre la tour HuUereche, avait été défriché
et converti en vignoble : qui devait en percevoir la dîme ? Après
avoir pris des informations auprès des habitants de la localité,
(') Charte de la collégiale S'. Mailin, à Liège, u*> 78, du 7 septembre I2l)4.
— 291 —
les deux chapitres firent In convention suivante : Tous les
vignobles situés du côté de Huy, à partir d'un endroit appelé
aile grosse pière jusqu'à la vigne d'Arnold de Neuville, payeront
la dîme intégralement à Notre-Dame, en tant qu'ils se trouvent
dans le ressort de cette paroisse ; les autres, situés dans la
paroisse de Marchin, payeront la dîme par moitié à chacun
d'eux (').
Nous dirons donc, pour conclure, que la juridiction territo-
riale et foncière était distincte, tandis que le pouvoir législatif et
judiciaire était un, indivis et exercé conjointement par les
deux chapitres.
Les archives de Notre-Dame et de S'-Martin ne contiennent
aucun renseignement sur la seigneurie de Marchin pendant les
11^ et 12'^ siècles ; le premier document qui fasse mention des
droits seigneuriaux du chapitre de Notre-Dame de Huy, est daté
du 25 mai 1227. Domitien, doyen, et tout le chapitre doniicnt en
accense aux masuiers de la cour de Marchin, deux tierces parts
de leur bois de Marchin, dont ils se réservent « le seigneurie et
le justice en tels points qu'ele fat sor tottes les aullres terres
qui sont de cette justice. » Le troisième tiers est affermé î>
Frerecon, chanoine de Huy, pour huit sols de cens. On réserve
aux masuiers de la cour de Marchin, le droit d'y recueillir le
bois mort pour le chauffage, et d'y faire paître les bestiaux
aux époques fixées par les coutumes ; le masuier qui devancera
le temps prescrit sera justiciable de la cour de Notre-Dame
et passible, d'une amende dont le chapitre aura deux parts et
l'avoué une. Un étranger pris dans le bois, pourra être mené h
n'importe quelle cour, les droits de l'église et de favoué restant
saufs; s'il est pris dans le bois de Frerecon, il doit en outre
indemniser celui-ci pour les dommages causés (-).
Les deux chapitres eurent de longs démêlés avec la famille
{ ' ) Voir aux annexes, n° 7.
( " ) Voir aux annexes, n° 2.
— 292 -
d'Ochain, notamment avec Gérard d'Ochain, son lils Waltère,
ses héritiers, et Waltère, avoué de Huy.
Les d'Ochain avaient à Marchin quelques hommes féodaux ou
allodiaux, appelés vulgairement des serfs, une rente de 12 cha-
pons et de 7 '/a sous , la villa de Trifor ( '), avec la justice haute
et basse, et un moulin avec ses dépendances. Tous ces biens,
ils les tenaient en fief de l'avoué de Huy. Ils prétendaient en
outre avoir droit, sur le territoire de Marchin, à la justice
haute et basse, à l'avouerie, aux tailles, aux redevances
de précaire et de main-morte, au tiers des bois dits « de
S'-Martin et de Notre-Dame, » situés entre Trifor et Huy, à cer-
tains droits sur les eaux. Les deux chapitres avaient acheté de
Waltère d'Ochain tout ce que sa famille possédait à Marchin et
h Trifor,et lui avaient payé la somme de 130 marcs liégeois, tant
pour prix de cette vente que pour le faire renoncer à ses injustes
prétentions. Rien n'y lit ; Waltère continua ses vexations. Ils
s'adressèrent alors au chapitre de la cathédrale de Liège, puis
en appel à l'archevêque de Cologne, qui, prenant en mains
leur défense, prononça l'excommunication contre Waltère
d'Ochain. Il resta longtemps sous le coup de cette censure,
jusqu'à ce qu'enfin, en 1279, il vint olï'rir sa soumission à Jean
d'Enghien, évêque de Liège.
Waltère et ses héritiers comparurent à son tribunal le 17
mai en même temps que les représentants des églises de
S'-Martin et de Notre-Dame, et reconnurent solennellement
qu'ils n'avaient jamais eu le droit d'exercer la justice et
l'ollice d'avoué, de prélever des impôts ou d'autres redevances
dans les limites du territoire de Marchin, Lieres, Jamagne,
Areve et ses appendices. Waltère s'engagea personnellement à
obtenir de ses cohéritiers encore mineurs, une adhésion pleine
(') Trifor est une partie du territoire de Jlarciiin confinant aux seigneuries de
Barse et de Vierset. Dans le cerelemenagc de 1461 il est fait mention « du cherau
de Trifoirt, du vieux moulin et de la maison de Trifoirt. » En l(j:2i et 1663, le nom
de Trifoirt est devenu TrilToy, qui est encore conservé aujourd'hui.
~ 293 —
et entière à cette renonciation, lorsqu'ils auraient atteint leur
majorité , sous peine d'une amende de 100 marcs liégeois.
Walter de Warlusée et Rason li Masserais de Felie, chevaliers,
Louis et Henri, fils de feu le chevalier Gérard délie Wege, et
Renard de Dampont,écuyers,se portèrent garants du payement
de cette amende.
Il fut constaté en même temps que les deux chapitres avaient
pyyé à Waltère.d'Ochain, la somme de 130 marcs liégeois pour
prix des droits et des biens qu'ils lui avaient achetés à Marchin
et à Trifor. Or, comme ces biens relevaient en fief de l'avoué
de Huy, et que l'avoué actuel Walière, fds de Henri, était encore
en bas-âge, Waltère d'Ochain se fit fort d'obtenir de celui-ci,
dès qu'il aurait atteint l'âge requis , la ratification pure et
simple de la vente et une renonciation absolue à tout droit et
k toute autorité féodale qu'il pourrait avoir sur ces biens. Eu
attendant, l'aïeule du jeune avoué Waltère, noble dame Aelide
et son oncle Arnoul de Bar, chanoine de Huy, firent en personne
cette renonciation. Cependant si Waltère d'Ochain élait en
défaut d'obtenir l'adhésion du jeune Walière dans l'année de sa
majorité, il devait restituer aux deux églises la somme de 130
marcs liégeois, et payer en outre une amende de 100 livres
tournois à partager entre l'évêque et les deux églises.
Waltère deWarfusée, chevalier, Arnould de Bar, chanoine de
Huy, Renier de Visé, châtelain de Longue, Badet de Forieres et
Arnould, avoué d'Amay, répondirent de la restitution du prix de
la vente, tandis que Waltère de Warfusée, Henri de Fehe, che-
valiers, Walter de Tihanges, Ammirand de Ramei et Jean dit
Loupins de Streis, se portèrent garants du payement de
l'amende.
Si ces clauses n'étaient pas exécutées, tous les garants
seraient tenus de se constituer prisonniers dans une maison
que les chapitres leur indiqueraient à Huy, et d'y rester,
à leurs propres frais et dépens, jusqu'à ce que tout ait
été intégralement soldé. Waltère d'Ochain et Waltère de
— ^294 —
Warfusée permettent en outre à l'évêque, de poursuivre sur
leurs biens le payement des 130 marcs etdes iOO livres tournois.
L'avoué d'Amay pourra purger sa caution, en remettant son
meilleur cheval.
Levôque de Liège, Jean d'Enghien, approuva les conditions
de cette paix, et les lit consigner dans une charte qu'après
beaucoup de recherches nous avons retrouvéedans un petit car-
tulaire de Notre-Dame de Huy.
L'abbaye de Solières de l'ordre de Citeaux, au diocèse de
Liège, possédait à Marchin des terres et des bois qui relevaient
en fief de cette seigneurie; et, entr'autres, les bois de Beaupré
et de Bertrand Fontaine. La communauté de Marchin préten-
dait avoir sur ces bois un droit de pâturage et « dy prendre le
bois mort. » Après de longs débats et procès, l'abbesse de
Solières, Agnes de Latiiines, et son couvent d'une part, le maire,
les éclievins, les masuiers et les hommes de la communauté de
Marchin, Lies, Jamagne, D'areve et leurs appendices conclurent,
le mercredi avant la Nativité de Notre-Dame, 21 septembre
de l'an de grâce 1291, une convention et bonne paix, dont voici
les principales conditions. L'abbesse cède aux gens de la com-
munauté deMarchin, six bonniers du bois de « Bïalpreit» ; elle
leur donne 20 marcs liégeois (à 30 sous le marc) pour acheter
« un bois, en quel lieu il leur plairat, et ils le pourront trouver
à vendre » ; enfin elle leur octroie « le pasturaige de leur bestes
eus les dits bois de Bïalpreit et Bertrand Fontaine pour tout,
horsmises chievres et boc, ki par nul tems qui soit, ny ly a
venir soit, ny debveront ne entrer, ny pasturer ; et commencerai
li paslurage tant comme de leur chevaulx ens endit bois, quand
le bois aurat passé trois ans entièrement, après chu qu'il seret
taillés; et de leur vaches et de leur autres bestes, horsmis
chievre et boc, entreret ly pasturage, quand ly bois aurat
passeis quatre ans entièrement, après chu qu'il est taillé. »
Les masuiers de Marchin abandonnent à l'abbesse et au cou-
vent de Solières, la pleine propriété du bois de Beaupré et de
— 295 —
Bertrand Fontaine et renoncent à tout droit qu'ils pouvaient
avoir « en frestâge (') » gisant au delà du bois de Beaupré, « et
qui jadis fut bois, sauf le pasturage quand le bled est ostées. «
Cette paix fut approuvée et scellée par Jean de Flandre, évêque
de Liège, et" par les doyens et les chapitres de S'-Martin de
Liège et de Notre-Dame de Huy, comme hauts seigneurs de
Marchin (').
Tous les manants de Marchin adhérèrent à cette paix, à l'ex-
ception des deux frères Lambert Godon et Jacques dit Same ; le
curé de Marchin leur intima l'ordre de comparaître devant le cha-
pitre de S'-Martin, afin d'y rendre raison de leur opposition (').
Les troubles graves et les luttes intestines qui désolèrent la
ville de Huy, à partir de 1299, et qui ne furent apaisées qu'en
1302, par l'évêque Adolphe de Waldeck, semblent avoir atteint le
territoire de Marchin ; car nous voyons vers ce temps \h, le
chapitre de S'-Martin recourir à l'évêque de Liège et se plaindre
de ce que la communauté de Huy avait incendié deux maisons,
sises en lieu dit « Alonsaer, » et grevées d'une redevance au
protlt du chapitre. L'évêque, après enquête, lui adjugea ces
héritages (*).
Vers l'année 1329, une contestation s'éleva entre les chapitres
de S'-Martin, de Notre-Dame, leurs masuiers de Marchin d'une
part, et Henrard délie Halle, bourgeois de Huy, d'autre part. Les
premiers prétendaient avoir « droitures et aisemenches, pastu-
rages, morbois et le vif pour maisonner et faire ei'eresetharnaps
de charues » sur un bois que ledit Henrard venait d'acquérir à
Marchin. L'affaire fut déférée au tribunal de l'évêque Adolphe,
qui, le 23 mai 1329, commit le soin de faire une enquête à ses
( ') Frestâge : le sens n'indique-t-il pas que c'est un terrain ddfriché.
(*) Transcrite in extenso : OEuvres de la cour de Marchinl6o9 à 166(î, A n" 41,
folio 109.
('1 njidera, fol. 111.
(*) .\rchives de S^-Martin : reg. 608, fol 519.
— 296 —
hommes fiables « Henri de Roloux et Jolian de Veiiees. » (M
L'enquête fut ouverte à Marchin,le mercredi après la Pentecôte
(14 juin) : un grand nombre de témoins Curent entendus, et en
parliculier les échevins des deux cours de S'-Marlin et de
N. Dame. Ceux-ci recordèrent« que ledit bois fut descaMgiez(-)
par aultre cens et le descangont cils de S'-Marlin a cealz de
Beafort, et ont ly masuiers de Marchin devant et après leurs
aisemenches au dit bois, assavoir le morbois partout, le pastu-
rage quand les tailles avoient trois ans et ont et avoient li
masuir de S'-Marlin le cbesne et le fau pour maisonner sour
leurs masures et nient li masuiers de N. Dame, et doient li
masui(M' S'-Martin venr al mayeur et requérir qu'il livre de
forestier, et li maire li doibt livrer, parmy 4 deniers payant
pour sa journée et se droiture, et doient ensemble aller à bois
pour veoir renseigner tant de bois qu'il farat audit masuier pour
maisonner, et pour les aisément que li masuiers ont cilh 7neule
par ban à molin S'-Martin et N. Dame et en ont li forestier
N. Dame et S'-Martin leur cognouls al Noël et les jarbes en
Aoust, veoir se li masuier en at tant qu'il en paie deyme ; et se
Henrar veut mettre forestier als bois, mettre le doibt par ensei-
gnement des esquevins des deux courtes ; où at li forestier
n'est de value ; encore dient ils que au bois que Henrar acliap-
tat al grand bospital de Huy, li masuir N. Dame y at le morbois,
le pasturageensy qu'en l'autre bois et le vif bois pour maisonner,
s'il aveiioit qje besies fussent prises de pan, on les doit mettre
et mener al chaisne delees le moslier h Lies et la les doit on
racheter aile enseignement des esquevins. » Henrard délie Halle
contesta tous ces points.
Lorsque l'évéque eut prit officiellement connaissance des ré-
sultats de cette enquête, il s'adressa à son « féal Jehan Puillet
de Ferme escuier pour qu'il lui en rapportât droit et se ka faire
(*) Voir cette commission. OEuvresde Marciiin A n"» 41, fol. 142.
(*} Échangé.
— 297 —
en estoit » et le 23 septembre 1330, en son château de Huy,
il promulgua le jugement dont la teneur suit : « que les Doyens
et chapitres et masuiers debvoient et doient bien demorer en
leur saisinne et possession audit bois, si avant que prouveit
estoit, et qu'il avait esteit de temps passeit, et si ledit Henrar
voloil monstreir lettres, forches ou saingnoir de cui ils teuist
ledit bois, par devant nos et nos hommes, les parties ajour-
nées, nous l'avons bien a oyr et sour chacun droit. » A ce
record furent présents : Sire Libiers de Langdris, prévôt de
Fosses, Lambert, sire de Gounes, Jehan de Faux (Fooz), Johan
de Colonstier, Fastreis Bareis, chevaliers, Henry de Roloux,
Waltier de Centfontaine (Saint-Fontaine), Louys Duffey, Conrars
de Lonchin , Gossuwins , chamberlans et plusieurs autres
hommes de fief ( ' ).
Nous n'avons guère d'autres renseignements sur l'histoire de
Marchin pendant le 14'' siècle et le commencement du 15'. Le 2
juillet 133o, le chapitre de S'-Martin airerme tous ses biens et
revenus de Marchin à Nicolas de Vyele, pour 95 muids, moitié
épeautre et moitié avoine, et conlie à ce même Nicolas, la mairie
de sa cour (^),
Le 8 mars 1357, la même église choisit Johan Darève pour
son mayeur et Johan Burin pour son forestier (^) ; il leur donne
en accense tous leurs biens.
Ce fut le 1" juillet 1461 qu'eut lieu le premier cerclemenage
de la seigneurie ; celte même année, le chapitre de S'-Martin
fil faire le dénombiement exact de tous ses cens, renies, vins
et revenus de Marchin.
En 1478 , ce chapitre eut une difficulté avec les manants de
sa hauteur de Marchin, qui revendiquaient comme leur pro-
(i) Lettres d'Adolphe, évêque de Liège, du ^5 septembre 1330. In extenso,
œuvres de Marchin , reg. cité, fol. 142- ) 46.
(*) Original sur parchemin. Schoonbroodl. Chartres de S. Martin, n" 201.
(') Original sur parchemin. Ibid., n« 242.
298
priétë commune une pièce de bois, située à Lize, appelée les
Formais.
Les échevins de deux hautes cours de justice, jugeant con-
jointement, «nlle semonce de leurs mnyeurs Michel leGallart et
Guyot de Floyon, » après avoir fait ajourner par un de leurs
forestiers le Doyen et le chapitre de Notre-Dame, les voisins
« marchissants », à savoir le lieutenant du comte de Namur,
les Dames de Solières, Henri de Foumale, et les parties inté-
ressées, dirent et « horsportèrent » par jugement que « icelle
plaice est appartenant asdits signeurs de S'-Martin, des appen-
dices et appartenances délie pièce de bois qu'on dist la pièce
de soissantes bonirs; » puis ils la firent « atermer et aborner et
enbanner si hault que loy porte. » Cette sentence est du 26
juin 1478 {')•
Les deux églises eurent au 16*= siècle de nouvelles difficultés,
concernant les bois de Marchin. Un grand nombre d'habitants
se permettaient, depuis deux ans, de couper, tailler, abattre et
vendre les arbres dans les bois communaux cl prétendaient que
ces bois leur appartenaient. Les deux chapitres, lésés dans leur
droit, adressèrent aux échevins de Liège une plainte contre ces
manants, et le 26 janvier lo24, les échevins condamnèrent les
coupables : 1" h réparer tous les dommages causés ; 2" à payer
auxdits seigneurs, doyen et chapitre de S'-Martin et de Notre-
Dame « une voye de Rochemadoux. » (-) (Ce voyage à Roche-
maden était rachetable par 5 llorins d'or.)
Le o février 1526, les manants de Marchin se présentèrent
à la salle capitulaire de S*-Martin où ce chapitre était réuni, avec
les délégués de celui de N. Dame de Huy, afin de demander
pardon des infractions commises et régler les conditions d'un
arrangement. On agréa leur demande.
{ 1 J Reg. aux reliefs de Marcliin, liasse 530, arcliives de S' Miirlin. — Marciiin :
OEuvres de la cour, 16o9-1666, fol. 90.
2) 'lopie authentique sur |)archemin. — Schoonbroodt. Cli;irt(>s du chapitre de
S' Martin, n" 097. — OEuvrcs de Marchin, reg. cité, fol. 90.
399
La paix fut conclue aux conditions suivantes :
1" Les manants coupables indemniseront les deux chapitres
de tous les frais des enquêtes et du procès.
2" Ils s'engagent à comparaître devant les éclievins de Liège,
afin de reconnaître solennellement « que les seigneurs des deux
chapitres sont leurs seigneurs treffbnciers de hault et bas, et
que injustement ils ont fait les folles (') mentionnées dans un
jugement rendu par les échevins de Liège, et que à ces sei-
gneurs appariiennent les bois de fond en comble, situés ens la
dite haulteur, qu'ils ne peuvent les couper, les vendre et
aliéner sans leur gré, sauf h eux le droit d'aisemenche, de pas-
turage et de taille pour maisonner, en telle forme que ordonné
leur sera par les dils seigneurs et députés de la ville de Marchin.
3'- Ils renonceront au procès qu'ils ont intenté devant le
tribunal des Vingt-Deux et Messieurs du Conseil privé contre
Jehan Thomson et ses complices (-).
4" Jehan Thomson et ses complices pourront user des bois
communaux comme les autres manants de Marchin.
Ce traité conclu sous peine d'une amende de 100 marcs
d'argent pour celui qui en enfreindrait les conditions, fut
approuvé et ratifié le lendemain, 6 février, devant les échevins
de Lipg3 par Etienne Gran Jehan de Lyze et Henry de Laytre,
au nom des habitants de Marchin, par Simon de Meeffe, cha-
noine chantie de S^-Marlin, Nicolas Richaul et André de Nan-
drin, chanoines de Notre-Dame, au nom de leurs églises res-
pectives {■').
Enlin, conformément à la deuxième clause de ce traité, les
(1) Dégâts.
('^) Une .sentence du tribunal des XXII, du 21 décembre 1 52 1, avait maintenu la
défense faite à .Jehan Thomson et aux autres possesseurs du cherwage d'Alonsart,
d"user des bois communaux de Marchin, et Tavait condamné à la restitution des
« asports » et aux dépens. OEuvres de Marchin A, n" 41, fol. 108.
(') Le texte de cette ratification se trouve OEuvre de Marchin, reg. cité, fol. 97
et 140.
— 800 —
deux chapitres des Vén. églises collégiales de S'-Martin en
Mont et de Notre-Dame de Hiiy, réglèrent, par une ordonnance
du 27 mai 152(3, la manière dont les manants de Marchin
devront dorénavant user des bois et des autres biens com-
munaux (').
En voici le résumé :
Les masuiers pourront y prendre le bois mort pour leur
chauffage, et du bois vif pour la construction de leurs maisons
et la fabrication de leurs ustensiles de labour : mais ils
devront, pour ces derniers points, obtenir la permission des
majeurs et so conformer à leurs indications. Ceux-ci auront
soin d'indiquer aux riches qui ont chevaux et harnais, le bois
le plus éloigné ; et aux pauvres le bois qui est plus à leur
portée, pour qu'ils puissent l'emporter plus commodément.
Quant à la paisson qui commence h la S^-Remy, il est arrêté
que le curé, les nobles et gentils qui vivent sans labourer,
les laboureurs, et les deux mayeurs pourront la charger de 4
porcs au maximum, que les manœuvriers, les clercques et tous
les autres manans n'y pourront placer que la moitié : tous
payeront au receveur des chapitres un denier fort par tête de
bétail jusqu'à concurrence do la somme de 283 florins h hiquelle
les frais du procès ont été taxés. Les pauvres pourront vendre
?i leur profit leur droit de jouissance sur les biens com-
munaux (-).
Le 23 juin 1526, Etienne Grand Jehan, Henri de Laitre, Lam-
bert Darève, André de Pont et Lambert deBrigaudière, agissant
au nom de tous les habitants de Marchin, ont solennellement
approuvé l'ordonnance des deux chapitres, par devant les deux
hautes cours de justice de Marchin; le 2 octobre suivant, la
( ') Orii,'iiiyl sur parchemin. Sclioonbroodt. Cliartes de S. Martin, ii" 70i.
(') Voir aux aniitjxcb «• 'J.
- 301 —
plupart des habitants de la seigneurie, assistant aux plaids
généraux, l'ont ratifiée de nouveau (' ).
Cependant quelques années plus tard, vers 4548, certains
habitants se permirent d'enfreindre les prescriptions de cette
ordonnance, en abattant des chênes croissant dans les bois
communaux et sur les chemins publics, sans avoir obtenu la
permission des mayeurs. Les deux chapitres firent faire une
enquête par les soins de leurs officiers; les coupables furent
découverts, et une plainte ayant été déposée contre eux entre
les mains des échevins de Liège, les habitants de Marchin
supplièrent leurs bons seigneurs, de vouloir bien arrêter la
procédure, et promirent de se conformer h leurs ordon-
nances ('^).
Le 4 septembre 1584, les bourgmestres de Huy se fondant
sur un record du 11 novembre 1312, qui fixait les bornes de
leur cite, voulurent exercer leur autorité sur une partie du
territoire de Marchin, et notamment sur le hameau délie Vache-
resse, et en imposer les habitants comme ceux de Huy. La
communauté de Marchin prolesta contre ces exigences par
l'intermédiaire du mayeur Pierre Jaminon, et déféra l'affaire au
tribunal de rOttîcial, Les deux chapitres prirent fait et cause
pour leurs sujets et intervinrent au procès. Ils établirent que
les habitants délie Vacheresse avaient toujours été réputés
habitants et paroissiens de Marchin et sujets de leur seigneurie ;
qu'ils avaient toujours été justiciables pour les actions tant
réelles que personnelles de leurs mayeurs et échevins; qu'ils
avaient joui des bois communaux et payé les impôts comme
tous les autres manants de Marchin ; que les pauvres de ce
hameau y avaient toujours participé à la mense du S. Esprit;
que le record de ceiclemenage de 1461 comprenait ce
(') Copie authentique sur parchemin, Schoonbroodt. Chartres de St-Martin,
no 705.
( •) Marchin. OEuvres, no 41, fol. 94.
— 302 -
hameau dans le territoire de Marchin, etc. ; enfin que le 7
février I06G les magistrats de Huy avaient condamné h une
amende Guillaume Porcin, manant délie Vacheresse, pour avoir
acheté des grains au marché de Huy avant 11 heures, ce qui
était défendu à ceux qui n'étaient p;ns de la franchise de Huy.
Maître Adam Egnoie, juge-commissaire, maintint par sa sen-
tence les limites de Marchin telles qu'elles étaient déterminées
par le record de 1161, et condamna la ville de Huy 11 tous les
dépens. L'Ofticial promulgua cette sentence le 19 février
lo90 (').
Mentionnons en passant un contrat conclu entre l'abbesse de
Solières et les manants de Marchin, relativement à un droit de
passage (2 décembre 1618) (-), et le cerclemenage du 7 octo-
bre 162', pour arriver de suite à la vente de la seigneurie en
1657.
Les deux chapitres, cédant aux vives instances de Jean Fer-
dinand de Marchin, se décidèrent à lui vendre leur domaine. Ce
fut le 3 février 1657 que le chapitre de S'-Martin prit cette
importante décision et chargea son doyen Thomas de Sclessin
et les chanoines Godefroid Thomas de Ramlot, Philippe de
Méan, Charles Denis de Coninck et Zacharie Coels, de négocier
la vente au prix de 18,000 florins de Brab., sous la réserve
de l'approbation du S. Siège. Cette alién;:ition, dit le décret
capitulaire, était manifestement avantageuse à leur église. La
location de la chasse et de la pêche ne leur rapportait annuel-
lement que 40 florins monnaie forte de Liège ; les droits sei-
gneuriaux ne dépassaient pas 200 florins ; la somme offerte
leur assurait un revenu quadruple; ils devaient consacrer
1200 florins à la réparation des orgues, et ne pouvaient se
procurer cette somme qu'à des conditions très-onéreuses pour
(' j Archives de Notre-Dame, liasse Archives de S'-.M;irlin, regr. n" KtS"), p. 187
cl 189
(') Arch. S'-Mariin. Lib. instnimpntoriim inchoaliis 1.^90, fol. 146.
— 303 —
leur fabrique. Enfin, le seigneur Ferdinand de Marchin jouis-
sant d'une influence et d'une autorité considérables, pouvait
les protéger efficacement en ces temps de guerre, et préserver
leurs autres domaines contre les incursions, les déprédations
et les cantonnements des armées ( ' ).
Ferdinand de Marchin avait donné, le 5 février, à Bruxelles,
une procuration à Gilles Fabricius, écuyer, licencié en droit,
avocat au Conseil du Brabant, seigneur de Vieux-Metz (?),
pour acheter en son nom le domaine de Marchin sur Barse {-).
Le 12 février, en la maison décanaie de S'-Martin, par devant
le notaire de la cour de Liège, Lambert Arnoldi, les fondés de
pouvoir du chapitre de S'-Martin transportèrent audit seigneur
Fabricius, acceptant en nom et protit du dit seigneur comte, son
principal, « telle mitant parle qu'ils ont et leur compette du
domaine ou juridiction du village ou lieu de Marchin, pour
indivise allencontre des Révérends et Vénérables S" Doyen et
Chapitre de Notre-Dame de Huy, scavoir et notamment : la
haulte, moyenne et basse juridiction leur y compétants avec
tous droits, émoluments, et proffîts eu dépendants, item les
cens seigneuriaux, chappons et pouiUes qu'il y perçoivent
annuellement de telle nature et condition qu'ils sont et ossy
(forts) et foibles qu'ils les possèdent, sans estre obligez h
garantie, ny éviction. Reservans par exprès les quattres vingts
bonniers cy devant arrendé a stuil de 100 ans et un jour,
lequel est expiré, disnies, droit de patronat, terres labourables,
prairies, pasturages, muyds, cens et rentes aultres que les cy
en après spécifiez et ce au moyen et parmy une somme de
18000 Ûanns Brabant à compter réellement, immédiatement
après l'aggréation de sa Saincleté, laquelle soi debvral solliciter
et obtenir aux irais et despens dudit seigneur Comte, voir que
lesdils seigneurs premiers comparants demeureront en jouis-
(1) Archives de S'-Marlin, reg. 1387, 600, fol. 161.
(' ) Archives de Si-Martin, reg. cité, fol. 161.
— 304 —
sance et paisible possession de laditte seigneurie jusque h ce
que la souime convenue soit eiilliierement el réellement payée
et numérée. » ')
Le chapitre de Noire-Dame de Huy vendit sa part dans la
seigneurie pour la somme de 26,000 florins de Brabant, le 27
mai — il juin 1659.
Le 18 décembre 4659, Charles D'Ans, jadis bourgmestre de
Liège, conseiller et président du Conseil ordinaire de son A. S.
de Liège, agissant au nom du comte de MarchiU; compta la
somme de 18,000 fl. bb. en mains de Thomas deSclessin, doyen
de la collégiale de S. Mainin, de Jean de Selys et Arnold Baert,
chanoines, et de François de Looz, leur receveur. Enlretemps,
les deux ciiapities et le comte J. G. Ferdinand de Marchin
s'étaient adre.-sés au Pape, pour obtenir de sa Sainteté l'appro-
bation de la vente. Le pape Alexandre VII leur répondit par des
lettres apostoliques, datées de Rome, le 20 décembre 1659, et
adicssées au grand prévôt delà cathédrale et à l'official de
Liège.
Le pape y insère d'abord la teneur des lettres apostoliques
émanées de son prédécesseur Paul II, le 11 mai 1465, et pres-
crivant les règles et les conditions que doivent observer les
commissaires apostoliques dans l'aliénation des biens ecclé-
siastiques. «. Comme il s'agit du patrimoine de Jésus-Christ,
ces commissaires ne doivent se laisser guider , ni par les
menaces, ni par les promesses des hommes, mais envisager
uniquement l'intéiêt et le bien de l'église. S'ils trahissaient
en ce point leur devoir et la contiance du Souverain Pontife,
ils encourraient de plein droit les censures ecclésiastiques. »
Après avoir reproduit le texte de ces lettres, le Pape expose
les raisons canoniques qui ont déterminé les deux chapitres
à vendre leur seigneurie de Marchin : cette seigneurie ne
leur rapporte qu'un reveini de 440 florins, monnaie forte de
(*) Archives S'-Marlin, reg. cité, fol. 160.
— 305 -
Liège, tandis que le prix de la vente, 44,000 florins de Brabant
leur piocurera un revenu annuel de 2,200 fls. de Liège; le cha-
pitre de S. Martin a besoin d'une somme notable pour la répara-
tion des orgues et il ne pourrait l'emprunter qu'à des conditions
très-onéreuses. La vente se fera donc au prix de 44,000 fls. de
Brabant, que les deux églises se partageront d'après leurs con-
ventions particulières, et qu'elles devront réappliquer immédia-
tement. La vente comprend tous les droits seigneuriaux, mais
nullement les SObonniers que le chapitre de S'-Marlin possède
à Marchin, ni les 45 boniiiers du chapitre de N. D., ni la dîme
ni le droit de patronage, ni les autres biens et rentes. Comme
le chapitre de N. D. possède une rente de 18 muids d'épeautre
hypothéquée sur le moulin de « Statte », le seigneur de Marchin
ne pourra y construire un second moulin qu'à la condition de
lui faire supporter aussi la charge de cette hypothèque. Enfla le
Pape commet au grand prévôt et à l'official, le soin d'approuver
la vente, mais ils doivent auparavant s'enquérir de la réalité
des raisons alléguées , de l'accomplissement des conditions
prescrites, du payement et de la réapplication du prix (').
Paul Jean baron de Groesbeeck, grand prévôt de la cathé-
drale, et Jean Ernest de Surlet, chanoine de S. Lambert et
vicaire général, exécutèrent fldèlement la commission que le
pape Alexandre VII leur avait confiée par ses lettres apostoli-
ques; et, après avoir tout examiné et vérifié, ils approuvèrent
en son nom la vente de la seigneurie de Marchin, le 8 février
1661 (-;.
Î657-1673.
Jean Gaspar Ferdinand de Marchin récupéra donc en 1657-61,
l'antique patrimoine de sa famille. Il était fils de Jean de Mar-
( * ) Original sur pai'ciiemin. Schoonbroodt. Ctiartes de S<-Martin , n» 843.
Marchin. OEuvres, n" 41, fol. 41.
(-; MarcUin. OEuvres, v. 41, fol. 4S.
306 —
cliin, seigneur de Ramezée et de Modave, voué de Fosse,
lieuteiiaiii g<)uverneur et capitaine du château de Huy, mort le
5 juin 16:25 (fils de Nicolas de Marcliiii, écuyer, seigneur à
Chantraiiie, voué deRamelot et délie Fosse et de Marguerite
d'Orley de Linster), et de Jenne de la Vanlx Renard (Hlle de
Jean et d'Elisabeth de Jaymart).
Il appartenait à l'une des plus anciennes et illustres maisor.s
du pays de Liège. Cinq hérauts d'armes aux titres de Bour-
gogne, de Brabant, de Luxembourg, de Flandre et de Hainaut
en donnèrent leurs attestations en 1670 — « Albert de Launay,
roi d'armes de sa Majesté catholique, avait, en 1659, dressé la
carte généalogique de sa famille, tant sur la chronique de Hem-
ricourt que sur des titres domestiques, et (ait remonter les
preuves de sa noblesse jusqu'en 1102 ; Ferdinand de Marchin,
maréchal de France la fit monter jusqu'en 1060» (')•
Le héraut d'armes Lefort donne plusieurs tables généalo-
giques de la famille de Marchin (-), et l'une d'elles nous montre
Ferdinand de Marchin descendant par Humbert de ce même
Roynaut de Chiny, qu'elle présente comme le bisaïeul de Willi-
bert de Marchin, et désigne à tort comme le premier sei-
gneur de Marchin, Nous ne voulons pas entrer dans le dédale
de ces généalogies ; nous nous contenterons d'en donner un
tableau aux annexes (^).
Jean Gaspar Ferdinand de Marchin, était seigneur de Modave
(1642) de la Neufville-au-Pont (i645), et de Vieux -Waleffe,
chevalier de l'ordre de la Jarretière, capitaine et maître de
camp général aux Pays-Bas pour le roi catholique, conseiller
en son conseil suprême de guerre, colonel au régiment des
chevaux légers liégeois. Il fut admis dans le corps de la
(< ) Lefort, 2" partie. Mémoire pour la famille de Marchin. V. p. 227.
(*) Lefort, !"■ partie. XIV. 117. — 2^ partie. Il, 22; V. p. 227 ; VII, 63.
3*" partie, v. Marchin.
(^) V. aux annexes, n° 42.
— 307 —
noblesse du pays de Liège et du comté de Looz par l'assemblée
générale, tenue k Liège, le 16 juillet 1645. Il devint gouver-
neur de Stenay, de Bellegarde et de Fortose, lieutenant de
l'armée que le roi de France avait en Catalogne, capitaine
général de cette province, etc., etc. Il fut tour à tour au ser-
vice de la France, dans les campagnes de 1644-48, de l'Espagne
et de l'Empire (1654). Il avait épousé à Paris , le 28 mai 1651,
Marie de Balsac, fille et héritière unique de Henri de Balsac,
marquis de Clermont d'Enlragues, comte de Graville, baron
de Dunes, seigneur de Mésières et de Louise Lhuillier de
Boulencourt. De ce mariage naquirent deux enfants : Jean qui
fut le digne héritier de son nom, de sa bravoure et de ses
domaines, et Louise Henriette Agnès qui mourut en bas âge.
C'est Jean Gaspar Ferdinand qui « a bien voulu faire la
dépense, qui a été très-considérable, pour l'impression du 37iro/r
des nobles de laHesbaye, de Jacques de Hemricourt»; aussi Sal-
bray,le traducteur, lui dédia-t-il son œuvre par une épitre dédi-
catoire où il exalte, d'une manière exagérée peut-être, les mé-
rites de sa carrière militaire (').
L'antique noblesse de sa race, les services éminents que ses
ancêtres et lui avaient rendus aux maisons d'Autriche et de
Bourgogne, les brillants faits d'armes par lesquels il s'était
signalé dans maintes batailles, lui méritèrent de la part de l'em-
pereur Léopold I, le titre et le rang glorieux de comte du St-
Empire. Le diplôme impérial est du 3 août 1658. L'empereur y
rapporte sa noble origine et l'alliance de sa famille avec les Warfu-
sée, les Neufchateau, les Duras et lesWaroux ; il rappelle qu'à la
levée des sièges d'Arraset de Valenciennes (1655), Jean Gas-
par Ferdinand, a soutenu avec moins de 4 escadrons de soldats
( ') Les Délices du pays de Liège, t. V, 2« partie, p. 1 à 74, donnent le portrait
et une liiographie très-étendue de Jean G. de Marchin. Voyez aussi Les hommes
illustres de la nation liégeoise, par Louis Abry, édil-'s par H. Helbig et S. Borraans,
p. 19 et p. 3!26.— De Fe\\ev,Dict. ///sfor/gHe.— L'épitre dédicatoire de Salijray, dans
le Miroir dei nobles.
— 30« —
le choc de toute l'armée ennemie ; qu'en 1656, lors de l'inves-
tissement de Valenciennes, il a culbuté avec 4,o00 hommes
les lignes ennemies, et qu'il a été blessé par une balle dans
celte lutte héroïque. En reconnaissance de ce dévouement et
de ces mérites, l'empereur l'élève lui et toute sa postérité, au
titre et aux honneurs des anciens comtes du St-Empire ; il
érige la seigneurie de Marchin en comté du St-Empire; lui
permet de porter dans ses armoiries, blasons ou drapeaux,
l'aigle impériale noire à deux têtes, les aigles déployées, les
pattes écartées et la queue en éventail.
Enfin il ordonne à tous et chacun de les intituler : Illustres
et Généreux, Hocli uncl WoUqehorn (').
Le 15 février 1661, le sergent de Marchin ayant convoqué
tous les habitants au son de la cloche, Son Excell. Jean Gaspar
Ferdinand comte de Marchin, représenté par le conseiller
Charles d'Ans, prit possession de la terre et comté do Marchin
et du St-Empire « par la séance prinse à l'église, l'attouchement
de la corde et autres cérémonies. » Tilman de Salmier, résidant
à Modave, Arnold Wilmotie, curé de Modave, Pierre de Gave-
relle, Jean de Loene, jurisconsulte, Oger Mélar, Charles Vau-
brenson, etc., furent témoins à cette installation.
Le comte de Marchin fit publier plusieurs ordonnances et
règlements aux plaids généraux du 25 avril 1661 i-), du 17
avril 1662 (•'), 2 octobre 1662 (*), 8 janvier 1663 (»), 7 janvier
1664 (®), eut un procès avec les Dames de Solières, par rap-
port à certains droits d'usage , fit faire un cerclemenage
extérieur (') et intérieur de la seigneurie (^).
(') V. CR diplôme aux Annexes, n° 10.
( ') Marchin. OEuvres no 41, fol. 34.
(») Ibid. fol. 84.
(*) Ibid. fol. i25.
(•) Ibid. fol. 129 vu.
(•) Ibid. fol. 211.
(') Ibid. fol. 170.
(•) Ibid. fol. 180.
— :jo9 -
Il mourut assez inopinément à Spa, au mois d'août 1673 (* ),
et fut enterré dans l'église de Modave dans le tombeau de ses
aïeux. Aujourd'hui l'église de Modave conserve encore le mau-
solée que le baron de Vyle fit ériger à la mémoire de Jean
Gaspar Ferdinand de Marchin et de son lils. Voici colle double
inscription que nous devons h une bienveillante communi-
cation de M. Stan. Bormans.
D. 0. M.
ET
A la mémoire des très nobles , très illustres, très hauts et
puissants seigneurs
Jean Gaspar Ferdinand comte de
Marchin, chevalier de l'ordre de la
Jaretière , capitaine et maître des
camps, général au Pays-Bas, chef du
suprême conseil de guerre des rois
d'Espagne, fils de Jean de Marchin
etde Jenne de la Vaux Renard, tous
enterrés vis-à-vis soub celte tombe.
Son mérite extraordinaire obligea
l'empereur, les rois de France et
Jean Ferdinand comle de Marchin,
chevalier des ordres du roy, mares-
chal de France , lequel après avoir
servi à la tête des gens d'armes de-
puis l'âge de XYII ans, et été très-
longtemps brigadier et maréchal de
camp, ensuite lieutenant général, fut
envoyé ambassadeur extraordinaire
près de Philippe V, dont il gagna
par sa vertu l'amitié particulière, re-
d'Espagne de traiter avec luy avant 1 fusa par grandeur d'âme la grandesse
sa mort et de lui donner des grosses d'Espagne, commanda les armées du
pensions, afin qu'il ne servisse pas roy très-chrétien en Alemagne et fil
contre eux. il a été un des grands I faire la retraite de l'armée après la
hommes du siècle, il s'est acquitté! bataille de liostête, fut en Italie com-
dignement et avec admiration des mander les armées où il fut blessé ;i
plus grands exploits de la guerre, et
du cabinet, fut généralissime du roy
Charle d'Angleterre pour le rétablir
sur le trône, etc., et a laissé un seul
fils, Jean Ferdinand. Il est mort à
Spa, l'an 1075, au mois d'août.
la levée du siège de Turin et mourut
XXIV heures après, administré des
S. S. S""% le VIII sept. 1700 et est
enterré aux Capucins. Il fut lils de
Jean Jaspar Ferdinand , comte de
Marchin et de Marie de Balsac d'En-
tracque de Clermont.
Cet épitaphe a été érigé par très illustre sgr Arnold de Ville, baron du
(') 1673 el non ISTg comme le dit L. Abry; car le 27 octobre 4673, Marie Balsac,
veuve de Jean G. Ferd. comte de Marchin, nomme un nouvel éclievin de la Cour d«
Marchin. OEuvres, reg. 42.
- 310 -
S' Empire, lequel ayant été élevé avec le mareschal et honoré de leure
intime amilié et confiance, a cru ne devoir laisser dans l'oubli la mémoire
de ces grands hommes qui ont fait honneur au genre humain a ce pais et
à ce lieu qu'ils ont bâti et protégé pendant leur vie.
Requiescant in pace.
1673-1688.
Ferdinand comte de Marchin, fils du précédent, naquit h
Maliiies, au mois de février 1656. Il n'avait que dix-sept ans
lorsqu'il entra au service de la France. 11 fit ses premières
armes à la bataille de Senef (1674), fut blessé à Fleurus (1690),
se trouva h la bataille de Neerwinden (1693) et à la prise de
Charleroi. Pendant la guerre de la succession d'Espagne, il
servit la France, d'abord en Allemagne où il commanda la
retraite de Hoeckstedt et conquit les patentes de Maréchal de
France (1703); étant passé en Italie, il prit une part glorieuse
au siège de Turin, et ce fut dans la bataille que le Prince
Eugène vint livrer à l'armée française sous les murs de cette
ville le 6 septembre 1706, que le comte de Marchin fit des pro-
diges de bravoure ; il s'exposa au péril en héros et fut mortel-
lement blessé et fait prisonnier.
Il mourut deux jours après, le 8 septembre 1706, et fut
inhumé daiis la cathédrale de Turin (') où son cousin Philippe
de Maichiu de Marche lui fit élever un magnifique mausolée
avec une épitaphe latine qui rappelle ses exploits et sa mort
glorieuse (-). Le maréchal Ferdinand de Marchin n'ayant pas
été marié, celte branche de la famille disparut avec lui. Pour
subvenir aux dépenses de ses expéditions militaires, il avait été
(') L'inscription de Modave dit : aux capucins.
(') Délices du pays de Liège. T. V. ^â" partie, p. 74- 169. Louis .4bry. Les hommes
Illustres, p. 327-328. Feller. Dict. historique.
— 311 —
forcé d'aliéner plusieurs de ses propriétés et enlr'autres le
comté de Marchin.
Le 8 mai 1688, le R. S. Thomas de Paris Bransecourt, abbé
du Val des Écoliers, agissant au nom du comte Ferdinand de
Marchin, avait vendu la seigneurie de Marchin, à la réserve du
titre de comte et du nom de cette terre, à noble seigneur
Mathias de Fléron, pour la somme de 8000 écus (').
1688-1696.
Mathias de Fléron, seigneur de Roiseux, conseiller de son
Altesse Sérénissime dans son conseil privé et chambre des
finances, échevin de la souveraine justice de la cité et du pays
de Liège, conserva la seigneurie de Marchin jusqu'à sa mort.
Il avait épousé Barbe Savary ("^).
Ses enfants et héritiers : François de Fléron, Marie, Anne
Jenne, Barbe, Caroline, Albertine et Jeanne de Fléron, assistés
de leurs tuteurs Jean Alberti de Requilé, chanoine écolâtre de
Tongres et M. S. N. de Hervé, membre du conseil ordinaire et
seigneur de Forest et Hall inné, vendirent la seigneurie de
Marchin h Gérard François Van Buel , pour la somme de
20600 florins de Brabanl (12 juillet 1696). A cette époque le
village de Marchin fut cruellement atteint par les ravages de la
guerre. Le il octobre 1692, les troupes de S. A. le prince de
Liège vinrent y fourrager ; elles furent suivies par celles du
général Fleming. Au Noël suivant, le corps d'armée du général
comte de Guiscard y campa et enleva une grande quantité de
bétail.
L'année suivante, au mois de juillet, pendant le siège deHuy,
les troupes françaises, sous les ordres du maréchal de Villeroy,
( *) Cet acte de vente fut réalisé à la cour de Marchin, le 27 septembre 1692.
OEuvres, registre no 43, p. 106.
(*; Ophoven. Recueil héraldique, p. 33.
— 312 —
campèrent sur le territoire de Marchin et enlevèrent aux habi-
tants plus de 2n0 bêtes h cornes. Au mois d'octobre, le marquis
de Boufflers était campé avec son armée à Pailhe, et pondant
l'espace d'un mois qu'il y resta, les manants de Marchin furent
forcés de lui fournir une grande quantité de rations.
Eu 1694, le marquis d'Harcourt y campa avec ses soldats ;
l'armée du Dauphin campée à Vinalmont lez-Huy, y vint fourra-
ger par trois fois; puis lorsque les troupes alliées commandées
par le duc de Holstein-Ploen vinrent assiéger la ville de Huy,
elles restèrent à Marchin pendant 22 jours, et enlevèrent aux
habitanlslepeu de foin qu'ils avaient récolté dans leurs prairies
et communs pâturages ; 34 maisons furent rasées et plusieurs
rendues inhabitables. Quelques jours avant le siège, la garnison
française de la ville de Huy, avait enlevé pour ses approvision-
nements deux troupeaux de moutons et plusieurs vaches.
Pendant le siège de Naniur, en 169o, un camp volant de 6000
chevaux, commandé par le lieutenant-général Vreck, séjourna
pendant 5 jours ti Marchin, ahn de couvrir les convois de cais-
sons qui venaient par le Gondroz quérir du pain à Huy; les
dragons campés à Statte vinrent y fouriagei' à plusieurs rejjrises;
enhn les malheureux habitants de Marchin durent fournir envi-
ron 1000 rations à la garnison de Huy, et furent réduits à un
tel état de misère que plusieurs durent vendre leur bétail, pour
avoir de quoi vivre pendant l'hiver. Le i octobre 1696 la gar-
nison de Charlemont vint encore leur prendie 12 chevaux ( ').
1696 1715.
Gérard François Van Beul ou Bnel, était fils de Guillaume
Van Beul, licencié en droit, chevalier du S'-Einpire' et de
{') Records do lu cour (li> Marchin constatant les dommages causés. OEuvres v.
■}3. )V. 140—228—243.
- 313 —
Susanne Gai (*). En sa qualité de seigneur de Marchin, il
conclut, le 14 juin 1701, un accommodement avec les magistrats
de Huy, pour les bornes des deux juridictions (-). Le 28 sep-
tembre 1715, il céda sa seigneurie à son fils qui suit.
1715 — 1795.
Guillaume Van Beul eut pour père Gérard François Van Beul
et pour mère Catherine Paul. Ecuyer, licencié en droit, chevalier
des ordres royaux et militaires du 3Iont-Carmcl, de S'-Lazare
et de Jérusalem, conseiller perpétuel aux étals du pays de
Liège, il devint bourgmestre de cette cité en 1749 {'). Il avait
été mis en possession de la seigneurie de Marchin le 2 octobre
1715, après avoir fait serment sur les S. Evangiles, au maître-
autel de l'église de Marchin, de maintenir les droits, statuts,
prérogatives et limites de la communauté et des habitants (*).
Le mayeur et les échevins de Marchin adressèrent une sup-
plique Il son A. S. le Prince évêque de Liège, afin d'obtenir la
permission de tenir leurs plaids dans la ville de Huy. « Les
justices de Wance, Tihange, Moha et Bas-Oha y tenaient depuis
de longues années, et eux-mêmes en avaient agi ainsi depuis
quelque temps, pour éviter les grands frais et vacations des
facteurs et des procureurs résidant ti Huy. » (^)
Son Altesse agréa leur demande le9janvier 1734;ils pourront
tenir leurs plaids h Huy, mais les sentences devront être pro-
noncées sur la juridiction de Marchin.
Le 12 juin de la même année, Son Altesse approuva un
(') Ophoven. Recueil héraldique, p. 103 et 105.
(*) Marchin. OEiivres, n°44, fol. 34 v».
(') Ophoven. Recueil héraldique, p. 103.
( *) Marchin. OEuvres, n» 45, fol. 101 v».
(*) Marchin. OEuvres, n" 45, p. 320.
— 314 —
règlement du seigneur de Marchin pour le pâturage des bêtes à
laine (').
Guillaume Van Beul n'avait pas d'enfants; sa sœur Marie
Susanne Van Beul avait épousé François Laurent de Piret,
seigneur du Ghâteiet, dont elle eut plusieurs enfants ('-). Ce fut
en faveur de ces enfants que Guillaume Van Beul fit son testa-
ment, le 6 octobre 1764. Pai- ce testament, réalisé au greffe des
trois Etats du pays de Liège le 1'' août 1770, il institua pour
ses héritiers testamentaires universels Hyacinthe de Piret,
seigneur du Ghâteiet ; François Maximilien de Piret du Ghâteiet,
chevalier de l'ordre royal et militaire de S^-Louis, commandant
de bataillon au service du Roi de France; et Marie Françoise
de Piret du Ghâteiet, épouse de Messire Henri Joseph baron de
Fiaveau de Gort de la Raudière, seigneur de Waleffe S'-Pierre,
Borlé, bourgmestre de la ville de Liège.
Ces héritiers ne conservèrent la seigneurie que pendant un
an et demi ; le 8 avril 1772, de concert avec les héritiers subs-
titués , ils la vendirent en môme temps qu'une certaine quan-
tité de terres, prairies, bois, etc., à Messire Pontian, comte de
Harscamps, seigneur de Fernelmont, Noville, les Bois, pour le
prix d'une rente de 6025 florins de Brabant redimible au denier
quarantième (^). Celui-ci la conserva jusqu'à la révolution fran-
çaise.
Voilà l'h'stoire de la seigneurie de Marchin. Si parfois ses
habitants ont cruellement soulîert des ravages de la guerre, il
faut convenir cependant que, pour la vie intérieure et commu-
nale, ils ont joui pendant sept siècles d'une paix, d'une liberté
et d'une indépendance qu'on chercherait vainement aujourd'hui.
Vivant presque sans lois, souo la conduite paternelle de leurs
maîtres chrétiens, ils ne semaient l'action du pouvoir que lors-
( ' ) Marchin. OEuvres, n» i6, p. 20.
Cj Ophoven. Itccueil luiuUUquc, p. 205.
(') Marchin. OEuvres, n» 47, fol. MO.
~ 31o —
qu'il y avait une injustice à réparer ou un besoin de protection
et de défense ; ils réglaient à l'amiable les légères difficultés
qui s'élevaient , et traitaient avec leurs seigneurs presque
comme d'égal h égal (V. l'ordonnance de 1526); et pour faire
contrepoids à cette liberté, la plus grande possible, ils trou-
vaient dans les sentiments de leurs consciences cbrétiennes et
les traditions coutumières de leurs ancêtres, des garanties
d'ordre et de stabilité plus que suffisantes. C'est ainsi qu'ils
résolvaient magnifiquement ce problème si difficile aujourd'hui
de la concilialion de l'autorité avec la liberté.
Droits seigneuriaux.
Les deux chapitres avaient à Marchin la justice haute,
moyenne et basse et l'exerçaient au moyen de deux cours de
justice, composée chacune d'un mayeur et de sept (chevins.
Ces cours agissaient et jugeaient tantôt séparément, tantôt
conjointemenl, suivant que les affaires concernaient les intérêts
des pai'ticuliers, ou l'intérêt général de la seigneurie.
Elles constataient les mutations qui s'opéraient dans l'enclave
de la seigneurie, jugeaient les contestations qui leur étaient
soumises, et exerçaient ainsi à la fois, la juridiction volontaire
et la juridiction contentieuse (') ; elles procédaient à finstruc-
tion en matière criminelle, elles la soumettaient aux échevins
de Liège et ceux-ci leur dict lient la sentence qu'elles devaient
prononcer (-). C'est ainsi qu'en lo64, elles mettent sur l'échelle
h la torture un homme, nommé Pierar le scailteur, coupable de
vols, (le rapine, d'homicide et d'un autre crime infâme; et le 24
mars, sur recharge des échevins de Liège, elles le font « brûler
à un gibet auquel était appeiidu une coube de vache et deux
mailhets. »
' ) Raikem et Polaiu. CouiumeH du pays de Liège. T. 1, p. '2"2S.
'j Ibid. p. 341.
316 —
Ces deux cours éiaient donc soumises à la juridiction des
échevins de Liège ; aussi dans un record du 26 juin 1478
disent-elles « salle la correxion et emidreuienl de nobles et
honorables signeurs nos chers signeuis et cliieffe les échevins
de Liège. »
Le mayeur et les échevins de ces cours étaient nommés et
révoqués par le chapitre dont ils dépendaient. En 133o, en
confiant la mairie ^ Nicolas de Vyele, le chapitre de Si^ Martin
ajoute : « omnes vci o subditos homines dicte ville ducere et
tractare debebit dictus tirmarius tanquam villicus, secundum
legem el judichim scabuwium dicti loci : alioquiu nisi hoc fecorit
seu in delecln fueril hoc facicndi, ipsi docanus et capilulum
eum ainovere poterunt ab offîcio villicationis prcdicteei alium
villicum in ipso officio insliuure et subrogare {'). »
Un échevin de la cour de S' Maitin pouvait être simultané-
ment mayeur do la cour de Noire Dame , et vice-versa ; mais
ce cumul fut prohibé au ÏQ" siècle. Guillaume de Neufcourl,
échevin de la justice de S' Mariin, ayant été député mayeur de
la justice de Nolr(3 Dame, le chapitre lui donna un successeur,
le 16 octobre 1384 « attendu que, selon les rèlbrmations di'r-
nières, les offices de mairie et eschevinage ne pouveni estre
exercé d'un homme par ensemble (-). »
Voici un extrait d'un record du 23 mars 16oo, qui nous ren-
seigne quels droits les mayeurs et les échevins étaient tenus
de payer h l'occasion de leur réception.
« Recordons avoir... costume de temps immémorial, que les
mayeurs, eschevins, ei grelïicrs de cestc ditte comté, est et sont
tenus payer pour droits de léception 18 ilorins Brabant une
fois au jour de l'admission, et ledit jour ung disner que nous
appelons lasoui)pe, comme ausy (pjarante jour après une paste
et bancjuel de deux jours continuels, ou doibvent estre priés
(• Original sur parcliemin. Schoonbroodt. Chartres Je .S' Martin, n* 201.
'•; Reg. du chapitre fie S' Mariin, n« o98 138.S, fol. 169.
— 317 —
tous mayeurs, eschevins et greffiers susdits avec leurs femmes
et joueurs de violons ; et lesdits bancquets debvron estre bien
accomodés de vins et viandes suffisamcnt et sans reproche,
autrement serat remis le tout à la correction de la courte....,
si la personne receue et faisant lesdits banquets entendait in-
viter quelqu'ung outre les susnommés, sera obligé de l'avertir
auparavant h laditte courte , afin que l'invité soit advoné ou
rejette par icelle Adjontanl de plus qu'il i est observé par
nos prédécesseurs de dire une messe pour la réfrigération de
l'ame d'ung de nos dits confrères trespassés h laquelle se
doibvent trouver tous autres confrères ('). »
Parmi les droits qui compétaient aux seigneurs de Marchin,
nous devons mentionner le droit de pêche et de chasse. lis accor-
daient aussi la permission de construire des forges ou des pa-
peteries sur la rivière le Hoyoux.
C'est ainsi que le 8 juin 1572, le chapitre de S' Martin auto-
rise Jehan Airkin ii ériger « une forge et marteau au fer « sur
le course de cette rivière, au-dessus du moulin au papier de
Henri Bardoul, successeur de Paul de Trecot, et à conduire « la
course de cette rivière sur les thournons et harnaps de son
usinne » avec charge de payer au chapitre un cens annuel d'un
muid d'épeautre.Le 4 mars 1576,1e même chapitre vend à Henri
de Franchimont, bourgeois de Huy, « un cops et course d'eau »
pour servir au moulin h papier qu'il veut ériger en son héritage
« condist Waldoir » sur le Hoyoux en la hauteur de Marcliin.
Les seigneurs de Marchin avaient un droit sur les mines et carrières.
Le 21 août 1562, Jean Renchon, bourgeois de Huy, se reconnait
obligé de payer aux deux chapitres, la dixième part des minerais
qu'il extraira de ses terres et de celles des autres habitants de
Marchin C^).
— Iiem, sur les brasseries. Le 4 novembre 1616, le chapitre
* Cour de Marchin. OEuvres. lîeg. 40, 1651-1639, p. H3 verso
;'; Reg. de S« iMarlin, n' 1385, fol. 39. OEuvres. Reg. cité, fol. 111.
MS
de S'' Martin afferme, pour un terme de trois ans, ;\ Guillaume
de Viiler, l'un des mayeurs de Marchin, le droit qu'on dist
« d'abrocage des tonnes de toutes sortes de cervoises qui se
consomme ou se mène hors de la seigneurie. »
Les deux chapitres possédaiei;t un moulin banal, appelé
« del Slalte et de Jamagne » ou bien «entre Vaulx et Jamagoe. »
Le chapitre de S^ Martin recevait annuellement pour sa part
5 muids de blé, 4 deniers, 4 chapons et un setier de farine
servant à faire de petites tourtes dites fuoches, en 1284 (*) et
forches en 1429 etl572 (').
Nous avons retrouvé les anciennes ordonnances et coutumes
qui réglaient la jouissance de ce moulin ; nous les publions en
appendice (■').
Enfin lous les manants leur payaient un cens seigneurial, les
uns en argent, les autres en chapons (*). Vers 1250 cette con-
tribution rapportait au chapitre de S^ Martin environ 8 marcs et
20 chapons ; lors de la vente de la seigneurie en 1637, tous
ces menus droits sont évalués i la somme de 200 florins
monnaie forte de Liège.
Les propriétés particulières de ce chapitre étaient d'environ
25 bonniers de terre arable et de 54 bonnicrs de bois, plus
quelques rentes. Le chapitrt^ do Notre Dame y possédait en
1657 environ 45 bonniers de terre. Aujourd'hui l'église de S^
Martin ne possède itlus un pouce de terrain dans son ancienne
seigneurie de Marchin.
' ; Sclloonbroodt. Chartves de S^ Martin, n° 125, 29 août 1281.
») Rugistre de St-Martin, n» 608, p. 129 1429) et registre Hambourg B, n» 1, p.
374 tlS72 .
(') Voir aux ;innexes, ri" 7.
; 1; Dans la liasse n" 330, archives de S' Martin, se trouve un registre ou « papier
auclenliek des cens, rentes, vins et autres revenus appartenant à V. S. le vice doyen
et capille del église S'-Marlin... gisant en leur hauiteur de Marchin en Condros, (ail
et renouvelé par noble homme M'' Ghuys deFloyon en 1461;. en quel seront e.scripts
lesdits cens, vins et revtnub.lcs héritages sur quOy ils simt gisans et les personnes
qui les tiennent cl les rolevations de sour ce faites. ■■
319 —
L'église de Marchin.
L'église de Marchin, dédiée ù la S"' Vierge Marie, apparieiiait
au concile de Ciney, dans l'archidiaconé du Condroz. C'était
une église média, ne devant payer que la moitié des contribu-
tions qui étaient dues par les curés à leurs supérieurs ecclé-
siastiques. ( ' )
Les chapitres de S' Martin de Liège et de Notre Dame de
Huy, jouissaient du droit de patronage sur l'église de Marchin.
En 12:22, l'évêque de Liège, Hugues de Pierrepont, pour
subvenir k l'insuffisance des revenus de la collégiale de
S^ Martin , lui incorpora les églises de Vechmael , Breust,
Ouffet et Marchin; cette mesure fut approuvée par l'archevêque
de Cologne et le pape Honoi-ius III (^). Le chapitre devenait par
cette union le priiicipal titulaire de ces églises; il choisissait un
prêtre pour les desservir en son nom, le présentait à l'archi-
diacre qui lui conférait la juridiction et l'investissait de la cure ;
il obtenait enfin le droit de percevoir les revenus de ces églises ,
avec charge d'en attribuer une portion congrue au curé. Cette
incorporation suscita des difficultés entre le chapitre de S' Mar-
tin et celui de Notre Dame, relativement au droit de nommer le
curé de Maichin, mais elles furent applanies en 1228, par une
conveniiou qui attribuait cette nomination alternativement à
l'un et à l'autre chapitre {').
L'official de Liège reconnut en 1301 la légitimité et l'an-
cienneté de ce droit, constatant en même temps que l'église de
Marchin et la chapelle-annexe existant à Lize avaient été, depuis
un temps immémorial, desservies par un seul recteur (*).
(*) Cf. Daris. Histoire du diocèse de Liège T. I. p. 3.
(*) La Bulle pontificale datée du 16 mai 1:22:2, a été publiée dans Mirœus Opéra
diplomaiica, T. III, p. 383. L'original se trouve parmi les Chartres de la collégiale
deS> Martin, n» 19.
[^) Voir aux annexes, n" 3.
(*) Voir aux annexes, n» 4.
— 320 —
Lorsqu'en 1323, Jacques, curé de Marchin, et le curé d'Âcoz,
Ubéric de Grâce, écliaiigèrent leurs cures, il lui foraielleiiKMit
stipule; que le chapitre de Noire Dame, en agréant cette permu-
tation, ne perdait pas son tour de collation ( *).
Nous l'avons déjà dit : les deux chapitres percevaient la dîme
dans toute l'étendue de la paroisse de Marchin, mais chacun sur
des terres différentes et dans un ressort déterminé. Les biens de
l'abbaye de Solières semblent seuls avoir été exemptés de cette
redevance, par une chartre de 1174. Nous comprenons dans ce
sens l'analyse que le chanoine écolàlre de S'-Martin, Jean
Vandenroye, nous en a conservée :
« 1174. Décima de Solières cum terra quse solvebat ecclesiae
25 denarios, tradita est ecclesiae de Solières, quœ mortuo prae-
posito successor relevabit dictam decimam et terras pro 13
denariis (-). »
Le curé de Marchin avait aussi une part de la grosse et menue
liiii-ie; il percevait les revenus des bien-s dotaux de l'église et
la dîme entière des novalia (^), appelée « deniers des sacs» ;
tous ses levenus étaient évalués au XVIII'' siècle, à la somme
de 90 muidsd'épeaulre.
11 y eut de temps en temps des contestations pour la percep-
tion de la dîme, tantôt entre les deux chapitres, tantôt entre
ceux-ci et le curé ou les paroissiens. Comme elles n'offrent
guère d'intérêt, nous nous contenterons de mentionner les
documents qui s'y rapportent.
12 août 1403. — L'official de Liège ordonne à ceux qui
exploitent Va montagne des clercs, de payer la dîme au chapitre
de S' Martin, sous peine d'excommunication et d'une amende de
100 nobles d'or (*).
( * ) Voir aux annexes, n« 6.
(*) Archives de St-Martin. Reg. 606, fol. 529-
( ') Lorsqu'une lerre inculte venait à être exploitée, la dîme sur les produits de la
première année appartenait exclusivement au curé : c était la dîme des novalia.
{ * ) Chartres de la collégiale de S'-Martin, n» 355.
- aâi —
23 février 1407. ~ Accord entre les deux chapitres pour la
dîme des vignes nouvellement plantées en lieu dit : entre deux
thiers (' ),
1463. — Le curé de Marchin, Jean de Lize et le chapitre de
S* Martin, ayant une difficulté pour la dîme des novalia, la sou-
mettent à la décision de trois arbitres : Daniel de Blochem, cha-
noine de S^-Paul, W Eustache de Atrio, chanoine de St-Pierre
et Henri de Pu Item, chanoine de S^-Lambert.
Le 2i2 juin 1S04 , les deux cours de justice de Marchin
décident à quel chapitre appartient la dîme de certaines terres
situées sur la voie de Roiseux, en tliier en Vaulx, en fons en
Vauîx, aux Saweaulx, en waige en Vaulx.
Le S août 1549 ('^), l'olncial de Liège ordonne à Gérard,
desservant de l'église de Marchin de respecter les droits du
chapitre de S'-Martin (').
10 avril 1556. — DéUmilation et si^écilication des dîmages.
22 avril 1556, — Convention entre les deux chapitres et le
curé pour la dîme des novalia, du bois l'Évêque, du bois des
Stallons, etc.
17 juillet 1557. — Décision arbitrale prononcée par M'" Mathieu
ïrappé, chanome-costre de S'-Martin, Bauduin de Vaulx,
licencié en droit, avocat de la cour, et M'^ Jean deXheunemont,
licencié en droit, doyen du concile de S'-Remacle et chapelain
de la collégiale S'-Paul.
15 décembre 1557. — Convention entre le chapitre de
S'-Martin et le curé Mathurin Goegin, chanoine de la collégiale
de Huy.
1 mars 1560. — Accord entre le chapitre de S'-Martin et
Gérard Monnart, desservant de Marchin.
( * ) Voir aux annexes, n" 8.
(') Peut-être faut-il lire 4559.
( ' ) Chartres de S^-Marti}i, n» 747.
32^2
8 novembn' 1575, — Condamnation prononcée par l'official de
Liège contre le curé de Vyle, Rason de Tharoule, pour avoir
violé les droits du chapitre de S' Martin.
Confirmation de cette sentence en appel, par Martin Halloixet
Martin Didden , successivement doyens de la collégiale de S'
Pierre h Liège; confirmation en 3" instance, par le juge aposto-
lique Balthasar d'Augusto, doyen de S^ Bartliélemi.
28 janvier 1587. — Le curé de Vyle promet de payer, à titre
d'indemnité, au chapitre de S' Martin, 200 florins de Brabant.
Juin 1618. — Renouvellement des dîmages.
17 mai 1684. — Les deux chapitres règlent quelques difficultés
qui s'étaient élevées au sujet des limites de leurs dîmages ( * ).
Voici les noms de quelques curés de Marchin :
Jean de Cixei, cité de 1302 à 1317.
Jacques ou Jackemaix, cité en 1322, devint en 1323 curé
d'Acoz.
Lbericus de Grâce, nommé en 1323, auparavant curé d'Acoz.
Martin Jodoigne, en 1445.
Jean de Liese, chanoine de Notre Dame deHuy, de 1460 h 1479.
Adam de Borsy, curé de Pervvez en 1506, avait été précédem-
ment curé de Marchin.
Guillaume de Bastogne, chanoine de N. D. de Huy, cité en
1515, mourut en 1519.
Les registres de l'archidiacre du Condroz mentionnent à cette
même année, comme présenté par le chapitre de N. D., Maître
Hf.nri Weulay de W^aremme, et indiquent comme curé, en
1520-1528, Maître Bertrand Brouwet.
En 1537, la cure était vacante, peut-être par la mort de....
DE LA Malle, chanoine de Notre Dame C), et devint l'objet d'un
procès entre Frédéric Pipenpois et Gobbelin Coppens.
Le premier résigna la cure en 1540, et Gobbelin Coppens,
( ' ) Ces documenis se liouvent dans la liasse, n" S30. Archives de S« Martin.
( •) Nous ue savons s'il faut placer ce curé avant 1537 ou avant 1547.
chanoine de S'-Marlin, en fut pourvu par lettres apostoliques.
Lorsqu'il fut devenu doyen de S'-Martin, il se démit de la cure
moyennant une pension de 10 fls de Brabanl. Un registre des
archives de Notre-Dame rapporte que Jean Remigii fut présenté
en 1347, et qu'il mourut en octobre 1567, tandis qu'une anno-
tation dans les archives de S'-Marlin, parle d'une Bulla ex
resignatione .fois Remigii ecclesiœ B. Mariœ de Marchin ( 13 kal,
aprilis 1547), et plusieurs documents nous prouvent qu'en
1348 et 1337 Mathurin Gokgin, chanoine de Huy, était effecti-
vement curé de Marchin.
Gérard Monnart est cité comme prêtre desservant de Marchin
en 1360.
Maître Lambert Lambotte, d'Erève, fut nommé curé de Marchin
l'an 1369 ; il fonda une messe hebdoma laire en l'honneur de la
Passion de N. S., mourut le 14 janvier 1603, et fut enterré dans
le chœur de son église ; la pierre tumulaire portait l'inscription
suivante :
Ici gist vénérable et discrète personne maistre Lambert Lam-
botte UEreve institué curé de Marchin en Condros l'an 1569,
le[q]uel [y] trespassat Van 1600 et 3 en mois de janvier le li jour,
fondateur de la messe hebdomadaire de la passion les vendredis.
Priez Dieu pour son àme.
Charles Ruelle, bachelier en théologie, devint curé de Mar-
chin en 1603, gouverna la paroisse pendant 30 ans, célébra son
jubilé, et mourut le 12 mai 1663, h l'âge de 84 ans. (')
Voici son épitaphe :
Hicjacet V. D. Carolus Ruelle S. T. Bac. formatus, pastor per
concursum constitutus 1603, qui spart a hac utpotuit optime ador-
nata, obiit 1663 may 12, œtutis vero suœ 84. Requiescat in pace.
Daniel Médard, successeur de Charles Ruelle, fonda une
messe hebdomadaire en l'honneur du S. Sacrement et mourut
le 7 février 1687.
( 1 ) Son testament, du 22 mars 1663, fut enregistré à la cour de Marchin.
OEuvres, n» 43, foL 80.
— 324 -
Hic jacet R''"' D"'" Daniel Medavd hujus ecclesiœ pastor et fun-
dator missœ r*''" Sacramenti singulis quintis feriii, in perpetmtm
decantandœ. Obiit 7 Febr. 1687,
Requiescat in pace.
A la mon de Daniel Médard, un conflit s'éleva entre les deux
chapitres pour la nomination de son successeur. Le chanitre de
S' Martin nomma Claude Charles Tarary, celui de N. Dame,
Lambert MoTTET.L'aff'aire fut déférée au tribunal de l'archidiacre
du Condroz, et se termina par un compromis, dont voici les
conditions :
1" Lambert Motlet renonce b la cure de Marchin en faveur
de Charles Tabary, moyennant une pension annuelle de 100 fis
de Brabant, hypothéquée sur les biens de la cure; 2" Charles
Tabary promet de demander à ses frais le consentement de Sa
Sainteté à la constitution de cette rente ;3°la première collation
appartiendra sans conteste au chapitre de Huy.
Cet accord conclu par les deux prêtres intéressés, le 16 mai
1687, fut ratifié par les deux chapitres.
Claude Charles Tabary mourut le 14 juin 1717, après avoir
légué tous ses biens aux pauvres de sa paroisse (').
Hic jacet D. C. C. Tabary in Marchin constitutus per concursum
pastor \6S1, qui pauperes parochiœ suos iustituii hœredes. Obiit
iijunii anno 1717.
Requiescat in pace.
Maître Jean Nicolas Barbaix fut curédeMarcliinde 1717 kl750.
Martin Jacquet, pourvu de la cure par lettres apostoliques du
pape Benoît XIV (7 décembre 17o0), la ré.«igna, le 8 octobre
1790, en faveur de Pierre Joseph Crespin, qui fut installé le 15
mars 1791.
Il y avait dans l'église de Marchin un bénéfice simple sous
(') Son testament, liu 9 ruai 1717, enregistre' le 26 juillet. Marchin. OEuvrcs,
«0 43, p. 123 V".
- 325 -
l'iiivocalion de S' Jean Baptiste, ayant un revenu de 48 muids
d'épeautre; le recteur était nommé par le curé, et devait
célébrer tous les quinze jours une messe h l'intention des fon-
dateurs. L'autel de ce bénéfice était consacré et se trouvait du
côté de l'épîlre. Maître Franck do Herck, chanoine de Notre-
Dame de Huy, en était recteur en 1460. Les autres recteurs
turent :
Guillaume de Steyvordia (Stevoorl), mort 1515.
1515. — Gisbert ou Guidon de Houdemont, résigna 1520.
1520. — Jean Ludovici, 1528.
1528. — François Scliinvelt, 1534.
1534. — Lambert de Warnant, 1540, etc.
1593 — Pierre de Laître (de Atrio), mourut 1618.
Urbain de Laître résigna ce bénéfice en 1615, en faveur de
Henri, flls de Jean Lambotte.
1615. — M'^ Henri Lambotte, 1626.
1626. — Le doyen de la collégiale de Huy, 1643.
1643 611651. - Daniel Médard.
Charles Ruelle, mort en 1663.
1663. — Jean Micholte.
Simon ISicolaï, mort le 5 décembre 1666.
1693 et 1701. — Massart.
1781. -- Thomas Jeangetle.
1765, — Lambert Jeangette.
Un deuxième bénéfice fut fondé vers 1552 en l'honneur de
S*^-Barbe. Jean Robin en fut le premier recteur. Les revenus
étaient tellement minimes qu'il n'eut plus de titulaire jusqu'en
1655.
1655. — Servais Jacobi, 1666.
1666. — Pierre de Warelz, 1673.
1673. — Henri Morea, 1673.
1673. — Pierre de Waretz, 1673.
1673. — Toussain Stephani.
Ce bénéfice fut incorporé à la fabrique vers cette époque.
— 3i>6 —
La chapelle auxiliaire qui se trouvait dans le hameau de Lize
oudeJamagne, ëtnit dédiée h S' Nicolas et desservie par le curé.
Lei26 février 1772,révéque de Liège autorisa l'éreciion d'une
chapelle en l'honneur de Notre-Dame et de S' Guillaume.
La paroisse de Marchin comptait, en 1701, 460 communiants,
en 17o4, 173 familles et 556 communiants.
La mense des pauvres avait, en 1754, un revenu de 19 muids
d'épeautre el de 98 florins. Il y avait 5 cloches dans la tour.
En 1701, le vicaire tenait école dans sa maison. L'archidiacre
du Coudroz insista, lors de sa visite, pour la construction d'une
école. L'école fut construite et dédiée à S' Nicolas (^).
Nous terminons ici l'histoire de la seigneurie et de la paroisse
de Marchin; nous aurions voulu, pour la rendre plus complète,
parcourir encore les trente à quarante liasses de papiers, de
registres aux plaids, de procès, qui se trouvent rangés dans le
dépôt des archives sous la dénomination de Marchin; mais nous
avons dû nous interdire ce travail pour pouvoir consacrer nos
loisirs à un autre objet qui nous touche de plus près : VHistoire
de la collégiale de S' Martin .
E. SCHOOLMEESTERS,
Vicaire de V église 5' Martin.
Cl Archives archidiaconalcs ..u huroau de rEvèché de Liuge. Visites de 1701,
1731 et J754.
DOCUMENTS,
H06. — Vévêque de Liège, Otbert, fait savoir que Willibert de Marchin et
Gifeldis, sa femme, ont donné à Véglise collégiale de Noire-Dame de Huy,
leurs alleux de Marchin, près de Huy, et de Marsinne, près de Couthuin.
Il fixe les droits de Favoué.
In nomine Sancte et Individue Trinitatis pax cunclis fidelibus. Amen.
Que tradita sunt a fidelibus ecclesie Dei ad memoriam postenlatis
competenter et ordine teslamento inserenda sunt ut et beneficii memoria
non deleatur et preterita tanquani pre oculis posita conspiciantur. Proinde
ego Otbertus gralia Dei Leodiensis episcopus petilione Hoyensis ecclesie
testamento commisi, qualiter ei et allodium de Marchins tiaditum sit, et
in quos usus, quid advocalo sit concessuni . quid interdictum. Willibertus
et uxor ejus Gifeldis allodium de Marchins cum omnibus suis appenditiis,
sicut empium fuerat a comité Balduino et possederant, ecclesie S. Marie
que est in Hoyo ad usus refectionis fratrum légitime et pacifiée tradiderunt,
et statim tempore quadragesimali et adventus Domini refectioni applicue-
runt, et usumfructum molendini quod est ante monasterium in vita sua ab
ecclesiasusceperunt; providerunt etiam ad majorera cautelam, nealicuide
génère suo in procurationem deputarelur ut eis omnis occasio nocendi
toUerelur, sed assensu capituli per manum decani fideli fralri committe-
relur, qui reditus loci et jura conservaret et oportune fratribus ministraret.
Hac traditione légitime compléta, quia advocatus ibi nichil juris habebat
et tamen necessarius erat ecclesie propter defensionem loci ordinavit,
precibus ecclesie , advocato in ipsum consentiente ut non nisi evo-
catus a preposito loci , manum apponeret , et tune nihiloplus quam
l>erciam haberet, et idipsum nemini beneficiaret. Interdictum est ei ne quid
— 328 —
ab aliquo rustico ibi violenter exigerel, sed sibi concessis contentus esset,
quod si amplius presumeret eo ipso careret ei usque ad saiisfactionera
excomniunicationi subjaceret. ConstiUierunt etiam missas in allario S.
Servalii in cripta pro animabus suis et predecessorum suoriim, ubi etiam
sepeliri decreverunt, et in lios usus allodium de Marohinis juxta Cultuem,
cum taraila que est post S'"'" Severinuni, omnino tradiderunt, donum
autem ejusde manu Decani, consiliu et assensuCapituli expedito ab aliis,
nemiiii infra oïdiiies, sed tideli saceidoti iradi coiistiuuruui. In lioc autem
ailodio advocatuni uemineni esse voluerunt,sed rebelles excommunicalioni
subdendos decreverunt. Hiis ilaque cômplelis, omnes hujus instituti
violatores divine malediolioni, una cum omnibus pi'esbiteris, (jui alïuerunt,
addixi. Actum est hoc Hoyi, anno ab incarnaiione Dominica M" C" VI"
indictiûne XIV, régnante Henrico, Otberto episcopaïuni administrante,
Liebeito preposilo, Bosone advocato. Testes hujus rei; lienricus arcliidia-
conus et decanus, Andréas et Alexander archidiaconi. Reinerus etWilelmus
advocati. De familia episco|)i : Lambertus, Warnerus, Theodericus. De
buri:cnsil)us : Dodo villicus, Bernardus, Bosselinus, Warnerus.
If.
24 mai 1227. — Le chapitre de y'otrc-Dume de Hiuj afferme une partie de
son bois de Maneluz aux masuiers de Marcltin ; Vautre partie est huée au
chanoim Frérecon, nous réserre de certains droits d'usage en faveur des
masuiers.
Au nom del père etdel fils, et de! Sanctime Esprit, amen. Je Domitiane
par la Deu j^ràce, doyen del église de Notre Dame de Huy et ensemble moy
totle l'iglise faisons à tos ceux (pii vciront cette chai te cognoistre vérité.
Sachent cilh qui sont et cognoissent cilh qui avenii' sont que nos avons
doneit accens en hertage as massuirs (jui sont tenant de la courte de .Viar-
chin part assens et octroit de tôt le chapitre, les dons pars de noire bois
de Marchin, ensy qu'il est entièrement, pour seize sols de Kiégeois de
cens à payer chacun an ainsy qu'on paye les cens des quartiers de la
courte et s'avons retenus à iiostre endomr.ine le bois toi kons appelle
Maneluz; et eus el bois que nos avons donné accens az masuiers qui desor
•^ont dit, at l'égliese rclenu la seigneurie el le justice en tels points que le
- 329 —
lat sor tottes les aultres terres que sont de cette justice, et s'avons doneit
accens en héritage la tierce partie de ce mesme bois de Marchin àFrérecon
nostre chanoine por wit sol de cens à payer chacun an ainsy qu'on paye
les cens des quartiers, par tels devises qu'ils ne ses oirs nel peuvent, ne ne
dolent vendre, ne enwaiger ne donner à warder à hait home, ne à cheva-
lier, ne a serjant n'az masuirs non de la courte, et en ces bois doient le
masuirs de la court de Marchin avoir le mort bois et le pa, et le wpge, et
le chesleche sans contredit, et sans oiiison tofes les fois que mesiiers
seret, mais del vaut ne doient ils point fors jetter, et le pan del masuier
quand il serat pris, on le doibt a curt mener et la droiturier se voit del
droit, l'église avoir les dous pars et ly louer la tierce , et sil avenoit par
aventure nu'ons y presist pan sur home afforan, on le poroit mener, la
vous vorait, safceque l'église en aroit son droit, ensy quil est desor
devisé et ly vouvé le sien, et s'il astoit pris el bois Frerecon, ses domages
luy seroient restoré, et lêglise et ly vouvé auront l'amende. Ce fut fait el
an de l'incarnation N. S. J. C. de mille an de deux cents ans et de vente
set ans en après en mois de maye la nuict de la feste S* Orban ( i ).
III.
Décembre 1228. — Le chapitre de Notre Dame fait savoir que par suite d'un
accord avec le chapitre de S' Martin, la nomination du curé de Marchin se
fera alternativement par Vun et par Vautre chapitre.
.loannes Dei gratia decanus Sancte Marie totumque ecdesie ejusdem
capitulum in Hoio, universis ad quos littere iste pervenerint, salulem.
Notum esse volumus quod cum esset conirovcrsia intcr nos ex una parte
et ecclesinm sancti Martini in Leodio ex altéra, super jure patronatus
ecdesie de Marcins, in hanc formam pacis convenimus, quod quoties-
cumque ipsam de cetero vacare contigerit, nos alternis vicibus, una
ecclesia post aliam pleno jure conferemus. Actum anno Domini millésime
ducentesimo octavo, mense decembri (2).
' ) Registre aux œuvres de la cour do Mdrchin de 1639-1666, fol. 89; il est ajouté :
M par exireite d'une lettre en parchemin, escripte de vieux characlere; en bas est
appendu ung grand seel en cyre rouge. «
('; Chartren de la collégiale de S^-Martiii, n'* 29.
330
IV.
1 janvier 1301. — Vofpcial de Liège certifie que les églises de Marchiv et de
Lize ont été, de temps immémorial, desservies par un seul recteur.
Uiiiversis présentes literas inspecluris officialis curiae Leod. salufem in
Dno sempiternam, cum notitia veritatis.Noveritis quod quia nobis constat
lej^itime, ecclesias de Marcyn et de Lies(capella existens in Marcins) ad
collationem seu !)resentalionem Yen. et Discr. vir. Decanorum et capitii-
lorum ecclesiaruni S. Marie Iloyensis et S. Martini Leod. perlinentes,
solitas esse a teniporibus retroactis et a quibus niemoria non existit per
unirum rectorcm seu sacerdotera deserviri et otficiari, et quia a lempore
quo memoria non existit unicus rector fuit et adhuc est rector earumdem,
nos discreto viro Dno Joanni de Cennaco presbytei'o rcctori earumdem ac
suis successoribus qui fuerint pro tempore concedimus ut ipsas ecclesias
pacifiée possidere et eas ambas insimul deservire va'eant, tanquani ab
invicem, ut nobis exlitit intimât uni, dependentes. In cujus roi testimnniuni
sigillura oiiicialitatis sedis Leod. presentibus literis est appensum. Datuni
a" Dom. M. CGC. in crastino epiphanie Oomini.
1502. — Adolphe de Waldeck, évéqiie de Liège, adjuge au chapitre de
S' Martin deux maisons qui avaient été détruites par les habitants
de Huy.
Querela Âdulpho episcopo per capitulura deposita quod communitas
Iluyensis incendio duas mansiones divertit, unam ad abbatissam de Soliers
capiiulo 5 sol. etaiiam Theoderici in 50 den.anliquis leod. etiam capitule
obligatas, in loco a longsacr prope Hoiuni silas. Inquisitione facta, here-
dilates ecclesie adjudicantur ( i ).
(') Archivent de la collégiale de S'-Marlin. Heg 606, fol. ol9.
- ;î81
VI.
Juillet 1323. — Les curés de Marchin et d'Acoz ayant permuté leurs cures,
le chapitre de S' Martin déclare que le chapitre de Notre Dame de Huy,
en approuvant cette permutation, ne perdra pas le droit de nommer le curé
de Marchin à la première vacalure.
Universis présentes literas inspectiiris decanus et capilulum S. Martini
Leodieiisis salutem in Domino cuni noiitia veritatis. Cuni venerabilis vir
D. Ubericus de Graez ©lim reclor ecclesie de Dachouz dictam suam
ecclesiam resignavorit uti assecit via pormiitatioiiis de ipsa ecclesia
faciendead vicariani B. Marie de Marchins, cum D. Jaceto, nunc ejusdem
vicarie perpetuo vicario. Cujus vicarie de Marcliins cum collatio seu
presentatio ad nos et Yen. Viros Decanum et capilulum ecclesie B. Marie
Huyi nsis vicissim dignoscitur pertinere, noverilis quod nos dicte permu-
talioni, quantum in nobis est consentimus, et placet nobis quod similiter
dicti Decanus et capilulum ecclesie B.Marie Hoyensis eidem permutalioni
suuni adhibeant consensum. lia lamcn quod nos volumus et in hoc
expresse consentimus quod ipsi Decanus et capilulum ecclesie B. Marie
Huyensis, hujusmodi permutatione et consensu non obstantibus, possint
ad dictam vicaiiam perpetuam prima vice cum vacarent, soli libère pre-
sentare, cum nos ultima vice soli presenlaverinuis ad eamdem. In cujus
rei testimoniuni présentes literas sigillo ecclesie nostre ad causas duxi-
mus apponendum. Datum a" Domini M. CGC. XXIll, dominica post divi-
sionem apostolorum.
VII.
25 février 1407. — Convention des chapitres de S^ Martin et de Notre
Dame, pour la dime des vignobles plantés en lieu dit : Entre deux thiers.
Nos decani et capitula ecclesiarum béate Marie hoyensis et S. Martini
leodiensis, notum facimus universis quod nos attendentes occasione
perceptionis décime quarumdam vinearum de novo plantatarum et excul-
— 332 -
tarum consistenlium seu jacentium in luco dicto inter duos montes prope
Hoyum juxta lunim dictam Hullcrcche liies seu discordias et discensiones
inter nos oriri posse in futurum. Idcirco iiujusmodi litibus et discordiis
obviareei iiidempiiitati dictaruni nostrarum ecclesiaruni in quantum pos-
simus prccavere volontés recepta pritis per nos seu nostros ad hoc a nobis
deputatos ab incolis sive bahitatoribus dicli loci su|)er hoc informai ione,
diligenli habito etiam super hoc a nobis maturo con>^ilio, do cummuni
omnium noslrum consonsu, nemine nostrum discrepante, pru l)Oiio pacis
et concordie Intei' nos et predictas noslras ecdosias in fnt'.num nulriende
concordavimus, tirmavimus, consentimus et ordinavimus ac per présentes
coniodiimiis, firmamus, consentimus et ordinamusquod predicta ecclesia
B. Marie hoyensis de cetero sola el insolidum percipial, haboat ot asse-
f|uatur quiète el pacifice absque conuadictione aliqua, iniegram (iecimam
pretactarum vinoarum versus Ho\um incipionte in loco dicto aile grosse
piere, progredions usquead vincam "irnoldi de novo vico inclusive, que
inlra parocliiam dicte ecclesie B. Jiaiie hoyensis siiuari dignoscuntur.
Et quia nobis clare constat reliquas alias vinoas superiores tendentes
versus vilîam de iMarchin siluari et consistore in parochia ecclesie de
Marchin que incorporata est conjunctim nostris ambabus ecclcsiis ante-
dictis, volumus, ordinamus et consentimus expresse quod etiam predicte
nostre ecclesie de cetero haboant eqiialiter et equali divisione percipiant
in futurumdecimamhujusmodivineanimlam excuitarum (juam in posterum
excùlendarum. Salvis tamen nobis dccanis et capituliset quibuslibet nos-
trum antodictis singulis juribus, proprietatibus et possessionibus nostra-
rum antiquarum decimarum, levandis per singulos nostrum in singulis
suis terminis el locls prout haclenus levavimus, percepimus et habuimus.
Quam siquidem ordinationcm ac omnia et singula prenarrata nos pro
nobis el nosiris successoribus hinc et inde per|)etuis lemporibus inviola-
biliter manutenere et nullatcnus contravonirc |!roniittinius nos invicem ac
bona prediclarum nostrarum ecclesiarum nobis muuio ob hoc ellicaciter
obligamus omnibus fraude et dold in hoc abjectis et penilus exclusis. In
quorumoiniiiuni il singulorum premissorum testimonium robiw et munimen
sigilla au<icnti(a prediclarum nostrarum ecclesiarum, presenlibus sub
cyrographo ordinatis et munitis feeimus appendi. Sub data anni dominice
nativitatismiMesimi qnadringenlesimi septimi.mens s februarii dieivigesimi
lerlii.
— 333 -
Vin.
Ordoiinanees et coutumes pour le moulin banal de Marchin.
Ordonnances e! coustumes que doient estre tenue et faicles et qui sol-
loient estre le temps passé pour et ent- e les moulniers de mollin del Statte
et de Jamaigne, qui est bannabe en la haiilteur de N. Dame de Marchin
d'une paît et le haulteur S. Martin à Liège, jugant à Marchin et les paro-
chiens mannans et sorseaiis en ladite hauiteur d'autre part, et que vous les
eschevins de ladite haulteur debvez salveis. Premièrement est asscavoir
qui tanto est qui vient nny; novea molnier endit mollin demoreir, il doit
aile requeste des mannans et sorseans faire serment en fâche de votre
haulleur, que il serat vraie et feauble as seigneurs |)remierement, az
mannans et sorseans de ladiite haulteur généralement, en faisant à eulx
droit et raison et wardanl le leur et de tenir les uzaiges ei droicture
accoustume dédit mollin et ansy dédits mannans ; et iceluy serment deb-
voT mettre par le maieur en warde, et de tennance des echevins par loy.
Et lesquelle coustumes et uzaiges et droicture sont et doient estre teilz.
Cest asscavoir que le moulnier dédit mollin aile requeste de mannans doibt
tantoest aller quere le nioulnée dédits mannans sains astar£;e ne contredit
et amenneir a mollin. Et lesquelz mannans peulent alleir avec a mollin,
s'il leur plaist et la, se ledit moulnier est par ledit mannant requis qu'il
esleve se mollin mollant sophue se a esceure yat pour moulre et esceure
se mouinee car ledit mannant le svoirat avoir scobeir, quant si arat escosse
et molluet, ledit moulnier le doit ainsi tantoest faire sains contredit.
Secundement qu'il doit avoir endit mollin stier et messure saillez délie
haulleur etleboisteal (boisseau) aile molturre les vinte faisant justement, et
nient debvoir jirendre par ledit moulnier ausdils mannans molture aultre-
ment que a vingtemme qui dict est, reseiveit et adjosté que il le peult bien
prendre délie Sainct Pierre jusquez aile sainct Remy à XYI''. Tercement
se ung manant n'avoit bleis en sa maison parqiien il luy convenisse achap-
teir waingnier ou enpronteir defonr delditte haulleur, que <iuant il arat dit
audit molnier qu'il y at en teil lieu délie bleid, il le voise quier pour
moulre, se ledit moulnier en est rcfuzant délie aller quier, ledit mannant
le peuit de la e:i avant alieir faire nioulie autrepart, la il luy plairat sains
forfaiture, ne quelcuncque attempianche. Quartomenl sil advient que une
grande mouinee sour le mollin et ly poeure homme y surviengne a loutte
— :yu —
sa petitte moulnée qui ayent nécessité d'avoir molIut,en haste, le moulnier
doit estre tenu tantoest qu'il serat mollut deledit grande moulnee pour une
fornee à cuyre en la maison dédit manant, del discliaigier le sourplusdel-
dite grande moulnee, et de ajourner et l'attendre tant que ledit poevre
homme en nécessité arat mollut la sienne |)etilte moulnee. Quinctementse
ung mannant quelle quïs fuisse, viengne a mollin pour moulre, il doit
estre advanchi devant tous estrangnes moulnee quilconcque venus devant,
ne après. Et par espéciale sil avoit estrangne moulnee sour le mollin quel
qu'il fuisse, se ledit mannant avoir nécessité de moulre, le moulnir deb-
verat mectre jus ioelle estrainene moulnee dédit mannant. Et se de ce
estoit le moulnier reffuzant, ledit mannant à cuy il refnzeroit, poirat alleir
laissicr jus les ventaulz (vans) de mollin en tollani le mollin l'eawe, sains
méffaire. Septeraeni sil advient que le surseant voudiait achepteir moul-
ture,il doit adonc alleir audit moulinier, et requérir sil at délie molture à
vendre, qu'il en puisse avoir pour teil pris (jue on luy vent aultreparl
desseur et desoubs, et se de ce ledit moulnier lui estoit refuzant que ledit
mannant en puisse de la en avant, bien achepteir auilrepart sil luy plaist
sains empeschement de moulnier. Item que de leur que ledit moulnier at
fait serment pardevant la haulteur en la manier qup le premier article
contient et qu'il at les messures seellces ainsy que desseur se contint, sy
le mannant vat aultrepart moulre sains le greil de moulnier, que la farine
ainsy aultrepart moulnee soit à la volonté de moulnier, la vérité soy née,
et touttefois et si souvent que ce adviendroil. item doit estre le moulnier
tenu déballer ou envoler chachier à cheval deux fois la se|)maine par tout
se ban pour ses snrseans advanchez. Ainsy subescript et subsigneet Jacob
Peelmans quo ad extractionem dausularum prapscri|)tarum ex registro
prœdicto ( ').
IX.
27 mai 1526. — Ordonnance émanée des chapitres de S' Martin et de Notre
Dame, réglant la jouissance des bois communaux, l'usage des eaux des
ruisseaux, Vexploitationdes mines, la paisson, le paijemenl d'une amende,
la réparation de réylise.
Nous les doyens et chapitres des Yen. églises collégiales de S. Martin
en Mont en Liège et de N. Dame de Huy, seigneurs lemporeils de la
(') Archives cle^ cours. Marchin. Parotîres, ISSO-ieeS.
terre et haulleur de Marchin et ses appendicîes en Condros salut. Scavoir
faisons que à la humble requeste et supplication à nous falctes par tous
les mannants de noire diile haultenr pour certains différents et fouiles qui
ont esteit faits et esmeus par les dits mannans... tant par vendaige de boix
de commun, comme aultrement, sans avoir le greii, ne consentement de
nous dits seigneurs; à cause desqueils différents et fouiles at esteit rendut
certain jugement par les Hon, Seign. M. leséchevins de Liège contre lesdits
supplians et manans, que notre plaisir fuysse de mettre jus icelles fouiles
et tous aultres differens, ad cause des usaiges de boix dudit commun, et
pour éviteir icelles et plusieurs aultres differens fraix et labeurs d'icelles,
et comme leurs bons seigneurs de vouloir mettre et ordonneir provision
et reigle, et la manière comment ils se doient dor en avant user de leurs
boix et communes qu'ils ont en notre dite haulleur, afin que ung chacun
mannant et surseant, demorant en iadicte haulteur ayent ce que à" eulx
appartient; condeskendans à Iheurs pryères et requestes et ensuyvant
certaine submission avons pris meiiheur advys et délibération par grande
diligence sur tout ce quy s'ensuyt.
Et nous ambedeux chapitres les ungs avec les aultres, avons unaniment
ordonneit et passeil, et par ces présentes ordonnons et passons pour nous
et nos successeurs que lesdits mannans et surceans de notre dicte haulteur
et leurs boires et successeurs après eulx seront tenus à tousjours user de
Iadicte commune et aisemence en la manière qui s'ensuyt.
Premièrement avons ordonneit et ordonnons par ces présentes que tous
les mannans dudit .Marchyu et ses appendices tant delà le ryeu de wappe
que decha, veyu qu'ils payent deysmes, cens, rentes et crenees à nousdits
seigneurs et au prouffit délie haulteur, et qui sont vrays parrochiens,
poldront licitement weydyer leurs biestailles,tailhyer et prendre ensdictes
communes tous mors boix et aultres boix à tailhe, avecque les fauvves
pour leurs chauffaige et toucaige, et pour faire leurs labeurs de cheruwaige,
et yceulx iieneir en leurs maisons, sans les pouvoir meneir hors de
Iadicte haulteur, ne vendre à personne queilcohcque en nulle manière, et
aussy deffendons de ceste heur en avant que nuls surcheant ou inhabitant
de Marchyn et ses appendices, soit forgerons, charlier ou aultre ouvrier,
ayant mestier de boix, ne taille, ne faiche taiihyer queilcque pièce de boix
pour faire aultre choese, synon entour leiurs cherruvves, comme susdit
est. Et quiconque contre ce que dit est ferai, serat tenut à l'amende de
dyex florins d'or des quattres électeurs a divider à l'ordonnanche de nos-
- ^36 —
dits seigneurs ; el se après atlvenoit que aulcunchaisne,f<mwea(ou) aultres
arbres portant fniycts tiiyssenl lonibeis ou abattus par vens. oraiges ou
aultres iempe.stos,(;elu\ des mannaiisqui les trouverat premier, le pouldrat
calengier et faire son pronllit, sans les pouvoir vendre ou nieneir hors
notre dicte haulteiir sur l'amende susdicte dedans le premier article
contenue.
Item deffendons que nuls manans ou sourceans prende queilcque boix
ou leygnes, de fachon que aultruy manans ou sourceans ayent taillyot ou
fait tailhyer pour son chauiïaige sur l'amende desiex florins d'or, desquels
le raporteur à nous ou a nos commys aurat ung florin susdit.
Item si aulcuns desdis mannans vouloitmaisonner sour aulcun heritaiges
extante en notre dicte hanltour, t'uysse maison, graingne. stavellerye ou
aultres ediffices, iceluy mannant serat îenut de demandeir a nous ambe-
deux mayeurs ou commys a tcils el aultres afi'aires deputeis, congiel de
copeir chaysne ou aultres boix ensdities communes et Iheur déclareir
queil ediffice ou maisonnage il veult faire. Et lesdits maire ou aultres nos
commys leur debveroni donneir congiet, et alleir meneir eulxà tous leurs
chcrijentiers sur les boix et communes, et enseigneir leils boix qu'il leur
fauldrat, à la moindre f'oulle desdictes communes. Et pour ce que selonc
raison el équileil les rit hes debveroni suiiporteir les poeuvres, avons
ordonneil que quant lesdis mannants voldront edifyer, que nos mayeurs,
commys el deputeis ad ce ayent regarda riches et a ceulx qui ont chevaulx
et harnais pour eulx enseigneir les plus longtains boix, affin que les
poeuvres non ayans c.hevals ne harnais puissent avoir les plus prochains ;
car l'on pouldroit enseigneir ausdis poeuvres sy lonhiains boix qu'ils
n'aroient faculleit de cheryer leurdiis boix sur leurs heritaiges, ce qui
nous semble y est a la conservai ion desdittes communes et de raison ;
pourveyut en tout que teils ediflices soyent assis et mys sur ladicte haul-
teur, sans les pouvoir meneir, ne mettre hors de ladicte haulleur, sur la
peyne susdicte ens au premier article. Et volons que leils ediffices soient
joindus et mys une fois ensemble sur le lieu là où le boix serai coupeil,
devant qu'ils soyent meneis sur l'heritaige ou place, là ou ils doyeni estre
mys, et ce en présence de notre dicte maire ou commys, lesqueils recep-
vero.it les sermens desdits cherpentyers. que en teil ediffice faisant, arat
fait le proulfit de nous el de la haulleur et seigneurie susdicte.
Item ordonnons que se dorsenavant aulcuns desdits mannanls faisants
-^ 387 -
faire des boix desdictes communes , aucunes planclies ou quartiers ,
fourmes, escryns, ou couceiettos (i), dresoirs, bans à cofires, lésons ou
aultres ouvraiges et ils volsissent alleir demoreir hors de ladicle haulteur,
que teils ne peulent teils ouvraijiies emporteir, emmeneir, ne vendre hors
ladicte haulteur et paroiche de Marchyn, se ce n'est par le consentement
de nous seigneurs, se ce ne fuyssc pardons de mariaige d'ung fils ou filhe,
sansfraulde; semblablemem que nuls desdits mannants de Marchyn et
ses appendices puissent abbattre chaysnes ne aultres arbres pour faire
pafys (2), se ce n'est pour renclore Iheurs jardins, veoir que teil jardin ne
contiegne que une verge grande ou le environ, sur l'amende du premier
article.
Item volons que nuls nouveau mannants en ladicte haulteur et paroiche
de Marchyn et ses appendices, ne peulet prendre bois pour faire queilque
huttes, ou ouvrir la terre, ne prendre boix queilconcque pour hourdeir(5)
s'ils n'ont premièrement pris congiet et licence de nous seigneurs ou
commys et mayeurs, et ont fait le serment comme ilh appartient.
Item volons que nuls mannans ou sourceans susdits puyssent tourneir
lyawe du rieu partenant à nous susdits seigneurs, sur leurs hireiaiges sur
l'amende de syex florins d'or.
Item voulons et deffendons que nuls cherrons de mynnes et cherbons,
ne passent parmy les heritaiges extans en notre dicte haulteur et ses
appendices, sur l'amende de syex florins d"or comme dessus.
Item quant à la paisson desdictes communes suyant le contenut d'une
certaine lettre (4) d'appointcmcnt fait ou entrepris l'an mil quatre cents
et trois vingts et quattorse le diexwylteme jour d'octobre, laqueille après
l'avoir bien meurement viseiiteit et entendut, combien que à notre sem-
blance teille lettre ne fuyst oncques du tout passée et sayellée, et affin que
chescung des mannants susdits sachent comment d'an en an perpétuelle-
ment se debveront useir et conduire de mettre pourcheaulx sur les pais-
sons desdicl s communes, avons ordonneit et ordonnons que tous les
manants dudit Marchyn H ses appendices en général, chacun an, quant il
arat paisson sur lesdicles communes, seront tenus de requérir noire
{ ' , Couctieltes.
(') Pafices, pieux, palissades.
(') Faire des éciiafaudages.
(*) Celte lettre «e trouve dans un regislie. Archivai» de S'-iMartin, liaese n° 530.
338
mayeiir a tous quattres cognisseurs de faire ad ce Visitation de ladicte
paisson, jiour scavoir combien Ton pduldroi' chergier desdits porcheaulx
sur lesdils boix et c.ûmmunes, atHii (|ue chacun desdits mannans y mettent
leur porcheaidx par reigle sans pouvoir lesdits boix trop chergier. Et
seront tenus lesdits manants d'avoir les porceaulx quyls voldront mettre
sur lesdits boix on Iheurs maisons la nuytte délie S. Giele ou au [dustard
dedens l'octave d'icelle; car sils n'avoient adoncques nuls pourceaulx, ils
n'en pouldroient metiro sur ladicte paisson nuls cette année ; se doncques
neusissent excuse légitlime , laqueille poidront allégueir devant nous
seigneurs ou nos mayeurs et commys, pour ce y avoir regard. Et |)ayeront
lesdits mannans chacune année pour chacun pourceaulx qu'ils mettront
sur lesdits boix et communes en jour del S. Remy ou ent l'octave, a nous-
dits seigneurs ou a notre recepveur ung denier forte quant y mettront
leurdits pourceaulx sur lesdits boix et non plus.
Item poidront laisseir leurs pourcheaulx oitant quy Iheurs appartient
et rostier et reprendre à Iheurs plaisiers,condilioneit que teils pourcheaulx
ne aultres ils ne les poidront remettre quant ils en aront esteis rosteîs
purcesie année sur lesdits boix, et quiconque ne chargerai dedens ledit
temps lesdits boix de pourceaux, il ne poldr;it mettre nuls pourceaux sur
lesdits boix pour ceste année.
Item si anlcuns des mannans povre neusist la puyssance dachaiteir des
pourceaux ent le temps susdit, celuy poldrat vendre aux aultres des
mannans de notre haulteur sa portion, ligement et à son profil.
item volons et deffendons que nuls dolledicte haulteur et ses appendices
puysse, ne puyssent laissier courir, aleir, ne venir de fait volontaire, sur
lesdictes paissons, nulles bestes que lesdits pourceaux, synon en passant
et rapassant, toute laditte paisson durant, ne |)Ouvoir ne devoir se battre
ou faire se battre, assambleir, rosieir, ne enporteir glans ou fayenes. a
grande fonlie et dommuige de ladicte paisson. Et le recours delledicte
paisson demoierat au proffii desdits mannans, à leille condition, devise et
équitcit comme dit fayene est de la paisson sans rens payer aux seigneurs.
Item avons ordonneit et ordonnons que les cureis ou desserviteurs
dycelle dicte haulteur présent ou future, poldrat mettre sur ladicte |)aisson
ung, deux, trois ou quattres pourcheaulx se la faculieil le [lorte, de tant
soit plus ou moins à l'ordonnance dudilvisiieui et commys; semblai)lement
ceulx qui sont nobles, genlils^(,ou vivans de leurs biens, sans labeurs.
— 3;{9 -
semblablenient les cheruwyers qui ont ou aront une ou plusieurs cheruwes.
Uem semblablement un homme ou femme vefve , ayant une ou plusieurs
cheruwes, item nos ambecleux mayeurs pour leurs paines, labeurs et
traveilhes pokiront mettre ottant que ledit cureit ou deserviteur sans dirai-
nueir teille quote que a eulx debverat appartenir par bonne raison, soit
cherruwyer ou laboureux. Et touchant les manouvriers, clercques ou
aultres hommes mannans y poldronl mettre la nioitye, d'ottant que les
susdits cureit ou cheruwyers.
Item une femme vesve ou aultre tenant seule son maignaige y poldront
mettre la raoitye de teil nombre que les susdits manouvriers, c'est-à-dire
de deux ung.
Item quant est au sallaire des sergeants, lesdits mannans ou surceans
leurs veulent payer pour leurs labeurs et aultres sallaires ce que justice
leur ordonnerat a droit et raison. Item le quote ou la troixèrae part des
mynniers que les seigneurs ont concédeit aux mannans et surceans, ainsy
que leur instrument fait mention. Dorénavant, les susdits seigneurs des
deux chapitres rechepveront lesdits deniers tant et sy longhuement qu'yls
seront rembourseiz et payez des fraix et despens que les mannans et
surseans leur sont redevables des enquestes et sentences rendues au
prouffit desdits seigneurs; lesqueils despens estoient très grans, mais
sont taxeis par les députeis des deux chapitres par amyable à H' II 11'='' et
chincque florins, monnoyede Huy. Item l'amende et fourfaituie comme il
appert en la sentence rendue estoient très grands, mais sont aussy mys
par spéciale grâce par les susdits députeis à IllI'"' et dyex florins monnoye
susditte pour les deux chapitres , c'est a savoir que chacun chapitre arat
pour une verrie 45 florins susdits. Item après que Messieurs seront con-
tenteis et rembourseis, les raambours debveront repareir l'église a bien
entretenir cl rendront compte à nosdits seigneurs dan en an des rentes de
l'église, mynniers et auUres rentes, octroyés aux mannanâ et surseans,
comment que on les puysse nommer, afiîn que teils biens soient applic-
queis au plus granl proffit de toute la susditte communauteit de Marchyn
et leurs boires et successeurs. Et payeront a nous seigneurs ou commys
qui ses comptes orront chacun deaux ung demy stier de i)on vin pour
leurs labeurs. El s'il est trouveit (jue aulcuns desdis mannans et sourceans
de Marchyn et ses appendices coiitrevenisse ou fuysse rebelle ou volsisse
aultrement useir a paisson ou aultre reigle et devise, ils seront condamp-
neis à l'amende susdicte. Item se à cause de toutes ses ordonnances et
340
articles tant à fait et uzance desdis boix que de ladilte paisson ou aultre
sourvenoit queiicque différent ou dubilalion entre lesdlts mannans et
surcéans, volons et est notre intention que icelui différent ou question soit
et doit estre par nous decerneit et dédareit sans fraix et despens des
partyes, à la bonne foy selon raison et equiteil, reservans a nous la décla-
ration et interprétation d'icelle, et aussy puissance et authoriteit d adjous-
teir, diminueir et eorrigier tous les poins et articles susdits, en tout ou
en partye selon la qualiteit, circonstance et condition du temps qui pol-
droient advenir. Toultes lesqueilles ordonnances et conditions cydesseur
au long déclarées, commandons à tous nos susdits mannans dudit Marchyn
et ses appendices, de icelles tant pour eulx que pour leurs successeurs et
ayans causes de eulx tenir et fournir à tousjours sans aleir, ne procureir
allenconlre en manière nulle, et avecque ce icelles ordonnances cognoistre
et promettre devant nos susdits mayeurs et echevins tenir pour bonnes,
fermes et estables en toutes ses parties et meilheure fourme, et le tout
entendu! à la bonne foy et sans fraulde. En t moing de toutes lesqueilles
ordonnances et choeses faictes pour le bien publicque desdits mannans,
avons en singne de vériteit mys et appendutz les seaulx de nous lesdits
chapitres comme souverains seigneurs del haulteur de Marchyn, l'an mille
cinqs cens vingt syex du moys de may le vingtesepleisme jour (i ).
X.
rt tioùt 1638. — Diplôme impérial cricjeant la seigneurie de Marchin en
comté du Saint -Empire.
Leopoldus divina favente clementia electus Romanorum imperator
semper auguslus, ac Germani;e, Ilungari^», Roliemia^, Dalniatiae, Croatiae,
Selavonifc Rex, etc.
Illustri ac niagnifico nostro et sacri imperii dilecto Joanni Gasparo
Ferdinando comili de Marchin, marchioni Clarimonlano, Baroni Dunensi,
domino in Mesiers,comiti (iravillano, domino in Marchin et Modava, mili-
tiaeequestris a fascia crurali nonien sortitic equiti,supremo copiarum sub
ser : principis Condei auspicio ductu ac sacramento milit;mtium praefecto
^', ('.liartes de la cotté^jiale S. Martin, n» 704.
341
et serenissimi potentissimique Hispaniarum Régis Catholici nvunculi et
fratris nostri clarissinii capitaneo generaii, riecnon universis et singulis
praesentes has nostias litleras visuris lecliiris ac, legi audituris gratiam
nostram csesaream et oiDne bonum. Etsi pro innata nobis benigiiitate
(iementiaque summi et immortalis Dei qui celestis suae liberalilalis
Ihesaiiros in universum homiuum genus largissimo effiindit exeniplo,
postquam ab ipsius divina majestate ad majestateni hanc bumanam et
siiblimilatem caesareaedignitatis vocati atque evecti sumus, hoc imprimis
curae habemus m (quo excelsus et inclytus thromis noster niagis conspi-
(uus reddi ac deoorari solet) munificentia nostra in clientes et subditos
nostros quorum id virtus et fides merentur, amplissime extendatur exer-
ceaturquc, decere tamen existimamus ut diiigens et singuiaris habeatur
ratio, quo prœmia cuique et honores dignitatesque pro cujusque rneritis
débite discrimine <'onferantur, ut videlicet unus ab altero quibusdam quasi
gradibus distinguatur , et qui clariore loco nati nobilitatem a majoribus
accpptam nobiiibus ac praeclaris actionlbus ac virtutum studiis pro patria,
pro principibiis suis, pro republica strenue laborando magis niagisque
illustrant, amplioris honoris ac dignilatis eminentia decorentur ; sic enim
ratio œquilatis et justitia habetur et reliqui mortales ad honestissimum
viitutis et glorise cerlamen pulcherrimis exemplis invitantur. Luculentis
igitur et luculenti authoi itate munitis testimoniis edocti, le Joannem Gas-
parum Ferdinandum comilem de Marchin prenobili génère ortum, multas
paterna maternaque prosapia claritudine insignes familias complexum,
paire nimirum .Soanne de Marchin équité domino in Modava haut voué del
Fosse, praefecto civitalis et arcis Huyensis et pâtre Joanna de la Vaulx
Renard, avo et avia paterriis Nicolao de Marchin domino in Chanlraine,
haut voué délie Fosse ei de Ramloî et Marguareta de Linsler dicta Dorley,
malernis vero .Inanne de la Vaulx Renard domino in Rcene el Elisabetha de
Jaymaert natum, adeoque te per lineam masculinara pervetusta ac prœno-
bili Leodieiisis dioceseos ac provinciae familia(cujus impriesentiarum nomi-
ne et insigniorum tenus raput sis) per femineam vero ab antiquissimis co-
mitibus Dammartin dominis in Warfnsee, Neufchasteau, Duras et Waroux
primani originem tiiani ducere, atque ex hac tamilia tua tanquam ex eqiio
quodani trojano prodisse tam martialis vigoris robore quam multiplici
liberalium disciplinarum scientia insignes viros qui auguslis nostris in
imperio prœdecessoribus et inclylae Domui nostrae Ausiriac;e ac ser. im-
primis Burgundiae ducibus, praeclara tidelia atque utilia, tam foris raililaria
— 342 -
quam domi polilica non parcendo fortunis, vitae ac sanguini, nedum nuUi
exanllando labori aut exuperandœ ierumnifi pracstiterint obsequia; atque
ita ab ineunte statim aetate palmariam tibi insedisse curam ut quam ipsi
secuerunt atque apcruerunt viam, scqui ac caloare alquc eisdem insistere
vestigiis, Iradilamque tibi a majoribus laudabilium actionum lampadam,
posteris tuis illustriorem transmitteres ; et hinc lam egregia militaris
vil tutis et expericnlise tuie dédisse documenta dum in recessu ab obsidione
Atrebatensi, ubi copias serenissimi principis (^ondei tanquam prœfectus
generalis duxeris, ut in recessu Valentiennensis anno supra mille sexcentos
quinto et quinquagesimo, quatuor saltem niiiitnm turmis omne prope hos-
tilis exercitus robur excipiendo suslinendo ac reprimendo, donec primum
Hispanicarum copiarum agmen extra discrimen in tulo fuerit positum,
prout anno supra sesqui millesinium centesimum sexto et quinquagesimo
in improssione, in circumvallationem Valenciennensem, agminis quatuor
mille quingentorum militum ductor hostiles lineas superando masculam
prsestiteris operani, sclopetique ictu fueris percussus ; adeoquc te ardens
sincerse et addictœ erga augustam doraura nostram fidei devotionis et
obsequii studium data quacunque occasione comprobasse et adhuc in dies
continuata prompliludine et alacritate reddere testatins ; unde quum
nequaquam dubitemus quin in suscepto semel laudandarum aclionuni
proposito atque iiiito nobisque sacro imperio et augustae domui noslrae
tidelem sedulam ulilemque operam provirili tua pr.Tslandi operani tramite,
tirmiier sis pcrseYeraturus;his aliisquc rationibus animum nostrum nierito
moventibus probenigne consideratis, praetermittere noluimus quin splen-
didiore aliquo, eoque tali muniticentiae nostrœ mnemosyno, quod tibi
lûtique posteritati tuœ legilimic perpeluo honori ahiiie ornamento sit, te
susciperemus condecorandum ; motu itaque proprio ex certa scientia
adsistentibus uobis nostiis et S. Romani imperii principibus electoralibus
in comifiis electoiiims congregatis, tam ecclesiasticis quam s;ecularibus,
ac de cœsarese nostrac potestatis pleniiudine te Joannem Gasparum Ferdi-
nandum comitem de .Marcbin omnesqueet singulos libcros, hicredes, pos-
tei'os, descendentes ac successores luos ex legitimo mairimonio natos et
(jui in fulurum riascentur, utriusque sexus in inllnilum, veros veleres,
lanciuam si jam inde non tanium a quatuor vcl longe etiam pkuibus tam
paiernisquam niaternis avis, proavis, abavis, atavis, tritavis alqiie majori-
bus taies fuissent aique audivissent, noslros et sacri Romani imperii
comités et comitissas creavimus fecimus uominavimus, et ad statum
— 3i3 ~
gradum ordinem titulum honorem ac dignitatem veleris comitatus impe-
rialis eveximus, etc.. quemadmodiim lenore prsesentis hujus nostri diplo-
matis csesarei creamus, etc.... atque eum in finem.... oppidum sive locum
Marcliin, in pioviiuia seu diœcesi Leodiensi situm, omnemque dislrictum
territorium ditionem atque agrum ad eumdem spectantem, cum omni
ejusdeni juridictione, subditis atque incolis, omnibusque et singulis pcr-
tinentiis et dependentiis, in antiquum nostrum et S. Imperii comitatum
ereximus atque exaltavimus qiieniadmodunî vigore praesentium augus-
tahum nostrarum litterarum eiigimus et exaitamus. .. atque in certum ac
manifestum hujus no^trse ereetionis... signutu teslimonium ac documentum
tibi Joannes G. F. cornes de Marchin bénigne concedimus et indulgemus
ut imposterum, tu tuique onines liberi hœredes posteri descendentes ac
successores utriusque sexus insignisvexillis ac labarisaquiiam imperialem
nigram,bicipitem ex pansisalis quasi voluticcientem, et pedibus divaricatis
etcauda deorsum promissa conspicuuni habere gestare ac déferre possis...
ad hsec ut cumulatiori cœsareae nostrœ beneficentise ac gratine fructu gau-
deas hoc veluî coroUarium adjiciraus tibique J. G. F. cornes de Marchin
fuisque iiberis hieredibus, etc.. benigni faventes ac volentes concedimus
atque elargimur ut deinceps a nobis nostrisque in S. Romano imperio
successoribus illustres ac generosi vernaculo idiomate Hoch ende
Woilgeborn perpetuo prgedicemini... mandamus igitur universis et singu-
lis... ut te .1. G. F. comitem de Marchin tuosque liberos pro veteribus
nostris et S. R. Imperii comilibus et comitis&is habeant Si quis autem
cassaream banc nostrara erectionis paginam contemnere aut ei
contravenire pragsurapserit, is prœterquod nostram et S. R. Imperii indi-
gnationem gravissimam incurret, centura insuper marckarum auri puri
ex semisse in terariuni nostrum impériale sivc fiscum inferendarum, ex
altero vero semisre injuriam passi seu passornm usibus applicandarum....
mulctam dare jam nunc damnas esto. Harurn testimonio litterarum manus
nostrae subscriptione et bullœ nostrœ aureœ appenso tipario raunitarum
qu;e dabanlur in civitate nosira im|>eriali Francofurti ad Mœnum dielertia
nonasaugusti annoDoraini millesimo sexcentesimo quinquagesimooctavo,
regnorum nostrorum Romani primo, Hungarici quarto, Rohemici vero
secundo ( i).
(*) Archives des cours. Marchin. OEiivres 16S9-166H, fol. 36-42. — Lefort.
Manuscrits généalogiques, 2e partie, T. II, fol. o89.
- 344 -
XI.
15 octobre 16G5. — Cerclemenage de la seigneurie de Marchin.
Cerclemenaye fait et commencé ce quinsième octobre 1665, bailly Goffar,
eschevins : Jamin et Despa, pardevant la courte et justice de la Comté de
Marchin. Alarequeste de noble S'' Charles Dans, conseiller président de
S. A. S""' en son conseil ordinaire et jadis bourghemaitre de Liège, partie
faisant pour Jean Gaspar Ferdinand, comte de Marchin et du S' Empire,
etc.. avons accordé heure et enseignement de procéder audit cerclemenage
et commencé à une grosse pière existante dessoiibz SMiéonard ('), du
même costéen laquelle il y at eu trois polalles taillées..., laquelle grosse
pière est enclavée dans la muraille de la vignoble du S'' de Laminne, à
l'opposite de lamaison du bourguemaître Hamoir, située à S. Léonard,
partie de laquelle d'amont est de ceste iiaultenr, et la rest on prétend
eslre de celle de Huy... et là mesme ayant fait visiter laditte pière, at esté
trouvé y rester encore deux potalles, l'une par dessus l'autre, la troisième
ayant esté emportée par corruption de laditte pière et ruine du temps ou
aullre accident, servant icelle piere de borne séparant S. Léonard terre
de Beau fort, Marchin t'^ //«//; laquelle ditle pière doibt correspondre en
ligne droite, séparant les juridictionsdeHuy el Marchin, à une grosse pière,
existante au pied du thier de Marchin, proche la thour Houdresse (•) entre
lesquels ditte pières, se doibt encore treuver un aultre borne, au somet
du thier de Corroy, vers laquelle somes remontez par le chemin ancien du
pays de Liège (') présentement incommodés par quelques grosses pières
y retronv(!s et y roulée par charge du S' de Brion.... et parvenu à Toppo-
silte de S' Léonard, avons remarqué les traces des roues des chariots qui
y passaient anciennement, imprimées sur grosses pières de marbre bleu
ou pière à faire chaux ; et de là somes venus devant la maison Mathieu de
Tavier, extante en la haulteur dudit Marchin, ayant lacaved'iceluy Tavier,
au costé du chemin de ceste haulteur pavée audessus de pière; ayant
compté depuis lamaison du S"^ bourguemaître Hamoir six maisons scituées
(•) Cerclemenage de liGl : S. Linanl aile Wachercsse.
(*) iiO'i : Hullereche; 4401 : liourlerece ; Ib'ii : llouldressc.
(') Lequel depuis la grosse pière jusqu'au pont al pricssc est haulteur de
Marchin.
^ 345 ._
sur la juridiction dudit Marchin, le long du chemin , jusqu'au ponl al
jjriessc (i), présentement anéaniy, n'y restant que quelques vestiges de
muraille de pière. Là mesme avons sans tout préjudice accordé de pour-
suivre à l'enseignement du cerelemenage dcmantlo et parvenu sur le thier
de Corroij (2), proche d'une pière qui at cidevant servi de borne, en forme
de peron; at esté cnquis où elle pouvoit avoir été assitte, et allcslé
iceluy borne avoir esté cy devant dressez en une fosse voisinne, de laquelle
at esté dexhavvée ( 5 ) et trouvée remplie d'assez bonne terre ; auquel lieu
ont esté raportees lesdites pières pour y estre en leur place en temps et
lieu replantées au borne, ayant la mesme attesté les susdis Tavier et
Doultrebende davoir veu ériger ledit peron, et de plus quil y at eu cidevant
une exécution faicte dune sorcière par la justice de Marchin appellée
Gilette Poussable; et awins de plus remarqué que la place de ladiite pière
est correspondante en droite ligne a la pière, à l'opposite de la maison
dudit SU)Ourguemaitre Hamoir, laquelle partant se treuveroit pour la plus
parte scituée sur la haulteur de Marchin ; et de plus remarqué ledit peron
tirer quand et quand en droite ligne , après la tour Houdresse, joindant
laquelle il y at une grosse pière mentionée au préambullede celte, faisante
séparation desdittesjurisdictions; de là arrivez à laditfc arosse picresdluée
au pied du grand thier de Marchin, a l'oppositte de la maison du chirouj
servant de borne pour laditte haulteur et celle de Huy...De là avons passé
parle chemin dessoubz les forges allant pardessoubs la Ihour Houdresse,
et remarqué qu'une haye pendante dessoubz laditte thour Houdresse, pré-
sentement possédée par les représentants Doutrebende, fait séparation
tant des hayes dépendantes de la terre de Marchin que ceux dépendant de
la haulteur de Huy ; ainsy que laditte haye vat biaisant et descendant
jusques un peu pardessus l'anglée sur ledit chemin des chares, allants par
les forges, et se rend avec ledit chemin en un lieu ou cidevant y avoit tinc
fjrosse picrc servante de borne, laquelle souloit estre joindantes les héri-
tages présentement possédés par le S'' Creyr, distante de ladiite anglée de
laditte haye de saises dyesse et centz quarante jusques a une aultre pière
jjardevant la forge et poterie dudit S"' Creyr, laquelle pière at esté ostée
et rompue passé plusieurs années.,, par delà laquelle pière le chemin
( ') i461 ; ponclieal ; 1624 : ponseau le prebstre.
(*) Dont il a déjà été question plus haut.
(*) Arrachée.
— 846 -
passant aux forges est de la haulteur dédit Marchin... et de là soines venus
à une deuxième pière (i), servant de borne, laquelle est presque tonte
couverte et fait séparation depuis le chemin jusques à Hoyoul, des haul-
teurs de Huy et Marchin, à ligne entre les deux cheminées exstantes à la
forge dudit Creyr, dit de Chedneufchamps, joindanles à la poterie dudil
Creyr, qu'on prétend haulteur de Huy.
Le saisième dudit mois... poursuivant l'enconimencez du jourdhier sur
les places de la forge et fornea partenants au S'' i)onrgucmaitre Creyr....,
suivant les adjourneniens faits aux S'^ de Barse et Viersct ou leurs domes-
tiques, agents, etc., lesquels nous ont attesté la juridiction de Marchin
avoir esté limitée entre les deux cheminées de la forge, et que la rue (2)
du Marteau sont assis sur l'eau et haulteur de Marchin ; et de lù poursui-
vant les errements du cerclemenage de l'an 1624, al esté recognus le vieu
fond et course de Hoyoul faisoit séparation des deux seigneuries, et que
présentement par ses ravages, lîébordements et inondations fréquentes,
passé quelques années il at changé en divers lieux de son vieux course,
en sorte qu'au présent il se trouve avoir pris ung nouveau course, du costé
de Marchin, nomément à la forge et papiiieric de Fleru, cidevant à feu
Hodeige et petilte dame, jusques au jardin de Nicolas Delvaux; du loing
de îîoyoul treuvons une maison et thour (jui fut cidevant à M. de Bois
présentement au S' Creyr ; item une aullre voisinne partenante aux repré-
sentants Favar et aultres par delîi ; et ayant passé la maison dudil pottier,
et voiui aux places diltc de Fleru, avons veu la forge et papinerie partenante
à Ânthoine Soxhet et Henry Bex, haulteur de Marchin; où avons recog.iu
que Hoyoul at quité son vieu course et gaigné fort avant jusques au pied
de chemin des forges, ahandonnaiit son dil vieux fond qui faisoit sépara-
tion des haulleurs de Barse et Marchin, estant une grande place entre
lesdits chemins et nouveaux course demeuré wide ; de là sommes venus a
des places, dittes les \)hces Jacqiwfi, où cidevant il y avuit deux forges et
forneau, présentement ruinés, que l'on dit parteiiir au S' hourguemailre
Ville, disant oiiltre lesdits témoins que au temps desdittes forges l'eau
couroit du loing de bois d'un S"" de Fraiture présentement Tongerioz
joiiidanle a certaine comune dit de Barse ; et estant arrivé à la maison
(') t6l24 : plantée à l'oppositlc de la l'orge de Chedne' champs, allant icelle pière
droite à Hoyoul, parmy d entraverse de laditte forge.
{*) Peut-être : la roue.
w
Nicolas Malihon, dit In Manche maison, proche des couvalles, avons encor
treuvé une place wide et ruinées par les inondations de Hoyoul, lesquelles
ont emportez le chemin qu'alloit par dessoubz laditle maison, et deux
aullres maisons qui estoieiit par delà ledit chemin, et proche laditte place
wide une forge et papineiie dit ancienement des cuvalles appartenant a
Piron Thomas, siese enlhierement sur la haulteur de Marchln, ayant
recognu que le chemin et pière sont estez prinse dans les aisemences ;
de là somi's venus à une forge et papinerie du S'' Ruffe, dit de Bardouil ;
de là souies arrivés à la papinerie, dit de Maseeck, présentement a la vefve
Mouton ayants ''incq roues siu* Hoyoul du costé de Marchin, et entre le
cours de Hoyoul il y at un jardin en dépendant et y treuvez sur ledit course
rie Hoyoul une pexherie aux hainaps deauchara|)s, de laquelle ledit con-
seiller at fait protestation de tous les domages; et de la estant paivenu à
l'oppositte de la forge dit de trois ponts, présentement possédez par
Scimael, où avons treuvé du costé de Marchin que ledit Scimael faisoil
digiîe dans la rivière, sans avoir préallahlement obtenu le greit du S^ ny
payé les droits atferants ; de la somes venus a une papinerie ditte Marche
possédée par le S'' Froidmont ayant cincq tournants entièrement scitués
sur la haulteur de 3Iarchin, andesseur de laqiî.ile ont attesté avoir eu
cidev-int une forge et coup d\'ai!, dit coraunément de Marloi , et arrivé
à la maison du sergent de Sandron, partenante au S'" de Fraiture at esté
treuvé que ledit sergeant se servoit aucune fois d'une eau et fontaine cou-
lante de Sandron, pour arrouser une prairie, ce que ledit sergent appelle
Grégoire al confes!>é ; de là avons descendu sur le rive de Hoyoul en lieu
dit Gnvaz; oi;i soûlait avoir une papinerie et auparavant une forge, dont il
reste seuleim-nt quelque demeure pour un ouvrier et quelque jardin
arborez et ung aultre petit preit cidevant appartenante au S'" i.ongrée, et
à présent certain Gaesne jeune homme; de la sommes passé tout au long
du bois de S«/.v//'OH jusqu'à la papinerie ditte de grand poirier, possédée
présentement par Piere de Waretz notre subgreffier, à laquelle il y a six
tournants sous la juridiction dudit Marchin, avec un petit jardin et une isie
de la même juriiiiction ; de là somes parvenus à deux molins à Waldor,
présentement possédée par Raymond, y ayant dix tournants, scavoir chacun
tincq, oultre d'une petitte isle (i) dépendante dudit moulin et le vestige
du vieux lict de Hoyoul entre laditte isle et les terres du grand poirier ou
(' ) 1624 : isle de Waldor.
348
Hoyoul ayant quitté son vieux lict, s'at fait chemin par delà les terres du
grand poirier haulieur de Marchin et entre l'islea de Molin de Waldor et
lesdils niolins; de là sommes venus à ruisseau de l'isleau (') provenant
de la jurisdlction de Marchin, se rendant en la rivier de Hoyoul, séparant
à ladite isle les terres dépendanies de la jurisdlction de Barse, des
coniunes et aisemences dudit Marchin ; de là sommes arrivez par les
comunes et aisemences de Marchin en leu nomez le balty Lapsin, voisin
d'une haye et hailhis, en quelles li.Hll.is sat retreuvé le borne menlioné
en cerclemcnage de l'an 1624 aux trois Al. de costé de Marchin et un B.
du costé de Barse; de la (") sommes revenus dans un lieu dit preit
mimois O et rosscafosse, ou avons veu une borne plantée dans un bois
environ de vin^;! pieds arrièr de l'isleau ; de la somes venus à prairies dit
louxh {*) de Moi lin, où avons enror treuvé une borne dix à douses pieds
arrier de li'<leau ; de là (°) traversant une terre et petit bois ou hailhis,
avons treuvé aupiès d'ung gros ta we (') une borne marquée comme les
précédentes; montant plus hault sur le lieu dit Fec/irtî«;;s, avoir treuvé
dans laditte terre, une aultre borne posé et marquez comme les aultres,
cidevant nomée la terre Lambert Sacré Dereve ; allant plus avant, avons
treuvé au coing comme dessus d'un haye, dans un buisson d'espine une
aultre plantée et marquée comme les aultres; de là descendant la dépendée
de fond misftar, treuvons une aultre borne plantée et marquée comme
dessus ('); de là allant à droite ligne dans le preit de Hairier, possédé à
présent par le S"" de Barse, au coing d'un petit bois avons encor treuvé
une borne marquée comme dessus, et de là montant à ligne droite sommes
parvenu au coin d'une pièce de terre appelée Rivawana {*}; on iwon^
recognu la i)remiere borne séparante la comté de Marchin et seigneurie
de Barse; poursuivant et venant dndit Rivawanaz jusques à la bouche et
entrée du chcra deTriffoy (") appelée communément le petit bois, joindant
du costé davalà Jean Mélar, d'amont au S'de Barse..., où avons recognu
(') Rieu de liieleawc. Aujourd'tiui Litei.
{* ] -1624: montnnl l'ancien cours de Lieleawc.
( = ) i62i : « Mimont ».
r*) Porte.
( *) 1624 : K montant vers Ardennc ».
(•) t461 : » une. slociteie de faiwe » ; tiêtrc).
(' ) 1624 : 1 où solloit y avoir un diaisnc fur Loxhea ; I i6l •. « soiir Hockeal ».
(*) \\CA •■ « riwai warna >• ; t62i : « fond riva wana ».
( •) mu : » cherau de Triffoirl ■• .
— 349 -
un gros chesne dans laditte haye, et suyvant par ledit cheraz voye (i),
haulteur de Marchin, jusques au bord de la rivière de Vaux et Jamagne
joindantà la censé de Triflby, jusqu'à un gros chesne (2) dans la haye du
preit, exstant entre les deux maisons de ïrilToy..., lequel dit chesne vat à
droite ligne en montant vers Ardenne à un fawe par dessus Triffoy,
lesquels fawe et chesne font séparation des juridictions de Marchin et
Yierset de droite ligne en cette endroit ; ayant monté audit fawe, avons
passé de lu jusiju a un tige (3) qui vat de Roiseux à Gosne en droite ligne,
où n'avons sceu trouver la pière, laquelle se debvait esire sur un hourreau
exstanie audit tige, assé près d'uiig gros arbre ; la haulteur de Vierset
fineandïlW^e, et keluy iaW, séparation des haulteurs de Marchin et Vyîe,
où elle comence h se conjoindre; et poursuivant le chemin par ledit tige,
pour recognoitre les limites, au regard de la seigneurie de Vyle, somes
arrivez par ledit tige jusques au bonnier comunément appelle le bonnier
Simon (4) au présent Piere Michotte; et quitant ledit tige, et montant le
loingdudit bonnier, et ton! te la piedsente, près dung gros buisson, allant»
de Stalle à Vyle jusqui's a un Hea où souloit avoir un ihier présentement
asporté, et ce à la dépendée du mont de Vyle allant jusques au dessenr des
deux bonnicrs qu'on dit le vieux lounier de Vana-, joindant iceux d'aval au
fief partcMcint (5) présentement à madame de Vyle ; et puis allant en amont
desdis deux bonniers de Vaux jusques au grand fossé ou hourlea, présen-
tement possédé par ledit Michotte, du co^té vers Ardenne et vers Meuse
à Laureiît de Jamagne, auquel fossé y at un xhinon (") seulement joindant
à Laurent de Jamagne et par de là ne reste qu'un hourlea sans xhinon,
lequel vat jusques au bunnier az mollii possédé par Léonard Debry et
consors et remontant le royaz (7) jusques et compris le bonnier rff
clocki (8) possédez par ledit Debry. scituée en la haulteur de Vyle ; et de
là remontant vers Ardenne jusques aux terres de Vyle possédée présente-
ment par ledit Michotte et allant tout oultre entre ledit Debry et ledit
(' ) I46t : Hierdavoie : chemin public
( - ) 1464 : un gros curniltiier.
^») 4624 : liège.
( * ) 1464 : qui est à Mellair desour le ttiier en Vaux qui fut. Johennien de Cutiche
lequel bonnier est entièrement de la haulteur de Marchin.
( * ) 4 461 : « à Johan de Vyle ».
(*) Une petite languette de terre.
(') L'entredeux dessillons.
{•) 1624 : leclûckier.
330
Michotte, jusques au bonnier Del mère Dieu de Gosne possédés par le S'
Rossius ; et de là remontant le royaulx de laditte terre del mère Dieu, du
costé d'aval, entre les terres duditS'' Rossius et représentans JeanWerkay
et aultres ( i ) ou souloit avoir un chesne, lesquels ny sont plus ; et de là
continuant en droite ligne jusques a une grosse pièce ou clavea extanle
entre les ferres de madame de Vyle, Stiennedel grande maison et Léonard
de Trutaz, Remy Lambert et le S'' Rossius, lequel thier est un peu par
dessoiibs ledit buisson et cliesne de Yyie ; et de là retournant daniont entre
deux lesdittes terres et continuant jusques aux terres du S'"de TharouUe
où il y at un thier faisant séparation des terres dudit S'' de Tharoulie et
des représentans Léonard dos trois saulx.
Le 18" dudit mois sommes recomparus et venant audit thier avons
passé oultre la campagne de Tharoulie en droite ligne jusques au lieu /e
saiwcrcaz (2), estoit appelle en françois sehu, extant dans les terres de
Tharoulie, sur un croupet où il y avoitun buisson présentement extirpé,
esloigné d'un trousle extanfe en la haye voisinne dépendante de Gosne,
environ douze dyesses, duquel Iroiisle traversant lesdittes hayes. somes
arrivez au lieu ù\\ possenmx (3) de Goesne, par desseur les diltes hayes
vers Jamagne à une prairie reduitte partie en terre, partie en preit,
appelle posseroux, jusques auquel lieu sextend le deismage de Marchin(4),
et divers témoins ont attesté y avoir esté fait une exécution d'aulhorité de
la courte de iMarchin pendant que le S"" Thies (3) en estoit mayeur pour
avoir le faituel, appelle Nicolas Winand de Geere tué certain Polet le
Renglet de Liège ; duquel lieu traversant le tige qui vat de Gosne à Molu,
avons remonté en allant vers le tronckeu entre les terres du S'" de Goesne
du costé d'amont, et d'aval à celle du S'' Rossius et Jean Renard, par un
royalz, à un petit thier qui fait l'entredeux des terres du S'' de Gosne et
des représentans Jean Renard ; et puis prenant dudit petit thier à droite
ligne vers Gosne entre les terres dudit seigneur de Gosne et de Jean
Renard le jcusiie, jusques au coing dicellc, ou il y at aussy un thier; et de
là s'allant rendre au tronckeu (c) vers Marchin appartenant au S' de Gosne
( ' ) Jusqu'à un buisson.
(*; 1461 : Sawolieal ; [G"!'* : Saweheau, lequel ledit Léonard nous a attestfi
l'avoir veu illecque.
,' ' 1 1461 : pucheron.
i -i ) 1624 : cil il y a un buisson, ou commence la haulteur de Goesne.
( * ) Thies, mayeur en 1624.
(*j J461 ; jusqu'à une grand chavne coadist sour le tronckeu.
haulteur dudit Marchin,et àun enclos appartenant audit Jean Renard, qui
fait séparation de notre liaultcur et celle de Gosne ; et de là descendant
ledit tronckeu, et allant droite a lourette fosse (laquelle est joindantes à
daultres hayes et comiines montantes vers Gosne), tout le long d'un fossé
où sont des espinnes et buissons joindantes aux terres du S'' de Gosne ;
et de là tout le fond jusques au saiwereaz ( i ) de Gosne, au lieu duquel y
avoit eu un vivier dont les vestiges des digues nous ont encor aparu ; et
suivant ledit saiwereaz du costé d'amont, prenant au coing dung preit
ditle le preit des croupnlles, présentement appartenant à Lamis mayeur de
Gosne, joindante à une cheravoye, laquelle est toute haulteur de Marchin
à la réserve de l'entrée du coslé de Gosne et vers Ardenne, de sorte que
les chesnes a la liaye dudit preit des croupalles sont aussy de cette haul-
teur de i\îarchin ; et de là passant oultre le long preit de Gosne, partie
deismage du curé de Marchin, prenant en droite ligne dudit Saiwereaz à
un chesne joindant au ruisseau, avons allez à l'entredeux des terres des
représenîans Thomas de Jamagne eldudit Lamis et consors, représentans
Jean de Modalve moulnier d'Osoigne, veoir que de laditte terre dudit
Lamis y at un journalz qui est de la comté de Marchin, et dudit journal
tout oultre la fosse, suivant le xhinon allante entre les terres du curé de
S^Séverin, et celle de Thomas de Jamagne, et entre les terres de Gosne
possédées par ledit Lamis, au pied desquels avons veu un boccage, parte-
nant aux représentans dudit Thomas, joindantes aux raspes de Gosne,
lequel ledit Lamys manie..., et suyvant ledit xhinon à un dernier chesne
extante aux hayes de Laurent de Jamagne, et dudit chesne suivant droit
l'entredeux des terres de Marchin et Gosne (2), jusques au buisson
remplis de pière desseijr préalle, nous ayant esté désigné... le lieu corres-
pondant audit chesne, où il y avoit un buisson de ronxhe entre la terre
dudit Laurent et du baron de lioulcz, représentant le S'' de Ramelot, qui
doibt avoir esté arraché par le censier de Fillée ou ses gens ; d'où avons
monté droii au bonnier Jean Geuikin , passant par la fontaine des
oelnes(5), lequel bonnier joint au réal chemin et est manié par Henry et
Guilheaume de Jamagne, joindant par desseur à une terre que tient
Laurent de Jamagne, lesquelles dt^ux teires sont joindantes au S"" de
Gosne d'amont, et de là à la terre Madame et couvent ue SoUiers maniée
[ ') 146! : saiwereal ; 1624 : sawereau.
( ' ) 1461 : terres condist en fons de Warisenvaux ; 1624 : en fons de Warchetz.
' ' 1461 : fontaine dabur&art''
;332
par les Ligot estant deismage et liaulteur de Marchin, conduisant tout de
long du bois de Loneiur, droit aux lontaines de Ruideux, deismage et
haulleurde iMarchiii ; de là suivant tout le valon entre les héritages de
Pirpon et de Bayar avons venu au coing du b is de Gosne, ei poursuivant
tout le long (i ) jusques à une borne plantée au coin des héritages feu
Nicolas de Pirpont, pioche du bois des trente boiiniers. Le dixneuffieme
dudit mois avons passé suivant Tentiedeux du l)ois des trente bonniers
à celuy de Gosne, jusqu'au stock qui souloit estre la morifeme (2), et là
oiesrae le mayeur Thies et consors nous ont dit avoir apiinsde feu Simon
sergeant de labye de Solliers le lieu où esioit ancienement le borne et
arbre appelle à la mortfeme et renseigné quil nestoit point audit chesne
restant du bois sarté, mais quehiues dyesses au delà vers Solliers, où
quil nous ont monstre une pière qui deb^oit servir de borne et démons-
tration dudit lieu du chesne à la niurtfeme, lequel al esté de longues
aiinees extirpé, et ledit borne ou piere estre présentement auprès d'un
petit arbrisseau de plenne, lequel lieu doit estre le lieu du borne ancien,
nomé la mortfeme, duquel borne en ligne droite jusque au fond del belle
c pi nue (z), là où avons treuvé une pière voisinne d'une vielle souche....,
laquelle pière semble aller conformément les grands chesnes servant dehaye?
entre aultre le très gros, extante entre le bois de Gosne et celuy des
trente bonniers et aultres jusqu'à la sortise du bois, lesquels semble
correspondre en droite ligne à un chesne du boissûr/Jcidevani partenant
au S"" de Gosne, lequel l'ai changé avec les dames de Solliers, et de là
venant à droit par les terres appartenantes aux dames de Solliers, reprises
en la transaction de l'an 1291 el chemins de Ciney jusque au coing de
bois de vawehaye (4) où soiloit avoir la justice a[)pellee comunément de
Beauvallet, à laquelle at esté exécutée par l'autliorité de Marchin un appelle
Beauvallel (5); à l'opposite de laquelle, par delà ledit chemin, ledit Tous-
(*; -1461 : dudit bois, jusques n Cromhilheichame condisl à trente bonniers.
(*) La morte femme.
( * ) 1461 : jusques à chaesne à belle espine.
(*) 1461 eltfi^ii : Hawihaye.
('] « A l'opposite du gibet dit de Beauvallel, par delà le chemin, il y a un autre
dressé sur la liauleur de Gosne qui s'appelloit Oarmaiijaolle du nom du pendarl,
lequel lesdits iMicliotte et Massin ont veu ailei pendre el qu'alors ceux do Gosne
n'osiienl passer par le chemin de Ciney, mais prirent le chemin vers Ifs iS bonniers
de Dames de Solliers et chemin de Dinanl, estant ceux de Marchin en armes sur
le chemin de Ciney. » Cerclemenage intérieur du 39 novembre 1663.
— m)i —
saint Jaspar.... ont dit y avoir veu cidevant une borne extante au coing
dudit vaweliaye par delà ledit chemin, et delà continuant le chemin avons
allé au péron voisin, duquel avons veu trois potalles qu'ont cidevant
servis de borne, marquez dans une pièce voisine, et delà traversant vawa-
haye, avons parvenu à une borne voisin d'un pairon, duquel avons encor
veu le vestige de la pière sur lequel ledit peron estoit, ayante icelle une
potalle quarrée pas beaucoup esloingnée de la maison de Fleron, et dudit
peron allante à ligne parmy la maison dudit Fleron, et de laditte maison
droite au Pewyeuchesne ( i ), lequel nous at esté remontré entre les héri-
tages Melart, assez voisin du real chemin et d'un enclos dudit Melart,
joindant le vestige et stronck dudit chesne à une bouxhée d'espinne ; et
dudit pewyeuchesne comprenant le real chemin avons descendu au ponceal
priesse, où la première journée du cercle ménage at esté faite et la mesme
at esté demandé par le bailly et procureur d'oflice davoir enseigné de
porsuivre le cerclemenage particulier concernants les biens des manants
cens privilèges et droits seigneuriaux, ce qui at esté accordé et sauve
tous droits mis en garde (2).
XII.
Généalogie de J. G. Ferdinand de Marchin, extraite des manuscrits
généalogiques de Le fort (zj.
Beynaud de Chinij, premier seigneur de Marchin d'après ce que rapporte
Malachie en ses annales des fondateurs; il eut pour femme Sophie, fille
(i'Albéron comte de Huy (?) et sœur d'Ingebrant. 11 aurait été témoin à
une charte de l'evêque de Liège avec Wazon et la comtesse Richilde de
Hainaul. 11 eut 4 enfants : Arnould et Humbert qui suivent, Renier qui
fut chanoine de Cologne, Verdun et Liège -f 1056; il git à S' Lambert.
Aleide qui fut religieuse à Thorn et y mourut en 1041.
■ *] 1461 : Pewilheucliaine ; 1624: Pouilleux chaisne
(*) OEuvres de la Cour de Marciiin 1639 a 1666, A: 41, folio 170. Les limites
actuelles de la commune de Marchin correspondent assez fidèlement aux limites de
l'ancienne seigneurie.
{^1 !>•« partie, T. XIV, p. 117; '2"'- partie, T. H, p. 67; Y, -2^21 ; VU, p. 63 ;
3™9 partie : Marchin.
— 334
Humbert , aire de Marchin en |)ar-
lie, épousa Berthilde dame de Barsc,
fille (le Guy, comte do Franchiinoni
(voir la chi-dniquede Lobhes 1069,
fol. 104). Ils eurent trois enfants :
Renier, chanoine de S. Lambert,
Jean qui suit, et Gottelon, chanoine
de Verdun et de Metz (ù).
Jean épousa Cunegonde fille de
Raduux d'Abreiz. Leu s enfants
furent : 1" Reyiiaud qui suit ; 2"
Agnès, religieuse à .Munsierbilsen
(-[-1098); 5" Bealrix (iiii épousa
Rase de Fallais, lequel eni^agea son
château de Fallais en présence de
son beau-frère Arnold de Walève
et de Bauduin de Moumal 1 1092).
R.'Hiuiud de Harchin, seigneur de
Bar,>e, épousa Gerberge, fille de
Lambert de Warfusée et sœnrd'Otton
(titie de 109i, chron.de Lobbes, et
d'Albéric en la terre sainte ( 1 096). ils
eurent deux enfants : 1'^' Otton, sire
uo 3arse, qui épousa d'abord Agnès
fille de Libertde Bierset, puis Alix
fille de Raes dePrez et mourut sans
hoirs, la veille de S' Luc ; 2" Gosuin
qui suit (3).
Arnould, sire de Marchin, épousa
-Mathilde, fille de Wautliier, ciiâte-
lain de Cambrai (voir la chroni(|ne
de Vaucelles à l'année 1048, (1). il
eut un fils :
Gosuin de Marchin cité dans les
chroniques de Vaucelles et de
Lobbes (1060). il porta le grand
étendard de l'evèque de Liège à la
translation du corps de S' Domitien
(1060), et eut un différend avec
son cousin Jean pour la terre de
Marchin. (Chronique de Lobbes
1070.) Sa (^emme ide de Soigné lui
donna un fils
Willibert de Marchin. C'est lui
qui, de concert avec sa femme Gi-
feldis, donna la (erre de M;irchin
au chapitre de Noire Dame de Huv
(1106).
Gosuin de Marchin, sire de S' Léonard de Pegny , armé chevalier du
Roi de Jérusalem, épousa Mehaul, fille de Jacmart de Fallus, gouverneur
de Huy (1154). Leurs enfants : l°Reynaud, seigneur de Barse, épousa
Elstrude fille de Lambert sire d'Ave (titre de 1159). Leur fille et héritière
(* ) Clironiquc inconnue -. l'abbaye de Vaucelles ne Tut fondoe qu'en 1131.
(*) Arnould et Humbert auraient été témoins à une fondation d'Eramon, comte
de Looz, en 1060 Cette charte est apocryphe. Daris. Histoire de Looz, T. 1, p. 392.
(*l Lelorl a transcrit une charte du '20 décembre tt34, qui semble rédigée à
plaisir pour prouvcrcette généalogie. Ermengarde de Cuyck, veuve de Thicry de
Hornes donne quittance à Otton et Gosuin de Marchin, d'une somme de 240 marcs
de Cologne; cAlc dette avait été contractée envers Herman de Cuyck « par leur
gra:id'mere Cunegonde, femme de Jean de Marchin, par Reynald leur père, par
Agnès et Bealrix, leurs tantes, et avait été hypothéquée sur la terre de S. Léonard
et la foré, de Ciney. Celle charte aurait été faite en pi ésence des fils d'Erraengarde
Thierry comte et Herman chanoine ; et approuvée par André, évèque d Utrechl et
père d'Ermengarde.
m
AgMt\s (épousa Hiunbt^rl de Lexhy, chevalier (llTi); 2^^ Alix, religieuse à
Herckenrode ; 5"Olton qui suit ; A" Jean, chanoine de Huy, mort à Smyrne
pendant la retraite de Tarmée de Conrard 111 ; 5" Gosuin, sii'e de S' Léo-
nard, épousa Marguerite, fille de Glieny de Fexhe.
Ollon de Marclnu, seigneur de Perche, armé chevalier par l'empereur
CoiH'ard III en la ville de lerusaiem ( Hi7), épousa Béaliix, fille de Wil-
leaumede Hauîerive (i) et de Petronelle du Sart. Ils eurent deux dis:
(iosuin qui suit et Rase de Marchin, armé chevalier par l'empereur Fré-
déric dans son voyage en Asie contre les infidèles (H90) avec Radulphe,
évêque de Liège. Salhray (2) ajoute qu'il accompagna l'évêque de Liège,
Henri de Leyen, au siège de Milan jiar l'empereur Frédéric (1164).
Gosuin de Mnrchin épousa Jîarie de Frésin. Ho ce mariage naquirent :
1" Agnès qui épousa : a) Waleran d'Argenteau ; b) Thierry de Momelette ;
2" Gosuin qui suit; 7/ Mahaut et Mechtilde, religieuses à Herckenrode ;
•4" Radoul, seigneur del Vaux, qui épousa Elisabeth, fille de Jaccjucmait
de Froidcourt (2 juillet l^ôT); îî" Thierry, seigneur de Perche , épousa
Elisabeth de Potiiers, fille de Gérard, sire d'Anthines. Ce Thierry eut
deux enfanis : Jean, chevalier (5) et Thomas, seigneur d'Anthines, cheva-
lier, (-|- 1209). Thomas eul de son mariage avec Marie de Fexhe : a) Thierry
qui vendit presque tous ses biens cl mourut sans hoirs (1501); b) Corbeal
marié à Marie de Fallux et tué à Liège ( 1310) par Jean de Los, sire
d'Agimont.
Gosuin de Marchin chevalier, épousa Marguerite de Walcouri, fille de
Thierry de Walcourt et de Rochefort, général des Liégeois à la bataille de
Steppes (1215). Leurs enfants furent : 1" Isabeau, religieuse à Hochl ;
2" Gosuin qui épousa Elisabeth de Yisé, fille de Gérard, maréchal de
Liège; 3' Alix mariée à Faslré II de Bcrlo ( testament de 1281 ) 4" Ottard
qui suit; 5'' Marguerite mariée à Godenoul d'Elderen.
Ottard de Marchin qui épousa la 2" fille de Rase de WaiTusée et de
(') Lu Guillaume de H;iiUerive osl cilo dans une ch;n'te de 1 '127, Carlulnire de
SI Trond, n" XXXI.
( -) Miroir des nobles de llcsbaip : épitre dédicntoire.
;') Un Jean de M.ircliin esl ctUi diuis los clmrtes en 12;-18 et t2;]o : chartes de
S' Lambert, n" 11(3.
— 356 —
Wai'oux (i). Ils eurent deux enfants : Guillaume qui suit, et Marie qui se
maria à Lambert l>'hée, ohevalier au villaiïe d'Aelbeeck.
(hiUkiumc de Marcidn : (relief 1315), épousa Elisabeth de Warnant
(ti'aité de lôi^S . Leurs enfants furent : Lambert, Albert et Jean qui suif.
Jean de Mnirhin, chevalier (reliefs à la cour féodale de 1345-1584). Il
épousa en r^* noces Catherine de Selles ; en 2'^'"% Isabeau d'Odeur, dite
d'Elderen. Les enfants du second lit furent : 1" Jean, chevalier (relief"
Juin 1591) (^iqui, en épousant Anne, héritière de Bormenville (1594),
donna naissance à la branche des Marchin de Bormenville; ïi" Nicolas qui
suit ; 5" dans la V partie, Lefort indique un 5" fils Lambert, tandis que dans
laâ'" partie, il nomme une fille : Alide ou Lorette de Marchin, religieuse
del Beeck, lez S' Trond (-f 1416). Lambert I de Marchin, dit del Vaux,
aurait eu de sa femme, Marie Lamalle, deux enfants : Lambert II et Nicolas
dit Colignon. Lambert H aurait épousé Jeune de Potlier et aurait eu deux
enfants : Renier, dit Renechon, qui épousa Sente Jorion et Jean, mort
sans héritier. Le tableau généalogique inséré dans la 2^ partie fait
descendre ce même Renechon, non pas de Lambert qu'elle ne connaît pas,
mais de Nicolas, le S" fils de Jean de .Marchin (.-,).
-V/fo/fts-, (//■/ CoUfjmw de Marchin, deuxième fils de Jean de Marchin,
épousa Aëlide de .\Iodave, dont il eut deux enfants : Renier ou Renchon
qui suit et Jean chevalier qui épousa Marguerite de ("elles (litre 1440).
Itenclioii I de Marchin releva le fief de Yerlée en 1 i3o et fit son testa-
ment en 143S. Ilavaitépousé Jeune de Poitiers et eut 5 enfants : Renchon
II qui suit, Colignon, Marie, Fulcon ujorts en bas âge, et .Marie qui devint
la femme de Gilesde Xhoee ou le descosu (1458).
Heuchon II de Marchin, écuyer, échevin de Iluy, épousa Sente Jorion
des Waiigny, fille de Philipparl Jorion et d'Ave d'Ahin ( li'aité de mariage
15 juin 1457, approuvé par les échevins de Liège 28 juin 1457). Il releva
le 8 octobre 1500 le fief de Verlèe (//). Il n'eut qu'un fils :
,* ; Henil'icourt. iliiuir dca nobles : l'dition Hruxellos, p. oti.
(') Cour féodale, reg. 43.
{'-] L'existenco des Lambert de Marchin, dit del Vaux, nous est démontrée par
le regi.slre aux paies du chapitre de S' Martin ■1447. Hteredes Lamberli Del Vaux
de Marchin videlicct .lean de Ma.'chin, oppidain de Huy.
*) Cour féodale, reg. îio. fui. 76.
— 357 —
CoUurd, dit Collynun de .l/a/x'/î/w, écuyei', uppidain de Hiiy. Son tiaité
de mariage avec .lenne Collon deVerlée (fille de Henri de Bertrée, seigneur
à Chanteraine et d'Eve de Verlée), fui approuvé aux échevins de Liège le
■15 avril 1507. Ils eurent 5 enfants : 1" Henri de Marchin, dit de Marche,
seigneur à Verlée, qui épousa Jeune de Bande, dite de Hodister ; 2" Benier
([ui suit; 5" Sente mariée à Jean de Favillon ; 4" Eve; 5" Anne qui épousa
Uobert délie Sarte. Collard de Marchin mourut en 1321 ; sa veuve se
remaria à Jean de Berlo, dit Ottelet de Verlée; fit son testameni en 155i
et partagea ses biens entre ses deux fils, le 25 janvier 1535.
Renier de Marchin, ccuyer, seigneur de Chantraine, épousa Anne de
Bois de Nivelle (fille de Jacques et d'Anne de Hervé). Leur contrat de
mariage, du 28 décembre 1540, fut réalisé à la cour des échevins de
Liège, le 10 décembre 151 i. Ils eurent 8 enfants : 1" Nicolas qui suit ;
2" Anne qui fut abbesse del Beick lez S' Trond ; 5" Jean qui épousa
Marguerite Kaie de Pelenge ; i ' Henri qui se mésallia au village de Ter-
wagne; 5" Benier épousa (1582) Jcnnc de Tharoulle; (i" Jacques seigneur
del Tour à Bassine épousa Berteline de Carpentier; 7° Sente qui épousa
Henri Henro del Vaulx (échevins de Liège, 20 décembre 1570) ; 8« Mar-
guerite. Le 15 avril 1575, Renier fit le partage de ses biens entre ses
enfants.
Mcolas de Marchin, chevaliei', seigneur de Chantraine, voué de B:inielûl
et délie Fosse, épousa : aj le 15. juillet 1363, Marguerite d'Orlay, dite de
Linster ou Lincier (fille de Jean Claude et de Marie de Grand Han). De
ce mariage naquirent : 1° Lambert écuyer, seigneur de Ramezée en partie;
2° Jean qui suit ; 5" Maxiniilien qui fut capitaine d'harquebusiers au
service du roi dEspagne et fut lue à la bataille de Nieuport ; -i" Renier
qui fut religieux à S' Remy ; 5" Philippe qui devint lieutenant-capitaine
delà garde du comte Palatin du Rhin, maître de camp en Silésie, elc. ;
G" Guillaume de Marchin épousa de Jodenville, dame de la vouerie de
Neufchàieau ; 7" Jeune épousa Arnould de Hemricourt ; 8" Anne morte
novice à la Beeck, plus trois enfants morts en bas âge. Marguerite d'Orlay
mourut en 1506. Nicolas se remaria à Murie Lomswiller et mourut le li
juillet 1621.
Jean de Marchin, chevalier, seigneur de Modave,voué del Fosse, lieute-
nant-capitaine et gouverneur du châleau de Huy, eut de sa première
— 358 —
femme, Jeanne de la Vaiilx Renard (lillede Jean et d'Elisabeth de Jagmart)
un seul Mis qui suit. Elle moniut le 17 novembre 1615. Jean épousa en
deux noces Marguerite Rave, dont il eut cinq enfants; il mourut le 5 juin
1652 et fut enterré à Modave.
Jcati (iaspar Ferdinand de Marchin épousa, le 28 mai 1651, Marie de
Balsac, tille de Henri de Balsac et de Louise Lhuillier de Roulencourt. 11
mourut le 21 août 1675; Marie de Balsac trépassa le 9 novembre 1691.
Leurs enfants Ferdinand de Marchin et Louise Henriette Agnès de Marchin
mouruieiU sans avoir été mariés.
LETTRE DE CHARLES VAN HULTHEM
SUR
LES ANCIENNES TAPISSERIES,
ADRESSEE
J%U duc: BE:RXi%RD nE SA.XE«AVEIMAR^
SUIVIE
D'UN 310T RELATIF AUX TAPISSERIES DE CUIR DORÉ
A 1. 1 É G E.
Le célèbre bibliophile Charles van Hulthem est trop connu
dans le monde scientitique et littéraire pour qu'il soil besoin de
redire encore son éloge ( ')• H est de ceux dont la mémoire ne
saurait périr et qui recevront un hommage constant des géné-
rations éclairées.
Autre chose sera de publier un de ses rares écrits resté dans
l'oubli jusqu'à ce jour. Nous voulons parler d'une lettre de
van Hulthem sur les anciennes tapisseries , envoyée au duc
Rernard de Saxe-Weimar {-), qui lui avait adressé la missive
suivante •
') Voir entre autres : Uibliotheca HuUhtiniuna, t. I, ?iotke, oii sont citées eu
outre ses diverses biographies.
:2) Fils du duc de Saxe-Weimar, connu corame protecteur des. arts et dos lettres,
et oncle du duc régnant actuel qui les cultive en connaisseur judicieux.
Le duc Chs Bernard de Saxe-Weimar, né le 30 mai 1792 et décédé le 31 juilltt
1862, avait épousé, le 30 mai 1816, Ida, fille de feu Georges duc de Saxe >'einingen.
née le 23 .juin 1792 et décédée le 4 avril -1802. Le duc Ch* Bernard résida à Gand
jusqu'en ISiiO, en qualité de commandant militaire de la Flandre-Orientale. Il de-
meurait rue Neuve-Sl-Pierre, dans l'hôtel occupé aujouid'hui par M. Dclcbecque.
i60
(c Monsieur,
»Je s;iis que vous aimez h permetli'oaux laïques de puiser de
tems à autre au puits de votre érudition — oserais-je vous en
demander une goutte ? Dans différens eliàteaux de l'Allemagne,
entre autres à Weimar, se trouvent d'anciennes tapisseries en
haute-lisse, labriquées ii Bruxelles. A quelle époque existait
cette manufacture, connait-on les noms des artistes qui en des-
sinaient les cartons et trouverait-on encore de ces cartons à
Bruxelles ? Les tapisseries qui se li'ouvenl à Weimar repré-
sentent les quatre saisons ainsi que l'histoire de Persée, faites
d'après des bons dessins.
Agréez, Monsieur, l'assurance de ma parfaite considération.
(Signé) BERNARD Duc de Saxe- Weimar. »
Gand, ce MO mars 18-28.
Siiperscriplion :
A Monsieur
Monsieur VAN HULTHEM,
Membre des Élats-gt'néraux.
E/V
Le Duc Bernard de Saxe-Weimar ( i i.
Voici comment van Hulthem y répondit :
A M. le Duc de Saxe-Weimar.
A Gand.
Gand le 31 mars 1828.
« Monseigneur,
M J'di reçu hier au soir la lettre que vous m'avez fait rijonneur
de m'écrire, et dans laquelle vous me demandez à quelle
époque existoit la fabrique des tapisseries de Bruxelles ; si on
connoit le nom des artistes qui en dessinoient les cartons, et si
on trouve encore de ces cartons à Bruxelles ? Je m'empresse à
vous transmettre ma i éponce à ces trois questions.
»II est probable t\\u; les Flamands et lesBrabani.'ons qui dans
(' ) Autograplic muni du caclict e^Iuc^l^e, aux armes du duc, en cire rouf."?.
361
le 12'' et IS*^ siècles se fciidoient aux croisades avec leurs
comtes ei. leurs ducs eu passant par la Grèce et surtout par
Constaulinople, apprirent l'art de taire des tapisseries, où cette
manufacture quoique décline, avoit toujours subsisté. De retour
dans leur patrie, ils tirent successivement plusieurs établisse-
mens de cette nature à Arras qui jusqu'au comte Philippe
d'Alsace (vers 1190), étoit la ca()ilaledo la Flandre, — à Bruges,
à Gaud, Alost, Audenaerde, Anvers, Bruxelles, Tournai, Har-
lem etc. Ces tapisseries étoient d'abord à compartimens, avec
des ornemens de tleurs et des espèces d'arabesque comme j'en
ai vu en 1791, à l'ancien garde meuble des rois de France à
Paris ; mais lorsque l'art avoit fait des progrès, on y lit entrer
des tignres, des paysages, des tableaux liistoriés. Les premières
productions de ce genre qui furent transportées en Italie,
vinivnt d'Arras, et c'est pour cette raison qu'on les y appelloit
Arazzi, nom que les tapisseries y ont conservé jusqu'au-
jourd'hui.
«Arazzo, dit le Dictionnaire \lA\\end\'\lberti, Marseille 4796,2
V. in-4°, Paiiiio tessuîo a figure, per usa di parât e, e addobbare,
delta cosi dal farsi principalmenie ticlla citta d'Arazzo.
« L'art de la tapisserie lit de grands progrès sousPhilippe-le-
Bon, Charlcs-le-Haidi, i\laximilien et Charles-Quint. Ce fut
alors que le Pape Léon X, tit faire dans les Pays-Bas, d'après les
carions de Raphaël, les tapisseries que l'on voit encore à cer-
laines fêtes, dans l'église de iS'-Pierre de Rome, pour lesquelles
il fit une dépence, h ce que dit Paul Jove, dans la vie de ce pape,
de 50,000 pièces d'or, somme énorme pour ce temps. Bernard
van Oi'ley, peintre de Bruxelles et élève de Raphaël, en surveilla
l'exécution. Van Orley, lit également un grand nondjre de car-
tons poui- Charles-Quint, Marguerite d'Autriche, le prince de
Nassau ei d'autres princes. Pierre Coeck, d'Alosi, élève de Van
Orley, peintre et architecte, travailla dans le même genre, il fut
envoyé par la maison des marchands de tapisseries de Bru-
xelles, Van dcr Moyen, à Constantinople pour faire des tapis-
series pour le grand Seigneur, mais comme les sectateurs de
Mahomet ne souffrent point la représentation d'hommes, ni
d'animaux, Coek après une année d'attente, revint de Constanti-
nople, sans avoir obieiui aucune commission.
» On trouve encore 7 cartons de Rapîiaël au palais Humpton-
court en Angleterre que Charles I avoit fait acheter dans les
]*ays-Bas. J'ai vu h Paris en 1799, 10 grands cartons coloriés
de Jules Piomain, qu'un amateur de Bruxelles y avoit portés
pour les vendre.
» Tous les peintres d'histoire, de paysages et d'animaux tra-
362
vailloieiU pour ces manufactures de tapisseries, Rubens lui-
même tit plusieurs de ces cartons, qui ont été exécutés dans la
maiiut'ncture d'Anvers. L'évèque de Gand, Antoine Triest, en
possedoit dans son cabinet un grand nombre, quelques-uns
passèrent depuis dans la collection des dessins de M. Crozat,
à Paris, dont on peut voir la description que Mariette en a faite
en 17il, dans un volume in-8"
« Les quatre grands tableaux de Rubens, représentant le
triompbe de l'église, ont été plus d'une fois exécutés en tapis-
series, il est probable que les copies qui étoient autrefois dans
l'église des carmes déscbausscs à Bruxelles, et celles que l'on
voit encore dans l'église de S'-Pierre ci Gand, ont servi de
patrons pour ces tapisseries. Les tableaux originaux delà main
de Rubens, ont été brûlés à l'incendie de l'ancienne cour de
Bruxelles, en 1731.
» Les 6 grandes tapisseries que l'on voit tous les ans au mois
de juillet, dans le chœur de S^'-Gudule, à Bruxelles, ont été
exécutées en 1783, d'apî'es les cartons du peintre d'Haese, dans
la manufacture de M. Van der Borgl, que j'ai visitée la même
année, au mois de juillet.
w Si on ne parle ordinairement que des tapisseries d'Aude-
naerde et de celles de Bruxelles, c'est que leurs fabriques ont
existé plus longtems que celles des autres villes, savoir les
premières jusque vers 1750, et les dernières jusqu'ù l'invasion
des troupes irançaises en 1792. — ,1'ignore si on trouve encore
des cartons dans les ancieinies fabriques de Bruxelles.
«Quant aux tapisseries qui se ti'ouvent au cbàteau deWeimar,
on peut juger de leur ancienneté en les voyant ; car chaque
tableau et chaque tapisserie porte le caractère de son auteur et
de son siècle.
« J'espère, Monseigneur, que ceci suffira pour satislcure aux
demandes que vous m'avez fait l'honneur de me faire.
» Je vous prie de vouloir bien agréer mes respectueuses salu-
tations.
» P. S. Je vous prie de ne pas laisser circuler cette lettre,
encore moins d'en laisser prendre des copies ou de la faire
imprimer ( ' ). »
On le voit, la lettre de van Hulthem est marquée au coin de
cette érudition profonde qui le distinguait cl la célérité avec
laquelle il sut transmetli-e sa savante réponse est une preuve
nouvelle de sa prodigieuse mémoire.
( * . Minute orii^inaîe de ia inaiu de van Hullhuni.
— 363 —
Aujourd'hui que nous possédons les précieux travaux de MM.
deLaboi'de, Lacordaire, Rahlenbeck, Houdmy, Pinchart etc., il
serait aisé de donner, en peu de temps, un aperçu complet sur
les anciennes tapisseries, mais van Hulthem n'avait ;i sa dispo-
sition aucun ouvrage spécial de ce genre ; il lui fallait fureter
entre les lignes de maints et maints volumes, consulter ses
notes, invoquer ses souvenirs Et cependant sa lettre, comme
nous venons de le voir, est datée du 31 mars 1828, c'est-à-
dire du lendemain de la réception de celle du duc Bernard de
Saxe-Wcimar.
Le post-scrlptum qui termine son écrit — empreint d'un bout
k l'autre d'une noble modestie — semble coidirmer l'opinion de
M. A. Voisin lorsqu'il dit : « On a longtems cru, que M. van
» Hulthem éprouvait une grande répugnance à écrire . c'est,
» pensons-nous, une erreur : il n'éprouvait de répugnance qu'à
» faire imprimer et publier (*). »
Maintenant que plus de quarante années ont passé sur sa
tombe ("'), nous avons cru pouvoir enfreindre la volonté de
l'illustre bibliophile, en mettant au jour ce document que le
hasard a fait tomber entre nos mains. Lui-n^ême le conserva
religieusement, sa vie durant, avec l'autographe auguste qu'il
avait reçu.
AUn d'en justifier l'insertion dans les Bulletins de l'Institut
archéologique liégeois — quoique, à notre avis, par l'immense
variété de sa riche bibliothèque, van Hulthem appartienne à
tous les pays -— nous faisons suivre ici un mot touchant les
tapisseries de cuir doré, à Liège.
Il n'existe, que nous sachions, point de renseignement précis
sur l'époque oi^i l'on inventa le genre de tapisserie désigné
communément sous le nom de cuir d'Espagne ou de Cordoue.
Nos auteurs ne font que répéter les écrivains français, qui se
bornent à dire qu'il fut introduit en France par des marchands
( ' ' ïïihlintheca Hidthemiana, l I, Xottee, p. XLVH[.
' - Chacici van Hulthem doccda le 16 décembre i8oi2.
36^
espagnols et flamands. Nous ferons toutefois remarquer que le
cuir doré tel qu'il se fabriquait en Flaudre, diffère essentielle-
mentdu cuir doré d'Espagne, malgré sou qualificatif de spnoiscli
leer.
On commença, paraît-il, à fabriquer le cuir doré en Flandre
dans la première moitié du Ifi*" siècle. En effet, les plus anciens
spécimens connus de Flandre ont tous les caractères de la re-
naissance, qui à cette époque se développa généralement en
Belgique. L'or du nouveau monde était venu d'ailleurs se pro-
diguer aux meubles et aux babillements, luxe qui s'adapiait
parfaitement aux ornements de ce style.
Dans le pays de Liège, la fabrication du cuir doré ne .s'intro-
duisit que beaucoup plus tard , car d'après la concession, dont
nous reproduisons le texte ci-api'ès, il nous est permis de sup-
poser que ce fut Noël Barazet, un milanais, qui le premier vint
établir à Liège une manufacture de ce genre, en 1614.
Par privilège, daté du 46 avril de cette année, Ferdinand de
Bavière lui accorda, à l'exclusion de tout autre, l'autorisation
de fabriquer et de vendre le cuir doré tant dans la cité que
dans tout le pays de Liège. Par contre, Noël Harazet était tenu
de « reilluminer, reparer et racommoder a ses fraix et cous-
tanges », les tapisseries du prince-évêque et celles de son
palais, cbaque fois qu'il plairait ;i Son Altesse.
Deux copies de cette concession, que nous croyons médite,
se trouvent inséi'ées parmi les dépêches du Conseil privé, aux
archives de l'État à Liège. Les deux textes ne présentant aucun
changement notable , nous nuus bornerons h pidjlier la pre-
mière eo[»ie, en indiquant en note les variations que fournit la
seconde.
«Ferdinand a loussalu!. Scavoir fai.sons, que de la part Noël
Barazet Millanois et M""" Tapecier en cuire doré nous at esté
remonstré, comment ( ') il se seroit transporté en iiostre cité de
{ ' i Le retond texte dit : que uniquement.
— 36o ~
Liège et illecques a grands fraix acquis la bourgeoisie et mes-
tier des Tapecier, pour y exercer son art et nous servir et
accommoder noz suiectz de ladite Tapecerie, suppliant treslium-
blement quil nous plaise luy accorder benignement faculté et
previlegede pouvoir luy seuf faire et distribuer en noslre cité et
pays de Liège ladite Tapecerie. Par ce est il que nous condes-
ceiidans favorablement a la demande du suppliant luy avons de
nostre authoriié piincipale donné et octroyé, comme par cestes
luy donnons et octroyons pouvoir et faculté de pouvoir luy seul
faire toute sorte de Tapecerie de cuiure (*) doré, la vendre et
distribuer en noz cité, villes et pays de Liège ou mieux lui
semblera mesmes quil pouroit avoir l'inspection et prendre
regard à tous autres qui se voudront mesler de ceste mar-
chandise, si telles tapecerits sont bons et lealz, a charge que
ledit Noël Barazet serat tenu tout et quantefois quil nous plaira
et besoing sera reilluminer, reparer et raccommoder noz Tapis
de cuiure (-) doré et ceux de nostre Palaix a ses(^) fraix et cous-
langes, taisant defence a tous autres de nen faire pour les
vendre, ny distribuer en nosd'' cite, villes et pays, sans le sceu
et aveu dudit Barazet, soubz peine de confiscation et amende
arbitraire. Sy mandons et commandons à noz Grand Mayeur de
Liège ses substituez et autres !!oz officiers justiciers et suieclz
de laisser librement et paisiblemeni jouyr et user du présent
nostre privilège et concession ledit Barazet, sans luy faire ny
souffrir estre fait aucun trouble ou em[)echement au contraire,
car telle est nostre sérieuse voloiue. Donné soubz noz nom etc.
le 2G d'Avril 16l4 (*). «
Si ce fut un Milanais qui dota Liège de la première manufac-
ture de tapisseries de cuir doré, nous trouvons d'autre part,
quelques années auparavant , un maître tapissier liégeois ,
Domitien de Chocquier, acquérir du renom en Ilalie et en
Espagne où il fut attaché comme tapissier au service de
Philippe n. C'est ce que nou<^ appremJ l'extrait suivant tiré des
lettres cerlificaloires délivrées le P juin lo96 par les maïeui-
et échevins de la Haute-Cour et pays de Liège.
( * ) Le second texte porte : cuir.
(i) Id. id. id.
{' ] Id. \A. le mot tes est omis.
(* ) Conseil privé, dépêches, lfi09-16lS, Reg. ii. 3t, fol. l'^S r°., au.^c archives de
l'Etal, a Liège.
— 366 —
« Scavoir faisons que pardevant nous est comparue honeste
Christienne de Chooquier relicte de feu Basiian Libotte nous
remonstrant que pieca elle auioit heu ung frère appelle Domi-
tian de Choc(|uiei', natif de ceste cite de Liège lequel passe
quaranles ans et davanlaige (M seroit sorly du pays et aiant
depuis demeure tant en Italie qu'au service de saMa^'catholicque
en Espaigne laquele elle auroit servy par l'espace de vingts ans
en qualité de m'" tapissier auquel service mesme il seroit
mort depuis deux ans enca au lieu de Madrid, requérante pource
que pour s'en servir en temps et lieux oporluns nous luy
voiussions donner noz lettres d'attestation et certifïication du
parenlaige dicelle avec ledit Domitian. A laquelle, etc. (-). »
La reproduction de ces documents fera plaisir, espérons-nous,
à ceux qui s'intéressent à l'histoire de l'archéologie et en
particulier à celle de Liège.
Depuis quelques années, le goût pour les tapisseries de cuir
doré nous est revenu, et si la fabrication moderne n'a pas
la richesse éclatante et le caractère artistique de celle des
siècles passés, l'imitation ne manque pas de charme (").
D. VAX DE CaSTEELE,
Conservateur-adjoint aux archives de l'Etat, à Liège.
') Plus loin il ëil dit que Doiriilien de Clioc<iuier devait tMre âgé de plus de
60 ans.
f ') Grand grcIVe des échevins, records et atteslîitions. 1587- 1597. Reg. A n"t>79,
f" 190. aux archives de l'État, à Liège.
■') Puisque nous nous occupons des tapisseries, notons iiù que Pierre-François
de Rorive, jurisconsulte et l'un des greffiers de la chambre ('chevinale, reçut jivec
Pierre Dormal, le 8 aoijt 1750, un octroi exclusif, pour un terme de trente ans, afin
d'élablir à Liège une manufacture de tapisseries, dites de Bavière [ a ].
Enfin le 16 novembre 1778, François-Charles de Velbruck accorda a Bourcart
Eysemloftel, allemand d'origine, le privilège, après prise de bourgeoisie, de pouvoir,
pendant l'espace de douze années consécutives, fabriquer et vendre, à l'exclusion
de tout autre étranger , les papiers veloutés et autres, imitant ceux des Indes {b).
Déjà au 3 février 17i9, l'italien Jean-Baptiste Riario avait obtenu une concession
de trente ans pour rétablissement d'une manufacture de toiles peintes ou indiennes,
appelées aussi toiles d'Angleterre c).
{it) Consuil l'iiv :, il;.|.:Mlie,-, I7ia-:M, Hcg. K. ,ïO, f" I.Ti \-\ uux anlini;; do l'iltHt à Liolo.
[h) !l,iHoiii, mS-87, 11.!^. K. 62, f" .ïô, ihivlcm.
jc) Iludïm, ni-ï .'i'I, Hcg. K. o9, f» 9;! v, ilndoiii.
I
NOTICE
SUR
L'KGLISE PRIMAIRE DE S^-BARTHELEMI
A l^lltùGE,
Dès leX^ siècle, il ne restait plus debout, dans nos contrées,
qu'un petit nombre d'édifices datant de l'époque mérovingienne.
Les incursions des Normands, l'anarchie qui suivit la chute des
Carolingiens, d'autres causes encore contribuèrent, plus que
l'action du temps, à couvrir le pays de ruines, et ce ne fut
guère qu'à pai'tir de l'avènement au trône impérial du second
Charlemagne, Othon-le-Grand, que les architectes eurent fré-
quemment l'occasion de remettre la main à l'œuvre. Mais la
réaction qui se produisit alors, notamment dans la principauté
de Liège, fut rapide et considérable ; elle prit des proportions
plus fortes encore dans l'âge suivant, lorsqu'on fut débarrassé
des craintes qu'avait inspirées l'approche de l'an 1000. Elle se
répandit presque simultanément dans toute l'Europe occidentale ;
elle nous intéresse en particulier, par le fait que la Belgique
possède, relativement à d'autres territoires, une riche variété
de monuments des XP et XIP siècles.
Guillaume de Malmesbury ( ' ) nous apprend qu'on vit, dans le
cours de cette période, cf s'élever de tous côtés des églises et
des monastères dans un nouveau style d'architecture. » Que
{') De regibus Atigliœ, 1. UI, p. 402 [Coll. aiujl. script.).
368
signitieiil ces derniers mois? Il s'agit évidemment de la renais-
sance romane, qui repose sur les deux principes suivants : per-
fectionnement de l'ancienne architecture chrétienne des peuples
ijermnniques; imitation directe du style byzantin.
L'architecture romane atteignit graduellement, dans nos
régions, une i)erfection remarquable ; elle s'éleva par ses pro-
portions, entre autres par l'ampleur qu'elle donna au chœur des
églises, jusqu'au grandiose; elle brilla par la splendeur et par
l'élégance de son ornementation; mais ces progrès ne se réali-
sèrent pas en un jour.
Au X^ siècle, de mémequ'h l'époque antérieure, on construisait
encore les églises assez peu solidement : le clayonnaye y jouait
un grand rôle. Au début de la renaissance romane, on courut au
plus pressé : il fallait avant tout se garantir contre l'intempérie
des saisons ; tout fut sacrifié h la solidité. On employa beaucoup
la pierre; les plafonds de bois tirent place à des voûtes. Les
ornements ne furent prodigués que plus tard : les édilices
romans de la première période se distinguent, sous ce rapport,
par leur simplicité, leur sobriété sévère.
Il serait fort instructif d'étudier, dans celles de nos églises
qui appartiennent en tout ou en partie au style roman, par
exemple à S. Jean évangéliste, à S. Denis, à S. Barthélemi, à
S. Jacques et à S'*' Croix de Liège, pour ne point parler de l'ad-
mirable cathédrale de Tournay, les transformations successives
que subit l'art architectural, lorsqu'il fut devenu impossible
de conserver les anciens types et de rester tidèle aux anciennes
règles; on poursuivrait très-utilement ces recherches jusqu'à
l'apparition du style dit de transition, que nous rencontrons,
entr'autres, à la contre-abside de S'" Ca'oix.
Nous ne nous occuperons, pour le moment, que de Véglise
primaire de À''. Barthélemi, nous réservant de consacrer ulté-
rieurement de courtes notices à d'autres monuments de la même
période.
EGLISE PRIMAIRE DE S^-BARTHELEMI
FOTVOATIO]^-
S, Barthélemi appartieiil à la deuxième époque romane. Sa
fondation remonte au règne de levêque Balderic II, le même
qui érigea l'église et le monastère de S. Jacques. Balderic pro-
digua ses bienfaits à nos institutions religieuses; on ne cilerait
peut-être pas, à Liège, une église ou un cloître qui ne lui ait été
redevable, soit de quelques donations en terres, soit de quelques
dîmes.
En dehors de l'ancienne enceinte de la cité, derrière la porte
de S'-Georges, il existait une chapelle dédiée h S'-Servais, dans
laquelle reposaient les corps de deux serviteurs de Dieu, Quirin,
noble reclus issu du sang de France, et S'-Ulbert, martyr.
Godescnlc de Morialmé, prévôt de S'-Lambert, qui était animé
d'unegiandedévotion envers les douze apôtres, eten [larticulier
envers S'-Barthélemi, fit construire à ses frais, eu remplacement
de l'ancienne chapelle, une église en l'honneur de ce Saint. Il
'enrichit de ses alleux , patrimoine présomptif des Francs-
Saliens et des seigneurs qui descendaient de cette nation et qui
habitaient nos provinces. Son but était de pourvoir à l'entretien
dei2prébendiers ou chanoines, pratiquant la règlede laviecom-
mune. Ces biens se composaient des alleux de Lincent, de Jaiif'f
et de Flirreis, auxquels Balderic et Wolbodon ajoutèrent ceux de
Butines, (ï Alla e\ ûe Nahpies. Hézélon ('), évêque (Tolensis),
•) Im entait e des Chartres dtt chapitre de S^- Lambert pnv i. -G. SCHûONBROODT.
— Le chapitre de S' Lambert par J. DE Thelx, t. I, pp. 44 et o2 à la fin. — Cha-
PEAUVILLE, t. l.p. !2!T.— FiSEN, hisi., t I, p. !o8.— Opéra diplomatica, MlR^us,
l. II, p. 809.
— ;^70 ~
neveu de Godescalc, y ajouta celui de Dusalon, pour augmenter
le nombre primitif de cinq nouvelles prébendes. Entin pour
compléter le nombre de 20 chanoines, l'évéque Reginard eu
ajouta, en 1031, trois autres et donna pour la i rébende jour-
nalière sept manou's et demi avec l'église mère ei son douaire,
près de Limont, et certaines dîmes ou novales à Janibiiiel ,
relevant de la mense épiscopale.
Mirseus ( ') rapporte en outre que le chapitre deS^-Barthélemi
était le patron de l'église de JSeldradc et en possédait la dime,
que l'évéque Liège s'était réservée, en 1030, parmi les biens
injustement détenus par le couvent de S. Bavon à Gand.
Le même auteur cite encore un autre diplôme de 1044 (-), par
lequel l'évéque Wazon fonda dix nouvelles prébendes. Wazon,
par l'entremise du comte de Gozilon, avoué de S^-Barthélemi,
donne « à icelle certaines petites possessions acquises par ses
prédécesseurs et laissées à son droit ou données par des hommes
libres pour le rachat de leurs forfaits, de même que d'autres enga-
gères, dont il avait le plein domain , à Teffet d'augmenter de dix
nouveaux frères lecorpsde vingtantres déjà foiidés àS^-Barthélenii,
faubourg de Liège, pour y remplir les offices ecclésiastiques. » Ces
alleux (■') étaient ceux de Bèce, Dormael, Rotelaers, Villers.
Bosoux avec le passage du pont ; les églises de Wesemal, Villers
aux teitres, Arcliennes et Barouwiez, en tout ou en partie.
Wazon transfère en outre h la même église, en 4046, l'alleu,
l'église et le comté du Cange pour subvenir au bien-être des
dix nouveaux chanoines.
Enfin il lui donne tous ses biens situés près (•*) d'/Z^r/aus,
Tavers et llaimelines, Véglise de Marche et ses possessions à la
cour de Fi'ancon et près de Formale et de Hôteliers.
M ) MlR.ïL'S. Donaliones belg., t. I, cap. lO.
(*) MiR.tus, njid., t. H, p. 810 et t. III, p. .303.
( •) Manuscrit fjéiiialogique de Lf.fort, aux archives de l'Etal ii Liège, 'i<' série,
t. XXVin, p. 2b. — Le chapitre de S^-Lambvri. par J. de ÏHEU.X, I. I, p. 56.
(*j .MlK.€VS. Opéra iltplomutica, l. H, p. 810 et I. III, p. 303.
— 371 —
Notre évêque Henri inspira et confirma, en 1078, une donation
de la comtesse Ermnngarde à notre collégiale. En prenant le voile,
la pieuse dame se fit un devoir de consacrer son renoncement
au monde par des libéralités envers les églises. En faveur de
S. Bartliélemi, elle se dépouilla, sous certaines réserves, d'un
bien situé sous Wareinme et Loncin; de ses alleux de Rumine,
de ceux de Gelmine et de Berlinges; enfin, de celui de Brée avec
l'église.
« Godescalc, dit M. de Tlieux ('), mourut le 18 décembre
1010 et fut enterré dans l'église de S^~Barthélemi. En 1334,
ses restes mortels furent transférés de la nef dans le chœur de
l'église, etc. (^). » Cependant cette date (10 10) de sa mort est
contredite par un passage de Placentius, relatif à la fondation
du collège des chanoines; selon ce dernier écrivain, Godescalc
aurait été encore vivant en 1016, comme nous le verrons plus
loin.
Quant à l'époque précise de l'érection de l'église, nos hisio-
riens liégeois ne sont pas d'accord. Quelques-uns prétendent
qu'elle fut commencée en 1010 ou 1011 et consacrée le 28
octobre 1012, trois jours après la consécration de la cathédrale
de S'-Lambert, en présence d'Héribert, archevêque de Cologne.
D'autres, au contraire, le chroniqueur Anselme et Gilles
d'Orval, ne donnent pas de date précise; Bouille etFisen imiieut
leur silence.
Nous trouvons, au contraire, une indication exacte dans
Mirœus (") : « Anno 1016 siib Bakierico secundo episcopo Leo-
diensi claruit Godescalcus collegii sancti Lambert i piœposiius,
qui divi Bartholomsei collegium extruxit et duodecim canonicis
providit. Ita Placentius in calalogo episcoporum leodiensium.
Sancti Bartholomsei lemplum istud dedicavit idem Baldericus
( ') Le chapitre de S^-Lainbeit, 1.1, p. o'^.
i 2j Ses armoiries étaient : Morialmô, Agimont, France et Flandre.
(^; De canonicorumcoUegiis, etc. AUB. MlR^l, lUlo.
— 372 —
episcopus nn. 1017 III kalendis novembris, présente Heriberio
Golonieiisi archiepiscopo. »
Il demeure acquis, diins lous les cas, que S. Barthélemi
remonte aux premières années du W siècle. Quand celte im-
portante construction fut-elle commencée , quand achevée? ces
questions restent sans réponse; mais on peut présumer qu'elle
nécessita le travail de jilusieurs années. Quand on examine de
près ces moellons brunâtres, d'une longueur de 0'",78 sur une
hauteur de 0"\29, stratifiés horizontalement et joints par d'épaisses
couches de ciment , on se demande, bien qu'ils paraissent pro-
venir d'une carrière voisine, combien de temps et d'argent il a
fallu pour les extraire de la montagne, pour les transporter h
pied d'œuvre et pour les mettre à leur place. Mais alors la foi
faisait des prodiges. Il ne sera pas hors de propos, ce nous
semble, de ra|)peler ici une explication donnée par Batissier(').
« Les papes, dit-il, avaient attaché à la construction des
églises les mêmes indulgences que gagnaient les hommes qui
partaient pour la Croisade ; aussi tous les habitants qui ne
pouvaient entreprendre des pèlerinages dans les lointaines
contrées de l'Orient, s'empressaieul-ils de prêter leur concours
pour élever des édifices religieux... Dès qu'il s'agissait de bâtir
une église, c'était presque toujours un ecclésiastique qui en
fournissait le plan, et desrnoinesqui en exicutaient les travaux
sous sa direction. 11 y avait aussi hors des cloîtres des ouvrieis
laïcs qui travaillaient bOus la direction ecclésiastique , et no-
tamment les frères maçons. Ceux-ci étaient divisés en groupes
de dix hommes dirigés par un maître-maçon. Ils campaient au-
tour des édifices qu'ils élevaient, et leur besogne achevée, ils
allaient chercher fortune ailleurs. Il arrivait souvent qu'ils
étaient secondés par les populations qui charriaieiit les maté-
riaux, et par les seigneurs, qui leur donnaient des gratifications
en argent ou en objets de consommation nécessaires à la vie. y
(* ; Eléiuettts d'archéologie nationale, pages 412 et 413.
RuUeLiii (ie l'iust arcliéol Licqcois.
PL. 2. Tome X[ Pa<| ÔO
Eglise S"^ Barthélémy a Liège.
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rG'ardiii Arclulecte deiin
PROJET DE RESTAURATION DE L'ABSIDE OCCIDENTALE
ET ^^^S CLOCHERS
— 373 ~
DESCRIPTION.
STxt^rleur.
L'église de S'-Barlhélemi, considérée dans son plan général,
présente la forme de deux rectangles accoles dont le plus
étroit forme le chœur. Un autre rectangle, perpendiculaire
aux premiers et les dépassant en largeur, forme le porche
et supporte les deux louis. C'est la seule église do noire
ville qui offre encore à nos yeux le spécimen de l'ancienne
construction romane dans les murs extérieurs du chœur et de
la nef centrale, ainsi que dans les tours, en partie réparées au
XVII^ siècle (178!2).
Le vaisseau est construit eii opiis incertum. Les murs des
côtés latéraux, qui étaient sans aucun doute bâtis de la même
manière, ont été reconstruits dans le XVIII'siècleau niveau des
tours et du chœur ; ce qui ferait supposer que ce temple pré-
sentait originairement la forme d'une croix latine, forme ordi-
naire des églises du XP siècle.
On sait que ce plan rappelle (sauf les iransepts) celui des
basiliques romaines. 11 est très-nettement caractérisé à S^-
Burthélemi qui, à ce point de vue, est sans contredit un des
monuments les plus remarquables de notre pays.
Sa décoration extérieure consiste en de simples pilastres ou
contreforts peu saillants, placés de distance en distance, et ne
s'arrêiant qu'à la rangée d'arcatures qui longe partout la char-
pente du toit. Leurs chapiteaux se distinguent par deux rangées
de billeltes placées en lignes horizontales. Ces contrelûrts
séparent les sept fenêtres plein-cintre de la grande nef, tandis
qu'au transept et sur les tours ils sont canionnés.
Les murs latéraux présentent, au contraire, de chaque côté
— 374 —
une face unie, mais lé^èremeiit renflée par un hors d'œuvre
saillant de -1™,90 entre deux pilastres du centre. Ils portent
également une rangée de sept fenêtres cintrées et plus laiges
que les premières.
Les trois sacristies sont situées au nord. Les deux premières,
situées aux deux côtés du sanciuairL% sont, de même long'ieur
que ce dernier et aboutissent aux doux petites chapelles joi-
gnantes. La troisième, plus grande que les autres, réunit
la chapelle de droite au transept, au milieu duquel elle s'arrête.
Xoui*.
Ce qui frappe surtout les regards, c'est la double tour qui
sert en même temps de façade à l'édifice. La partie inférieure
de cetle construction forme, ainsi que nous l'avons dit, un
parallélogramme massif orné de pilastres saillants à trois étages
placés au centi'e et aux angles. Ses flancs sont percés çà et là
de petites fenêtres plein-cintre, de baies et de barbacanes : ce
n'est qu'au deuxième éiage que l'on voit des arcades géminées,
soutenues par des colonnettes simples, qui sont simulées et
reliées par un plein-cintre, Le toit en plomb, à quadruple tra-
pèze, sert proprement de soubassement aux deux pe:ites tours
carrées. Ces dernièies sont semblables et tei'minéos chacune
par un toit pyiamid.il à qualrc pans losanges : deux signes au
moyen desquels on reconnaît qu'elles sont aussi anciennes que
leur base quadrangulaire, avec laquelle elles se marient heureu-
sement. Simples et d'égale hauteur, elles ont leurs faces can-
tonnées de légers contreforts, deux rangéesde fenêtres géminées
et le gable percé d'une baie.
Ces tours ont subi quelques réparations, notamment celle de
gauche, dont plusieurs pans ont éié presqu'entièrement trans-
formés au XVIII'- siècle, comnjc on peut le voir d'après cette
inscription gravée sur une pierre du tympan (Est; : réparé Tan
'1782. La hauteur, depuis la base jusqu'à la flèche, est de 37
mètres.
— 375 —
ce On peut cotiàidérer, dii M. Viol!et-le-Duc ('), les plus
anciens clochers autant, comme drs monuments destinés à faire
reconnaître l'église au loin, comme un signe de puissance, que
comme des tours pour conlenir des cloches. «
« Les tours, dit aussi M. de Caumont (-), avaient été dans
l'origine construites pour recevoir des cloches ; mais au Xl«
siècle, on les multipla sans nécessité et uniquement pour le
coup d'œil ; là où une seult; tour eût suffi, on en éleva jusqu'à
trois ; ce lut alors qu'on adopta, pour les grandes églises, l'usage
qui a subsisté depuis, d'en placer une à chaque côlé du portail...»
Sonnerie.
On arrive au clocher de droite par un escalier en pierre de 78
marches. 11 renferme un carillon et un cadran, provenant du
couvent du Val-Sl-Lambert, près de Serai ng. C'est le préfet
Micoud d'Umons qui, en 1804, en a fait don à notre église. Le
mécanisme du cari Ion occupe un espace au-dessus de l'orgue,
tandis que les cloches, au nombre de 33, sont placées au second
étage sur trois rangées de solives. Les sept autres, plus grosses,
qui se trouvent plus bas et servent également de basse dans la
partition, sont spécialement consacrées aux solennités et aux
offices religieux. Voici la description des cinq principales :
La première, qui donne le do, s'appelle Marie. Son diamètre
à la base est de 1"',10; sa hauteur, de O'",8o.
La seconde, nommée Jos^;?/iel donnant le ré, mesure H. 0°\78
et O^sOede diamètre.
La troisième, dédiée à S'-Lambert, a 0"',87 de diamètre et
0'",75 1/2 de H.
La quatrième s'appelle Bernard et mesure H. O'",7o et 0°',83
de diamètre.
{* i bict. de l architecture, t. III, p. "286.
(2) Cours d'antiquités, !k-- vol., p. 50, édit. (8.31,
— 376 —
Enfin la cinquième, haute do O^.eO, a un diamètre de 0'»,74;
on la nomme Dotiat.
La partition, qui se compose de trois octaves et demie, se
répartit sur les 40 cloches comme suit :
Do, ré, mi, fa, fa dièze, sol, sol dièze, la, la dièze, si, do, do
dièze, ré, ré dièze, mi, fa, fa dièze, sol, sol dièze, la, la dièze,
si, do, do dièze, ré, ré dièze, mi, fa, fa dièze, sol, sol dièze, la,
la dièze, si, do, do dièze, ré, ré dièze, mi, fa.
Toutes ces cloches proviennent de l'atelier de Mathias Van
den Gheyn de Louvain cl ont été fondues en 1774. Sur les cinq
premières, on lit ces inscriptions :
En haut ; Mathias Van den Gliein me fudit Lovani a" 1774.
Sancte... ora pro nobis; et en dessous sur les bords : Beveren-
dissimus D. D. Josejihus Uarkz abbas Vallis S. Lamberti me
fieri fecit.
Au centre sont les armes de l'abbé. Elles portent : écartelé,
au i''" et au 4« d'argent, à l'aigle de sable , au 2'' d'or h la botte
éperonnée de sable ei au 3* de gueules, à deux lances d'or.
La cathédrale de Rouen possède une cloche qui avait été
coulée pour la collégiale de St-Barthélemi. Elle porte l'inscrip-
tion suivante :
(1) TrLnI praei'OsItVs DeCanVs CapItVLVM
CVI sIt LaVs CoMItI De roVgiuVe
eXL\ aCCessIt LaVs tIim De MVno
PENDVIiA sic sVrgo graVIou VoCItata MarIa.
Chauooir me fecit, 1774.
Le gouvernement de la République française avait fait enle-
ver en 1796 les cloches des églises pour les transporter à la
monnaie mais plusieurs d'entre elles ne furent pas fondues.
' 1 Bulletin aich^ol. liéf/eoi-i, t. IX. p. ol2.
— 377 —
Lors du rétablissement du culte en 1801, ces cloches ont été
données par les préfets aux églises conservées. C'est ainsi
qu'uiie des cloches de St-Barthélemi, appelée Marie, a pu être
donnée à une église de Normandie.
Portail,
Rien ne nous rappelle de quel côté se trouvait l'ancien portail.
Saumery lui-même garde le silence sur ce point (i). Philippe
de Hurges, parlant en général, s'exprime de la sorte (2) :
« grand nombre d'églises anciennes, situées à Liège et à Maes-
trichL se void sans autres porlaux que ceux qu'elles ont aux
deux costez de la net\ »
Quant au portail d'entrée actuel, il a été percé sous les fours
au siècle dernier. Il se compose de quatre pilastres avec chapi-
teaux toscans et entablement en pierre, et se terme par une
grille de fer ouvragé. L'intéi'ieur du porche, où il donne accès,
est également moderne ; il mesure en longueur 7'"o0 sur6"'S0
de largeur. Au centre se trouve une grande porte à vantaux,
garnie de pilastres, communiquant avec l'église ; six grandes
statues en bois sculpté reposant sur des piédestaux sont placées
dans des niches latérales, à hauteur d'homme. Elles représentent
St-Roch, St-Paul, l'ange gardien, la Ste-Vierge, St-Joseph et
St-Pierre. et sont l'œuvre respeciive de Rendeux et de Franck,
sculpteurs liégeois, dans les années 1733, 1742 et 1743.
Oluftree.
M. Schayes, par distraction probablement, fait remonter au
X'^ siècle la construction primitive des cloîtres qui font suite au
transept droit. Quoi qu'il en soit, ils ont disparu pour faire place
à d'autres, construits en style ogival. De ces derniers môme, il
( 1 ) Dans la rue la poric est sur le côté.
(*) Voijage de Liège à Mapxiricht en Uîlo. — Édit. des Biblioph. lie'geois, \^1''2.
— 378 —
ne reste plus qu'une partie de l'aile : long. 10™95 larg. 4"'23. Ils
ont dû, ce semble, former un carré qui contournait l'église.
Intérîeui*.
A partir du XVI" siècle, sous l'influence de la Renaissance
italienne, on regarda l'architecture du moyen-âge comme bar-
bare, el le style classique de la Grèce passa pour le type unique
de la correction et de la beauté. Même à l'égard de ce style,
avec le temps, on perdit le sentiment esthétique; l'art dégénéré
des Romains séduisit de plus en plus les artistes, et les altéra-
tions étranges que la mode lui lit subir tour h tour, achevèrent
de précipiter la décadence du goût. On gâta sans scrupule, on
mutila nos plus vénérables monuments, sous prétexte de les
moderniser.
C'est sous l'empire de ces fausses idées, que l'intérieur de
St-Barthélemi a perdu, au siècle dernier, la majesté de son
caractère primitif. C'est encore sans doute au même esprit qu'il
faut attribuer la démolition de la crypte qui se trouvait sous le
chœur, ici comme dans la plupart des églises romanes.
La longueur du vaisseau est de 44'», 59 ; sa largeur de
29™, 76. Le sanctuaire, qui est compris dans cette longueur, a
9™,32 de long sur 6"',93 de large ; le transept mesure en lar-
geur 8"', 12.
Le vaisseau se partage en cinq nefs, séparées par quatre
rangées de quatre hautes colonnes cylindriques plus deux gros
piliers carrés, avec chapiteaux ioniques. Ces colonnes ont
2"", 34 de circonférence et sont peintes en marbre de St-Rerai,
de même que l'entablement. Les voûtes cintrées, qui régnent
partout, sont plus larges et plus élevées dans la grande nef
(haut. 14"', 73) que dans les petites. Leur construction, dans la
première, est en voûte d'arrêté ( les séparations sont marquées
par des plates bandes ) ; dans le transept, elle est en arc de
cloître ; dans les petites nefs, en arcs doubleaux.
- 379 -
L'entablement simple, qui s'étend depuis le jubé jusqu'au
transept, remplace le triforium roman, dont on voit encore des
échantillons dans les tours. Ce triforium se compose d'arcades
plein-cintres géminées sous un grand arc simulé, soutenues
par une colonnette cylindrique avec chapiteau et base cubiques
à feuilUiges. Au-dessus de cet entablement, se voient quatorze
médaillons ovales, peints à fresque et représentant les bustes de
quelques apôtres et des évangélistes. Deux autres médnillons
également ovales et peinis à tVesque, mais plus grands, placés
à la suite de ces derniers, au-dessus du plein cintre du chœur,
renferment les figures à mi-corps du sacré cœur de Jésus et de
Marie. Ces fresques et le décor sont l'œuvre de notre artiste
Carpey. Les premières remplacent avantageusement les an-
ciennes toiles, qui portaient les mêmes sujets.
Les travaux exécutés en 1855 comprennent la création des
deux chapelles du transept, l'ouverture plein-cintre avec un
abaissement notable du sol de ce dernier, le décor ae l'église
entière et la suppression des bancs (i).
Quelques faits k noter en passant. Le 28 avril 1185, fête de
la translation de St-Lamberl, l'église cathédrale de ce nom, et
plusieurs autres édifices furent réduits en cendres. On n'eut que
le temps de sauver la châsse du Saint et de la transporter à
St-Barlhélemi, jusqu'à la reconstruction de ce temple. Ce ne fut
qu'en 1197 qu'il fût possible de la rapporter de notre église 5
l'illustre cathédrale (2).
On remarquait encore, vers le milieu du siècle dernier, sur
la première colonne de droite en eniratu, un cercle en fer,
placé à la hauteur de quatre pieds, servant à rappeler à la
postérité, par un chronogramme latin, la hauteur que les eaux
avaient atteinte lors de l'inondation de 1643. Le voici : MIkatViî
JaxVs qVoD aqVa hVC peuVenekIt VsqVe.
(l) Gazette de Liège, 1853.
;-2) Bouille, t. \,
— 380 —
Nous rappelerons encore qu'eu 4554 eut lieu la réconciliation
de cette église, h la suite rie sa profanation occasionnée par
l'effusion du sang.
Chœur.
Le premier objet qui frappe les yeux du visiteur, c'est le
maîlre-aute! en bois peint, simulant le marbre de St-Remi. Ce
gigantesque édicule du XVIir^ siècle, adossé au chevet du
cliœur, représente un retable moderne (long. 5"36, haut. il™39),
suppoité par six hautes colonnes, dont deux plus grandes que
les autres, toutes avec chapiteaux corinthiens (hauteur 6"'03,
circonférence 2'"07). Elles soutiennent un double entablement
en voussure. Au-dessus de ce dernier figure l'écusson sculpté,
surmonté d'un cimier, de Jean-Guillaume Clerx, probablement
le donateur de cet autel. Ces armoiries sont accostées de deux
anges de moyenne grandeur; oii les retrouve encore, accompa-
gnées de eeiles de l'épouse du doiialeui-, gravées sur deux pavés
en marbre bh\nc, dans le sanctuaire, avec les inscriptions sui-
vantes : A)"" Joannes Guilelmus Clerx. U. I). 1708. — Maria
Joanna Clossel uxor ejus 1708. On voit en outre, à la voûte, le
millésime 1706, époque sans doute du placement de cet aute! et
de la restauration de l'intérieur.
Sur la même ligne (pie ce blason, sont placés quatre autres
anges en bois scul|it<', mais plus grands que les premiers; sous
l'entablement, enfin, pbuie un petit ange portant une couronne
de laurier. Il semble la destiner h St-Barthélemi, martyr, dont
le supplice est représenté sur une grande toile de Fisen (i),
peintre liégeois, qui est placée au centre. Les ligures sont plus
graïuJes que nature. H;nit. 5"'o0, hn-g. 2"'60,
]j\ table d'autel, en forme de tombeau, en marbre blanc,
acconip;igné de diMjx pi' istre > blancs, repose sur trois niandies
en pierre bleue. Un petit tabernacle, en bois doré, est placé
{* ) Histoire de la peinture au payt de Liège, i. Helbig, p. '246.
— 381 —
entre deux gradins, couverts de sculptures figurant des grappes
do raisin. Sur la porte est une sphère, sur laquelle on lit : Qui
tollit peccata mundi. Le grand tabernacle, de forme spliérique,
de 1"'60 de diamètre, pivote sur le petit. Au dessus repose un
Christ, dont un des pieds est entouré de têtes d'anges ailés.
Enfin deux anges adorateurs, de demi-grandeur, et deux candé-
labres à quatre branches, ornementés, figurent de chaque côté
de l'autel. Toutes ces sculptures ont été dorées en 1855 par
Hendrick.
Transept.
La hauteur du transept est de O^To. L'aile droite renferme :
1" L'autel du St-Sacrcment, représentant un retable moderne:
long. 4"'76, haut. 7'"07. Il se compose de quatre colonnes avec
chapiteaux corinthiens, reposant sur des piédestaux placés à
hauteur des gradins. Son entablement se partage en deux et ses
extrémités sont contournées. Au milieu est placée une ^/o/rg.
Quant au centre de ce rel.ible, il est occupé par nue exaltation
de la Ste vraie Croix, toile de Berlhoiet Flemalle, peintie lié-
geois : haut. 4'"08, long. 2". Les figures sont de grandeur natu-
relle.
On remarque ici deux tabernacles superposés l'un à l'autre
dont le plus grand est orné d'un bas relief : le sacrifice d'isaac.
Un atitependiiim peint sur toibs renfermant un médaillon avec
le buste de la Vierge immaculée, complète la décoraùon de cet
autel.
2° Deux grands tableaux placés au-dessus de deux grandes
portes à deux vantaux, semblables à celles du chœur : hauteur
3"00, long. 2'"30. L'un représente Vadoratiun des bergers et
l'autre celle des rois. Les figures sont plus grandes que nature.
3" Entre ces derniers et sur la même paroi est adossé un
monument, dédié par Gilles Delooz, chanoine de St-Barthélemi,
h son frère Pierre Delooz, jubilaire et doyen du chapitre : haut.
38;
a^SO, long. I'"45. Il supporte la statue de Sle-Thérèse, en bois
sculpté, de grîHîdeur naturelle, et est formé de maibres de
Theux et de St-Remi. On y lit, sui* une banderoUe surmontée de
ses armes : A. Delooz Decanus 1629, R. adm. duo Petro Delooz
canonico juhilario Decano, R'^"-' adm. dnus .'Egidius A. Delooz
canoniciis jubilarins hujus etium eedesiœ. DeCaxVs DeCano
fratrI DïrIgebat (1708).
4** Une petite chapelle latérale, dont l'ouverture est plein-
cintre. Elle ne remonte qu'à ISoo ; largeur 4™71, longueur 5"'30.
En tête est placé un petit aulei en marbre de St-Remi ; le tom-
beau et la table so.'it en marbre blanc. Sur chacun des murs
figurent deux toiles d'Aubée, peintre liégeois de la tin du XVIII"^
siècle : le denkr de César et la péclie miraculeuse (hauteur l™oO,
largeur 1"'40).
5° En fcice de cette chapelle se voit un confessionnal moderne,
portant en tête un écusson d'armoiries effacée et l'inscription
suivante : Ji'' Toussahtl et Jean Jacques de Visé en mémoire de
feu honoré seigneur Jérôme M alhias de Visé J.-C.-avocal et tenant
de cette église. A" 172(i.
6° Au-dessus de ce confessionnal et contre la même paroi est
encastré un ex voto on petit monument en marbre lioir. C'est
M. Gérard Lovens qui l'érigea en 1855 en mémoire de l'inima-
culée Conception. Sur une pl.ique de marbre blanc qui en occupe
le centre, on lit ces mots : Marie conçue sans péché, priez pour
nous. Et plus bas : Mariœ sine labe conceplœ, hocce levé pietatis
pignus erexit basiUcœ fausle prorsus instaurata,Joannes G. Lovens
Parochus.
7° Enfin un banc de communion en bois, de forme ordinaire,
avec balustres, pré.-entant aux extrémités et au centre, sur des
lambris, trois petits médaillons en léger relief, relatifs au mys-
tère de l'Eucharistie.
L'aile giiuche renicrme les objets suivants :
1" L'autel de la Stc-Vierge, semblable h celui de droite et
38;
de même dimension, et dont le centre est orné d'une belle toile
de Fisen, le Crucifiement : hïiuleur 4'"42, largeur 2'"o0. Les
figures sont plus grandes que naiure.
Cette peinture fut enlevée à l'église de la Madeleine, lors de
la première révolution française, et rendue à notre église sous
l'administî-ation du doyen Glose. Tout contre est placée la
statue de N.-D. du Rosaire, œuvre de Radino. Elle repose sur
un tabernacle sculpté.
2° Deux grandes toiles fesant pendant aux deux autres de
l'aile droite et de même grandeur, mais d'un autre maître.
Sujets : la Ste-Famille et V Enfant Jésus au milieu des docteurs.
3" Dans la même paroi est enchâssé le monument de Gilles
Delooz, le même que celui de droite. Il est surmonté de la
statue de Si-Barthélemi de grandeur naturelle; dimensions :
hauteur >oO, largeur l™4o. Inscription : Petrus Delooz Deca-
nus 1672 DOM.
HoCCe In stVDII tesseraM
DlVo barthoLoMeo alternl plè saCrahant.
4" Un autre monument fesant pendant à celui de Gérard
Lovens est placé en face de la chapelle des fonds baptismaux.
On y lit l'épiLaphe qui suit : bOM. abolito in hujus templt repa-
rationedivi Martini sacello ubi ab anno MDXXXVlll darissimi
viri Antltonii Loets co}isiliari: stalùs necnon in concilio ordinario
senatoris, Margarita Roverii uxoris posterorumque suorum exis-
tebat monumentum hocce yratituduiis pignus. Pet. Amb. Loets de
Trixhe canonicus Leodiensis et in caméra ratwnaria princ. à
conduis. Anno 1748. fi. /. P..
h" En dessous de ce dernier se trouve un confessionnal orné
de ba^i-reliefs, semblable à celui de l'aile droite ; il porte en
tête un blason effacé et l'inscription suivante : La demoiselle
Jeanne-Thérèse de Visé, en mémoire de feu Honoré seigneur
Jérôme Mathias de Visé J. C. avocat et tenant de cette église.
Anno 1727.
— 384 -
6" Les fonts baptismaux. Enfin nous remarquons, dans la
petite chapelle de celte aile du transept, la précieuse et pres-
qu'unique dinanderie du moyen-âge qui soit restée du 12« siècle
en Belgique. « Souvenir précieux, dit M. Polain (*), pour
chacun de nous, puisque pendant près de huit siècles, tous les
bourgeois de Liégo y ont reçu le baptême ! »
Ces fonts baptismaux, enlevés par les Français, furent resti-
tués h l'église de Liège et placés à St-Barthélemi ('^).
La cuve est de forme circulaire ei de cuivre fondu : hauteur
O^oS; diamètre 0™98. Elle a été exécutée en 1112 par Lambert
Putras, célèbre batteur de Dinant, pour l'église de Notre-Dame-
aux-Fonts en cette ville, à la demande du chanoine Hellin,
grand-piévôt de St-Lambert et duc de Souabe. Cet artiste prit
pour modèle le grand envier d'airain du temple de Salomon,
et reproduisit sur les flancs du bassin, en relief saillant, cinq
épisodes de la vie de St-Jean-Bapliste, de St-Jean l'évangé-
liste et de Si-Pierre. Quelques textes entiers, gravés en carac-
tère roman, d'autres abrégés, en forme de liston, servent à les
expliquer.
Le l" épisode représente le baptême de N. S. par St-Jean. Le
corps du Sauveur est plongé h moitié dans les eaux du Jourdain.
Derrière la tête de Si -Jean, on lit son nom : Jolies Biptista
Domim. Entre le nimbe du Père éternel et le St-Esprit, on
remaïque ces mots, à gauche ; Sps (spiritus), à droite : Ses
(sanctus), et ensuite : llic est filius métis, dUectiis in quo micfii
complacui. Entre St-Jean-Baptisle et N. S. : Ego a te debeo bap-
tis'iri et tu venis ad me. Enfin, au-dessus des anges : Angeli
m,inistrantes.
■: ' Liège pittoresque
(*J ^Jusqu'en -1794, des 32 paroissps que renfermait la ville de Lidge, il
n'existait que les seules (églises de St-Si'verin , Sl-Ad;ilberl, SlNicolas Outre-
Meuse, SleFoi et Sl-Jean-Maptiste qui jouissaient dn pcivilùge d'avoir des fonts
baplisniaux. Um autres n'en avalent point et li's paroissien'* devaient venir à
Nolre-Danie-auxFonts pour y recevoir le baptême. » Calltédtale de St-Laml/ert,
par Van dem Sieew.
— 386 —
2* épisode : St-Jean-Baptiste prêchant au peuple de la Judée.
Il est en face d'un groupe de quatre personnes, devant un arbre
qui porte des feuilles de deux espèces. Debout et le bras tendu,
il leur annonce la parole de Dieu et leur ordonne de faire péni-
tence : Facile ergo {ructus dignos pœnitentiœ.
3^ épisode : Si-Jean-Baptiste distribuant le baptême dai.s le
Jourdain. Placé sous un c!)ê:ie, Jean-Baptiste est en présence
de deux juifs qui sont enfoncés presqu'à mi-jambes dans les
eaux du Jourdain. Il prononce ces paroles : Ego vos baptiso en
aqud ; veniet autem forlior me post me.
Le 4* épisode rei»résente St-Pierre, baptisant le centenier
Corneille. Pendant que l'apôire prêche, le Si-Esprit descend sur
ses audilem^s : Cecidit spiritus sancius super omnes qui audie-
baiil verbum. St-Pierre port'j une banderole sur laquelle on
lit : Ego quis eiam qui possem prohibere Deum. Une main droite
nimbée {celle de Dieu), sortant des nuages, bénit Corneille;
mais en même temps ce.-> trois doigts (qui bénissent à la
manière byzantine) lancent trois rayons. Corneille est plongé
nu dans une cuve remplie d'eau, pendant que l'apôtre le bénit
en présence d'un témoin. Pierrea les piedsnusetle nimbe uni.
Le 0^' enfin nous montre St-Jean l'évangélisle, octroyant le
baptême au philosophe Craton. L'apôtre le plonge dans la cuve
pleine d'eau et le bénit de la main droite, en prononçant la
formule suivante du bapiêmc, inscrite sur un livre qu'il tient
de la main gauche : Ego. te. bapîizo. in. nomine. patris. et filii.
et spiritus. sancti. amen.
A côté de ces deux personnages est phicé un disciple de
Craton. Il tst béni par une main qui soi t des nuages et qui
projette trois faisceaux lumineux de trois rayons chacun. A
l'endroit où se voient trois étoiles qui précèdent ces nuages, on
lit : Dextera Dei.
On lit en outre, sur les bords supérieurs delà cuve : Corda,
parât, plebis. Domino, doctrina. Joannes, lios. lavât, hinc. mons-
trat. quis. mundi. crimina. lollat. vox. patris. hic. ait. lavât.
— 386 -
hune. ho77W, spiritus. implet. hic. f'[ons]. {i) binos. Petrus. hos.
lavât. Iiosque. Jouîmes.
L'inscription de la base est ainsi conçue : Bissenis. bobus.
pastorum. forma, notatur. quos. et. apostolice. commendat. gratta,
vite, offlciique. gradus. que. fluminis. impetus. hujus. letificat.
sanctam. purgatis. civibns, urbem.
La cuve baptismale est portée parl2bœufs dontle corps est à
moitié caché; trois regardent le nord, trois l'ouest, trois Test et
trois le sud. Enfin nous ajouterons cette remarque, que chaque
personnage a son nom écrit au dessus de sa tôle : Pater, Filius,
Spiritus sanctiis, Angeli-Joannes-Baptista -Petrus, - Cornélius
-Dexlera Dei - Craton philosophus - Joannes evangelista - Publi-
cani - Angeli ministri.
Le couvercle, sur lequel figuraient les apôtres et les pro-
phètes, est malheureusement perdu. Gilles d'Orval (2) en parle
dans un passage de sa chronique sur Tongres : « llis quoque
diebus fierait vir nobitis Helinus abbas S. Mariœ, qui in eadem
ecclesiâ
Fontes fecit opère fusili
Al te vix comparabili.
Duodecim, qui fontes sustinent,
Boves, typum gratiic continent.
Maleiia est de myslerio
Quod tractatur in baptisterio :
Hic baptizat Johannes Domlniim,
Hic gtMitilem Petrus Coriielium,
liaptisatur Craton philosophus.
Ad Joaiinem confluit populus.
Hoc quod fontes desuper operit
Apostolos et prophelas exerit.
La même chapelle renferme encore un petit autel en marbre
orné de la statue de St-Joseph, en plâtre colorié. Sur la muraille,
, ' iliclierchcs sur tes fonts ba/jiisinaux de St-UarihéUmi, par M. LONAY.
; ') CUAPEAUVILLE, t. Il, p. 50.
l'„,l]H,n .Jcll„~l ai,l,.-.,l Lir;^- l'I IN i"i..iXl r.jr.W
Chœur
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•j(lu-44j-50Utniriînj-JiJurfiiiTi -611195
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^#A
'•btjrandariofuitïifm-èVnaui-rfriiMû-luini'tliîruur-
Tombe de Codescalc de Morialmé .
A S' Barthélemi-
— ml —
au dessus de l'autel est encnstive une pierre gothique en bas-
relief, ayant au centre un Christ en croix et deux personnages
(la Ste-Vierge et St-Jean ) et Tëpitaplie suivante : Hic jacet Dus
Petrus Butkens canon, hnj. eccl. q. obtit^ novembris anno 4545.
R"' in pace.
Il nous reste à signaler, dans le transept, quelques pierres
tombales. La première et la principale est celle du fondateur
de l'église. Elle précède l'aigle doré qui est placé sur un socle
moderne en marbre de Theux, à l'entrée du chœur. Cette pierre
présente la forme d'un parallélogi-amme dont les bords sont
taillés en arête biseautée; longueur 2'"26, largeur 0™96 {').
Le champ-plein est foi nié de carreaux blancs et de
carreaux bleus formant damier , les cases blanches sont
elles-mêmes divisées en triangles avec un carré bleu au mi-
lieu. Il est encadré d'une bande de cuivre incrustée, portant
aux quatre coins les figures symboliques des évangélistes. On y
lit l'épitaphe suivante, gravée en caractères romans du XIV'-
siècle en partie effacés : Hic. jacet. ste. memorie. vir. nobilis. dus.
Godescalcus. de Moreameys. prepositus. Leodien.fudator. huius.
basilice. qui. eam. ab his. fvndaentis. erexit. et. Xîl. canouicos. in.
ipsa. instituit. de. allodiis. et. patmamis. suis. ano. dni M°Jir". —
Sur l'arêie sont tracés ces mois, en caractères gothiques :
Translatio. ejusdem. a. navi. eccie. ad. hune, chormn.
Anno. milleno. bis. bino. ter. C. trigeno.
lunius. in. fossa. prœsenti. reddidit. ossa.
Ejus. qui. pridem. fundavit. nos. Det. eidem.
Cristus. solamen. celi. Dicat. chorus, amen.
Sancte. memorie. colitur. sic. iustus. œterne. (Juin 1334.)
La seconde pierre tumulaire se trouve dans l'aîle gauche, au
pied du monument de Delooz. C'est Jérôme Saroguet, chanoine
de notre collégiale, qui l'a fait placer en mémoire d'un autre
chanoine, Michel Ancion, qui avait fondé le sermon et les
( i) Voir pi. 3.
— 3«8 —
litanies à réciter annuel'emeni le jour de la Nativité de la
Ste- Vierge.
D.O.M.
Et memoriœ V. D. Michaelis Ancion de Ny q. huj. eccliœ canci.
jubilariiA. D. 1635. 20 7"^''^ defuncti qui contionem et litanias
quolannis die naHvitatis B. V. Mariœ instituit et fundavit.
yiis /)n, Hieronymus Saroquet huj. etiam cane, hœres qrati
animi causa posait qui obiit II' Martii 1666. Cujus animœ
misereatur Deus. Hauteur S^Ol, largeur l^ll,
La troisième enlin, qui fait face h hi précédente, est placée
sous le monument du transept droit. Elle porte une gravure
gothique, au milieu de laquelle figure un personnage revêtu
d'habits sacerdotaux, tenant en main un calice. Au-dessus de la
tète s'élève un dais porté sur des colonnottes terminées par des
clochetons. Aux deux coins supérieurs, on remarque deux anges
agitant des encensoirs. L'inscription suivante se lit sur les
bords de la pierre : Anno D. MCCLXXIX. XVI. kl.jan.ob. magr.
Simo. de. Andana. can. isli. ecce. fodator. huj. allar. aia. ej.
lequiescat. i. pace. am\—Consiliu(^). ses. prudetia. litta. ces. hue.
ditavere.sed. morte, simul. periere. Haut. 2™28, larg. l'"14. 1279.
« A l'entrée du chœur, dit M. J. Helbig, se trouvait un
triptyque de petite dimension, de Lambert Lombard, peintre
liégeois. Le tableau principal représentait Ste-Barbe. A ses
pieds était un roi, le père et le persécuteur de la sainte. Dans
le fond du tableau, on voyait le martyre de Ste-Catherine. La
figure du roi passait pour n'être pas de la main de Lombard (*). »
De l'autre côté du chœur, on remarquait également le
Couronnement de la Ste-Vierge, attribué au même peintre, ainsi
que quatre bas-reliefs, qui jadis ont été acquis par M. Sysler-
mans (=^), et font aujourd'hui partie du sanctuaire de l'église de
St-Antoine. Ils rappellent des épisodes de la vie de St-Bruno.
( ' ) Hiit. de la peinture au pays de Liège. 1873.
(•j Ancien curé de St-Antoine.
{*) Ctnsilium, stnsus, prudentia, litteralura , ceiisus hune ditateruni.
~ 38y —
Ils avaient été donnés à noire collégiale en 1542, par Jean Fréris
et Alexandre de Seraing, chanoines de St-Lambert (*).
« On voyait encore, dit M. Helbig, de Pierre Dufour,' élève
de Lombard, à la collégiale de St-Barthélemi, un St-Michel.. »(*).
Cette peinture a disparu.
IVefa.
Le mobilier du vaisseau se compose des objets suivants :
1° Une chaire de vérité en bois sculpté, placée contre la
seconde colonne, à droite de la nef centrale. La cuve est ronde
et se termine en forme de cul-de-lampe; les panneaux sont
chargés de branches de vigne croisées. L'abat-voix est rond
et sculpté en draperie; il est soutenu par deux anges demi-
grandeur. L'escal-er s'enroule autour de la colonne.
2" Deux petits autels modernes, à peu près semblables, en bois
marbré, tandis que l'anlependium est en marbre. Ils sont ornés
chacun de quatre colonnes avec chapiteaux corinthiens et
piédestaux stylobates bosses; l'entablement est semi-circulaire.
Ils sont placés en tête des côtés latéraux, contre le mur de
séparation des transepts. Celui de droite, dédié à l'ange gar-
dien, largeur 3"'07, renferme la Cène de N. S. avec ses apôtres,
toile signée : P/M/H/er 1708 (peintre liégeois). Hauteur 2"'48,
largeur l'"42. Celui de gauche, au contraire, est dédié h St-Roch :
largeur 3™47, et est orné d'une toile de Fisen, le Baptême de
N. S. Hauteur 2™ 10, largeur 1"'22.
3° Le jubé, sculpté à jour, en style de la renaissance, occupe
le centre de la tour; la partie supérieure du lutrin est ornée de
quatre statuettes. Placée à une assez grande hauteur, cette
grande pièce s'appuie sur les murs, qui forment en cet endroit
une semi-rotonde. Sa largeur est de 6™75. Les orgues, qui
rivalisent avec celles de St-Paul, de Si-rvlartin et de Si-Denis,
[* ) Guide hist. et art. dans les églises Sc-Paul,St Jacques, etc., par E. T. p. 31.
(*) Hist. de la peinture au pays de Liège. 1873.
- .^90 —
sont l'œuvre de Merklin el Scliulz; leur placement date de 1851.
La rotonde est tapissée, jusqu'à celte hauteur, de marbre de
St-Remi, s'étendant jusqu'aux deux portes des tours placées en
face des nefs latérales. Elle est garnie de minces pilastres. Deux
larges piliers encadrent chacune des portes, lesquelles sont
surmontées d'un écusson d'armoiries et d'un chronogramme
inscrit sur une plaque en marbre blanc. Les sculptures de l'en-
cadrement, en marbre noir de Theux, sont du style Louis XVL
Ces pierres sont consacrées à rappeler la mémoire du doyen
Uwens, qui a fait construire à ses frais le pavé de l'église.
En dessous de ses armes qui portent un navet, on lit à droite :
sIt paX VWens DatorI pIo, et GonstrVCtorI paVIMentI naVIs ;
et à gauche : eX MV-nIkIGentIa DeCanI VWens fIt stmtVra
L\ naVL (1747.)
4° Quatorze stations en lithographie encadrées, qui seront un
jour remplacées par des peintures. Elles ont été érigées le 4
mai 1845.
5° Deux confessionnaux modernes, placés dans des niches
situées au centre des côtés latéraux. On remarque au dessus
deux bas-reliefs, représentant l'un le buste de St-Pierre, l'autre
celui de St-Paul.
Trésor erî e .
Les objets d'art, que l'on remarque à la trésorerie, sont les
suivants {') :
i" Un magnifique ostensoir en vermeil, style de transition
(du roman au gothique), exécuté en 1868, par M. Drion, orlèvre
à Liège, ciselé par Meriens et doré par Demonchy. Les dessins
ont été fournis par M. Durlet, architecte d'Anvers, qu'une mort
prématurée a empêché de voir l'œuvre achevée. Cet objet d'art
a coûté 9,000 fr. Sa hauteur est de 72 1/2 centimètres, son
diamètre de 24 centimètres. Sa forme générale est celle d'une
(*) Mentionnons avec M. de Crassier « la l)elle lampe en argent qui orne
aujourd'hui le chœur de Sl-Paul cl qui appartenait à l'église collégiale de St-Bar-
ihéleini. » Recherches sin- l'hisi. de la priiicip. de Liège, p. S78
— 391 —
chapelle ronde ogivale, soutenue par six contreforts trilobés à
deux étages saillants. La partie supérieure se compose de trois
couronnes superposées; la dernière est surmontée d'une croix
à cinq roses quadrilobées, au centre et aux bras. Elles servent
à fermer un cylindre en cristal recouvrant la lunette qui est au
centre. Cette chapelle est à son tour portée sur une tige décorée
d'un nœud très-Coit. Le pied est quadrilobé et évasé; il renferme
dans chacun de ses lobes, en forme de médaillon, le buste aux
trois quarts d'un évangéliste.
2° Un ciboire en vermeil, haut de 0"'44. La coupe a un dia-
mètre de 0"'14; le chronogramme suivant, qu'on lit à l'extérieur,
indique que c'est un don de Hallings, curé (de St-Thomas ?) :
haLLIngs pastor hVJVs Me DonaVIt aVrarIqVe CVuaVIt. (1740).
Le couvercle, légèrement bombé, se termine par un groupe de
trois têtes d'anges allés, en haut-relief, soutenant une croix
moulée. Il est ornementé, ainsi que la fausse coupe, de car-
touches variés, de gerbes de froment et de grappes de raisins
en léger relief. La tige est formée d'un autre groupe de trois
tètes d'anges, dont les aîles se relient au pied.
3°Un autre ciboire en vermeil, plus grand, mais moins large,
haut de 0'"47. Sa coupe mesure 0'"12 de diamètre. La tête est
couverte d'arabesques religieux et profanes. Une statuette,
la Beliyioii portant la croix, hauteur 0"'03, la surmonte. A ses
pieds se voient des têtes d'anges ailés, en relief. Sept médaillons,
dont quatre représentent les bustes des évangélistes en bas-
relief, ornent la fausse coupe. La base présente quatre sujets
dans d'autres petits cercles ornementés : la tête du Christ, la
manne du désert, l'agneau pascal, le serpent d'airain. A l'inté-
rieur du couvercle, on lit, au dessus du Christ gravé : DOM.
Catherina Colar-Coclers 1738; en dessous : Eccepanis angelorum
factus cibus viatorum .
4" Trois beaux canons d'autel, dont un grand, formant trip-
tyque et deux plus petits, sur velin, encadrés. Le grand mesure:
hauteur 0™45, largeur 0"'48, et chaque volet, longueur 0™24.
— 392 — .
L'écriture et les miniatures sont dans le style de l'époque de
transition romano-ogivale. Le sujet principal, qui occupe le
centre, représente la Cène de Notre SeUjneiir avec ses apôlres, en
tête du volet de droite nous reumrquons le Baptême de N. S. ;
en tête de celui de gauche, la Sainte Trinité.
Les deux petits canons ont : hauteur O'^-M et longueur 0"'26.
St-Jeun dans File de Patmos et le Baptême de N. S., tels sont les
épisodes reproduits en tête de chacun d'eux. Les cadres sont
gothiques, dorés et couverts de rosaces peintes.
Cet ouvrage, exécuté par M. J. Helbig, est un hommage fait
à l'église de S. Barthélemi par M. Aerts, notaire, fils, et son
épouse, en souvenir de leur mariage enl8ii6. Sur une banderole
peinte au dos d'un des canons, on lit ces mots : A. D' 1866 de
donis Dei offerunt A. A rts, noturius et uxor ejus ecclesiœS. Bar-
tholomœi. J. Helbig pinxit.
5" Un reliquaire delà Sainte vraieCroix, en argent, avec pied,
forme ovale, en cuivre argenté, hauteur 0"',40.
6» Un calice d'argent, avec patène dorée , hauteur 0"',2o. La
coupe seule est en vermeil et a 0'",09 de diamètre. La fausse
coupe, la poignée et le pied, lequel mesure 0™,16 de diamètre,
sont torses.
7" Une paire de burettes, forme torse, hauteur O"», 12, avec
plat d'argent circulaire de 0"\27 de diamètre.
8" Un calice en argent uni, forme ordinaire avec patène
dorée, hauteur O'",2o. La fausse coupe représente une feuille
d'acanthe. La coupe dorée a 0"',10o de diamètre; la base 0"\17.
On voit sur cette dernière un blason et la date 1761. Il
porte écartelé : 1 et 4 de vair, 2 d'argent à trois faces de
gueule, 3 un lion. Heaume et lambrequins avec cimier et le
vair de l'écu.
9° Un calice d'argent uni, avec patène dorée, hauteur 0"',245.
La coupe est en vermeil, le pied hexagone mesure 0'",16 de
diamètre.
— 393 —
iO" Un petit calice en cuivre doré; la coupe et la patène sont
en vermeil. Le pied est sextilobé et chatonné de six pierres
fausses : bleues, rouges et vertes. Des pierres semblables se
retrouvent au nœud à six côtes.
11" Un petit ostensoir en cuivre doré, gothique, ayant la
forme d'un soleil (œuvre de M. Dehin).
12" Une paire d'encensoirs en argent, ordinaires ; hauteur
0'",29 et 0"\16 de diamètre. La navette en argent : hauteur
0°','10, longueur 0™,15.
13" Une croix de procession carrée, en cuivre doré. Le
Christ est en argent.
14" Une croix carrée en argent, avec une boule à chaque
extrémité; le Christ est doré. Elle provient de l'ancienne église
de St-Georges.
15" Une grande croix plate en bois, couverte d'une platine
en argent. Le Christ est en bois doré. Cette croix sert aux
céi'émonies de la semaine sainte.
16" Deux petites boites jumelles en argent, pour les saintes
huiles des catéchumènes; trois autres pour l'huile des infirmes
et une custode en argent.
17" Un petit piédestal, servant de reposoir, en cuivre doré,
rehaussé d'arabesques en argent, monté sur bois. On le place
dans un petit tabernacle, pour le salut.
18" Un gonfanon en velours rouge sur lequel est représenté
en bas-relief d'or le Martyre de St-Barthélemi.
19" Un beau et grand baldaquin, sculpté en bois, par Radino.
Pierres tumulaircs.
Il y avait jadis à S. Barlhéiemi un grand nombre de pierres
tumulaires. Malheureusement, on en a perdu beaucoup lors-
qu'on a repavé l'église au siècle dernier; d'autres sont reléguées
sous les tours et dans les cloîtres. Ces dernières sont frustes.
Voici les inscriptions que nous avons pu recueillir :
- 394 —
1* La pierre de Jean-Philippe de Hessalle, portant son écu et
son épitaplie.Eile était placée dans la chapelle duS.Sacîement;
elle n'existe plus. Le blason de Jean-Philippe, celui de son
épouse, figuraieni également sur la table d'autel de cette cha-
pelle et sur uiie fenêtre. A la voûte, on lisait le chronogramme
suivant :
sCabInVs De hessaLLe DéDIt (1707).
2° Celle de Conrard de Haxhe, placée sous une statue de S.
Joseph, dans une nef latérale (1690).
S" « Une pierre armoriée du 16'- siècle, avec une inscription
provenant des cloîtres et qui a éié donnée par la fabrique au
Musée provincial de Liège, lors de la démolition de ces cloîtres
en décembre 1860. Au sommet, on voit l'écusson de Denis
Quinlin, de Graiid-Halleux, chanoine et chantre de cette ancienne
collégiale. Cet écusson porte : au piemier dc.a'j lévrier issanl
de... accolé de...; au second de.... à la montagne de trois cou-
peaux de... mouvant de la pointe. Sous la date 1543, on lit ces
mots : Dus. Diouisi. Qvitini. de. Halleo. magno. cano. et. cator.
fecit. fieri. » Catalogue du Musée provincial, 1864.
4° « Une pierre tombale du 17e siècle, provenant également
des mêmes cloîtres, donnée par la fabrique.
« La partie supérieure représente une résurrection et l'épi-
taphe rappelle la mémoire de Martin Loneux. Elle est ainsi
conçue : Ilonesto Ivveni Marlino Lonevx gijmnasij Bartholomeani
moderatori qvi vigesimo primo œtatis anno e vivis decessit.
D. Micliael Lonevx hvivs Ecclesiœ sacellanvs [rater fratri ponebat
A» 1618. )) Catalogue, ibid., p. 40.
5° « Une pierre armoriée, provenant d'une maison qui exis-
tait sur les cloîtres, donnée au Musée par la fabrique. L'écusson
porte : burelé d'argent et de sinople de 10 pièces, au lion de
gueules couronné d'or, brochant sur le tout. L'inscription
— 39S —
gravée en dessous fait connaître que Guilleaume de Jennet,
chanoine de S. Bailhélemi, a fait bâtir cette maison pour son
usage et pour servir d'habitation à ses successeurs. Voici cette
inscription : Hanc domnm pro suo confratrumz. suorum perenni
annario (') struxit Bdus admdm dniis Guillielmus de lennet
huius eccliœ cancus. A°.... 12 may 1710. » Ibidem.
Sous les deux tours , nous remarquons les pierres sui-
vantes : dans celle de droite, 1" une pierre tumulaire formant
pavé et taillée en bas-relief. On voit, au centre, un prêtre en
habits sacerdotaux tenant un livre en mains. La partie supé-
rieure de l'encadrement qui renferme ses armoiries, ainsi que
les colonnes, sont de l'époque de la renaissance. L'inscription
suivante forme les côtés, et les quatre symboles des évan-
géiistes, les coins : Hic. jacet. sepidtiis. prob\ ac. dilect. vir.
dus. Guilelm. Waiglit. hu. ecclie. dum. vixil. cauomc. qui obiit.
ano. 1S40, kalendis maij. Hauteur S"", 01, longueur 0°\90.
2" Une pierre tombale en bas-relief, du style de transition du
moyen-âge à la renaissance. Au centre est figuré un prêtre en
habits sacerdotaux gothiques, tenant en mains un calice. L'en-
cadrement en arabesques joint l'épitaphe qui fait le bord de la
pièce. Aux quatre coins sont placés les emblèmes évangéliques.
Dans l'ornementation supérieure, on voit, en guise de blason,
une charrue et ime lierse. On lit autour du bord ; Hic. jacet. vene-
rabilis. vir. dus. Joes. Bartholome. de BocJioiit. h. eccle. canon, qui
clausit. die. extremu. a nativitaîe. Dni. MDXÎIII mensis martii
die vicesima octava. Hauteur l'",92, largueur 1°\12.
3" Dans celle de gauche au contraire on voit, une pierre
tumulaire de la renaissance en léger relief. Deux colonnes
en arabesques, placées aux deux côtés, soutiennent un dais
formé également d'arabesques; au-dessus, en guise d'armoi-
ries, un soleil rayonnant. Au centre est placé un prêtre en
habits sacerdotaux, un livre en mains. L'épitaphe suivante
(*) A'i'ùversarin.
- 396 —
se lit sur les bords, el aux quatre coins sont les emblèmes
des évangélistes : Hic. jacet. sepult. vir. proMis. Mgr. Bartho-
lome. Gérard. Zohovi\ iitrhtsq\juris haccalaureï huj.ecde. cano.
et scliolastic\ obiit A. Io4o die '-ISme. K. Mart.
Nous tirons du recueil de Langius quelques épitaphes des
doyens de la collégiale.
liic iacet honorabilis vir Dus lohanncs Quarteal canon"' et
decanus eccliœ 5'' Bartholomei Leodien. Qui obijl anno a Nativi-
tate Dni M. CGC. LXIX. mensis octobris die iiij. Cw" aia requies-
cat in pace.
Hic iacet honorabilis vir Dominus Theodericus de Reis decanus
huius ecclesiae qui obijt anno Dni M. CGG. L. sexto in die epipha-
niae. Orate pro anima eius.
Anno Dni M. GGG. septuagesimo nono XXV die mensis junij
obijt venerabilis vir Dns Petrus Husar de Hodeige decanus et
canonicus huius eccliae. Gujus anima requiescat in pace. Amen.
Ghy giest Mesyr Ernoy de Serey (Seraing) jadit doyen de Sen
Betremé q trepasat lan M. GGGC et XXXX. XXII IJ jour de May.
Hic iacet venerabilis vir Dns Gaspar Gobsciep decanus huius
ecclesiae. Qui obijt anno Dni 1424,14 die sepleb.
Hic tumulatus iacet Ven''' dns lohes Burgensis huius eccliae
dum vixit decanus q. dieb' dnicis in navi eccliae missam decantan
institua. Inviolata cui' aia posiquani decanalum 36 annis rexisset
a. corpore sui gravit ad Dnum 21 mail anno lo46.
Hic ex opposito iacet Rcvcrendus Bartholdus Sievart I. V. L.
huius ecclesiae dum viveret decanus. Qui obijt 20 martij anno 1626.
Almœ Redemptoris Matri Virgini Sacr. lacobo a Termonia lur.
Vtr. Licen*". ac istius eccliae decano: Qui missam hic feriis 2'' catu
celeb"'"'" fundavit. Testam'" hœredes : monum'""' piae gratid"'' erga
poni curarK Obijt octavo kl. febr" 1581.
Hic iacet venerabilis vir Dominus necnon Magister Jacobus de
Gameraco huius venerabilis erclesim decanus et canonicus qui
obiit anno Virginci parlas Millesinio Quingentesimo decimo mensis
junii die denima septima. Requiescat in pace. Amen.
— 39T ~
Avant la révolution française de 1793, l'église de St-Barthé-
lemi comptait parmi les huit collégiales de Liège. Sa prévôté
passait pour la plus opulente, et l'élection de son doyen et de
son chantre avait lieu comme dans les autres chapitres. Seule,
l'écolàtrie, bénéfice d'un bon revenu, était élective en dehors
de ce corps et l'église en recevait, personnellement très-peu de
services, sinon beaucoup de désagrément.
On réorganisa, en avril 1803, les paroisses, les succursales
et les chapelles auxiliaires dans le diocèse de Liège. Ce travail,
soumis au gouvernement français, fut ratifié le 29 août de la
même année. Au mois d'octobre suivant, M. J.-A. Vlecken,
doyen du chapitre de la cathédrale de St-Paul, installa respecti-
vement les curés de i'^ et de 2'^ classe de la ville de Liège (').
C'est ainsi que nous voyons figurer, pour la première fois,
comme curé primaire de Sl-Barlhélemi, Laurent Thone, ancien
curé de Sle-Gertrude dans la même ville. Puis viennent succes-
sivement Théodore-Joseph Cloes en 1817 et Sébastien-Joseph
Lovens en 1830. Ce dernier passa en la même qualité à l'église
de S. Remacle à Verviers en 1833. Il eut pour successeur son
frère Gérard Lovens, qui mourut le 12 juin 1857. Gérard Lonay,
ancien professeur de philosophie à St-Troud, fut alors nommé
doyen; son installation eut lieu vers la fin de cette année. Il
donna sa démission en 1867. Le doyen actuel est M. Vincent-
Joseph Dupont, qui fut installé en octobre de la même année.
C'est à Sl-Barlhélemi que nous trouvons une des plus an-
ciennes confréries de notre ville : la confrérie du Mont Carmel.
Elle célèbre chaque année son octave solennelle au mois de
juillet; une foule nombreuse de fidèles s'y rendent de tous
(* ) ThimisTER : Essai hisi. sur l'église Sf-Paul, jv. 129.
— 398 —
les points de la cité. Le pape Pie Vlli'a enrichie de nombreuses
indulgences. MM. le doyen et les vicaires distribuent à cette fête
le scapulaire du Mont Carmel. Nous rappelerons également les
noms des autres confréries, qui, sans être aussi anciennes, n'en
sont pas moins bien suivies. Ce sont celles de N. D. du Rosaire,
des saints anges gardiens, des trépassés^el de S. Rock, qui a fait
son jubilé de 50 ans en 1870. Le jubilé pascal de notre église
a été célébré enl872et on en a perpétué le souvenir par uncru-
cifix gothique, qui est placé au fond delà nef latérale de gauche.
Avant de transcrire la liste des prévôts, des doyens et des
chapelains de cette collégiale, nous allons donner la nomencla-
ture des bénétîces extraordinaires qui étaient attachés au
revenu commun de la résidence.
Bénéfices (•).
Avec charue de dire par .semaine:
\ . Autel de St-Barthélemi 1 messe
2. » de la Ste-Vierge 2 id.
5. » de St-Thomas el de Ste-Catherine . . 1 id.
4. » de la Ste-Vierge et de St-Laurent . . 1 id.
5. » de la Ste- Vierge et de S. Paul . . . 2 id.
(). » de St-Augustin 2 id.
7. » de St-Jean-Haptisie 2 id.
8. » de St-Jean-Evangélisle et St-Léonard . \ id.
9. w des 11,000 vierges 1 id.
10. » des SS. Jean-Baptiste el Jacques . . 2 id.
H. » des SS. Denis el Vincent 1 id.
12. » de S. Nicolas 2 id.
13. » de S. André 1 id.et2 par mois
11. » de St-Martin \ id. et 2 par mois
15. » des SS. Pierre et Hubert 1 id.
16. » de Ste-Foi, l^* fondation — 2 par mois
17. » des Stes-Foi et Agnès, 2« fondation. . — 1 par mois
18. » de Ste-Barbe 1 id.
19. » de la Ste-Trinilé et de Ste-Catherine . 1 id. 2 par mois
( ' J Manuscrit Devaulx, à 1 Université de Liège, t. 1.
— 399
20. Autel des SS. Georges et Gilles — 2 par mois
21. » des SS. Laurent et Pancrace. . . . — 2 par mois
22. » de S. Rémi 1 messe
25. » des SS. Philippe et Jacques.
Ce dernier bénéfice était réuni à lachantrerie,
et le chantre avait, comme les autres, le droit
de résidence.
2i. Autel de la Ste-Vierge et de Ste-Anne. . . 5 id. par an
Ce bénéfice ne donnait pas droit à la résidence.
25. Benefîcium organutœ sine residentia.
1013. Jean.
lOiG. Erpon.
1078. Hugo (duc de Bourgogne).
1112. Alexandre.
(2) t llôl. Hugues,
1151. Dodon.
1142. Weric.
1154. Brunon.
1195. Albert de Rethel.
12U. Ludolphe.
1217. Thomas.
1258. Godescalc de Dompierre.
fie 15fév. 1514. Rob^^deS. Laurent.
I*i*évôts (* ).
1155. Arnold de Gavre.
t li69. Ferri de Chiqui.
t le i0marsl'i75. Raes de Ryckel.
t ensept. 1505. Jacq. deCorswarem.
(3) fie H av.l529.Phil.delaMarck,
t enl577.Guill.,c'«-de laMarck.
t le 5 oct. 1585. Michel Nuyens.
flelooct. 1626. H"^' de Ruischemberg.
t le 5 juin 1652. Jean d'Elderen,
seigneur de Love et Rechoven.
t le 26 juin 1655. Gaspard Pacquier.
t le 2 août 1681. Gilles-François de
Chokier de Surlet.
ten août 1556. Alexand'«deFléron. 1688. Jean-Louis d'Elderen de Ge-
fen juil. 1 554. Guil. de Bautershem.
1559. Helmic de Moylant.
1 iOO. Jean de la Tour.
tl405. Rdbert de S. Laurent.
t le 27 mai 1414. Renier Van den
Bongart.
noels-Elderen, devenu évêque en
1688, résigna.
1694. François Guill. b"" de Bochoitz.
t le 51 juil. 1704. Martin de Fossé,
t le 25 oct, 1721. Mathias Joseph de
Clerx d'Aigremont.
{*) Le chapitre de St-Lambert, par M. J. de Theux de Montmrdin, 4 vol. Miroir
des Pobles de Hesbaye, par J. de Hemricourt. Edit. Jalheau : l'obituaire de S.
Barthélemi. — Registre aux récès et léception de S. Barthélemi (aux archives).
(-) La croix indique l'époque de la mort
(' ) Polit, dans son ouvrage : l'inauguration d'Ernest de Bavière, donne à tort, à
Wynand de Wyngaerde, le titre de prévôt en 4540.
400
fie 8 juil. 1 722. Jean Pierre de Rosen .
t le 26 avril 1764. Maximiiieii
Jérôme, comte de Poitiers,
tle 5 janv, 1770. Guill. Marie, B°"
de Coudenhove de Frailure.
1796. De Chéquier (i).
t le 29 mars 1804. Marie-Philippe-
Alexandre-Charles-Hyac. , comte
de Rougrave.
Doyens.
1031. VVazon.
1045. Bernard.
1046. Ailulus.
1140. N. qui devint religieux à St-
Laurent à Liège.
1171. Frédéric.
1190. Henri.
1204. Arnold.
1209. Heribert. „
1216. Seraphini.
1253. Walthère de Cipillieres(2).
1294. Angles.
t le 6 janvier 1350. Théodore de
Reys (3).
tle 4 ott. 1369. Quarteal.
fie 25 juin 1379. Pierre Husar
de Hûdeige.
44.... Messire Simon Winant.
1420. Raduiphe Vos. .
tle 14 sept. 1424. GasparGobsciep.
t le 24 mai 1440. Arnold de
Serey (Seraing).
1446. Gilles de Bysenhaye.
t 1458. Jaspar Hebscap.
tle 17 juin 1 510. Jacques de Carabray.
t le 21 mai 1546. Jean Bourgeois.
1576. Henri Bardouille.
tle 24 janv. 1581.Jacq.de Termonia.
1581. Ballhazar d'Aoûst.
16.... Willem de Brunforde.
1 1615. Gérard Loerls.
1620. Arnold Borlant.
tle 20 mars lG26.BartholdusSlevart.
1629. Gilles Adam Delooz.
t le 4 janv. 1656. Nicolas de Rocour.
1672. Pierre Delooz,
1708. Van Bréc.
.... Uten
.... Fayen
.... Spirlet
1728. Lambert Marel.
1747. Uwens.
1774. De Muno.
t 1781. Henri Lecart.
t 1792. Dorothée Corroy.
—Élu le l^'oct. 1792. Jean Chrysos-
torae, B»° de Goswin.
(*) Sl-Barihélemi. Distrilmlions, -1790. n» 3803, archives de l'Etat à Liège.
(2) Ciplet.
(') Le chanoin» HenbottE : inscriptions funéraires.
^ 401
Chanoines
1043. Warner.
H46. Gizo.
1265. Herraan dit le Simple.
d267. Arnold d'Ockier.
tjanv. 1279. Simon d'Andenne.
1283. Ernulde Stavelot.
1521. Nicolas Surlet dilKamar.
1322. Guilleaume.
-(-le 5nov.lô27.BeauduindeLardier.
1350. Guill. de Petershem.
1558. Mgr. Desart.
1585. Jean Seriner.
1585. Beauduin de Villers.
1586. Guilleaume de Brunsove.
1597. Jean Dende.
1406. Walter Thiry.
1417. Bauduin dit le chan. de Mil-
morie.
U18. Gilles Gobin.
1418. Messire Jean Benoîte.
1418. ?.!essire Jean Alarf.
1418. Jean de Bouxtem.
tl426 le 5 juil. Henri Botton.
1429. Lambert de S. Georges.
1451. Jean d'Heure.
1456. Mathieu de Steyn.
1440. Gilles Bisenhaye.
1442. Renard de Reltincourt
1447. Jean de Op Heers.
1450. Jean Simon, dit Rousseau.
1453. Arnold Bruyn.
14... Simon de Hollogne.
1458. Christan Gravia.
1459. Libert Libotte.
1470. Gérard Depas.
1471. Jacquemin Chevollet.
1471. Guill. de Brunshorn.
1472. Pierre Cornelis.
1475. Jean de Cologne.
1475. Evrard de Yerchoulte.
1475. Jean de Beeringen.
1474. Gérard Staffar.
1474. Jacob Royer.
1474. Etienne de Salvaster.
1477. Guill. de Erpe.
1477. Mathieu Hake.
t 1478. Nicaise de Bruxelles.
1479. Simon Frieches.
1479. Jean Chevollet.
t9 sept. 1480. Godefroid de Aslen.
1480. Thomas Rurtonbur.
1480. Guiil. de Gothem.
7 15janv. 1481. Gilles Jamesius.
1482. Gérard Jamesius.
1 1482. Mathieu Hacken.
1482. Laurent Lamberty.
1484. Henri de Raetshoven.
1 1485. Henri Berwonkel.
1485. Nicolas Marchant.
1485. Henri de Hervia.
(* ) Miroir des nobles de la Heshaye, par J. de IlEMRlColRT, édit. Jalhcau. — Con-
clusious capiltilaires, tomes 10, 15, 26,32. — Echevins de Liège, \. 2, 7, 8, 10,
14, 15, 16, 18, 19, 25.
402
1489. Alexandre de Seraing.
149i. Gérard de Poulseur.
1494. Jacques de Corswaremme.
4498. Henri de Racoourt.
t 1504 Léonard.
15.... Lambert de Lysen.
15.... Lambert de Persant.
15.... Nicolas Turlet.
1508. Jean Hoeghen.
1 1508. Laurent Lambert.
t 1508. Gérard Scaffer.
t 1508. Nicolas Marchât.
15.... Henri de Bastogne.
15.... Gérard Siiynne.
1 1510. Henri Vacourt.
1 1511. Louis de Meffe.
fie 28 mars 1514.iean Barthélemi
de Boechout.
1515. Gérard Bartholomei.
1515. Guill. de Brunsoede.
1515. Jean Billocke.
1515. Pierre Cornelis de Frère.
1517. Henri Botton,
1520. Henri Dcpuche.
15.... Jean de Tudinio.
t lel9.ianv. 1522. Jean Daff.
1 1531. Jean-aiix-Hcibes.
1550. Jean Van den Schmeren.
t en mai 1540. Guill. "NVaiglit.
•]• 1542. Jacques Mosselveld.
1545. Jean Barthélemi,
1 1545. Denis Quintin,
1544. Geraid Chevalier,
t le 4 nov. 1545. Pierre Butkens.
i' 1545. Lambert de Tudinio.
t le 28 mars 1545. Barthélemi
Gérard Zohovi.
1 154G. Jean Bourgeois-
ie.... Lan)bert de Maestricht.
15.... Jean Gybels.
t 1550. Antoine de Stavelot.
1 1554. Engleberi Taswignus,
1 1558. Jean Malathe.
t 1557. Jean Schnée.
15.... Poncardus.
15.... Hubert de Bernamont.
15.... Herman de Wilrede.
1,564. Jean de Hille.
15.... Henri de Herma
1 1566, 18 janv. Conrard Rost.
15.... Gérard Desart.
f 1567. Jean Fréris.
tl8 fév. 15... Marsille de Lindroppe
15.... Beauduin de Lardier.
15.... Libert.
1569. Ph. de .Mohierville.
t 1575. Arnold Toutpays*
15.,.. Nicolas de Waroux.
15.... Théodore Buke.
t 1575. Michel Haveaux.
1582. Jean Danielis.
tl584. Guill. Termonia.
15.... Gérard de Cens,
t 1590. Jean de Glymes.
t l'"'nov. 1598. Georges Bourgeois.
15.... Pierre Maneal.
15.... Willem Broncorde.
fôdéc. 1601. Guill. Doern.
t27 déc. 1601. Henri Venins,
t le 26 juil. 1605. Arnold de Wach-
tendonck.
t le 13 avril 1007. Jean Reyncats de
Cock.
1618. Nicolas Rocourt.
- 408
1 5 juin 1619. Nicolas Contraire.
16..,. Lambert de St-Georges.
16.... Gérard De Chêne.
16.... Gérard de Bertous.
16.... Jean Sardien.
16.... Jean Depont.
1627. Ferdin. Isidore deBeckman.
1 20 sept. 1635. Michel Ancion.
16,... Guidon deTorocia.
16.... Jean Alard.
t 9 août 1656. Arnold Laporte.
16.... JacquesDesnionls.
16.... Arnold Nullens.
16,,.. Jean de Bolland.
16.... Nicolas Hemedeux.
16.... Renier Salmier.
16.... Francon de Broul.
16.... Jean Dérive.
16....Guill. Eckers.
16.... Guilleaume Daniel.
16.... Walthère.
16.,,. Laurent Lambert.
1644. Laurent Lhoest.
1656. Jean Prion.
1656. Jean Gotlir.
fie 2 mars 1666. Jérôme Saroguet.
1666. Hubert Ernest Deruitte.
1666. Lamb. Rossius.
1678. Ernest Bethoner.
1684. Wathieu Stiennon.
1687. Conrard Contraire,
1691. Gilles Adam Delooz,
1691. Denis de Stordeur.
1691.Guill. Cœlmont.
1691. Hubert Jacobi.
1710. Guill. de Jennet.
1720. Arnold le Kosset.
17.... Etienne Fresez.
1729. Lambert Maret.
fie lOoct. 1735. Mathieu Valentin
Gaudemart.
17.... De Ryemer,
1739, Nypels.
1739. Hicgart.
1748. J. Saive.
1757. Jean Royer-Latour.
1768. Henri Lecart.
1775. Pierre Gelée.
1775. Albert Guill. Christophe de
Vivario.
1775. Gilles Théodore de Vivario.
1779. Delhaille.
1785. Jean Christophe Jos. B°" de
Gosw'in.
1785. Arnold Pool.
1791. Lambert Joseph Hamoir.
1791. J. Jos. Labhaye.
Cliapelains
1367,
Jean de Moxhe.
1585.
1383.
Robert deGembloux
15...
Pierre de Janannes.
. Pierre Jamblin.
(*) Registre aux récès et réceptions, n° 3839, archives de l'Etal. — Obituaire
iio 3835. — Stocks des bénéficiers, nos 3836, 3837, 3838, 3839, 3840.— Cartabelle
1697, 4 712, etc.
— 404 —
1402. Jean de Genibre.
1403. Gilles Gobiet.
1429. JeanThonon.
1452. Gilles de Limbourg.
1479. Cloes Lorcy.
1485. Gérard Denis.
1 1306. Godefroid Fabry, chantre.
1 1554. Martin Simon.
1557. Jean de Yalle.
1557. Jean Bourgeois.
1557. Georges Bourgeois.
1557. Gilles de Vertcbeval.
1557. Henri Tonelier.
1557. Laurent Roriff.
1557. DemetriusdeLierneux.
1557. Anselme Henri.
1569. Jean Frankinet.
1 1575. Arnold Toutpays.
1574. Daniel de Visé.
1574. Alb. de Château (deCastro).
1574. Evrard Bussin.
1578. Henri Berlol.
1592. Jean Parent.
» Gilles Daniel.
» Jean Fulmet.
» Guilleaume Linsen.
» Hubert Jean.
» Lambert ILisselen.
» Philippe Montanus.
tl592. Evrard Falaise.
» Guilleaume Tci-monia.
» Martin Philippe Huskin.
» Michel Lomies.
» Jasj)ar Blavir.
» Lambert Werys.
» Gauthier Dogny.
» Jacques Goinorbarh.
1592. Gilles Thonon.
» Balthasar Auguste.
» Paul Nicolaï.
15.... Jean de Merdop.
15.... Jean Broncorde.
» Jeande Freloux.
» Simon de HoUogne.
)) Henri Turet.
» Pierre de Roloux.
» Jean de Coh.
» Jean Bascx.
» Theodoric Blaudia de Glants.
t le 12,janv. 1620. Michel Loneux.
16.... Arnold de Tongres.
16.... Henri Heers.
16.... Lambert Steerth.
t le 4 janv. 1621 . Jean Nisen.
16.... Lambert de ïongres.
16.... Guskin.
16.... Nicolas de Fléron.
16.... Herman de Blehen.
16.... Jacques Godar.
16.... Roger de Bernard.
1045. Henri Polheur.
» Antoine Jasne.
» Gilles Ponsin.
» Dieudonné Veris.
» Jean Henrici.
» Jean del Rees.
16.... Thomas Fabry.
1656. Jean Fosse.
1662. Pierre de Château.
n Henri Dolhaiii.
» Plioillien Lebrun,
» Jean Gottier.
» Henri Dejardin.
)> Jean Rocourt.
iOS —
4662. Nicolas Janiar.
» Martin Liégeois.
1665, Henri Frénau.
tleHmars 1664. Jacques Gosuin.
1668. François de Rossiiis.
1671. JeanGerardy.
» Gilles Leruitte.
1675. François Jacobi.
» Nicolas Herck.
1674. Jean de Briamont.
» Pierre Pietkin.
» Denis Waselge.
» Mathieu Hubin.
» Winant Parent.
1678. Lambert Spineux.
1679. Euslachede Lacour.
1691. Jean Bourdon.
1691. Thomas Renardi.
t le 26 déc.l694.Winand Stevenin.
1694. Henri Bonhomme.
tlel6déc. 1695. Noël Labarre.
tle 27 oct. 1712. Gilles Rigaut.
17.... Gérard Thyllrin.
17.... Durieux.
17.... Bienniy.
17.... Galler.
17.... Airkin.
17,... Jean Bierset.
1715. Gayeux.
1758. Antoine Limbourg.
» Claude François Thoorinne.
1759. Lambert Constant, curé de
S.Thomas.
1740. Sayoupré.
1741. Nicolas Gillard.
» Walthère Jusaine.
» NoelDuvivier.
1741, Nicolas Verdcour.
» Jean Mathias Wery,
1746. Théodore Bierset.
1747. Jean Philippe Delvaux.
» Pirson,l'^'' vicaire de S.Thomas.
1748. Ambroise Louis Latour.
1749. Henri Joseph Tiiiange.
» Gilles Joseph Bertho.
1 1751. Raymond Bernard.
1755. Nicolas Dieudonné Levage.
1757. Lambert Renson.
» Pierre Halbart.
1761, Alexandre TurquauU,
» Jean Michel Jos. Desart.
1765. Toussaint Dam ave.
1765. Jean Guill. Haquier.
1767. Joseph François Chenin.
1770. André de la Montagne.
» Antoine Lambin.
» Louis François Dartois.
1771. Arnold Michel Dehousse.
» Jacques Lesuisse.
)) Henri Bosmans.
» Henri Monar.
» Bernard Dony.
» Louis Stassart.
» Lambert Meys.
1774. Jean Henrici.
» Henri Frasnea.
» Jean Briamont.
» Liimbert Lespineux.
» Evcrmare d'Ormelinghen.
» Jean Bourdon.
» Mathieu Houhin.
» Winand Parent.
» Pierre Pietkin.
» Anselme Moreau,
— 406
1779. Arnold Michel Adam.
t17
91. Clebanck.
1780. Jean André Jos. Bovers.
1 1791. Lambert Jos. Hamoir.
1782. Jos. Pasclial Houmar.
1797
. Henri Moreau.
» Nicolas Charles Zolet, curé
»
Laruelle.
de S. Jean-Baptiste,
»
Collette.
1786. Vivignis.
»
Melchior.
» de Vivario.
»
Melotte.
» Waleff.
))
Hallot.
» Pool.
))
H. J. Deltour.
» Mouillard.
»
Lambert Heuchenne, curé de
» Gellée.
S. Jean-Baptiste.
» Hennequin.
))
Jean François Dejosé.
» de Pollard.
»
Defloen.
» Laphaye.
»
Brand.
» Libert.
))
Laurent.
» Grégoire.
»
Nicolas Jos. Fourneau.
» Raick.
))
Jean François Chefnay.
» Jeunechamps.
»
Pierre Pirlot.
» Britelle.
»
Loncin.
» Stephany.
»
Henri Jean Jos. Bo\7.
» Demoriier.
))
Guill. Jos. Larbalette.
» Chokier.
))
Lupke.
» Loneux,
»
Pierre Jean Charsalée.
» Duchesne.
»
Dieudonné Jos. Lambermont.
1788. Bertrand Sauveur.
»
Nicolas Ignace Capelle.
» Jean Conrard Leclercq.
»
Jamarl.
Le chapitre de réglise collégiale de S. Barthélemi se composait des
membres suivants en 1794 ( i ) :
frévôt.
Doyen et clianoines.
Dates lie réi'eption.
M.MariePhilippeAlexandreCharP* 1757. Jean Chrysoslome J. Baron de
Hyacinthe , comte de Rougrave, Goeswin, doyen le l*"' oct. 1792.
chanoine Iréfoncier du chapitre 1712. Etienne Joseph Vivegnis.
cathédral de S. Lambert et vicaire 17iG. Laurent Hubert Borret.
général. 17i7. Jean Roger Latour,vice-écolât.
( * ) Tableau eccltsiuslique de la ville cl diocèse de Lié(je pour l'an 1794.
— 407
1760. Albert Guil. Christophe de
Vivario.
1765. Jean Theod. Jos. Mouillard.
1765. Gabr. Fr. la Ruelle, chantre
en 1779.
1768. Jean-Baptiste Gellée.
1769. Jean Franc. Baron de Floen.
1772. Henri Hennequin.
1772. Joseph Antoine de Pollard.
1775. Martin Joseph Lahaye.
1778. Henri Jos. Britelle.
1780. Léonard Simon Stephany.
1781. Nicolas Etienne de Mortier.
1781. François Jos. Chockier.
1782. H. Jos. Eug. Fortemps de
Lhonneux.
1784. François Duchesne.
1786. Jean Jos. Labhaye.
1791. Michel Jos. Lalour.
1792. Jean Theod. Van den Borne.
1792. Lambert Jos. Waleff.
1 793. Jean Pierre Godefroid Power.
Non reçus.
Lambert de Pollard.
Guilleaume Jacqmart.
N. N. Vacat.
Secrétaire.
Jacques Jos. Richard, notaire aposto-
lique, impérial et de la Cour épis-
copale de Liège.
Bénéflciers.
Nicolas Fourneau.
Henri Moreau.
N. Loncin.
Jean François Dejosé.
Jean Henri Bovy.
Pierre Pirlot.
Bertrand Sauveur.
Lamb. Heuchenne, curé de S. Jean-
Baptiste.
Pierre Jean Charsalée.
G. Jos. Larbalette.
Henri Jos. Deltour.
Fr. G. Léonard Chefnay.
Franc. Lapke.
N. Lambermont.
Arnold Cobette.
Jean C. Leclercq, admis à résidence
en qualité de curé de S. Thomas.
Jean Brandi.
Jean Pierre Laurent.
Ecolâtre.
IVon-résiclfints.
17 fév. 1789. Henri Jos. Jacques, Nicolas Ignace Capelle, rec. des chap.
baron de Seraing, de Hollogne, Barthelemi Melotle.
chanoine de Sl-JeanEvangéliste. Jean Franc,, baron de Floen.
François Duchesne.
N. Halot.
- 408 —
Méreaux.
Les méreaux sont des jetons eu métal que l'on remettait aux
chanoines qui avaient fait acte de présence au chœur, pour
recevoir leur part aux distributions.
Nous connaissons trois méreaux de S. Barthélemi par la des-
cription qu'en fait le comte de Renesse-Breidbach, dans Vllh-
toire numismatique de févéché et de la principauté de Liéye,
1831. Tous trois faisaient partie de la collection de cet amateur.
I. Avers. Dans le champ en trois lignes, Sti-Barth-olomei.
Revers. Dans lu champ, un grand écusson renfermant une
croix; dans les coins, 16 — 26—...— Mï.— Voir pi. 73, n" 1.
Plomb, diamètre : 7 1/2 millim.
II. Avers. Dans un cercle avec torsade : SB.
[levers. Un calice sur un piédestal, entre des épis et un cep
de vigne. V. pi. 73, n" 2. Plomb, diamètre : 8 i/t2 millim.
III. Avers. sPb entre une palme et une branche d'olivier.
Revers. Dans le champ : ANNO 1752. V. pi. 73, n" 3. Plomb,
diamètre : 7 millim.
i*îèces justîfleatîvc-s.
nn»LÔME DE UÉGINAHU DE l'aN 1031.
Nous avons vu que Godcscalc de Morialmé, fondateur de
l'église de S. Barthélemi, la dota de 12 prébendes. Nous verrons
celles qui y furent ajoutées.
Malgré l'assertion d'Anselme, qui atlirmequo Réginard, évoque
de Liège, établit huit cinonicats h la dite église, il y a lieu de
croire qu'il ne fit qu'ajou'er trois nouvelles prébendes aux cinq
qui existaient déjà. Le diplôme relatif à ce fait ne laisse subsister
aucun doute. Le voici, tel ((ue le rapporte Fisen dans llist. eccl.
Leod. 1, pp. 198-199, et Miraius dans son ouvr.ige : Opéra diplo-
matica, t. II, p. 809 et suivantes.
« Godeschalcns Morialmeus, cathedralis ecclesiœ leodiensis
prœpositus , fnndal collegium canonicornm in ecclesia S. Bar-
— 409 -
thoîomœi Leodii; eamque fundationem confirmât Raginerus epis-
copiis Leodieiisis anno 1031.
In nomine sanctse, et individuae Trinitatis. Cum beatae mémo-
rise Godeschalcus praepositus ab ipsis fundamentis erexisset
basilicam S. Bartholomsei suis expensis in suburbio Leodiensi,
suisque patrimoniis inibi duodecim constituissel canonicos ;
scilicet de allodio ôeLijnsen (' ) et de Jaist, et de Flirreis : fidèles
de animabus suis solliciti, spe reti'ibutionis seterna), seduli illi
affuei'unt consilii, et operalioiiis juvamine.
Tradidit ergo Baldricus episcopus allodium de Butines, allo-
diumque de Aila cum ecclesiolis suis, ad aitare ipsius apostoli
per manus fratris sui Gisleberti, comitis de Lon("-). Wolbodo
ecclesiam deNalynes; Nezelo (^) Tolensis episcopus, praedicti
pra3positi nepos, allodium de Duselon , addiiis ad supradictum
numerumcanonicorumquinque clericis, prœter beneficium prae-
positi,decani et scliolastici(*).EgoquoqueRaynardusepiscopus,
ultimus omnium, qui haec scribi feci, volens tantorum imitator
fieri virorum, et cooperator tam fructuosi operis , prsefato
munero tribus adjectis,viginti canonicorumnumerum supplevi,
datis ad pra3bendam quotidianam septem mansis cum dimidio,
cum maire ecclesia, et dote sua apud Lismmit (^), quse legaliter
acquisivi à Raynero fratre Roberti archidiaconi, et legaliter
tradidi per manus Wigeri advocaii, ad prcedictum aitare ipsius
(1) Lincent, commune du canton de Landen, ancienne église paroissiale à la
collation du chapitre de S. Barthélcmi à Liège. Dict. géog. de la province de Liège,
t. 2, par Dei.vaux.
{*) Looz.
(') Hezelon.
{ *) Inventaire des Chartres du chap. de Si-Lambert, par J.-G. Schoonbroodt. —
Le chapitre de S. Lambert, d*"' vol. par J. DE Theux, p. 52, p. 44 à la fin. — Cha-
PEAUVILLE, t. I, p. 217. — FiSEN, hist., t. 1, p. 158.
C) Limant, commune du canton de Waremme, ancienne église paroissiale à la
collation du chapitre de S. Barthélemi à Liège, bict. géog. de la prov. de Liège,
par Delvaux.
L'église de Jenelîe, filiale de Liniont, était aussi à la collation de S Barthélemi,
et celle des Awirs, à la collation des chapitres de St-Barthélemi et de S. JVIartin
(ibidem).
410
apostoli, Raynero praesente, et libentcr annuenle, quiavidebat
de suis patrimoniis sanctain Dei ecclesiam augeri, et crescere :
sed quia niedietatem ipsius ecclesiœ dederat fratri suo priedicto
archidiacoHO in vita sua possiderc , ne post ipsius decessum
errore aliquo palerelur dispendium ecclesia ; communi omnium
consilio fuit statulum, ut siiigulis annis solveret pro respectu
quinque solidos fratribus ipsius loci.
Dedi prîBterea ipsi apostolo quasdam novas décimas, in ge-
nerali synodo meis usibus adjudicatas in villa, qucE dicitur
Jambbmel. Quadam postmodum die, cum milites mei, etclerici
ad colloquium convenissent Leodii, hanc feci scripturam in
auditu omnium recitari, et impressione nominis mei signari,
interdicens sub anathemate, ne quis ha3c auderet ullerius
infringere.
Quia vero non permisit numerositas omnes, quotquot ibi
fuerunt testes, scribere, judicavi quorundam majorum nomina
subnotare.
Suivent les signatures.
Actum est hoc anno ab incarnatione Domiui millesimo trige-
simo primo, indictione décima quarta. RegimiUe Cuoin'ardo im-
peratore, Henrico lilio ejus designato rege. »
DIPLÔME Dli WAZON, ÈVÉQUE UE LIÈGE, l'aN 1044 (').
Wazo Leodiensis episcopus (l'ancien doyen) varia atlribuit
prœdia cotlegio canonicorum S. Bartholumœi Leodii anno 1044,
eorumque numerum augel ad XXX prœbendas , prout hodieque
simt in omnibus ecclesiis coUegiatis Leodiensibus .
« In nominc sanctre, et individus Trinitatis. Ego Wazo solo
nomine episcopus, sed valde, et sine dubio credulus, quia qui
bene egerit, mercede remunerabitur inenarrabili ; tradidi ad
allare saneti Bartholomaîi in suburbio Leodiensi, per manus
( ' ) FiSEiN. lliat. eccl. Leod. l. I, p. l'J'J. MlR.ïUS. Operci diploiiiaiica^l. H, p. 810.
— 411 —
Gozilonis comitis praediola qusedam, aut de rébus ecclesiae ab
antecessoribus meis comparata, et juri meo derelicta, aut pro
suis commissis a liberis hominibus ecclesise Dei tradita, cum
quibusdam vadimoniis, quae habebam in manu mea, quibus
viverent decem fratres cum ceteris viginti, qui ibidem ad ex-
plenda ecclesiastica beneticia primitus fuerunt ordinati. Quaî
autem ibi tradidi, ratum duxi singula suis nominibus exprimi :
allodium de Bêche ( '), etc.
Unde precor et obtestor Dei servos successores meos per
tremendum Dei judicium, ut si ad haecadderede suis nequeunt,
aut nolunt, saltem sicuti constitui, pauperi ecclesiœ Dei ista
detineant, ut in seterna reiribulione de hoc etiam mercedem
accipiant. Illa quoque vadimonia nequaquam redimantur, nisi
aut in festivitate S. Joannis, aut pridie ipsius solemnitalis, et
tota simul reddatur pecunia, et supradicto pondère : ne minu-
tatim reddita depereat ; et damuum patiatur ecclesia.
Hoc factum probabiliumvirorum testimonio estconfirmatum.
Suivent les signatures des témoins.
Actum est hoc anno ab incarnatione Domini miliesimo qua-
dragesimo tertio, indiclione duodecima, imperatore Henrico,
duce Gozilone, Joanne loci ipsius prœposilo, Bernardo decano,
Warnero aedituo, etc. »
Pépin de Landen avait fait lever de terre le corps de Ste-Er-
melinde ("-), vierge, au village de Meldrade (^),près deHougarde
( ' ) Les alleux de Bêche, Dorinael, liotelaers, Villers et Rosoux avec le passage
du pont ; de plus, les églises de }yesemael, Villers-aux-Terlres, Archiennes c,^
liarotivoiez, en tout ou en partie. — V. Manuscrits généalo>]iques de Lefort, aux
archives de Liège, 2'"e série, t. XXVIII, p. 25. — Le chapitre de S. Lambert, par
J DE Theux, t. 1, p. 56. — L'église de Villers-le-Bouillet qui était auxiliaire de
Fize-Fontaine, était à la collation du chapitre de S. Barthélerai. V. Delvaux.
{- ) Ste-Erraelinde, vierge, née vers 560, d'une famille distinguée, parente, dit-on,
de Pépin de Landen, maire du palais d'Austrasie. Elle avait l'ait vœu de virgi-
nité et se relira d'abord à Odence, dans une métairie près de Louvain, alors du
diocèse de Maestricht, ensuite à Hougarde. On ignore le temps de sa retraite et
de sa mort. Ses miracles rendirent ce lieu célèbre.
( ') Uoitationes belg., t. I, cap. 19. Mirj;l'S.
412
(arrondissement de Louvain), pour le placer dans un lieu plus
décent. En même temps, il lit bâtir dans le voisinage deux
monastères, dont l'un destiné à des vierges et l'autre h une
communauté de prêtres, qu'il fit venir de celle de Sl-Bavon à
Gand. Aucun de ces couvents n'existe plus. Mais la destination
de leurs biens était encore, au siècle dernier, l'occasion de
discussions entre la collégiale de St-Barthélemi et les recteurs
des béguines de Louvain. Ces derniers prétendaient qu'elles
avaient é(é primitivement établies à Meldrade, ensuite à Lou-
vain, avec le domaine des biens et la possession des dits cou-
vents. Cependant Miraeus rapporte une lettre û'Otherbode, abbé
de S. Bavon, adressée à la comtesse de Flandre, par laquelle il
prétend que l'évêque de Liège s'était réservé, en 1030, parmi
les biens injustement détenus par ce monastère, Calmund et
Meldrade (') [duos fiscales] de l'ancien domaine royal. Cette
église qui était du diocèse de Malines, était dédiée c^ Ste-Erme-
linde. Le chapitre de St-Bartliélemi en était le patron et possé-
dait toute la dîme.
DIPLÔME DE WAZON, l'aN 1046.
Wazo Leodiensis episcopus , aniio 1046 addii decem prœbendas
ad numerum XX canonicorum in ecclesia coUegiata S. Barlholo-
mœi Leodii, eisque assignat amplos reditus {-K
« In nomine sanctaî et individua? Trinitatis.
Notum sit omnibus, quod comes Lambertus de Lovanio pro
culpis suis excominunicatus.dedil miliiWazoni indigno Praîsuli
pro absolutiono sua quinque inansos fiscales apud Villers in
Hasbania, quatuor serviles, et quintum indominicatum, liber
scilicet liomo liberum malis consuetudinibus allodiura, aquis,
silvis, pratis, pascuis docoratum et consitum.
( ' ) l'.hauinoiil et Meldert. Méin. sur h'.s unrJeus iintiis île lieux, par C.h. Grand
GAGNAGE.
i -) MiR/ïus, t. 111, |). -W^.
413
Dédit etiam milii in eodem loco comitatum cum prociiictu
lotius villae et appenditiorum ejus, in agris et wariscapiis, in
propriis et alienis allodiis.
Dédit etiam ejusdem villae matrem ecclesiam, cum optima
corte et certis decimae suae dominiis. Ego vero praedecessorum
meorum Baldrici sciiicet, Wolbodonis, cl Raynardi, qui paupe-
rem ecclesiam S. Barlholoma3i suis auxerunt adquisitionibus,
secutus vesligia, tradidi ibidem idem allodium cum ecclesia et
ipso comitatu, per manus Gozelonis comitis, qui erat advocatus
allaris, quem etiam ibi pro anima) sua) redemptione advocatum
coiislitui, interdiceiis sub analhemate, ut in procinctualibus
lanlummodo placitis tertio recepto denario , nuliatenus ultra
locum ipsum vel ecclesiam hospitiis vel exaclionibus pr?esu-
meret gravare.
Dedi etiam ibi quicquid habebam apud Herlaus et Tavers (' ),
apud Haimetines, et ecclesiam de Marcha, et quicquid tenebam
apud Franconis-Curtem et apud Formale (-) et Boteliers, ad
supplendam pra3bendam X clericorum, quos adjunxi ad nume-
rum XX canoiiicorum, quos ibi inveni.
Hujusrei testes sunf.Lanzo prsepositus de S. Lamberto, etc.
Actum est hoc anno iticarnationis Domiiiicse MXLVI, iudic-
tione XIV, régnante Heinrico Imperatore, etc. »
Henri (^) de Verdun, évêque de Liège, iuspira et confirma, en
1078, la donation que la comtesse Ermengarde fit de plusieurs
de ses biens à la même collégiale. Cette dame qui était
renommée par ses pieuses libéralités envers les églises, s'étant
consacrée à Dieu et ayant pris le voile, se dépouilla d'un bien
près de Waremme et de Longchamps (*). Elle se réserva
néanmoins ses redevances ou services de serfs (attachés à la
glèbe), deux moulins, deux brasseries banales, l'église et
( * ) Taviers. V. Mém. sur les anciens nnni<> de lieux, par Ch. GrandgagnaGE.
{■] Fumai. V. ibid.
( 3 ) MlR/EUS. Donaiioiie^ belgicœ.
('; Lon;;champs, près do \V'arcmiiie. V. Gp.a>dgagnage, ibid,
M4
dix feux avec certaines possessions , et 20 personnes de
ces familles, comme elle les tenait. Elle lui légua en outre
son alleu de Rumine ('), à l'exception de cinq feux avec cer~
taines possessions et les redevances ou services des mêmes
serfs, qu'elle avait données auparavant à l'église deN. D.à Huy.
Elle lui donna encore l'alleu de Curange, h. l'exception de
cinq feux avec certains biens et des redevances ou services des
mêmes serfs, dont elle avait doté jadis l'église collégiale de S.
Jean-Évangéliste î' Liège.
Elle ajouta l'alleu de Gelmine et de UerUnges, à l'exception
des redevances ou services de serfs, l'alleu de Brède (Brée)
avec l'église, se réservant toutefois ce qu'elle avait cédé en feux
et en serfs au comte Gérard, outre ce qu'elle avait cédé de
même nature avec leurs appendices ii St- Jacques d'Avroclie
(abbaye de S. Jacques d'Avroy).
Nous voyons figurer dans le cartulairc de l'abbaye de Herc-
kenrode (-), des actes de ventes et de rentes de la fabrique de
St-Barthélemi à Liège, ainsi conçus :
aMeuvoen (^), 1209. Le chapitre de St-Barthélemi à Liège vend
sa part dans la forêt de Dondersloe à l'abbaye de Herckenrode,
pour une rente annuelle et perpétuelle de quinze deniers
(monnaie liégeoise); « insuper fratrem Gislebertum ex parte
ecclesise suo> investivimus eo jure ut cum de hac vita féliciter
migraverit lot denarios requisitionis quot et census successor
ejus nobis persolvat et decano bannos suos et paribus denarios
testimoniales tribuat... Testes aulem sunt Thomas S. Bartho-
lomaei prepositus, etc. »
« 1216. Le chapitre deSt-Barlhélemi cousent î\ ce que l'abbaye
de Herckenrode lui paye annuellement une rente de dix solidi
au lieu de quinze denarii, mais sous la condition qu'à la mort
f ' ) Piunimen, au Norrl de S. Tronil. V. C.handgagnagk.
(' ) Bull, de l'hisl. nrch., I. XI, art. de IM. Dakis.
("■) ibiii., p. 'j:;.
— 415 —
de chaque chanoine, l'abbaye fasse chanter ses obsèques, le
chapitre s'engageant à faire la même chose à la mort de chaque
religieux ; à la mort du mambour constitué pour cette rente,
l'abbaye en présentera un autre, qui en recevra l'investiture et
payera les droits établis de ce chef « qui nobis jura capituli
fideliter exsolvet sicut mos est de hereditatibus requirendis....
Testes sunt Seraphini decanus, etc. Actum est hoc anno
incarnati verbi M. CC. XVI. » T. I, fol. 33 v.
« L'an mil et XII, dit Vanden Bergh( '),Chodisca]c fonda une
noble englise à Liège au nom des douses apostres et y mit
douses chanoines, qui est maintenant St-Barthélemi, et leur
donna cens, rentes et héritaiges pour eulx entreseuci et entres
aultres biens les alloux de Malines. Et quant Chodiscalc le
prévost fonda cette englise, sa volonté estait de la consacrer au
nom de Sainct Barthélemi : mais il y vint quelque encombries,
car le lieu où il fit ceste englise, avait parcidevant esté orné
d'autre englise consacrée à Sainct Servaix et là était ensesvely
Sainct Quirin, hermite, qui était un sainct de France, et auprès
de lui Sainct Wybert, martyr. Et quant nostre evesque eut
entendu la volonté de Chodiscal, il envoyât à Tricht (^) et fit
translater le corps de St-Servaix, qui gissait en un scircuitte de
la crotte et le fit poser à l'englise que Sainct Monulphe avait
faist faire à nom de Sainct Barthélemi et la fit appeller l'englise
Sainct Servaix et le lieu où par avant avait esté la petite englise
de Sainct Servaix, au lieu de laquelle le prevost Chodiscal faisait
édifier pour les douses apostres en une cité de Liège, fut par
après appellée St-Barthélemi. Ce fut en l'an mille et XV. L'an
mille et XII. — En marge, on lit : consécration de St-Barthé-
lemi, 3 jours après St-Lambert. »
Avant de terminer cette notice sur l'église de St-Barthélemi,
il ne sera pas sans intérêt pour nos concitoyens de rapporter
( * ) Manuscrit de l'Université, t. I, p. 240.
(') Maestricht.
— 416 —
deux fîiils qui rappellent les coutumes et franchises de nos
ancêtres.
« On prétend, dit M. Devaulx, doyen deSt-Pierre ('), que ce
fut sous l'évoque Obert, en 1105, qu'on recula notre enceinte
(de la cité), et ainsi la montagne de Sle-Walburge et notre
ancienne église collégiale s'y trouvèrent enfermées. Avant celte
époque, la rue Féronstrée (qui s'arrêtait à la porte de St-Georges)
et la moitié de la colline aboutissaient à l'extrémité du cordon
et étaient suivies du faubourg de St-Barthélemi à une assez
longue distance.
D'après Jean d'Outremeuse , la nouvelle enceinte ne fut
élevée, à cette date, que de quatre pieds hors de terre et on ne
'acheva que longtemps après, lors de notre guerre avec Henri
deBrabant, sous l'évêque Hugues de Pierrepont.
C'est à cette occasion que les chanoines de St-Barthélemi
avaient conservé l'usage suivant jusqu'au siècle dernier. A
partir de l'an 1105, ce corps en entrant dans la cité (porte de
St-Georges) entonnait un hymne ; coutume qu'il conserva jus-
qu'à nous, c'est-à-dire que, sitôt que la procession touchait à la
rue Féronstrée, on observait la même chose.
Mais ce qui n'était pas moins ancien, c'étaient nos immunités
ecclésiastiques, dont la plus importante peut-être pour le peuple,
était le droit d'asile. Il consistait à suspendre le cours de la jus-
tice séculière, à partir du moment où la personne poursuivie se
trouvait dans l'enceinte marquée par l'usage ou la coutume. La
puissance ecclésiastique regardait comme le premier de ses
droits de la prendre sous sa protection. »
« Ce droit d'asile, dit M. André ('^), était ancien et on l'avait
étendu aux cimetières, aux maisons des évêques, aux cloîtres
des moines et des chanoines, et à trente pas à l'entour, aux
croix plantées sur les grands chemins. ..et on ne pouvait autre-
( 1 ) Ms. de l'Université, t. I.
^*) Cours alphabétique du droit canon.
— 4J7 —
fois, sans sacrilège, arracher un homme de l'asile dans lequel
il s'était réfugié, soit par voie de fait, soit par ruse ou autre-
ment. »
La date précise de l'origine de nos franchises, privilèges ou
immunités est inconnue. On peut néanmoins voir des vestiges
de leur antiquité dans les diplômes des empereurs Otton ,
Henri VII, dans la paix des clercs en 1287, dans les chartes
d'Albert en 1290, de Sigismond en 1415 et de Maximilien I en
1509. Ces franchises furent encore confirmées par plusieurs
autres paix et concordats, et entr'autres par le règlement de
notre prince évêque Jean de Heinsberg en 1424.
D'après ce droit, dit M. de Crassier (^), a lorsqu'un criminel
était extrait des prisons de S. Léonard pour être supplicié, les
terrains claustraux de l'église collégiale de St-Barthélemi s'op-
posaient à ce que le transport se fît par la place qui conduit
dans la rue Féronstrée ou par la rue passant devant l'église de
St-Thomas,qui sert aujourd'huit (1845) d'entrepôt. Il fallait donc
que le convoi, après être sorti de la porte St-Léonard, rentrât
par le pont Maghin et rejoignît la rue Féronstrée en longeant
la rivière de Meuse. Pour obvier à cet inconvénient grave, on
demanda et l'on obtint de la Cour de Rome la sécularisation
non-seulement du terrain de la rue dite Devant-St-Thomas,
mais de toutes les maisons qui, d'un bout h l'autre de cette rue,
longeaient l'église et le cimetière qui étaient également sur le
terrain claustral de la même collégiale... »
Ce qui le prouve, au dire du même historien, c'est l'inscription
d'une pierre incrustée à hauteur d'homme dans l'ancien mur
de 1;» maison presbytérale de St-Thomas, occupée (en 1845) par
le bureau des taxes municipales. Sur cette pierre, qui avait 12
pouces de hauteur sur 10 pouces de largeur environ, on lisait
en caractères très-apparents :
( * ) Uecherches sur l'histoire de la principauté de Liège, p. IS, dans le commen-
taire, etc., Il la fin de l'ouvrage.
— 418 —
« L,e terrein et les maisons le long de Véglise et du cimetière de
Si-Thomas, ainsi que le pavé, sont sécularisés par la sacrée con-
grégation en /'an 1632. »
Le Recueil Héraldique {^), au contraire, s'exprime comme suit
à ce sujet : « Cette année (1731), les maisons le long de l'église
paroissiale de Saint-ïliomas et du cimetière furent sécularisées
par décret de la sacrée congrégation, à la demande du chapitre
de l'insigne église collégiale de Saint-Bartliélemi. »
Celte divergence de dates ne prouve-t-elle pas le peu de fon-
dement qu'il y avait dans cette inso-iption, quand surtout nous
savons que ces immunités étaient encore vivement défendues
jusqu'à la dernière révolution liégeoise, époque à laquelle elles
furent abrogées.
D'ailleurs les bulles de Grégoire XIV et de Benoit XIII, en
1725, ne firent que les maintenir; car elles n'avaient en vue,
dans leurs défenses, que d'empêcher les réfugiés de séjourner
scandaleusement dans l'enceinte des monastères ; en sorte
qu'elles ordonnaient, non pas de les livrer à la justice, mais de
les congédier avec cette charité que nous devons aux plus grands
pécheurs, ou de les garder après en avoir averti les supérieurs.
Elles n'exceptèrent de cette loi que les voleurs publics, les
brigands ou voleurs de grand chemin, les dépopulateurs noc-
turnes des champs, les homicides. Nous avons voulu enfin nous
assurer par nous-mêmes de l'existence de cette bulle de sécu-
larisation ; nous ne l'avons trouvée ni dans le bullaire, ni dans
les édits et ordonnances de Liège C^), ni dans les recès et con-
clusions du clergé secondaire (1747) (■').
Mais ce qui confirme davantage notre doute à cet égard, c'est,
comme nous venons de le dire plus haut, la constance du clergé
h défendre ces immunités auprès du prince-évêque de Liège
jusqu'à la fin du 18*" siècle. Voici un exemple pris entre plu-
(^ ) Continuation du liecueil Héraldique, par OphOvEN, -1783.
(') Edits et ordonnances de la principauté de Liéqe, 1507-1794, 2 vol.
(5) Archives du clergé.
- 419 ~
sieurs autres. C'est un récès porté dans l'assemblée de Messieurs
les députés du clergé secondaire de Liège, tenue à St-Pierre le
17 janvier 1748, pour réclamer les immunités en faveur d'un
déserteur; grâce qui fui ensuite accordée à ce dernier.
« Messieurs ayant entendu les plaintes des députés du cha-
pitre de St-Barthélemi de ce que, le 13 de ce mois courant, un
certain soldat, nommé Quoilin, ayant été traîné par les cloîtres
dudit St-Barthélemi, par le S'" capitaine Colson et deux autres
officiers, le traînant par les cheveux, et conduit sur la citadelle,
et qu'ayant réclamé franchise dans son passage à haute voix, et
que de plus le chapitre dudit St-Barthélemi l'aiant réclamé par
son récès en date du 16 qui al été insinué h M. le comte de
Berlo, général des troupes de sa sérénissime Eminence, de
même à M. le brigadier de Pichar, lequel dernier a répondu
qu'il n'accorderait point la demande de la reproduction dudit
prisonier sans les ordres de sa sérénissime Eminence (*).
» Mesdits seigneurs étant obligés parleur serment de conserver
leurs immunités autant qu'il est en leur pouvoir et ayant vu les
déclarations du fait, députent Messieurs les chanoines Groutars,
Bouxhon et de Muno, pour se rendre au Conseil privé de sa
sérénissime Eminence et faire le réclame sustouché au nom du
clergé. »
H. S. MivioN, notaire.
«In congregationehabitain sedibus decanalibusferiasecunda,
quinta februarij 1748.
Presentibus Dnis, B. de Glimes, Clerx scholastico, decanis S"
Pétri et S. Crucis, etaliis deputatis.
« Messeigneurs aiant vu sur un projet de remontrance ii faire
à sa sérénissime Eminence pour répéter de la part des deux
clergés le nommé Quelin, soldat, conduit et mené en prison en
le traînant k travers d'une partie des immunités de St-Barthé-
( * ) Jean Théodore de Bavière , prince évêque de Liège et cardinal.
— 450 —
lemi qu'il a réclamé, l'ont agréé ordonnant à leur secrétaire
Mlvion de la présenter au seigneur grand vicaire.
Piéseniée ce que j'atteste,
H. S. MiviON.
S'ensuit sa remontrance à sa sérénissime Eminence,
Monseigneur,
c( Voire clergé primaire et secondaire de Liège se trouvant
indispensablement obligé de ne rien négliger pour la conserva-
tion et maintien de ses immunités ecclésiastiques, ne peut se
dispenser de représenter avec tout le respect possible à votre
sérénissime Eminence, l'atteinte et la foule que l'immunité
claustrale deSt-Barthélemi vient de recevoir en dernier lieu par
les violences qui y ont été comises par le capitaine Colson et
deux autres officiers en conduisant le nommé Quelin, soldat,
prisonié aux prisons de votre citadelle et le traînant ix travers
d'une partie des cloîtres dans le tems qu'il en a réclamé l'asîle,
corne par les sûplique et déclaration jointes sub N" i.
» Sur cet événement, le chapitre de Sl-Barihélemi a fait
représenter par une députation au gênerai comte de Berlo et
au brigadier de Picliar, l'infraction violente de leurs cloîtres en
les priant d'y faire reproduire le prisonnié selon l'usage cons-
tamment observé, de qui on n'a pu obtenir aucune satisfaction,
ce qui a mis votre clergé primaire et secondaire en obligation
de prendre son recours au conseil privé de votre sérénissime
Eminence, lequel a été servi de faire remettre le dit prisonié de
la citadelle aux prisons episcopales jusqu'à ce que votre séré-
nissime Eminence (à qui il appartient en sa qualité d'évêque
privativement h tout autre selon les constitutions des souve-
rains pontifes Grégoire XIV et Benoit XIII de prendre connais-
sance et décider si le criminel peut et doit jouir de l'immunité
ecclésiastique) aurait prononcé la dessus.
«Les motifs qui engagentleclergéde prendre la respectueuse
— 421 —
liberté de solliciter cette décision, sont bien éloignés de vouloir
protéger le crime ou de le dérober à la justice; il proteste hau-
tement qu'il n'a d'autres vues que celles de conserver l'immu-
nité ecclésiastique dont il est le dépositaire, et que le conseil
militaire semble vouloir combattre et renverser d'une manière
tout h fait nouvelle etjusqu'à présent inconnue dans le pays de
Liège, où il a été de tout tems reconnu sans contredit qu'il n'était
non plus permis de conduire un prisonié par les immunités que
de l'y saisir, et que dans l'un de ces deux cas comme dans
l'autre, il doit jouir de l'asile attaché à l'immunité.
» Aussi les archives du clergé en gênerai et celles des cha-
pitres en particulier, pourraient elles fournir h grossir un
volume des actes de reconnaissance de l'immunité réclamée par
des prisoniés privés de leur liberté, tant par les ordonnances
que les princes prédécesseurs ont porté à pareille occasion,
que par les différentes reproductions qui ont été faites de ces
prisoniers sur les cloîtres d'où on les avait arrachés, s'il était
besoin d'avoir recours aux siècles plus reculés pour établir un
droit et prouver une possession reconnue et confirmée dans ces
derniers tems, révérée par les acatholiques mêmes, et dont la
notoriété publique ne permet pas de douter.
» La déclaration donnée en 1709 par le grand vicaire de Hin-
nisdael en absence de son altesse sérénissime Joseph Clément,
jointe sub N" 2 est précise au fait dont elle s'agit : elle a décidé
ens termes que Maximilien Henri Hilaire et Pier Grégoire étant
conduits prisoniers en ville et menés sur les immunités de Ste-Croix
où ils avaient réclamé laditte immunité dévoient jouir de l'azile
qu'ils avoient réclamé et qui leur compterait, k vue de cette
déclaration le commandant Rochebrune qui avec ses troupes
occupoit alors la ville de Liège , restitue les prisoniers à
l'immunité.
» L'ordonnance de son altesse Georges Louis, en date du 4
novembre 1743, jointe sub N" 3, est une preuve convaincante
que ce prince a reconnu plus particulièrement que la privation
422
de la liberté n'aportait aucun obstacle à la réclamation et à la
jouissance de l'immunité en ce que tant s'en faut qu'il en révoque
en doute si un prisonnié pouvait jouir de cet avantage, il a
plutôt paru doutter tout au contraire si le nommé Otten n'ayant
pasété regardé comme prisonié, lorsqu'il avait traversé les cloitres
de St-Barlhélemi, mais simplement mené comme étranger à la
grande garde pouvait jouir de l'immunité, à laquelle pourtant
ne voulant pas souffrir qu'il soit porté aucune atteinte, sa ditte
altesse ordonne que le dit Otten soit élargi pour y être rendu.
» Rien enfin n'est plus notoire, Monseigneur, qu'avant la
construction de la chaussée de St-Gilles, lorsque les officiers
de justice conduisaient les criminels au supplice, ils les menoient
par un chemin très-difficile, lequel a cause de cette pratique a
porté et porte aujourd'hui le nom de rue des Pafiens en déclinant
ainsi les immunités du monastère qui leur présentait un chemin
plus court et plus comode, ils prennent encor aujourdhui le
chemin le plus long et le plus difficile pour éviter les cloîtres
de Ste-Croix , de Si-Martin et de St-Laurent , précautions
neantmoins fort inutiles si la plus grande privation qui fut
jamais de la liberté peut être obstative à la jouissance de
l'immunité.
» Ces raisons ont paru h votre clergé assé fortes pour oser
espérer que quelques différens que puissent être sur ce point
les sentiments des canonistes dont l'autorité doit à plus juste
titre que celles des sacrés canons céder à l'usage et à la coutume)
Votre sérénissime Emineiice sera servie d'ordonner ainsi qu'ont
fait les princes, ses prédécesseurs, en semblables conjonctures
que le dit nommé Quelin soit relâché et puisse se rendre aux
cloîtres de St-Barthélemi où il puisse jouir de l'asile de l'immu-
nité, n'étant ny accusé ny convaincu d'avoir comis aucun des
crimes pour lesquels les const tu lions susmentionnées des
souverains pontifes refusent l'immunité ecclésiastique.
» S'ensuivent les mentionnés, etc. »
— 423 —
Pseudonyme de Mathieu Liaensberg.
Il ne nous reste plus, pour terminer cette notice, qu'à dire un
mot du trop fameux auteur de l'almanach publié sous le nom de
Mathieu Laensberg, ce livre qui est le plus feuilleté et le plus
populaire entre tous. Cet oracle des campagnes et des cours a
inquiété non-seulement des royales courtisanes, telles que
M"'« Du Barry « en qui, dit M. de Reiffenberg ('), l'oubli des
» principes s'unissait merveilleusement à toutes les faiblesses
» de la superstition, mais même Napoléon qui, au faîte de la
« puissance, les faisait examiner sévèrement, de peur qu'elles
» ne répandissent des idées, des craintes ou des espérances
» contraires à ses desseins. »
Voici, à ce sujet, ce que M. de Villenfagne écrivait à la per-
sonne à laquelle il dédia sou Histoire de Spa (^) :
« On n'a point de renseignements certains sur Mathieu
Laensberg, dont l'existence même est encore un problème ; il y
a eu quelques maihématiciens de ce nom, qui, peut-être, ont
donné lieu d'imaginer le nôtre. C'est là l'opinion de M. l'abbé
deFeller(') : opinion qui tend à persuader que l'Astrophile
liégeois est un être idéal. En effet, les expressions dont on se
sert dans le plus ancien privilège que j'aie rencontré pour
l'impression de son almanach, confirme ce doute; on permet
par ce privilège, daté derani646,à Léonard Streel, d'imprimer
l'almanach qu'on y désigne sous le nom de maistre Mathieu
Laensberg : mots qui paroissent laisser entrevoir que le rédac-
teur de ce livret prenoit ce nom pour le publier. D'un autre
côié, la tradition a transmis dans la famille de M. Bourguignon,
héritier et descendant des premiers imprimeurs de ces alma-
nachs, que Mathieu Laensberg avoit été chanoine de St-Barthé-
(') Dictionnaire de la conversation^ t. 15, 1843, édit. belge.
( *) De Villenfagne. Histoire de Spa, t. 2. Liège 1803, pp. 108 et suivantes.
(^) Journal de Luxembourg^ 1 août 178S.
_ 424 -
lemi, à Liège, vers la tin du 16""^ siècle ou au commencement
du 17"•^
«Il est possible, quoi qu'il soit très-permis d'en douter, comme
on le verra tantôt, qu'il y ait eu dans cette collégiale un cha-
noine, nommé Laensbert ou Laensbergh, qui se sera adonné
aux mathématiques et à l'astrologie; il est possible qu'il se soit
mis en tête, d'après des remarques qu'il croyait peut-être infail-
libles, de régler le cours des astres; et si l'on fait attention
combien alors on étoit encore superstitieux ('), il est possible
aussi qu'il se soit mêlé de prédire les événements de son tems,
et ceux qui dévoient arriver, lorsqu'il ne seroit plus : et pour-
quoi n'auroit-il pis quelquefois deviné juste dans ses prophé-
ties, puis qu'à présent son représentant a de tems en tems le
bonheur de prévoir des choses inopinées et inattendues? Ce
chanoine peut avoir acquis pendant sa vie une certaine célébrité:
ce qui aura, sans doute, engagé un libraire intelligent h publier
après sa mort un almanach sous .-on nom avec des prétendues
prédictions. L'astrologie judiciaire étoit encore à la mode dans
une grande partie de l'Europe. Cet art chimérique peut seul
avoir suffi pour donner quelque vogue à l'almanach de Mathieu
Laensbergh chez nos voisins; et cette vogue aura induit le
libraire, qui y trouvoit son compte, à en imprimer, tous les ans,
un nouveau avec de nouvelles prédictions.
»Quoi qu'il en soit de ces conjectures sur Laensbergh, si la
tradition qui les a fait UMÎtre, ne i^rouve pas que cet astrologue
a existé, du moins elle indique que le premier auteur de l'al-
manach qui porte son nom, étoit un chanoine de St-Barlhélemi.
Un ancien portrait, parfaitement bien dessiné, d'un chanoine
de cette église, que j'ai vu dans le (cabinet d'un amateur (^) de
notre ville, vient ii l'appui de cette assertion. J'examinai attenti-
(•) Chaque siècle a son caractère ; je ne sais comment on caractérisera le nôtre
avec ses lumières, mais il m'a souvcnl fait regretter les siècles les plus ténébreux.
{ 2 ) Feu M. le l'.aron de Clor.
— 425 —
vement celle pièce, rare et curieuse, qui représentoit, selon cet
amateur , homme très-instruil, l'inventeur du fameux almanach
de Mathieu Laensbergh.Rieii n'est plus plaisant que ce portrait.
J'en fis la description suivante que vous ne serez peut-être pas
fâché de trouver ici. Figurez-vous un vieillard, assis dans un
fauteuil, la main gauche appuyée sur une sphère et tenant de la
droite un télescope; à ses pieds, on distinguait différens instru-
mens de mathématique, plusieurs volumes et quelques feuilles
de papier, sur lesquelles étaient tracés des cercles et des
triangles. Il avait les yeux gros et saillants, le regard hébété,
le nez en forme de coquille, et de grandes oreilles que laissait
apperçevoir une crasseuse toque ; sa bouche, large et à demi
ouverte, annonçoit la morgue el le pédantisme; des rides
affreuses sillonnoient son visage et sa barbe longue et épaisse
cachoit presqu'entièremenl un énorme rabat. Ce vieillard était
en outre affublé d'une soutane, raccommodée dans plusieurs
endroits, et plus grise que noire. Au bas de ce portrait, on
lisoil : D. T. V. Bartholomnei canonicus et philosophiœ professor.
Ces lettres initiales, si on pouvait les déchiffrer, donneraient le
nom de ce professeur. Ce qi i me persuade qu'il pourroit fort
bien être l'inventeur de l'aluianach de Mathieu Laensbergh et
qu'il n'a point existé parmi nous un Astrophile de ce nom, c'est
qu'un chanoine de St-Barthé!emi ayant eu, à ma demande, la
complaisance de compulser les registres de ce chapitre, n'y a
point trouvé le nom de Mathieu Laensbergh, que la tradition
fait chanoine de cette église. Mais s'il faut, comme il me semble,
s'en rapporter à cette tradition, il y a tout lieu de croire qu'ui.
chanoine de St-Barthélemi aura pris, pour publier ses rêveries,
le nom de Laensbergh, dès-lors déjà en vogue. »
E. Thys, abbé.
Les trois planches qui accompagnent cette notice ont été exécutées
d'après les dessins originaux de trois de nos compatriotes : la l'* a été
426
dessinée par M. l'architecte E. Janiar, d'après un dessin deLangius, écrivain
du 16* siècle, qui nous a été communiqué par M. llenrolte, (hanoine;la2«
a été gravée d'après le plan de M. l'arciiitecte Dejardin, appaiteiiant à la
fabrique de S. Bartliélemi et communiqué par M. Dupont, doyen de cette
église ; il comprend le projet de restauration de la tour ; la 5'' enfin, la
tombe de Godescalc a été dessinée sur les lieux par M. Coudet-
Mouton.
UN DÉTAIL
TOL'CHAM
LA BATAILLE D'OTHÉE
OU
Les droits d'accises d'Alost.
En 1390, la principauté de Liège était tombée entre les mains
de Jean de Bavière. Despote orgueilleux et vindicatif, le nouvel
élu ne sut point conquérir la sympathie de ses sujets qui, dans
un jour de colère, essayèrent de le renverser. La lutte fut fatale
aux Liégeois, dont la juste cause alla s'ensevelir avec vingt
mille braves dans la plaine d'Othée.
Jean-sans-Pitié dut son cruel triomphe au duc de Bourgogne
qui s'était empressé de voler au secours de son beau-frère.
Il est assez curieux de noter que Jean-sans-Peur, malgré
toute sa puissance, ne put porter secours au prince sans battre
monnaie près de ses bonnes villes de Flandre. C'est ce que
prouve entre autres l'intéressant document que nous reprodui-
sons plus loin.
Le duc prélevait sur la ville d'Alost des droits d'accises sur
les vins, cervoises , breuvages et autres deiu'ées, dont on
pourrait retrouver le montant annuel dans les comptes. Il
n'aimait pas de voir diminuer ses revenus, mais il fallait une
somme assez ronde pour payer les gens d'armes et de traits qui
s'étaient mis en campagne contre le pays de Liège. A cet elïet,
le duc octroya à la ville d'Alost, pour un terme de dix ans - du
14 février 1409 (n. s.) au 14 février 1419 (n. s.) — le privilège
~ 428 —
de percevoir au profit de la viUo les droits d'accises, moyennant
une somme de 800 nobles, monnaie de Flandre, payée comptant.
« Comme après le retour — y est-il dit — du voiaige que nous accom-
paignez de gens d'armes et de trait tant de ;ioz pays de Bourg"", de
Flandre comme dauires nations, feismes ja bonne |)iecea ou pays de Liège
sur les Liégeois qui pour ce tem|)S sestoient renduz rebelles et desbeissans
a lecontre de nostre treschier el tresame frère Jehan de Bauviere, esleu
de Liège et conte de Loz, leur seigneur, lesquelz rebelles par la grâce et
ayde de Dieu principalement furent mis a desconfiture et obéissance, nous
qui pour le fait dudit volage et par avant aussi avions eu et sousienu tres-
grans frais, missions et despens et encoies soustenir nous convenoit, tant
pour noz autres affaires estons en très grant nécessite de trouver et avoir
finanche, eussions par aucuns de noz geiis el commis fait ti'aictier avecques
noz bien amez les eschevins et bonnes gens de nostre ville d'Alostà la(|uelle
nous avons donne octroy, ainsi que a cause de nostre seigr.ourie nous loist
et appartient de faire, par lespace de dix ans que commencèrent le quator-
ziesme jour de février lan mil quatrecens el huit, courre et lever assiz au
proutfit de nostre dicte ville sur les vins, cervoises, buvrages et autres
denrées et marchandises qui y seroient venduez et dispensez, moyennant
que pour l'ccognoissance de nostre seigneurie nosdictes bonnes gens nous
dévoient paier annuellement comme paravant ilz avoient fait en cas pareil
par maintes années, la somme de quatre vings nobles de nostre coing et
forge de Flandres, que pour nous complaire, subvenir et aidier ilz^nous
paierent comptant la somme de huit cent nobles pour les dix ans dessus-
dits que noslre dit octroy doit durer, lequel finera au xiiij"' jour dudit mois
de février lan mil iiij' et xviij, comme etc. »
Six ans plus tnrd, c'est-à-dire en 1415 (n. s.), le duc était de
nouveau en guei-re ; celte fois-ci la France était le théâtre de
ses exploits. Le même besoin d'argent se fit encore sentir ; aussi
s'adressa-t-il de rechef à sa bonne ville d'AIost et lui proposa le
rachat à perpétuité des droits d'accises.
Le revenu de ces droits avait été évalué à 80 nobles ; le capital
à payer au denier vingt — 5 7» — était donc de 1600 nobles.
Mais l'état des finances d'AIost ne lui permettait pas défaire en
une fois une dépense aussi considérable. Elle offrit par consé-
quent au due de continuer à payer 32 nobles, par an, pour
— 429 —
reconnaître son droit de seigneurie et de racheter seulement 48
nobles, rachat dont le prix était 20 fois 48 nobles, c'est-^i-dire
960. Mais le terme du premier octroi, rachetant les droits
d'accises complets pour dix ans, n'étant pas écoulé, la ville
était encore en possession pour quatre ans du privilège
qu'elle avait acheté. Il fallait donc défdquer des 960 nobles la
somme de 4 fois 48, c'est-à-dire 192; ainsi montait le total à
payer à 768 nobles. De même, la rente des 32 nobles n'avait
cours qu'à partir du 14 février 1420 (n. s.).
La charte d'affranchissement des droits susdits fut délivrée,
par Jean-sans-Peur, le 1 octobre 1415 (n. s.) et ratifiée le 5
novembre suivant par le comte de Charolais, plus tard Philippe-
le-Bon, son fils.
Par sa prolixité et son style diffus, celte charte semble se
ressentir de l'embarras où se trouvait le duc, qui, à l'exemple
d'un bon père de famille, cherchait à faire argent sans aliéner
ses biens
Le droit de percevoir les accises, appartenant jadis au duc
de Bourgogne en sa qualité de comte de Flandre, revenait
maintenant au magistrat d'Alost. Il fut stipulé toutefois que
celui-ci pouvait diminuer à son gré le droit à percevoir, mais
nullement dépasser le (aux fixé dans la charte. Il n'est pas sans
intérêt de connaître ce taux au point de vue de l'histoire de
l'économie politique (M-
Voici du reste le texte intégral de celte charte si curieuse à
différents titres :
« Jehan duc de Bourgoigne, conte de Flandres, dArtois et de Bourg"«
Palatin, seigneur de Salins et de Malines, savoir faisons a tous presens et
advenir, que comme a|)res le retour du voiaige que nous accompaignez de
gens darmcs et de trait tant de noz pays de Bourg"% de Flandres comme
dautres nations feismes ja bonne piecea, ou pays de l.iege sur les liégeois
qui pour ce temps sestoient renduz rebelles et desbeissans a lecontre de
(' ) Voir ci-après, p. -ioiî.
— 430 —
nostre treschier et tresame frère Jehan de Bauuiere esleu de Liège et
conte de Loz, leur seigneur, iesquelz rebelles pai' la grâce et ayde de
Dieu principalement furent mis a desconfiture et obéissance. Nous qui
pour le fait dudit volage et par avant aussi avions eu et soustenu tresgrans
frais, missions et despens et encores soustenir nous convenoit, tant pour
noz autres aiïaires, estons en trcs grant nécessite de trouver et avoir
finanche, eussions par aucuns de noz gens et commis fait traicticr avecques
noz bien amez les eschevins et bonnes gens de nostie ville dAlost, a laquelle
nous avons donne octroy, ainsi que a cause de nostre seignourie nous
loist et appartient de faire, par lespace de dix ans que commencèrent le
quatorziesme jour de février lan mil qualrecens et huit, courre et lever
assiz au prouffit de nostre dicte ville sur les vins, cervoises, buvrages et
autres denrées et marchandises qui y seroient venduz et dispensez,
moyennant que pour recognoissance de nostre seignourie nosdicles bonnes
gens nous dévoient paier annuellement comme paravant ilz avoient fait en
cas pareil par maintes années, la somn)e de quatre vings nobles de nostre
coing et forge de Flandres, que pour nous complaire, subvenir etaidier
ilz nous paierent comptant la somme de huit cent nobles pour les dix ans
dessusdits que nostre dit octroy doit durer, lequel finera au xiiij" jour
dudit mois de février lan mil iiij'' et xviij, comme plus a plain peut apparoir
par noz lettres patentes que les dAlosl en ont de nous. Et il soit ainsi que
a présent plus que oncques maix, nous soit besoing nécessairement davoir
hastivement de tresgrans linances pour les charges et afl'aircs que nous
sont survenues especialement en ceste présente année que pour la seurete
de nostre personne, et deffence de noz pays et subgectz il nous a convenu
tenir et avoir par long temps grans foisons de gens darmes et de trait
tant de nosdits pays de Bourg"'' et de Flandres comme autres de divers
lieux et nations pour résister aux enfi'eprinses que par voie dhostilite et
de guerre aucuns seigneurs en ce temps noz ennemis et adversaires soubz
la puissance de Mons'' le roy et de Mons' le duc de Guienne Daulphin de
Viennoiz son aisne filz ont faicles en nostre pays dArtois ou ilz ont prinse
nostre ville de Baulpaines, mis et tenu le siège devant nostre \ille dxArras
par grand tem()s et autrement adommaigie, ars, pillie et ravie nostredit
pays dArtois en entention de nous, nosdits pays et subgetz destruire, se
par le bon ayde desdits gens darmes et de trait ny eussions résiste.
Lesquelx linances obstant celles que par cy devant prins et eues avons en
tant de manières ne pourrions furnir ne trouver si prestement comme bien
besoing nous en est tant pour paier et contenter lesdits gens darmes et
de trait comme autrement subvenir en noz autres affaires que de plus en
plus nous croissent, sans vendre, aliéner ou chargier aucunes parties de
nostre domaine. Et puur nous eslre en ce soudainement secourru etaidie,
eyons nouvellement par aucuns de noz gens et commis fait parler et sentir
— 431 —
ausdils eschevins et bonnes gens dlcelle nostre ville dAlost se ilz voul-
droienl achetei* du tout pour le temps advenir lesdits iiij'^" nobles par an
que y avons prins et prenons encores, loclroy dont cy dessus est touchie,
faibli et expire, lesquelz bonnes gens que avons adez trouvez prêts et appa-
reilliez a nous secourrir et aidier selon la possibilité de nostred. ville,
nonobstant quelle soil desia grandement cbargie pour nous vouloir prin-
cipaultment complaire et subvenir moyennant touttesvoies certain traictiet
pourparle et fait de nostre sceu et volente par nosdits commis avecques
eulx soient pour deschargier icelle nostre ville devers nous accordez de
acheterdesd. iiij"'^ nobles les quarante huit, au pris de soixante solz par.
de nostre monnoie de Flandres la pieche, a quoy ilz sont avaluez par les
derraines ordonnances de noz monnoyes et nous en donner au denier
vingt, déduit et rabaîu de ce lesdits quarante huit nobles que aud. pris
de Lx s. par., pour quatre années avenir a encores a durer par noslredit
octroy en avons receues dicelle nostre ville, ainsi aurions nous de net
pour une foiz sept cens soixante huit nobles audit pris de lx s. par. la
pièce comme par le rapport diceulz noz commis qui nous ont tout au long
fait relation dudit traictie, avons plainement sceu. Nous veullians comment
que ce soit subvenir a nosd. affaires et nécessitez si grans et apparrans,
considerans et regaidans puis que vendre et aliéner nous convient
nécessairement noz revenues, que a moindre préjudice pour nous, povons
vendre et aliéner telz et semblables choses que aultres parties plus sceures
et certaines do nostrodlt deniaino, mesmement que feu nostre treschier
S'' etayeul Mons'' Loys jadis conte de Flandres, père et feue nostre tres-
chiere dame et mère que Dieu absoille. nesoloit en son vivant pour loctroy
des assiz de nostre ville dessusditte combien quelle feust en son temps en
trop meilleur estai quelle nait este depuis les derraines commotions et
rebellions qui ont este en nostredit pays de Flandres auquel temps elle fu
priiise, arse et comme toute destrnitte, nosoit encores prendre et avoir
par an dicelle que viiigtcincq livres par. monnoye lors aians cours si
conmie par ses lettres sur ce obtenues nous est apparu. Et que nous ny
devons riens prendre pour nostredit octroy jusques a ce que les dix ans
dessusdil comprins en icellui soient expirez. Aussi se nostred. ville feust
en telle possibilité et estât que il ne fust besoing que assiz y courrussent
nous ny aurrons plus riens dudit octroy, avons sur tout eu meur et bon
advis en acceptant et ensuivant le'dit traictie de nostre certaine science,
octroyé et accorde et par la teneur de ces présentes octroyons et accordons,
pour nous, noz hoyres et successeurs contes et contesses de Flandres,
seigneurs ou dames dAlost, que nostredit octroy expire et des lors en
avant a perpétuité nosdits eschevins et bonnes gens dudit lieu dAlost
pourront deulx mesmes faire courre et lever assiz en icelle nostre ville et
par tout ailleurs ou ilz sont accoustume de les avoir et percevoir sur les
— 432 —
buvraiges. denrées et marchandises (juon y vendcra et despensera telz et
si grans que par le commun prouffit et utilité de noslreditle ville il leur
semblera estre expédient, poiuveuqueil/. ny pourront faire courre ne lever
plus grand assiz que par nosîro devandit octroy ont présentement cours
et se lievent illecques, mais moindres se ilz voient que ce soit le bien
dicelle nostre ville sans ce que il leur soit besoingou nécessite aucune de
prendre, avoir, ne obtenir pour ce de nous ou diceulx noz successeurs
aucun congie, licence ou ocîroy quelconques. Duquel octroy prenre ou
obtenir nous les affranchissons desmainlenant a perpétuité et a jamais
moyennant ce loutesvoies que nous devons prenre et avoir, prenrons et
aurons heritablement et perpétuellement pour recognoissance de nostre-
dicte seignourie au regard desdiz assiz sur nostre ditte ville chacun an
au quatorziesme jours de février trente deux nobles de Flandres audit pris
de soixante solz nouveaulz la pièce ou la valeur en autre monnoye telle
que ailleurs en nostredit pays de Flandres recevrons de nostre demaine,
et que nosdits bonnes gens dÂlost nous ont baillie comptant pour les
autres quarante huit nobles dont icelU' nostre ville demeura a lousiours
qnicte et deschargie et la en deschargeons desmainteiiant par ces mesmes
présentes, la somme de sept cens soixante huit nobles audit pris de lx s
que avons fait recevoir deulx par nostre ame et fealconscillier Jehan Uuten
Hovea présent nostre receveur gênerai de nostre dit pays de Flandres, qui
en sera tenu de rendre compte, delaquille somme de vij'' Lxvnj nobles au
pris dessusdit nous noz tenons pour bien contens et en quictons a tonsiours
inaiz nostrcd. ville. Et cscherra le premier paiement desdits xxxij nobles
au xui]*^ ji)urs do février lan mil iiij''' et xix desquelx paier audit jour de
deslorsenavant a pertuite a nostre recepte de Flandres, et aussi quilz ne
pourront liaulchier ne y faire courrir plus grand assiz que cy dessoubz en
ces présentes sont declairez. I(;elle nosire ville sera tenue et nous devra
baillier lettres obligatoires, soubz le scel de la commnnaulte dillecques
ou seront encor|)Orez ces mesmes présentes, lesquelles nous voulons estre
délivrées a la garde de noz chartes de Flandres poui' les estre misen garde
la ou il appartient. Et promcclons en bonne foy et nous oblegons a ce
ensemble nosdiz hoyrs et successeurs de laissier et faire joyr et user
nosdits bonnes gens d.\lost de laffranchissement et achat dessusdit et de
toutles les autres choses cy dessus contenues et par nous accordées et de
chacune dicelles sans leur y faire ne faire faire, ne souffrir estre fait ores
ne ou temps advenir par voyes directes ou indirectes ne autrement
comment (|ue ce soit aucun ''î.^pi'schement ou destourbier quelconque, ne
que pour occasion des assiz (jui auront cours en nosti'e devant dicte ville
en et par la manière que dit est après le dessusdit octroy de dix ans
ex|)ire, demander, jjrendre ne avoir autre chose, ne plus grant prouffit
annuellement (jiie les xxxij nobles devantdiz seullement, dont le premier
— 433 —
terme sera le xinj* jour de fevriei- lan mil quatrecens xix et affin quil
appert ou temps advenir quelz assiz o/it maintenant cours et se devront
lever en icelle nostre ville et poui' faire cesser les débats qui naistre sen
pourront cy en après, nous les avons fait extraire hors dicellui nostre
octroy et sont telz que seiisuit. Est assavoir de chacun lot de vin huit
deniers par., de chacun tonnel de cervoise doultre mer six solz par., de
chacun tonneau de cervoise non affranchi en la hanze des almans seize
solz par., de chacun brassin de cervoise de quatorze tonneaulx soixante
solz par. Et toultes ces parties se cueillent et paient aussi bien dehors
laditte ville une lieue a la ronde que dedens icelle. Item dune paire de
draps drappez et aprareilliez cont^Miant trentesix aulsnes de long, unze
solz. Item dun drap de quarante deux aulnes seize solz par. Item dun sac
de ble, dorge, st-mence, poix, fevts ou aultie manière de grains vendu ou
achate dedens laditte ville quinse deniers par. Item dun sac davaine unze
deniers par. Item de toultes manières de grains descendant par neif aval
la rivière de la Tendre ou qui est amené en ladicte ville par charroy ou
autrement, pouriliec chargier en nef et mener dehors sans y estre vendu
ou acheté en paie la moictie des assiz dessus touchiez. Item de touttes
autres denrées et marchandises que on achate ou vend dedens les metes
de laditte ville on paie de chacune livre par. douze deniers par. Si donnons
en mandement par ces mesmes présentes a noz amez et feaulx les gens de
nostre conseil de Flandres et de noz comptes a Lille, a nostre receveur
gênerai en Flandres, a nostre receveur particulier dudit lieu dAlost et a
tous noz autres gens et officiers i|uelzconques presens et advenir et a
chacun deulx que peut touchier ou regarder que des affranchissement,
octroy, achat, aliénation et autres choses dessus touchiez et de chacune
dicelles ilz fâchent, seuffrentet laissent lesdiz eschevins et bonnes gens de
nostre dessusdicle ville dAlost presens et advenir plainement et paysible-
ment joyr et user sans leur faire ne souffrir estre lait en ce aucun destour-
bier ou empeschement quelconque, ains se fait leur estoit quilz le ostent
incontinent que de par eulx en seront requis sans sur ce attendre autre
mandement de nous ou de nosdiz successeurs. Et en oultre a nostredil
receveur de Flandres qui ores lest que en ses comptes que il nous rendra
pour le temps présent et advenir il face mention seulement de la rente de
trente deux nobles dessusdiz que devons prendre en et sur icelle nostre
ville pour les causes a terme et en la manière cy dessus touchie en
délaissant a y faire mention desdiz quarante huit nobles se non pour la
première fois seullement, desque^z xLviij nobles par rapportant vidimus
de ces présentes soubz seel auctenticque ou copie collationnee en nostre
chambre des comptes a Lille ou par lun de noz secrétaires seulement,
nous voulons que nostre dit receveur de Flandres demeure quite et paysible
et quil en soit deschargie par nosdiz gens des comptes audit lieu de Lille
- 434 —
et par touttes aiiltros a qui ce peut ou pourra louchier sans contredit ne
difficulté. Et se aucune mention esioit faicte de ce es registres de nostre
dicte demaiiKMiuil en soit tracliie eteffachie si avant que comprins y seroit
nonobstant ordonnances ou constitutions ja pieca faictes saucunes y a par
quoy nous ne puissons ne doyons vendre ou aliéner nostredît demaine,
mandemens ou deffenses especiales ou générales faictes ou a faire qui
puissent aucunement deroguier aux choses dessusdictes par nous accordées
eu la manière cy devant exprimée soui)z quelque fourme de parolles quelles
auroient este ou seroient faictes et que les nonobstans y contenues ne
soient icy de mot a mot speciffiees. Et affin que ce soit ferme chose et
astable a tousioursmaiz nous en tesmoing de ce avons fait mectre nostre
seel a ces présentes. Et nous Philippe de Bourgoigne devant nomme
sachans et cognoissans certainement la iresgrant nécessite dudit monsei-
gneui" mon père et que pour autre cause se non pour ceste il a par délibé-
ration consenti et accorde aux affranchissement, achat, aliénation et autres
choses cy dessus exprimées, avons de lauctorite et voulonte dicellui nostre
seigneur et père loue, grée, ratiffie et approuve. Et en y mectant nostre
consentement, louons, gréons, ratifRons et approuvons touttes les choses
dessusdictes et chacune dicelles, en promectant en bonne foy a les entre-
tenir et faire entretenir, et lesdiz dAlost en faire et laissier juyr a perpé-
tuité sans aller faire ou venir ne faire faire ou venir comment que ce soit
contre la teneur de ces mesmes présentes, auxquelz en tesmoing de ce,
avons fait mectre nostre seel avec cellui de mondit seigneur et père.
Donne quant a nous duc en nostre ville de Gand, le premier jour doctobre
lan de grâce mil quatrecens et quatorze, et quant a nous comte de Char-
rolais en ladicte ville de Gand le y^ jour de novembre lan dessusdit. Et
sur le pli} est cseripl : Par Mon s' le duc et son Conseil auquel vous le sîre
de Roubais, messire Roland Dunkerke (i) et pluseurs autres esties.
Sigut' : De la Boede. Item par Mons' le comte de Charrolais, maislreJehau
de Ressinghera, présent. Signe : Menart.
» CoUatione et amende a son original ce xw'f jourdejuingw" lxxi (2). »
Désiré van de Casteele,
Conservateur-adjoint des Archives de l'État, à Liège.
(•) Sic, /ise: dUutkerke.
(* ) Cartulaire de la ville d'Alosl ou Boekmci den haire, fo 4 v».
X.A CHASSE DE VISE.
ItlSPOSlTION DES li-wacRlI>TIOKa,
lluUftiri •If l'hisltliil archiolmjiiiue tit'ii^
Vltl UV -!- ^AdHO;) : HAD ->, 1 -', KA.'^VA .' Illl.l. -1 ,I.IS ■', XOV -J
KASHAs I vh■|^;v I xnai s .i.i lj.i(i>;!i.i. ■!- ka vvis •;- vj/jjiAasia :■ icvi ■!
Bici.l.'GEH insii;ms tiiii
.iiAnosaii :■ vr.i\iiA •:- aAOjon •:• i i v(]n!a -!- inisoud -! viiok ■
/ :■ xiAios ■! sa:ia ad •: ;in iio-j 1 1. xia i aa.v i vh^'ak i ivho j. suaw
C'RCMDAT VERTir.K CANOENS
SASsvd 33AH3 .'CI xaa .i,\:a
;- II'SA t Cni.VMBA ï OOCZ \ MERITIS t VIRES v DAT t FAiMVLIS t SCI
t QVin' ISTE ï REEVLGET t i BENEDICTIO T PATRIS t
snHvnaaHd in>jAW sshoxsia
+ TAHET -■( l'Il'I'IN- -; IIEC.ERMT 1 t VIRTVTVM MERITIS t CRESCIT
r IVS t HAIIELINVS ï I t SVBIECTIO t MITIS f
LA CHASSE DE VISE.
I. — 8aint-IIadeIin.
Les anciennes collégiales et les abbayes de l'Église de Liège
possédaient, avant les jours déplorables qui marquèrent la
réunion du territoire de la principauté à la France, des trésors
considérables où brillaient les œuvres les plus splendides et les
plus vénérables tout à la fois de l'art chrétien du moyen-âge.
Un petit nombre de ces richesses ont échappé au vandalisme
révolutionnaire, et celles qui sont arrivées jusqu'à nous , sont
détériorées, mutilées, et exigent, si on veut les arracher à une
destruction inéviiable, une restauration complète.
Parmi ces œuvres de l'art du moyen-âge, l'une des plus
curieuses sous le double point de vue de l'histoire des procédés
et du développement de la ciselure, est sans contredit lâchasse
de Visé, remontant au XI'" siècle, qui contient les restes véné-
rés de St-Hadelin, patron de l'ancien chapitre de Visé, fonda-
teur du monastère de Celles , de l'ordre de St-Benoit.
Retraçons d'abord, en quelques mots, la biographie de
St-Hadelin.
Hadelin naquit, selon la plupart des hagiographes belges,
vers le commencement du VIP siècle de notre ère, en 610 ; il
appartenait, par sa naissance, à une famille noble et puissante
de la Guieniie, contrée qui faisait partie à celte époque du
royaume d'Aquitaine. Une éducation toute chrétienne jointe à
une giande douceur de caractère, porta le jeune Hadelin à se
donner au service de Dieu ; il quitte dans ce but la maison pater-
- 436 —
nelle. renonce à ses joies, abandonne ses biens et ses richesses,
et se relire dans une austère retraite en compagnie de quelques
saints personnages qui, comme lui, avaient résolu de consacrer
leur vie au service des autels.
A celle époque, Sl-Remacle, originaire d'Aquitaine, homme
d'une émineiite vertu, gouvernait le monastère de Solignac,
récemment bâti par St-Eloi. Ce fut vers cette pieuse retraite
que le jeune lévite dirigea ses pas, et, peu de temps après son
arrivée, Hadelin devint le compagnon obligé des exercices et
des travaux du saint directeur.
La réputation de Remacle s'étant répandue dans toutes les
Gaules, Sigebert II, roi d'Austrasie, l'appela à sa cour et lui con-
fia le gouvernement du monastère de Cougrion qu'il venait de
fonder (i ). Hadelin, qui avait accompagné Remacle à la cour
d'Austrasie, suivit le saint cénobite à Cougnon, et résolutd'y
passer sa vie entre la prière et l'étude.
En 650, St-Amand, successeur de St-Jean l'Agneau, ayant ré-
signé l'évêché de Tongres, Sigebert appela Remacle à ce siège
important.
Hadelin, fidèle à ses affections, suivit son maître et son modèle
à Tongres, où peu après, il reçut les ordres sacrés. A partir de
ce moment, le jeune prêtre s'appliqua avec zèle à remplir les
devoirs du saint ministère et ceux, non moins fatigants, du
missionnaire.
En 653, St-Remacle, renonçant h. son tour à la dignité épis-
copale, se retira au monastère de Stavelot pour y terminer ses
jours, Hadelin l'accompagna dans sa nouvelle retraite, et, peu
après, tous deux entreprirent le voyage de Rome, afin d'aller
puiser au tombeau des SS. apôtres Pierre et Paul, une foi plus
vive et plus forte, si possible, et la grâce d'exécuter de grandes
choses.
C'est au retour de ce pieux et saint pèlerinage que Dieu révéla
( ' ) Entre Chiny et Bouillon, sur la petite rivière de la Setnoy.
— 437 —
la sainteté de Hndelin par un prodige dont nous parlerons plus
bas.
En 669, Hadelin, se soumettant aux ordres de la Providence,
quitte le monastère de Stavelot pour se retirer dans une grotte
où il va prier Dieu et se livrer aux exercices les plus austères
de la vie cénobitique. La réputation de sainteté du fervent ana-
chorète se répand bientôt dans la contrée et parvient jusqu'à la
cour du maire du palais, Pépin de Herstal, qui s'empresse
d'aller visiter le pieux hermite dans sa retraite, et lui fait, en
même temps, donation de quelques arpents de terre pour sub-
venir à ses besoins.
Quelques personnages distingués, touchés des vertus de
Hadehn, vinrent, peu de temps après, partager sa solitude, et,
selon la coutume de l'époque, tirent abandon de leurs biens au
nouvel institut, qui devait les appliquer à des fondations reli-
gieuses. A la suite de ses fondations, Hadelin put entreprendre
la construction du monastère de Celles, dans lequel il établit
l'observance de la règle de St-Benoit (i).
De tous les pèlerins qui étaient venus partager la retraite de
Hadelin, le saint ne retint près de lui que douze personnes,
pour lesquelles il tit élever des cellules (cellœ), aussi simples que
possible, et dont on retrouve aujourd'hui encore des traces.
Ces modestes constructions, faites au VH'^ siècle, ont été l'ori-
gine du village de Celles , situé ù une lieue et demie de la ville
de Dinant, et lui ont donné son nom.
Après une vie consacrée tout entière à la propagation de la
foi catholique dans les Ardennes et le Condroz et aux exercices
les plus sévères de la vie monastique, Hadelin, qui avait su
communiquer à ses disciples son zèle et son amour religieux,
accablé par le poids des ans et par la fatigue des travaux apos-
toliques, assembla ses trères ; après les avoir adjurés de conti-
( » )Molanus. Satales SS. Beîgii. fol. 22. Fisen. Fiot-es ecdesiœ Leodiemis , p. 100.
— 438 —
nuer à suivre les saintes pratiques qu'ils avaient longtemps
accomplies eu commun, il rendit sou âme au Seigneur le 3'
jour de février de l'aimée 690 : Hadelin avait atieinl sa 80**
année.
Ses restes mortels furent déposés dans la grotte où le bien-
heureux cénobite avait passé une partie de son existence, et
accompli, par la prière, les choses les plus miraculeuses. La
grotte devint pour tous les habitants de la contrée et des pays
voisins un pieux but de pèlerinage, où chacun, grands et pe-
tits, riches et pauvres, venaient solliciter l'iniercession du saint
auprès de Dieu, certams d'obtenir, par sa puissante entremise,
l'objet de leurs prières et de leurs demandes.
Quelques années après la mort de Hadelin, le monastère
qu'il avait fondé fut érigé en chapitre canonial, et ses disciples
élirent pour les gouverner un abbé séculier et un prévôt.
II. — Lia Châsse.
L'affluence des pèlerins augmentant chaque jour au tombeau
de leur saint fondateur, les chanoines de Celles, dans l'intention
de pouvoir exposer à la vénération publique les ossements du
bienheureux Hadelin, les liront déposer dans une châsse splen-
dide, pour le travail de laquelle des artistes de l'époque furent
appelés à déployer ce qu'ils possédaient de goût, de savoir et
d'art.
La collégiale de Celles ayant pris un grand développement,
les chanoines confièrent à des avoués la défense de leurs biens
et le maintien de leurs droits temporels; mais ceux-là mêmes
qui devaient veiller et être les tuteurs de l'église de Celles,
devinrent ses premiers persécuteurs. Abusant de l'autorité
d'une charge qui leur avait éié généreusement confiée, ces
avoués s'établirent en maîtres dans toutes leurs possessions et
dépouillèrent ainsi sans scrupule leurs bénévoles bienfaiteurs.
439
La persistance des persécutions que souffrait le clergé de
Celles, engngea les clianoines à prendre un parti extrême. Ils
résolurent d'abandonner Celles et d'aller chercher un abri à
Liège.
Le premier soin des chanoines en abandonnant leur église
fut d'emporter la châsse contenant les restes vénérés de leur
saint patron, qu'ils regardaient comme leur trésor le plus pré-
cieux.
Arrivés à Liège, les chanoines allèrent déposer leur impor-
tant fardeau dans le chœur de l'église cathédrale de St-Lambert,
où l'évéque, Adolphe de La Marck en fit la visite en présence
de son chapitre. On constata que le corps du Saint était d'une
conservation parfaite et entier, ^ l'exception toutefois d'un bras
qui en avait été détaché et transporté h l'abbaye de Stavelot.
Après la visite épiscopale, la châsse fut refermée et scellée
avec le cérémonial d'usage ; et le prince qui, en 1334, avait fait
entourer le bourg de Visé de fossés et de murailles, établit,
après en avoir délibéré avec son chapitre, les chanoines de
Celles à Visé, augmentant de huit le nombre des prébendes,
accession qui porta le nombre des chanoines à vingt.
La décision épiscopale transférant le Collège canonical de
Celles à Visé, fut prise en 1338 ; et le 11 octobre de la même
année, avait lieu la translation solennelle de la châsse, conduite
et entourée d'un clergé nombreux, de Liège à Visé. Elle fut
déposée dans l'église paroissiale, fondée par la princesse
Berthe, fille de l'empereur Charlemagne, que le Pape Léon III
avait consacrée en 799, selon le père Fisen , ou en 805
selon Bouille, et qui fut érigée en église collégiale à cette
occasion.
La seconde visite de la châsse de St-Hadelin eut lieu le 26
octobre 1413 ; elle fut faite par le chapitre de Visé, avec l'assen-
timent du prince évêque, Jean de Bavière. On en tira, à cette
époque, la tête du Saint pour l'enchâsser dans un buste parti-
— 440 —
culier (i) : et pendant cette opération, on découvrit au fond du
reliquaire, un écrit fort ancieii sur parchemin, en langue latine,
portant que, « les ossements du très-bienlieureux Hadelin,
confesseur de l'église de Celles, ont été déposés dans cette
châsse et clos l'an de N. S. 70i, le 15 des calendes de juin, de
l'indiction 4^ Les noms de ceux qui furent présents : Walon,
évêque ; Veron, abbé ; Jean, prévôt ; Amand, coste ; Landfrid,
doyen de Stavelot, avec le chapitre de l'église de Celles. »
La chcâsse renferme encore quelques objets ayant appartenus
au saint abbé ; son étole, trois corporaux, son linceul, son
verre, ses gants, etc., antiquités précieuses qui donnent la
mesure du développement et du progrès de l'art du tissage à
cette époque.
En 1467, pendant les guerres sanglantes que les Liégeois
soutinrent contre le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire,
les chanoines de Visé portèrent la châsse dans la forteresse
d'Argenteau, le 26 novembre, pour la soustraire à la rapacité
sacrilège de l'ennemi. Cependant le duc devenu maître du
château-fort, fit transporter le reliquaire â Liège et ordonna de
le déposer dans l'église des Pères Dominicains. Il ordonna en
outre de le garder h vue, se réservant d'en disposer plus tard.
Le duc, rappelé dans ses États, laissa un gouverneur à Liège,
Guy de Humbercourt, qui se détermina enfin à opérer la resti-
tution du précieux dépôt dans les mains de son véritable pro-
priétaire, le chapitre de Visé ; mais il y mit pour condition que
la châsse serait ouverte de nouveau, ce qui eut lieu dans l'église
même des Dominicains, en présence d'un clergé considérable.
La châsse ouverte, on trouva h la surface deux diplômes
enveloppés l'un dans l'autre. Le plus ancien de ces documents
était celui dont nous avons rapporté le texte plus haut ; l'autre
était le diplôme constatant qu'en 1413, le chef de St-Hadelin.
avait été enlevé pour l'enchâsser dans un buste spécial.
(') Celui d'argent qu'on possède aujourd'hui est un don fait en 4654, par M. Jean
Blocquerie, chanoine et chantre jubilaire de Visé.
441
Le Sire de Humbercourt obtint quelques parcelles de vête-
ments avec l'os de l'avant-bras ; la cathédrale St-Lambert et le
couvent des Dominicains reçurent également quelques parcelles
des restes vénérés du saint ermite.
Deux siècles après environ, en 1675, les mêmes événements
qui avaient déterminé le transport de la châsse à Argenieau
se produisirent de nouveau. Le démantèlement des fortifications
de Visé par 3,000 soldats de la garnison de Maestricht, obligea
les chanoines à fuir leur paisible résidence et h transporter leur
précieuse châsse à Liège, où, cette fois, elle fut déposée dans
l'église collégiale de St-Barthélemy. Après un séjour de trois
mois dans la ville épiscopale, les saintes reliques furent recon-
duites processionnellement à Visé et reçues avec toute la
solennité possible au village de Souvré.
La quatrième visite de la châsse eut lieu en l'année 161)6 ;
elle fut provoquée par le chapitre de la Cathédrale St-Lambert
désireux de donner quelques parcelles des ossements de St-Ha-
delin à l'abbé d'Orval qui faisait réédifier, à cette époque, le
monastère de Cougnon qu'avait autrefois habité St-Hadelin, en
compagnie et sous la discipline de St-Remacle.
Une nouvelle visite eut lieu le 14 septembre 4788 et fut l'oc-
casion d'un jubilé qui dura huit jours.
En 1794, quand les armées françaises furent définitivement
en possession du territoire de notre pays, le buste, contenant
le chef du Saint fut transporté en Allemagne ; les ossements
contenus dans la châsse, cachés à la même époque par les
soins pieux de M- Pesser, chanoine et écolâtre du chapitre,
restèrent dans Visé et ne furent replacés dans la châsse qu'après
le rétablissement du culte, en 1804 ; en même temps le buste
fut solennellement ramené â l'église primaire de la ville.
La dernière visite de la châsse a eu lieu le 7 septembre 1845,
par M. Neven, vicaire-général du diocèse , en présence du
clergé du canton ; cette visite a été suivie d'un jubilé solennel.
Après avoir retracé la biographie du Saint et l'histoire de la
- 442 —
châsse, essayons de décrire cette œuvre de l'art chrétien du
moyen-âge.
III. Description du Hellqualre. — l^es Façades.
La châsse de Visé, par son ornementation, l'architecture de
ses colonnes, celle de ses bas-reliefs, le costume des person-
nages, appartient, selon nous, à la première moitié du W"
siècle. Quelques personnes prétendent, non sans raison peut-
être, qu'on pourrait lui assigner une époque plus reculée et la
faire remonter au X* siècle ; mais la date que nous lui assignons
nous semble la plus rationnelle parce que, d.ms nos contrées,
le XI° siècle a été, pour le style roman, l'époque la plus bril-
lante et celle où ce style s'est le plus popularisé.
La forme de la châsse de Visé, comme la plupart des œuvres
d'art analogues, est un rectangle dont les côtés .longs mesurent
l^SO et les petits 0"'54.
La hauteur des parties latérales est de O^Si, celle des petits
côtés, formant façade et se terminant en pignon, de 0"'o4
fronton compris.
Chacun des deux côtés latéraux est orné de quatre bas-reliefs
ciselés en ronde bosse, séparés entr'eux par des colonnes à
chapiteaux romans et inscrits dans une double bordure en
éniail reproduisant de riches dessins byzantins.
Un bas-relief, entouré de rinceaux et d'ornements byzantins,
exécutés sur émail, occupe chacune des deux façades.
La couverture de ce précieux reliquaire, richement orne-
mentée, a été enlevée par les révolutionnaires de 1793.
Les côtés et les façades ont seuls miraculeusement échappé h
leur vandalisme.
Le bas-relief de la façade antérieure représente un chevalier
revêtu du costume des guerriers, c'est-à-dire de la tunique
avec la cotte de mailles recouvrant la poitrine, le ventre et les
bras. La tunique dépasse la cotte de mailles aux bras et aux
^- 443 —
genoux. Ce personnage porte, en outre, un manteau très-ample,
attaché sur l'épaule droite par un riche bouton. Cette espèce de
manteau, enrichi d'une somptueuse bordure, est également
relevé et drapé sur le bras gauche. De la main droite, ce guer-
rier tient une hampe surmontée d'un fleuron à crochets trilobés;
la main gauche supporte un livre ouvert sur lequel on lit la pre-
mière et la dernière lettre de l'îdphabet grec, Y Alpha et VOméga,
caractères symboliques qui représentent l'idée du commen-
cement et de la fin de toutes choses.
La tête du personnage, ceinte d'un nimbe crucifère, est recou-
verte d'un Ccipuchon qui se rattache à la partie supérieure du
manteau. Ce détail du costume est fort curieux; selon nous, le
manteau porté par ce guerrier serait le Cuculle ou Bardocuculle^
vêtement que les Gaulois des classes riches portaient en voyage
ou à la guerre pour se préserver des intempéries des saisons.
Ce manteau, fort ample et fort commode, a été adopté par les
Romains après la conquête, et la mode en a perpétué l'usage.
Les pieds, ornés de brodequins qui atteignent la naissance
du mollet, posent sur les têtes de deux monstres qui semblent
expirer sous la i)ression qu'on leur fait subir. L'un de ces
monstres est le lion, quadrupède dont la queue recourbée se
termine par un fleuron en forme de vase; l'autre est l'aspic et
le basilic, serpents dangereux et rusés, dont les têtes forment
la tête et la queue d'un animal chimérique, au corps aîlé, aux
pattes d'autruche.
Trois encadrements entourent ce bas-relief: le premier pré-
sente des zigs-zags ou des losanges avec des quatre-feuilles au
centie; le second se conipose de riches rinceaux formés de
feuilles exotiques et d'emblèmes, l'un et l'autre se dessinant sur
émail, ainsi que l'inscription suivante formant le troisième
encadrement :
Ses. Remaclvs. Ses. Hadelinvs.
BeLLIGER INSIGNIS TIBl sic BASILISCVS ET .4SPIS SVBDOLVS ATQ LEO SVBEVNT
REX IN CRIIGE PASSVS.
— 444 — '
Les lettres de cette inscription, et généralement toutes celles
tracées sur ce précieux monument, rappellent par leur forme,
comme par l'insertion des minuscules dans les majuscules pour
compléter les mots, usage plus particulièrement employé dans
les inscriptions lapidaires et monumentales, le commencement
du XI* siècle; et cette circonstance, qu'il est important de
mentionner, concourt à confirmer l'opinion que nous avons
émise sur la date de la châsse.
Le bas-relief de la façade postérieure se compose de trois
figures; une très-grande occupe le milieu, deux plus petites
chacun des côtés.
Le personnage du milieu représente N. S. Jésus-Christ dont
les pieds nus posent sur le monde. Une tunique longue,
recouverte d'une toge drapée, passant sous l'aisselle droite,
forme tout son costume. Ses cheveux, parfaitement lissés et
partagés par le milieu, tombent des deux côtés de la tête et
viennent rejoindre la barbe qui s'étale en boucles formant
éventail. La tête, empreinte d'un grand caractère de placidité et
de satisfaction, est entourée d'un nimbe crucifère, orné de
pierreries et d'une forme différente de celui du bas-relief de
l'autre façade. Le Christ tient dans chaque main une couronne
qu'il pose sur la tête des petits personnages placés à ses côtés :
à gauche St-Remacle, reconnaissable à son livre et h son bâton
abbatial; à droite St-Hadelin, tenant de la main gauche la crosse
et dans l'attitude d'un homme qui reçoit et écoute des conseils.
Or, comme on l'a vu plus haut, Hadelin fut le disciple de St-
Remacle, à l'abbaye de Stavelot, et cette circonstance explique
son attitude.
St-Remacle est revêtu du froc bénédictin; ses cheveux sont
aplatis sur le front et ses pieds chaussés de souliers.
St-Hadelin porte une espèce de chape au dessus d'une tunique
longue, garnie, dans le bas, d'un galon à perles. La chape se
relève en plis majestueux sur le bras gauche; une étole
— 445 -
antique, ornée de pierreries, entoure le col et tombe sur la
poitrine.
Comme le bas-relief de la première façade, celui-ci est égale-
ment entouré de trois bordures distinctes. La première se com-
pose de dessins en zig-zag et de rinceaux assez détériorés, la
seconde de rosaces formées de quatre-feuilles et de feuilles de
clîêne, le tout sur émail. Un vestige de crêtage subsiste encore
à la partie gauche du fronton. Enfin la troisième bordure,
semblable à celle de l'autre façade, contient l'inscription sui-
vante :
Dns potens in prelio.
victores mvndi preclaros lavde trivmphl hos diadema clvens
circvmdat vertige candens.
IV. Les côtés du ïlelîquaîre.
Après avoir essayé de donner la description des deux façades
de ce précieux reliquaire, passons à celles des parties latérales
do la châsse.
Elles se composent, comme nous l'avons dit, de huit bas-
reliefs reproduisant, par la ciselure au repoussé et par des
figures en ronde bosse, les épisodes principaux de la vie de
Saint-Hadelin. Ces bas-reliefs, hauts de 21 centimètres sur 32
centimètres de longueur, sont séparés entr'eux par des colon-
nettes romanes surmontées de chapiteaux composés de pal-
mettes concaves à nervures, artistement groupées, et posant
sur des bases à culots byzantins reproduisant des motifs se
rapprochant des volutes ioniques.
Trois bordures continues encadrent les bas-reliefs qui em-
brassent ainsi l'œuvre entière dans toute sa longueur. La pre-
mière, celle qui touche immédiatement aux bas-reliefs, contient
les inscriptions latines, tracées sur émail, relatives aux sujets
- 446 -
qu'elles entourent. La seconde présente, d'un côt(^, des ara-
besques ornées de coqui.les et de teuillyges gravés sur le métal
même ; de l'autre, des rinceaux ornés de feuilles, de fleurs, de
fruits et de volutes parcourant toute l'étendue des quatre côtés
de la bordure. La troisième enfin se compose, tant d'un
côté que de l'autre, d'éléj^ants rinceaux s'enroulant gracieuse-
ment, de feuilles romanes sépnrees périodiquement par des
feuilles de trèfle ou par des arabesques que séparent des trèfles.
Celle troisième bordure est émaillée.
Premier bas-relief. — Abordant la description des bas -reliefs,
nous trouvons, en suivant l'ordre chronoloiijique établi par le
hagiographe, la représentation du miracle de la colombe.
Revenant d'un pèlerinage fait à Rome , en compagnie de
Saint-Remacle, Hadelin, accablé es fatigue et de sommeil, s'était
arrêté on chemin ; couché sur le sol, il s'y était profondément
endormi. Le soleil, dans toute sa force, dardait ses rayons les
plus brûlants sur la tête du pieux pèlerin. Saint-Remacle, souf-
frant de la position pénible de son disciple chéri, aperçoit tout-
à-coup une blanche colombe éiendant ses ailes de façon à
garantir, par son ombre, le visage de Hadelin de la chaleur.
Tel est l'épisode miraculeux reproduit par le premier bas-relief,
dans lequel figurent trois personnages.
Hadelin, couché sur le sol, est plongé dans un profond som-
meil ; au-dessus de sa tête plane une colombe nimbée, entourée
de nuages d'où sort une main divine projetant des rayons
célestes vers le pieux cénobite. St-Remacle, dans l'altitude de
la surprise et de l'admiration, e.-t assis en face de Hadelin et
semble veiller sur son disciple. Sl-Remacle porte un livre de
la main gauche, tandis que' la main droite est levée comme le
fait tout homme frappé par le spectacle d'un événement extra-
ordinaire : derrière lui, un moine se tient debout et semble
partagei' la stupéfaction de son supérieur.
Hadelin et le moine sont nu-pieds, revêtus tous les deux du
441
froc bénédictin, serré à la cointure par le cordon monacal.
Si-Remacle, lui, es' ctiaus é ; il porte une ample tunique
longue, et son manteau rnppitle encore le cucullus, attaché
cette fois sur la poitrine par une large agrafe quadrilobée. Les
larges plis de ces deux vêtements sont savamment drapés, et la
tête de Saint Remacle est ceiiile d'un nimbe émaillé à dessins
byzantins.
Le bas-relief est d'une grande naïveté décomposition, de
pose et do dessin ; les noms des deux principaux personnages
de cette scène sont inscrits dans les p;irlies lisses de la compo-
sition et tracés par des lettres au repoussé.
L'inscription latine suivante entoure le bas-relief :
t IPSA t COLVMBA f DOCET t MERITIS
t QVIB' t ISTE t REFVLGET f.
Second bas relief. — Le second bas-relief offre la scène repré-
sentant les principaux personnages de la contrée qui, subjugués
par la réputation de vertu de Hadelin, viennent lui demander
de partager sa retraite en lui faisant donation de leurs biens,
selon la coutume de l'époque.
Plusieurs personnages, revêtus de la saie ou tunique, et de la
braie gauloises, coiffés du ciiaperon, les jambes recouvertes
par la partie inférieure de la braie assujettie aux genoux et à la
cheville, chaussés de bottines, occupent la gauche du tableau.
L'un d'eux, qui semble être le chef du groupe, tient un parche-
min à la main, le diplôme de donation, et s'incline devant
Hadelin. Celui-ci, revêtu du froc bénédictin qui lui couvre tout
le corps, le cordon monacal pendant au côté gauche, la tête
entourée du capuchon et nimbée, les pieds nus, sort, suivi
d'un disciple, de son oratoire, qui lappelle par la simplicité des
lignes et celle de l'ornementation l'architecture romane de la
première époque.
— 448 —
Hadeliii accueille avec bienveillance les pieux visiteurs dont
il est séparé par quelques arbres qui semblent être des pins.
Le nom de Hadelin écrit verticalement dans le fond du bas-
relief indique le personnage principal de la scène.
Le dessin de ce bas-relief est plus correct que celui du pré-
cédent; la composition est mieux comprise et mieux rendue.
L'architecture est bien traitée; les parties en sont distinctes : le
grand vaisseau , les bas-côtés , l'abside semi-circulaire se
détachent convenablement et servent à déterminer l'époque à
laquelle appartient la châsse. Les plis du froc religieux et ceux
des habits des personnages laïcs sont drapés avec un certain
art; ils sont onduleux, amples, majestueux; le cordon monacal
est plat et à dessins à losanges.
L'inscription suivante est tracée sur les bandes émaillées au
dessus et au bas du tableau :
t VIRES t DAT t FAMVLIS f SCI
t BENEDICTIO f PATRIS f.
Troisième bas-relief. — L'artiste a représenté dans ce bas-
relief, le puissant maire du palais qui gouvernait alors l'Aus-
tralie, Pépin de Herstal, venant visiter le pieux cénobite dans
son humble retraite. Dans cette visite. Pépin remet à l'ermite
une donation de biens fonciers dont les revenus doivent servir
à pourvoir aux besoins de la communauté dont Hadelin est le
chef.
Hadelin, la tète découverte et nimbée, les pieds nus, revêtu
du froc et du manteau bénédictins, attachés sur la poitrine par
une agrafe d'une grande simplicité, reçoit, accompagné d'un
disciple, en habits sacerdotaux, le puissant maire du palais.
Hadelin tient à la main le diplôme constatant la donation qui
lui a été faite, et dont Pépin vient de lui remettre le titre.
Hadelin semble fléchir les genoux. Sa physionomie et son atti-
449
tude indiquent le respect qu'il porte à ce généreux protecteur
En tête du groupe de gauche se trouve Pépin, portant pour
coiffure une couronne comtale avec fleurons trilobés. Le cos-
tunie du maire du palais se compose d'une tunique longue qui
lui couvre entièrement le corps et d'un manteau attaché sur
l'épaule droite par une agrafe. La tunique est garnie par le bas
de galons à broderies somptueuses représentant des losanges et
des trèfles à quatre feuilles; elle est fixée au corps par une
ceinture enrichie de pierres précieuses. Le maire du palais
tient à la main gauche la boule du monde sur laquelle l'artiste
a tracé une croix. Les pieds sont chaussés de riches bottines
retenues à la cheville par des espèces de bracelets garnis de
pierreries.
A la suite de Pépin se trouvent six hommes d'armes, armés
de pied en cap, portant piques et boucliers. Ces soldats ont le
corps, y compris la tête, entièrement recouvert par une cotte de
mailles descendant à mi-jambe, fixée au-dessus des hanches
par une ceinture nouée sur le ventre ; ils portent une espèce de
baudrier en bandoulière; leurs pieds sont chaussés de bottines.
L'un d'eux tient en main la bride du cheval richement capara-
çonné que montait Pépin.
Les mots suivants servent à expliquer celte scène ; ils sont
tracés sur deux bandes émaillées :
t PARET f PIPPIN' f DECERNlT
t IVS t HADELINVS f.
Quatrième bas-relief. — La scène représentée dans Cette qua-
trième composition nous montre Hadelin sollicitant et recevant
de Saint Remacle l'autorisation d'établir le couvent de Celles.
Hadelin, accompagné de deux disciples, est debout devant
Saint Remacle, assis. On comprend par l'attitude du corps et
par la pose des mains, qu'il sollicite une faveur qui va lui être
— 450 -
accordée. Hadelin et ses deux compagnons portent l'habit mo-
nastique de l'ordre de Saint Benoit. Le costume grossier dont
est revêtu Hadelin le couvre de la tète aux pieds, mais se dis-
tingue par l'élégance et la souplesse des draperies. Les pieds
sont nus et la tète est nimbée. Sa barbe, comme celle Je ses
compagnons et de Saint Remacle est longue et frisée. Les noms
des deux principaux personnages de cette scène: Hadelin et
Saint Remacle sont, comme dans le second bas-relief, tracés
verticalement dans le fond du tableau.
Saint Remacle, assis sur son siège richement sculpté, est
chaussé ; il porte le froc bénédictin dont le capuchon abaissé
laisse voir la lête complètement nue. Le chef est chauve et nim-
bé comme celui de Hadelin. De la main gauche, le saint abbé
tient un livre, tandis que de la droite il doime la bénédiction
qu'est venu solliciter son disciple.
Trois religieux, la tête nue et chaussés, sont debout deirière
Saint Remacle; le plus apparent d'entr'eux tient une plume et
un livre. Le fond de droite du bas-relief est occupé par une
splendide construction romane indiquant l'église abbatiale de
Stavelot à laquelle le monastère de Celles était affilié. L'orne-
mentation architecturale est d'une grande richesse.
On lit, tracés sur les bandes qui entourent cette scène, les
mots suivants :
f VIRTVTVM t MERITIS f CRESCIT
t SVBIECTIO t MITIS f.
La partie latérale opposée h celle que nous venons de décrire,
se compose égMlL-ment de quatre bas-reliefs entourés de bor-
dures sur ém;iil, reproduisant des dessins off'iani des motifs
différents de ceux dont nous venons de j)arler. Les bas-reliefs
qui ornent ce côté sont plus spécialement consacrés à des
miracles opérés par Saint Hadelin.
451
Premier bas-relief. — Le pays de Franchimont (*) affligé par
une sécheresse extrême avait vu ses sources successivement
se tarir, et les habitants de la contrée, prêts à faire la moisson,
étaient réduits h la plus horrible misère. Dans cet état pénible,
quelques habitants furent députés vers Hadelin pour le conjurer
d'apporter, par ses prières et sa puissante intercession auprès
de Dieu, un remède à la calamité dont soulTrait le pays.
Hadelin, cédant aux instances des envoyés, se rendit dans le
pays de Franchimont et fut touché de compassion à la vue des
malheurs qu'éprouvait le peuple.
Le pieux anachorète se mit sur le champ en prière et son
oraison achevée planta son bâlon dans le sol : une source vive
et abondante en jaillit aussitôt et vint rendre la joie et l'espé-
rance aux pauvres affligés.
Tel est le fait reproduit par ce premier bas-relief.
A gauche, on voit Hadelin, à genoux, les pieds nus, vêtu,
comme précédemment, de l'habit monastique lui couvrant non
seulement le corps, mais encore la tête, entourée d'un nimbe.
Le saint vient de terminer sa prière et a planté son bâton dans
le sol. Dans le haut de la composition, une main céleste, sortant
d'un nuage, projette trois rayons lumineux sur Hadelin. Le
bâlon planté dans le sol et qui en fait jaillir une source abon-
dante, occupe le centre de la scène. Au-dessus du jet de la
source, on lit : fons factvs.
A la droite du tableau sont les villageois, tête nue, velus de la
saie et de la braie gauloise, fixée â la cheville et aux genoux
par des courroies. L'un d'eux porte une serpe ; les autres sont
dans une attitude exprimant tout à la fois la surprise et l'admi-
ration. Le groupe entier est entouré de gerbes. En avant du
groupe, un paysan, penché vers la source, y puise de l'eau
( ' ; Seigneurie et village près de la ville de Florennes, dont les chanoines de
Visé ont été en possession jusqu'à la suppression des chapitres, le l^' septembre
1796. ;.Y. de la R.)
— irîû)
dans un objet creux. Enfin on lit, tracé verticalement dans le
fond de la composition, le mot messores.
La bande émaillée entourant le bas-relief porte les mots :
t MENS t ORAT t MVNDA t NEC f FIT f
MORA t PROSILIT t VNDA f.
Deuxième bas-relief. — Hadelin passe par Dinant; une femme,
poussant des cris lamentables, se précipite à ses pieds, implo-
rant l'assistance de ses prières. Le moine voyageur s'arrête
étonné, interroge le peuple que cette scène avait rassemblé et
apprend que la malheureuse femme, prosternée à ses pieds, est
muette depuis de longues années. La foule joignant ses ins-
tances et ses supplications à celles de l'infortunée, adjure
Hadelin de lui rendre la parole Celui-ci se défend de imuvoir
opérer un tel prodige disant qu'il est indigne d'obtenir une telle
faveur du divin Maître ; mais vaincu à l:i fin par l'insistance de
la foule qui l'entoure et grossit, il se jette à genoux, prie avec
ferveur, suppliant l'Éiernel de délier la langue de l'infortunée.
Sa prière terminée, Hadelin se lève, s'approche de la muette et
fait le signe de la croix sur sa bouclie.
A peine a-t-il touché la malade qu'elle parle, et ses premières
paroles sont des actions de grâce qu'elle rend à Dieu pour le
remercier de sa guérison miraculeuse.
Dans ce bas-relief, dont nous venons de rapporter le sujet,
Hadelin, les pieds nus et la tête nimbée, vêtu, comme dans les
compositions précédentes, s'appuie sur son bâton et semble
écouter les supplications de la malheureuse prosternée devant
lui. Le haut de la composition est occupé par un nuage d'où
sort une main divine projetant des rayons célestes, embras-
sant â la lois Hadelin et la muette. A gauche, trois personnages
debout, richement vêtus de toges garnies de splendides bor-
dures, la tête chauve et nue, impiort^nt Hadelin d'aider et de
guérir la malheureuse femme. Tous portent la braie, attachée à
— 453 —
la cheville par une légère courroie et sont chaussés de bottines.
Des inscripLioiis verticales popvlvs et hadelinvs, tracées dans
le bas-relief, indiquent Hadelin et le peuple, tandis que le mot,
MVTA est écrit horizonlalemeiit au-dessus de la suppliante. Cette
dernière est vêtue d'une tunique longue, à manches larges,
garnies de somptueux galons ; un capuchon élégamment drapé
lui couvre la tête ; enfin la chaussure, composée de bottines
atlMclifîes sur le coude-pied, complète ce costume qui semble
indiquer que celle qui le porte appartient à la première classe
de la société.
La légende suivante est inscrite dans les bordures qui en-
tourent le bas-relief.
t CORDE t PRECES f SOLVIT f ET
t LINGVL t VINCLA f RESOLVIT f.
Troisième bas-relief. Le troisième bas-relief est la résurrec-
tion de Guiza.
Une des plus riches châtelaines du pays namurois était
malade et en danger de moi't. Ses parents et ses amis convoi-
taient sa riche succession, et le désir de mieux s'en emparer les
avait réunis autour de son lit; chaque jour les uns et les autres
obsédaient la malade de leurs instances , auxquelles Guiza
répondait invariablement que le pieux cénobite Hadelin serait
son unique héritier. En vain, Guiza fait-elle appeler Hadelin ;
elle expire avant son arrivée. Cependant Hadelin, si longtemps
et si inutilement attendu, arrive enfin et entre dans la chambre
mortuaire. A son approche, la morte ouvre les yeux et lui pré-
sente les gants qui recouvraient ses mains, le constituant ainsi,
selon l'usage de l'époque, son héritier (*).
Le bas-relief représentant cette scène est remarquable de
( * ) La loi salique fait connaître plusieurs symboles en usage pour transmettre
la possession d'une terre, tels qu'un épi, un gazon ; la tradition du gant donnait
droit à l'héritage tout entier. Les gants de Guiza existen' encore aujourd'hui dans le
trésor de Visé, oii ils sont [jrécieusenient conservés.
4o4
composition, comme, du reste, la plupart de ceux donl nous
avons essayé de donner la descripiioii. Au centre d'un salon de
la demeure de la ciiàtelainc, nous apercevons Guiza morte,
étendue sur un lit, revêtue encore de ses riches liabils que
l'artiste a cru devoir draper avec une élégance toute particu-
lière. Sa tèle est coiiïée de la cape de velours retombant sur les
tempes que les dames nobles seules avaient le droit de porter.
Dans celte position, Guiza a la main gauche appuyée sur la
poitrine, tandis qu'elle tend le bras droit vers Hadelin, pour lui
présenter le gant par le moyen duquel elle déclare lui trans-
mettre ses biens. Hadelin debout, mais le corps penché vers la
défunte, porte le même costume que celui que nous avons
remarqué précédemment; il a la tête nimbée, les pieds nus, et
la barbe longue comme dans les autres bas-reliefs. Il est suivi
par la foule du peuple, reconnaissable à la bigarrure de la coif-
fure et à l'énergique expression des têtes.
A la droite du tableau se trouvent les parents qui portent tous
le costume de gens appartenant à la classe la plus élevée. La
physionomie et l'attitude des personnages composant ce groupe
expriment parfaitement le désappointement et la surprise à la
vue du fait miraculeux qui se produit devant eux. Les draperies
sont bien étudiées et les groupes savamment disposés.
Dans l'espace laissé vide entre les deux groupes principaux,
au-dessus de Hadelin et de Guiza, on lit, horizontalement écrits,
les mots :
S. HADELl
NVS TVRMA
FIDELIV(.M)
(;V1ZA
DEFVNCTA
Autour de ce bas-relief, on lit, tracée sur les bandes émail-
lées, cette inscription latine :
t lAM t DEFVNCTA f MANVM f TENDri'
t NOiN t Sn t TIBI ï VANVM f-
— ino —
Quatrième bas-relief. Le (juatrième et dernier bas-relief
représente la mort de S'-Hadelin.
Les nombreux disciples qui s'étaient empressés d'aller par-
tager la retraite de Hadelin à Celles, pour vivre sous sa disci-
pline, entourent sa dépouille mortelle. Son corps enveloppé d'un
suaire sera bientôt déposé dans un tombeau roman reconnais-
sable aux arcalures dont ses parois sont ornées. Les moines,
chargés du triste honneur de déposer le corps dans sa dernière
demeure, paraissent être des diacres si l'on en juge par la dis-
position des étoles dont ils sont revêtus. L'encensoir, le seau
contenant l'eau bénite, les croix, sont portées par des moines ou
des novices, tandis que le goupillon est tenu par un moine qui
semble présider à la céi'émonie et prononcer les paroles litur-
giques de l'office des morts. Ce moine, également revêtu d'une
étole, tient un missel contre sa poitrine. Le reste del'assistance,
présente à cette cérémonie funèbre, est très-nombreuse et semble
être surtout formée de personnes appartenant aux principales
familles de la contrée. Tous ces personnages, en effet, ont
revêtu le riche costume civil de l'époque et plusieurs d'entr'eux
portent les cheveux longs et flottants, indice de leur noble
origine, tandis que les moines présents ont les cheveux ras, en
signe de sujétion. La physionomie de ces derniers exprime une
vive douleur.
On lit, inscrits dans le bas-relief même, ces mots :
Transitvs
SANCTI
HADELINI.
Et sur la bande émaillée du pourtour :
t IT t Fi LIX t ANIMA f SVRSVM
t CVM t CORPVS t Al) t IMA f.
Telle est la châsse de Visé, que nous avons essayé de faire
— 4o6 —
connaître dans les lignes qui précèdent, bien imparfaitement,
nous l'avouons, mais qui, selon nous, mérite de fixer l'attention
sérieuse de tous les hommes qui s'occupent d'art et d'archéo-
logie.
La châsse de Visé par sa forme, la naïveté du dessin, la
richesse de l'ornementation, l'exactitude du costume, la candeur
de pose des personnages, la remarquable habileté de travail
que l'on y reconnaît, peut être considérée, à juste titre, comme
l'une des œuvres les plus précieuses de l'art chrétien du moyen-
âge, que possède la Belgique.
En terminant cette étude, nous émettrons le vœu que le gou-
vernement, si jaloux de conserver au pays ses richesses artis-
tiques de toute nature, vienne en aide au Conseil de fabrique de
l'église de Visé et le mette en mesure, en lui accordant un sub-
side abondant, de confier à des mains habiles et savantes la
restauration de ce précieux reliquaire, qui, de la sorte, pourra
être rétabli dans sa splendeur primitive tout en conservant son
caractère, ses formes et son ornementation dans leur rigou:euse
exactitude. Ed. Lavalleye.
N. B. Cet article a été écrit en 1839, par M. Edouard Lavalleye, membre
correspondant de VInstilut, décédé le 19 septembre 1869.
NOTES RELATIVES
AUX
COMTES DE LA MARCK, ETC.
Monsieur W. H. James Weale nous a communiqué les notes
suivantes qui sont écrites sur le calendrier d'un vieux missel
liégeois, conservé h la bibliothèque, du Britisli Muséum, à
Londres, n" 3356 c. A côté du titre Missale ad usum diocesis
Leodiensis 1523 (^), se trouve celle inscription : j)//ssa/g D.
Georgii Servi tii a Lumnis, pastoris in Hevere prope Machliniam,
qui nous fait connaître à la fois et l'ancien propriétaire du
missel et l'auteur des premières notes qui y furent consignées.
Sous la date du 13 août nous trouvons, en effet, obiit M. Diony-
siusServilivs, frater meus, etc. Ce nom de ServUius qui se traduit
en flamand par Knaepen ('^) est celui d'une famille de Lummen
à laquelle appartenait Euchère Knaepen, le dernier abbé de
St-Trond. Aussi est-ce aux seigneurs de Lummen, les comtes
de la Marck, que se rapportent la plupart des informations que
ServUius nous a transmises et que d'autres ont continué jus-
qu'en 1774. C. B.
( *) M. X. de Tlieux cite ce livre dans sa Bibliographie liégeoise, t. Il, p. 433,
mais il ne le connaît que par la mention qui en est faite dans le catalogue Lammens,
t. 1, p. 201. S'agirait-il du même volume, qui aurait passé en Angleterre?
(-J Comparez Foppens, Bibliotheca belgica, l. II, p. 728.
Januarius.
3. Dna Odilia a Marca obiit 3 Januarii a" 1558 liora fere
2" post meridiem. Ea autem fuit vidua comitis Philippi de
Vernenburg.
28 Jan. 1654. Gondei ducente Bouteville tormentis tribus per-
cusserunt spatio 24 horai'um portam Leodiensem. Heri inci-
pienies 28, 29 in praiidio ceperuiit pariamentare.
24 Jan. 1603. Obiit magister Joannes JSeven, praetor, receptor
et scabinus generosissimi domni Pliilippi comitis a Marca in
Lummen.
Anno 1654. Lotaringi et Gondei assistentibus sibi regiis et
Wittenbei'gis lui'inis armata manu inirarunt patriam Leodiensem,
cesis rusticis prope Loscasirum totam patriam pervagarunt et
spoliarunt capio Loscastro, Herka, Beringen et Fera, quas duas
postremas combusserunt; capta etiam arce Lummensi pagum
exusseruni; discesserunt ex patria contractu inito inter archi-
ducem Leopoldum et principem Leodiensem levis sub aliquot
condilionibus. Antehac tirannum ea patria non seiisit huic
similem ; nuUa domus nobilium quam munilœ fuerint iilorum
furori resistere potuit, nulia femina, nulla virgo qua^ in iilorum
manus incidil inviolata el non stuprata evadere potuit, minus-
culse aelati parcitum non fuit.
Februarius.
3 Feb. anno 1654. Ceperunt Gondei Beringen vi tormen?orum.
12 Feb. anno 1594. Obiit generosa domna Catharina comi-
tissa a Manderscheid, Blanckenhem et Veruenburch, domna
lemporalis in Lumnis, generosi domni Philippi comitis a Marca
dilecta uxor, domni temporalis in Lumnis. Eius animœ propi-
lielui Omnipotens.
17 Feb. anno 1590. Natus est in arceWestpbnliœArnsburgi(')
, comitibus a Marca el Mandcrscheidt, etc.
(' ) Il y a évidemment une lacune
— 459 -
17 Feb. anno 1654. Obiit iii arce Sleydana Ernestus cornes a
Marka.
Martics.
11 Martii anno 1642. Conflagravit fortalitium dictum die
Ooslereynsclie Schans.
22 Martii. Obiit D. Margareta de Wassenar anno 1551 circa
boram sextam post ineridiein.
Anno 1636, ex mandato Serenissimi Priiicipis Ferdinandi
episcopi Leodiensis venerunt versus patriam Leodiensem milites
iigae catboUca^ sub generali Baron van de Wert; iransierunt
Mosam Viseti in Februario venientes circa Leodium, rustici
volentes iUis resistere mactali sunt circiler 300. In Martio
fuerunt dispersi per lotam patriam quam miris modis exbause-
runt. In dieta babita Huy declaratum fuit nibil contra patriam
agi sed contra civitatem Leodiensem tanquam rebellem suo
principi, ideoque fuerunt conscripti omnes rustici totius patriae
ut cum armis et ligonibus ibidem comparèrent jungerentque se
miiitibus, civitates vero siliginem cum cerevisia contribuèrent
pro miiitibus. Milites quoque expugnarunt vicos duos ad ripam
Mosse silos, ibidem multos occiderunt; nomen vicorum Tileu
et Hemep (M-
Aprilis.
Den 10 Aprilis, is Bergen met vervaet van borgers overgegen
aen de Franscben in 91. •
12 Aprilis, nobilis ac gcnerosa comitissa a Marca Josina in
Tborn introducilur in dominium et abbatiam.
Maius.
l'Maii, nobilis acgenerosusGuilielmuscomes a Marca domnus
temporalis in Lummen excessit e vivis Leodii veneno, ut suspi-
cabalur, sublatus; sepultus Lumiiis ultima Maii. Animai propi-
tietur Deus (-).
(') Tilleul- et Jemeppe.
(*) Ceci inllrmc la version de Chapeaville (t. lll, p. 4G9), d'après laquelle le
fameux Luniay serait mort de la morsure d'un cliien enragé
— 4t)0 —
JUNIUS.
10 Junii 163a. Hollandi cum Francis ferro et flamtna vastarunt
Thenas crudelissime.
22 Junii aiiao 154G,generosa et nobilis domiia, domna Marga-
reta de Wessenair, uxop ultima generosi ac nobilis domni,
domni Joannis a Marca, domni de Lummen, Serraing, etc.,
peperit filiam stiam Josinam.
23 Junii anno 1G35, iidem incoeperunt obsidere Lovanium qui
cum prœside quatuor regiminum videlicet Wesemal, Ribbecover
Preslon et gubernatoro Grobbcndonck acerrime se defenderunt
ila ut post octo dies debuerunt deserere cum infamia.
JULIUS.
1" Julii 1548, generosa et nobilis domna Margareta de Was-
senair, uxor ullima generosi domni domni Joannis a Marca,
domni de Lummen, Serraing, etc. peperit tiliumsuum Pliilippum.
2 ', generosa et nobilis domna Margareta de Wassenair, uxor
praefati domni peperit liliam nomine Margaretam anno 1539.
9' Julii 1341. Generosa et nobilis domna Margareta de Was-
senair, uxor praefati domni, peperit filiam Mariani nomine.
9' Julii. Fianci et Hollandi turpiter fugienies ex Brabantio
succenderunt Lummen.
12 Julii 1635. Ps Gard... occupavil Diest quod Hollandi fu-
giendo praesidio munierant.
19 Julii anno 1632. Civilas Wamustensis post atrocissimam
obsidionem 5 seplimanurum se Gallis capilulatione l'acla man-
cipavit.
21 Julii, obiit mater ainio 1560.
25 Julii, postquam Hollandi fuissent in medio Brabantiae et
turpiter rugissent, regii sub conduclu 1). Eynhuks occuparunt
Ibrtissimum forlalitium Schenckenschans, (piod tanion Hollandi
maximis sumplibus et magna militum si rage post obsidionem
aliquol mensium rccuperarunt.
- 461 —
AUGUSTUS.
9 Augusti anno 1601. Obiit domna Josina a Marca, abhaiissa
in Thorn(').
13 Augusti, obiil M, DionisiusServilius,frater meus Anlworpie,
anno 1567.
17 Augusti, generosa et nobilis domna Margareta de Wasse-
nair, uxor generosi domni Joannis do Marca , peperit fiHam
Magdalenam nomine anno 1535.
29 Augusti, filius Joannes nalus anno 1536.
September.
4 Septembris generosa et nobib"s domna Margareta de Was-
senair, uxor ultima generosi domni domni Joannis a Marca,
peperit fdiam suam ultimam anno 1551.
18 Septembris 1692, fuit terrae motus magnus incipiens circa
médium lertiae post meridiem in translatione Sancti Tbomae a
Villanova et iterum 20 eiusdem mensis circa seplimam ante
meridiem et iterum 21 eiusdem mensis circa médium decima3
post meridiem.
30 Septembris. Veni Mechliniam anno 1559.
OCTOBER.
6 octobris 1773, obiit generosus domnus Ludovicus comes a
Marcka.
14 octobris, generosa et nobilis domna, domna Margareta de
Wassenair, uxor generosi domni Joannis a Marca peperit fiiiiim
nomine Wilhehnum mane inter 9 et 10, anno 1542 (-).
NOVEMBER.
4 Novembris 1750, obiit generosus domnus Ludovicus comes
a Marka. ^
( ' ) Voyez Knippenbergh, flist. ecclesiastica ducatus Gelriœ, p. 58.
(') Ce fut ce Guillaume de la Marck qui devint le célèbre chef des gueux de mer,
et dont la mort est rapportée ci-dessus, p. io9.
— 462 -
7 Novembris, anno loo4, ^enerosa et nobilis domna, domna
Margareta de Wassenair, uxor genci'osi domiii Joannis a Marca
pepcril tiliuni nomiiie Goorgium.
21) Novembre 177i, Monsieur le comte Auguste Marie Raimond
de la Marck, prince puiné d'Arenbergh, grand d'Espagne de la
première classe, colonel propriétaire d'un régiment allemand
de son nom au service du roi de France, épousa au château de
Raismes, près de celte ville, mademoiselle Marie Françoise
Ursule Augustine, lilie unique du marquis de le Denois et de
Geofl'reville, vicomte de Rouclieres, colonel aux grenadiers de
Frafice, et petite tîlle de marquis Cetnay, comte du Jupigny,
seigneur de Raismes, maréchal héréditaire du pays et comté de
Hainaut.
December.
15 Decembris ainio lo5i2, obiit nobilis et gencrosus domnus,
domnus Joannes a Marca hora 8 ante mcridiem.
UNE VISITE DE LOU IS XIV, A LIEGE
EN 1672.
Ayant appris par un de mes courrères de Vlnstihit archéolo-
gique liégeois, que la Gazelle de Liège avait signalé l'existence,
dans un ancien registre aux décès de la paroisse de Ste-Foy,
en cette ville (n" 104) , d'un renseignement historicpie dont la
mention a été négligée par nos historiens , sur le séjour de
Louis XIV dans les environs de Liège, lors du siège de Maas-
tricht en 1672, du temps de l'évêque et prince Maximilien-
Henri de Bavière et des bourgmestres Ârnoul de Randaxhe et
Mathias de Graty, je me suis hâté d'aller au bureau de l'état
civil, où j'ai obtenu communication de l'ancien registre et à
celle occasion, qu'il me soit pei'mis de payer mon juste
tribut de reconnaissance h l'extrême complaisance de M. V.
Coirbay, chef de ce bureau.
En transcrivant intégralement ce petit document historique,
je me suis fait une loi de ne rien supprimer et de respecter
scrupuleusement la langue de l'auteur , le curé Jean Le Beau,
avec ses fautes d'orthographe et de grammaire.
Quant à l'importance de la matière, outre le fait resté inconnu
ius(iu'ii présent de l'arrivée de Louis XIV h Bernabnonl , on y
— 464 -
remarque le prix des denrées alimentaires, les noms d'un grand
nombre de familles liégeoises de la banlieue, et entin, c'est
assez intéressant comme peinture de mœurs, ainsi qu'on peut
le voir ci-dessous.
Resçistre Ste-Foî, n" 10-4. I>écè«.
Mémoire qu'au SO' de mayl672,lc Roy de France Louys
XIIII, étant venu de son camp placé dans les campagnes de
Haccour et autres voisines , au lieu dit de Bernamont pour de
là voir la cité de Liège, a commandé de m'nppeler et de me
donner cinquante pistolles pour désintéresser les personnes
emdommagées dans ce voyage , ce que iay fait de la manière
suivante : premièrement.
J'ay donné à la fille qui a présenté le bouquet au Roy entrant
sur Bernardmont 7 flo. bbr. selon l'ord du Roy.
Au garçon qui avait esté quérir quelques pots de bière
pour un seigneur de la cour 4 flo. bbr. selon l'ord dudit sei-
gneur.
Anthoinc Guilhot a receii 20 flo. bbr. pour le dommaige
causez par le pasage du Roy au 20 du courant sur la terre de
BernalmonL Antoine Gun.HOï.
Pbilippe Olivier a recou pour dommages causez comme dessus
en wasseiid ( i ) pour 6 setiers 18 flo. bbr. pour racines ( 2 ) 16 flo.
bbr. et pour bled 4 flo. bbr. Phu^lute Oi.livirh.
Jean Piron a receu pour deux verges de wassend, pour
chacune 4 st. à 3 flo. bbr. ensemble 24 flo. bbr. en présence de
M. Lovinfusse vieux et jcuno cl ceux que dessus. La femme
Henry Marée a receu pour wassend dommage 9 flo. bbr. pour
( 1 ) Froment,
( î) Carottes.
— 465 ~
orge 10, pour racines et rest 40, ensemble 29f1o. bbr. en pré-
sence de témoins comme dessus.
Pierre Hallaz a receu pour racines en 2 places 16 flo. bbr.
et pour bled et orge 12 flo. bbr. ensemble 28 flo. bbr. selon
l'estime faite comme des autres et toujour en prézence des
témoins dits et autres ensemble.
La femme Guillaume délie Creyr pour grains endommagez
18 flo. bbr. et pour foin 8 flo. bbr. ensemble 26 flo. bbr. et
parmy cela est satisfaite pour les dits dommages.
Catarin Tonnar.
Jean Piron mamboui' des orplielins Piron Bietmé a receu
et est satisfait en présence de témoins comme dessus parmy
6 flo. bbr.
Tilman Germay est satisfait pour dommage en racines parmy
12 flo. bbr. et pour grains parmy six que ie leur ay donné.
TiLMAN Germay.
La femme Herman Fallisse a receu pour ses domm;iges en
tout it la taxe de son propre mary 4 flo. bbr. en présence de
témoins comme dessus.
Arnould de Corty a receu par les mains de son beau frère
Pbilippe Olivier a qui iay donné un flo. bbr.
Philippe Olivier.
Herman Prion s'est contenté et satisfait parmy cinquante flo.
bbr. pour grains, parmy 12 flo. bb. pour racines et bel raves
pour 38 flo. bbr. comme appert par sa signature.
Herman Prion.
Goffin Libert s'est contenté et satisfait parmy 42 flo. bbr. pour
son orge 3 flo. bbr. et pour racines 25 flo. bbr. en présence
des témoins susecris.
Jean Tlionet et la vefve Lambert Goune sont contenté pour
pelraves (i) parmy 4-8 flo. bbr. et pour grains quatre flo. bbr.
en présence des témoins cy dessus écris sçavoir Messieurs de
(• ) Beltoraves.
— 466 - -
Loviufosse père et fils et pour orge six Ho. bbr. ensemble cin-
quante bu il flo. bbr.
Agnès délie Greyr pour dommage causez en Bernardmont
s'est contenté parmy sept flo. bbr.
Ar.NÈs UEL Greyr.
A ïilman Germay ay renvoyé par M. Lovinfosse le jeune
pour orge gâté dix flo. bbr.
Lambert de Lovinfosse. Germay.
Melchior de Lovinfosse tesmoin.
A la relicte (i) Golla Gillet pour racines, petraves et peu de
grains, et elle s'est contentée parmy 18 flo. bbr.
La femme Henry Paquay s'est contentée louiour en présence
des mêmes témoins parmy dix flo. bbr.
Melchior de Lovinfosse témoin.
Lambert Léonard en présence de Jean de Hennoule a receu
pour avoir guidé 45 cavaliers et reconnaissances, un demy
écus. Jean Henoll junior tesmoing.
Remacle deBrée pour vignes gâtée par la Ibulle des personnes
qui accourroint et pour peine a estimer le dommage a receu
six flo. bbr. Marque B dud^ Remacle.
Gharles Groissant pour légumes foullés six flo. bbr. et pour
foin 3 eschelins en présence de M. le canoine Radoux de Visez.
A une pauvre femme de Vottem qui a eu six eschelins.
La fenniie Heiu'y de Marée a encore receu (y ayant eu de
l'abus dans le 1"' conie) neuf flo. bbr. et pour le degat de Pho-
hal huit flo. bbr. icy 17 flo. bbr.
Marque -f de la d''^ pour ne scavoir écrire.
Au iils Namotte de Hersial qui m'a venu appeler après que le
Roy en eut donné les ordres 2 flo. bbr.
A D"'' Aylid deïliier pour wassends (2) gâtés et foullés dont
elle se tient satislaite parmy 14 flo. bbr.
AiLn) DE Thier.
( ' ) Relicte, c'esl-à-dire veuve.
{-) Froment.
— 467 —
Antoine délie Creyr pour l'estime faite deux flo. bbr. ou demy
ecus. Ita est. Antoine delle Creyr.
Renat Mulkay pour racines s'est contenté parmy 12 flo. bbr.
et pour orge pour 4 comme appert par sa signature.
Renard Mulkay.
Gilles Nanette pour racines foullée en Phoxhalle 5 flo. bbr.
+
Marque dud' Nanette.
A la relicte (i) Michel Fallise, son fils, et belle-fille et pour
Gérard Braye intéressé et foullé 21 flo. bbr. -\-
Marque de lad ~ R^* pour ne scavoir écrire.
A Gilles Bailly pour orge et légumes fouliez selon la signa-
ture o flo. bbr. p(ar) cavaliers visitants le foin.
GiLLE BaY.
A Françoy Thonnon pour racines fouUées 3 verges grandes
et douze flo. bbr. Marque y' dud' Francoy.
A Aylid delle Fontaine femme d'Adan Guyot pour grains
fouliez sept flo. bbr.
A Lambert Hellin pour une verge et demy de racines gâtées
12 flo. bbr.
A Simon Henrar pour wassend gâté, orge et bled foullé vingt
deux flo. bbr. desquels il y en laisse quatlre à la réparation de
l'église comme appert par sa signature.
Simon Henrard.
A Jaquemin Querin pour carottes foullées trente patars.
le luy ay encore donné après 3 flo. bbr.
Marque Z. du d^ Querin.
A Cathus Thonnart cy que tenants h stule (a) la censé (3)
(i ) Relicte, c'est-à-dire veuve.
(2) Bail.
(') Ferme.
468
délie Prealle selon la quittance pour navette, bled, wassend, etc.
foullé et ^n[é 42 flo. bbr.
A la femme Michel Jordan pour carottes foullées 5 eschelins.
A la femme Guillaume délie Cieyr^; pour rest de navette et
carottes gâtées 6 flo. bbr. Catarine Tonnar.
Le 25 jour de juillette 1672 encore h la d"" censeresse délie
Prealle 28 flo. bbr. que iay trouvé luy pouvoir être donné après
la reveûede mes contes en consideiation de ses dommages, et
l'ayant encore mien reconnu iay donné encore en son nom et
de sa part six flo. bbr. à la femme d'un certain Salmon demeu-
rant en Feronstraye. J. B.
A M. Gérard Bouille pour carottes foullées par 45 visitants
le foin 6 flo. bbr. J. B.
Le rest de la somme poui' le peu ie l'ay apphqué partie h nos
pauvres, partie autres besoins qui se présenloint espérant
devant notre Seigneur Dieu rendre bon conte à son tribunal
redoutable; c'est la grâce que ie luy demande tant pour cecy
que pour toute ma vie par les mérites de mon Sauveur et juge
Jésus Ch. J. B.
On trouve dans le même registre de la paroisse de S"' Foi, ie
catalogue des décédés du temps de J. Le Beau , curé, commen-
çant au 17 juillet 1669 et finissant au 7 mars 1679 et de la même
main que le document historique ci-dessus. Donc synchro-
nisme et ressemblance d'écriture. De plus , au commencement
du registre, on (rouvc ce renseignement :
Mémoire qu'au iour onzième de 7^'"® 1676, la femme Reneçon
de Bra a laissé tout à son mary en présence de Herman CoJlard
et de Keneçon Vivegnisse.
lia est. Joan. Le Beau, past. St* Fidis {sic}.
Fabry-Rossius.
F
BULLETIN PEnWSrnVT ARaiÉ0LOt;H}UI
PLAN DU PLATEAU
(ht GÎT LE coq.
, JUPILLE
D
MJEJAP.DnrDXL
FOUILLES FAITES A JUPILLE
PRÈS DE LIÈGE.
Jupille ne figure ni dans la nonmenclature de Schayes, ni sur
la carte archéologique de Vander Maelen, pour les antiquités
antérieures au moyen âge.
Néanmoins, indépendamment des souvenirs franks allacliés
par la tradition à cette commune, on y a découvert des antiquités
romaines.
C'est ainsi qu'à la vente de la IIP partie de la collection de
Renesse-Breidbacli, offerte aux enchères àGand en avril 1864,
on lit à la p. 29 du catalogue, parmi les objets belgo-romains :
« N" 557. Quatre coupes ei deux très-petites urnes.
» Ces sept (^ic) objets ont été trouvés en 1852, à Jupille, près
» de Liège, snx lien dit Derrière-la-Ville. »
C'est ainsi encore qu'on dit avoir découvert à Jupille (^) un
moule à poteries samiennes portant la marque belsvsf (Behus
fecit ) .
C'est ainsi enfin qu'on a trouvé à Jupille des monnaies
romaines dont voici l'énumération :
i". Grand bronze, trouvé dans la propriété Piedbœuf :
Face. IMP NERO CAESAR AVG P MAX TR p p p.
Revers, victor avgvsti (^).
2°. Grand bronze :
Face. iMP CAESAR AVG p MAX TR p P P ; têtc bouclée nue.
Revers. Victoria avgvsti. -- nikaep^.n (').
3°. Bronze : diva favstina (*).
(*) Bull, de l'inst. archéol. liég., VIII, p. 114.
(*) Cohen, I, p. 208, nos 268-269 : victokia avgvsti.
(*j Le même? (manque nero ), monnaie coloniale de JNicée.
(*) Cohen, II, p. 438; les médailles de la deuxième Faustine, après sa consécra-
tion, portent en outre : avgvsta.
— 470 —
4". Argent, trouvé dans le cimetière :
Face. SEVERVS Pivs avg.
Revers, fvndatok pacis ( *).
5». Face, imp caesar gordianvs avg.
Hevers. virtvs avg (*),
Ces cinq pièces apparliennent à M. Bosard, curé de Jupille ;
doux autres monnaies, trouvées en la même localité, sont
déposées au Musée archéologique de Liège : l'une fruste, de
moyen bronze; l'autre de Domitien, en argent.
Il s'ai;issait aussi de vérifier ce qu'il peut y avoir de plus ou
moins fondé dans certaine tradition qui attribue forigine de
Jupille à Jovius (Jovii villa), prénom de Dioctétien {^), si même
il n'y avait pas lieu de remonter plus haut et de rechercher à
Jupille Tune des tours construites sur la Meuse par Drusus.
Tel â été le principal mobile des fouilles opérées en 1872, à
Jupille, par YJnstitut archéologique liégeois, sous la direction de
MM. Fabry-Rossius et Alexandre, membres de Vlnstitut, avec le
concours de M. le curé Bosard.
Les noies des trois observateurs, avec le plan dressé par M.
le capitaine J)ejaidin, ont été remises à l'auteur du présent
article, et celui-ci, coordonnant ces notes, y a ajouté quelques
observations archéologiques, en répétant d'abord les indications
sur les fouilles déjà mentionnées dans le rapport de M. le
secrétaire Bormans (*), d'après les notes de M. Fabry-Rossius
et les procès-verbaux des séances de Vlnstitut.
Voici ces mentions :
« Les premières recherches ont été faites le 7 mars, dans le
jardin de M. Jacquemin, négociant, rue de l'Église; on y a trouvé,
à deux mètres de profondeur, un certain nombre de fragments
de poterie romaine en terre samienne rouge, généialement
recouverte d'une glaçure brillante, en terre noire avec dessins
( » ; CoiiKN, m, p. 2i8, n* Ù\ : au revers. Sévère, voilii, debout à gauche, tenant
une branclie d'olivier et un livre.
(*) Id., IV, p. 167, nos 336 et 337; mais avec M ant avant ou pivs après
eOHblANVS.
(') D'Otreppe de Bouvette, Essai de Tablettes liégeoises, XXXV, p. 36.
(*J liappon présenté à l'Inslilut archéologique liégeois sur les travaux delà
Sociéli pendant lanytée IHTi, pp. i!i8 à 130.
— m —
en relief blancs, et en terre jaunâtre; une petite sonnette en
bronze, un fragment d'épingle de tête, en os, etc.
» Bientôt ce terrain fut abandonné et les travaux furent
transportés sur la place de Gît-le-Coq. Une première tranchée
fut ouverte le lo mars près du petit sentier qui descend sur la
chaussée. Après avoir traversé 0'"70 de terre rapportée conte-
nant un grand nombre de fragments de tuiles romaines, on
arriva à un pavement en carreaux rouges reposant sur une
couche de béton de 0'"10 à 0"'15 d'épaisseur, formé de cailloux
roulés, de débris de tuiles et de mortier; venait ensuite un lit
de poussière de tuiles, puis de gros moellons paraissant former
voiîte, enfin de l'argile, de la poussière de charbon de bois
et du minerai de fer. Ce n'est qu'en dessous de tout cela, à un
mètre du pavement, que l'on trouva des morceaux de poteries.
» Après quelques jours de recherches infructueuses , les
ouvriers creusèrent le sol sur le sommet et h peu près au milieu
du plateau. Lh le sol recelait de nombreuses substructions
d'édifices romains qui, détruits par le feu, avaient subi une
espèce de nivellement pour servir de cimetière. On y découvrit,
en effet, étendus sur une couche de béton, des squelettes juxta-
posés et orientés la tête à l'ouest, les pieds à l'est. Au reste, ni
armes, ni poteries, ni ornements d'aucune espèce, n'ont été
trouvés auprès; seulement deux grossiers cailloux sphériques
étaient aux deux côtés de la tête de l'un d'entr'eux. On a
remarqué aussi que les têtes, reposant sur des pierres, sem-
blaient avoir été garanties par d'autres pierres arcboutées au-
dessus d'elles ; l'un des squelettes tenait dans la mâchoire sa
première vertèbre cervicale. Sous cette couche de morts étaient
les restes des bâtiments romains. Avant d'y parvenir, il fallait
déblayer le sol moderne épais de plus d'un mètre; puis il fallait
creuser le sol antique qui avait généralement aussi un mètre
d'épaisseur environ. Les deux ouvriers employés remblayaient
le terrain au fur et h mesure qu'ils avançaient; de là, l'extrême
difïiculté, pour ne pas dire l'impossibilité, de faire des fouilles
méthodiques. Cependant, grâce au concours bienveillant de
notre collègue M. A. Dejardin, on a pu avoir un plan général
des fouilles,
» C'est dans ce sol antique qu'on a trouvé un fragment de
■* ( Z — r
plus d'un mètre carré d'une mosaïque Irès-remarquable, frag-
ment, qui à lui seul dédommagerait la Société de ses frais; sur
la continuation du pavement dont cette mosaïque faisait partie,
on a découvert les traces d'un hypocauste dont les piliers étaient
restés en place. Ces trouvailles nous donnent la preuve incon-
testable que Jupille est bien d'origine romaine et (jue, dans
l'antiquité, c'était une bourgade d'une certaine importance.
» Les fouilles ont produit, outre une immense quantité de
tuiles et de fragments de poteries, cinq vases entiers en terre,
dont un mesure plus d'un demi-mètre de bailleur, deux styles
en bronze, une anse et un petit sanglier du même métal, une
balance romaine en fer, etc.; il faut surtout attirer l'attention
sur des fragmenls d'un vase en terre rougeâtre, sans glaçure,
ornés de têtes en relief à chevelure et à barbe frisées, ayant une
apparence assyrienne. »
Le rapport de M. Bormans ajoute :
« Les fouilles de Jupille, surveillées avec un zèle auquel nous
nous plaisons à rendre hommage, par M. Bosard, curé de la
localité, ont été visitées par presque tous les membres de la
Société, mais surtout par MM. Alexandre et Fabry-Rossius,
qui, presque tous les jours, se sont rendus sur les lieux. Elles
ont été suspendues provisoirement le !22 juin, après avoir coûté
fr. 693.90. »
Reprenons analytiquement les mentions annotées jour par
jour par les observateurs.
6 au 14 mars. Fouilles daus le terrain Jacquemin. Frag-
ments de vases en terre rouge Une, terre rouge grossière, noire,
fine, fragments de tuiles; petite sonnelte eti bronze, aiguille de
tête en os. (Alexandre.)
Il n'est pas étonnant que le premier couj) de bêche, pour
ainsi dire, ait révélé des tessons de terre rouge liiu; ou samienne,
noire Une, rouge grossière, etc. Ces tessons, on les retrouve
en grande quantité, quelquefois par charretées, dans tout en-
droit qui i'ut habité à l'époque romaine.
— 473 -
Les auteurs chez qui l'on relrouvera les meilleures notions
sur In céi'amiqufi de l'époque romaine, sont (outre ce qu'on peut
appeler les classiques Brongniart el deCaumont) lesdiss(irtat,ions
plus modernes de Lemaître ('), Fillon (-), Tudot ( ^),Von Hef'ner ( '),
etc. Mais il faut se garder de recourir à une monographie toute
récente (^), où l'oii semble n'avoir d'autre but que de flatter
l'amoui-propre des Français d'aujourd'hui au détiiuicnt des
Germains et des Romains d'autrefois : cet ouvrage groupe les
poteries de l'époque romaine parmi les poteries gauloises anté-
rieuies ou posiérieures à la conquête, et cela sans autre guide
que l'imagination et l'esprit de fantaisie; pour ne citer qu'un
exemple tout à fait approprié au sujet, les poteries noires avec
dessins en relief blanc, comme on en a trouvé à Jupille et dont
parlent 31. Fabry-Rossius et les procès-verbaux de VInstitut,
sont bien des poteries de l'époque romaine; elles appartiennent
à la catégorie des poteries parlantes, aux ornements « en bar-
botine relief blanche, » dont plusieurs avec inscriptions bien
romaines, comme les vases du Musée de Liège portant f.r.v.i.
M. E., 1. N. p. L. E., iM. 1. s. X. E. et V. I. T. v. L. A (®). Évidem-
ment, ces vases sont des vases de l'époque romaine, et ils
indiquent que la civilisation de cette époque, h laquelle au sur-
plus appartient un vase: bhîe amice de meo trouvé à Pompéï ('),
ne réjiugnait pas tant à la c» poterie parlante » que le pense M.
du Cleuziou : en tout cas, s'il y avait lieu d'y reconnaître une
trace d'individualisme, il faudrait recourir plutôt à la Germanie
qu'à la Gaule, car, comme on l'a fait observer (^) , c'est princi-
palement aux bords du Rhin qu'on a retrouvé ces poteries.
( •) Mémoires de la Société des Antiquaires de France, XVI (n. série, VI, 1842),
pp. 1 à 44.
' • ) L'art de terre chez les Poitevins.
(' ) Collections de figurines en argile, œuvres premières de l'art gaulois.
(*) Oberbayeriscit Archiv fur vïiierlandische Geschichte, XXII, pp. I et suiv.
( *) De la poterie gauloise, étude sur la collection Charirt, par H. Dd Cleuziou,
Paris, Baudry, 187'2.
(") Bull, de l'Institut archéol. liég.,\lU, p. 153.
(') Bull, des Comm. roy. d'art et d'arcliéol., VIII, p. 374.
(*) Bull. Acad. roy. de Delg., V, pp. 681 el suiv.
M. DU Cleuziou en cite une seule trouvée en France, à Amiens; toutes les autre»
sont ou de Cologne ou de provenance inconnue.
— 474 —
Les sonnettes en bronze étaient en usage au coudes besfiaux,
etc., etc. (').
Quant aux aiguilles de tète, on en connaît en métaux précieux,
en bronze comme en os ; il est superflu d'en citer des exemples.
ISS mars. Travaux à Gît-le-Coq; tranchée au côté sud de la
place; fr;igments très-nombreux de tuiles plates et courbes;
débris de vases en terre fine, rouge et noire. (Alexandre.)
Les tuiles abondent partout où se rencontrent des habitations
de l'époque romaine. Par auite de l'incendie — circonstance
souvent remarquée —qui a dévoré, sinon toutes ces habitations,
au moins l-i plupart d'entr'elles, les toitm^es se sont effondrées
et ont écrasé les charpentes calcinées qui les séparaient des
fondations ; les tuiles en débris sont si nombreuses qu'on par-
vient difficilement à en purger le sol où elles se signalent.
M. de Caumont (^ i rend parfaitement compte de ce mode de
construire les habitations :
(c Tout, dit-il, indique que la plupart des villas, même les
plus opulentes, avaient une élévation peu considérable; qu'elles
ne se composaient guère que d'un rez-de-chaussée.... L'examen
attentif des vestiges de nos villas gallo-romaines porte à croire
que beaucoup d'entr'elles n'ont éié construites en pierre que
jusque une certaine hauteur au-dessus du pavé des appartements,
et que le reste des murs était en clayoniiage. «
Ce n'est pas un des moindres indices de la lomauisation de la
Belgique que l'introduction chez nous d'un système de cons-
truction semblablo, où les neiges devaient s'accumuler sur ces
toits presque sans pente et alourdir encore ces carapaces dont
(chaque écaille pesait parfois de 10 à 20 kilogrammes.
Il est difficile d'admettreque nos nombreuses villnsdel'époque
romaine aient été exclusivement la résidence de fonctionnaires
romains; un grand nombre d'entr'elles ont dû être habitées
par des Belges, par exemple par des vétéra is qui, après avoir
( • I RiCH, Dicl. d'aniiq., Y* linciunabulum.
(*} Abécédaire. Epoque f/allo-romaine, 2t! édition, p. 406.
— 475 —
accompli leur temps de service [honesta missione dimissi) ,
revenaient au sol natal comblés de faveurs et d'honneurs (')• Or,
les habitants des villas que l'on fouille de nos jours, tous, qu'ils
aient été italiens ou belges, avaient adopté absolument les
mêmes usages et les mêmes régies, et cela probablement en
exécution de prescriptions formelles de la législation : celle-ci,
en effet, pendant plusieurs années à partir du règne d'Hadrien,
qu'on a appelé le Bâtisseur, était intervenue pour imposer aux
fabricants de tuiles l'obligation d'y imprimer leur nom, celui de
leur usine, ceux des consuls en exercice (- ), et il est plus que
probable que ces précautions avaient pour but de garantir
l'exécution de règles uniformes sur la confection des tuiles,
leur forme, leur poids, leurs dimensions. Delà, cette uniformité
dans toutes les parties de l'Empire, uniformité qui se montre
encore dans les ruines et qui révèle à coup sûr les traces de
la domination romaine.
On peut consulter sur les tuiles courbes et plates de l'époque
romaine de très-intéressantes lettres de l'architecte Liger, en
y reciitiant toutefois quelques erreurs {'").
16 et 18 mars, fouilles auprès du Tilleul, côté nord de la
place ; tuiles nombreuses.
16 mars, on trouvc àS^OO deprofondcuF uneanscsn bronze;
un mur de 0'»70 de haut, épais de 0"'oO à G'"60, formé de pierres
( » I On vient tout récemment de découvrir à Heerlen, près de Maestriclit, l'ins-
cription funéraire d'un M. Jutius, missiix leijionis quiiitœ.
Mais laissons à M. Uabets, président de la Société archéologique du duché de
Liiiibourg, le soin de la décrire.
( - ] Comme un nombre considi^rable de tuiles portent le nom des consuls Paetinus
et Apronianus de l'an i!23 ap. J.-C, usage qui continua depuis et qui n'existait pas
les années précédentes, on doit supposer qu'une loi est intervenue à cet eliét vers
l'an 1-2^2.
{') Gazette des architectes et du bâtiment, dirigée par Viollet-le- Duc, 1866,
p. 166.
Il doit y avoir une certaine contusion dans les notes prises par Liger : il est
probable que les tuiles de forme bizarre qu'il signale au Musée d'Orléans, sont
ailleurs ( Musée de Troyes?! ; car l'auteur du présent article les a en vain recher-
chées au premier de ces Musées.
— 476 —
brutes et de tuiles romaines; beaucoup de charbons, quelques
clous; fraginenls de tuiles; au côié sud du inui\ pavement en
carreaux de terre cuite très-fragmentés, qui reposaient sur une
couche de mortier rouge, composé de bi'iques pilées, renfermant
des cailloux blancs de la Meuse et d'autres couleurs; en dessous,
pierres plates peu épaisses, sans mortier, placées obliquement
de droite à gauche ; entre ces pierres, cailloux roulés. Plus bas,
terre argileuse. (Alexandre et Fabry-Rossius.)
Le dessin de l'anse en bronze est remarquable par deux têtes
d'animaux (|)1. VII, fig. 1), et il est à ret^relter que le vase
auquel elle appartient n'ait pas été retrouvé.
La variété que l'on rencontre dans les anses des vases est
infinie, dit M. de Meesterde Ravestein ('); la nature et l'imagi-
nation admettent pour la décoration de cette partie des vases
tout ce que l'une et l'autre peuvent présenter. Le goût des
anciens pour les vases, la magnificence avec laquelle ils les ont
traités, nous rendent précieuses les anses de ces mêmes vases
qui, plus épaisses que le corps, ont résisté davantage, ce qui
leur a permis d'échapper en plus grand nombre à la destruction.
«1 mars. Os d'un pied humain dans la tranchée; nombreux
fragments de tuiles plates, beaucoup moins do tuiles courbes ;
deux fonds de vase de terre grise, grossière, sans intérêt. Une
tranchée, ouverte ù 3 ou 4 mètres du tilleul et profonde de 2
mètres, n'a rien produit. (Alexandre.)
» avril. Découverte de fragments de |)Ois rouges. Fragment
de vase avec le nom du ['Olicr imAuiAivs, trouvé à environ 2
mètres de profondeur. Plus bas, terre vierge. (Fabry-Rossius.)
(l) Sluiée de Ravestein, Catalogue descriptif, l, p. 494.
_ - 477 —
Le potier Brariatus était un potier belge comme l'indique d'une
part son nom, qui n'a de romain que la terminaison en us, et
d'autre part la liste des endroits où sesproduitsontëtë tiouvés.
Ces produits qui ëiniont en général, sinon exclusivement, des
terrines ou « tèles, » ont été trouvés h Bavay, Mons, Nimy-
Maisières, Arciuennes, Giney, Antliée, Walsbelz, Fouron-le-
Comle et Hguthem-S.^GfMlacii (') : la première et la dernière \
de ces localités, tontes deux liors de la Bi^lgiqne actuelle, pa-
raissent les extrémités de la ligne principale, la route deBavay
vers Cologne, qu'ont parcourue Brariat et ses colporteurs ; car
il est à supposer que les marcliandises de ce genre allaient
chercher les chalands à domicile et ne les attendaient pas en
des magasins voisins du lieu de la fabrication; la grande diffu-
sion des produits de Brariat, par toute la Belgique, ne peut
s'expliquer que par trois hypothèses : ou bien Brariat, établi à
demeure vers le centre de la Belgique actuelle, a vu affluer à
ses magasins des chalands arrivés de tous les points du pays ;
— ou bien ce potier s'est transporté en divers endroits pour y
fabriquer ses produits sur place; —ou bien enfin, il s'est borné
à colporter et à faire colporter ses produits tout faits; — et
certes cette dernière hypothèse est la plus vraisemblable.
S'il est vrai que les villas de Fouron-le-Comte, de Walsbetz
et de Houthem-St-Gerlach (^)ont é:édétruilesparun événement
violent (invasion des Chauques ou autre), les produits de ce V
potier datent vraisemblablement d'une époque antérieure à la ^
fin du règne de Marc-Aurèle et sont ainsi du l"' siècle ou du
second au plus tard.
Or, l'on contredirait difficilement les preuves tirées de la date
des monnaies : les postes et villas qui ont été occupés par les
Romains ou Belgo-Romains jusqu'à l'époque franke, ont tous
révélé et en grand nombre des monnaies du Bas-Empire ; tels
sont notamment les camps de Dalheim (Luxembourg), Kessel
(') Sujks firjuUm, époque romaine, [Annales de l'Acad. d'archéol. de Belg.,
2» série, UI, p. 67), n» 869.
Add. Catalogue de la collection Toil.LlEZ, n» 30; Ann. de la Société archéol. de
Namnr, X, p. 121 ; Cl.OQUET, Happort sur la dicouverte d'une villa belgo-romaine
à Arqueunes, p. 28.
(*) Bull, des Comm. roy. d'art et d'archéol., V, p. 413; VI, p. 302.
478
(Limbourîî hollandais) ('), la villa d'Anthée (Namur), etc. Dans
les vilhis de la Hesbaye, au contraire, de même que dans les
tumulus de cette contrée, les monnaies (sauf deux exceptions
à discuter de plus piès, le cas échéant) sont toutes des pièces
datant des deux premiers siècles.
1» avril. Découverte d'un squeletle. Direction ; les pieds à
l'est, la tête à l'ouest; on a trouvé aux deux côtés de la tête,
près- des tempes, deux cailloux sphériques et une mâchoire de
sanglier, une poignée de bois brûlé sous le crâne; en
dessous, un mur de 0'"90 d'épaisseur. (Fabry-Rossius.)
13 avril. Nouveau squelette , fémur long de 0'"45 ; tibia
O'nSS id.; avant-bras 0'"34. Direction : têie Ji l'ouest, pieds
à l'est.
Un fragment de pierre (calcaire bleu) sculptée en forme de
soubassement de piédestal. (Fabry-Rossius.)
125 avril. Découverte d'un grand fragment de mosaïque ;
fragments de vases en terre samienne; plusieurs squeletles
ayant une poignée de charbon sous la tête, orientés la tête à
l'ouest, les pieds à l'est. (Alexandbe.)
On peut lire des détails intéressants sur les mosaïques, dans
l'ouvrage de Roach Smith sur les antiquités de Londres (-).
Les mêmes modèles ont été reproduits dans les pavements
en mosaïque des localités les plus éloignées ; c'est ainsi que,
d'après l'abbé Cochet ("'), une mosaïque représentant Orphée
jouant de la lyre et escorté des quatre saisons de Tannée, mo-
saïque trouvée en Normandie dans la forêt de Brotonne, a pu
être restaurée, à raison de la découverte on Algérie d'une mo-
saïque intacte et parfaitement semblable.
(» ) Renseiijnements inédits dus à M. le curJ Franssen d'Ittcrvoort.
(*) Illustrations of liomaii Londou, p. 49 à 59, pi. VIF à XII.
('i Cochet. La Seine inférieure, himorique et archéologique, p. M13.
— 479 —
Peu de pavements en mosaïque ont été trouvés jusqu'ici en
Belgique, et encore le plus souvent étaient-ils à l'état de frag-
ments (').
Plusieurs détails de la mosaïque de Jupille (voir pi. VIII,
fig. 4) se retrouvent dans plusieurs monuments de ce genre de
l'époque romaine : ainsi l'on peut voir les triangles à la suite les
uns des autres et l'ornement en forme de champignon dans une
mosaïque déterrée en Auiriclie(^); deCaumont, de son côté {'"},
donne aussi des mosaïques avec combinaisons de triangles.
Rien dans cette mosaïque ne dénote l'intervention d'une
main étrangère à l'art romain; seulement, quoique remarquable,
on ne peut pas la considérer comme un spécimen exceptionnel-
lement beau de cet art.
ly avril. Squelette orienté la tête à l'ouest, les pieds à l'est,
couché sur une surface plane, formée de chaux et de briques
pilées; la tète inclinée légèrement à gauche, une pierre plate
placée de champ de chaque côté, un caillou blanc sur le front
et un morceau de silex à côté de la tête. La mâchoire inférieure
très-écartée de la face ; la vertèbre axis placée de champ entre
les arcades dentaires ; l'a^/as dans la cavité de la bouche ; toutes
deux bien conservées. L'axis laissait voir le trou vertébral.
(Alexandre.)
Quant aux cadavres en général, on sait déjà par le rapport
ci-dessus reproduit que les substructions romaines avaient subi
(•) A Fouron-le-Corate, villa du Sieenbosch, del Vaux, p. 7; ibid., villa Op de
Saele (description encore inédite par M. Habets) ; a Ways,près de Genappe, Clo-
QUET, Annules du Cercle archéologique de nions, IV, p. 196, etc.
(*) Arneth, Arcliaeolo(jischen Analecten, Tafeln zu den Silzungsberichten der
philosopliiscli-historisclie Classe, VI, Het't 1, 2 (janvier à mars 1831), pi. 5.
i') Abécédaire ou rudiment d'archéologie. Ere gallo-romaine, S^édit. 1870, p. 66.
Voy. aussi Bulletin inonum., 1872, 4" série, VIII (tome XXXVIII«), n» 6, p. 430,
fig. 4 et fig. 3.
— 480 —
une sorte de nivellement pour servir de cimetière et que la
couche romaine commençait par conséquent au-dessous des
squelettes.
is avril. Profondeur l^ôS, remblai antique de 0'"45 de pro-
fondeur; mur de O^S? d'épaisseur, en tuiles et fragments de
pierres.
Nouvelle chambre à 0"'27 plus bas que la chambre à la mo-
saïque. (Fabry-Rossius.)
ao avril. Chambre dont chaque côlé est de 3'"40; aire de
la chambre J0"'60 carrés. (FABRY-Rossms.)
Squelette entier dont la poitrine et la tête étaient garanties
par des pierres plates. Pavé formé de très-larges briques ro-
maines, posées à plat, et de grands fragments de ces mêmes
briques placées sur champ. Une brique ronde d'hypocauste le
matin ; une autre l'après-midi. (Alexandre.)
«« avril. Découverte d'un pilier d'hypocauste en forme de
cylindre à 0"'90 du mur séparatoire, trouvé le 20 avril. Hauteur
du pilier O^oS. (Fabry-Rossius.)
»6 avril. De l'cst à l'oucst. Une dernière rangée de piliers
cylindriques de l'hypocauste.
»■? avril. Fin de l'hypocauste, se terminant h l'ouest, sans
trace de mur. Terre de remblai antique à 0"'72 de profondeur.
Nouvelle fouille à G^OO dans la direction de l'ouest. (Fabry-
Rossius.)
Leshypocaustes étaient employés afin de chauffer les apparte-
ments et il était indispensable, pour les habitants de maisons
construites à la romaine, de ne pas les négliger dans les climats
- 481 —
septentrionaux, à défaut d'appareils du genre de nos poêles
modernes.
Les hypocaustes étaient, on le sait, des sortes d'étuves sou-
terraines s'étendant sous l'aire des appartements à chauffer, et
communiquant par des tuyaux avec les parois des murs dans
lesquels ils répandaient la chaleur (' ).
Le souterrain où se trouvait l'hypocauste, était séparé de ce
que nous nommerions le plancher par des colonneltes d'environ
deux pieds supportant généralement de grands carreaux en
terre cuite. Winckelmann, intrigué de la manière dont on dé-
barrassait l'hypocauste des cendres, croit cependant pareille
hauteur suffisante pour qu'un enfant pût accomplir ce travail.
Toutes les fouilles d'établissements romains effectuées en
notre pays, ont pour ainsi dire révélé, par des tuiles circulaires
ou par des tuyaux de chaleur, la présence d'hypocausies, dont
quelques-uns oi]t même été retrouvés presque intacts ("^).
»o avril. Découverte d'un style de bronze; à S^SO de pro-
fondeur, découverte de ferrailles. (Fabry-Rossius.)
On rappellera, à propos des styles de cette forme, la polé-
mique à laquelle ils ont donné lieu ('). Des archéologues du
plus haut mérite, comme Roach-Smilh (*) et M. de Meoster de
Ravestein C) y voient des instruments de chirurgie et même
( * ) On connaît ces passages de Pline le jeune : AppUciitim est cubiculo hypo-
caumum, quod anijusta fenestra supposituin calorem aiit effundit aul reiinet ; et de
SÉNÈQUE : liiipre.ssos parietibus tubos, per quos circumfunderetur calor^ qui iina
siinul et sumrna fouent œqualiter.
\*) Del Vaux de Fouron, La villa du Steenùosch, p. 7 ; Cloquet, Rapport sur la
découverte d'Hue villa belgo-romaine à Arquennes, ^\.\\\\ Annales de la Société
archéologique de Namur, IV, p. 384, etc.
(■^) Annales de l'Acad. d'arcliéol. de Belg., 2^ série, II, p. 577; Ann. de la
Société archéol. de Namur, \I, p. 465.
1*1 Illustrations of Roman London, p. •140, pi. XXXVI, fig. 3 et 6; p. 170, cet
auteur dit que ces ol)jets sont probablement des instruments de chirurgie : c'est
donc par erreur que sir R. Smith est indiqué dans les Ann. de l'Acad. d'archéol. de
Belg., l. cit., comme rangeant les objets de ce genre parmi les cuillers à onguent.
(*) Musée de Ravestein. Catalogue descriptif, II, p. 159.
— 482 —
spécialement des sondes, principaletnent pour les maladies de
l'oreille.
On persiste néanmoins à exprimer ici l'avis qu'il s'agit bien
de styles et que le cuilleron qui se trouve d'un côté (pi. VII,
fig. 2 ) peut, aussi bien qu'une spatule plaie, effacer ce qu'au-
rait tracé la pointe.
S'il eu est ainsi, le style prouve que les habitants des établis-
sements fouillés à Jupille, comme de tous les établissements
analogues, étaient lettrés, circonstance qui n'a pas peu contri-
bué sans doute à la romanisation complète de nos provinces.
Mai. Dans les premiers jours, on a trouvé une coupe
appelée calix, dont nous retrouvons tous les morceaux : elle
pourra être recomposée; c'est un vase dont le musée ne possède
aucun échantillon et qui d'ailleurs est extrêmement rare dans
les collections les plus variées et les plus riches (Fabry-Rossius).
En outre, on a trouvé dans la ruelle des Vignes, une assiette
et une tasse en terre noire romaine. (Bosard.)
Quelque doute que puisse faire naître la forme du vase dit
calix (pi. VII, lig. 5), il n'en est pas moins vrai que les fouilles
de Thisnes ont révélé une pièce du même genre qui se trouvait
en double dans le tumulus belgo-romain, exploré en 1823 (*).
L'ouvrage critiqué plus haut de M. du Cleuziou a rangé dans
les poteries de l'ère des Antonins (*), trois coupes à pied du
même genre, dont une a été trouvée h Cologne ; la provenance
des deux autres n'est pas indiquée.
Quant à Roacli Smith qui présente! ^) lesdessins de plusieurs
vases à pied assez ressemblants, il n'hésiie pas à les ranger
parmi les poteries de l'époque romaine , mais fabriquées en
Angleterre où l'on en a retrouvé les fours.
(') Bull, des Comm. roij. d'art et d'a.chéol., IV, p. 382, pi. II, fig. 22.
(*J P. 187 et 188.
( •] Illustrations oj Roman London, p. 83.
— 48.':; —
10 mal. On trouve les objets suivants : 1° pièce gi\ br. d'An-
tonin Pie; en même temps et au même endroit : 2 'joli petit vase
noir entier (baut 0'"10), en terre blanclie, h couverte noire;
S'* autre petit vase presque semblable, mais pas autant bosselé
(pots à onguent?); 4" autre aussi en terre blancbe, mais en
partie brisé; 5» divers fragments de poterie noire, rouge,
blanche, de débris (dont un, appartenant au fond, est assez
grand) d'un vase avec figure de cigogne, avec des fleurs, cou-
leur noire et rouge. De plus, une assiette en bronze en très-
mauvais état et un objet en fer ipartied'un casque?) qui a pres-
que la forme d'un crâne. (Bosaru.)
Les fig. 6, 7 et 15 de la pi. VIT représentent les objets ci-
dessus dignes d'intérêt.
11 mai. Une tète de singe grossièrement faite et deux
jambes détachées. Divers fragments de poterie noire, blanche,
etc.; une petite pierre ronde semblable à une pierre h aiguiser.
(BOSARD.)
La tête de singe et les membres détachés font partie d'un
ensemble au(iuel appartient aussi le bas d'un siège massif, le
tout en terre cuite de la même nuance, trouvé à la même place
(pi. VII, tig. 8); on se trouve ainsi fort vraisemblablement en
présence d'un sujet analogue à celui qu'a représenté B. de
Monlfaucon (M et qu'on a retrouvé aussi à Cologne (-) : un
singe assis dans un grand fauteuil et teiiant des pipeaux; seu-
lement ces deux derniers sont en verre et non en terre cuite.
( •) L'antiquité expliquée, Suppl., V, pi. LI, p. 14l2.
(*) Jahrbûcher der Vereins von Alterthumsfreunden im Rheinlande, XLI, pi.
m, p. 145, où cet objet est représenté à tort comme un unicum.
— 484 —
Quelque peu pertinente que soit l'analogie que voici, il esta
remarquer qu'on a trouvé dans les hiiacas ou anciens tombeaux
péruviens, des vases en terre cuite représentant des singes (*).
iK mal. 1° Un fer de balance avec un poids pour y suspendre;
2" des formes de figures humaines en terre cuite très-bien for-
mées en demi-relief; 3° beaucoup de fragments de poterie ordi-
naire ; 4° une petite pierre noire ressemblant à un bout de
crayon long d'environ O'"0o ; un morceau de verre très-épais,
peu transparent, d'un vert mélangé de blanc; 5' un vase.
Nos terrassiers ont percé leur viaduc, et c'est à l'endroit de
cette percée qu'ils ont fait toutes ces découvertes. Ils ont encore
rencontré deux murs qui se relient. (Bosard.)
Los formes de figures humaines mentionnées au ip 2, à l'ex-
ception d'une seule qui a un autre caractère (pi. Vil, fig. 46),
ont trouvé leur place dans une restitution très-habile opérée
par M. le capitaine A. Dejardin, avec une patience qui l'a ré-
vélé comme un digne émule du regretté Limelette de Namur
(sans parler des restitutions des objets de la tombe d'Avennes,
opérées récemment avec une remarquable habileté, par M, le
comte Georges de Looz).
La restitution a été d'autant plus difficile que beaucoup de
fragments n'ont pas été retrouvés, et que les tessons de ce vase,
brisé avant son enfouissement, ont été exhumés à quelque dis-
tance les uns des autres, ceux-ci dans une couche do terre noi-
râtre, ceux-là , rougeàtre, couches dont ils ont retenu, d'une
manière aujourd'hui ineffaçable, les nuances très-distinctes.
Sous la main de l'adroit restaurateur, les fragments sont
venus se juxtaposer et ont fait renaître, après tant de siècles,
un vase dont la torme est presque globulaire, mais dont la
(*) Mémoires delà Société royale des antiquaires du Nord, '184î)-'1849, p. 437;
ibid., 1840-1844, p. 137, pi. Vll, lig. 11 et 1^2.
— 485 —
partie inférieure, après s'être un tant soit peu élargie, affecte
une forme conique, tronquée apparemment par le pied qui
manque.
Sept figures, séparées i\ la partie supérieure par autant d'an-
neaux, entourent la panse de ce vase ; une seule de ces figures
n'a pas été retrouvée. Elles sont toutes à chevelure bouclée ;
mais trois d'entr'elles ne sont point barbues.
On s'est demandé ce que l'on avait pu avoir l'intention de
représenter par ces figures au nombre de sept, et les sept sages
de la Grèce se sont présentés en première ligne à l'esprit du
restaurateur
L'apparence bizarre des fragments du n°2(pl.VII,fig. dei9 bis)
soulève une question : se trouve-t-on en présence de débris
d'une autre époque que l'époque lomaine? ces débris appar-
tiennent-ils peut-être h des poteries frankes?
Les questions de ce genre ne peuvent se résoudre que par
comparaison ; or, il existe deux exemples de poteries sem-
blables découvertes en Belgique : à Élouges (') et à Schalkho-
ven (^), on a exhumé, en ces subslructions belgo-romaines
très-caractérisées, deux tessons ayant absolument le même
cachet, et tous les autres objets, trouvés auxdits endroits,
étaient purs de tout mélange avec des antiquités d'une époque
postérieure.
Les fragments de Ju pille doivent donc être rangés aussi
parmi les produits de l'époque romaine; mais ils appartiennent
sans doute à quelque industrie spéciale à nos contrées, car
jusqu'ici, que 1 on sache, la Belgique seule a révélé de sem-
blables produits. Serions-nous peut-être en présence d'un pro-
duit figulin représentant des masques barbares , comme le
masque de Batave fabriqué par le potier dont parle Martial
(XIV, 176) :
Sum figuli lusus, rufi persona Batavi ;
Qiise tu dérides, liaec timet ora puer.
(*) De Bove, Annales du Cercle mchéol. de Mous, VI, p. 116, pi. II.
(•) Renseiga. parlicul. de M. le chevalier Cam. de Borman qui a dirigé les
fouilles de Schalkhoven et qui en rendra compte quelque jour, sans doute, dans le
Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéologie.
— 486 —
Et, en effet, le grand nombre de débris de poterie trouvés à
Jupille, a même fait penser à quelques archéologues que cette
localité où l'on a, par la suite encore, fabriqué de la poterie,
pourrait bien avoir été le siège de l'industrie de céramistes de
l'époque romaine, hypothèse que conlîrmerait la découverte du
moule BELsvsF, bien entendu si cette découverte est plus authen-
tique que celle du moule vERECvNuvsr ('),prétenduement décou-
vert cl Tongres.
Pour d'autres archéologues au contraire, qui ne sont pas
suffisamment édifiés sur l'authenticité du moule belsvsf et que
ne surprend pas la grande quantité de tessons exhumés à
Jupille, ils ne voient dans la grande variété de ceux-ci, qui
indique aussi la variété d'origine, que ce que l'on constate com-
munément dans toutes les fouilles de substructions de l'époque
romaine.
Si Pline (^) ne nous disait pas que de son temps les fabriques
de poteries faites au tour exportaient leurs produits de tous côtés
par terre et par mer, les mêmes noms de potiers qui se retrou-
vent dans les régions les plus éloignées, nous renseigneraient
suffisamment au sujet de l'existence, sur la plus grande échelle,
de relations commerciales ayant spécialement le colportage des
poteries pour objet : de \h, la grande variété des débris des
tessons qu'on retrouve ensemble, tandis que s'il s'agissait de
produits d'une industrie locale, les débris seraient homogènes.
( ' ) On connaît déjà quatre monlt's semblables, dont un est indiqué comme pro-
venant de Rheinzabern ( probablement de la fabrique de Kaufmann ; :
4" Moule du Musée de Liège ;
2o Id. du chanoine Desnoyers d'Orléans, Caial. de l'Expos. univ. Je iS61. His-
toire du iravad, p. TA, n° 1020. Cfr. uu Cleuziou, pp. il"! et 173.
3" Id. du Musée de Compiègne, catalogue Vivenel, p. 109.
40 Id. de la vente de Renessi:, du 23 avril 1864, n" 43S. ( Rens. de M. Van der
Haeghen deGand.) Le no 434 de celte collection était un moule avec la marque
COBNEHTVSF, plus suspecte encore.
C'est plus qu'il n'en faut pour considérer ces mêmes moules du même potitr
comme ayant une origine commune, mais pas du tout antique.
{*) XXXV, 46 : « Hcec per maria terrasque uliro citroque portanlur, insignibus
rot ce afficinis. »
- 487 -
16 mal. Quelques fragments de poterie en terre samienne.
is mai. Dans une sorle de niche, un pot de terre grise,
peint en noir, haut d'environ 0'"i4; l'orifice a environ O^Oi
de diamètre et la panse 2 à 3 fois autant; trouvé entier à
â^OO sous la surface. (Bosard.)
»o et aa mai. Lcs ouvriers trouvent un vase en fer,
haut de 0"'10, que M. Fabry rapporte le lendemain avec une
petite pièce en argent, trouvée la semaine dernière, dont le
revers représente une femme assise avec la légende pvdicitia.
(Bosard.)
Cette pièce, qui parait être de Julia Maesa, est déposée au
Musée. Quelques autres monnaies en bronze, calcinées et
absolument frustes, proviennent aussi des mêmes fouilles.
«» mai, sont trouvés : 1" quelques objets en fer; 2° des
fragments de vases à onguent. (Bosard.)
Les plus intéressants des objets mentionnés dans les anno-
tations qui précèdent, sont représentés pi. VII, fig. 10, 11, 12,
13 et 14.
«4 mal. Découverte , h 0^20 de profondeur, d'un frag-
ment d'une inscription contenant trois lettres :
NI
R (Fabry-Rossius.)
On trouve dans la cave quelques fragments de terre samienne
de divers dessins, un morceau de verre ancien à côte et une
pièce de monnaie brûlée. (Bosard.)
L'inscription, de près, est représentée pi. VIII, fig. 2. Elle
porte h la troisième ligne les traces d'un C.
On pourrait expliquer ni par le génitif d'un nom en nus : Pa-
ternus, Gemhius, etc. et le c final par poni Curavit ou quelque
chose de semblable; mais le peu de profondeur où ce fragment
a élé trouvé et la forme allongée des caractères semblent s'op-
poser à ce qu'on y voie une inscription romaine.
«K mal, c» l'"oO de profondeur, un cochon ou sanglier de
bronze, long de 0'"04. (Fabuy-Rossius et Bosard.)
Cet objet est représenté pi. VII, fig. 3.
M. de Meester de Ravestein C^) qui dans son magnifique mu-
sée possède, entr'autres bronzes antiques, toute une collection
d'animaux, dit : « les Romains ont aimé la représentation de
tous les animaux. La quantité de petits bronzes qui en conser-
vent la figure et qu'on trouve tous les jours dans les fouilles,
prouve que ce goût était fort étendu et fort suivi... Ces bronzes
que l'on reconnaît aisément pour romains, sont probablement
des ex-voto destinés, par leur médiocre prix, aux gens de la
campagne. Ils les achetaient vraisemblablement dans les mar-
chés et les appendaient dans les temples ou devant les statues
de leurs divinités tutélaires pour la conservation et la propa-
gation de leurs animaux domestiques, usage que pratiquent
encore de nos jours les paysans devant les madones et les
saints. j>
Il est supei'flu, devant la généralité de la coutume mention-
née en ces lignes, de citer de nombreux satigliors ou porcs en
bronze trouvés par toute l'Europe romaine (^); qu'il suffise de
mentionner quelques animaux de bronze découverts dans notre
pays :
( ') Musée de Ravestehi, catalogue descriptif, U, p. 38, n'' 986 à 1009 (lequel n«
est lui-même touie une collection'.
(-) Ibid., p. lo, n°^ 993 et 99 i ; DE Cayi.tjs, Recueil d'autiquiiùs, passira ; on
peui encore com[)arer la remarquable découverte d'un trésor de temple païen a
Neuvy-en-Sullias, près d'Orléans, oii plusieurs sangliers de bronze, d'assez grande
dimension, ont été découverts (IXe vol. des Mémoires de la Société arcliéolofjiiiuc
de l'Orléanais, et l'anasi.
489
1" Bélier gallo-romain de 0"'0o trouvé dans une urne ciné-
raire k Waesmunter. Bronze (') ;
2" La seconde collection de Renesse, vendue en 1864 (-),
avait été formée en grande partie d'antiquités trouvées à Ton-
gres : elle contenait un lot de quinze objets représentant des
aigles, loups, boucs, etc.;
3" Une chèvre en bronze, trouvée à Izier ( ').
En outre, la collection Hagemans (*) contenait deux sangliers
en terre cuite provenant sans doute de notre pays.
as mai, à une profondeur de l^GS, on trouve un fragment
de poterie rouge, orné de méandres. (Bosard et Fabry-
Rossius.)
»9 mai, on trouve une fibule de bronze (c'est une agrafe
romaine) (*).
30 mai. Oiî commcncc les fouilles près de l'étable et on
trouve tout de suite deux fragments de terre samienne. On
rencontre aussi une épingle à cheveux.
31 mai. Une petite pièce en bronze excessivement mince.
1er juin, les ouvriers sont arrivés à l'argile mêlée de terre
glaise; à 1"'20 du sol, ils trouvent des ossements humains.
Ils vont faire l'essai demandé par M. Grandgagnage et par M.
Bormans, en descendant encore 1"'00 ou l^oO plus bas. Je
(•) Collection Heruvre [vente d'antiquités). Catalogue du Cabinet d'antiquités
délaissé /;ar /eu M. Serrure., professeur à l'Uiiirersité. Première partie (vente à
Gand, direction Verhulst, 14 et 1 S juin 1872; Gand, de Busscher, 38 p. in-8o), n» 38.
(*) Troisième partie, n" 344.
(') Rapport de M. Bormans pour 1872, p. 124.
(*) Un Cabini'.l d'umaieur, pp. 448 el 450, nos gg et B4.
C) A partir de cet endroit, les annotations quotidiennes sont tenues par M. le
curé BosARD seul : on ne répétera donc plus la désignation de Tauteur de l'anno-
tation.
— 490 -
recueille les pavés rouges à lignes qui étaient maçonnés dans
les murs.
4 Juin. Ils trouvent un fort fragment d'un fond de poterie
en terre samienne avec les lettres uap.
Le sigle rap n'a pas été retrouvé dans les débris où l'on a
toutefois distingué les suivants :
VSF
CAH
OFGEM
Le second peut se rapporter h un certain nombre de noms de
potiers et, pas plus que le premier, ne permet donc une con-
clusion précise. Quant au troisième, c'est fort vraisemblable-
ment : OF(ficina) GEM(ini) (*).
Si Juin, on remblaie la fosse où se trouvait un squelette
sans crâne sur une masse de pierres maçonnées; cela est néces-
saire pour débarrasser les lieux qu'on fouille en ce moment. A
l'"5o de profondeur, les ouvriers trouvent une pièce romaine
en bronze, du module d'une pièce de 0-05, ils ont aussi trouvé
nne petite plaque qui me semble être la couverture d'un bouton;
cet objet est très-mince.
^ Juin. Ils trouvent des fragments en une sorle de béton à
rainures et des ossements humains.
8 juin. Ils trouvent une demi-base de colonne de la même
matière et encore des fragments semblables .iux précédents
avec des rainures.
( ' ) Sirile.ifiguliii';, 1. cit., n» 2.^82 voy. pourtant n" 2376 et suiv. des produits
de GemeUm).
491
i« juin, on trouve un mur presque à la surface.
141 Juin, dans la fosse près de mon sentier, on trouve au
fond un pavé, dit en wallon on dain.
is juin, on trouve un crâne et, je crois, un ornement
mérovingien d'une fibule, et des fragments en pierre jaunâtre
du Luxembourg.
19 Juin, on trouve un second mur h la distance de deux
mètres de celui qu'a noté M. le capitaine Dejardin.
«1 Juin, on commence une nouvelle fouille à environ
4"'00 du mur Piedbœuf-Havart et la plus rapprochée de cette
maison ; on y trouve plusieurs fragments de poterie en terre
samienne, entr'autres le pied d'un vase au fond intérieur duquel
est empreint le sigle : of virili, dans un cercle un peu plus
grand qu'un demi-franc.
Les marques de potier, avec le nom de Virilis sous un grand
nombre de formes diverses, appartiennent peut-être à plusieurs
potiers, soit de la même famille, soit même de localités diffé-
rentes. On ne peut donc tirer du sigle figulin, trouvé à Jupille,
une conclusion bien précise; cependant plusieurs indices per-
mettent de croire qu'en général les produits de cette catégorie
appartiennent aux deux premiers siècles: c'est la forme archaïque
de hi lettre l parfois signalée sur ces produits, c'est en outre la
découverte de poteries avec !e nom de Virilis en plusieurs en-
droits, cimetières et villas que l'on croit pouvoir rapporter au
règne des deux premiers Antonins au plus tard (M-
Quant à rornement présenté, d'une manière du reste hypo-
thétique, comme mérovingien (pi. Vil, fig. 4), il est bien vrai que
(*) Turaulus de Bartlow-Hills iArchœologia, XV, p. 6; Id. de Seron {Ànn. de la
Soc. archéol. de Namur, IV, p. 18) ; Cimetières de Flavion (Ibid., VU, p. 3i; et de
la Molte-ie-Comte [Ibid., VII, p 4H; comp. X, pp. 163 et 171, tic.)
— 492 —
l'on peut difficilement citer un analogue de l'époque romaine;
mais l'objet ne porte aucune des incrustations en pâtes cloison-
nées, etc., qui caractérisent les objets franks. Cet ornement
est un bouton en os ou en ivoire percé de clous en bronze,
ceux-ci sortant d'une petite rondelle qui semble d'argent.
99 Juin, trouvaille à l^ôO du sol, dans la fouille B, des objets
suivants : 1° fragment du fond d"un vase, à l'intérieur duquel il
y a un sigle dans un cercle un peu plus grand qu'un franc; il me
semble lire AGisiLLvs;2"pièce de monnaie romaine (de Domitien?)
en bronze, du module d'un Iranc ; l'effigie me paraît celle
d'une femme ; 3" morceau de verre irisé, à sillons, curieux
par son ornementation et par son iiisalion; le vase auquel il
appartient ferait une pièce capitale dans un musée (il a été
trouvé dans la fouille A); 4" monnaie de bronze (c'est un
double liard d'Ernest de Bavière); 5" bord d'amphore avec
la marque mal imprimée vhira, et 6" petite pièce de mon-
naie très-lisse et très-mince, de la grandeur d'un demi-franc.
On conserve ci-dessus la mention d'une monnaie moderne
trouvée assez profondément on terre (et il y en a eu plusieurs)
pour montrer qu'il faut ne pas attribuer une valeur trop absolue
aux monnaies provenant de subslructions : il se peut, en
effet, que des monnaies même romaines nient été, par suite de
l'une ou de l'autre circonstance, enfouies dans le sol qui contient
les ruines, à une époque postérieure à la destruction des
édifices.
La marque de « tèie « (et non d'amphore) dont il s'agit en
dernier lieu, doit être lue viiniiA ^la troisième lettre et la qua-
trième en monogramme).
Celte marque, qu'il est difficile d'expliquer, est essentiellement
belge ; on l'a rencontrée sur t"Ul le parcours de la grande
chaussée romaine qui traverse le pays, depuis Bavay jusqu'au-
493
delà de Maestricht (^), à peu près aussi abondamment que la
marque du potier Brariat.
La marque vh(hr)a a éié trouvée dans les villas de Walsbetz
et de Meerssen quo l'on suppose avoir été détruites sous le
règne de Marc-Aurèle au plus tard (^).
Le potier Agisillus ou Agisilias, dont les produits ont été dé-
couverts à Flavion (^), en un cimetière où la série des mon-
naies découvertes s'arrête h la même époque (*), doit également
avoir appartenu au IP siècle de l'ère chrétienne, si pas au V';
la marque agisillvs, de Jupille, se distingue par la forme
archaïque des ll, ce qui est encore un indice à l'appui de la date
indiquée.
«K juin, on trouve une tuile marquée mir ; c'est la première
(découverte au moment de clôturer les fouilles).
Vérification faite, il y a identité entre ce sigle et celui qui a
été découvert au Steenbosch à Fouron-le-Comte et au Herken-
berg à Meerssen (^), et où Ton a lu soit MiF,soit M(HF),(les deux
dernières lettres en monogramme). Si l'on en croit le témoi-
gnage des monnaies exhumées à Fouron et à Meerssen, la des-
truction des établissements romains de ces localités aurait eu
lieu sous le règne de Marc-Aurèle : le tuilier, dont la marque
s'est révélée h Jupille, aurait donc exercé son industrie au 11^
siècle de l'ère chrétienne et peut-être même, mais moins vrai-
semblablement, au !'■'.
Celte marque se trouvait déjà en un autre échantillon de
tuile au musée de Liège; elle provient sans doute d'un envoi
(') Sif/les figulim, l. cit., p. 267, n» 5685.
(*) Bull, des Comm. roy. d'art et d'archéol., V, p. 505; VI, p. 284, etc.
(*) Siglesfigulins, p. 38, n» -143.
(*) Anti. de la Société archéol. de Namur, VII, p. 31 ; X, p. \1\.
['■') Di:l Vaux de Fouron, la villa du Sieenboach, p. 17 ; Catalogue du Musée de
Bruxelles, par Schayes, no 290, par Juste DD.,28 li ; Bull, des Comm. roy. d'art et
d'archéoL, VI, p. 272; Sigles ftgulms, 1. cit.. n^s 3567, 3568 et 3586 (où (mh F
doit peut-être être corrigé m(hf). Voir aussi Bull. Inst. archéol. liég., VIII, 31.
— 494 —
qu'y a fait le gouvernement des doubles décombres à "Fouroii-
le-Comte.
Voici enfin quelques objets remarqués au Musée de Liège,
parmi les débris produits par les fouilles de Jupilie et dont la
mention n'a pas été retrouvée dans les annotations ci-dessus
transcrites :
I ' Un fond de vase percé de cinq trous.
II s'agit là sans doute d'un vase destiné à contenir des fleurs,
et déjù le Musée de Liège possède un objet semblable provenant
de Fouron-le-Comte (').
Un fragment semblable a encore été trouvé dans les subs-
tructions belgo-romaines du Ilemelryk à Walsbetz (^).
S"* Un tuyau en os, percé d'un trou latéral, comme d'un trou
de fliîte.
On a beaucoup discuté sur ce genre d'antiquités qu'on découvre
partout dans les fouilles se rapportant à l'époque romaine; on y
a vu des débris de flûtes, des sifflets, des abaques, des alidades,
des amulettes, des bobines, des jetons de théâtre, des tessères,
des objets de jeux, des instruments domestiques, etc.; un savant
qui visitait le Musée de Namur, y disait même un jour que cela
aurait servi h enrouler des papyrus autour d'une broche jouant
dans le cylindre, ce qui concorderait avec la description du
volumen par Catulle....
La véritable destination de ces cylindres, dont l'intérieur
n'est pas évidécirculairemeni,commeilconviendi'ait à plusieurs
des destinatioiîs ci-dessus, a été révélée h 3L Fiorelli, le direc-
teur des fouilles de Pompéï (^), par son ingénieux procédé qui
consiste à couler du plâtre dans les cavités faites dans la cendre
coagulée par la consommation de certaines matières : il a ainsi
découvert que ces tuyaux cylindriques étaient des parties d'un
mécanisme, faisant fonction de charnières à des meubles,
cofl'rets, etc
(' Dull. des Comm. roy. d'art ci d'archéoi, V, p. 448, n» xxviii.
■») Ibid., pi. VI, fig. 30.
(*) Scavi di Pompei, XIII (186:2), p. 6. Voir ce qu'en dit M. le chanoin» Des-
NûYERS dans le Bullciin monumental, 1872, p. 228. (Arl. reproduit par \b Journal
des beaux-artx, de M. Siret, même année.)
495
On a trouvé, en plusieurs endroits de Belgique, de semblables
tuyaux, toujours à l'occasion de fouilles se rapportant à l'époque
romaine ( ').
CONCLUSION.
Certains points de repère permettent de déterminer l'époque
probable où exista la bourgade romaine de Jupille.
Différentes marques de tuiles, de poteries grossières (tèles)
et même de poteries fines, ont été trouvées dans les ruines, et
il y a concordance entre plusieurs d'entre elles, pour faire
remonter au moins au 11^ siècle de l'ère chrétienne l'époque
où l'établissement fut érigé ; le tuilier m(hf), les fabricants de
poteries grossières vh(hr)a, bkariatvs, et de poteries fines
vmiLis, AGisiLLVs, si réellement ils appartenaient au II' siècle au
plus tard, n'ont guère pu approvisionner que des contemporains.
D'un autre côté, les poteries noires à ornements blancs, les
monnaies de Gordien, etc., rapprochent de nous l'époque où
l'établissement de Jupille était encore habité.
De là une conséquence bien formelle : l'établissement de la
bourgade date au moins du IP siècle, ce qui donne un démenti
à la tradition concernant la fondation par Dioclétien ; ensuite,
en supposant comme établi que les villas romaines éparses dans
les campagnes traversées par la grande chaussée romaine de
Cologne, aient été réellement dévastées lors de l'invasion des
Chauques vers la fin du II'" siècle, il esl incontestable que
l'établissement de Jupille a échappé aux ravages du torrent
barbare, de même que certaines villas de la province de Na-
mur, du Hainaut, etc.
( '} Bull, des Comm. roy. d'art et d'archiol., III, p. 337 ; IV, 386.
- 496 —
L'établissement romain aurait-il subsisté jusqu'au commen-
cement du moyen âge et aurait-il attiré à Jupille les Franks qui,
comme on le sait, se complaisaient dans les résidences romaines
abandonnées ?
Malgré l'absence de tout débris frank, on a soutenu un sys-
tème pareil à propos des ruines romaines du Steenbosch à
Fouron (*), prétenduement transformées en palais frank (Furo-
nis).
Peut-être l'absence de tout reste de la civilisation franke est-
elle due à la circonstance que dès le moyen âge l'emplacement
fouillé en 1872, aurait servi de cimetière ; c'est possible ; mais
il est à remarquer que les corps retrouvés n'étaient accom-
pagnés d'aucun des indices si bien connus depuis les recherches
de l'abbé Cochet.
Les recherches ultérieures feront-elles retrouver à Jupille
l'élément frank, c'est fort probable ; mais jusqu'à présent, les
fouilles ne l'ont pas révélé. S.
P. S. Les monnaies frustes dont il a été parlé ci-dessus,
sont un Tibère (?), avec l'autel de Lyon, et l'exergue rom et
AVG (qu'on ne lit sur les monnaies que depuis Auguste jusqu'à
Néron ); un Domitien (?), et un Commode.
La pièce ivlia maesa avg, avec le revers pvdicitia, a été bien
lue (Cohen, III, p. 559, n» 14!.
L'espace de temps parcouru par ces monnaies est (comme
pour celles de M. le curé Bosard) des trois premiers siècles, ce
qui concorde avec la conclusion de l'article.
(*) Delvaux, p. 10.
3.1>rU ie rinif: -.rcn-. L:e<jS "T-m Xî f^c,, iç
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JuîUIrni del)nd:.irchèol:hiêc^coU. T.-^lT^ ?[ Vlffl
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Id . Ja /»wZ A A rchrb:
4-«
ckelLe de o-.v'bcu^' y(j
DECOUVERTE D'UN CIMETIERE
A BAS-OHA.
Bas-Oha, 4 août 1873
Monsieur,
Les rapports que j'ai eu occasion de lire dans les journaux sur
la découverte d'un ancien cimetière à Bas-Oha, dans le courant
de l'année 1871 , m'ont paru si incomplets que je prends la liberté
de vous écrire pour vous donner tous les renseignements que
j'ai recueillis k cette époque. Les voici :
En creusant les fondations d'une maison ii trente mètres de la
Meuse, dans un terrain d'alluvion qui est inondé à peu près
chaque année lors de la débâcle des glaces, on est tombé, à un
mètre de profondeur, sur un ancien cimetière que je crois
germano-romain (Tongrois), vu la date des rnonnaies romaines
qu'on y a trouvées.
Les squelettes tombaient à peu près tous en pièces au moindre
choc; ils étaient couchés sur le dos, ayant sous la tète une
pierre calcaire brute, les bras le long du corps, les genoux
fléchis, le vis^ige tourné à droite ou à gauche, ou de face,
maçonnés dans des loges contiguës de pierres brutes calcaires
et de débris de tuiles romaines; ils avaient les pieds au levant,
la tête au couchant, et étaient sur plusieurs lignes.
J'y ai recueilli deux crânes, dont l'un parfaitement conservé ;
l'autre, tombant en morceaux, est remarquable, ce me semble,
par le peu de hauteur du front; deux tibias d'environ 45 centi-
mètres de longueur; plusieurs mâchoires. Ces objets pourraient
peut-être trouver place dans une collection ethnologique, peut-
être même au Musée archéologique. Si vous les désirez, je les
tiens II votre disposition.
Outre les quelques monnaies romaines dont je parlerai plus
loin, les seuls objets qu'on ait trouvés sont des débris d'un vase
d'une forme fort élégante d'une terre rougeâtre très-fine, dont
je ne connais pas de pareille ici, recouvert d'une couleur ver-
— 498 —
millon, orné d'une tête de chauve-souris en relief; des débris
de vases d'une terre grossière, extrêmement grands; une dent
d'animal percée au travers comme pour servir d'aiguille; enfin
un instrument en fer ayant la forme de la hache d'une hallebarde.
Je dois ajouter que rien ne recouvrait les squelettes, sinon la
terre végétale; rien n'indiquait non plus qu'on eût fait usage de
cercueils, et le peu de profondeur à laquelle ils se trouvaient,
démontrait que depuis 1600 ans les atterrissements de laMeuse
avaient été insignitlanls.
Les monnaies qu'on a trouvées sont :
1" A deux mètres de profondeur, soit un mètre en dessous
des squelettes, un bronze, tête laurée, imberbe : caesar po^T.
MAX. Sur la joue se trouvent frappées les trois lettres avg. Au
revers, on ne distingue que les mots rom. et avg.
Parmi les squelettes, mais éparpillées, les monnaies sui-
vantes :
2"TRAJAN. Grand bronze parfaitement conservé. Tête laurée de
l'empereur, lmp. caes. trajano. optimo. aug. ger. uag. p. m. tr....
Revers, femme assise tenant la corne d'abondance de la main
gauche, de la droite un gouvernail, sénat us populus que romanus...
Exergue : rom. red.
3° vespasien. Bronze moyen. Revers, femme assise au pied
d'un palmier. Inscription fruste, probablement judia capta.
4° HADRIEN. Un petit bronze fruste.
5" Id. Un grand bronze du même bien conservé, hadrianus
augustus. Revers, gueri'ier tenant de la main gauche la corne
d'abondance, sur lu paume delà main droite, la victoire, coss. ni.
6" Enfin un grand bronze dont l'inscription est dillicile à lire,
mais la ligure nie paraît être celle de Commode.
Croyant que la manière dont ces squelettes étaient enterrés
pourra faire connaître la race à laquelle ils appartenaient, j'ai
cru pouvoir me permettre de vous la décrire.
J'ai l'hoimeur d'être, Monsieur, votre dévoué serviteur,
bD. WooT DE Trixhe,
Conseiller communal.
LISTE
DES
SOCIÉTÉS OU DES PUBLICATIONS
AVEC LESQUELLES
L'INSTITUT ÉCHANGE SES BULLETINS.
§ 1. be:i:.giqui$.
PROVINCE D'ANVERS.
Anvers. Académie d'archéologie de Belgique.
PROVINCE DE BRADANT.
Bruxelles. Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-
arts de Belgique.
» Commission royale d'art et d'archéologie.
» Commission royale pour la publication des anciennes
lois et ordonnances de la Belgique.
» Bévue de la numismatique belge.
» ÀJinales des travaux publics de Belgique.
» Bévue de Belgique-
» Journal de Vituprimerie et de la librairie en Belgique.
LouvAiN. Analectes pour servir à l'histoire ecclésiastique de la
Belgique.
_ goo -
PROVINCE DE FLANDRE OCCIDENTALE.
Bruges. Société d'émulation pour U étude de f histoire et des anti-
quités de la Flandre.
» Le Beffroi. Arts héraldiques, archéologie.
Ypres. Société historique, archéologique et littéraire de la ville
d'Ypres et de V ancienne W est-Flandre.
PROVINCE DE FLANDRE ORIENTALE.
Gand. Messager des sciences historiques.
» Inscriptions funéraires et monumentales de la province de
la Flandre Orientale.
S'-NicoLAS. Cercle archéologique du pays de Waes.
PROVINCE DE HAINAUT.
MoNS. Société des sciences, des lettres et des arts du Hainaut.
)) Cercle archéologique.
Tournai. Société historique et littéraire.
Charleroi. Société paléontologique et archéologique.
PROVINCE DE LIEGE.
Liège. Société libre d'émulatioîi.
ï> Société liégeoise de littérature ivallonne.
» Société de r union des artistes.
PROVINCE DE LIMBOURG.
Hasselt. Société chorale et littéraire des mélophiles.
ToNGRES. Société scientifique et littéraire du Limbourg.
PROVINCE DE LUXEMBOURG.
Arlon. Institut archéologique de la province de Luxembourg.
PROVINCE DE NAMUR.
Namur. Société archéologique.
— 501 —
Amiens. Société des antiquaires de Picardie.
AuxERRE. Société des sciences historiques et naturelles de rVoiine.
AvESNEs. Société archéologique de r arrondissement.
Dl'nkerque. Société dunkerquoisepour f encouragement des sciences,
des lettres et des arts.
Nancy. Académie de Stanislas.
Orléans. Société archéologique de VOrléanais.
Paris. Société nationale des antiquaires de France.
» Institut de France.
» L'Institut, journal universel des sciences et des sociétés
savantes en France et à l'étranger.
» Société de l'histoire de France. %
S'-Omer. Société des antiquaires de la Morinie.
Toulouse. Société archéologique du Midi de la France.
Leiden. Société littéraire néerlandaise. (Maatschappij der
Nederlandsche letterkunde.)
Luxemrourg. Institut royal Grand-Ducal du Luxembourg.
Maestricht. Société historique et archéologique dans le duché de
Limbourg.
Utrecht. Société historique. {Historisch genootschap .)
§ 4. SUÈDE et IVOUVÈGE.
Christiana. (Kristiana.) Université royale de Norvège. (Kongl.
Norske Universitet.)
Stockholm. Académie royale d'archéologie du royaume de Suède.
(Kongl. Vitterhets Historié och Antiqui-
tets Akademiens.)
— 502 —
CopENHAGLE. (KjOBENHAVEN.) Société Toyole des antiquaires du
Nord.
St-PÉTERSBOURG. Commission impériale d'archéologie.
§ T. I»ItUSSE ' SCHLïKS"WIG-HOLSTEIJV).
KiEL. Société pour la réunion et la conservation des antiquités
nationales. [Vorstandes der Schleswig-Holstein,
Laiienburgischen Gesellschaft fiir die Samm-
lung und Erlialtung vaterlàndischer Alter-
thumer .)
§ s. pruisse: (H^ivovre:).
Hanovre. (H an no ver.) Société historique de la Basse-Saxe.
{Historische Verein fur Niedersachsen.)
LuNEBURG. Société des antiquités. [Alterthums Vereine.)
§ 9. PRUSSE.
Bonn. Société des antiquaires du lihin. (Verein von Alter-
thumsfreunde in Rheinlande.)
GÔRLiTZ. Société des sciences de la Haute-Lusace. [Oberlausit-
zischen Gesellschaft der Wissenschaften.)
Mayence. (Mainz.) Société pour la recherche de l'histoire et des
antiquités du niiin. {Verein zûr Erforschung der
rheinischen Geschichte und A llerthumer .)
Stettin. Société d'histoire et d'archéologie de la Poméranie.
(Gesellschaft fur Pommersche Geschichte
und A Iterthumskunde .)
- 503 —
Trêves. (Trier.) Société pour les recherches utiles. [Gesells-
chaft fur nutzliche Erforschungen.)
WERNitERODE. Société (l'histoire et d'archéologie du liarz. [liarz-
Vereiîi fur Geschichte und Alterlhums-
kunde .)
§ lO. MECKLrlEIVBOUIlG.
ScHWERiN. Société dliistoire et d'archéologie du Mecklenbourg.
{Verein fur M ecklenburgische Geschichte
und Alterth ums kunde .)
§ 11. @a.3ile:.
Dresde. Société pour la recherche et la conservation des antiquités
nationales. {Kôniyl. Sdchs- Verein fur Erfor-
schung und Erhaltung der vaterlàndischen
Alterthiimer .)
§ 1«. WURXEMBEÏIG.
LiNDAU. Société pour l'histoire du lac de Constance et de ses envi-
rons. {Verein fur Geschichte des Bodensee's
und seine Umgebung.)
Stuttgart. Société des antiquités du Wurtemberg. {Wûrtem-
burgisches Aller thums- Verein.)
Ulm. Société des arts et des antiquités d'Ulm et de la Haute-
Souabe. (Verein fiir Kunste und Alterlhum in
Ulm und Oberschwaben .)
§ 13. Bil^VIÊRE:.
Munich. (Mùnchen.) Société historique de et pour la Haute-
Bavière. {Historischer Verein von und fur
Oberbayern. ')
Ratisbonne. (Regensburg.) Société historique du Haut-Pala-
tinat et de Ratisbonne. (Historischer Verein
von Oberpfalz und Regensburg.)
- 504 —
§ 14.. A.Ult&lCUE.
GitATz. Société historique pour la Styrie. {Historische Verein
fur Steiermark .)
Vienne. (Wien.) Société anthropologique. {Ànthropolog'is-
chen Gesellschaft .)
§ 1». AUXItBCHJi: (HOl^GRIE).
Agram. (Z agre bu . ) Société pour lliistoire slave et les antiquités.
{Gesellschaft fur sudslavische Geschichte
und Aller l humer .)
§ IC. KSÏ*AGrVE.
Valence. (Valencia.) Société archéologique. {Sociedad ar-
queologica.)
{B oie tin nu m ism a t ico . )
Washington, Institution smthsonienne. {Smitsonian insti-
tution.)
BIBLIOTHÈQUES QUI REÇOIVEHT LES BULLETINS,
S. M. le Roi.
Bibliothèque royale.
Archives générales du royaume.
Bibliothèque centrale du Ministère de l'intérieur.
Commission royale des monuments.
Ribliothèque du musée d'antiquités, d'armures, etc.
Bibliothèque de l'Université de Liège.
Id. id. de Gand.
Id. id. de Louvain.
Bibliothèque publique d'Anvers.
Id. de Bruges.
Id. de Namur.
Id. de Mons.
Id. de Malines.
Id. de Tournai.
Id. d'Ypres.
Id. de Courtrai.
Id. d'Audenaerde.
Id. d'Arlon.
Id. d'Ath.
Id. de Verviers.
Id. de Chimay.
Id. de Termonde.
Id. de Hasselt.
Id. de Furnes.
Ministrre de l'intérieur (6 exemplaires).
Bibliothèque du Ministère de la justice.
Id. de ht Chambre des représentants.
Id. populaire de Liège.
Archives provinciales à Liège,
Conseil provincial de Liège.
TABLE DES MATIÈRES
DU Xle VOLUME.
Pages.
Statuts constitutifs
Tableau des membres vin
Sur Albdron II, évêque de Liège, par Goffinet 1
Analyse du cartuiaire de l'abbaye de Herckenrode (fin), par J. Daris ... 19
Rapport sur les fouilles de Landen, par G. Lefèvre i07
La table carrée et la commune Orange, par S -122
La nécrologie étrangère, à Spa, par A. Body 135
Examen critique de la vie d'Odile et de Jean, son fils, par J. Daris. . . . 1S3
Documents inédits sur la haute avouerie de Hesbaye, par E. PoswiCK . . . 189
Charles-Quint à Liège (1520 et 13441, par J. Mathieu 201
Le collège des Frères Hyéronymites, à Liège, par J. Daris 223
L'hôpital de S. Mathieu à la Chaîne, par J. Daris 233
Louis XIV et le marquisat de Franchimont, par Ph. de Limbourg .... 240
Le comté de Moha, par J. Daris 259
Les Alexiens à Liège, par J. Daris 273
La seigneurie de Marchin, par E. Schoolmeesters 283
Lettre de Charles van llullhem sur les anciennes tapisseries, par D. van de
Casteele 359
Notice sur l'église primaire de S'-Barthélemi à Liège, par E. Thys .... 367
Un détail touchant la bataille d'Othèe ou les droits d'accises d'Alost,par D. VAN
DE Casteele 427
La chasse de Visé, par Ed. Lavalleye 435
Notes relatives aux comtes de Lamarck, etc., par C. de Borman 457
Une visite de Louis XIV à Liège en 1672, par Fabry-Rossius 463
Fouilles faites à Jupille, près de Liège, par S 469
Découverte de tombeaux à Bas-Oha, par WooT de Trixhe 497
— 508 —
PLANCHES.
Planche I. Extrait du plan cadastral du Betzveld, a Landen. . H4
» H. Plan figuratif des substructions belgo-romaines du
Betzveld, à Landen \\q
» in. Eglise S. Barthélémy (côté nord) en 1570 ... 367
» IV. Id. Projet de restauration de l'abside
occidentale et des clochers 373
» V. Tombe de Godescalc de Morialmé à S. Barthélémy . 387
» VI. La chasse de Visé 443
» VII. Plan du plateau dit Gîtle-Coq, à Jupille .... 469
» VIII. Bronzes et poteries id. 496
» IX. Mosaïque id. 49(j
lletm de l Institut Archéologique Liégeois
Tom. X. Pag- 227.
A.Bindels del ■'L lah
STATUETTE EN BRONZE
DU MUSEE DE L'INSTIT'JT ARGHE OLO G-IOUE
LIEGEOIS
Notice de EUGENE M ODOGNEE
RAPPORT
présenté à. l'Institut archéologique liégeois sur les travaux
de la Société pendant l'année 1373,
Messieurs,
Je dois à une circonstance que nous déplorons tous
de prendre aujourd'hui la parole devant vous. Le
départ de Monsieur S. Bormans laisse un grand vide
parmi nous. Vous avez bien voulu m'appeler à le
remplacer; j'ai dû accepter, bien malgré moi, les
fonctions de secrétaire, et depuis ma nomination, je
me suis attaché à me rendre digne de cette faveur.
Je vais donc tacher de vous rendre compte de ce
qui s'est passé d'important dans notre Société pen-
dant l'année écoulée. Si je pèche par la forme, je
vous prierai de m'excuser : j'y mettrai au moins toute
l'exactitude possible.
Un fait important s'est produit cette année, c'est
l'installation de nos collections dans un local définitif.
Nous n'avons donc plus de récriminations à faire
entendre de ce chef. Mais n'anticipons pas, et procé-
dons par chapitre comme les années précédentes.
— 138 —
Finances.
Voici la note qui m'a été remise par notre tréso-
rier, Monsieur le docteur Alexandre :
Recettes.
En caisse au 1" janvier 1875 997-50
Subside ordinaire de l'Etat 500-00
Sec^ond subside de l'Etat 100-00
Subside de la Province 500-00
Produit des annuités 400-00
Total. . fr. 2,557-50
Dépenses.
Fouilles et accessoires 501-40
Achats pour le Musée 28-00
Lithographies et gravures 161-50
Impressions 425-00
Arrangement des pierres et installation du Musée .... 452-25
Local et matériel du Musée 46-57
Frais de Bureau et expédition de la livr. 2 du tome XI, etc. . 94-40
Dépenses diverses 19-30
Total. . fr. 1,728-42
Reste en caisse au 1" janvier 1874. . . . fr. 829-08
Local.
Enfin, grâce à la munificence du gouvernement,
nos collections sont casées d'une manière convenable
et il faut l'espérer, définitive. Pia})pelez-vous en
effet. Messieurs, que déjà dans son rapport de 1865,
votre secrétaire vous disait : « Après quatre cliange-
» ments successifs opérés laborieusement, au grand
« détriment de ses collections, l'Institut a enfin
— 139 —
» obtenu , pour y établir son Musée , un local
» définitif. »
On ne se doutait pas alors qu'il serait encore surve-
nu un cinquième déménagement, et enfin un sixième
qui a été opéré cette année. Espérons que ce sera le
dernier.
C'est parmi les locaux du Palais de justice, an-
cienne résidence des princes-évêques <le Liège, que
nous avons pu obtenir place pour nos antiquités. Ce
monument convient d'ailleurs parfaitement, par son
architecture, à une exhibition archéologique.
D'abord la seconde cour de ce Palais, qui a 50
mètres de long sur 42 de large, transformée en square,
avec un immense bassin au milieu, a reçu nos plus
lourdes pierres, débris d'anciens édifices, fontaines,
pierres tombales, etc. Une galerie couverte, formant
un des côtés de cette cour, abrite les pierres qui ne
peuvent pas rester exposées à la pluie.
On parviendra à cette cour, qui se trouve à la hau-
teur du l'"' étage de Faite du Palais que nous occu-
pons, par un grand escalier qui aura son entrée
dans la rue Ste-Ursule.
Le même escalier conduira au S™*" étage de cette
aile, où se trouve notre Musée.
Arrivé au dernier palier, on pénètre d'abord dans
une espèce d'anti-chambre ; on a devant soi une
porte qui conduit à un escalier de quelques marches
par lequel on descend dans une grande galerie de
51 mètres de long sur 5 mètres de large. Dans cette
— 140 -
galerie se trouvent encore des débris de monuments
que l'on ne peut pas laisser en plein air, des lïiou-
lages en plâtre de chapiteaux, corniches, ornements,
etc. A droite, sont les débris romains, à gauche ceux
du moyen-âge.
En remontant les quelques marches que l'on a
descendu, la porte de gauche dans le corridor est
celle d'une salle de 22 mètres de long sur 7 mètres
70 cent, de large, éclairée par le haut, ayant au
milieu une grande table de 14 mètres de long sur
2 mètres 70 cent, de large et autour de laquelle sont
des armoires vitrées. Cette salle renferme les anti-
quités préhistoriques, égyptiemies, italo-grecques,
romaines et franques. Ces trois dernières dénomi-
nations comprennent les vases en poterie et en verre,
les objets en bronze et en fer, etc. La porte de
droite dans le corridor conduit à une autre grande
salle de 16 mètres 30 cent, de long sur 7 mètres 70
cent, de large, aussi éclairée par le haut et ayant
aussi une grande table au milieu. Autour de cette
salle destinée au moijen-âge, sont les meubles, ba-
huts, chaises, statues de saints, bas-reliefs en bois,
poteries, vitraux coloriés, etc.
Au fond de cette salle est l'entrée d'une autre petite
salle de 7 mètres 70 cent, sur 6 mètres 10 cent., des-
tinée à la bibliothèque et aux réunions.
De cette petite salle, on communique d'un côté à la
grande galerie dont il a déjà été question et de
l'autre à un petit grenier et puis à un plus grand où
— 141 —
l'on dépose les objets incomplets ou qui ne sont pas
dignes d'être montrés au public.
Malgré ce luxe de locaux, il manque encore cepen-
dant une galerie où seraient exposées les armures de
toutes les époques, armes, etc., dont nous possédons
déjà un petit nombre, et qui afflueront sans aucun
doute, quand on saura qu'il y a, à Liège, un Musée
d'armures.
Outre cela, il nous faut une salle pour la partie
ethnographique.
Nous pourrions obtenir ces différents locaux au
même étage, car il y a encore quelques greniers
disponibles, que l'on voudra probablement bien
nous accorder.
Collections.
Parlons maintenant de la manière dont la prise de
possession des locaux s'est effectuée. On a commencé
par le classement des pierres du Musée lapidaire.
Ces pierres se trouvaient sous la galerie de la 2'' cour
du Palais et quelques-unes à l'extérieur dans la S*"
cour. Elles ont été placées dans les pelouses, le long
des chemins, et par ordre chronologique. On avait
commencé à employer des ouvriers civils; mais on a
pu avoir ensuite des soldats d'artillerie, ce qui a
notablement diminué la dépense. Cet arrangement
a commencé le 23 juillet et il était terminé le 25
septembre. La dépense a été de 355 francs.
— 142 -
Après cela, il fallait opérer le déménagement des
objets (meubles, antiquités, livres, etc.) qui se trou-
vaient dans un grenier du Palais, depuis le mois de
mars 1868, ainsi que des antiquités de Juslenville,
etc. déposées dans une salle des archives. Cette opé-
ration s'est faite au moyen de soldats d'infanterie ;
elle a commencé le 6 octobre et était terminée le 14
du même mois. La dépense a été de 52 fr.
Ce déménagement s'est effectué sans accident. Tout
a pu être retrouvé et classé convenablement, grâce
au soin qu'avait pris notre conservateur, M. le doc-
teur Alexandre, de tout étiqueter. Le même membre
a donc présidé au transport de tous les objets qu'il
avait entassés en 1868 dans les greniers; votre secré-
taire l'a aidé dans cette tâche, dans la mesure de ses
moyens.
Le catalogue de nos richesses, qui a été dressé en
1864 et 1865, est devenu bien incomplet. Il doit être
entièrement remanié. C'est un rude travail pour notre
conservateur; mais il saura y suffire.
Le Musée a encore été gratifié cette année d'un
assez grand nombre d'objets dûs à des membres et à
des particuliers, et il est certain que cela ne fera
qu'augmenter lorsque nos salles pourront être ou-
vertes au public. Il a reçu :
1" De M. le Minisire de la justice, la méilaille commémoralivc de la
«onstruction de la prison cellulaire à Huy.
— 143 -
2° De M. Alb. d'Otreppe de Bouvette, conseiller honoraire des mines,
une armure de chevalier, trois vases romains provenant d'Izier et de
Couthuin, un pupitre à musique, deux moulins à filer (rouets), un boulet
en fer, deux lances, quatre briques de foyer, une petite armoire vitrée,
deux haches en silex, provenant de Spiennes, un calice en bois.
3° De M. Fabry-Rossius, un vase trouvé à 4 mètres de profondeur dans
les fouilles pratiquées dans les terrains près de l'église Sl-Ja^^ques, une
brique de foyer avec le lion de Nassau, trouvée dans les démolitions près
delà même église.
i" De M. le comte Georges de Looz, un fragment de tenture provenant
du château de HoUogne-sur-Geer, sept petits objets trouvés dans un
tombeau égyptien, une monnaie de Seplime Sévère, en argent, provenant
des environs de Liège, un sceau armorié provenant de Moxhe, une pièce
romaine fruste et un fer de lance provenant des ruines de l'ancien château
des Lhonneux, à Atrive, commune d'Avin.
5° De M. Ch. de Thier, conseiller à la Cour d'appel, quatre briques de
foyer.
fi" De M. le capitaine Dejardin, deux assiettes en faïence avec la vue du
château d'Aîgreraont et celle du château d'Amsin, tirées des Délices du
pays de Liège.
7" De M. Phil. de Limbourg, à Theux, un fragment de meule, un petit
tesson avec fragment de sigle, une espèce de petite auge en fer, un poêle
formé de trois plaques en fer, avec bas-reliefs, dont l'un représente la
renommée, un piston de pompe en bois.
8" De M. Gust. Magnée, receveur des contributions, à Theux, un nucléus
en silex.
9° De M. Jos. Doppagne, de Theux, par l'entremise de M. Phil. de Lira-
bourg, les objets suivants trouvés dans la parcelle n" 9H du cadastre :
Monnaies : deux monnaies romaines en bronze, une i^eiite monnaie en
argent, une monnaie de Jean de Heinsberg et une de Jean de Horne, et
deux liards de Liège.
Argent : une épingle?
Bronze : deux fibules, dont une semble avoir été étamée et émaillée,
une id. sans ardillon, deux ardillons de fibule, une boucle, une id. sans
ardillon, une petite boucle, un fragment de cuillère, une épingle à cheveux
en deux fragments, quatre objets indéterminés, un clou.
Un poids en plomb avec anneau en fer, pesant G6 grammes.
144
Fer : un fragment de mors, un double crochet, un objet indéterminé
et un clou.
Une espèce de petit disque en ferre cuite avec une tête de mort et deux
os en sautoir, en relief.
Pierre : uue pointe de flèche en silex, un morceau d'agalhe polie.
Le même a donné, provenant de la parcelle n^ 1165, section B, une
monnaie en bronze.
10" De M""* Octavie Dandrimont, de Theux, une fourchette avec manche
en os.
H" De M. R. Detrembleur, maître-maçon à Tiieux, un fer et un demi-
fer à cheval provenant de Juslenville.
12" De M. Houbeau, de Theux, deux tètes d'aigles en bronze, avec douille
et crochet, qui paraissent avoir été emmanchées sur une hampe, et avoir
soutenu soit un drapeau, soit tout autre objet ; des tessons, une ferraille,
le tout provenant de Brixi^es-Espines, commune de Polleur, et des fers à
cheval provenant de Juslenville.
15° De M. Toussaint, architecte du palais, un bac en pierre avec
armoiries et la date de 1660, provenant d'une maison de la rue au Bra,
près du palais.
14" De .M. Prévôt, entrepreneur, une |)ierre avec les armoiries de
Grégoire Lembor, abbé de St-Laurenl, qui se trouvait encastrée dans le
mur, rue Joiifosse, démoli pour faire une percée pour aller à la station du
chemin de fer de ceinture ; un demi-linteau de cheminée avec armoiries.
15" De M. Andrien, entrepreneur, une enseigne en pierre. Aux 5 sygnes
(si(;), 1750, d'une maison de la rue des Ravels.
16" De M. Falla, bourgmestre de Neerwinden, un pot en grès avec
inscription, trouvé dans son jardin à Neerwinden.
Dans la séance du mois de décembre 1872, M. le
baron de Sélys-Longchamps, notre honorable vice-
président, avait attiré notre attention sur le château
de Hollogtie-sui'-Geer, appartenant à M. le comte
Camille de Henesse. Ce château, bâti en 1652, a une
façade très-remarquable avec pérystile, qui est ornée
des bustes des douze Césars. Dans l'intérieur, il y a
— 145 —
plusieurs belles cheminées, et on y a laissé quelques
meubles datant de l'époque de la construction. Ce
château étant en très-mauvais état et devant prochai-
nement être démoli, il a été écrit à M. de Renesse
pour obtenir les objets qui pourraient convenir à
notre Musée. M. de Renesse a mis avec beaucoup d'obli-
geance ces objets à notre disposition, de sorte que
lorsque Ton procédera à la démolition du château,
nous avons l'intention de réclamer quelques chemi-
nées, une inscription, etc.
Nous comptons aussi, au retour de la bonne saison,
avoir une vue photographiée du château, qui sera prise
par M. le notaire Renoz, membre associé de l'Institut.
M. le baron de Tornaco possède au château de
Vervoz quelques objets d'antiquité d'un grand intérêt,
qui lui avaient déjà été demandés. Cette demande a
été renouvelée cette année, et il a promis de nous les
faire parvenir.
Les achats opérés en 1873 ont été presque nuls ;
ils se bornent aux suivants :
Statuette en bronze fr. 23,00
Objets provenant de Bertrée 5,00
Total. . . fr. 28,00
li'oiiilles.
Bertrée. Le rapport de 1872 se terminait par le
compte-rendu des fouilles de Bertrée, dirigées par
- 146 --
M. Kempeneers : il nous annonçait une notice plus
complète pour notre Bulletin.
Il est à espérer que bientôt nous pourrons publier
le rapport sur ces fouilles.
Blehen. La fouille du tumulus de Blehen, par M.
Kempeneers, n'a pas encore pu avoir lieu : elle
pourra probablement se faire au mois de février ou
de mars de cette année.
Avenues. Le rapport de 1872 s'exprimait ainsi par
rapport à la fouille du tumulus d'Avenues :
« M. le comte Georges de Looz est en instance
» auprès du Conseil communal d'Avenues à. l'effet
» d'obtenir l'autorisation de visiter la tombe de cette
» localité pour le compte de l'Institut. »
Depuis lors, M. de Looz a effectué la fouille de cette
tombe, et les résultats obtenus ont été magnifiques :
des poteries en grand nombre, dont une olla, des
vases, des flacons en verre, des bouteilles d'une forme
peu commune ; mais le tout cassé, l'olla entr'autres
était réduite en 94 morceaux. Tout cela a été recollé
avec beaucoup d'adresse par M. de Looz et parfaite-
ment reconstitué, de sorte que les objets ont leur
forme primitive. On a également trouvé beaucoup
d'instruments en fer. Voici d'ailleurs la nomenclature:
Ossements. 1» Divers
Monnaies. 2" Un moyen bronze de Vespasien.
Bronze. 3° Une buire avec anse.
Terre cuite. 4" Deux grands vases en terre noire.
5" Un service en poterie samienne (12 pièces) dont une très-grande
patelle et quatre petits patères.
147
6"* Quatre petites patères plus grossières.
7° Deux beaux vases en poterie fine, bronzés et ornés de mascarons et
de grains.
8° Quatre petits vases avec trois pieds.
9" Deux grandes urnes.
iO° Une patelle à bords renversés, à couverte rouge ornée de lignes
jaunâtres.
11° Une petite coupe en terre noire très-line.
42» Uneolla.
Verre, iù^ Six flacons de différentes formes, dont plusieurs cannelés.
14° Un petit entonnoir.
15° Une petite fiole (urne lacrymatoire).
16° Une coupe.
Fer. 17° Un couteau.
18° Une espèce de ciseau de menuisier.
19° Deux ciseaux.
20° Deux pincettes.
21° Une pelle à feu.
22" Une lampe avec un long bras.
25" Les branches d'un pliant (sella pUcatilis) dont les extrémités et les
tourillons sont en bronze. Vlnstitut possède deux autres sièges analogues k
celui-ci, dont l'un a été trouvé à Glons, l'autre à Avt-rnas-le-Bauduin.
24° Quantité de ferrailles et de menus objets en bronze.
La description de ces objets se trouvera dans le
rapport que ce zélé travailleur a bien voulu nous
promettre.
Elles se sont faites avec une somme delOOfrancs,
que M. Schuermans nous a remise avec l'autorisation
du gouvernement et une de 100 francs votée par
V Institut.
L Empereur'. Après cela M, le comte de Looz a
visité la tombe de l'empereur, près de Moxhe. Il y a
travaillé du 10 au 15 juin et a dépensé la somme de
70 francs.
— 148 -
Les objets trouvés sont les suivants :
Bronze. 1° Une (ibule.
Terre cuite. 2° Deux vases en poterie noire unie.
3° Deux vases en terre jaune.
'i" Cinq urnes avec une anse.
5" Deux urnes avec deux anses.
6° Une patine avec couverte rouge à l'extérieur et blanche à l'intérieur.
1° L'empreinte d'un dessin laissée sur la terre du caveau.
Soleil. Notre chercheur infatigable commençait le
lendemain, sans se reposer, la fouille d'une des deux
tombes du Soleil, situées près d'Embresin. Il dut
abandonner cette tombe à cause des aftaissements
dans les terres produits par une galerie faite anté-
rieurement.
Il entamait donc la seconde tombe le 19 juin, et
n'y trouva qu'une couche de cendres qui recouvrait
le sol, une grande quantité de clous à très-grosse
tête et des débris de poterie.
Les travaux ont donc dû être abandonnés, quitte à
les reprendre plus tard.
La dépense a été de 130 francs.
Middelwinden. Enfin, pour clôturer la campagne,
M. de Looz s'est rendu à Neerwinden le ^2{) novembre
et a repris l'exploration de la tombe de iMiddel-
winden, qui avait déjà été fouillée en 1864, par
MM. Schuermans et Kempeneers ; il a acquis la cer-
titude, dans le courant des travaux, qu'elle avait
encore été fouillée antérieurement, probablement
eu 1098, par les troupes françaises. Il n'y a donc
trouvé rien d'entier, seuiemenL des fragments de
vases en terre et en verre, une plaque en bronze, une
amphore, un anneau en fer et un fer de lance.
Mais un point digne de remarque, c'est la grandeur
inusitée du caveau. En effet, celui-ci avait 4"40 de
longueur sur 4'"20 de largeur et S"" de profondeur en
dessous du niveau du sol.
La dépense a été de 82 francs.
Comme vous le voyez. Messieurs, c'est sur M. le
comte de Looz qu'a pesé, cette année, tout le fardeau
des fouilles. Nous devons donc rendre hommage à
sa complaisance et nous féliciter d'avoir rencontré
un collègue aussi zélé. Nous pourrons, grâce à lui,
continuer l'exploration des autres tumulus de la
Hesbaye, et voir notre musée s'enrichir d'un grand
nombre d'objets qui ne le céderont en rien à ceux
que nous avons acquis jusqu'à présent.
M. G. de Looz exécute simultanément en Hesbaye
des fouilles avec un subside du gouvernement, et les
objets qu'il trouvera doivent entrer au Musée royal
d'antiquités, à Bruxelles. Sur notre demande, M. le
Ministre de l'intérieur a consenti à ce que les doubles
soient remis à notre Institut.
Rulilications.
Nous n'avons pas pu faire paraître cette année de
livraison de notre Bulletin. Cependant, la livraison
assez volumineuse qui doit terminer le tome XI est
— 150 -
imprimée depuis longtemps; mais une difficulté
matérielle nous a empêché jusqu'à présent de la
clôturer : cette difficulté étant maintenant levée, on
pourra l'expédier dans quelques jours. Quoi qu'il en
soit, nous pouvons ici en faire connaître le contenu;
les articles ont pour titres :
Le comté de Moka, par J. Daris.
Les AJexicns à Liège, par le même.
La seigneurie de Marcinn, par E. Schoolmeesters.
Letlre de Charles van Hulthem sur les anciennes tapisseries, par D. Van
DE CaSTEELE.
Notice sur réglise primaire de St-Bart/iélemy, à Liège, par E. Th\s, avec
trois planches.
Un détail touchant la bataille d'Othée ou les droits d'accises d'Alost, par
D. Van de Casteele.
La châsse de Visé, par feu Ed. Lavalleye.
Notes relatives aux comtes de Lamarck, etc., par C. de Borman.
Une visite de Louis XI Y à Liège, en 167:2, par Fabry-Hossius.
Fouilles faites à Jupille, près de Liège, par S., avec 3 |)lanches.
La l"^'' livraison du tome XII pourra être entamée
immédiatement , plusieurs membres ayant promis
des articles intéressants. Ainsi M. Ph. de Limbourg
nous donnera la description de Véglise de Theux et
une rwtice sur le château de Franchimont ; MM.
Weale et de Borman, le marlijrologe de Vabbaye de
Munsterbiisen.
M. Georges de Looz, ses rapports sur les diverses
fouilles qu'il a exécutées, à Avenues, à l'Empereur, à
Middelwinden.
M. Arsène de Noue, la suite des promenades dans
le pays de Franchimont el une histoire de Theux.
— loi —
M. Poswick, une notice sur F allais.
Plusieurs manuscrits sont aussi à notre disposi
tion ; citons entr'autres :
L'obituaire de St- Michel.
Les épitaphes de S t- Lambert.
Les monastères du pays de Liège, par le père
Stéphany.
L'année liégeoise, par J.-B. Lamet.
La chronique de Silvius.
Le cartulaire de St-Paul.
Primitivement, les membres correspondants ne
recevaient les Bulletins que contre paiement d'une
somme de o francs par année. Cette condition avait
été abolie et on avait décidé de les leur distribuer
gratuitement. On en est revenu au premier système
dans la séance du 4 juillet de l'année 1873, de sorte
que les membres correspondants qui veulent recevoir
le Bulletin sont astreints à une cotisation de 5 francs
annuellement
Bibliothèque.
Grâce à l'obtention de notre nouveau local, les livres
dont se compose notre bibliothèque pourront être
mis en ordre et catalogués. Ce travail est déjà fait
pour les journaux que nous recevons en échange et
pour les publications périodiques. La liste des vo-
lumes et des livraisons manquantes est dressée et
comme nous avons des doubles, nous pourrons
opérer des échanges pour nous compléter.
— lo2 -
La cause du désordre qui règne dans nos livres
était déjà signalée par M. S. Bormans, dans son rap-
port sur les travaux de la Société pendant l'année
1865. « Cela provient, disait-il, ou bien de l'irrégu-
« larité des envois, ou bien, de ce que les livres
» étant adressés à différents membres de la Société
» et même à des personnes qui lui sont étrangères,
» ils restent oubliés chez eux, ou confondus avec
» d'autres collections. »
On pourra faire cesser ces causes en faisant adres-
ser tous les envois au secrétaire de VInstitut, et en
ne laissant sortir des livres que sur un reçu de l'em-
prunteur.
Il est aussi de la plus grande nécessité de faire
immédiatement relier les publications qui nous ar-
rivent par feuilles détachées ou par livraisons
lorsque l'on peut compléter un volume. De cette ma-
nière, on évitera des pertes ultérieures et l'arran-
gement dans les rayons sera plus facile.
Voici la liste des publications p8iY\enues kV Institut
pendant Tannée 1873, rangées par lieu de prove-
nance.
§ i. BELGIQUE.
Province d'Anvers.
Annales de ['Acadéinie d'archéulogie de Belgique, 2*^ série, t. 8. Anvers,
1872, -i livr. in-8.
Bulletin 1. (2'- série des annales) 8« fascicule, Anvers, 1875.
- 138 -
Province de Brabant.
Bulletins de V Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts
de Belgique, 42« année, 2« série, t. 55 et 36, n"^ i à 10. Bruxelles, 1875.
Annales des travaux publics de Belgique, t. XXX, 3^ cahier; t. XXXI,
1" cahier. Bruxelles, 1873.
Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéologie, 12* année,
n"* 7 et 8. Bruxelles, 1875.
Commission royale pour la publication des anciennes lois et ordonnances
de la Belgique. — Coutumes de Liège, t. 2. Bruxelles, 1875, un vol. in-4.
Procès-verbaux des séances, 6*^ vol., 5« cahier. Bruxelles, 1873.
Bévue de la numismatique belge, 5* série, t. 5, 2* et 4* livr. Bruxelles,
1875.
Analectes pour servir à l'histoire ecclésiastique de la Belgique, t. IX, 2*,
3« et 4« livr., t. X, 1" livr. Louvain, 1875.
Province de la Flandre Orientale.
Inscriptions funéraires et monumentales de la province de la Flandre
orientale, livr. 61 à 69. Gand, 1873, in-4. Elles contiennent les inscrip-
tions de Gand. Fglise St-Nicolas, n"* I, II, III, IV, V et VI et celles des
communes de Lemberg, Melle et Melsen.
Annales du Cercle archéologique du pays de Waes, t. V, l""* livr. dé-
cembre 1875. St-Nicolas, 1875.
Publications extraordinaires du Cercle archéologique du pays de Waes. —
Notice historique des établissements de bienfaisance de la ville de St-Ni-
colas, 2^ partie. Les hospices des orphelins et des orphelines. St-Nicolas,
1875, un vol. in-8.
Province de Hainaut.
Mémoires et publications de la Société des sciences, des lettres et des
arts du Hainaut, 5* série, t. VIII, année 1872. Mons, 1875, un vol. in-8.
Province de Liège.
Mémoires de la Société libre d'Emulation de Liège. — Procès-verbal de
la séance publique. Bapports et pièces couronnées- Nouv. série, t. IV.
Liège, 1872, un vol. in-8.
— 154 -
Province de Luxembourg.
Institut archéologique de la province de Luxembourg. Annales, t. Vil,
1871. 1" cahier et atlas. Aiion, 1875.
§ ± FRANCE. .
Bulletin de la Société des aniiquaires de Picardie.!. Il, 187'2. n".4,
1875, n'^'^ 1 et 2. Amiens.
Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de r Yonne.
T. 26 et 27. Nouvelle série, t. 6 et 7. Auxerre, 1872 et 1875.
Mémoires de V Académie de Stanislas, 125" année, 4" série, t. V. Nancy
1875, un vnl. in-8.
Bulletin de la Société archéologique de l'Orléanais. ï. Y, n"'' G4 à 76,
années 1809 à 1872 el l^'' trimestre 1875. Orléans, 1872 et 1875.
Ulnstitul, joui'nal universel des sciences et des sociétés savantes en
France et à l'étranger. Nouvelle série, l''^' année, n»* 29 à 52. Paris, 1875.
Société des antiquaires de la Morinie. Bulletin historique, 21« année,
67" el68« livr. Saint-Omer, 1875.
Mémoires de la Société arcliéologique du midi de la France, t. IX. 1869
à 1872, 0 et 7" livr., t. X, 18-72, l'-« et 2« livr. Toulouse, deux vol. in-4.
Bulletin de id. N" 11. 1869-1870, un vol. in-4.
§ 5. HOLLANDE.
Publications de la section historique de VInstituI rouai Grand Ducal du
Luxembourg, t. XXVII (V) 1872. Luxembourg, un vol. in-i.
Publicalions de la Société historique et archéologique dans le duché de
Limbourg, t. 1\. Ruremonde, 1872, un vol. in-8.
Werken uitgegeven door het Historisçh genoolschap. Nouvelle série, n"'
17, 18 el 19. Uirechl, 1872, trois vol. in-8.
Kronijk van het Hislorisch genootschnp, d" série, 2'" et 5" parties, 27'' et
28« années. Utrccht, 1872 et 1875, deux vol. iii-8.
Katalogus der boekerij vnn het Hislorisch genootschnp , 5'' édition.
Ulrecht, 1872, un vol. in-8.
— 100 —
§ -4. SUEDE ET NORVÈGE.
Kongl. Vitlerhels Historié och Anliquitets. Akademiens Manadsblad.
1872, n» 5. Stockiiolm.
§ 5. DANEMARK.
Mémoires de la Société royale des antiquaires du Nord. Nouvelle série.
Copenhague, 1872, un vol. in-S.
Tilloeg til aarboger for Nordisk oldkyndighed og historié, années 1871
et 1872. Copenhague, 1871 et 1872, deux vol. in-8.
§ 7. SCHLESWIG-HOLSTEIN (PRUSSE).
Berichte des Vorstnndes der Schleswig-Holstein Lauenburgischen gesells-
chaft filr die Sammlurig und Erhallung vaterhindinchcr AJterthumer. —
Vor geschichlliche Steindenknialer in Sohleswig-Hûlstein , n°' 52 et 33.
Kiel, 1872 et 1873, deux brochures in-4.
§ 8. HANOVRE (PRUSSE).
Zeitschrift des Historischen Vereins fiir Niedersachsen. Hanovre, 1871,
un vol. in-8.
§ 9. PRUSSE.
Baltische studien. Horausgegeben von der Gesellschaft filr Pommersche
geschichfe und AUerthumshinde. — 24'' année. Stettin, 1872, un vol. in-8.
Gesellschaft fiir niltzliche Forschungcn. Archâeologische Funde in Trier
und umgegend, par Wilmowski, etc. Trêves, 1873, un vol. in-4.
Zeitschrift des Harz Vereins filr Geschichfe und Alterthumskunde. — 5*
année, 1872, 3" et 4« livr. 6^ année, 1873, l"et 2« livr. Wernigerode.
§ 12. WURTEMBERG.
Schriften des Vereins fiir Geschichte desBodenseé's und seiner Umgebung.
T. III, Lindau, 1872, un vol.
Jahreshefle des Wurtenbergischen Alterthums Vereins. — 2*^ série, l*"*
livr. Stuttgart, 1873, un vol. in-folio.
- 1^6 —
Verhandlungen des Vereins fur Kunsl uni Alterthum in Ulm uni Obers-
chwaben. — Nouvelle série, t. V. Ulm, 1873, un vol. in-4.
§ 15. BAVIÈRE.
Oberbayerisches Archiv fur vaterlandische geschichte herausgegeben
von dem Histonschcn vereine von und fur Oberbayern. — T. 35, l'*^ livr.
Munich, 1875, un vol. in-8.
32^ et 55'= lahresberichl des historischen vereincs von und fur Oberbayern.
Années 1869 et 1870. Munich, 1871, un vol. in-8.
Verhandlungen des Imtoriachcn Vereiiies von Oberpfalzund Regensburg.
—T. 28, nouvelle série, t. 20. Raiisbonne, 1872.
§ 16. ESPAGNE.
Memoria de los trabajos llevados à cabo por la Sociédad arqueologica
Valenciana. Valence, 1872, une brochure in-8.
Boletin numhmatico. — N''^ 2 à 6 (avril à août), Valence, 1875.
§ 17. ÉTATS-UNIS.
Annual report of Ihe board of régents of the Smithsoman inslitution.
Année 1871. Washington, 1875, un vol. in-8.
Nous avons noué des relations avec quelques nou-
velles Sociétés savantes, savoir :
La Société archéologique de Valence, qui nous a
adressé une brochure et le Boletin numismatico de
la même ville.
La Société archéologique du lac de Constance, à
Lindau.
La Société du midi de la France, ayant son siège à
Toulouse, nous avait promis l'envoi de neuf volumes
de mémoires : ils ne sont pas encore arrivés.
Les autres volumes dont on nous a fait don, sont :
Éléments d'archéoloaie chrétienne, par Reusens. T. 1, Louvain, 1872,
un vol. in-8. ^Par souscription.)
— 157 —
Généalogie de la famille Van der Vorst ( extrait de l'Annuaire de ia no-
blesse de Belgique), par De Vorst-Gudenau. Bruxelles. 1873. (Don de
l'auteur.)
Notes sur Vexécution technique de nos vieilles peintures d'église et sur le
moyen de les restaurer, \)avMan(\e\greu. Stockholm, 1873, une broch.in-8.
Musée de Ravestcin. Catalogue descriptif, par E. de Meester de Raves-
tein, t. II.
Du travail de révision des statuts des caisses de prévoyance en faveur des
ouvriers mineurs conformément à la loi du 28 mars 1868. Examen des
comptes de 1866 à 1871, par Aug. Vischers. Bruxelles, 1873, un vol. in-8.
Guide historique et artistique dans les églises Sf-Paul, St- Jacques, St- Jean,
St-Denis et St~Antoine, par E. Thys. Liège, 1873, un vol. in-12. (Don de
l'auteur.)
La grande voie romaine de Sentis à Beauvais et remplacement de Litano-
briga ou Latinobriga, par Âm. deCaix de St-Aymour. Paris, 1873, un vol.
in-8. (Don de M. Hahn de Luzarches.)
Académie d'archéologie de Belgique. Discours prononcé le 31 août 1873,
par M. le baron J. de Witte, etc. Bruxelles, 1875, une brochure in-8.
Académie d'archéologie de Belgique. Du serment et de sa formule. Etude
historique depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours , par Jules
Declève. Bruxelles, 1873, un vol. in-8. (Don de l'auteur.)
Cartulaire de la commune de Namur ( période des comtes particuliers
1118-U50) recueilli et annoté par J. Borgnet et S. Bormans. T. II, Bru-
xelles, 1873, un vol. in-8.
Histoire de la fabrication des monnaies, par R. Chalon. Bruxelles, 1873,
un vol. in-8.
Essai de solution philologique d'une question d'archéologie généralement
réputée insoluble, par J. H. Bormans. Bruxelles, 1873, un vol. in-8. ( Don
de l'auteur.)
Liste chronologique des édits et ordonnances de la principauté de Liège de
974-1505. Bruxelles, 1873, un vol. in-8.
Exposé de la situation administrative de la province de Liège. Session de
1873. Un vol. in-8.
Annexe à l'Exposé de la situation administrative de la province de Liège.
Session de 1873. Liège, 1873, un vol. in-8.
Notice sur l'église primaire de St-BartMlemy , à Liège, par E. Thys.
Liège, 1873, un vol. in-8. (Extrait du Bulletin de l'Institut.) (Don de l'au-
teur.)
— 158 -
Histoire de la peinture au pays de Liège depuis les temps les plus reculés
jusqu7i la fin du 18^ siècle, par J. Helbig. Liège, 1873. (Don de l'auteur.)
Carte géologique du bassin des Romognes, dressée par M. Brunfaut. (Don
de l'auteur.)
Les livres sont maintenant placés dans quelques
vieilles armoires, ne fermant pas à clef, qui se
trouvent dans la salle des séances et sur les rayons
de bibliothèques placées provisoirement dans un gre-
nier à côté de cette salle.
Cette situation ne peut durer et il faut espérer que
le Gouvernement, qui doit meubler tous les locaux
du Palais, meublera également ceux du Musée et nous
gratifiera entr'autres de bibliothèques en rapport
avec le style de l'édifice et assez vastes pour contenir
tous nos livres; M, l'architecte Umé nous avait au
moins donné cet espoir.
De même que pour les collections du Musée, le ca-
talogue de la bibliothèque est entièrement à refaire.
Le seul catalogue qui a été imprimé date de 4859.
Aucun registre d'entrée des livres n'existant, on doit
se borner, pour connaître le contenu de notre biblio-
thèque, à consulter les rapports annuels du secré-
taire. Dans le recensement que je viens de faire de
ces livres, j'ai constaté que la moitié au moins man-
quait.
Membres de la Société.
L'Institut a fait quelques pertes bien sensibles pen-
dant l'année 1873. Nous avons d'abord eu à déplorer
la mort de M. Godefroid Umé, architecte du Palais,
— 159 —
décédé le 22 mars, et plus lard celle de M. le
chanoine F. J. Devroye, qui a eu lieu le 29 juillet.
Outre cela, nous avons été privés du concours de
notre secrétaire, M. Stanislas Bormans, qui a dû nous
quitter par suite de sa nomination au poste d'archi-
viste provincial à Namur. Nous lui en avons exprimé
tous nos regrets en le nommant membre honoraire.
Parmi nos membres honoraires, il s'est formé un
grand vide par la mort de M. Arcissede Caumont,
directeur de la Société française pour la conservation
des monuments historiques, à Caen. C'est une perte
qui sera regrettée par les savants de tous les pays.
Enfin MM. de Bounam de Byckolt et Cl. Lyon, ont
donné leur démission de membres associés.
Nous avons dû combler ces vides. Pour cela M.
Désiré Van de Casteele, conservateur-adjoint des
archives de l'État, M. Charles de Thier, conseiller à
la Cour d'appel de Liège et M. le comte Georges de
Looz, ont été nommés membres effectifs et M. H. J.
Pinsard, ingénieur en chef, directeur des ponts et
chaussées dans la province de Liège, a été nommé
membre correspondant.
Le nombre de nos membres associés s'est aussi
accru de quatre, et nous espérons qu'il ne s'arrêtera
pas là. En faisant appel à tous les protecteurs des
arts, qui sont assez nombreux dans la ville de Liège,
nous pourrons encore augmenter cette catégorie de
membres et par là augmenter nos ressources.
Les nouveaux membres associés sont :
- 160
1*^ M. Jules Frésart, banquier, à Liège.
2" M. Xavier Lelièvre, substitut du procureur gé-
néral à la cour d'appel de Liège.
3« M. Geubel, juge d'instruction, à Marche.
4** M. Léon Dommartin, homme de lettres, à
Paris.
Conclusions.
Vous voyez donc, Messieurs, qu'un horizon large et
brillant s'ouvre devant nous ; notre local est parfai-
tement convenable et peut être agrandi sans frais; nos
collections s'augmentent continuellement, grâce aux
fouilles pratiquées par des membres actifs de notre
Société et aux dons dus à la générosité des amateurs.
Nos publications vont prendre un nouvel essor, et
par là, les collections que nous recevons en échange
ne feront qu'augmenter notre bibliothèque déjà si
riche. Le nombre de nos membres effectifs est au
complet. Plusieurs membres correspondants se pré-
sentent et les membres associés, qui sont nos protec-
teurs ne peuvent manquer d'affluer. Soyons cepen-
dant difficiles dans notre choix ; il nous faut des tra-
vailleurs, des archéologues, des savants. Cela ne
nous fera pas défaut et l'avenir de notre Société est
assuré.
Le Secrétaire,
A. DEJARDIN.
Liège, le 10 janvier 1874.
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